jeudi 5 février 2026

6 Février : SAINTE DOROTHÉE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
            qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)     

SAINTE DOROTHÉE 
Vierge et Martyre 
(+ 304

Le martyre de Sainte Dorothée nous offre encore une belle page de l'histoire des premiers siècles de l'Église. Elle était née à Césarée, en Cappadoce, où elle faisait l'étonnement des païens et l'édification des chrétiens par ses rares vertus. 

Saisie comme chrétienne, elle parut les yeux baissés, mais avec fermeté, devant son juge: 

"Quel est ton nom? lui demande-t-il. 

-- Je me nomme Dorothée. 

-- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels. 

-- Je n'adore que le DIEU du Ciel, car il est écrit: "Tu adoreras le SEIGNEUR ton DIEU, et tu ne serviras que Lui." 

-- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet. 

-- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels." 

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi: 

-"Pourquoi retardes-tu mon bonheur? Je suis chrétienne! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort. 

-- Et qui est Celui que tu désires? 

-- C'est le CHRIST, le Fils de DIEU. 

-- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse. 

-- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du CHRIST et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux."

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre. 

Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. "Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au CHRIST deux âmes que le démon Lui avait ravies." 

Et se tournant vers le juge: "Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles!" Elle fut condamnée à être frappée du glaive. "Je Vous rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que Vous m'appelez en Votre Paradis." 

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria par raillerie, de lui envoyer "des fruits ou des roses du jardin de son Époux". Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa JÉSUS-CHRIST et subit le martyre ce jour même. Avant d'avoir la tête tranchée, il s’écria « O CHRIST, je vous rends grâces ! » C’était vers l’an 308. 

Les actes des martyrs nous donnent souvent lieu de constater la vérité de cette parole d’un illustre écrivain des premiers siècles : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». 

Pratique :  Gardez votre cœur pur, vous deviendrez capable de grands sacrifices.

                  "Ô Marie conçue sans péché, 
               priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 4 février 2026

5 Février : SAINTE AGATHE, Vierge et Martyre / LES SAINTS MARTYRS DU JAPON (1597)

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
          qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)

SAINTE AGATHE 
Vierge et Martyre 
(+ 254) 

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à Sainte Agathe ; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce. 

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du SEIGNEUR devant son tribunal.

-"Qui es-tu?

- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.

- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens?

- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec JÉSUS-CHRIST dont je me dis la servante.

- Quoi donc! Sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton CRUCIFIÉ?

- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue, et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier JÉSUS-CHRIST ou à mourir dans les tourments.

Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur que sur son ordre, on arracha un sein à la Sainte. Elle dit à Quintianus: "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme?"

Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, Saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du SAUVEUR : la Sainte s'écria: "Je Vous rends grâces, ô mon SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, de ce qu'il Vous a plu de m'envoyer Votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit: "DIEU me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la Sainte sur des têts de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës.

Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel, et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit: "Ouvrez, SEIGNEUR, les bras de Votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire Vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable," et en achevant ces mots elle expira (+ 254).

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de Sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots: "C'est une âme sainte; elle a rendu un honneur volontaire à DIEU et elle est la rédemption de sa patrie."

Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de DIEU, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

La dévotion à Sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane. Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.

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LES SAINTS MARTYRS DU JAPON

(1597)


Lorsque Saint François Xavier parut au Japon, cet empire était plongé tout entier dans le paganisme; quarante ans plus tard, on y comptait plus de deux cent mille chrétiens, généralement animés de toute la ferveur de l'Église primitive. 

Le démon jaloux ne tarda pas à soulever une persécution ; elle fut terrible, mais ne servit qu'à faire éclater les merveilles de la foi chrétienne. 

La liste des premiers martyrs du Japon en comprend vingt-six : six franciscains, trois jésuites et dix-sept chrétiens, dont trois jeunes enfants de chœur. 

Les actes des martyrs des trois premiers siècles ne sont pas plus admirables que le récit des souffrances de ces héros de la foi. Un des religieux, près de mourir, disait, en parlant de la magnanimité de ces chrétiens : « J'ai honte de moi-même, en voyant des hommes si récemment entrés dans le sein de l'Église montrer un tel courage en face de la mort. » 

Un autre, suspendu à une croix, n'osait se servir que des paroles du bon larron : « SEIGNEUR, souvenez-vous de moi! » Un pieux jésuite, crucifié, fit une prédication touchante, du haut de sa glorieuse chaire, aux païens qui l'entouraient : « Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême. 

Les trois enfants ne furent pas moins admirables. L'un d'eux, nommé Louis, répondit à un païen qui l'engageait à renoncer à sa foi : « C'est vous, au contraire, qui devriez vous faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut. » Un autre, nommé Antoine, résiste aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat. « Je méprise vos promesses et la vie elle-même ; je désire d'être attaché à la croix pour l'amour de JÉSUS crucifié. » Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume : Laudate, pueri, Dominum, Enfants, louez le SEIGNEUR, et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le ciel. 

Les fidèles recueillirent le sang et les vêtements des martyrs, dont l'attouchement opéra des miracles. 

Pie IX les a canonisés le 8 juin 1862, dans une solennité sans exemple, au milieu d'un grand concours d'évêques venus de toutes les parties du monde catholique. 

Les missions du Japon comptent parmi les plus intéressantes et les plus riches d'avenir. De nombreux apôtres, partis de la France, y travaillent aujourd'hui au triomphe de l'Évangile. Aimons à tourner les yeux vers ce pays des martyrs et à implorer pour lui la divine miséricorde. 

Pratique : Demandez à DIEU de vous faire comprendre qu'il est doux de se sacrifier pour lui. 
                          
                                          "Ô Marie conçue sans péché, 
                           priez pour nous qui avons recours à Vous"

 

mardi 3 février 2026

4 Février : SAINT ANDRÉ CORSINI, Évêque et Confesseur / SAINTE JEANNE DE VALOIS, Veuve

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)



Issu de l'illustre famille des Corsini, ce Saint naquit à Florence, en 1302, le jour de saint André, dont il reçut le nom. La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l'église des Carmes, s'y transforma aussitôt en un agneau d'éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l'amour de la piété et de la vertu.

Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, André, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n'avait d'autres ressources que ses larmes et ses prières.

Or un jour, André, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi: "Ah! mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j'ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois La servir."

Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le coeur d'André. Le lendemain il entra dans l'église des Carmes et se prosternant devant l'image de Notre-Dame du Peuple: "Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui Vous prie de le rendre désormais un agneau docile; il veut Vous servir dans l'Ordre du Carmel."

Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l'admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.

Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits: l'esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles.  Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l'amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu'il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d'obéissance, de ferveur et d'humilité.

Ordonné prêtre en 1328, il offrir à DIEU les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant: "Tu es Mon serviteur, Je t'ai choisi, et Je serai glorifiée par toi." Dans la suite André ne voulut plus d'autre titre que celui de serviteur de Marie.

DIEU donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d'un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d'Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.

De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour André, la ville de Fiésole le choisit pour évêque. A cette nouvelle il prend la fuite et va se cacher dans un couvent de Chartreux; mais un enfant dévoile sa retraite.

Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable; DIEU lui accorda un jour de multiplier le pain qu'il distribuait aux indigents.

Pris d'un mal subit le jour de Noël, il pressentit avec joie son dernier moment. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat. Ses reliques sont conservées à Florence dans l'église des Carmes.

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SAINTE JEANNE DE VALOIS
Veuve

Sainte Jeanne de Valois, fille du roi Louis XI, vint au monde en 1464, toute laide et toute contrefaite ; mais, en revanche, le Ciel révéla en elle dès ses plus tendres années une âme d'élite. 

Sa piété envers la sainte Vierge marquait son âme du sceau des prédestinés : elle avait cinq ans lorsque la Mère de DIEU daigna lui apprendre qu'elle était appelée à fonder en son honneur un Ordre dont le but principal serait l'imitation de ses vertus. 

Jeanne fut mariée malgré elle à un prince qui l'avait en aversion et ne la regarda jamais comme son épouse. Après quelques années pleines d'épreuves pour elle, le roi son père étant mort, ce mariage, contracté en des conditions déplorables, fut à la demande du prince son mari déclaré nul par le souverain Pontife : « Que DIEU soit glorifié, dit alors la sainte, mes chaînes sont brisées; c'est Lui qui l'a voulu, afin que désormais je puisse mieux Le servir que je ne l'ai fait jusqu'ici. » 

Ses adieux à son mari furent touchants : « Je vous dois, dit-elle, une grande reconnaissance, puisque vous me retirez de la servitude du siècle. Pardonnez-moi mes torts; désormais ma vie se passera à prier pour vous et pour la France. » 

Dès lors, la prière devint la compagne inséparable de Jeanne. Son ardent amour pour JÉSUS-CHRIST lui fit embrasser les mortifications volontaires, et plus d'une fois on la vit, à genoux au pied d'une croix, se frapper la poitrine avec une pierre et répandre un torrent de larmes, à la pensée de ses péchés et des souffrances de JÉSUS-CHRIST. 

Quelques herbes mal apprêtées suffisaient à sa nourriture; elle jeûnait et prolongeait ses veilles, ses prières et ses macérations trois jours au moins par semaine. Consoler les pauvres, les servir à table, laver et baiser leurs pieds, voilà quelles étaient les occupations chères à son cœur. Son humilité aurait voulu cacher à tous les yeux les prodiges de sa charité. 

Elle n'aurait désiré que DIEU seul pour témoin, car elle ne cherchait que lui dans la pratique de toutes les vertus. L'Eucharistie était sa force mystérieuse ; elle ne la recevait jamais que toute baignée de larmes, et c'est au pied du tabernacle qu'elle trouvait tous les trésors de dévouement qu'elle prodiguait autour d'elle. 

Elle put avant sa mort fonder, selon la promesse de la sainte Vierge, l'ordre des Annonciades. Jeanne s'envola au ciel le 3 février 1503, à l'âge de quarante ans. 

Une clarté extraordinaire parut pendant plus d'une heure dans sa chambre, au moment de sa mort. On trouva son corps couvert d'un rude cilice sur sa chair nue, avec une chaîne de fer sur ses reins ; c'est par ces instruments terribles de la pénitence chrétienne qu'elle avait remplacé les joyaux de la couronne royale. Cinquante-six ans plus tard, son corps était retrouvé sans aucune marque de corruption. 

Pratique : Ayez le courage de souffrir pour DIEU le mépris et les faux jugements des hommes. 
                        
"Ô Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 2 février 2026

3 Février : SAINT BLAISE, Évêque et Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Saint Blaise fut l'un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l'efficacité de leur intercession. D'abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste en Arménie, par le choix du peuple qui l'entourait d'une grande estime. 

Mais Blaise, inspiré de DIEU, quitta bientôt son siège épiscopal pour s'enfuir sur une montagne solitaire; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l'homme de DIEU, et recevoir avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.  

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d'ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise, saisi peu de temps après comme chrétien, jusque dans son antre sauvage, exprima sa joie profonde à la pensée de souffrir pour JÉSUS-CHRIST.  

Arrivé devant le gouverneur : « Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de DIEU par tes tourments? Non, non, le SEIGNEUR est avec moi, c'est Lui qui me fortifie ! » Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison.  

Quelques jours après, le martyr est rappelé au tribunal : « Choisis,  Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d'une mort cruelle. — Ces statues que tu adores, reprend l'évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer. »  

Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l'attacher à un chevalet ; puis il fit apporter des peignes de fer, et on lui en déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : "Voilà ce que je désirais depuis longtemps : mon âme arrachée à la terre et mon corps élevé en haut ! Déjà voisin du ciel, je méprise toutes les choses de ce monde; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu'un instant, tandis que la récompense sera éternelle. "  

Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les spectateurs de ce prodige.  

Tandis qu'il était en prison, on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson qui lui était restée dans le gosier. Blaise, en le guérissant, avait demandé à DIEU de lui donner la vertu de soulager tous ceux qui affligés de maux de gorge  se recommanderaient à lui.  

C'est pourquoi, d'après la tradition, on l'invoque tout spécialement pour les maux de gorge.  

Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée, l'an 316.  

Pratique Ne tenez à rien dans ce monde ; n'aspirez qu'aux biens éternels. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 1 février 2026

2 Février : LA PURIFICATION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE ET PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE (La CHANDELEUR)

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                    qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)     

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de JÉSUS au Temple, conformément à la loi de Moïse. 

Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, après leurs couches, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de DIEU, n'étaient obligés à cette cérémonie; cependant, par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant JÉSUS en ses bras, se rendit au temple de Jérusalem. 
 

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés. 

Les cierges symbolisent NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, Lumière du monde; la procession représente le passage de la Sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux saints vieillards Siméon et Anne. 
 

Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du CHRIST; la mèche, qui est intérieure est l'âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est la Divinité. 

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du CHRIST, figurée par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme JÉSUS même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui l'offrit au SEIGNEUR.


Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, mais particulièrement au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait en ce moment son suprême effort afin d'arracher les âmes à DIEU. 
 
Présentation de Jésus au Temple (Giotto)

C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du secours du RÉDEMPTEUR, Vraie Lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.  On doit regretter que la plupart des fidèles, oublieux des vieilles coutumes de la foi, n'apportent plus leur cierge à la fête de la Purification. 

Pratique : Observez religieusement les moindres détails des lois chrétiennes. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 31 janvier 2026

1er Février : SAINT IGNACE, Patriarche d'Antioche, Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que NOTRE-SEIGNEUR plaça au milieu des apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, il leur dit : « Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des cieux.» (Mathieu 18, 1-5) Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du SAUVEUR, disciple lui-même de Saint Jean, l'apôtre bien-aimé. 

IGNACE fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté, mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire : « C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux? — Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un vilain démon. — Qu'entends-tu par ce mot Théophore? — Celui qui porte JÉSUS-CHRIST dans son cœur. — Crois-tu que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur? — Vos dieux ! Ce ne sont que des démons ; il n'y a qu'un DIEU Créateur, un JÉSUS-CHRIST, Fils de DIEU, dont le règne est éternel. — Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat. — Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du CHRIST, et Trajan irrité, le fait conduire en prison. 

« Quel honneur pour moi, SEIGNEUR, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de vous !» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux. L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace : « Je ne sacrifierai point ; je ne crains ni les tourments ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à DIEU. » 

Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe, il fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration : « Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de DIEU ; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de JÉSUS-CHRIST. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon DIEU. 

Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de JÉSUS-CHRIST. » 

Quel langage et quel amour! Saint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de JÉSUS jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os, qui furent transportés triomphalement à Antioche (an 107). 

Pratique : Appliquez-vous à un tendre et ardent amour pour JÉSUS-CHRIST.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"