mercredi 11 février 2026

12 Février : SAINT LUDENS, Confesseur / SAINTE EULALIE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


SAINT LUDENS était fils d'un puissant seigneur écossais. A la mort de son père, il hérita de ses grands biens, qu'il employa en constructions pieuses ; puis il entreprit le pèlerinage de Rome à pied, en demandant l'aumône.

Les fatigues du voyage et ses austérités l'épuisèrent, et il mourut en chemin au pied d'un arbre, près de Strasbourg, l'an 1202. On trouva sur lui un écrit qui fit connaître son nom, sa patrie et le but de son voyage.

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SAINTE EULALIE

Vierge et Martyr
à Barcelone


SAINTE EULALIE, égale à bon nombre d'autres jeunes martyres par son illustre naissance, ne leur fut inférieure ni par ses vertus ni par ses glorieux combats pour Jésus-Christ.

Quand le barbare gouverneur Dacien, qui fit ruisseler en Espagne le sang des martyrs, vint à Barcelone, la jeune Eulalie, âgée de quatorze ans, fut inspirée de DIEU d'aller se présenter elle-même au tyran, afin de donner à toute la ville un noble exemple de courage.


Un matin, elle s'échappa de la maison paternelle et alla droit au tribunal. Le gouverneur, étonné de tant d'audace, mais frappé aussi de la beauté de cette enfant, lui dit: "Qui es-tu, jeune fille, et que veux-tu? — Je veux te reprocher ta conduite cruelle envers d'innocentes victimes. — Mais qui es-tu donc pour me parler ainsi? — Je suis chrétienne. — N'insulte pas en moi l'autorité des divins empereurs. — Je suis chrétienne, et je méprise vos idoles. — Offre de l'encens aux dieux immortels. — J'adore le vrai DIEU, et je hais tes dieux misérables."

Dacien ordonna de la promener par toute la ville en la faisant fustiger avec une verge de bois flexible ; mais l'effet produit fut différent de ce qu'attendait ce barbare, et les fidèles bénissaient le SEIGNEUR du courage de la jeune martyre.


Eulalie subit ensuite le supplice du chevalet, des ongles de fer, des peignes d'acier et des torches ardentes ; mais, aidée de la grâce d'en haut, elle riait de l'impuissance de ses bourreaux. L'huile bouillante et le plomb fondu n'émurent pas davantage l'héroïque fille.

Alors Dacien honteux et confus de sa défaite, ordonna de laisser Eulalie attachée à une espèce de croix.  La pauvre enfant n'y demeura pas longtemps suspendue ; les tourments affreux qu'elle avait endurés avaient épuisé ses forces; elle expira paisiblement, et les assistants virent son âme s'envoler vers le ciel sous la forme d'une blanche colombe.

Ce glorieux martyr eut lieu le 12 février de l'an 304. — Que de fois, au temps des persécutions, DIEU s'est servi ainsi de l'exemple de frêles et timides vierges pour relever le courage des chrétiens et faire éclater en même temps la divinité d'une religion qui inspirait un si calme et si sublime héroïsme !

Pratique : Craignez ceux qui peuvent nuire à votre âme, et non ceux qui peuvent nuire à votre corps.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

11 Février : "JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION" NOTRE DAME À LOURDES

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée."

  1. (Saint François de Sale)


Proclamée IMMACULEE dans Sa CONCEPTION, le 8 décembre 1954, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.


L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil; Elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc; une ceinture bleue flottait autour d'Elle; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, étonnée et ravie; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui ordonna de revenir.

                        

La dix-huitième fois, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l'Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant: "JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION!" C'était la Sainte Vierge, patronne de l'Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.

A partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L'Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l'Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins;et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant; c'est par centaines de mille, chaque année, que les dévots de Marie affluent à Lourdes, de toutes les parties du monde.


La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année. Tours, Mame, 1950


"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 9 février 2026

10 Février : SAINTE SCOLASTIQUE, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Sainte Scolastique, née en 480, était la sœur de Saint Benoît, patriarche des moines d'Occident.  Jeune encore, elle fît au foyer paternel de grands progrès dans la vertu.

Loin d'imiter les illusions des filles du siècle, elle méprisa la beauté, les richesses, l'alliance des plus grands princes, en méditant jour et nuit sur les moyens de renoncer aux choses de la terre pour s'allier à JÉSUS-CHRIST.  Suivre Benoît dans la solitude était son unique aspiration. On sait qu'elle se consacra à DIEU dès sa plus tendre jeunesse, et qu'elle se rapprocha de son saint frère quand il se fut établi au mont Cassin, afin de profiter de ses leçons et de ses exemples. 
 
Benoît ne consentait à voir sa sœur qu'une fois par an, avant le carême, et alors la sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait au - devant d'elle ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où Saint Benoît et Sainte Scolastique eurent leur suprême entretien resté si célèbre. 

Le 9 février 543, Scolastique était allée visiter son frère, comme de coutume. La journée se passa dans de saints entretiens, et la nuit arriva sans qu'ils s'en aperçussent. "II est trop tard pour vous retirer, dit la sainte à son frère; parlons jusqu'à l'aurore des joies de la vie céleste. — Que dites-vous là, ma sœur? reprit Benoît ; je ne puis passer la nuit hors de mon couvent." 

Scolastique, affligée de ce refus, se pencha sur la table, et, la tête entre ses mains, pria DIEU en versant d'abondantes larmes. Sa prière fut si promptement exaucée, que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la tête, et que la pluie tombait par torrents, bien que le ciel fût auparavant serein et sans nuage : « Qu'avez-vous fait, ma sœur? dit l'homme de DIEU. —; Je vous ai supplié, dit Scolastique, et vous n'avez pas voulu m'écouter; j'ai invoqué NOTRE-SEIGNEUR, et voilà qu'il m'exauce. » 

Dans l'impossibilité de sortir, Benoît resta par force ; les deux saints veillèrent toute la nuit, s'entretenant du bonheur des élus. 

Le lendemain, la pieuse vierge retourna à son couvent, et Benoît à son monastère ; mais le troisième jour, l'homme de DIEU, dans sa cellule, élevant les yeux en haut, vit l'âme de sa sœur s'envoler dans les airs sous la forme d'une colombe et se perdre dans les profondeurs du ciel. 

Benoît voulut faire déposer le corps de sa sœur dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme leurs âmes l'avaient été dans la vie. 

On aime à trouver, dans la vie de plusieurs illustres saints, ces amitiés fraternelles, dont l'amour divin, bien plus que le sang, était le lien et le terme. 

Pratique :  Priez avec foi ; vous n'obtenez pas, parce que vous priez mal.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 8 février 2026

9 Février: SAINTE APOLLINE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Sainte Apolline ou Apollonie florissait au IIIe siècle, dans la ville d'Alexandrie ; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne. 

Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au SEIGNEUR ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore Lui offrir le sacrifice de sa vie. 

L'an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité; la fureur des païens contre les chrétiens ne connut point de bornes. On pilla les maisons et l'on exerça contre les personnes les plus horribles violences. Apolline, déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse au contraire d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre. 

Un jour, elle fut arrêtée ; les bourreaux se jetèrent sur elles, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents ; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait à JÉSUS-CHRIST. 

La sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire. Les païens espérèrent un moment qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu. Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son cœur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux, stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer. 

Son corps, comme un holocauste pur et sans tache, fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les cieux, l'an 249 de NOTRE SEIGNEUR, le 9 février. L'exemple étonnant de Sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature ; mais l'Église, en l'admettant an nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'ESPRIT DIVIN. 

Plusieurs saintes femmes, pendant les persécutions, ont été de même au-devant de la mort, soit pour éviter des outrages, soit dans l'élan de leur amour pour DIEU, et l'Église ne leur donne pas moins le titre de martyres. 

Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré. — Le courage de cette jeune vierge, courant elle-même au-devant des supplices, n'est-il pas une éclatante condamnation de notre lâcheté au service de DIEU ? 

Pratique : Ne calculez jamais dans le service de Dieu; sacrifiez-vous sans hésitation.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 7 février 2026

8 Février : SAINT JEAN DE MATHA, Confesseur, Fondateur de l'Ordre de la Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs.

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Saint Jean de Matha (1160-1213) originaire d'une illustre famille, en Provence, au commencement du XIIe siècle, fut consacré au SEIGNEUR par un vœu, dès sa naissance. 

Il brilla tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l'argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux ; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. 

C'est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita, de devenir le père d'un grand Ordre de charité. Le jour où il fut élevé au sacerdoce, il plut à DIEU de montrer aux hommes la sainteté de son serviteur. Une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l'onction du SAINT-ESPRIT qui opérait dans son âme. 

Le bruit de ce prodige s'étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première messe. Au moment de la consécration, lorsque Jean élevait l'hostie, on vit le visage du saint resplendir d'une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au-dessus de l'autel sur un spectacle invisible aux assistants. "J'ai vu, dit-il plus tard, un ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix de couleur rouge et bleue; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l'un chrétien et l'autre maure; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants." 

C'était l'annonce claire de l'œuvre qu'il devait établir; il fut en effet fondateur de l'Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision. 

Qui dira tout ce que le saint eut à souffrir dans son pénible apostolat? « Si je n'ai pas le bonheur d'être martyr, disait-il souvent, puissé-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères ! » DIEU seconda plus d'une fois son zèle par des miracles. 

Un jour que les habitants de Tunis voulaient l'empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu'il avait rachetés, il se prosterne et invoque Marie ; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étend son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogue bientôt en pleine mer et aborde en moins de deux jours à Ostie, aux applaudissements d'une foule, émerveillée du prodige. 

Jean de Matha mourut à Rome usé de fatigues, le 21 décembre 1213, à l'âge de soixante et un ans, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d'œuvres et de mérites. La pauvre petite cellule qu'il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu'à ce jour, et semble encore toute parfumée de ses vertus. 

Pratique. Soyez bon et compatissant ; qu'aucune misère ne vous laisse insensible.
                                  
                                   "Ô Marie conçue sans péché, 
                     priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 6 février 2026

7 Février : SAINT ROMUALD, Abbé

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT ROMUALD naquit à Ravenne, en 956, d'une des plus illustres familles d'Italie.  Sa jeunesse fut orageuse, mais bientôt la grâce qui le poursuivait triompha de ses résistances, et il racheta son passé par les plus effrayantes austérités.

Après avoir vécu sept ans dans un monastère de Saint Benoît, il se sentit inspiré de mener la vie solitaire, et alla habiter avec un saint homme qui lui faisait réciter chaque jour de mémoire tout le psautier.  Quand il faisait quelque faute, l'ermite toujours armé d'une verge, lui donnait un rude coup sur l'oreille gauche. Romuald souffrait patiemment; cependant un jour, s'apercevant qu'il perdait l'ouïe du côté gauche, il pria le rude vieillard de le frapper sur l'oreille droite. Ce fait suppose un grand progrès dans la vertu.

Bientôt,  Romuald devint le chef d'une foule de solitaires ; il réforma et fonda un grand nombre de monastères et établit enfin l'ordre des Camaldules. DIEU éprouva sa vertu par les terribles assauts du démon, qui lui demandait à quoi servaient tant de prières et de pénitences.

Les victoires du saint rendaient son ennemi plus furieux, et plus d'une fois il fut battu et foulé aux pieds par des esprits malins revêtus des formes les plus fantastiques et les plus affreuses. "Quoi! disait  Romuald au démon, en se moquant de lui, tu as été chassé du ciel et tu viens au désert montrer ta honte! Va-t'en, bête immonde, vilain serpent! "

Notre Saint jouit à un haut degré du don des larmes ; il ne pouvait célébrer la messe sans pleurer, et pendant son oraison, vaincu par l'émotion et ravi en extase, il s'écriait : "JÉSUS, mon cher JÉSUS ! Ô doux miel, ineffable désir, délices des saints, suavité des anges!" 

Arrivé à une extrême vieillesse, il jeûnait encore tous les jours, et pendant le carême il se contentait d'une écuelle de légumes à son unique repas. Quelquefois il demandait certains mets, afin de les voir, d'en faire le sacrifice à DIEU et de se moquer de la sensualité : "Voilà un bon morceau, bien apprêté, Romuald, disait-il ; tu le trouverais bien de ton goût, n'est-ce pas? Eh bien! Tu n'y toucheras pas et tu n'en auras eu la vue que pour te mortifier davantage."

Il faisait tant et de si grands miracles que toute la nature semblait lui être soumise. 

Quand cet illustre athlète de la pénitence mourut, le 19 juin 1027, il avait cent vingt ans; une vie si longue, malgré des austérités si extraordinaires, n'est-elle pas à elle seule un prodige? 
        
Pratique.  Ne passez pas un seul jour sans faire quelque pénitence corporelle ; votre âme bénéficiera de tout ce que vous retrancherez à votre corps. 

                                                 "Ô Marie conçue sans péché,
                                   priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 5 février 2026

6 Février : SAINTE DOROTHÉE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
            qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)     

SAINTE DOROTHÉE 
Vierge et Martyre 
(+ 304

Le martyre de Sainte Dorothée nous offre encore une belle page de l'histoire des premiers siècles de l'Église. Elle était née à Césarée, en Cappadoce, où elle faisait l'étonnement des païens et l'édification des chrétiens par ses rares vertus. 

Saisie comme chrétienne, elle parut les yeux baissés, mais avec fermeté, devant son juge: 

"Quel est ton nom? lui demande-t-il. 

-- Je me nomme Dorothée. 

-- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels. 

-- Je n'adore que le DIEU du Ciel, car il est écrit: "Tu adoreras le SEIGNEUR ton DIEU, et tu ne serviras que Lui." 

-- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet. 

-- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels." 

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi: 

-"Pourquoi retardes-tu mon bonheur? Je suis chrétienne! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort. 

-- Et qui est Celui que tu désires? 

-- C'est le CHRIST, le Fils de DIEU. 

-- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse. 

-- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du CHRIST et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux."

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre. 

Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. "Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au CHRIST deux âmes que le démon Lui avait ravies." 

Et se tournant vers le juge: "Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles!" Elle fut condamnée à être frappée du glaive. "Je Vous rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que Vous m'appelez en Votre Paradis." 

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria par raillerie, de lui envoyer "des fruits ou des roses du jardin de son Époux". Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa JÉSUS-CHRIST et subit le martyre ce jour même. Avant d'avoir la tête tranchée, il s’écria « O CHRIST, je vous rends grâces ! » C’était vers l’an 308. 

Les actes des martyrs nous donnent souvent lieu de constater la vérité de cette parole d’un illustre écrivain des premiers siècles : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». 

Pratique :  Gardez votre cœur pur, vous deviendrez capable de grands sacrifices.

                  "Ô Marie conçue sans péché, 
               priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 4 février 2026

5 Février : SAINTE AGATHE, Vierge et Martyre / LES SAINTS MARTYRS DU JAPON (1597)

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
          qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)

SAINTE AGATHE 
Vierge et Martyre 
(+ 254) 

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à Sainte Agathe ; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce. 

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du SEIGNEUR devant son tribunal.

-"Qui es-tu?

- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.

- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens?

- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec JÉSUS-CHRIST dont je me dis la servante.

- Quoi donc! Sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton CRUCIFIÉ?

- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue, et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier JÉSUS-CHRIST ou à mourir dans les tourments.

Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur que sur son ordre, on arracha un sein à la Sainte. Elle dit à Quintianus: "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme?"

Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, Saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du SAUVEUR : la Sainte s'écria: "Je Vous rends grâces, ô mon SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, de ce qu'il Vous a plu de m'envoyer Votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit: "DIEU me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la Sainte sur des têts de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës.

Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel, et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit: "Ouvrez, SEIGNEUR, les bras de Votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire Vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable," et en achevant ces mots elle expira (+ 254).

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de Sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots: "C'est une âme sainte; elle a rendu un honneur volontaire à DIEU et elle est la rédemption de sa patrie."

Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de DIEU, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

La dévotion à Sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane. Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.

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LES SAINTS MARTYRS DU JAPON

(1597)


Lorsque Saint François Xavier parut au Japon, cet empire était plongé tout entier dans le paganisme; quarante ans plus tard, on y comptait plus de deux cent mille chrétiens, généralement animés de toute la ferveur de l'Église primitive. 

Le démon jaloux ne tarda pas à soulever une persécution ; elle fut terrible, mais ne servit qu'à faire éclater les merveilles de la foi chrétienne. 

La liste des premiers martyrs du Japon en comprend vingt-six : six franciscains, trois jésuites et dix-sept chrétiens, dont trois jeunes enfants de chœur. 

Les actes des martyrs des trois premiers siècles ne sont pas plus admirables que le récit des souffrances de ces héros de la foi. Un des religieux, près de mourir, disait, en parlant de la magnanimité de ces chrétiens : « J'ai honte de moi-même, en voyant des hommes si récemment entrés dans le sein de l'Église montrer un tel courage en face de la mort. » 

Un autre, suspendu à une croix, n'osait se servir que des paroles du bon larron : « SEIGNEUR, souvenez-vous de moi! » Un pieux jésuite, crucifié, fit une prédication touchante, du haut de sa glorieuse chaire, aux païens qui l'entouraient : « Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême. 

Les trois enfants ne furent pas moins admirables. L'un d'eux, nommé Louis, répondit à un païen qui l'engageait à renoncer à sa foi : « C'est vous, au contraire, qui devriez vous faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut. » Un autre, nommé Antoine, résiste aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat. « Je méprise vos promesses et la vie elle-même ; je désire d'être attaché à la croix pour l'amour de JÉSUS crucifié. » Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume : Laudate, pueri, Dominum, Enfants, louez le SEIGNEUR, et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le ciel. 

Les fidèles recueillirent le sang et les vêtements des martyrs, dont l'attouchement opéra des miracles. 

Pie IX les a canonisés le 8 juin 1862, dans une solennité sans exemple, au milieu d'un grand concours d'évêques venus de toutes les parties du monde catholique. 

Les missions du Japon comptent parmi les plus intéressantes et les plus riches d'avenir. De nombreux apôtres, partis de la France, y travaillent aujourd'hui au triomphe de l'Évangile. Aimons à tourner les yeux vers ce pays des martyrs et à implorer pour lui la divine miséricorde. 

Pratique : Demandez à DIEU de vous faire comprendre qu'il est doux de se sacrifier pour lui. 
                          
                                          "Ô Marie conçue sans péché, 
                           priez pour nous qui avons recours à Vous"