lundi 18 mai 2026

19 Mai : SAINT PIERRE CÉLESTIN, Pape / SAINT YVES, Avocat

 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


PIERRE, le onzième des douze enfants d'un pauvre fermier italien, naquit en 1221 ; il reçut une éducation plus soignée que ses frères, grâce aux dispositions extraordinaires d'intelligence et de piété qu'il montra dès son bas âge.

Tout enfant, il racontait naïvement à sa mère les visites qu'il recevait des anges et de la Sainte Vierge. La mère, pour éprouver la réalité de ces visions, lui ordonna, par un temps de famine, d'aller couper du blé, à l'époque où il était encore vert ; Pierre y courut et rapporta du blé très beau et très mûr.

Jeune encore, il résolut de quitter le monde pour la solitude. Sa première retraite fut une forêt, où il demeura six jours dans un jeûne et une prière ininterrompus ; puis il gravit une montagne sauvage et se retira dans une caverne sombre comme un tombeau, sans autre lit que la terre, sans autre vêtement qu'un cilice.

Pendant trois ans, malgré son jeûne quotidien, il fut assailli de toutes sortes de pensées de découragement, de sensualité, de volupté ; mais il était fortifié par les fréquentes visions des anges. Il consentit à recevoir le sacerdoce, afin de trouver dans l'Eucharistie un soutien contre les tentations.

La sainteté du solitaire lui attira des disciples : ce fut l'origine de cette branche de l'ordre de saint Benoît dont les religieux sont appelés Célestins. Ils vivaient sous des huttes faites avec des épines et des branches, mais DIEU réjouissait leur affreuse solitude par de suaves harmonies célestes et par la visite des bienheureux esprits.

Bien plus austères que ses religieux, Pierre ne mangeait que du pain de son très noir et très dur, jeûnant quatre carêmes, ne prenant généralement que des herbes crues, une seule fois tous les trois jours.

Couvert d'instruments de pénitence, il couchait sur le fer plutôt que sur la terre : une voix céleste vint lui ordonner de diminuer cette pratique excessive de la mortification.

Il opérait tant de merveilles, pour ainsi dire sans le vouloir, qu'il supplia DIEU d'avoir pitié de sa misère et de se servir d'autres instruments. Qui croirait qu'après une vacance inouïe du Saint-Siège pendant vingt-sept mois, le choix des cardinaux alla chercher le pauvre moine au fond de son désert?

Pierre, âgé de soixante-douze ans, subit en pleurant la violence qui lui fut faite ; mais, quelques mois après, craignant les responsabilités, se jugeant au-dessous d'une charge si lourde, à laquelle il est vrai, il n'était préparé que par sa sainteté, il abdiqua le souverain pontificat, reprit l'habit de moine et voulut retourner dans sa solitude.

Le nouveau pape, Boniface VIII, redoutant bien à tort qu'à cette époque troublée des hommes de parti n'érigeassent Pierre en antipape, le fit prendre et garder étroitement dans une citadelle.

La mort de PIERRE CÉLESTIN fut aussi sainte que sa vie ; elle arriva l'an 1296.

Pratique : Soyez humble, ayez des goûts modestes; rien ne trouble le cœur comme l'ambition.

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Saint Yves

Avocat

(1253-1303)


Ce célèbre avocat des pauvres, des veuves et des orphelins né en Bretagne, en 1253,  était fils du seigneur de Kermartin, près de Tréguier.  A l'âge de quatorze ans il fut envoyé aux écoles de Paris, où il étudia la philosophie, la théologie et le droit canonique; il étudia le droit civil à Orléans, et revint ensuite en Bretagne. 

L'évêque de Rennes le nomma son Official, c'est-à-dire juge des causes ecclésiastiques. Il reçut alors les Ordres sacrés, sauf la prêtrise. Sur les réclamations de son Ordinaire, qui était l'évêque de Tréguier, il alla exercer dans cette dernière ville la même charge qu'à Rennes.

En 1285, Yves fut ordonné prêtre et nommé curé de Trédrez. Décidé à bien remplir ses nouveaux devoirs, il se démit sa charge d'Official.

Yves fut le modèle des pasteurs.  Il était d'une humilité si profonde qu'il ne pouvait souffrir la plus petite louange.  Il faisait toujours ses visites à pied, et portait des sandales comme les religieux de saint François, dont il avait embrassé le Tiers-Ordre.  Étant simple étudiant à Paris, il avait commencé à s'abstenir de viande;  à Orléans, il cessa de boire du vin et entreprit de jeûner tous les vendredis. 
Ensuite, augmentant de jour en jour ses mortifications, il jeûna au pain et à l'eau tous les mercredis, vendredis et samedis de l'année. Son lit n'était qu'un peu de paille sur une claie d'osier; et sa Bible, ou une pierre, lui servait d'oreiller... Il distribuait aux pauvres les revenus de son bénéfice et de son patrimoine.

Il ne pouvait supporter la vue des pauvres nus: visitant un jour un hôpital, il y en trouva plusieurs mal vêtus, il leur donna tous ses habits. Un autre jour que le tailleur lui essayait un habit, il aperçut dans la cour un pauvre demi-nu ; aussitôt il lui fit donner l'habit neuf et garda le vieux.

Ce qui a rendu saint Yves illustre, c'est l'intégrité avec laquelle il exerça sa fonction d'Official. Il tâchait d'accorder les parties quand il les voyait sur le point d'entrer en procès; et, lorsqu'elles voulaient plaider,  il favorisait toujours ceux qu'il reconnaissait avoir le meilleur droit.  De toutes les causes qu'il soutint, soit comme juge, soit comme avocat, il n'y en eut jamais une seule d'injuste.  De juge, il devenait quelquefois avocat en faveur des pauvres et des orphelins
On cite le cas de cette vertueuse veuve de Tours, qui avait reçu de deux filous le dépôt d'une valise renfermant une grosse somme d'argent, sous condition de ne la rendre qu'en présence des deux déposants.  Six jours après, l'un deux sut si bien s'y prendre qu'il obtint la remise de la valise. Son complice cita alors la veuve en justice, en exigeant le remboursement intégral de la somme déclarée.


Elle allait être condamnée, lorsque Yves représenta, en pleine audience, que la veuve était prête à produire la valise, mais avec la condition sous laquelle on la lui avait confiée, c'est-à-dire la présence des deux déposants. Le juge approuva cette conclusion.  Pris dans ses propres filets l'escroc se troubla et finit par avouer que la valise ne contenait rien d'autre qu'un peu de ferraille.
 
Yves rendit sa belle âme à Dieu le 19 mai 1303, âgé de cinquante ans. Les pauvres, les orphelins, les malheureux le regrettèrent comme leur père nourricier, leur avocat, leur consolateur.
"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"


18 Mai : SAINT VENANT, Martyr / SAINT FÉLIX DE CANTALICE, Capucin


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


SAINT VENANT commença dès l'âge de quinze ans à donner des marques éclatantes de son zèle pour la diffusion de l'Évangile et pour la gloire de JÉSUS-CHRIST.


Comme il opérait de nombreuses conversions, l'empereur Dèce résolut de le faire arrêter ; mais l'intrépide jeune homme n'attendit pas qu'on vînt le saisir ; il se présenta de lui-même devant le préfet Antiochus, et lui dit : « Les dieux que vous adorez ne sont que des inventions du démon. Il n'y a qu'un seul DIEU, dont le Fils unique, JÉSUS-CHRIST, s'est fait homme, et est mort sur une croix pour sauver le monde du péché. »


Venant est aussitôt livré à toutes les tortures que peut inventer la rage des bourreaux ; il serait mort sous les fouets si un ange ne fût venu briser ses chaînes. Les barbares, loin de se laisser toucher par ce prodige, suspendent le martyr par les pieds et le brûlent avec des torches ardentes ; un ange vint encore le délier, ce qui occasionne plusieurs conversions.


A la suite de nouveaux interrogatoires, Venant est jeté en prison, puis livré à d'autres supplices; on lui brise les dents, on lui déchire les gencives, on l'abandonne dans un cloaque infect d'où un ange, pour la troisième fois, le délivre pour le disposer à des combats nouveaux et à un triomphe plus glorieux.


Un des juges le fait comparaître encore, et tandis que le martyr lui prouve avec force la vanité des idoles, le malheureux tombe de son siège et expire en disant : « Le DIEU de Venant est le vrai DIEU ! Vous devez l'adorer et détruire nos fausses divinités. »


Cependant la fureur d'Antiochus augmente à cette nouvelle ; le martyr est jeté à des lions affamés ; mais ces animaux féroces, au lieu de le dévorer, se couchent à ses pieds comme des agneaux et lui laissent la liberté de prêcher encore au peuple la foi de JÉSUS-CHRIST.


Le lendemain, Venant est traîné longtemps sur des ronces et des épines, et laissé demi-mort; par un prodige merveilleux, le jour suivant, il est guéri et prêt à d'autres combats.


Le préfet ordonne de le précipiter du haut d'un rocher ; mais le martyr, soutenu par les anges, tombe mollement sur le sol sans avoir aucun mal. Longtemps ensuite il est traîné hors de la ville sur des chemins hérissés de pierres et de cailloux, au point que les bourreaux sont exténués de soif.


Venant, par une sublime délicatesse de charité pour ces monstres humains, fait un signe de croix sur une pierre, et aussitôt il en jaillit une source d'eau vive qui les désaltère.


Enfin, le moment de la récompense est venu, et l'admirable martyr, accompagné de nombreux païens convertis et condamnés à avoir la tête tranchée, reçoit avec eux le coup de la mort et donne jusqu'à la dernière goutte de son sang pour JÉSUS-CHRIST (an 250).


Pratique. Ne craignez pas de trop faire et de trop souffrir pour un DIEU qui a tant fait et tant souffert pour vous.


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SAINT FÉLIX DE CANTALICE
Capucin


Félix vit le jour à Cantalice, bourgade située au pied de l'Apennin. Dès le bas âge, il manifesta de telles marques de prédestination que ses compagnons l'avaient surnommé "le petit Saint". Ses parents, qui étaient de pauvres laboureurs, l'employèrent de bonne heure à garder les troupeaux.
Cette vie allait bien à l'âme méditative de l'enfant: peu enclin aux conversations oiseuses, il recherchait les lieux solitaires, et y répétait souvent le Pater et l'Ave et les quelques formules pieuses qu'on lui avait apprises. Lorsque les autres bergers se livraient au sommeil, lui s'agenouillait devant un arbre sur l'écorce duquel il avait gravé une Croix.
À neuf ans, Félix passa au service d'un riche bourgeois qui lui confia d'abord la garde de ses troupeaux, puis le chargea du labourage de ses terres. Le jeune homme aima son nouvel emploi qui lui permettait d'assister tous les jours à la Messe avant de se rendre aux champs. Cet humble travailleur, sans instruction, qui n'avait fréquenté aucune école, avait beaucoup appris du Saint-Esprit. Comme il l'avouait plus tard, il ne connaissait que six lettres: cinq rouges et une blanche. Les cinq rouges étaient les cinq plaies du Sauveur, et la blanche était la Vierge Marie.
Dieu lui inspira d'embrasser un genre de vie plus parfait. À un parent qui lui objectait les austérités de la vie religieuse, il répondit: "Je veux être religieux tout de bon ou ne pas m'en mêler". Il alla frapper à la porte des Capucins. À la vue de ce paysan du Danube, le Père Gardien, voulant l'éprouver, lui dit: "Vous venez sans doute ici pour avoir un habit neuf et y vivre sans rien faire. Ou bien vous croyez que vous allez commander aux religieux comme vous commandiez à vos boeufs. Renoncez à ce projet et n'y pensez plus". Mais le postulant répondit à ce compliment si humblement et si sensément que le terrible Gardien l'admit sur-le-champ.
Devenu profès, le Frère Félix fut fixé au couvent de Rome avec les attributions de quêteur. Il resta quarante ans dans cet humble emploi, allant chaque jour, la besace sur le dos, pieds nus, et récitant son chapelet, quêter la subsistance de ses Frères.  Les humiliations, comme les peines corporelles, étaient pour lui ses roses du Paradis; il ne craignait pas de s'appeler lui-même l'âne du couvent des Capucins. "Mais où est-il donc, votre âne? Frère Félix", lui demanda-t-on un jour. -- "C'est moi!" répondit l'humble religieux.
Dans sa vieillesse, le Cardinal protecteur de l'Ordre lui offrit de le faire décharger de ses fatigantes fonctions. "Monseigneur, répondit Félix, laissez-moi mon office de quêteur: un soldat doit mourir l'épée à la main, un âne sous sa charge, et Frère Félix sous sa besace".
La mortification allait de pair avec son esprit de pauvreté et d'humilité: il se privait même des satisfactions les plus légitimes, telles que de s'approcher du feu l'hiver. "Allons, Frère âne, disait-il à son corps, il faut que tu te réchauffes sans feu; car c'est ainsi que doivent être traitées les bêtes de somme... Loin du feu, Frère âne, loin du feu! C'est devant le feu que saint Pierre renia son Maître."
Après avoir achevé de le purifier par de douloureuses infirmités, patiemment supportées, Dieu rappela à Lui le Frère Félix, le 18 mai 1587.
  "Ô Marie conçue sans péché,  
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 16 mai 2026

17 Mai : SAINT PASCAL BAYLON, Confesseur


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)

SAINT PASCAL BAYLON naquit en Espagne, le 17 mai 1540, d'humbles cultivateurs pauvres des biens de la terre, mais riches des vertus chrétiennes. Son enfance fut extraordinaire. Occupé dès l'âge de sept ans à la garde des troupeaux, il passait son temps en prières et en lectures; on dit que les anges eux-mêmes lui donnèrent des leçons.

Le petit Pascal se plaisait surtout à réciter le Pater et à redire : Notre Père, qui êtes aux cieux... Quoique pauvre, il trouvait le moyen de faire l'aumône en donnant une partie de sa nourriture à ceux qui en avaient besoin.

Il était le modèle aimé et respecté de tous les bergers de la contrée, auxquels il prêchait souvent la vertu avec beaucoup de chaleur et de conviction, gagnant d'ailleurs leur confiance par sa bienveillance et sa facilité à rendre service.

Dans un âge si tendre, il connaissait l'usage assidu des cilices, des jeûnes, des disciplines sanglantes ; on le voyait marcher pieds nus à travers les ronces et les épines, en expiation de ses péchés.



Le maître chez qui ses parents l'avaient placé voulait le faire héritier de tous ses biens ; mais Pascal ne convoitait que l'héritage de l'amour de DIEU et de la pauvreté religieuse.

A vingt ans, il entra chez les Franciscains, malgré les sollicitations de ses camarades, auxquels il prouva la réalité de l'appel divin en frappant trois fois la terre avec sa boulette et en faisant jaillir trois fontaines dans ce lien sec et aride.

Les vertus de l'enfant, déjà si extraordinaire, devinrent dans le religieux des vertus véritablement merveilleuses. Son obéissance était aussi parfaite que possible. Traité rigoureusement par son supérieur, il disait à ceux qui le plaignaient : « Taisez-vous; le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur. »

Quand on lui proposait de faire quelque chose, il disait souvent : « Je ferai comme l'obéissance dira. » Sa mortification était effrayante et ne le cédait en rien à celle des anciens solitaires.

Sa charité pour les pauvres, quand il était portier, dépassait les limites ; du moins ses supérieurs le blâmaient à ce sujet ; mais il leur répondait naïvement : " S'il se présente douze pauvres et que je donne à dix, il est bien à craindre que l'un de ceux que je renvoie ne soit précisément JÉSUS-CHRIST".



Pascal est célèbre par sa dévotion à la Sainte Eucharistie ; il passait des heures entières, souvent ravi en DIEU, devant le tabernacle, et parfois on le voyait suspendu en l'air par l'effet du divin amour.

Quand il ne pouvait être de corps devant le très Saint Sacrement, il y était ordinairement en esprit.  Cet ignorant avait le don de la science des choses spirituelles, au point d'écrire des livres que n'auraient point reniés les plus grands maîtres de la doctrine.

Sa mort arriva le 17 mai 1592.  Pendant la messe de ses funérailles, on vit ses yeux s'ouvrir deux fois, à l'élévation de l'hostie et du calice.

Pratique. Appliquez-vous à une dévotion tendre et continuelle envers la Sainte Eucharistie.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous" 

16 MAI : SAINT SIMON STOCK, Général des Carmes / SAINT JEAN NÉPOMUCÈNE, Prêtre et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)


Anglais d'origine, saint Simon Stock naquit d'une très illustre famille du Kent dont son père était gouverneur. Lorsqu'elle le portait, sa mère le consacra à la Sainte Vierge. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère lorsqu'elle prononçait le doux nom de Marie. 

Pour apaiser ses cris et ses pleurs, il suffisait de lui présenter une image de la très Sainte Vierge Marie. Il n'avait pas encore un an qu'on l'entendit plusieurs fois articuler distinctement la salutation angélique. Cette dévotion précoce ne peut provenir que d'un mouvement extraordinaire de l'Esprit-Saint.

A douze ans, Simon se retira au désert dans le creux d'un arbre, d'où lui vint le surnom de Stock qui signifie "tronc", en langue anglaise.  Sa nourriture consistait en herbes crues, quelques racines et pommes sauvages, un peu d'eau claire lui servait de breuvage. Son habit se composait de ronces et de chardons qu'il serrait étroitement sur sa chair nue.


Renchérissant sur ces mortifications volontaires, il se frappait avec des fouets garnis d'épines très piquantes. Bien que le tronc d'arbre où il avait élu domicile ne lui offrait pas la liberté de s'étendre pour dormir, il prenait son bref repos dans ce gîte précaire. Au sein de cette retraite sauvage, ses prières montaient sans interruption vers le ciel.  Saint Simon Stock passa vingt ans dans la plus entière solitude, nourrissant son âme des célestes délices de la contemplation.

S'étant privé volontairement de la conversation des hommes, il jouissait de celle de la Très Sainte Vierge Marie et des anges qui l'exhortaient à persévérer dans sa vie de renoncement et d'amour.  La Reine du Ciel l'avertit qu'il verrait bientôt débarquer en Angleterre des ermites de la Palestine. Elle ajouta qu'il devait s'associer à ces hommes qu'Elle considérait comme Ses serviteurs.

En effet, Jean lord Vesoy et Richard lord Gray de Codnor revinrent de Terre Sainte, ramenant en effet avec eux quelques ermites du Mont-Carmel.  Docile aux directives de la Mère de Dieu, saint Simon Stock se joignit à ces Pères, en 1212.

Élu vicaire général de l'Ordre des Carmes en 1215, le Saint travailla de toutes ses forces à obtenir de Rome la confirmation de son Ordre pour l'Occident.  Il ne manquait pas d'adversaires pour en empêcher l'extension en Europe. Mais Simon Stock supplia la Vierge Marie par d'instantes prières et beaucoup de larmes de défendre Elle-même cet Ordre qui Lui était consacré. Apparaissant en songe au pape Honorius III, la Mère de Dieu lui fit connaître Ses volontés, et en 1226, ce pape confirma la Règle des Carmes.
 
La Mère de miséricorde apparut un jour à Son serviteur, toute éclatante de lumière et accompagnée d'un grand nombre d'esprits bienheureux, Elle lui remit un scapulaire en disant: «Reçois Mon fils ce scapulaire, comme le signe d'une étroite alliance avec Moi.  Je te le donne pour habit de ton ordre; ce sera pour toi et pour tous les Carmes un excellent privilège et celui qui le portera ne souffrira jamais l'embrasement éternel. C'est la marque du salut dans les dangers et de l'heureuse possession de la vie qui n'aura jamais de fin.»

La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel se répandit non seulement parmi le peuple, mais aussi parmi les rois et les princes qui se trouvèrent fort honorés de porter cette marque des serviteurs de la Très Sainte Vierge.



Saint Simon Stock, présent au concile général de Lyon tenu sous le règne du pape Innocent IV, y prononça un éloquent discours contre les divisions qui agitaient alors l'Église. Il mourut dans la vingtième année de son généralat et la centième de son âge, après avoir laissé d'admirables exemples de vertu. 

La mort le cueillit dans la ville de Bordeaux, alors qu'il visitait ses monastères. L'Église ajouta ses dernières paroles à la salutation angélique :  «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.»

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Saint Jean Népomucène
Prêtre et Martyr


Saint Jean Népomucène  ainsi surnommé parce qu'il était né (l'an 1330) à Népomuck, en Bohême, fut deux fois l'enfant du miracle, car ses parents, déjà vieux, l'obtinrent par l'intercession de Marie et ne le conservèrent, dans une grave maladie, que grâce aux ferventes prières qu'ils adressèrent à la Reine du ciel, prières accompagnées du vœu de le consacrer au service divin.

L'éducation de Jean fut soignée ; sa piété était si remarquable, qu'elle faisait l'admiration de tous ceux qui le connaissaient. Il ne se présenta à l'ordination sacerdotale qu'après avoir purifié son âme par le jeûne et la prière, dans une retraite profonde.

Son éloquence lui fît confier une chaire importante, à Prague, et cette ville fut bientôt remuée par la parole ardente du jeune apôtre.  Jean se vit bientôt offrir un évêché; mais il refusa et n'accepta que la charge d'aumônier de la cour, afin d'y exercer son zèle. L'impératrice le prit pour directeur de son âme. C'était une sainte.

Cependant le roi, qui se livrait à toutes les débauches, osa concevoir d'odieux soupçons sur la conduite de sa vertueuse épouse, et un jour il fit venir le prêtre Jean et tenta, par les flatteries et par les menaces, de lui faire révéler le secret de la confession de son épouse.
 
Le Saint recula d'horreur et refusa avec indignation.
 
Quelques jours après, on servit sur la table du prince une volaille qui n'était pas assez rôtie. Venceslas, furieux, ordonna de mettre à la broche le cuisinier maladroit et de le rôtir à petit feu. Les courtisans, devant cet ordre digne de Caligula, sont terrifiés et se taisent; mais l'aumônier de la cour est averti, et, nouveau Jean-Baptiste; il se présente devant ce nouvel Hérode pour lui reprocher sa cruauté.
 
C'était mettre le comble à la rage du tyran.  Jean est jeté en prison ; bientôt il comparaît devant le roi, qui de nouveau le supplie de lui faire connaître la confession de la reine : " Jamais ! Jamais ! répond le prêtre ; le secret des consciences n'appartient qu'à DIEU. » Aussitôt il est mis à la torture et brûlé à petit feu avec des torches ardentes : «JÉSUS! MARIE! » s'écriait le martyr dans cet affreux supplice.
 
La grâce divine put seule guérir ses plaies. Élargi de nouveau, il comprit que ce repos ne serait pas de longue durée ; il fit donc ses adieux au peuple qu'il avait évangélisé avec tant de zèle, et bientôt, amené une dernière fois en face du tyran, il entendit sortir de sa bouche cette menace définitive : « Parle, ou tu mourras! »
 
Cette fois, Jean garda le silence, plus éloquent que toute réponse, et Venceslas ordonna de le mettre en un sac et de le jeter dans le fleuve pendant la nuit. Mais le corps du martyr suivit doucement le courant des eaux et fut toute la nuit environné de flambeaux lumineux comme des étoiles, à la grande admiration de la ville entière.
 
C'était le jour de l'Ascension, 16 mai 1383. 

 Pratique. Évitez les péchés de la langue ; veillez sur vos paroles et sachez garder un secret. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"