mardi 3 février 2026

4 Février : SAINT ANDRÉ CORSINI, Évêque et Confesseur / SAINTE JEANNE DE VALOIS, Veuve

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)



Issu de l'illustre famille des Corsini, ce Saint naquit à Florence, en 1302, le jour de saint André, dont il reçut le nom. La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l'église des Carmes, s'y transforma aussitôt en un agneau d'éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l'amour de la piété et de la vertu.

Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, André, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n'avait d'autres ressources que ses larmes et ses prières.

Or un jour, André, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi: "Ah! mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j'ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois La servir."

Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le coeur d'André. Le lendemain il entra dans l'église des Carmes et se prosternant devant l'image de Notre-Dame du Peuple: "Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui Vous prie de le rendre désormais un agneau docile; il veut Vous servir dans l'Ordre du Carmel."

Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l'admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.

Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits: l'esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles.  Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l'amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu'il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d'obéissance, de ferveur et d'humilité.

Ordonné prêtre en 1328, il offrir à DIEU les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant: "Tu es Mon serviteur, Je t'ai choisi, et Je serai glorifiée par toi." Dans la suite André ne voulut plus d'autre titre que celui de serviteur de Marie.

DIEU donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d'un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d'Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.

De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour André, la ville de Fiésole le choisit pour évêque. A cette nouvelle il prend la fuite et va se cacher dans un couvent de Chartreux; mais un enfant dévoile sa retraite.

Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable; DIEU lui accorda un jour de multiplier le pain qu'il distribuait aux indigents.

Pris d'un mal subit le jour de Noël, il pressentit avec joie son dernier moment. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat. Ses reliques sont conservées à Florence dans l'église des Carmes.

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SAINTE JEANNE DE VALOIS
Veuve

Sainte Jeanne de Valois, fille du roi Louis XI, vint au monde en 1464, toute laide et toute contrefaite ; mais, en revanche, le Ciel révéla en elle dès ses plus tendres années une âme d'élite. 

Sa piété envers la sainte Vierge marquait son âme du sceau des prédestinés : elle avait cinq ans lorsque la Mère de DIEU daigna lui apprendre qu'elle était appelée à fonder en son honneur un Ordre dont le but principal serait l'imitation de ses vertus. 

Jeanne fut mariée malgré elle à un prince qui l'avait en aversion et ne la regarda jamais comme son épouse. Après quelques années pleines d'épreuves pour elle, le roi son père étant mort, ce mariage, contracté en des conditions déplorables, fut à la demande du prince son mari déclaré nul par le souverain Pontife : « Que DIEU soit glorifié, dit alors la sainte, mes chaînes sont brisées; c'est Lui qui l'a voulu, afin que désormais je puisse mieux Le servir que je ne l'ai fait jusqu'ici. » 

Ses adieux à son mari furent touchants : « Je vous dois, dit-elle, une grande reconnaissance, puisque vous me retirez de la servitude du siècle. Pardonnez-moi mes torts; désormais ma vie se passera à prier pour vous et pour la France. » 

Dès lors, la prière devint la compagne inséparable de Jeanne. Son ardent amour pour JÉSUS-CHRIST lui fit embrasser les mortifications volontaires, et plus d'une fois on la vit, à genoux au pied d'une croix, se frapper la poitrine avec une pierre et répandre un torrent de larmes, à la pensée de ses péchés et des souffrances de JÉSUS-CHRIST. 

Quelques herbes mal apprêtées suffisaient à sa nourriture; elle jeûnait et prolongeait ses veilles, ses prières et ses macérations trois jours au moins par semaine. Consoler les pauvres, les servir à table, laver et baiser leurs pieds, voilà quelles étaient les occupations chères à son cœur. Son humilité aurait voulu cacher à tous les yeux les prodiges de sa charité. 

Elle n'aurait désiré que DIEU seul pour témoin, car elle ne cherchait que lui dans la pratique de toutes les vertus. L'Eucharistie était sa force mystérieuse ; elle ne la recevait jamais que toute baignée de larmes, et c'est au pied du tabernacle qu'elle trouvait tous les trésors de dévouement qu'elle prodiguait autour d'elle. 

Elle put avant sa mort fonder, selon la promesse de la sainte Vierge, l'ordre des Annonciades. Jeanne s'envola au ciel le 3 février 1503, à l'âge de quarante ans. 

Une clarté extraordinaire parut pendant plus d'une heure dans sa chambre, au moment de sa mort. On trouva son corps couvert d'un rude cilice sur sa chair nue, avec une chaîne de fer sur ses reins ; c'est par ces instruments terribles de la pénitence chrétienne qu'elle avait remplacé les joyaux de la couronne royale. Cinquante-six ans plus tard, son corps était retrouvé sans aucune marque de corruption. 

Pratique : Ayez le courage de souffrir pour DIEU le mépris et les faux jugements des hommes. 
                        
"Ô Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 2 février 2026

3 Février : SAINT BLAISE, Évêque et Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Saint Blaise fut l'un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l'efficacité de leur intercession. D'abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste en Arménie, par le choix du peuple qui l'entourait d'une grande estime. 

Mais Blaise, inspiré de DIEU, quitta bientôt son siège épiscopal pour s'enfuir sur une montagne solitaire; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l'homme de DIEU, et recevoir avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.  

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d'ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise, saisi peu de temps après comme chrétien, jusque dans son antre sauvage, exprima sa joie profonde à la pensée de souffrir pour JÉSUS-CHRIST.  

Arrivé devant le gouverneur : « Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de DIEU par tes tourments? Non, non, le SEIGNEUR est avec moi, c'est Lui qui me fortifie ! » Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison.  

Quelques jours après, le martyr est rappelé au tribunal : « Choisis,  Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d'une mort cruelle. — Ces statues que tu adores, reprend l'évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer. »  

Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l'attacher à un chevalet ; puis il fit apporter des peignes de fer, et on lui en déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : "Voilà ce que je désirais depuis longtemps : mon âme arrachée à la terre et mon corps élevé en haut ! Déjà voisin du ciel, je méprise toutes les choses de ce monde; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu'un instant, tandis que la récompense sera éternelle. "  

Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les spectateurs de ce prodige.  

Tandis qu'il était en prison, on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson qui lui était restée dans le gosier. Blaise, en le guérissant, avait demandé à DIEU de lui donner la vertu de soulager tous ceux qui affligés de maux de gorge  se recommanderaient à lui.  

C'est pourquoi, d'après la tradition, on l'invoque tout spécialement pour les maux de gorge.  

Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée, l'an 316.  

Pratique Ne tenez à rien dans ce monde ; n'aspirez qu'aux biens éternels. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 1 février 2026

2 Février : LA PURIFICATION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE ET PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE (La CHANDELEUR)

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                    qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)     

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de JÉSUS au Temple, conformément à la loi de Moïse. 

Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, après leurs couches, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de DIEU, n'étaient obligés à cette cérémonie; cependant, par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant JÉSUS en ses bras, se rendit au temple de Jérusalem. 
 

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés. 

Les cierges symbolisent NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, Lumière du monde; la procession représente le passage de la Sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux saints vieillards Siméon et Anne. 
 

Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du CHRIST; la mèche, qui est intérieure est l'âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est la Divinité. 

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du CHRIST, figurée par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme JÉSUS même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui l'offrit au SEIGNEUR.


Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, mais particulièrement au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait en ce moment son suprême effort afin d'arracher les âmes à DIEU. 
 
Présentation de Jésus au Temple (Giotto)

C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du secours du RÉDEMPTEUR, Vraie Lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.  On doit regretter que la plupart des fidèles, oublieux des vieilles coutumes de la foi, n'apportent plus leur cierge à la fête de la Purification. 

Pratique : Observez religieusement les moindres détails des lois chrétiennes. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 31 janvier 2026

1er Février : SAINT IGNACE, Patriarche d'Antioche, Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que NOTRE-SEIGNEUR plaça au milieu des apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, il leur dit : « Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des cieux.» (Mathieu 18, 1-5) Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du SAUVEUR, disciple lui-même de Saint Jean, l'apôtre bien-aimé. 

IGNACE fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté, mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire : « C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux? — Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un vilain démon. — Qu'entends-tu par ce mot Théophore? — Celui qui porte JÉSUS-CHRIST dans son cœur. — Crois-tu que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur? — Vos dieux ! Ce ne sont que des démons ; il n'y a qu'un DIEU Créateur, un JÉSUS-CHRIST, Fils de DIEU, dont le règne est éternel. — Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat. — Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du CHRIST, et Trajan irrité, le fait conduire en prison. 

« Quel honneur pour moi, SEIGNEUR, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de vous !» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux. L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace : « Je ne sacrifierai point ; je ne crains ni les tourments ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à DIEU. » 

Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe, il fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration : « Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de DIEU ; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de JÉSUS-CHRIST. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon DIEU. 

Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de JÉSUS-CHRIST. » 

Quel langage et quel amour! Saint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de JÉSUS jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os, qui furent transportés triomphalement à Antioche (an 107). 

Pratique : Appliquez-vous à un tendre et ardent amour pour JÉSUS-CHRIST.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 30 janvier 2026

31 Janvier : SAINT JEAN BOSCO, Fondateur de l'Ordre de Saint-François de Sales et des Filles de Marie-Auxiliatrice / SAINTE MARCELLE, Veuve

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)
SAINT JEAN BOSCO
Fondateur de la société de Saint-François-de-Sales
et de l'Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice
(1815-1888)

Saint Jean Bosco naquit en 1815 dans un village du Piémont. Ses parents étaient de pauvres paysans; mais sa mère, demeurée veuve avec trois enfants, était une sainte femme. Le caractère jovial de Jean lui donnait une grande influence sur les enfants de son âge. Il les attirait par ses manières aimables et il entremêlait avec eux les divertissements et la prière.

Doué d'une mémoire extraordinaire, il se plaisait à leur répéter les sermons qu'il avait entendus à l'église. C'étaient là les premiers signes de sa vocation apostolique. Son coeur, soutenu par celui de sa mère et d'un bon vieux prêtre, aspirait au sacerdoce. La pauvreté, en l'obligeant au travail manuel, semblait lui interdire l'étude. Mais, par la grâce de DIEU, son courage et sa vive intelligence surmontèrent tous les obstacles.

En 1835, il était admis au grand séminaire. "Jean, lui dit sa mère, souviens-toi que ce qui honore un clerc, ce n'est pas l'habit, mais la vertu. Quand tu es venu au monde je t'ai consacré à la Madone; au début de tes études je t'ai recommandé d'être Son enfant; sois à Elle plus que jamais, et fais-La aimer autour de toi."



Au grand séminaire, comme au village et au collège, Saint Jean Bosco préludait à sa mission d'apôtre de la jeunesse et donnait à ses condisciples l'exemple du travail et de la vertu dans la joie. Prêtre en 1841, il vint à Turin. Ému par le spectacle des misères corporelles et spirituelles de la jeunesse abandonnée, il réunit, le dimanche, quelques vagabonds qu'il instruisait, moralisait, faisait prier, tout en leur procurant d'honnêtes distractions.

Mais cette oeuvre du dimanche ne suffisait pas à entretenir la vie chrétienne, ni même la vie corporelle, de ces pauvres enfants. Saint Jean Bosco, bien que dépourvu de toute ressource, entreprit donc d'ouvrir un asile aux plus déshérités. Il acheta pour 30.000 francs une maison payable dans la quinzaine. "Comment! lui dit sa mère devenue son auxiliaire, mais tu n'as pas un sou vaillant!" -- "Voyons! reprit le fils, si vous aviez de l'argent, m'en donneriez-vous? Eh bien, mère, croyez-vous que la Providence, qui est infiniment riche, soit moins bonne que vous?"

Voilà le trésor divin de foi, d'espérance et de charité dans lequel Saint Jean Bosco, malgré toutes les difficultés humaines, ne cessa de puiser, pour établir ses deux Sociétés Salésiennes de Religieux et de Religieuses, dont la première dépasse le nombre de 8 000, et la seconde celui de 6 000, avec des établissements charitables multipliés aujourd'hui dans le monde entier. 

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SAINTE MARCELLE
Veuve

Sainte Marcelle naquit vers l'an 330, d'une des plus illustres familles de Rome. Son mari étant mort après sept mois de mariage, elle refusa la main d'un consul et résolut de se consacrer à DIEU dans l'état de viduité. Elle confondit le paganisme, en montrant à tout le monde ce que doit être, dans son costume et dans ses mœurs, une veuve chrétienne; sa conduite fut si prudente, si irréprochable, que jamais personne n'osa ouvrir la bouche pour la calomnier, et si quelqu'un l'eût fait, on ne l'aurait pas cru, ni même écouté. Sa toilette n'était remarquable que par sa modestie et sa simplicité ; Marcelle avait renoncé à ses pierreries et à ses objets précieux pour nourrir les pauvres.  Jamais elle ne reçut un homme, quel qu'il fût, sans témoin.

Son occupation, outre la prière et l'oraison, était l'étude de la sainte Écriture. Cette étude était chez elle une sainte passion ; elle y acquit une science extraordinaire, et il faut avouer qu'elle eut un maître rare, Saint Jérôme. Le grand docteur, cédant aux sollicitations de Marcelle et des saintes femmes qui vivaient en communauté sous sa direction, allait fréquemment donner ses savantes leçons à ce groupe d'élite. Quel exemple pour les femmes du monde, si dégoûtées souvent de la parole de DIEU, et dont la négligence va parfois jusqu'à ne jamais ouvrir les livres qui traitent de la religion !

Marcelle, particulièrement par son amour des saintes Lettres, mérite d'être éternellement citée comme le modèle de toutes les femmes chrétiennes qui ont des loisirs pour faire d'utiles et saintes lectures.

Un autre grand mérite de Marcelle fut de populariser et de mettre en estime à Rome la vie religieuse. Bravant tout respect humain, la première elle imita le noble exemple des vierges de la Thébaïde, revêtit l'habit monacal, porta le voile, si bien qu'avant longtemps elle eut de dignes émules et que le vêtement religieux devint un objet de vénération.

Sainte Marcelle eut la douleur de voir Rome prise et pillée par le barbare Alaric. Quand les vainqueurs se présentèrent à sa maison, elle leur montra son vêtement grossier et leur dit : « Une femme vêtue comme moi n'a rien à donner. » Elle fut, malgré cela, frappée par ces insolents soldats, et sa pauvre maison fut livrée au pillage.

Notre sainte, réduite à n'avoir plus de pain à manger, put dire en toute réalité : « Je suis sortie nue du sein de ma mère, j'y retournerai de même; il ne m'est rien arrivé que ce qui a plu à DIEU : que son saint nom soit béni! » Elle mourut à quatre-vingts ans environ, le 30 janvier 410.

Pratique :  Aimez les bonnes lectures; instruisez-vous sans relâche dans la science du salut.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 29 janvier 2026

30 Janvier : SAINT MUTIEN-MARIE / SAINTE MARTINE, Vierge et Martyre / SAINTE BATHILDE, Reine de France

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Le Frère MUTIEN MARIE (Louis-Joseph WIAUX) que l'Église élève aujourd'hui au rang des Saints, naquit le 20 mars 1841 à Mellet, en Belgique, et fut baptisé le jour même.
 
Ayant reçu de ses parents une éducation profondément chrétienne, appuyée d'exemples, il devint vite lui-même un modèle pour ses compagnons, particulièrement par sa dévotion à la Vierge.

Après ses études primaires, il alla travailler à l'atelier de son père, forgeron de Mellet. Peu de mois après, le SEIGNEUR l'appela à une vie toute consacrée à son service. A quinze ans, le 7 avril 1856, il entre au noviciat des Frères des Écoles Chrétiennes. Le jour de la fête de la Visitation, il revêt l'habit religieux et reçoit le nom de Frère Mutien Marie.

Le champ de son premier apostolat catéchétique et pédagogique fut une classe d'enfants à Chimay. Pendant un an, il enseigne à Bruxelles. En 1859, il est transféré au Collège de Malonne : il y restera jusqu'à sa mort survenue en 1917.

Ayant trouvé des difficultés d'ordre professionnel, attribuables à son jeune âge et à son inexpérience, il court le risque d'être écarté de la Congrégation comme inapte à l'apostolat de l'école. Après cette dure épreuve, il est affecté à des activités humbles et cachées dans des fonctions plutôt modestes: surveillances, leçons élémentaires de dessin et de musique, sans être particulièrement doué pour ces deux disciplines.

Toujours obéissant et serviable, il s'applique à l'étude du piano, de l'harmonium et des autres instruments, et il puise dans l'amour de DIEU, la force d'une constante assiduité au travail, et cela pendant plus de cinquante ans!

Se rappelant que sa Congrégation a été fondée pour l'éducation chrétienne des pauvres", il demande aux Supérieurs la faveur de se rendre à l'école gratuite, annexée au Collège, pour enseigner le catéchisme aux enfants de la classe populaire, dont il se sent très proche: pendant de longues années, il se consacra avec une ardeur extraordinaire à leur faire découvrir les richesses de la Foi. Pour tous ses élèves, riches ou pauvres, grands ou petits, le Frère Mutien est un modèle, un signe de la présence de DIEU et de sa bonté. Le bien qu'il réalise est incalculable: les jeunes dont il s'est occupé en témoignent.

Le trait caractéristique du Frère Mutien est une obéissance, poussée jusqu'à l'héroïsme, à toutes les prescriptions de la Règle. Un des Frères qui vécut de longues années avec lui en communauté donne de lui ce témoignage: "Prenez la Règle, du premier Chapitre jusqu'au dernier, et, sous chaque article, écrivez : le Frère Mutien l'a observé à la lettre! Ce sera sa biographie la plus fidèle!".

Dans une sereine et confiante adhésion à la volonté des Supérieurs, pendant plus de cinquante ans, il exécute fidèlement les tâches qui lui sont confiées. Le Frère Mutien s'est fixé un choix précis: faire en tout et avec la plus grande perfection, la volonté de DIEU.

Conformément aux enseignements de son Fondateur, il se laisse guider par la Foi, qui lui fait voir DIEU en toutes ses actions. Le nouveau Saint vit constamment avec le SEIGNEUR sans jamais perdre le sentiment de sa présence. A quatre heures et demie du matin, il est déjà à genoux devant le Tabernacle. Puis, il se rend à l'autel de Marie. Pendant la journée, il égrène son chapelet: le mouvement de ses lèvres révèle sa prière continuelle.

Ses visites au Saint Sacrement sont fréquentes pendant la journée; il y ajoute les pèlerinages à la grotte de la Vierge de Lourdes et à d'autres lieux de dévotion. Les élèves, témoins de son admirable piété, l'appellent "le Frère qui prie toujours". Il leur recommande avec insistance la dévotion à l'Eucharistie et à la Très Sainte Vierge, et tous savent que l'invitation résulte d'une pratique personnelle journalière et persévérante.

En toute humilité et avec une extrême gratitude, il dira, à la fin de sa vie: "Qu'on est heureux quand on est, comme moi, sur le bord de la tombe, d'avoir toujours eu une grande dévotion à la Très Sainte Vierge!". Ce fut le dernier message de sa vie, alors qu'il entrait en agonie. Au matin du 30 janvier 1917, il rendit sa belle âme à DIEU.

Le jour même de sa mort, on signalait des faveurs, attribuées à son intercession. Et bientôt, se fut un défilé de pèlerins venant prier sur sa tombe. Les miracles se multiplient. Six ans plus tard, un tribunal ecclésiastique est établi pour la procédure canonique en vue de la Béatification et de la Canonisation.

Le Pape Paul VI en 1977 proclame Bienheureux, cet humble religieux dont la vie fut toute de prière, d'humilité, de travail et d'obéissance. Aujourd'hui Jean Paul II le présente comme modèle à tous les chrétiens et, tout particulièrement, à ses confrères et aux éducateurs, auxquels est confiée la tâche délicate de former des citoyens honnêtes pour les réalités terrestres et des élus pour le Ciel.

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SAINTE BATHILDE
Reine de France
(Morte en 680)


SAINTE BATHILDE naquit en Angleterre, au VIe siècle. Toute jeune encore, à la suite d'une guerre, elle fut vendue comme esclave et achetée à vil prix par un seigneur de la cour du roi français Clovis II. Le jeune roi, charmé de ses vertus, la prit pour épouse. Ce choix providentiel devait avoir pour résultat la gloire de la France : DIEU est admirable dans ses desseins.

Loin de s'enorgueillir de son élévation, Bathilde conserva sur le trône la simplicité de sa vie ; mais elle révéla la plus noble intelligence, les plus hautes qualités et une dignité égale à sa situation. Humble servante et prudente conseillère de son époux, aimant les évêques comme ses pères et les religieux comme ses frères, généreuse pour les pauvres, qu'elle comblait d'aumônes, avocate des malheureux, des veuves et des orphelins, fondatrice de monastères, d'un zèle extraordinaire pour le rachat des captifs et l'abolition de l'esclavage : telle fut sur le trône la digne émule de Sainte Clotilde.



Au milieu de la cour, elle trouvait le temps de vaquer à l'oraison et de s'adonner à tous les devoirs de la piété ; détachée des grandeurs d'ici-bas, elle n'aspirait qu'à prendre un libre essor vers les délicieuses retraites de la prière et du recueillement. La mort de son époux lui imposa des obligations nouvelles, et pendant l'enfance du jeune roi Clotaire, son fils, elle dut porter tout le poids de l'administration d'un vaste royaume.

Si elle le fit avec une haute sagesse, ce ne fut pas sans de grandes épreuves. Sa vertu s'épura dans la tribulations  et c'est sans regret qu'elle put enfin se décharger de la régence et entrer comme simple religieuse au monastère de Chelles, qu'elle avait fondé.


Alors, enfin, elle put se livrer tout entière à l'action de la grâce et s'adonner à la pratique des plus héroïques vertus. Nulle religieuse n'était plus soumise, nulle n'affectionnait davantage les plus humbles emplois, nulle n'observait plus fidèlement le silence; elle fut admirable surtout par son humilité et par le mépris d'elle-même.

Ses sœurs se montrant étonnées de ces bons exemples : "Hélas! dit-elle, quand je me souviens que Jésus, le Roi des rois, est venu pour servir et non pour être servi, et que je le vois laver les pieds de ses disciples, parmi lesquels il y a un traître, je ne sais où je dois me mettre, et il me semble que le plus grand bonheur qui puisse m'arriver, c'est d'être foulée aux pieds de tout le monde. »

A sa mort, en 580, ses sœurs virent monter son âme au ciel et entendirent les anges célébrer son triomphe par de suaves harmonies.

Pratique
Priez beaucoup pour le triomphe de la foi en France.

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SAINTE MARTINE
Vierge et Martyre
(+ 226)


SAINTE MARTINE naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des œuvres de miséricorde.

L'empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de JÉSUS-CHRIST trouvèrent Sainte Martine en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d'Apollon.

En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria JÉSUS-CHRIST, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L´empereur irrité, commanda qu'on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des ongles de fer; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d'autres qu'une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l'empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent de fatigue.

Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l'huile bouillante; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L'empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu'il la crut morte; mais s'apercevant qu'il se trompait: "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés? – J'ai mon SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L'empereur, informé de ce qui s´était passé, ordonna que Martine fût menée dans l'amphithéâtre afin d'y être exposée aux bêtes; mais un lion qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d'Alexandre et le dévora.

Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse JÉSUS-CHRIST." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l'avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l'instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs.

On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu'on lui eût fait couper les cheveux. L'empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de DIEU.

Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu'au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

                                         "Ô Marie conçue sans péché,
                         priez pour nous qui avons recours à Vous"