mercredi 2 septembre 2026

3 Sept : SAINT PIE X, Pape / SAINTE SÉRAPHIE ou SÉRAPIE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

                           qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Le père de saint Pie X, Jean-Baptiste Sarto, exerçait le métier de facteur rural. Il avait épousé Margherita Sanson, un nom bien digne d'être honoré. L'aîné de ses dix enfants, Joseph, devenu saint Pie X, a proclamé bien haut tout ce qu'il devait à sa sainte mère. Cet enfant de prédilection grandit dans l'humble village de Riese. 

Le jour de sa première communion, il promit à DIEU de rester chaste et de se préparer à la prêtrise. Malgré l'obstacle de la pauvreté qui sévissait au foyer, l'enfant était prêt à tous les sacrifices pour réaliser cet idéal. 

Ses études terminées au grand Séminaire de Padoue, la prêtrise lui fut conférée et il fut envoyé comme vicaire à Tombolo, puis curé à Salzano, en Vénétie. Là, le choléra ayant éclaté, l'abbé Sarto soigne ses paroissiens jour et nuit, les administre, les ensevelit. 
 
Nommé évêque de Mantoue en 1884, il s'objecte d'abord à cette élévation à l'épiscopat, mais devant l'insistance des supérieurs, il se soumet à la décision des autorités ecclésiastiques. Mgr Sarto se propose d'être tout à tous: «Mon peuple me trouvera toujours ferme à mon poste, toujours doux et plein de charité.»
  
Né pauvre, Mgr Sarto resta toujours pauvre et au service des pauvres. Vivant modèle du troupeau, il donne l'exemple d'une vie sainte et sacrifiée sans se démentir jamais. 

Les degrés hiérarchiques qu'il ne cessa de gravir sont marqués par son entière soumission à la volonté de DIEU et une rare facilité d'adaptation. Il ne s'occupait pas du passé, de ses aspirations personnelles, de sa liberté, mais abandonnait tout à la divine Providence.  En 1903, le souverain pontife Léon XIII expire et le cardinal Sarto est choisi pour le remplacer.  

Devant ce choix inattendu, celui qui avait toujours désiré demeurer simple curé de campagne, ne sut que balbutier la prière de l'agonie: «Que ce calice s'éloigne de moi... Que la volonté de DIEU soit faite...» Il dut prononcer à haute voix : «J'accepte.»  Il termina plus bas: «In crucem,» c'est-à-dire : «jusqu'à la croix.» 

La confusion régnait au sein de l’Église et de la société, la franc-maçonnerie lançait ses attaques sournoises et déguisées, les hérésies modernes élevaient prétentieusement la tête. On accusa saint Pie X d'opposer une barrière désuète au progrès. Mais rien n'ébranla le courage et les convictions du chef de la chrétienté qui condamna fermement toutes les erreurs qui tentaient de détruire subtilement la foi : «Nous réprouvons ces doctrines qui n'ont de la vraie philosophie que le nom et conduisent au scepticisme universel et à l'irréligion.» Possédant à un haut degré le don du discernement des esprits, saint Pie X s'est constamment signalé comme défenseur de l'intégrité de la foi en condamnant entre autres l'hérésie moderniste qu'il a qualifiée de «carrefour de toutes les hérésies.» 

En 1914, ce saint pape écrivit à l'empereur d'Autriche pour le conjurer d'empêcher la déclaration de la guerre.  Devant l'inutilité de ses efforts, il s'offre généreusement à DIEU en victime d'expiation pour le peuple chrétien et l'humanité toute entière.  Le soir du 19 août 1914, le bourdon de St-Pierre sonnait le glas...  

«Un Saint est mort» proclamait le peuple.  En 1954, Pie XII canonisait celui dont on avait dit : «L'histoire en fera un grand pape, l’Église en fera un grand Saint.»   Saint Pie X a été surnommé le pape de l'Eucharistie, car c'est sous son heureux pontificat que les petits enfants furent appelés à communier dès l'âge de raison.

=============================
SAINTE SÉRAPHIE ou SÉRAPIE


Sainte Séraphie ou Sérapie naquit à Antioche, de parents chrétiens, qui passèrent bientôt en Italie. C'est là que la jeune fille devint orpheline. Pour éviter les obsessions de ceux qui la recherchaient en mariage, elle vendit tous ses biens, en donna le prix aux pauvres et se vendit elle-même comme esclave pour vivre au service d'une dame romaine nommée Sabine.

La douceur de Séraphie, sa docilité, son amour pour le travail, sa charité, lui gagnèrent l'affection de sa maîtresse, et elle en profita pour l'attirer à JÉSUS-CHRIST.  Elle réussit à lui faire comprendre la folie des superstitions du paganisme, plus encore par ses exemples que par ses paroles.  Sabine reçut le baptême dans les sentiments de la foi la plus vive, et se consacra au service de DIEU. 

Ainsi la maîtresse corporelle eut pour maîtresse spirituelle celle qui s'était faite son esclave afin de donner à son âme la liberté des enfants de DIEU et de la racheter de l'esclavage du démon. 
Sabine n'était pas la seule conquête de Séraphie; aussi cette dernière fut-elle dénoncée comme propagatrice de la foi de JÉSUS-CHRIST et saisie par les soldats romains. 

Sabine ne voulut point se séparer d'elle ; mais elle ne subit le martyre que plusieurs années après. « Sacrifie aux dieux, dit le juge à Séraphie.  Je crains et j'adore le DIEU tout-puissant, répond la courageuse vierge; quant à vos dieux, ils sont des démons, un chrétien ne peut les adorer. —  Eh bien! sacrifie à ton DIEU sur cet autel ! —  Je lui offre chaque jour le sacrifice qu'il aime. —  Où est le temple de ton CHRIST, et quel sacrifice lui offres-tu? —  Je suis moi-même son temple,  si je suis pure; je lui offre le sacrifice d'une vie sainte et les âmes que je convertis à la foi. » 

Le juge eut alors l'idée diabolique de la corrompre ; mais DIEU sut la protéger.  Le lendemain elle opéra un grand miracle en présence d'une foule de personnes.  "Apprends-moi tes secrets magiques, Séraphie, dit le juge, et tu seras mise en liberté. — Je ne connais point la magie, mais je suis chrétienne, et mon DIEU accorde des merveilles à ceux qui le prient."  "Sacrifie, ou tu vas mourir. — Fais ce que tu voudras ; je suis chrétienne !" 

Séraphie est alors battue de verges. Pendant que le juge cruel préside à ce supplice, un éclat de verge lui saute dans l'œil et le blesse grièvement, si bien qu'il perdit l'œil complètement trois jours après. 

La jeune martyre est aussitôt condamnée à avoir la tête tranchée. C'était le 29 juillet 119.  Sabine recueillit son corps comme un trésor inestimable, l'embauma et lui donna la sépulture dans le tombeau qu'elle avait préparé pour elle-même. 

Pratique: Appliquez-vous à gagner à JÉSUS-CHRIST le plus d'âmes que vous pourrez.  À l'apostolat du bon conseil,  joignez l'apostolat de l'exemple. 

         "Ô Marie conçue sans péché, 
         priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 1 septembre 2026

2 Septembre : SAINT ÉTIENNE, roi de Hongrie

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

 
Les Hongrois étaient les descendants de ces fiers et terribles envahisseurs connus sous le nom de Huns. SAINT ÉTIENNE eut le bonheur d'être leur apôtre en même temps que leur roi. Sa naissance fut précédée d'un prodige, car sa mère eut une vision de saint Etienne, martyr, lui prédisant que l'enfant qui allait naître achèverait l'œuvre de la conversion de la Hongrie, commencée par ses parents. 

Aussi le prédestiné reçut-il au baptême le nom d’Étienne; il naquit en 977. Ses premières inclinations le portèrent à DIEU, sa première parole fut le nom de JÉSUS ; ses études furent aussi remarquables par ses succès que par la piété qui en était la compagne inséparable. Il avait vingt ans quand il succéda à son père. Pour donner tous ses soins à la christianisation de son royaume, il commença par établir une paix solide avec tous ses voisins. 

Ce ne fut pas sans peine que le pieux roi put mener à bonne fin son entreprise ; son peuple était tout barbare et endurci dans les superstitions du paganisme ; il lui fallut soutenir une guerre contre ses propres sujets ; mais le jeûne, l'aumône et la prière lui assurèrent la victoire. 

Etienne fit alors venir des apôtres pour évangéliser cette nation ignorante et grossière ; il publia des lois très sévères contre le meurtre, le vol, l'adultère, le blasphème et d'autres crimes; il pourvut à la protection des veuves et des orphelins, et à la subsistance des pauvres; il fonda et enrichit des églises : aussi bientôt vit-on ce pays offrir une magnifique végétation chrétienne. 

Dans toutes ces œuvres, le saint roi était secondé par sa pieuse épouse, Gisèle, sœur de l'empereur saint Henri. L'humilité accompagnait tous les bienfaits du prince ; souvent il choisissait la nuit pour accomplir ses œuvres de charité : il lavait en secret les pieds des pèlerins, et cachait discrètement ses aumônes. 

Un jour qu'il était sorti incognito pour distribuer de l'argent aux malheureux, comme il n'avait point réussi à contenter tout le monde, il fut dévalisé et foulé aux pieds ; loin de s'en fâcher et de se faire connaître, il offrit à la sainte Vierge cette humiliation et résolut de ne jamais rien refuser à aucun pauvre. 

Il était impossible que ses revenus pussent suffire à tant de charités, sans quelque merveille d'en haut. Un jour que saint Étienne priait, absorbé en DIEU, il fut enlevé en l'air par les anges jusqu'à ce que son oraison fût achevée. DIEU opéra en sa faveur beaucoup d'autres prodiges, en particulier pour la défense de ses États. 

Ses dernières années furent éprouvées par des maladies, qu'il supporta avec le plus grand courage, et par la perte de son fils aîné, qu'il aimait tendrement et formait à son exemple pour lui succéder sur le trône. 

Il mourut dans la paix du SEIGNEUR le jour de l'Assomption 1038. 

Pratique. N'usez de l'autorité que DIEU vous donnera que pour sa gloire et pour le bien des âmes. 
 
"Ô Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 31 août 2026

1er Septembre : SAINT GILLES, abbé

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT GILLES était d'Athènes et vivait au VIIe siècle. Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie; mais sa science était surtout celle des saints.
Un jour qu'il se rendait à l'église, il rencontre un pauvre mendiant malade et presque nu, qui lui demande l'aumône.  Ému de compassion, Gilles se dépouille de sa riche tunique et la lui donne ; à peine le malheureux en est-il revêtu, qu'il se trouve en parfaite santé.  Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l'aumône est agréable à DIEU.

Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l'humilité. Mais JÉSUS-CHRIST ne se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu'il en fut effrayé lui-même et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l'Occident.

Pendant la traversée, il calma par ses prières une effroyable tempête et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse. Mais il lui fallait la solitude ; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour DIEU.

Ses jours, ses nuits presque entières s'écoulaient dans une prière continuelle, dans l'adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours ; le lait d'une biche de la forêt, que DIEU lui envoyait, suffisait à son entretien.

Depuis trois ans Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d'Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens, allait succomber ; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gillesému jusqu'aux larmes, pria le SEIGNEUR  de protéger la vie de l'innocent animal.  Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l'homme de DIEU et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir.

La biche était sauvée, car le roi, plein d'admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l'auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Il fit même, à la demande dGilles, bâtir là un monastère.

Quant au saint ermite, après avoir dirigé quelque temps ce monastère, il chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux.

Sa vie, de plus en plus, devint tout angélique; son âme, souvent ravie en DIEU, semblait appartenir moins à la terre qu'au ciel ; ses pénitences étaient si effrayantes, que, plusieurs siècles après, on a cru en reconnaître les marques sur ses ossements.

L'heure de la délivrance sonna enfin pour lui le 1er septembre 720.

Pratique : Ayez un grand amour pour la solitude, où l'on trouve DIEU bien plus qu'au milieu du monde ;  faites-vous au moins une solitude dans votre cœur.
     «Ô Marie conçue sans péché 
         priez pour nous qui avons recours à Vous »

dimanche 30 août 2026

31 Août : SAINT RAYMOND NONNAT, Cardinal

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


SAINT RAYMOND NONNAT était issu d'une noble famille éprouvée par des revers de fortune, en Espagne, l'an 1204 ; il perdit sa mère dès sa naissance.

À peine Raymond eut-il l'usage de la raison, que, se voyant sans mère ici-bas, il se choisit dans le ciel une Mère qu'il aima toujours filialement.

Marie et son dévot serviteur rivalisaient, en maintes circonstances, de dévouement l'un pour l'autre. Partout le pieux enfant saluait l'image de sa Mère céleste ; il trouvait chaque jour mille moyens de l'honorer tout en vaquant au soin des troupeaux de son père.

Le démon lui étant apparu un jour sous la forme d'un berger, pour le porter à l'ambition et aux plaisirs, Raymond le reconnut, appela Marie à son aide, et le tentateur disparut avec un cri horrible.

Son père, ayant entendu dire que la dévotion de son fils lui faisait négliger la garde de son troupeau, vint un jour l'épier et fut ravi d'admiration de voir un beau jeune homme éclatant de lumière garder le troupeau pendant que Raymond se livrait à la prière dans une chapelle voisine, aux pieds de l'image de la Vierge.

Raymond était arrivé à l'âge de fixer son avenir. Marie calma ses inquiétudes en lui révélant qu'il devait aller à Barcelone et se faire recevoir dans l'ordre de Notre-Dame-de-la-Merci, pour la rédemption des captifs.

Après on noviciat plein de ferveur, il fut envoyé en Afrique, où, n'ayant pas assez d'argent pour racheter tons les prisonniers, il se donna lui-même en otage, afin de les mettre tous en liberté, et ne fut délivré que quand le surplus du payement fut arrivé.

Il souffrit avec joie tous les outrages de la captivité en union avec le Rédempteur des âmes outragé pour les péchés du monde. Un jour, il faillit être empalé pour avoir instruit et converti plusieurs infidèles ; mais le supplice fut changé en coups de bâtons. La bouche cadenassée, il chantait encore les louanges divines, ce qui fut attribué à des enchantements et donna lieu à une persécution nouvelle.

Après sa délivrance, qui fut moins pour lui un sujet de joie qu'un sujet de tristesse, il fut élevé au cardinalat ; mais, rentré dans son couvent, il y mena la même vie simple qu'auparavant, et ne consentit à changer ni d'habit, ni de logement, ni de genre de vie.

Un jour très froid d'hiver, il avait donné son chapeau à un pauvre vieillard mendiant; la nuit suivante, la sainte Vierge vint, accompagnée de plusieurs saints, déposer une couronne sur sa tête ; et comme l'humble Raymond s'en montrait affligé, il aperçut près de lui Jésus couronné d'épines, ce qui fut pour lui un sujet de douces larmes et de grande consolation.

Près de mourir, il reçut la communion des mains de Jésus-Christ, et rendit son âme à Dieu l'an 1240. Son visage devint après sa mort d'une beauté éclatante, son corps répandit un suave parfum, et d'innombrables miracles furent opérés par son invocation.


Pratique : 
Exercez la charité envers le prochain, même au prix des plus pénibles sacrifices.

   «Ô Marie conçue sans péché 
    priez pour nous qui avons recours à Vous »

samedi 29 août 2026

30 Août : SAINT FIACRE, Solitaire / SAINTE ROSE DE LIMA, Vierge

 "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile  et la vie des Saints 
                      qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

SAINT FIACRE, fils d'un roi d'Ecosse, vivait au VIe siècle; il fut élevé dans la science et la piété par des maîtres habiles. Jeune encore, il sentit son âme enflammée par l'amour de la solitude et le désir de ne vivre que pour Dieu.

Il s'embarqua pour la France, à l'insu de son père, et se choisit, près de Meaux, un lieu retiré, dans une forêt, où l'évêque lui concéda une portion de terre.  Saint Fiacre y bâtit un couvent, qu'il consacra à la sainte Vierge, à laquelle il avait voué dès son enfance une dévotion singulière.

Là il mena une vie angélique, tant par son application à Dieu que par la pratique de la plus rude mortification et le soin de subjuguer les moindres saillies des passions mauvaises. Sa sainteté ne manqua pas d'attirer en foule vers lui les pauvres et les pèlerins.  Fiacre mangeait peu et employait presque tout le produit du travail de ses mains à la subsistance de ses pieux visiteurs.

On lui amenait des possédés et des malades, et il les délivrait ou les guérissait en grand nombre. Cependant le petit terrain qu'il occupait étant devenu insuffisant pour subvenir à tant d'aumônes et à une si généreuse hospitalité, Fiacre fut obligé d'implorer de l'évêque une nouvelle concession de terre, et le prélat lui permit de prendre et d'utiliser tout ce qu'il pourrait entourer d'un fossé dans l'espace d'une journée.
Chose merveilleuse, Dieu vint au secours du travailleur : la terre se fendait d'elle-même comme par enchantement, et un seul jour suffit au saint pour entourer une étendue considérable. C'est sans doute à cause des travaux de jardinage dont il occupait les loisirs que lui laissaient la prière et le service de Dieu, que saint Fiacre est regardé comme le patron des jardiniers.

Tandis qu'il jouissait tranquillement des délices de la solitude, des envoyés écossais vinrent lui offrir la couronne royale, dont son frère s'était rendu indigne. Fiacre avait en révélation de leur approche et obtint de Dieu, à force de larmes et de prières, de ne pas permettre qu'il sortit de sa chère solitude pour être exposé aux dangers des honneurs du monde. Il devint aussitôt semblable à un lépreux.
Quand les ambassadeurs furent arrivés près de lui, ils ne purent voir sans horreur ce visage défiguré, n'eurent plus aucun désir de le faire monter sur le trône de ses pères et n'éprouvèrent que dégoût pour le fils de leur roi.

Fiacre, joyeux de leur déconvenue : « Ne croyez pas, leur dit-il, que cette plaie qui me couvre soit un mal naturel ; c'est une grâce que Dieu m'a faite pour m'épargner le danger des grandeurs. » 
Fiacre mourut dans son ermitage, le 30 août, vers l'an 670 ; il opéra de grands miracles après sa mort.
Pratique: Craignez les honneurs ; soyez convaincu que la vie simple et cachée leur est préférable.

================================
SAINTE ROSE DE LIMA


Rose naquit à Lima, au Pérou, le 20 avril 1586, et reçut au Baptême le nom d'Isabelle. Sa mère, penchée sur son berceau, ayant cru apercevoir une rose épanouie sur son visage, s'écria: "Désormais, tu seras ma "Rose", changement de nom qui fut confirmé par la Sainte Vierge dans une vision qu'eut plus tard la jeune fille.   
La vie de cette petite Sainte a été une suite ininterrompue de souffrances volontairement acceptées et héroïquement supportées. Dès son bas âge, Rose comprit que la vraie sainteté consiste avant tout à accomplir ses devoirs d'état.  Une source de difficultés lui vint de concilier l'obéissance à ses parents avec la fidélité aux appels intérieurs dont le Ciel la favorisait.
Elle s'ingénia à trouver le moyen d'obéir à la fois à Dieu et à sa mère. Décidée à ne chercher à plaire à personne qu'à Dieu, elle portait néanmoins une couronne de fleurs imposée par sa mère; mais elle sut y cacher à l'intérieure une aiguille qui faisait de cet ornement un instrument de supplice.

À l'exemple de sainte Catherine de Sienne, Rose se voua à une vie de pénitence. Dès son enfance, elle s'exerça au jeûne et put le pratiquer à un degré héroïque. Elle ne mangeait jamais de fruits.  À six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi.  À quinze ans, elle fit voeu de ne jamais manger de viande. Plus tard, elle ne mangea qu'une soupe faite de pain et d'eau, sans sel ni autre assaisonnement. 
Toutes les nuits, elle se frappait cruellement avec des chaînettes de fer, s'offrant à Dieu comme une victime sanglante pour l'Église, l'État, les Âmes du Purgatoire et les pécheurs. Non contente du lit de planches sur lequel elle reposa longtemps, elle se fit un lit avec des morceaux de bois liés avec des cordes; elle remplit les intervalles avec des fragments de tuiles et de vaisselle, les acuités tournées vers le haut. Rose coucha sur ce lit pendant les seize dernières années de sa vie.
La vraie sainteté ne réside pas dans la pénitence du corps, mais dans celle du coeur, qui est impossible sans l'humilité et l'obéissance. Toutes les austérités de Rose étaient soumises à l'obéissance; et elle était toujours prête à tout abandonner. On s'étonnera que ses directeurs aient pu approuver dans une si frêle enfant d'aussi cruelles macérations; mais il faut savoir que chaque fois que des confesseurs voulurent s'y opposer, il en furent empêchés par une lumière intérieure.

Toute la personne de Rose, défigurée par la pénitence, attirait l'attention du public et la faisait vénérer comme une Sainte. Désolée, elle eut recours à Dieu, afin que ses jeûnes n'altérassent pas les traits de son visage. Chose admirable! Elle reprit son embonpoint et ses vives couleurs; ses yeux se ranimèrent. Aussi arriva-t-il qu'après avoir jeûné tout un Carême au pain et à l'eau, elle rencontra des jeunes gens qui se moquèrent d'elle en disant: "Voyez cette religieuse si célèbre par sa pénitence! Elle revient sans doute d'un festin. C'est édifiant, vraiment, en ce saint temps!" Rose en remercia Dieu.
La charité de Rose pour le salut des âmes était en proportion de son amour pour Jésus-Christ. Elle ressentait une poignante douleur en pensant aux âmes qui se perdent après avoir été si chèrement achetées. Elle pleurait sur le sort des Chinois, des Turcs, et des nombreuses sectes hérétiques qui désolaient l'Europe.
Rose mourut le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans.   
«Ô Marie conçue sans péché 
    priez pour nous qui avons recours à Vous »

vendredi 28 août 2026

29 Août : DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT JEAN-BAPTISTE fidèle à l'impression de l'Esprit de Dieu, se retira dans le désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé.
Il y resta depuis son enfance jusqu'à l'âge de trente ans, uniquement occupé des exercices de la pénitence, de la prière et de la contemplation. A sa trentième année, il reparut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d'où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptiseur.

Déjà le Sauveur lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l'Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages. La vie du saint précurseur touchait à son terme ; il ne lui restait plus qu'à sceller de son sang la divinité de sa mission.

Hérode, gouverneur de la Galilée, menait une vie irrégulière avec Hérodiade, sa belle-sœur; saint Jean, à différentes reprises, blâma avec force un pareil scandale; aussi Hérodiade cherchait-elle l'occasion de se venger.

Depuis trois mois déjà, le courageux défenseur de la vertu était en prison ; mais cette vengeance ne suffisait pas à une femme voluptueuse et cruelle. Un jour qu'Hérode, pour célébrer l'anniversaire de sa naissance, donnait un festin à tous les grands de sa cour, Salomé, fille d'Hérodiade, dansa devant le prince avec tant de grâce, qu'Hérode s'engagea par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume.

La jeune fille sortit et courut raconter à sa mère la promesse dont elle venait d'être l'objet : "Que dois-je demander?" dit-elle à Hérodiade. — Demande la tête de Jean-Baptiste, répond la haineuse femme.  Salomé vient aussitôt annoncer à Hérode le choix qu'elle avait fait.
Hérode n'était pas méchant, mais il était faible ; il regretta sa promesse, il fut attristé de la demande ; mais il y avait un fatal point d'honneur à ne pas manquer à sa parole devant toute l'assistance.

Malgré son estime pour Jean-Baptiste, il envoya donc un garde dans sa prison pour lui trancher la tête. L'envoyé accomplit son message homicide et revint bientôt présenter à la princesse, dans un bassin, la tête du martyr, que celle-ci alla aussitôt montrer à sa mère.

Quand cette nouvelle fut annoncée à Jésus, qui la connaissait déjà par sa science divine, il manifesta une profonde douleur. Le crime ne resta pas impuni, car Hérode, vaincu par ses ennemis, perdit sa couronne et périt misérablement.

La fin d'Hérodiade et de sa fille ne fut pas plus heureuse. Le martyre de Jean-Baptiste en présageait bien d'autres, et particulièrement celui du Sauveur, qui arriva l'année suivante.
Pratique : Dans la défense de la vertu, ne vous laissez jamais arrêter par la crainte des hommes (aka "respect humain")
 "Ô Marie conçue sans péché, 
 priez pour nous qui avons recours à Vous"