mercredi 2 avril 2025

3 Avril : Carême : JEUDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE / SAINT RICHARD, Évêque de Chichester


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)
 
Saint Richard naquit l'an 1197, en Angleterre. Ses parents occupaient alors un rang élevé et jouissaient d'une belle fortune ; mais ils tombèrent dans une misère si profonde, qu'après leur mort, leur fils aîné fut longtemps retenu en prison pour dettes.

Richard, son frère, travailla généreusement à sa délivrance ; mais il s'appauvrit lui-même au point d'être obligé de gagner sa vie comme valet de ferme. Bientôt il put aller à Paris continuer les bonnes études qu'il avait déjà faites dans sa jeunesse.

Il se lia d'amitié avec deux amis choisis, aussi pauvres que lui ; ils n'avaient qu'un manteau à tous les trois et se voyaient obligés de n'aller prendre leurs leçons que l'un après l'autre. Leur nourriture était plus que frugale, un peu de pain et de vin leur suffisait, et ils ne mangeaient de chair ou de poisson que le dimanche.

Cependant Richard assura depuis que ce fut là pour lui le beau temps, tant il était absorbé par la passion de l'étude. Ses succès furent prompts et remarquables, si bien qu'à son retour en Angleterre il professa fort brillamment à l'université d'Oxford.

Quelques années plus tard, sa modestie, sa chasteté, sa douceur et sa dévotion, lui attirèrent le respect et l'amour de tout le monde ; il fut élu chancelier de l'université. Nommé ensuite évêque de Chichester, il eut à subir quelque temps les vexations du roi Henri III, en guerre avec Rome, mais rétablit la paix par ses prières et ses procédés de conciliation.

Devenu désormais libre dans l'exercice de son ministère, il se fit remarquer par sa grande condescendance pour les petits et par sa miséricorde pour les pauvres. Comme on lui disait que ses dépenses excédaient ses revenus : « II vaut mieux, dit-il, vendre son cheval et sa vaisselle d'argent que de laisser souffrir les pauvres, membres de JÉSUS-CHRIST. »
 
Un jour, distribuant du pain, il en eut assez pour contenter trois mille pauvres, et il lui en resta pour cent autres qui survinrent après. Ces multiplications merveilleuses se renouvelèrent plusieurs fois. Une de ses maisons étant venue à brûler il n'en fut nullement troublé et ordonna d'augmenter les aumônes, de peur que cet accident ne fût la punition d'un défaut de charité pour les pauvres.

Il honorait les religieux et les embrassait souvent : « Qu'il est bon, disait-il, de baiser les lèvres qui exhalent l'encens des saintes prières offertes au Seigneur ! » II ne conférait de bénéfices à aucun de ses parents.

Comme on lui demandait pourquoi : "C'est, répondit-il, que JÉSUS-CHRIST n'a pas donné les clefs à Jean, son parent, mais à Pierre, qui ne lui était rien." II mourut le 3 avril 1253, en baisant le Crucifix et en invoquant Marie contre les ennemis du salut.

Pratique.  N'ayez pas d'inquiétude de l'avenir ; DIEU punit l'inquiétude et bénit la confiance.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 1 avril 2025

2 Avril : SAINT FRANÇOIS DE PAULE, Fondateur de l'Ordre des Frères Mineurs


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


C'est dans la petite ville de Paule, en Calabre, que naquit, en 1416, le Saint qui poussa l'humilité jusqu'à vouloir être appelé le plus petit, le Minime, parmi les enfants de JÉSUS-CHRIST.

François fut plus l'enfant de la grâce que de la nature, car il vint au monde contre toute espérance, et l'on aperçut pendant la nuit de sa naissance de vifs jets de lumière sur la toiture de la maison de ses parents, symbole du flambeau qui venait de paraître dans l'Église.

L'enfance de ce petit prédestiné fut tout extraordinaire ; les veilles et les abstinences lui furent inspirées du Ciel dès l'âge le plus tendre. Aussitôt après son lever, sa première pensée était de courir à l'église, où il passait la grande partie de ses journées, ne s'ennuyant jamais avec le Bon DIEU, comme il disait dans son naïf langage.

Admirons la belle réponse qu'il fit un jour à sa mère, qui le pressait, par un temps froid, de couvrir sa tête en récitant son rosaire : « Maman, lui dit-il, si je parlais à une reine, vous me commanderiez de me tenir nu-tête ; mais la sainte Vierge n'est-elle pas plus que toutes les reines, puisqu'elle est la Mère de DIEU et la Souveraine de l'univers ? »

Quand il eut treize ans, ses parents le placèrent pour un an dans un couvent de Saint-François ; sa vertu et sa régularité y furent confirmées par des miracles. Un jour, le frère sacristain l'envoie chercher du feu pour l'encensoir ; il y court et, n'ayant pas d'instrument, remplit sa robe de charbons ardents, qu'il dépose avec les doigts un à un dans l'encensoir, sans avoir ni sur les doigts ni sur son vêtement la moindre trace de brûlure.

A quatorze ans, François se fit ermite et s'enfonça dans un rocher profond, au bord de la mer, résolu d'y vivre et d'y mourir oublié des hommes. Mais DIEU, qui le voulait fondateur d'un Ordre religieux, lui envoya une foule de disciples, si bien qu'au bout de six ans il lui fallut bâtir un grand monastère où, nous dit un historien, François fit entrer plus de miracles que de pierres et de pièces de bois.

Rien de plus merveilleux que cette vie ; il guérit tant de malades qu'il faisait le désespoir des médecins; il ressuscita plusieurs morts; il traversa le bras de mer qui sépare la Calabre de la Sicile sur son manteau, avec deux de ses frères. Mais le plus grand des miracles, c'est sa sainteté elle-même.

Le jour, au milieu du travail et de la prière, il entrait souvent en extase et en ravissement ; la nuit, pendant que ses frères dormaient, il priait encore, et DIEU le fortifiait par des concerts célestes, des visions et des apparitions délicieuses.

François allait toujours nu-pieds, à travers les rochers, la neige et la boue; le cilice était son vêtement, le jeûne sa nourriture, la terre son lit. A l'imitation de NOTRE-SEIGNEUR, il passa des carêmes entiers sans prendre de nourriture.

François mourut en France l'an 1508, un vendredi, à trois heures de l'après-midi.

Pratique : Plus vous êtes humble, plus vous serez puissant auprès de Dieu.

                   "Ô Marie conçue sans péché, 
       priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 31 mars 2025

1er Avril : SAINT HUGUES, Évêque de Grenoble

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)

 
Saint Hugues naquit à Châteauneuf d'Isère, près de Valence, eu Dauphiné, l'an 1053. Pendant que sa mère le portait dans son sein, elle eut un songe où il lui semblait mettre au monde un bel enfant que Saint Pierre, accompagné d'autres saints, emportait dans le ciel et présentait devant le trône de DIEU.

Cette vision fut pour ses parents un présage de hautes et saintes destinées; aussi soignèrent-ils son éducation et n'hésitèrent-ils pas à favoriser sa vocation ecclésiastique. Choisi, jeune encore, par l'évêque de Valence, pour être chanoine de sa cathédrale, il se vit, à vingt-sept ans, obligé d'accepter le siège épiscopal de Grenoble, devenu vacant.

Il voulut recevoir l'onction épiscopale des mains du pape Grégoire VII, qui, connaissant à l'avance son mérite et ses vertus, lui dévoila toute son âme et lui inspira un zèle ardent pour la liberté de l'Église et pour la sanctification du clergé.

Hugues trouva son évêché dans le plus lamentable état ; tous les abus de l'époque y régnaient en maîtres. Le nouveau pontife fit d'incroyables efforts pour raviver la foi et relever les mœurs ; ses efforts étant infructueux, il résolut de quitter sa charge et se réfugia au monastère de la Chaise-Dieu ; mais bientôt le pape, instruit de ce qui se passait, lui ordonna de retourner à son évêché et de préférer le salut des âmes à son repos personnel.

C'est dans les années suivantes que Saint Bruno vint fonder dans son diocèse l'admirable institution de la Chartreuse. Hugues allait souvent dans cet ermitage et vivait avec les Chartreux comme le dernier d'entre eux ; son attrait pour la solitude était si fort, qu'il ne pouvait se décider à quitter cette austère retraite, et Bruno se voyait obligé de lui dire : « Allez à votre troupeau; il a besoin de vous ; donnez-lui ce que vous lui devez. »

Cependant Hugues, par la puissance de sa sainteté, opérait un grand bien dans les âmes ; ses prédications véhémentes remuaient les foules et touchaient les cœurs ; au confessionnal, il pleurait souvent avec ses pénitents et les excitait à une plus grande contrition. Après quelques années d'épiscopat, son diocèse avait changé de face.

Parmi ses hautes vertus, on remarqua en lui une modestie si grande, qu'après cinquante d'épiscopat il ne connaissait qu'un visage de femme, celui de sa vieille servante. Dur pour lui-même, il se montrait prodigue pour les pauvres et alla jusqu'à vendre pour eux anneau et son calice.

Toujours il se montra d'une énergie indomptable pour la défense des intérêts de l'Église; jamais la crainte n'entra dans son âme ni ne dirigea sa conduite, et il restera toujours comme l'un des beaux modèles de noble indépendance et de fier courage.

Hugues dut se résigner à vivre et à mourir dans sa charge, sans pouvoir habiter cette Chartreuse où était son cœur. Il eut du moins la consolation de laisser à son successeur un diocèse entièrement transformé. Sa mort arriva le 1er avril 1132.


Pratique: Dans les épreuves de l'Église, déclarez-vous toujours franchement pour elle. 

"Ô Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à Vous"

 

dimanche 30 mars 2025

31 Mars : Carême : LUNDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE / SAINT BENJAMIN, Diacre et Martyr / SAINT NICOLAS DE FLÜE, Ermite en Suisse

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

 
L'un des plus illustres martyrs de Perse fut le diacre Benjamin. Ayant refusé de promettre de ne plus instruire les mages persans dans la religion chrétienne, il fut arrêté par ordre du roi, qui entreprit de l'effrayer par ses menaces. 

Mais Benjamin, toujours inébranlable, fut victime de la cruauté la plus inouïe. Sa bienheureuse mort arriva l'an 424. 

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LE BIENHEUREUX NICOLAS DE FLÜE 
Ermite en Suisse


Le bienheureux Nicolas de Flüe naquit en Suisse, de parents pieux, en 1417. Un jour, à la vue d'une flèche élancée, sur une montagne voisine, il fut épris du désir du ciel et de l'amour de la solitude. Il se maria pour obéir à la volonté formelle de ses parents et eut dix enfants.


Son mérite et sa vertu le firent choisir par ses concitoyens pour exercer des fonctions publiques fort honorables. Sa prière habituelle était celle-ci : "Mon SEIGNEUR et mon DIEU, enlevez de moi tout ce qui m'empêche d'aller à vous. Mon SEIGNEUR et mon DIEU, donnez-moi tout ce qui peut m'attirer à vous. Mon SEIGNEUR et mon DIEU, prenez-moi à moi et donnez-moi à vous."


II avait cinquante ans, quand une voix intérieure lui dit : « Quitte tout ce que tu aimes, et DIEU prendra soin de toi. » II eut à soutenir un pénible combat, mais se décida en effet à tout quitter, femme, enfants, maison, domaine, pour servir DIEU. Ce fut un jour de larmes accompagnées de résignation dans la maison de Nicolas.      



Il s'éloigna pieds nus, vêtu d'une longue robe de bure, un chapelet à la main, sans argent, sans provisions, en jetant un dernier regard tendre et prolongé vers les siens. La nouvelle de sa présence s'était répandue bientôt, et il se fit près de lui une grande affluence. Chose incroyable, le Saint ermite ne vécut, pendant dix-neuf ans, que de la Sainte Eucharistie ; les autorités civiles et ecclésiastiques, saisies du fait, firent surveiller sa cabane et constatèrent la merveille d'une manière indubitable.

 


La Suisse, un moment divisée, était menacée dans son indépendance par l'Allemagne. Nicolas de Flüe, vénéré de tous, fut choisi pour arbitre et parla si sagement, que l'union se fit, à la joie de tous, et la Suisse fut sauvée. On mit les cloches en branle dans tout le pays, et le concert de jubilation se répercuta à travers les lacs, les montagnes et les vallées, depuis le plus humble hameau jusqu'aux grandes villes. 

Nicolas fut atteint, à l'âge de soixante-dix ans, d'une maladie très aiguë qui le tourmenta huit jours et huit nuits sans vaincre sa patience. Il rendit l'âme le 21 mars 1487. La Suisse l'aime et le vénère comme l'un de ses patrons les plus populaires. 

Pratique : Renoncez à vous pour être à DIEU ; moins vous serez à vous, plus vous serez à DIEU. 

 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 29 mars 2025

30 Mars : SAINT JEAN CLIMAQUE, Abbé

Carême : Quatrième Dimanche du Temps 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

On ignore le lieu précis et la date de la naissance de ce saint, mais on croit qu'il vécut de l'an 525 à l'an 605. Son nom de CLIMAQUE lui vient du beau livre qu'il composa sous le titre grec de Climax ou Échelle du ciel.

La Palestine fut son premier séjour ; à seize ans, il quitta le monde pour se donner entièrement à DIEU dans un monastère du mont Sinaï. A dix-neuf ans, le jeune moine, sous la conduite d'un saint religieux nommé Martyrius, travailla sans relâche à sa perfection et y fit des progrès si rapides, qu'ils étonnaient son maître lui-même. 

A la mort de son maître, Jean se retira dans une solitude profonde, afin d'y mener une vie plus parfaite encore. Une croix de bois, une table formée de quatre planches grossières et le livre des saintes Écritures, avec quelques ouvrages des saints Pères, en faisaient tout l'ameublement. C'est là qu'il vécut quarante ans, de la vie d'un ange plutôt que de la vie d'un homme. Détaché du monde, affranchi pour ainsi dire du corps par la mortification, il s'élevait librement jusqu'à DIEU, s'abîmait dans des contemplations sublimes et s'entretenait suavement avec les anges des mystères de la foi. 

Ses deux yeux étaient deux fontaines de douces larmes qu'il versait dans le secret de la solitude, veillant à n'être observé par personne. Il eût voulu noyer dans ses pleurs tous les crimes de la terre ; il gémissait aussi sur son trop long exil et soupirait après la patrie céleste ; mais le plus souvent ses larmes étaient des larmes de joie, d'admiration et de débordant amour, excitées par la contemplation des merveilles divines qui lui étaient révélées. 

Est-il étonnant que, nouveau Jean-Baptiste, il vit les foules accourir à lui pour recevoir les leçons de la pénitence et de la vie chrétienne ? A chacun il traçait des règles salutaires ; sa bénédiction guérissait les malades, fortifiait les faibles, consolait les affligés, touchait les obstinés et les convertissait plus que les raisonnements de la science. 

Grande était la puissance de Jean Climaque contre le démon ; il sut le vaincre et le décourager dans les combats qu'il lui fit subir à lui-même ; il fut terrible aussi à l'ennemi du salut en le chassant de l'âme de ses frères. Un solitaire nommé Isaac vint se jeter à ses pieds, le suppliant de le délivrer des obsessions impures dont le démon le pressait sans relâche : « La paix soit avec vous, mon frère ! » dit le saint. 

A ces mots, il se mit avec lui en prière. Le visage du saint devint resplendissant d'une clarté céleste qui se répandait dans la grotte, et le démon poussait d'affreux rugissements. La prière terminée, Isaac se releva paisible et délivré pour toujours. 

Jean Climaque fut élu, à soixante-quinze ans, abbé du Sinaï, et devint de plus en plus l'ange et l'oracle du désert jusqu'à sa mort, qui arriva cinq ans plus tard. C'est à la fin de sa vie qu'il écrivit le livre d'où il tire son nom. 

Pratique :  Ne soyez point curieux des choses de la terre ; appliquez-vous aux choses éternelles. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 28 mars 2025

29 Mars : SAINT JONAS et SAINT BARACHISIUS, Martyrs

 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

 
L'an 327 de l'ère chrétienne vivaient dans un petit village de la Perse, deux frères chrétiens, nommés Jonas et Barachisius ; ils craignaient DIEU et observaient fidèlement Sa loi.

Ayant appris que le roi Sapor avait lancé un édit contre la religion du CHRIST, et que déjà un grand nombre de chrétiens étaient en prison, ils résolurent d'affronter la persécution et d'aller encourager les martyrs.  A la vue de plusieurs chrétiens dans les tourments : « Ne craignez rien, leur dirent-ils, combattons, mes frères, pour le nom de JÉSUS crucifié, et nous obtiendrons, comme nos devanciers, la glorieuse couronne promise aux vaillants soldats de la foi. »

Soutenues par ces paroles, les victimes consomment sans faiblesse leur sacrifice. Mais il n'en fallait pas davantage pour exciter la colère des ministres du roi.  Jonas et Barachisius sont arrêtés et menacés de mort s'ils n'adorent les dieux de la Perse, le soleil, le feu et l'eau.  Leur refus est suivi de cruelles tortures.

Jonas, attaché à un pieu, est frappé de verges couvertes d'épines jusqu'à ce que ses côtes soient mises à nu; mais il bénit et glorifie le SEIGNEUR. On le traîne alors, une chaîne aux pieds, sur un étang glacé pour y passer la nuit.

Pendant ce temps, Barachisius  confond à son tour la folie des adorateurs des idoles, et affirme que jamais il n'adorera que Celui qui est le Créateur tout-puissant du soleil, du feu et de l'eau.  On lui verse du plomb fondu sur les yeux, dans la bouche, dans le nez et les oreilles, puis on le suspend par un pied dans sa prison.

Le lendemain, le combat recommence pour les deux frères. Aux questions railleuses de ses bourreaux, Jonas répond : « DIEU ne m'a jamais donné une nuit plus heureuse ni plus tranquille ; » puis il leur parle avec une éloquence et une sagesse qui les ravissent d'étonnement et d'admiration malgré eux, sans toutefois diminuer leur barbarie.

Ils coupent par phalanges les doigts des mains et des pieds du saint martyr, et ensuite le jettent dans une chaudière de poix bouillante, après lui avoir ôté la peau de la tête. La poix bouillante l'ayant épargné, ils le placent sous un pressoir à vis et le broient en faisant tourner sur lui cet horrible instrument ; c'est dans ce supplice que Jonas termina son combat victorieux.

Quant à son frère Barachisius, il ne fut pas moins admirable. Jeté dans un buisson d'épines aiguës, on ne l'en retira que pour enfoncer dans sa chair des pointes de roseaux et les arracher violemment. Au lieu de se plaindre, la douce victime, à l'exemple du Maître, priait pour ses ennemis.

Son corps fut ensuite broyé sous le même pressoir où son frère avait expiré, et l'âme du nouveau martyr alla rejoindre celle du bienheureux Jonas dans la paix éternelle de JÉSUS-CHRIST.
 
Pratique : Pensez souvent aux terribles supplices des martyrs, pour soutenir votre courage. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 27 mars 2025

28 Mars : CARÊME : VENDREDI DE LA TROISIÈME SEMAINE / SAINT JEAN DE CAPISTRAN, Confesseur / SAINT GONTRAN, roi / LA Bse JEANNE-MARIE DE MAILLÉ

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                          qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)


SAINT JEAN de CAPISTRAN 
Franciscain 
(+ 1456) 

Saint Jean de Capistranné l'an 1385, dans le royaume de Naples, était dans sa jeunesse un brillant jurisconsulte, un magistrat renommé pour son intégrité, un gouverneur plein de fermeté et de sagesse.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter.  Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. C'est là que saint François lui apparut et lui ordonna d'entrer dans l'ordre des Frères Mineurs. 

Jean acheta sa liberté, donna le reste de ses biens aux pauvres et s'ensevelit dans un couvent, après avoir donné à la ville de Pérouse, dont il avait été gouverneur, l'exemple d'un parfait mépris du monde, en parcourant les rues de cette ville monté à rebours sur un âne, et la tête coiffée d'un bonnet de carton, où étaient écrits les principaux péchés de sa vie.

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté: "Je rends grâces au SEIGNEUR, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs,  jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience." 

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône.  Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes.  Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de JÉSUS sur la Croix. Embrasé d'amour pour DIEU, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "DIEU, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de JÉSUS." 

Ordonné prêtre,  Jean fut appliqué au ministère de la parole.  Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses.  Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 

Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. 

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de DIEU, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche: 

"Par le secours de JÉSUS, Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait: "Victoire, JÉSUS, victoire!" Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456.

Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, SEIGNEUR, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: JÉSUS. Il avait soixante-et-onze ans.

Pratique. Défiez-vous de l'orgueil, combattez-le jusque dans ses dernières racines.


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SAINT GONTRAN
Roi

SAINT GONTRAN, petit-fils de Clovis et de Sainte Clotilde et roi de France, après des guerres continuelles avec ses frères répara ses torts par la pénitence et par la pratique des bonnes œuvres.

Il puisait dans la religion les vrais principes d'un gouvernement juste, pacifique et bienfaisant. Son règne fut accompagné d'une prospérité constante dans la paix et dans la guerre. 

Il honorait les évêques comme ses pères, fondait des églises et des monastères, montrait une charité immense pour les pauvres, et, dans un temps de famine, il joignit à ses aumônes des prières et des jeûnes pour fléchir la colère de DIEU. 

Il mourut en 593, avec la réputation d'un bon prince. 

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La Bienheureuse 
Jeanne-Marie de Maillé


La Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé naquit le 14 avril 1332, en Touraine, de très haute famille.  Dès l'âge de six ans, elle se faisait remarquer par sa piété, surtout envers Marie ; à onze ans, elle fut pour la première fois ravie en extase, le jour de Noël, et Marie lui apparut tenant dans ses bras le Divin Enfant. 

Une maladie, en la conduisant jusqu'aux portes du tombeau, servit à la détacher de plus en plus de la terre et à la rapprocher de DIEU.  Mariée, malgré sa répugnance et malgré son vœu de chasteté, à un jeune et vertueux seigneur, elle obtint de lui de vivre dans une parfaite continence. 

Leur château était le rendez-vous d'une multitude de pauvres, et les nobles châtelains étaient regardés comme la Providence de tous.  Oh ! le beau rôle à remplir, et qu'il est peu compris de nos jours ! Devenue veuve après seize ans de mariage, Marie eut à subir de dures épreuves qui la relevèrent rapidement à une plus haute sainteté ; elle fut chassée du château par la famille de son mari et se trouva pauvre et n'ayant pas même une pierre pour reposer sa tête. 

Reçue au château paternel, elle y continua plus que jamais sa vie de charité et de prières. Quand elle allait à l'église ou en revenait dans les ténèbres, on la voyait souvent précédée d'une lumière céleste qui lui traçait la route. D'après l'ordre de la Sainte Vierge, elle entra dans le Tiers Ordre-de Saint-François et se retira dans une chétive demeure, près du couvent des Cordeliers, à Tours. 

On ne sait qu'admirer le plus dans cette nouvelle vie, qui devait être pour elle définitive, — ou les effrayants excès de ses mortifications, — ou les trésors de cette charité sans bornes qui faisait d'elle la sœur, l'amie, la servante, l'esclave des pauvres, des malades et de tous les malheureux, — ou sa piété angélique, signalée par tant de miracles, — ou les faveurs sans nombre qu'elle reçut du Ciel à l'égal des plus grandes saintes, — ou les éclatantes conversions dues au zèle brûlant de son cœur d'apôtre. 

Elle mourut en 1414. 

Pratique : Acceptez avec résignation les épreuves qui viennent du prochain.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"