mercredi 4 mars 2026

5 Mars : Mois de Saint Joseph / SAINT ADRIEN ET SAINT EUBULE, Martyrs / SAINT JOSEPH DE LA CROIX, Franciscain

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Les deux martyrs ADRIEN et EUBULE,  inébranlables dans la confession de leur foi, furent exposés à un lion, qui les épargna, puis percés à coups d'épée, au commencement du IVe siècle, sous le règne de Dioclétien; ils conquirent ainsi, par quelques instants de souffrance, une palme immortelle. 
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SAINT JOSEPH DE LA CROIX 
de l'ordre de Saint-François 
1654-1734
 

Saint Joseph de la Croix naquit dans l'île d'Ischia, près de Naples, le jour de l'Assomption.

La sainteté de sa vie fut bien supérieure encore à la noblesse de sa naissance, et sa jeunesse extraordinairement vertueuse put faire présager quel grand serviteur de DIEU il serait un jour.

Tout enfant, il aimait la retraite, le silence et la prière, et fuyait les jeux de son âge, aimant mieux consacrer le temps de ses récréations à visiter les églises et y adorer le SAUVEUR.

Marie avait après JÉSUS toute sa prédilection ; il dressa dans sa chambre un petit autel, récitait chaque jour les offices de la Mère de DIEU et jeûnait en son honneur tous les samedis et aux vigiles de ses fêtes.

Dès ce temps, il aimait les pauvres au point de leur distribuer tout l'argent dont il pouvait disposer. A cet âge où l'enfant suit si facilement les premiers mouvements de la colère, on le voit un jour se mettre à genoux dans la boue et réciter le Pater pour un de ses frères qui l'avait souffleté.

C'est à dix-sept ans qu'il entra chez les Frères Mineurs réformés de Saint-Pierre-d'Alcantara. A dix-neuf ans, il s'acquitta avec succès des missions les plus difficiles; à vingt-quatre ans, il était maître des novices, puis gardien d'un couvent; mais, il n'accepta jamais les honneurs qu'avec une humble crainte et les quitta toujours avec joie.

Sa mortification la plus extraordinaire fut une longue croix d'un pied environ, garnie de pointes aiguës, qu'il s'attachait sur les épaules au point qu'il s'y forma une plaie inguérissable. Il en portait une autre plus petite du même genre sur la poitrine.

Rarement il dormait, et pendant trente ans il s'abstint de toute espèce de liquide. Faut-il s'étonner s'il aimait DIEU d'un si ardent amour?

"Quand il n'y aurait ni Ciel ni enfer, disait-il, je voudrais néanmoins aimer Dieu toujours". Sa charité pour les pauvres fut plusieurs fois l'occasion de multiplication de pains ; son dévouement pour les malades le porta à demander à DIEU de faire retomber sur lui les souffrances des autres, demande qui fut quelquefois exaucée.

DIEU opérait de nombreuses merveilles par les mains de ce fidèle disciple de Saint François d'Assise et de Saint Pierre d'Alcantara. Prophéties, visions, extases, présence en deux lieux à la fois, sont des preuves étonnantes de sa sainteté.

Jean-Joseph mourut dans la joie du SEIGNEUR le 5 mars 1734.

Pratique
. Visitez les malades : Montrez-leur une grande charité.
 

Ô Marie conçue sans péché, sans péché,
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 3 mars 2026

4 MARS - CARÊME : MOIS DE SAINT JOSEPH / SAINT CASIMIR, Prince de Pologne

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

       qu’entre une musique notée et une musique chantée.
              (Saint François de Sales)


Saint Casimir nous apprend par sa vie comment l'éclat de la chasteté peut s'allier avec celui des grandeurs humaines.

Dès sa jeunesse il eut soin de fuir les faux attraits du monde; son plaisir le plus doux était de passer plusieurs heures de suite au pied des autels et de faire la cour à JÉSUS-CHRIST, le Roi des rois.

Il macérait son corps frêle et délicat par les jeûnes et les disciplines, et souvent il passait les nuits entières sur la terre dure, quelquefois même à la porte des églises, où il priait, le visage contre terre.

La dévotion tendre de Casimir pour JÉSUS crucifié lui faisait verser d'abondantes larmes, à la seule vue d'un Crucifix. Quand il assistait au saint sacrifice de la messe, il n'était pas rare de le voir transporté hors de lui-même au moment où la céleste Victime descendait du ciel entre les mains du prêtre.

Parmi ses vertus, on en loue deux avant toutes les autres : sa charité et sa pureté. Il ne parlait jamais des défauts du prochain. Il avait des paroles enflammées quand il s'entretenait sur la beauté de l'innocence : "Quelle belle vie, s'écriait-il, que celle de l'état de grâce ! C'est la vie des anges et des bienheureux dans le ciel !"

Sa vue seule inspirait la chasteté à ceux qui avaient occasion de converser avec lui. La sauvegarde d'une vertu si extraordinaire était une dévotion peu commune à la Sainte Vierge. Il ne l'appelait que sa Bonne Mère, n'en parlait qu'avec tendresse et dans les termes les plus capables d'inspirer aux autres son ardent amour.

Il a exprimé les pieux sentiments qui débordaient de son âme pour Marie dans une hymne célèbre qui commence ainsi : "Chaque jour, ô mon âme, rends tes hommages à Marie ; célèbre dévotement ses fêtes et chante ses vertus."

Non content de réciter tous les jours cette hymne, il voulut encore être enterré avec elle, et on la trouva, cent vingt ans après sa mort, auprès de ses reliques, dans son tombeau.

Son dévouement aux pauvres et aux malheureux était si grand, qu'il reçut le surnom de Père et défenseur des pauvres et des misérables. A ceux qui lui reprochaient de descendre au-dessous de son rang dans les soins qu'il donnait aux indigents, il répondait : "N'est-ce pas un honneur que de servir JÉSUS-CHRIST dans ses membres? Je mets ma gloire à servir le pauvre le plus abject."

La terre n'était pas digne de posséder un pareil trésor : Casimir était un fruit mûr pour le ciel ; il reçut révélation du jour et de l'heure de sa mort, qui arriva le 4 mars 1483.

Le pieux prince avait vingt-cinq, ans à peine; mais, dans sa courte carrière, il fit plus de bien à son peuple, par l'exemple de ses vertus, que des hommes célèbres pendant un très long règne. La sainteté est plus féconde que le génie.

Pratique :  Mettez votre pureté sous la sauvegarde d'une grande dévotion à la Sainte Vierge. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 2 mars 2026

3 Mars, mois de Saint Joseph / SAINTE CUNÉGONDE, Impératrice

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)

   

Mars est le mois du grand Saint Joseph.  Sainte Thérèse d ‘Avila, grande dévote de ce Bon et Puissant Patriarche, nous apprend que nous obtenons de lui tout secours demandé le jour de sa fête,  le 19 mars.

Nous devons encourager de notre mieux chez les autres la dévotion à Saint Joseph. Jésus-Christ et sa Très Sainte Mère  désirent associer Joseph à leur gloire, eux dont la vie sur terre a été protégée par leur tendrement aimé Saint Joseph. Donc plus vite Saint Joseph sera honoré, plus vite le triomphe des Cœurs Unis de Jésus et Marie -et de Joseph- adviendra.


Sainte Cunégonde naquit vers la fin du Xe siècle et fut élevée, par ses nobles parents, dans les sentiments d'une tendre piété. 

Mariée à Saint Henri, roi de Bavière et plus tard empereur, elle avait résolu avec ce prince, avant la célébration du mariage, de vivre dans une continence parfaite. Les deux époux tinrent leur promesse et n'eurent pour but de leur union que de se porter mutuellement à la perfection. 

Cunégonde se montra la mère des pauvres, et comme elle s'était interdit les amusements de la cour, elle trouvait de quoi soulager les malheureux, ériger des évêchés, fonder des monastères et orner les églises. 

DIEU permit, pour éprouver sa patience, qu'elle fût indignement calomniée et que la calomnie, partie de haut, pénétrât jusque dans le peuple, qui n'avait qu'une voix pour flétrir la prétendue hypocrisie de la reine. Henri, connaissant la vertu de son épouse, repoussa d'abord ces rapports avec indignation; mais la perfidie des ennemis de Cunégonde finit par le convaincre et il en vint à mépriser sa sainte épouse et à ne lui plus parler. 

Un jour, la reine eut le courage de l'aborder et de lui protester de sa parfaite innocence; elle fut même la première à proposer de s'en remettre au jugement de DIEU, comme on le tolérait encore à cette époque demi-barbare : "Faites chauffer à blanc, leur dit-elle, douze socs de charrue ; pieds nus, je marcherai sur ces fers ardents, me confiant en la bonté de mon DIEU, qui connaît le fond de mon cœur." 

Le jour venu, les douze socs, chauffés à blanc, furent placés dans la basilique, au milieu d'une foule nombreuse accourue pour être témoin de cet étrange spectacle. La reine allait s'avancer sur ce pavé brûlant, quand Henri lui dit : "Je crois à votre innocence; je vous en prie, ne persistez pas dans votre projet." 

Mais Cunégonde voulait la preuve complète : "Plus ce feu est terrible, plus mon innocence éclatera." dit-elle. 

Levant donc les yeux an ciel, elle s'avança pieds nus sur les fers rouges, en disant : "SEIGNEUR mon DIEU, protégez votre humble servante !" 

Quand elle fut arrivée au douzième, elle y resta debout comme sur un trône d'honneur. La multitude, frémissante, se précipitait pour vénérer la sainte et courageuse reine, et de son côté, Henri se jeta aux pieds de Cunégonde en la suppliant de lui conserver son amour et en jurant de travailler à réparer son erreur jusqu'au dernier jour de sa vie : 

"Ô roi, mon seigneur, dit la reine, c'est DIEU seul qu'il vous faut aimer, et non pas moi ; mon respect et mon affection pour vous sont sans bornes, il en a toujours été ainsi depuis que j'eus l'honneur de devenir votre épouse, et il en sera de même jusqu'au dernier soupir". 

Après la mort de son royal mari, elle entra dans un couvent, où elle prit le voile et vécut jusqu'en 1040, dans la plus parfaite humilité. 

Pratique Dans les calomnies, priez, souffrez, et laissez à DIEU seul votre défense. 

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 1 mars 2026

2 Mars : Deuxième jour du mois de SAINT JOSEPH / SAINT SIMPLICE, Pape / Le Bienheureux HENRI SUZO, confesseur

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


SAINT SIMPLICE, après avoir été l'ornement du clergé de Rome sous les papes Saint Léon et Saint Hilaire, monta sur la chaire de Saint Pierre en 470 ; il employa tour à tour la douceur et la sévérité pour réprimer les hérésies et les schismes ; il eut à pleurer souvent sur les calamités de l'Église à son époque, et mourut de la mort des Saints en 483. 
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LE BIENHEUREUX HENRI SUZO


Le Bienheureux Henri Suzo naquit en Souabe l'an 1300. Dès son jeune âge il entendit la voix de DIEU et s'ensevelit à treize ans dans un couvent de Dominicains.

Les premières années de sa vie religieuse furent caractérisées par des hésitations continuelles dans le service de DIEU ; le démon tourmenta son cœur par la pensée des plaisirs et des vanités du monde, mais la grâce l'aida victorieusement à triompher de tous ces pièges.

Henri Suzo avait dix-huit ans quand la lumière se fit dans son âme. Un jour, il entendit lire ces paroles de Salomon : "La sagesse est plus éclatante que le soleil, elle est plus belle que l'harmonie des cieux. Aussi je l'ai aimée dès mon enfance, je suis l'adorateur de ses charmes."

A dater de ce jour, plus que jamais il aima la divine sagesse, dont le nom seul faisait éclater ses transports : "Mon cœur est jeune et ardent, se disait-il, il est porté à l'amour ; il m'est impossible de vivre sans aimer ; les créatures ne sauraient me plaire et ne peuvent me donner la paix; oui, je veux tenter fortune et gagner les bonnes grâces de cette divine et sainte Amie dont on raconte des choses si admirables et si sublimes !"

Peu de saints ont eu pour JÉSUS un amour plus vif et plus tendre. Un jour, il prit un canif et, l'amour guidant sa main, il se lacéra la poitrine avec le tranchant, jusqu'à ce qu'il eût formé les lettres du Saint nom de JÉSUS sur son cœur. Alors il s'écria : « Ô amour unique de mon cœur et de mon âme ! Ô mon JÉSUS ! Voyez donc l'ardeur de ma passion pour Vous. Je Vous ai imprimé dans ma chair, mais je voudrais aller jusqu'au centre de mon cœur ; gravez Vous-même Votre Saint Nom au fond de mon cœur avec des lettres éternelles qui ne s'effacent jamais ! »

Rien de plus admirable que la manière dont il sanctifiait ses actions : à table, il s'imaginait être à côté de JÉSUS et reposer parfois sur sa poitrine; il offrait sa nourriture, il présentait son verre à JÉSUS-CHRIST en le priant de les bénir ; le peu qui lui était nécessaire pour étancher sa soif, il le prenait à cinq fois, pour honorer les cinq plaies du SAUVEUR; à chaque bouchée, il s'occupait de quelque sainte pensée.

On pourrait dire que sa vie entière fut un continuel ravissement, une perpétuelle jubilation d'amour, même au milieu des opprobres dont il fut abreuvé. Il alla rejoindre au ciel, le 25 janvier 1365, Celui qu'il avait passionnément aimé sur la terre.

Pratique : Appliquez-vous à une tendre et journalière dévotion pour l'aimable nom de JÉSUS. 

 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 28 février 2026

1er Mars : 1er JOUR DU MOIS DE SAINT JOSEPH / SAINT AUBIN, Évêque d'Angers

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

               qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Saint Aubin naquit au diocèse de Vannes l'an 470.  Son enfance, prévenue de toutes les grâces du SEIGNEUR fit présager sa sainteté future ; il ne connut du jeune âge ni la légèreté ni les défauts, et dès qu'il put marcher, ce fut pour aller à DIEU et le prier à l'écart, loin du bruit, dans la compagnie des Anges.

De tels débuts montraient assez que le pieux Aubin n'était point fait pour le monde ; au grand désespoir de sa noble famille, on le vit un jour quitter le foyer paternel et prendre le chemin d'un monastère. Là, ses veilles, ses jeûnes, ses oraisons relevèrent bientôt à une telle perfection, qu'il dépassait de beaucoup les plus anciens et les plus fervents religieux.

On admirait surtout son recueillement continuel. Ses yeux ne s'ouvraient que pour DIEU; dans le monastère même, il ignorait ce qui se passait autour de lui, et au dehors, quand il devait sortir, il se faisait dans son cœur une délicieuse retraite, où il continuait ses entretiens célestes.

Un jour, l'abbé du monastère l'envoya dans un village voisin. Pendant qu'il s'acquittait de sa mission, il tomba sur la maison où il était venu une telle quantité de pluie, que le toit s'entr'ouvrit et que toutes les personnes présentes furent trempées : Aubin seul, à l'admiration de tous, fut épargné : il ne tomba pas sur lui une goutte d'eau.

Abbé du monastère à trente-cinq ans, il fit revivre parmi ses frères la ferveur des premiers temps et les amena, par sa douceur et son exemple, à une perfection rare même dans les plus austères couvents. Mais l'évêque d'Angers étant venu à mourir, le clergé et le peuple de ce diocèse, auxquels était parvenu le renom de la sainteté d'Aubin, l'élurent unanimement, et il dut courber ses épaules sous le lourd fardeau de l'épiscopat.

S'il était possible de connaître, parmi tant de vertus qu'il pratiqua dans sa vie nouvelle, quelle était sa vertu dominante, on dirait que ce fut la charité. Elle était en effet sans bornes pour les malheureux, pour les prisonniers, pour les malades, pour les pauvres, et souvent DIEU la récompensa par les plus frappants miracles.

En voici un exemple : Le charitable pasteur se rendit un jour aux prisons de la ville pour en retirer une pauvre dame poursuivie par ses créanciers. Devant le Saint, les gardiens s'écartent pour lui laisser passage ; un seul veut lui refuser obstinément l'entrée ; mais le pontife souffle sur le visage de cet insolent, qui tombe mort à ses pieds ; puis il va délivrer la prisonnière et se charge de payer ses dettes.

Une autre fois, à sa prière, les murs de la prison s'ouvrirent d'eux-mêmes pour laisser passage à des prisonniers repentants.

Le saint évêque, l'an 549, mourut au milieu de son cher troupeau, qui garda un pieux et immortel souvenir de ses vertus.

Pratique : Soyez prêt à tous les sacrifices pour le soulagement du prochain. 

                           "Ô Marie conçue sans péché, 

           priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 27 février 2026

28 Février : SAINT ROMAIN et SAINT LUPICIN, Abbés

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
    (Saint François de Sales)


SAINT ROMAIN et SAINT LUPICIN naquirent d'une honnête famille, vers la fin IVe siècle dans le diocèse actuel de Bellay : ce sont donc deux Saints français.

La jeunesse de Romain demeura pure de toute corruption du siècle, et il n'eut aucune peine à renoncer au monde pour se donner entièrement au service de DIEU.

Après s'être mis quelque temps sous la conduite d'un saint abbé, qui lui fit étudier sérieusement la vie cénobitique, il se retira à trente-cinq ans, dans les forêts du Jura, où il mena la vie des anciens anachorètes, au milieu des bêtes féroces et oublié du monde qu'il avait oublié le premier.

Mais ce n'était là, dans les desseins de DIEU, qu'une préparation : la vocation de Romain, c'était de fonder des monastères où l'on verrait fleurir toutes les merveilles de sainteté accomplies depuis plus de deux siècles dans les déserts d'Orient.

Le premier de ses disciples fut son frère Lupicin, mais il se l'associa bientôt dans la conduite des nombreux religieux qui vinrent se présenter à lui.

DIEU avait donné aux deux frères des caractères fort différents ; autant Romain était doux et indulgent, autant Lupicin était ferme et rigide, et on eût pu l'accuser d'excès s'il n'avait encore été plus dur pour lui que pour les autres.

Chez les deux Saints ces divergences étaient toujours, chose étonnante, accompagnées d'une parfaite union.  Si Lupicin avait paru dépasser la mesure, Romain était là pour tout concilier; s'il était besoin de quelque coup d'énergie, Romain avait recours à Lupicin, dont le bras de fer brisait tout obstacle.

Une année que les récoltes avaient été très abondantes, les religieux se relâchèrent de leur abstinence et ne se rendirent point aux douces observations de Romain. Le Saint abbé confia l'affaire à son frère, qui ne fit servir à la communauté, pendant un certain temps, que de la bouillie d'orge sans apprêt. Douze moines quittèrent le monastère, les autres retrouvèrent leur ferveur. 

Romain pleura ses douze religieux et se plaignit à son frère ; il versa tant de larmes et fit tant de prières, que les douze fugitifs revinrent et menèrent une vie austère et pleine d'édification.

Un des plus anciens religieux de Condat lui reprocha aigrement un jour de recevoir trop facilement tous les sujets qui se présentaient, au risque de n'avoir plus de place pour accueillir les sujets d'élite : « Mon frère, lui dit le Saint, DIEU seul discerne le fond des cœurs, confions-nous en lui. Accueillons toutes ces brebis que nous envoie le divin pasteur; ne refusons pas de les défendre contre l'ennemi du salut ; mais, par notre zèle, conduisons-les avec nous aux portes du paradis. »

Ce héros du CHRIST, comme l'appelle son historien, rendit son âme à DIEU le 28 février 460.  Son frère lui survécut vingt ans, et Dieu confirma sa vertu dès son vivant par de grands miracles.

Pratique  :  Soyez ferme, mais doux, et gardez la sévérité surtout pour vous-même.

 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 26 février 2026

27 Février : SAINT LÉANDRE, Archevêque de Séville / SAINT GABRIEL DE L'ADDOLORATA, Passionniste

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT LÉANDRE, d'une famille princière, naquit en Espagne.

Il embrassa de bonne heure la vie monastique et y puisa l'esprit de dévouement et de discipline qui devait lui valoir l'honneur d'exercer une influence prépondérante sur l'avenir de son pays.

Séville fut le théâtre de son zèle et de ses vertus. Moine d'abord, puis archevêque de cette cité, il créa à l'ombre de sa métropole une école destinée à propager, en même temps que la foi catholique, l'étude de toutes les sciences et de tous les arts.

Il présidait lui-même aux exercices des maîtres savants et des nombreux élèves qu'il avait su attirer. Parmi ses disciples, le plus célèbre fut son jeune frère, Saint Isidore, qui devint son successeur et surpassa sa gloire.

Mais une autre illustration de l'école de Léandre fut Saint Herménégilde, un des fils du roi arien Leuvigilde; c'est lui qui avait gravé au cœur de l'illustre jeune homme cette foi invincible qui fit de lui la victime de son propre père.

Une des gloires de Saint Léandre est d'avoir été un ami intime du grand pape Saint Grégoire le Grand. On aime à trouver ces tendres et fortes amitiés, dont la vie des saints fournit tant d'exemples ; elles seules sont vraies et solides, parce qu'elles reposent sur la seule base ferme et inébranlable, l'amour de DIEU.

Rien de plus attendrissant que la correspondance intime de ces deux grands personnages : « Absent par le corps, écrivait le pape à son fidèle ami, vous êtes toujours présent à mes regards, car je porte gravés au fond de mon cœur les traits de votre visage. Vous saurez lire en votre propre cœur quelle soif ardente j'ai de vous voir... Ma lettre est bien courte, mais elle vous montrera combien je suis écrasé par le poids de ma charge, puisque j'écris si peu à celui que j'aime le plus au monde". Quel éloge de notre Saint sous la plume d'un si grand pape !

Léandre, éprouvé par la persécution, eut enfin le bonheur de voir le triomphe de son Église. Le roi Leuvigilde se convertit avant de mourir et mit son fils Récarède sous la conduite du Saint archevêque, qu'il avait exilé.

Récarède, éclairé des lumières de la vraie foi, eut la gloire de ramener tout son peuple au giron de l'Église romaine -, cette gloire, il faut le dire, rejaillit en grande partie sur Léandre, qui s'empressa d'annoncer la triomphante nouvelle à son ami, le pape Saint Grégoire.

Ses écrits nous ont conservé de nombreuses et touchantes traces de son amour filial et fraternel et des doux souvenirs d'une éducation chrétienne.

On ne connaîtrait qu'à demi ce docteur et cet apôtre de l'Espagne, si l'on ignorait que sa vie fut toujours mortifiée et recueillie comme celle d'un moine, sans faste comme celle d'un pauvre de JÉSUS-CHRIT, laborieuse comme celle d'un soldat de la foi.

DIEU l'admit à se reposer de ses labeurs le 27 février 596.

Pratique : 
Ne vous liez pas avec tout le monde ; que vos amitiés soient fondées sur la foi.

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SAINT GABRIEL de L'ADDOLORATA
Passionniste
(1838-1862)


FRÈRE GABRIEL DE L'ADDOLORATA (c'est-à-dire "de Notre-Dame des Sept-Douleurs") est le nom de religion que reçut FRANCOIS POSSENTI lorsqu'il fut entré chez les Passionnistes.

Dès son enfance, le jeune Saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère. Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites.

Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse.


A Spolète (Italie), on vénère une délicieuse et très antique image de la Madone, que l'on porte en procession dans la ville, le jour octave de l'Assomption. Personne ne voudrait manquer cette procession ni refuser de s'unir aux manifestations pieuses d'un peuple entier en l'honneur de la sainte image. Chacun s'efforce de se trouver sur son passage, de la contempler avec dévotion, dans l'espoir d'en obtenir quelque faveur particulière.

En 1856, comme les années précédentes, François Possenti se trouvait au milieu de la foule. Mais, cette fois, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse; il L'avait entendue lui dire: "François, le monde n'est plus pour toi; il te faut entrer en religion."

Il entra donc chez les Passionnistes. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse. Canonisé il y a peu d'années, il est devenu un des patrons de la jeunesse. Nous l'invoquons sous le nom de saint Gabriel de l'Addolorata, et sa fête se célèbre le 27 février.


La tendresse que Saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son coeur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant que l'ombre pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux.

Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet.

La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. Il avait toujours quelque chose de nouveau à dire de Sa tendre Mère, et il faisait l'édification de tous ceux qui l'écoutaient. Ses lettres n'étaient qu'une longue louange de sa bonne Mère, qu'il désirait tant voir aimée et honorée des siens. Sans cesse, il leur recommandait la lecture du livre de saint Alphonse de Liguori intitulé "Les gloires de Marie".

C'est par amour pour la Sainte Vierge qu'il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs.



En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières.

Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Mais il savait, et n'oublia jamais, que sa principale obligation de religieux était l'exacte observance de sa Règle.

Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par voeu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son coeur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce voeu apostolique.

Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son coeur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.

 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"