jeudi 21 mai 2026

21 MAI : SAINT HOSPICE, Reclus en Provence / SAINT ANDRÉ BOBOLA, Jésuite et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


HOSPICE, personnage de grand mérite, illustre par ses miracles, vivait au VIe siècle  Il se renferma dans une vieille tour abandonnée, près de Villefranche, à une lieue de Nice, en Provence, pour y pratiquer les exercices de la pénitence loin des vains bruits du monde.

Vêtu d'un rude cilice, il portait sur sa chair nue de grosses chaînes de fer ; un peu de pain et des dattes faisaient sa nourriture ; mais, en carême, il ne prenait que des herbes ou des racines.

DIEU le favorisa du don des miracles et du don de prophétie. Il prédit l'invasion des Lombards dans le midi de la France, et en effet quelques années plus tard, ces hordes barbares vinrent ravager nos provinces et mettre tout à feu et à sang.

Les farouches soldats rencontrèrent le saint reclus dans sa masure déserte, et à la vue de ses chaînes le prirent pour un malfaiteur.  Le Saint leur avoua qu'il était très criminel et indigne de vivre.

Alors l'un d'eux leva le bras pour lui fendre la tête de son sabre ; mais son bras, paralysé tout à coup par une force invisible, laissa tomber l'arme à terre. A cette vue, les barbares terrifiés se jettent aux pieds du solitaire et le prient de secourir leur camarade.

Hospice, par le signe de là croix, rendit la vigueur à son bras. Le soldat objet de ce châtiment et de ce miracle fut tellement touché, qu'il demeura près du saint, résolu d'être son disciple et de marcher sur ses traces.

Quant aux autres soldats lombards, ils furent pour la plupart châtiés du ciel, pour n'avoir pas écouté les paroles de paix que le saint leur avait adressées; quelques-uns même furent possédés du démon.

Hospice rendit l'ouïe et la parole à un sourd-muet qu'un diacre d'Angers conduisait à Rome, au tombeau des apôtres et des martyrs, pour implorer leur secours.

Émerveillé du prodige, le diacre s'écria : « Pourquoi donc aller à Rome? Nous avons trouvé ici la vertu de Pierre, de Paul, de Laurent, des apôtres et des martyrs. » Mais le saint homme lui répondit : « Ne parlez pas ainsi ; ce n'est pas moi qui ai guéri ce malade, c'est DIEU qui a réparé son ouvrage et qui a rendu à cet homme les sens dont il l'avait privé. »

C'est ainsi qu'ennemi de la vaine gloire, il rapportait tout à DIEU. On le vit ensuite rendre la vue à un aveugle de naissance, délivrer une jeune fille possédée du démon et chasser trois démons du corps d'une femme qu'on lui avait présentée.

Enfin Hospice ressentit les approches de la mort, et annonça que dans trois jours il quitterait la terre pour le ciel.  Un homme étant venu le voir malade pour s'édifier, lui manifesta son étonnement de le voir ainsi chargé de chaînes et couvert de plaies, et lui demanda comment il avait pu tant souffrir : « Celui pour qui j'ai souffert m'a fortifié et soutenu; je touche à mon repos et à ma récompense. »

II mourut couché sur un banc et les mains levées au ciel, le 21 mai 581.
 
Pratique :  Dans les souffrances et les maladies du corps, soyez soumis à Dieu.

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SAINT ANDRÉ BOBOLA
Jésuite, Martyr 
(1591-1657)
 
SAINT ANDRÉ naquit en Pologne, à Sandomir.  La famille Bobola, une des plus illustres de la Pologne, protégeait les Pères Jésuites de tout son pouvoir.  Afin de récompenser leur zèle pour la foi, DIEU permit qu'un de ses membres devint un glorieux martyr de la Compagnie de Jésus.

André fit ses études chez les Jésuites de Vilna. Il entra au noviciat en 1609, et en 1613, il se consacrait à DIEU par les vœux perpétuels.  Plusieurs villes de Pologne seront tour à tour témoins de son zèle infatigable.  Saint André Bobola possédait le talent spécial de ramener à DIEU les pécheurs publics les plus endurcis. Il manifestait aussi un goût particulier pour l'enseignement du catéchisme aux enfants.

C'est dans la ville de Pinsk que le Père Bobola exerça le plus d'influence. L'essor donné au collège de cette ville, les conversions opérées parmi les orthodoxes, la fondation d'une congrégation de la Sainte Vierge pour les paysans, comptent au nombre des plus belles initiatives de l'apôtre durant ses trois années de ministère dans cette cité.


Après six ans d'absence, soit en 1652,  André Bobola est de retour.  Le Saint eut à endurer maintes persécutions, insultes et mauvais traitements de la part des autorités schismatiques.

Le 16 mai 1657, des Cosaques sanguinaires arrêtèrent Saint André Bobola au hameau de Mohilno et lui firent subir de tels supplices, qu'au témoignage de la Congrégation des Rites «jamais un si cruel martyre ne fut proposé aux discussions de cette assemblée.»  Leur impuissance à faire abjurer Bobola irrita les Cosaques.
 
Ils le flagellèrent jusqu'au sang, après quoi ils enserrèrent sa tête dans une couronne de branches et lui scalpèrent le dos des mains. Vint ensuite la course à l'arrière des chevaux, scandée de coups et d'imprécations.  Puis ses bourreaux lui meurtrissent la main droite d'un coup de sabre, lui tranchent le talon droit et on lui crève un œil.  Avec un plaisir sadique, ces inhumains suspendent le martyr par les pieds et lui promènent des torches brûlantes par tout le corps.
 
Un des guerriers trace une tonsure sanglante sur la tête du martyr et l'arrache brutalement de son crâne enfiévré. D'autres lui enlèvent la peau des mains,  coupent l'index gauche et l'extrémité de chaque pouce. Ensuite, ils décharnent son dos et ses bras. N'étant pas encore rassasié de le voir souffrir, ces barbares étendent le saint confesseur sur une grande table et emplissent les plaies vives du dos avec de la paille d'orge finement hachée, qu'ils introduisent dans ses chairs en riant et chantant.
 
On lui coupe une oreille, le nez, les lèvres, accompagnant le tout de coups de poing et de soufflets qui lui font sauter deux dents.  Quelques-uns enfoncent des éclats de bois sous les ongles des mains et des pieds.  Afin d'empêcher le Saint de prier vocalement, ces démons incarnés lui arrachent la langue par un trou pratiqué dans le cou.


Cette mutilation et un coup de poinçon donné dans la région du cœur, font évanouir le martyr. Enfin, on achève Saint André Bobola de deux coups de sabre qui lui tranchent la tête, puis on jette son corps sur un tas de fumier.

Les catholiques recueillirent sa dépouille et l'ensevelirent dans l'église. En 1755, le Père André Bobola  fut déclaré vénérable, et en 1853, le pape Pie IX le déclara bienheureux.

Son corps restait toujours parfaitement intact. Le jour de Pâques, 17 avril 1938, le pape Pie XI l'inscrivit au catalogue des Saints. Aujourd'hui, les schismatiques eux-mêmes vénèrent ce Saint martyr.

                        
"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 19 mai 2026

20 MAI : SAINT BERNARDIN DE SIENNE, Franciscain

 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Le principal caractère de la vie de ce grand Saint, c'est son amour extraordinaire pour la Très Sainte Vierge, dont il fut toujours l'enfant chéri. 

Né le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie, Bernardin fut privé tout jeune, de ses nobles et pieux parents; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère, qui le conduisit par ses leçons et ses exemples, dans le chemin de la vertu. 

Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : « Pour l'amour de DIEU, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd'hui. » 

Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l'affligeait profondément : « Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin ! » 

A dix-sept ans, il entra dans une confrérie de gardes-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. 

Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu'aux besoins des autres; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse, où il s'imposa mille fatigues et brava mille fois la mort.

L'inspiration du Ciel le conduisit alors chez les Franciscains, qui le lancèrent bientôt dans la prédication. 

Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix faible et presque éteinte devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut. 

Nul ne pouvait résister aux accents de sa parole enflammée. — Faisant un jour l'éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l'Apocalypse : « Un grand signe est apparu au ciel. » 

Au même instant, une étoile d'une admirable clarté apparut au-dessus de sa tête.  Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle. 

Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l'aumône; Bernardin, qui ne portait jamais d'argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu'il se sentit soulagé et vit disparaître peu à peu toute trace de sa terrible maladie. 
Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d'un batelier cupide auquel il n'avait rien à donner.  Confiant en Celui pour qui il travaillait, il étendit son manteau sur les eaux, et montant sur ce frêle esquif, passa la rivière. 
 
C'est à Bernardin de Sienne que remonte la dévotion au saint Nom de JÉSUS ; il ne pouvait prononcer ce nom sans éprouver des transports extraordinaires. 

Peu de saints ont tracé un sillon aussi profond dans l'Église et gagné tant d'âmes à DIEU. Il mourut à soixante-quatre ans, la veille de l'Ascension de l'année 1444.

Pratique : Vouez à la Sainte Vierge un amour tendre, constant et pratique.
 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 18 mai 2026

19 Mai : SAINT PIERRE CÉLESTIN, Pape / SAINT YVES, Avocat

 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


PIERRE, le onzième des douze enfants d'un pauvre fermier italien, naquit en 1221 ; il reçut une éducation plus soignée que ses frères, grâce aux dispositions extraordinaires d'intelligence et de piété qu'il montra dès son bas âge.

Tout enfant, il racontait naïvement à sa mère les visites qu'il recevait des anges et de la Sainte Vierge. La mère, pour éprouver la réalité de ces visions, lui ordonna, par un temps de famine, d'aller couper du blé, à l'époque où il était encore vert ; Pierre y courut et rapporta du blé très beau et très mûr.

Jeune encore, il résolut de quitter le monde pour la solitude. Sa première retraite fut une forêt, où il demeura six jours dans un jeûne et une prière ininterrompus ; puis il gravit une montagne sauvage et se retira dans une caverne sombre comme un tombeau, sans autre lit que la terre, sans autre vêtement qu'un cilice.

Pendant trois ans, malgré son jeûne quotidien, il fut assailli de toutes sortes de pensées de découragement, de sensualité, de volupté ; mais il était fortifié par les fréquentes visions des anges. Il consentit à recevoir le sacerdoce, afin de trouver dans l'Eucharistie un soutien contre les tentations.

La sainteté du solitaire lui attira des disciples : ce fut l'origine de cette branche de l'ordre de saint Benoît dont les religieux sont appelés Célestins. Ils vivaient sous des huttes faites avec des épines et des branches, mais DIEU réjouissait leur affreuse solitude par de suaves harmonies célestes et par la visite des bienheureux esprits.

Bien plus austères que ses religieux, Pierre ne mangeait que du pain de son très noir et très dur, jeûnant quatre carêmes, ne prenant généralement que des herbes crues, une seule fois tous les trois jours.

Couvert d'instruments de pénitence, il couchait sur le fer plutôt que sur la terre : une voix céleste vint lui ordonner de diminuer cette pratique excessive de la mortification.

Il opérait tant de merveilles, pour ainsi dire sans le vouloir, qu'il supplia DIEU d'avoir pitié de sa misère et de se servir d'autres instruments. Qui croirait qu'après une vacance inouïe du Saint-Siège pendant vingt-sept mois, le choix des cardinaux alla chercher le pauvre moine au fond de son désert?

Pierre, âgé de soixante-douze ans, subit en pleurant la violence qui lui fut faite ; mais, quelques mois après, craignant les responsabilités, se jugeant au-dessous d'une charge si lourde, à laquelle il est vrai, il n'était préparé que par sa sainteté, il abdiqua le souverain pontificat, reprit l'habit de moine et voulut retourner dans sa solitude.

Le nouveau pape, Boniface VIII, redoutant bien à tort qu'à cette époque troublée des hommes de parti n'érigeassent Pierre en antipape, le fit prendre et garder étroitement dans une citadelle.

La mort de PIERRE CÉLESTIN fut aussi sainte que sa vie ; elle arriva l'an 1296.

Pratique : Soyez humble, ayez des goûts modestes; rien ne trouble le cœur comme l'ambition.

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Saint Yves

Avocat

(1253-1303)


Ce célèbre avocat des pauvres, des veuves et des orphelins né en Bretagne, en 1253,  était fils du seigneur de Kermartin, près de Tréguier.  A l'âge de quatorze ans il fut envoyé aux écoles de Paris, où il étudia la philosophie, la théologie et le droit canonique; il étudia le droit civil à Orléans, et revint ensuite en Bretagne. 

L'évêque de Rennes le nomma son Official, c'est-à-dire juge des causes ecclésiastiques. Il reçut alors les Ordres sacrés, sauf la prêtrise. Sur les réclamations de son Ordinaire, qui était l'évêque de Tréguier, il alla exercer dans cette dernière ville la même charge qu'à Rennes.

En 1285, Yves fut ordonné prêtre et nommé curé de Trédrez. Décidé à bien remplir ses nouveaux devoirs, il se démit sa charge d'Official.

Yves fut le modèle des pasteurs.  Il était d'une humilité si profonde qu'il ne pouvait souffrir la plus petite louange.  Il faisait toujours ses visites à pied, et portait des sandales comme les religieux de saint François, dont il avait embrassé le Tiers-Ordre.  Étant simple étudiant à Paris, il avait commencé à s'abstenir de viande;  à Orléans, il cessa de boire du vin et entreprit de jeûner tous les vendredis. 
Ensuite, augmentant de jour en jour ses mortifications, il jeûna au pain et à l'eau tous les mercredis, vendredis et samedis de l'année. Son lit n'était qu'un peu de paille sur une claie d'osier; et sa Bible, ou une pierre, lui servait d'oreiller... Il distribuait aux pauvres les revenus de son bénéfice et de son patrimoine.

Il ne pouvait supporter la vue des pauvres nus: visitant un jour un hôpital, il y en trouva plusieurs mal vêtus, il leur donna tous ses habits. Un autre jour que le tailleur lui essayait un habit, il aperçut dans la cour un pauvre demi-nu ; aussitôt il lui fit donner l'habit neuf et garda le vieux.

Ce qui a rendu saint Yves illustre, c'est l'intégrité avec laquelle il exerça sa fonction d'Official. Il tâchait d'accorder les parties quand il les voyait sur le point d'entrer en procès; et, lorsqu'elles voulaient plaider,  il favorisait toujours ceux qu'il reconnaissait avoir le meilleur droit.  De toutes les causes qu'il soutint, soit comme juge, soit comme avocat, il n'y en eut jamais une seule d'injuste.  De juge, il devenait quelquefois avocat en faveur des pauvres et des orphelins
On cite le cas de cette vertueuse veuve de Tours, qui avait reçu de deux filous le dépôt d'une valise renfermant une grosse somme d'argent, sous condition de ne la rendre qu'en présence des deux déposants.  Six jours après, l'un deux sut si bien s'y prendre qu'il obtint la remise de la valise. Son complice cita alors la veuve en justice, en exigeant le remboursement intégral de la somme déclarée.


Elle allait être condamnée, lorsque Yves représenta, en pleine audience, que la veuve était prête à produire la valise, mais avec la condition sous laquelle on la lui avait confiée, c'est-à-dire la présence des deux déposants. Le juge approuva cette conclusion.  Pris dans ses propres filets l'escroc se troubla et finit par avouer que la valise ne contenait rien d'autre qu'un peu de ferraille.
 
Yves rendit sa belle âme à Dieu le 19 mai 1303, âgé de cinquante ans. Les pauvres, les orphelins, les malheureux le regrettèrent comme leur père nourricier, leur avocat, leur consolateur.
"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"


18 Mai : SAINT VENANT, Martyr / SAINT FÉLIX DE CANTALICE, Capucin


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


SAINT VENANT commença dès l'âge de quinze ans à donner des marques éclatantes de son zèle pour la diffusion de l'Évangile et pour la gloire de JÉSUS-CHRIST.


Comme il opérait de nombreuses conversions, l'empereur Dèce résolut de le faire arrêter ; mais l'intrépide jeune homme n'attendit pas qu'on vînt le saisir ; il se présenta de lui-même devant le préfet Antiochus, et lui dit : « Les dieux que vous adorez ne sont que des inventions du démon. Il n'y a qu'un seul DIEU, dont le Fils unique, JÉSUS-CHRIST, s'est fait homme, et est mort sur une croix pour sauver le monde du péché. »


Venant est aussitôt livré à toutes les tortures que peut inventer la rage des bourreaux ; il serait mort sous les fouets si un ange ne fût venu briser ses chaînes. Les barbares, loin de se laisser toucher par ce prodige, suspendent le martyr par les pieds et le brûlent avec des torches ardentes ; un ange vint encore le délier, ce qui occasionne plusieurs conversions.


A la suite de nouveaux interrogatoires, Venant est jeté en prison, puis livré à d'autres supplices; on lui brise les dents, on lui déchire les gencives, on l'abandonne dans un cloaque infect d'où un ange, pour la troisième fois, le délivre pour le disposer à des combats nouveaux et à un triomphe plus glorieux.


Un des juges le fait comparaître encore, et tandis que le martyr lui prouve avec force la vanité des idoles, le malheureux tombe de son siège et expire en disant : « Le DIEU de Venant est le vrai DIEU ! Vous devez l'adorer et détruire nos fausses divinités. »


Cependant la fureur d'Antiochus augmente à cette nouvelle ; le martyr est jeté à des lions affamés ; mais ces animaux féroces, au lieu de le dévorer, se couchent à ses pieds comme des agneaux et lui laissent la liberté de prêcher encore au peuple la foi de JÉSUS-CHRIST.


Le lendemain, Venant est traîné longtemps sur des ronces et des épines, et laissé demi-mort; par un prodige merveilleux, le jour suivant, il est guéri et prêt à d'autres combats.


Le préfet ordonne de le précipiter du haut d'un rocher ; mais le martyr, soutenu par les anges, tombe mollement sur le sol sans avoir aucun mal. Longtemps ensuite il est traîné hors de la ville sur des chemins hérissés de pierres et de cailloux, au point que les bourreaux sont exténués de soif.


Venant, par une sublime délicatesse de charité pour ces monstres humains, fait un signe de croix sur une pierre, et aussitôt il en jaillit une source d'eau vive qui les désaltère.


Enfin, le moment de la récompense est venu, et l'admirable martyr, accompagné de nombreux païens convertis et condamnés à avoir la tête tranchée, reçoit avec eux le coup de la mort et donne jusqu'à la dernière goutte de son sang pour JÉSUS-CHRIST (an 250).


Pratique. Ne craignez pas de trop faire et de trop souffrir pour un DIEU qui a tant fait et tant souffert pour vous.


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SAINT FÉLIX DE CANTALICE
Capucin


Félix vit le jour à Cantalice, bourgade située au pied de l'Apennin. Dès le bas âge, il manifesta de telles marques de prédestination que ses compagnons l'avaient surnommé "le petit Saint". Ses parents, qui étaient de pauvres laboureurs, l'employèrent de bonne heure à garder les troupeaux.
Cette vie allait bien à l'âme méditative de l'enfant: peu enclin aux conversations oiseuses, il recherchait les lieux solitaires, et y répétait souvent le Pater et l'Ave et les quelques formules pieuses qu'on lui avait apprises. Lorsque les autres bergers se livraient au sommeil, lui s'agenouillait devant un arbre sur l'écorce duquel il avait gravé une Croix.
À neuf ans, Félix passa au service d'un riche bourgeois qui lui confia d'abord la garde de ses troupeaux, puis le chargea du labourage de ses terres. Le jeune homme aima son nouvel emploi qui lui permettait d'assister tous les jours à la Messe avant de se rendre aux champs. Cet humble travailleur, sans instruction, qui n'avait fréquenté aucune école, avait beaucoup appris du Saint-Esprit. Comme il l'avouait plus tard, il ne connaissait que six lettres: cinq rouges et une blanche. Les cinq rouges étaient les cinq plaies du Sauveur, et la blanche était la Vierge Marie.
Dieu lui inspira d'embrasser un genre de vie plus parfait. À un parent qui lui objectait les austérités de la vie religieuse, il répondit: "Je veux être religieux tout de bon ou ne pas m'en mêler". Il alla frapper à la porte des Capucins. À la vue de ce paysan du Danube, le Père Gardien, voulant l'éprouver, lui dit: "Vous venez sans doute ici pour avoir un habit neuf et y vivre sans rien faire. Ou bien vous croyez que vous allez commander aux religieux comme vous commandiez à vos boeufs. Renoncez à ce projet et n'y pensez plus". Mais le postulant répondit à ce compliment si humblement et si sensément que le terrible Gardien l'admit sur-le-champ.
Devenu profès, le Frère Félix fut fixé au couvent de Rome avec les attributions de quêteur. Il resta quarante ans dans cet humble emploi, allant chaque jour, la besace sur le dos, pieds nus, et récitant son chapelet, quêter la subsistance de ses Frères.  Les humiliations, comme les peines corporelles, étaient pour lui ses roses du Paradis; il ne craignait pas de s'appeler lui-même l'âne du couvent des Capucins. "Mais où est-il donc, votre âne? Frère Félix", lui demanda-t-on un jour. -- "C'est moi!" répondit l'humble religieux.
Dans sa vieillesse, le Cardinal protecteur de l'Ordre lui offrit de le faire décharger de ses fatigantes fonctions. "Monseigneur, répondit Félix, laissez-moi mon office de quêteur: un soldat doit mourir l'épée à la main, un âne sous sa charge, et Frère Félix sous sa besace".
La mortification allait de pair avec son esprit de pauvreté et d'humilité: il se privait même des satisfactions les plus légitimes, telles que de s'approcher du feu l'hiver. "Allons, Frère âne, disait-il à son corps, il faut que tu te réchauffes sans feu; car c'est ainsi que doivent être traitées les bêtes de somme... Loin du feu, Frère âne, loin du feu! C'est devant le feu que saint Pierre renia son Maître."
Après avoir achevé de le purifier par de douloureuses infirmités, patiemment supportées, Dieu rappela à Lui le Frère Félix, le 18 mai 1587.
  "Ô Marie conçue sans péché,  
priez pour nous qui avons recours à Vous"