samedi 16 mai 2026

17 Mai : SAINT PASCAL BAYLON, Confesseur


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)

SAINT PASCAL BAYLON naquit en Espagne, le 17 mai 1540, d'humbles cultivateurs pauvres des biens de la terre, mais riches des vertus chrétiennes. Son enfance fut extraordinaire. Occupé dès l'âge de sept ans à la garde des troupeaux, il passait son temps en prières et en lectures; on dit que les anges eux-mêmes lui donnèrent des leçons.

Le petit Pascal se plaisait surtout à réciter le Pater et à redire : Notre Père, qui êtes aux cieux... Quoique pauvre, il trouvait le moyen de faire l'aumône en donnant une partie de sa nourriture à ceux qui en avaient besoin.

Il était le modèle aimé et respecté de tous les bergers de la contrée, auxquels il prêchait souvent la vertu avec beaucoup de chaleur et de conviction, gagnant d'ailleurs leur confiance par sa bienveillance et sa facilité à rendre service.

Dans un âge si tendre, il connaissait l'usage assidu des cilices, des jeûnes, des disciplines sanglantes ; on le voyait marcher pieds nus à travers les ronces et les épines, en expiation de ses péchés.



Le maître chez qui ses parents l'avaient placé voulait le faire héritier de tous ses biens ; mais Pascal ne convoitait que l'héritage de l'amour de DIEU et de la pauvreté religieuse.

A vingt ans, il entra chez les Franciscains, malgré les sollicitations de ses camarades, auxquels il prouva la réalité de l'appel divin en frappant trois fois la terre avec sa boulette et en faisant jaillir trois fontaines dans ce lien sec et aride.

Les vertus de l'enfant, déjà si extraordinaire, devinrent dans le religieux des vertus véritablement merveilleuses. Son obéissance était aussi parfaite que possible. Traité rigoureusement par son supérieur, il disait à ceux qui le plaignaient : « Taisez-vous; le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur. »

Quand on lui proposait de faire quelque chose, il disait souvent : « Je ferai comme l'obéissance dira. » Sa mortification était effrayante et ne le cédait en rien à celle des anciens solitaires.

Sa charité pour les pauvres, quand il était portier, dépassait les limites ; du moins ses supérieurs le blâmaient à ce sujet ; mais il leur répondait naïvement : " S'il se présente douze pauvres et que je donne à dix, il est bien à craindre que l'un de ceux que je renvoie ne soit précisément JÉSUS-CHRIST".



Pascal est célèbre par sa dévotion à la Sainte Eucharistie ; il passait des heures entières, souvent ravi en DIEU, devant le tabernacle, et parfois on le voyait suspendu en l'air par l'effet du divin amour.

Quand il ne pouvait être de corps devant le très Saint Sacrement, il y était ordinairement en esprit.  Cet ignorant avait le don de la science des choses spirituelles, au point d'écrire des livres que n'auraient point reniés les plus grands maîtres de la doctrine.

Sa mort arriva le 17 mai 1592.  Pendant la messe de ses funérailles, on vit ses yeux s'ouvrir deux fois, à l'élévation de l'hostie et du calice.

Pratique. Appliquez-vous à une dévotion tendre et continuelle envers la Sainte Eucharistie.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous" 

16 MAI : SAINT SIMON STOCK, Général des Carmes / SAINT JEAN NÉPOMUCÈNE, Prêtre et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)


Anglais d'origine, saint Simon Stock naquit d'une très illustre famille du Kent dont son père était gouverneur. Lorsqu'elle le portait, sa mère le consacra à la Sainte Vierge. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère lorsqu'elle prononçait le doux nom de Marie. 

Pour apaiser ses cris et ses pleurs, il suffisait de lui présenter une image de la très Sainte Vierge Marie. Il n'avait pas encore un an qu'on l'entendit plusieurs fois articuler distinctement la salutation angélique. Cette dévotion précoce ne peut provenir que d'un mouvement extraordinaire de l'Esprit-Saint.

A douze ans, Simon se retira au désert dans le creux d'un arbre, d'où lui vint le surnom de Stock qui signifie "tronc", en langue anglaise.  Sa nourriture consistait en herbes crues, quelques racines et pommes sauvages, un peu d'eau claire lui servait de breuvage. Son habit se composait de ronces et de chardons qu'il serrait étroitement sur sa chair nue.


Renchérissant sur ces mortifications volontaires, il se frappait avec des fouets garnis d'épines très piquantes. Bien que le tronc d'arbre où il avait élu domicile ne lui offrait pas la liberté de s'étendre pour dormir, il prenait son bref repos dans ce gîte précaire. Au sein de cette retraite sauvage, ses prières montaient sans interruption vers le ciel.  Saint Simon Stock passa vingt ans dans la plus entière solitude, nourrissant son âme des célestes délices de la contemplation.

S'étant privé volontairement de la conversation des hommes, il jouissait de celle de la Très Sainte Vierge Marie et des anges qui l'exhortaient à persévérer dans sa vie de renoncement et d'amour.  La Reine du Ciel l'avertit qu'il verrait bientôt débarquer en Angleterre des ermites de la Palestine. Elle ajouta qu'il devait s'associer à ces hommes qu'Elle considérait comme Ses serviteurs.

En effet, Jean lord Vesoy et Richard lord Gray de Codnor revinrent de Terre Sainte, ramenant en effet avec eux quelques ermites du Mont-Carmel.  Docile aux directives de la Mère de Dieu, saint Simon Stock se joignit à ces Pères, en 1212.

Élu vicaire général de l'Ordre des Carmes en 1215, le Saint travailla de toutes ses forces à obtenir de Rome la confirmation de son Ordre pour l'Occident.  Il ne manquait pas d'adversaires pour en empêcher l'extension en Europe. Mais Simon Stock supplia la Vierge Marie par d'instantes prières et beaucoup de larmes de défendre Elle-même cet Ordre qui Lui était consacré. Apparaissant en songe au pape Honorius III, la Mère de Dieu lui fit connaître Ses volontés, et en 1226, ce pape confirma la Règle des Carmes.
 
La Mère de miséricorde apparut un jour à Son serviteur, toute éclatante de lumière et accompagnée d'un grand nombre d'esprits bienheureux, Elle lui remit un scapulaire en disant: «Reçois Mon fils ce scapulaire, comme le signe d'une étroite alliance avec Moi.  Je te le donne pour habit de ton ordre; ce sera pour toi et pour tous les Carmes un excellent privilège et celui qui le portera ne souffrira jamais l'embrasement éternel. C'est la marque du salut dans les dangers et de l'heureuse possession de la vie qui n'aura jamais de fin.»

La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel se répandit non seulement parmi le peuple, mais aussi parmi les rois et les princes qui se trouvèrent fort honorés de porter cette marque des serviteurs de la Très Sainte Vierge.



Saint Simon Stock, présent au concile général de Lyon tenu sous le règne du pape Innocent IV, y prononça un éloquent discours contre les divisions qui agitaient alors l'Église. Il mourut dans la vingtième année de son généralat et la centième de son âge, après avoir laissé d'admirables exemples de vertu. 

La mort le cueillit dans la ville de Bordeaux, alors qu'il visitait ses monastères. L'Église ajouta ses dernières paroles à la salutation angélique :  «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.»

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Saint Jean Népomucène
Prêtre et Martyr


Saint Jean Népomucène  ainsi surnommé parce qu'il était né (l'an 1330) à Népomuck, en Bohême, fut deux fois l'enfant du miracle, car ses parents, déjà vieux, l'obtinrent par l'intercession de Marie et ne le conservèrent, dans une grave maladie, que grâce aux ferventes prières qu'ils adressèrent à la Reine du ciel, prières accompagnées du vœu de le consacrer au service divin.

L'éducation de Jean fut soignée ; sa piété était si remarquable, qu'elle faisait l'admiration de tous ceux qui le connaissaient. Il ne se présenta à l'ordination sacerdotale qu'après avoir purifié son âme par le jeûne et la prière, dans une retraite profonde.

Son éloquence lui fît confier une chaire importante, à Prague, et cette ville fut bientôt remuée par la parole ardente du jeune apôtre.  Jean se vit bientôt offrir un évêché; mais il refusa et n'accepta que la charge d'aumônier de la cour, afin d'y exercer son zèle. L'impératrice le prit pour directeur de son âme. C'était une sainte.

Cependant le roi, qui se livrait à toutes les débauches, osa concevoir d'odieux soupçons sur la conduite de sa vertueuse épouse, et un jour il fit venir le prêtre Jean et tenta, par les flatteries et par les menaces, de lui faire révéler le secret de la confession de son épouse.
 
Le Saint recula d'horreur et refusa avec indignation.
 
Quelques jours après, on servit sur la table du prince une volaille qui n'était pas assez rôtie. Venceslas, furieux, ordonna de mettre à la broche le cuisinier maladroit et de le rôtir à petit feu. Les courtisans, devant cet ordre digne de Caligula, sont terrifiés et se taisent; mais l'aumônier de la cour est averti, et, nouveau Jean-Baptiste; il se présente devant ce nouvel Hérode pour lui reprocher sa cruauté.
 
C'était mettre le comble à la rage du tyran.  Jean est jeté en prison ; bientôt il comparaît devant le roi, qui de nouveau le supplie de lui faire connaître la confession de la reine : " Jamais ! Jamais ! répond le prêtre ; le secret des consciences n'appartient qu'à DIEU. » Aussitôt il est mis à la torture et brûlé à petit feu avec des torches ardentes : «JÉSUS! MARIE! » s'écriait le martyr dans cet affreux supplice.
 
La grâce divine put seule guérir ses plaies. Élargi de nouveau, il comprit que ce repos ne serait pas de longue durée ; il fit donc ses adieux au peuple qu'il avait évangélisé avec tant de zèle, et bientôt, amené une dernière fois en face du tyran, il entendit sortir de sa bouche cette menace définitive : « Parle, ou tu mourras! »
 
Cette fois, Jean garda le silence, plus éloquent que toute réponse, et Venceslas ordonna de le mettre en un sac et de le jeter dans le fleuve pendant la nuit. Mais le corps du martyr suivit doucement le courant des eaux et fut toute la nuit environné de flambeaux lumineux comme des étoiles, à la grande admiration de la ville entière.
 
C'était le jour de l'Ascension, 16 mai 1383. 

 Pratique. Évitez les péchés de la langue ; veillez sur vos paroles et sachez garder un secret. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 14 mai 2026

15 MAI : SAINT PIERRE ET SES COMPAGNONS, Martyrs à Lampsaque

  
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)

En l'an 250, au temps de la persécution de l'empereur Dèce, un jeune chrétien, nommé Pierre, fut arrêté sur le territoire de Lampsaque et présenté au tribunal du proconsul, qui lui dit : « Quel est ton nom? — Je m'appelle Pierre. — Es-tu chrétien? — Oui, je suis chrétien. — Mais ne connais-tu pas les décrets de l'empereur? sacrifie à Vénus. — Comment peux-tu m'engager à sacrifier à une femme impudique dont l'histoire fait rougir? Je ne sacrifie qu'au CHRIST,  DIEU vivant et Roi des siècles. »

A ces mots, le proconsul irrité fait étendre le martyr sur la roue, où on l'attache avec des chaînes de fer.  Mais Pierre, dans cet affreux supplice, levait les yeux au ciel et disait : « Je vous rends grâces, SEIGNEUR JÉSUS, qui avez daigné donner à ma faiblesse assez de patience pour vaincre ce tyran cruel. »  Le proconsul, voyant que toutes les tortures seraient inutiles, lui fait trancher la tête.

Vers le même temps, on présenta trois chrétiens, nommés André, Paul et Nicomaque, devant le proconsul. Il leur demanda d'où ils étaient et quelle était leur religion.  Remar­quons ici les dangers de la présomption et la nécessité de compter sur la grâce de DIEU plus que sur le courage personnel. 

Nicomaque, le premier, répondit hardiment : « Je suis chrétien! — Sacrifie aux dieux, reprend le proconsul. —Tu sais, dit Nicomaque, qu'un chrétien ne doit pas sacrifier aux démons. » Appliqué à la torture, il est vaincu par la violence de la douleur et s'écrie : « Je n'ai jamais été chrétien ; je sacrifie aux dieux. » A peine est-il détaché, que le démon s'empare de lui ; il se coupe la langue avec les dents, et il expire en se roulant à terre.

Mais sa couronne était réservée à un autre.  Dans la foule des spectateurs, la jeune vierge Dionysia, âgée de seize ans, s'écrie : « Malheureux, qui pour éviter un moment de souffrance achète des châtiments éternels ! » Le proconsul la fait saisir; elle se déclare chrétienne. Livrée à deux jeunes débauchés, elle triomphe de tous leurs efforts pour la perdre, et délivrée tout à coup par un ange brillant de lumière, elle ne profite de sa liberté que pour retourner au tribunal et s'offrir généreusement à la mort. Elle eut la tête tranchée. —

Pendant ce temps, les deux compagnons de l'infortuné Nicomaque, André et Paul, luttaient généreusement pour leur foi : « Jeunes gens, leur dit le proconsul, sacrifiez à la grande Diane. » André et Paul répondirent : "Nous ne connaissons ni Diane ni les autres démons que vous adorez : nous n'avons jamais adoré que le vrai et unique DIEU."

Le peuple, entendant ces paroles, poussait des cris de mort. Le proconsul voyant qu'il ne pouvait triompher de leur persévérance, les fit battre de verges et les livra au peuple ; ils consommèrent leur supplice par la lapidation.

Pratique : Défiez-vous de la présomption; mettez votre confiance en la grâce de DIEU.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

14 MAI : SAINT PÂCOME, Abbé / SAINT BONIFACE, Archevêque de Mayence, Marty

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre  et l’Évangile vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

PACÔME naquit en 292, dans la Haute-Thébaïde, au sein de l'idolâtrie, comme une rose au milieu des épines; ses parents ne purent jamais lui enlever son horreur instinctive pour les superstitions du paganisme.

A l'âge de vingt ans, il était soldat dans les troupes impériales, quand l'hospitalité si charitable qu'il reçut de la part de moines chrétiens l'éclaira et fixa ses idées vers le christianisme et la vie religieuse. A peine libéré du service militaire, il se fit instruire, reçut le baptême et se rendit dans un désert, où il pria un solitaire de le prendre pour son disciple : "Considérez, mon fils, dit le vieillard, que du pain et du sel font toute ma nourriture ; l'usage du vin et de l'huile m'est inconnu.  Je passe la moitié de la nuit à chanter des psaumes ou à méditer les saintes Écritures ; quelquefois il m'arrive de passer la nuit entière sans sommeil." 

Pacôme, étonné mais non découragé, répondit qu'avec la grâce de DIEU il pourrait mener ce genre de vie jusqu'à la mort. Il fut fidèle à sa parole. Dès ce moment, il se livra généreusement à toutes les rudes pratiques de la vie érémitique.

Un jour qu'il était allé au désert de Tabenne, sur les bords du Nil, un ange lui apporta du ciel une règle et lui commanda, de la part de DIEU, d'élever là un monastère.  Dans sa règle, le jeûne et le travail étaient proportionnés aux forces de chacun ; on mangeait en commun et en silence ; tous les instants étaient occupés ; la loi du silence était si rigoureuse, que quand un moine avait besoin de quelque chose, il ne pouvait le demander que par signe ; en allant d'un lieu à un autre, on devait méditer quelque passage de l'Écriture ; on chantait des psaumes même pendant le travail.

Bientôt le monastère devint trop étroit, et il fallut en bâtir six autres dans le voisinage.  L'œuvre de Pacôme se développait d'une manière aussi merveilleuse que celle de saint Antoine, commencée vingt ans plus tôt. — L'obéissance était la vertu que Pacôme conseillait le plus à ses religieux; il punissait sévèrement les moindres infractions à cette vertu.
 
Un jour, il avait commandé à un saint moine d'abattre un figuier couvert de fruits magnifiques, mais qui était pour les novices un sujet de tentation : « Comment, saint père, lui dit celui-ci, vous voulez abattre ce figuier, qui suffit à lui seul pour nourrir tout le couvent ? »
 
Pacôme n'insista pas ; mais, le lendemain, le figuier se trouvait desséché : ainsi DIEU voulait montrer le mérite de la parfaite obéissance.  Le saint abbé semblait avoir toute puissance sur la nature : il marchait sur les serpents et foulait aux pieds les scorpions sans en recevoir aucun mal ; lorsqu'il lui fallait traverser quelque, bras du Nil pour la visite de ses monastères, les crocodiles se présentaient à lui et le passaient sur leur dos.

Sur le point de mourir, il vit son bon ange près de lui, et rendit son âme au Créateur, le 14 mai 348.

Pratique : Ne raisonnez pas les ordres de vos supérieurs ; obéissez humblement et simplement.

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SAINT BONIFACE
Archevêque de Mayence


BONIFACE, appelé d'abord Winfrid, naquit en Angleterre, l'an 680. Après une mission prêchée dans sa ville natale, il demanda à suivre les moines dans leur couvent.  Son père refusa d'accéder à ce qu'il appelait le caprice d'un enfant de sept ans ; mais une maladie grave que DIEU lui envoya pour le punir le décida enfin à laisser partir cet enfant de bénédiction.

Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l'ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n'a qu'un désir : devenir apôtre de l'Allemagne.

En 718, il va s'agenouiller aux pieds du pape Grégoire II et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à Saint Willibrord, apôtre des Frisons; mais il s'enfuit dès qu'il s'aperçoit que celui-ci veut lui conférer l'épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints.
 
La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires ; le pape l'appelle à Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de Boniface. L'apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d'ardeur que jamais à étendre le règne de l'Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel.

Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d'idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer : l'arbre énorme se plie sous une main invisible et vient tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint.  Le CHRIST avait vaincu ; des milliers de païens demandèrent le baptême.

Boniface était de nouveau débordé par l'immensité de ses succès ; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui ; il obtient du pape d'instituer de nouveaux évêchés et d'organiser dans ce pays la hiérarchie catholique.  Archevêque, légat du pape, Boniface ne s'attribue point la gloire de ses œuvres ; DIEU est sa seule force et son seul recours : voilà le secret de ses conquêtes pacifiques.

A ce héros, il ne manquait plus qu'un combat ; à ce triomphateur, il ne manquait plus qu'une victoire. Un matin, Boniface se préparait à offrir le saint sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages ; son entourage court aux armes ; mais Boniface sort de sa tente : « Cessez le combat, mes enfants, dit-il; voici venue l'heure de la délivrance ! »


Bientôt l'apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l'accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre ouvert de saint Ambroise : "Du bienfait de la mort". C'était l'an 755.

 
Pratique : Excitez votre zèle en pensant qu'une âme coûte le sang de JÉSUS-CHRIST.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 12 mai 2026

13 MAI : NOTRE-DAME DE FATIMA / SAINT JEAN LE SILENCIAIRE, Évêque / SAINT ROBERT BELLARMIN, Jésuite, Cardinal, Docteur de l'Église

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)


NOTRE-DAME de FATIMA
Apparition au Portugal
en 1917

Le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces, en vue de sauver le monde alors dévasté par la première Guerre Mondiale. Une semaine plus tard, son appel angoissé recevait une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.


Un dimanche, 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima, au Portugal. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge.

En entendant sonner midi au loin, ils s'agenouillent et récitent le chapelet. Leur prière est interrompue par la vue d'un éclair, puis d'un second plus brillant que le premier. Le ciel est cependant sans nuages. Ô merveille! à quelques pas, sur les branches d'un chêne vert, ils aperçoivent une belle Dame plus étincelante que le soleil. Éblouis autant que terrifiés, les trois enfants veulent s'enfuir, mais la mystérieuse apparition les rassure par un geste de maternelle bonté et leur dit: «N'ayez pas peur, Je ne vous ferai pas de mal.»


Après quelques minutes d'un silence extatique, Lucie ose demander: «Qui êtes-vous? -- Je suis du Ciel, répond la céleste vision, Je suis descendue pour vous demander de venir ici, six mois de suite, le 13 de chaque mois.» La Vierge leur recommande de réciter souvent le chapelet. «Vous ajouterez cette prière après le Gloria Patri: «Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.» Puis, Elle Se tait et S'éloigne doucement, comme poussée par un zéphir et disparaît dans la lumière du soleil.

À tous les 13 des cinq mois suivants, les enfants ont la joie insigne de revoir la belle Dame. La nouvelle des apparitions se répand rapidement dans la région. Le 13 juillet, la foule des curieux atteint cinq mille et en août, elle se chiffre à près de vingt mille. Enfin, le 13 octobre, environ soixante-dix-mille personnes accourent malgré la pluie.

Tout à coup, le ciel s'éclaircit, le soleil tremble... se secoue... et se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, lançant d'énormes faisceaux lumineux et multicolores. Les nuages, les arbres, les rochers prennent les teintes les plus variées. Pendant que la foule haletante contemple ce saisissant spectacle, les trois enfants voient la Très Sainte Vierge accompagnée cette fois de Jésus et de saint Joseph. Ce prodige inouï dura une douzaine de minutes et fut aperçu distinctement à plus de quatre milles à la ronde.

Ce miracle se réalisait exactement au jour, à l'heure et à l'endroit annoncés, pour inciter les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que la Très Sainte Vierge apportait du Ciel. À Fatima comme à Lourdes, Notre-Dame recommandait la pénitence et la récitation du rosaire. «Si l'on répond à Ma demande de faire pénitence et de prier, la Russie se convertira et vous aurez la paix,» a promis la Vierge Marie. «...Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions à l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» Mais n'oublions pas que Notre-Dame de Fatima a ajouté: «À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera.»

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SAINT JEAN LE SILENCIAIRE
 Évêque

 
La vie de ce Saint montrera son grand amour pour le silence monastique : de là lui est venu son nom de SILENCIAIRE.  Jean naquit en 454, à Nicopolis, en Arménie; ses parents, qui comptaient parmi leurs aïeux des généraux d'armée et des gouverneurs de province, étaient encore plus recommandables par leur piété.

A dix-sept ans, le jeune homme se vit, par la mort de son père et de sa mère, possesseur d'une immense fortune, qu'il distribua en bonnes œuvres; il bâtit une église en l'honneur de la Très Sainte Vierge, et un monastère, où il se retira dans la compagnie de plusieurs serviteurs de DIEU.

Sa vertu eut ceci de particulier qu'il chargea peu d'austérités ses disciples, mais sut leur donner des occupations saintes et variées.  Sacré évêque malgré ses résistances, il gouverna un petit diocèse voisin de Constantinople ; mais diverses peines qu'il eut dans l'exercice de sa charge le firent renoncer à son siège; il s'enfuit secrètement à Jérusalem pour y vivre inconnu.

Là il aperçut bientôt dans le ciel une étoile brillante en forme de croix et entendit une voix qui lui dit : « Si tu veux te sauver, suis cette lumière ! » La lumière le conduisit en Palestine, au monastère de Saint-Sabas, où vivaient cent cinquante solitaires, en des cellules séparées.

Jean fut appliqué à des occupations vulgaires, dont il s'acquittait avec humilité, joie et promptitude;  devenu hôtelier, il recevait les voyageurs comme il eût reçu JÉSUS-CHRIST lui-même.

Il passa ensuite trois ans sans voir personne les cinq premiers jours de chaque semaine, puis quatre ans sans parler à qui que ce soit.  Jean avait poussé l'humilité jusqu'à cacher au saint abbé Sabas sa dignité de prêtre et d'évêque, et celui-ci ne l'apprit que par révélation divine.

La division s'étant mise dans le monastère, Sabas fut obligé de le quitter, et Jean lui-même s'enfuit dans le désert, où il passa neuf ans. Mais Sabas étant alors rentré en paix dans son monastère, le Saint l'y suivit et y continua pen­dant quarante ans sa vie silencieuse et angélique.

DIEU confirma tant de vertu par le don des miracles. — Un jeune homme était venu demander au vieux solitaire quel état il devait embrasser.  Jean lui indiqua le monastère où il devait entrer pour faire la volonté de DIEU; le jeune homme, en ayant choisi un autre, y tomba dangereusement malade, et ne guérit qu'en promettant d'aller au couvent désigné par le Saint.

Un chrétien le vint voir un jour en compagnie d'un hérétique : « Mon père, bénissez-nous, dit le pieux chrétien. — Pour vous, dit le solitaire, je vous bénirai bien; mais je ne puis bénir votre compagnon, s'il ne renonce à l'hérésie. »
 
L'hérétique fut si frappé d'être reconnu comme tel par quelqu'un qui n'avait jamais entendu parler de lui, qu'il se convertit.  Saint Jean mourut en 558, à l'âge de cent quatre ans, après avoir passé soixante-seize ans au désert.

Pratique. Rappelez-vous cette maxime : L'âme progresse en vertu dans le silence et la paix.


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SAINT ROBERT BELLARMIN
Jésuite, Cardinal, Docteur de l'Église
(1542-1621)

 
Saint Robert Bellarmin, naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542. La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de NOTRE-SEIGNEUR. 

A quatorze ans, il commença ses études chez les Jésuites de sa ville natale, où il remporta de vrais triomphes. Il entra ensuite dans la Compagnie de Jésus. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et deux ans de professorat au Collège romain, il fut quelques années Provincial à Naples, bientôt rappelé à Rome auprès du Souverain Pontife et enfin nommé Cardinal, puis archevêque de Capoue. 

Partout Bellarmin brilla par sa vertu comme par sa science; dans les plus hautes situations, il vivait toujours comme un religieux austère, fidèle à sa Règle, ami de la simplicité et de la pauvreté. 

L'innocence de sa vie lui faisait aimer les coeurs purs; c'est ainsi qu'il entoura d'une affection toute paternelle saint Louis de Gonzague et après lui saint Jean Berchmans. Après la mort de ce jeune Saint, on lut au saint cardinal une note où il avait écrit: "Grâces à DIEU, je n'ai jamais commis volontairement un péché véniel." Et Bellarmin de s'écrier: "Eh! qui voudrait commettre volontairement un péché véniel?" Et il ajouta: "Je ne me souviens pas de l'avoir fait." Comment s'étonner de la réputation de sainteté qu'il laissait partout? Comment s'étonner qu'il fît des prédictions, par exemple, sur la durée du pontificat des Papes, ses contemporains, et de nombreux miracles? 

S'il consentait à dire la Messe pour un malade, le malade guérissait; il délivra des possédés, il discernait l'intérieur des âmes, arrêtait des incendies. Son humilité ne lui permettait pas de s'attribuer ces miracles, et il disait: "Ce n'est pas moi, c'est la signature que j'ai du bienheureux Ignace." 

Saint François de Sales disait de lui: "Il sait tout, excepté faire le mal." Il fut aussi l'ami de saint Philippe Néri et de saint Charles Borromée. Henri IV conseillait aux cardinaux français partant au conclave de donner un saint Pape à l'Église en la personne du cardinal Bellarmin.

Il y aurait beaucoup à dire sur sa science et sur ses ouvrages d'une haute science théologique.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"