jeudi 23 avril 2026

23 Avril : SAINT GEORGES, Soldat, Martyr, Patron des Militaires / SAINT PIERRE-MARIE CHANEL, Premier Martyr en Océanie

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

                       qu’entre une musique notée et une musique chantée."
                       (Saint François de Sales)

Soldat, martyr, patron des militaires
(280-303)
SAINT GEORGES naquit à Lydda, en Palestine; son éducation fut toute chrétienne. Il suivit la carrière des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l'élevèrent à la dignité de tribun militaire dans la garde impériale. 

Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l'indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du DIEU véritable et confondit l'impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort. 

Georges s’en réjouit, loin de s’en inquiéter, profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves. Ainsi préparé aux combats du CHRIST, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens. 

"Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir! Bien que Georges n’ait guère que vingt ans, le seul avenir qui le préoccupe est l’avenir éternel ; aussi ajoute-t-il sans crainte : « "Je suis chrétien, , je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde; rien ne saurait ébranler ma foi." Le vaillant jeune homme est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue, après lequel un ange descend du Ciel pour guérir ses blessures. 

Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai DIEU. 

Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent. Georges, par la grâce de DIEU, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la foi vit en songe JÉSUS-CHRIST descendre vers lui: 

"Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive." 

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries: "Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier. Parvenu devant la statue d'Apollon, il fait le signe de la Croix et dit: "Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à DIEU?" 

La voix du démon répond: "Je ne suis pas Dieu; il n'y a de DIEU que Celui que tu prêches." Et en même temps des hurlements effrayants se font entendre dans le temple la statue tombe en poussière. Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur se hâte de se débarrasser du martyr en lui faisant trancher la tête.

Pratique :  Loin de montrer du respect humain, sachez braver les insulteurs de JÉSUS-CHRIST.

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SAINT PIERRE CHANEL
Premier martyr en Océanie
(1803-1841)


PIERRE-LOUIS-MARIE CHANEL  naquit le 12 juillet 1803, à Cuet dans l'Ain, village du diocèse de Lyon. Il était le cinquième d'une famille de huit enfants. De sept à douze ans, il travaillait comme berger. Un jour, un prêtre le remarqua et se chargea de le faire instruire.
 
Après ses humanités au séminaire de Meximieux et ses études théologiques au grand séminaire de Brou, il reçut l'onction sacerdotale, le 15 juillet 1827. Il exerça d'abord le ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé. Mû par un désir de plus grande perfection, il entra dans la Société de Marie en 1831 et enseigna pendant cinq ans au petit séminaire de Belley.
 
En 1836, il sollicita la faveur d'être appliqué à l'apostolat des missions d'Océanie. Le 24 décembre, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier et au bout de dix mois de navigation, ils abordaient à l'île de Futuna. 
 
Pendant que l'évêque continuait sa route vers la Nouvelle-Zélande, le Père Chanel s'établissait à Futuna avec deux compagnons. Pendant les deux premières années de leur installation, ce fut le chef de la peuplade, le roitelet Niuliki, qui les hébergea et leur fournit des vivres. Les missionnaires employèrent ce temps à apprendre la langue du pays et se bornèrent à baptiser les enfants moribonds. Dès qu'il se sentit capable de prêcher, le Père Chanel commença le travail d'évangélisation.
 
Après de très durs débuts, l'apôtre réussit à répandre l'Évangile chez les indigènes où régnait encore l'anthropophagie. Il rendait tous les services possibles, soignait les blessés, empêchait souvent la guerre entre les idolâtres; on l'appelait: "l'homme à l'excellent coeur". Lorsque Niuliki, roi et pontife à la fois, vit le mouvement des conversions au christianisme prendre de l'ampleur, il cessa d'envoyer des vivres aux missionnaires et alla s'établir dans un autre village.
 
Pour subsister, les missionnaires furent réduits à défricher un champ de manioc. Pour les forcer à fuir le pays, on mangeait leurs fruits et leur récolte. Réduits à la plus extrême pauvreté, les Pères durent manger leur chien pour ne pas mourir de faim. Menacé de mort, le Père Chanel répond: «La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de DIEU.» 
 
Les zélés missionnaires continuèrent à réunir leurs catéchumènes tous les dimanches et malgré tout, le petit groupe ne cessa de s'accroître. Le propre fils du roi, touché par la grâce et par les enseignements des missionnaires se déclara publiquement chrétien. Cette conversion acheva d'exaspérer Niuliki et le décida à en finir avec la religion chrétienne à Futuna.

Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sauvage, conduite par le gendre de Niuliki et armée de lances, de massues, de haches, envahit la maison des missionnaires en un moment où le Père Chanel était seul. Les indigènes pénétrèrent dans le jardin où se trouvait le missionnaire, l'assommèrent à coups de bâton et de massue, puis se livrèrent au pillage. Leur carnage terminé, voyant que le Père respirait encore, Musumusu, le gendre du roi, l'acheva d'un coup de hachette sur la nuque. C'est ainsi que, sans une plainte, sans un soupir, le Père Chanel rendit son âme à DIEU.
 
Peu d'années après ce drame, toute l'île de Futuna était chrétienne, y compris les assassins du saint martyr.  Sa Sainteté Pie XII a canonisé solennellement Pierre Chanel, le 13 juin 1954.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 21 avril 2026

22 AVRIL : SAINT LÉONIDE / SAINT SOTER ET SAINT CAÏUS PAPE ET MARTYRS

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
            qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)
SAINT LÉONIDE
Père d'Origène et Martyr
(+ 202)
L'an 202 vit éclater une cruelle persécution qui fit couler dans tout l'empire, et surtout en Égypte, le sang d'une multitude de chrétiens.
Parmi ceux dont le triomphe illustra la ville d'Alexandrie, on compte SAINT LÉONIDE.

Sa principale gloire, après son martyre, est d'avoir donné la vie à l'un des plus fameux génies qui aient paru sur la terre, le grand Origène. Léonide était probablement un rhéteur d'Alexandrie, philosophe chrétien, également versé dans les sciences sacrées et profanes.

Parmi ses sept enfants, il donna un soin tout spécial à l'éducation d'Origène, dont il pressentait le brillant avenir ; mais, tout en ornant son esprit de toutes les autres connaissances, il l'initia surtout à la connaissance des saintes Écritures.

Chaque jour l'enfant était obligé d'apprendre par cœur et de réciter quelque passage des livres divins, et son esprit vif et curieux se plaisait singulièrement à ce genre d'étude. Sans se contenter du sens que présente tout d'abord la lettre du texte sacré, il en cherchait de plus profonds, trahissant ainsi dès l'origine son penchant à scruter les vérités de la foi.

Il accablait son père de questions, lui demandant, pour chaque endroit un peu difficile, des explications qui ne laissaient pas quelquefois d'embarrasser le précepteur.

En apparence et devant l'enfant, Léonide tâchait de modérer cette ardeur intempestive ; il exhortait l'impatient élève à s'en tenir au sens littéral de l'Écriture, sans vouloir résoudre des problèmes qui n'étaient pas de son âge ; mais au fond et en lui-même, l'heureux père se réjouissait de voir une intelligence si précoce, et il remerciait DIEU de lui avoir donné un tel fils.

Souvent même, pendant que l'enfant dormait, le pieux chrétien s'approchait de lui doucement, et lui découvrant la poitrine, il la baisait avec respect comme un sanctuaire où résidait l'Esprit-Saint, tant la piété naissante d'Origène ravissait d'admiration ses parents, en même temps que ses rapides progrès dans la science faisaient leur orgueil et leur joie.

Léonide ayant été pris par les persécuteurs, Origène voulait le rejoindre en prison; mais, sur les instances de sa mère, il se contenta d'écrire une lettre à son père pour l'exhorter au martyre.

Comme Léonide dut se sentir fier, une fois de plus, d'avoir un tel enfant, et comme il dut mourir sans inquiétude ! Il fut décapité l'an 202.

La confiscation de ses biens réduisit sa famille à une extrême pauvreté ; mais l'hospitalité généreuse d'une noble dame la sauva du besoin.

Quant à Origène, « pour le talent et l'étendue des connaissances, il l'emporte sur la plupart des pères de l'Église ; en tout cas, il n'est inférieur à aucun, » dit Mgr Freppel.

Malheureusement son génie s'égara parfois en des spéculations hasardées qui seules ont pu mettre obstacle à ce qu'il reçût de l'Église le titre de saint et de docteur.

Pratique. Priez souvent pour la grande œuvre de l'éducation chrétienne de la jeunesse.

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SAINT SOTER et SAINT CAÏUS

Papes et Martyrs

SAINT SOTER fut le successeur du Pape Anicet. Il naquit à Fundi, ville de l'Italie méridionale. On sait peu de chose sur sa vie.

Il déploya une ardente charité pour les Églises qui souffraient de la persécution. Il subvenait, par des aumônes, aux nécessités des chrétiens exilés pour la foi et n'oubliait pas les indigents des provinces. Il accueillait, avec la tendresse d'un père, les étrangers qui venaient à Rome, et leur prodiguait toutes les consolations qui étaient en son pouvoir.

Il se montra intrépide défenseur de la foi contre les hérésies, en particulier contre celle des Montanistes, qui se répandait alors partout. Il écrivit aux évêques d'Italie une lettre où il traite de la foi en JÉSUS-CHRIST. Il ordonna aussi que, le Jeudi Saint, tous les fidèles recevraient le corps du CHRIST, hors ceux qui en seraient empêchés par quelque grave péché, et déclara que les serments faits contre la justice ne devaient pas être gardés.

Il siégea sur la chaire pontificale trois ans, onze mois et dix-huit jours. Il fut enveloppé dans la cruelle persécution qui s'éleva sous Marc-Aurèle et reçut la couronne du martyre (177). Il fut enseveli dans le cimetière appelé plus tard de Calliste. Il avait, selon la coutume de ses prédécesseurs, ordonné, au mois de décembre, dix-huit prêtres, neuf diacres et onze évêques pour les divers lieux.

L'histoire nous a transmis peu de chose sur la vie du pape CAIUS. Il était né en Dalmatie et appartenait à la famille de Dioclétien. Ce fut un Pontife d'une rare prudence et d'une vertu courageuse.

La persécution contre les chrétiens sévissait alors dans toute sa fureur: les fidèles, pour s'y soustraire, étaient obligés de se tenir cachés dans les cavernes et les tombeaux. SAINT CAIUS mit tout son zèle à confirmer dans la foi les serviteurs de JÉSUS-CHRIST Il conseilla au patricien Chromatius de recevoir dans sa villa les fidèles qui voudraient échapper aux bourreaux et alla les y visiter afin de soutenir leur courage. Ce fut alors qu'il fit diacres Marc et Marcellin, qu'il éleva leur père Tranquillin à la prêtrise et établit Sébastien défenseur de l'Église.

Il ordonna que, dans l'Église, avant de monter à l'épiscopat, on passerait par les degrés des ordres et rangs de portier, de lecteur, d'exorciste, d'acolyte, de sous-diacre, de diacre et de prêtre.

Afin d'éviter lui-même les cruautés de Dioclétien, il se tint caché quelques temps dans une caverne; mais, huit ans plus tard, il remporta la couronne du martyre avec son frère Gabinus, après avoir siégé douze ans, quatre mois et cinq jours. Il avait ordonné vingt-cinq prêtres, huit diacres et cinq évêques. 

Il fut enseveli au cimetière de Calliste.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

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21 Avril : SAINT ANSELME, Archevêque de Cantorbéry


 
Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


ANSELME naquit l'an 1033 à Aoste, en Piémont. Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit de bonne heure à aimer DIEU et la Très Sainte Vierge ; mais, privé du soutien maternel vers l'âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par un père mondain et intraitable, lancé sans guide au milieu du monde, il se laissa entraîner par le torrent et chercha loin de DIEU la paix du cœur qui le fuyait toujours.

Las d'être la victime de son père, il s'enfuit en France, et se fixe comme étudiant, à l'abbaye du Bec, en Normandie. Là il va trouver Lafranc, chef de cette célèbre école, et il lui dit : « Trois chemins me sont ouverts : être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses; parlez, je vous obéis. »

Lafranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l'abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes.  Anselme avait vingt-sept ans. Quand bientôt Lafranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry, il fut élu prieur de l'abbaye, malgré toutes ses résistances.  Il était déjà non seulement un savant, mais un saint. De prieur, il devint abbé, et dut encore- accepter par force ce fardeau, dont lui seul se croyait indigne.

Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges.  Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l'étude de l'Écriture sainte et la composition d'ouvrages pieux ou philosophiques.  La prière toutefois passait avant tout le reste ; l'aube le retrouvait fréquemment à genoux.  Un jour le frère excitateur, allant réveiller ses frères pour le chant des matines, aperçut, dans la salle du chapitre, une vive lumière : c'était le saint abbé en prière, environné d'une auréole de feu.

Forcé par la voix du ciel, le roi d'Angleterre, Guillaume, le nomme archevêque de Cantorbéry; mais Anselme refuse obstinément, bien que malgré lui il soit porté en triomphe sur le trône des pontifes. Huit mois après, il n'était pas sacré; c'est qu'il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi à l'Église de Cantorbéry.

Le roi promit ; Anselme fut sacré évêque ; mais le roi manqua à sa parole, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu'un grand persécuté. De toute cette vie, si pleine et si belle, c'est la partie la plus glorieuse.  Obligé de fuir, il traversa triomphalement la France et alla visiter le pape, qui le proclama hautement « héros de doctrine et de vertu, intrépide dans les combats de la foi ».

Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s'écria en fondant en larmes : « Hélas ! J'eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible ! Anselme put vivre quelques années en paix sur son siège, et vit refleurir la religion dans son Église. Il mourut sur la cendre en se faisant lire la Passion de JÉSUS-CHRIST le 21 avril 1109.

 Pratique :  Rendez le bien pour le mal, priez pour vos ennemis et traitez-les avec égard.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"


dimanche 19 avril 2026

20 Avril : SAINT MARCELLIN, Évêque d'Embrun / SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

 
SAINT MARCELLIN était Africain ; il prêcha l'Évangile avec beaucoup de succès dans les pays voisins des Alpes, puis à Embrun, où il se fit un pieux ermitage et convertit une multitude d'idolâtres.

Il fut bientôt sacré évêque pour gouverner le troupeau qu'il avait conquis à la foi.  Ses missions furent autorisées par de grands miracles. Il alla recevoir sa récompense l'an 374.

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SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO
Vierge
(1268-1317)

SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO est une des plus belles fleurs de l'arbre dominicain. Pauvre d'origine, elle fut annoncée au monde par les lumières célestes qui inondèrent de clartés la modeste demeure de ses parents.

Toute jeune, elle était déjà la terreur du démon, et brillait par une angélique piété. Admise dans un monastère, elle y montra les vertus et la maturité d'une religieuse éprouvée, si bien qu'on l'appelait l'Ange du couvent, et qu'à quinze ans elle fut désignée pour diriger, en qualité d'abbesse, une maison nouvellement fondée.

 
Ce monastère, nous dit son historien, devint bientôt un vrai paradis. Pour Agnès, elle ne connaissait de lit que la terre nue, de nourriture que le pain et l'eau.

On la vit quelquefois quitter l'oraison le manteau couvert d'une manne céleste, blanche comme la neige ; d'autres fois, des fleurs naissaient soudain au lieu où elle avait posé ses genoux.

Un des plus beaux faits de sa vie, c'est l'apparition de la Mère de DIEU tenant en ses bras le divin Enfant; à la demande d'Agnès, elle le déposa quelques instants entre ses bras, ce qui causa à la jeune sainte une joie indicible.
 
Agnès étant tombée dans une grave maladie, les médecins lui ordonnèrent l'usage de la viande.  Que faire? Elle n'en avait jamais touché de sa vie et avait promis de garder l'abstinence jusqu'à la mort.
 
DIEU vint à son secours; car, quand on lui apporta le remède redouté, elle fit le signe de la croix sur le plat, qui se trouva aussitôt chargé de gros poissons. Les médecins n'insistèrent plus.


Cependant les habitants de sa ville natale, jaloux de la posséder, la rappelèrent au milieu d'eux ; sur un avertissement du ciel, Agnès alla fonder, à Montepulciana, un nouveau monastère, sous la règle de Saint Dominique.

Elle éleva cette maison à une si haute ferveur, que de saintes âmes virent une échelle lumineuse où les anges montaient et descendaient ; le sommet touchait le ciel, et le pied reposait dans le chœur du monastère.
 
Au moment où mourut Agnès, le 20 avril 1317, tous les enfants furent éveillés en sursaut et crièrent à leurs parents : "Sœur Agnès est morte !"

La Sainte apparut à plusieurs personnes ; son corps répandit une suave odeur, et on put recueillir une quantité de sueur odoriférante que distilla son corps pendant plusieurs années.

Pratique : Soyez toujours prêt à exécuter la volonté de DIEU, quelle qu'elle soit.

      "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

19 Avril : SAINT ELPHEGE, Archevêque de Cantorbéry, Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales) 

 
Saint Elphège – né en 954- sortait d'une famille distinguée d'Angleterre. Il reçut une excellente éducation et ne tarda pas, malgré la voix de la chair et du sang, à quitter le monde pour la solitude, puis ensuite pour le cloître, à la demande de bons religieux qui voulurent se mettre sous sa direction. Le saint abbé exigea que la règle fût observée à la lettre, et DIEU vint à son aide par un miracle, pour soumettre à la ferme conduite plusieurs moines d'abord récalcitrants. 

Son mérite le fit placer bientôt, malgré les réclamations de son humilité, sur le siège épiscopal de Winchester, et plus tard sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry, où il succéda à saint Dunstan. 

Sa vie resta celle d'un moine. Il se levait régulièrement à minuit et priait longtemps pieds nus. Ses grandes austérités n'enlevaient rien à la douceur de son caractère; ses aumônes étaient abondantes, sa charité sans borne. 

Elphège, pendant une irruption des Danois en Angleterre, se dévoua pour le salut de son peuple. Il alla trouver les barbares, et, après avoir traité avec eux du rachat des captifs, il leur annonça l'Évangile. Un bon nombre se convertirent à sa parole; mais les autres, plus furieux, s'avancèrent jusqu'à Cantorbéry pour l'assiéger. 

Le saint Pontife voulut être à son poste. Durant le siège, il ne cessa d'exhorter ses brebis à s'armer de courage contre tous les événements et à défendre leur foi jusqu'à la mort. DIEU permit que la ville cédât à la force; les assiégés furent passés en masse au fil de l'épée. Elphège courut sur le théâtre du massacre, espérant apaiser les vainqueurs:  

"Épargnez ces innocents, s'écria-t-il. Quelle gloire y a-t-il à répandre leur sang? Tournez contre moi toute votre indignation; je me la suis méritée en rachetant vos prisonniers." 

Les Danois farouches, irrités de cette sainte liberté, se saisissent de lui, l'accablent de mauvais traitements, incendient devant lui sa cathédrale, égorgent ses moines et le jettent en prison. Frappé à coups de hache et lapidé, pendant son supplice, il priait pour ses bourreaux.

Il y était depuis sept mois quand l'armée des barbares fut décimée par une maladie épidémique. Leur fureur était passée, il comprirent que c'était le châtiment de leur cruauté et à la prison de l'archevêque le conjurant de prier pour eux. Les prières du saint firent cesser le fléau, mais n'ayant point d'or pour sa rançon, il fut remis en prison par ces cupides barbares. 

Elphège leur prédit alors les châtiments de DIEU; il se jetèrent sur lui, le renversèrent à coups de haches et l'écrasèrent de pierres. Pendant son supplice, il priait pour les auteurs de sa mort. Un Danois qu'il avait baptisé, se crut humain de le délivrer en lui fendant la tête, le 19 avril 1012.

Pratique : Ne reculez pas devant les services à notre prochain à cause de la gêne et des sacrifices qu'ils vous imposent.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 17 avril 2026

18 Avril : SAINT APOLLONE, Martyr / LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

 
SAINT APOLLONE ou APOLLONIUS, sénateur, homme fort distingué par ses connaissances, fut accusé d'être chrétien par un de ses esclaves ; il montra une constance inébranlable tant devant le juge que devant le sénat, il fit une belle apologie de la religion chrétienne et fut condamné à avoir la tête tranchée (an 186).

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LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION
Carmélite
(1545-1618)

LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION naquit à Paris en l'an 1566. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s'opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage : étrange aberration de parents chrétiens, qui oublient que leurs enfants sont avant tout à DIEU!

La pieuse enfant dut se résigner ; après quelques années qu'elle passa dans l'humilité, la prière et la mortification, malgré les tendances de sa mère, qui la poussait aux vanités du siècle, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie.

Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu'à se sanctifier dans ce nouvel état. Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs études, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage, toujours ponctuellement exécutée : « Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour,  je vois que vous aimez DIEU et que DIEU vous aime! »


Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu'elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n'en parlait qu'avec joie : « Quel temps! Quels heureux jours! Qu'on trouve bien DIEU dans l'épreuve ! »

A cinq ou six fois différentes, elle se cassa la jambe, et fit toujours paraître une force d'âme assez grande dans ses douleurs pour ne pas pousser un cri.  Mme Acarie eut la plus grande part à l'introduction des Carmélites en France.  Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n'être que sœur converse : "Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui viens supplier la Miséricorde divine, et me jeter dans les bras de la religion."


On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage. Parmi les belles paroles qu'on cite d'elle, en voici quelques-unes : "Le seau du puits ne s'emplit pas à moins qu'il ne s'abaisse; moi,  je reste vide faute de m'abaisser, — « Je suis gonflée d'orgueil comme les reptiles sont gonflés de venin."

L'humilité seule parle ce langage. Dans ses souffrances: « Quoi! Mourir sans souffrir! Le désir de souffrir me fera mourir! » Peu avant sa mort : « Ce que je souffre n'est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs ! Mon DIEU, ayez pitié de moi. »
 
Cette âme admirable s'envola vers DIEU le 18 avril 1618.

Pratique : Apprenez, à l'école des saints, la grande science de la souffrance.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"