mardi 21 avril 2026

22 AVRIL : SAINT LÉONIDE / SAINT SOTER ET SAINT CAÏUS PAPE ET MARTYRS

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
            qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)
SAINT LÉONIDE
Père d'Origène et Martyr
(+ 202)
L'an 202 vit éclater une cruelle persécution qui fit couler dans tout l'empire, et surtout en Égypte, le sang d'une multitude de chrétiens.
Parmi ceux dont le triomphe illustra la ville d'Alexandrie, on compte SAINT LÉONIDE.

Sa principale gloire, après son martyre, est d'avoir donné la vie à l'un des plus fameux génies qui aient paru sur la terre, le grand Origène. Léonide était probablement un rhéteur d'Alexandrie, philosophe chrétien, également versé dans les sciences sacrées et profanes.

Parmi ses sept enfants, il donna un soin tout spécial à l'éducation d'Origène, dont il pressentait le brillant avenir ; mais, tout en ornant son esprit de toutes les autres connaissances, il l'initia surtout à la connaissance des saintes Écritures.

Chaque jour l'enfant était obligé d'apprendre par cœur et de réciter quelque passage des livres divins, et son esprit vif et curieux se plaisait singulièrement à ce genre d'étude. Sans se contenter du sens que présente tout d'abord la lettre du texte sacré, il en cherchait de plus profonds, trahissant ainsi dès l'origine son penchant à scruter les vérités de la foi.

Il accablait son père de questions, lui demandant, pour chaque endroit un peu difficile, des explications qui ne laissaient pas quelquefois d'embarrasser le précepteur.

En apparence et devant l'enfant, Léonide tâchait de modérer cette ardeur intempestive ; il exhortait l'impatient élève à s'en tenir au sens littéral de l'Écriture, sans vouloir résoudre des problèmes qui n'étaient pas de son âge ; mais au fond et en lui-même, l'heureux père se réjouissait de voir une intelligence si précoce, et il remerciait DIEU de lui avoir donné un tel fils.

Souvent même, pendant que l'enfant dormait, le pieux chrétien s'approchait de lui doucement, et lui découvrant la poitrine, il la baisait avec respect comme un sanctuaire où résidait l'Esprit-Saint, tant la piété naissante d'Origène ravissait d'admiration ses parents, en même temps que ses rapides progrès dans la science faisaient leur orgueil et leur joie.

Léonide ayant été pris par les persécuteurs, Origène voulait le rejoindre en prison; mais, sur les instances de sa mère, il se contenta d'écrire une lettre à son père pour l'exhorter au martyre.

Comme Léonide dut se sentir fier, une fois de plus, d'avoir un tel enfant, et comme il dut mourir sans inquiétude ! Il fut décapité l'an 202.

La confiscation de ses biens réduisit sa famille à une extrême pauvreté ; mais l'hospitalité généreuse d'une noble dame la sauva du besoin.

Quant à Origène, « pour le talent et l'étendue des connaissances, il l'emporte sur la plupart des pères de l'Église ; en tout cas, il n'est inférieur à aucun, » dit Mgr Freppel.

Malheureusement son génie s'égara parfois en des spéculations hasardées qui seules ont pu mettre obstacle à ce qu'il reçût de l'Église le titre de saint et de docteur.

Pratique. Priez souvent pour la grande œuvre de l'éducation chrétienne de la jeunesse.

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SAINT SOTER et SAINT CAÏUS

Papes et Martyrs

SAINT SOTER fut le successeur du Pape Anicet. Il naquit à Fundi, ville de l'Italie méridionale. On sait peu de chose sur sa vie.

Il déploya une ardente charité pour les Églises qui souffraient de la persécution. Il subvenait, par des aumônes, aux nécessités des chrétiens exilés pour la foi et n'oubliait pas les indigents des provinces. Il accueillait, avec la tendresse d'un père, les étrangers qui venaient à Rome, et leur prodiguait toutes les consolations qui étaient en son pouvoir.

Il se montra intrépide défenseur de la foi contre les hérésies, en particulier contre celle des Montanistes, qui se répandait alors partout. Il écrivit aux évêques d'Italie une lettre où il traite de la foi en JÉSUS-CHRIST. Il ordonna aussi que, le Jeudi Saint, tous les fidèles recevraient le corps du CHRIST, hors ceux qui en seraient empêchés par quelque grave péché, et déclara que les serments faits contre la justice ne devaient pas être gardés.

Il siégea sur la chaire pontificale trois ans, onze mois et dix-huit jours. Il fut enveloppé dans la cruelle persécution qui s'éleva sous Marc-Aurèle et reçut la couronne du martyre (177). Il fut enseveli dans le cimetière appelé plus tard de Calliste. Il avait, selon la coutume de ses prédécesseurs, ordonné, au mois de décembre, dix-huit prêtres, neuf diacres et onze évêques pour les divers lieux.

L'histoire nous a transmis peu de chose sur la vie du pape CAIUS. Il était né en Dalmatie et appartenait à la famille de Dioclétien. Ce fut un Pontife d'une rare prudence et d'une vertu courageuse.

La persécution contre les chrétiens sévissait alors dans toute sa fureur: les fidèles, pour s'y soustraire, étaient obligés de se tenir cachés dans les cavernes et les tombeaux. SAINT CAIUS mit tout son zèle à confirmer dans la foi les serviteurs de JÉSUS-CHRIST Il conseilla au patricien Chromatius de recevoir dans sa villa les fidèles qui voudraient échapper aux bourreaux et alla les y visiter afin de soutenir leur courage. Ce fut alors qu'il fit diacres Marc et Marcellin, qu'il éleva leur père Tranquillin à la prêtrise et établit Sébastien défenseur de l'Église.

Il ordonna que, dans l'Église, avant de monter à l'épiscopat, on passerait par les degrés des ordres et rangs de portier, de lecteur, d'exorciste, d'acolyte, de sous-diacre, de diacre et de prêtre.

Afin d'éviter lui-même les cruautés de Dioclétien, il se tint caché quelques temps dans une caverne; mais, huit ans plus tard, il remporta la couronne du martyre avec son frère Gabinus, après avoir siégé douze ans, quatre mois et cinq jours. Il avait ordonné vingt-cinq prêtres, huit diacres et cinq évêques. 

Il fut enseveli au cimetière de Calliste.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

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21 Avril : SAINT ANSELME, Archevêque de Cantorbéry


 
Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


ANSELME naquit l'an 1033 à Aoste, en Piémont. Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit de bonne heure à aimer DIEU et la Très Sainte Vierge ; mais, privé du soutien maternel vers l'âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par un père mondain et intraitable, lancé sans guide au milieu du monde, il se laissa entraîner par le torrent et chercha loin de DIEU la paix du cœur qui le fuyait toujours.

Las d'être la victime de son père, il s'enfuit en France, et se fixe comme étudiant, à l'abbaye du Bec, en Normandie. Là il va trouver Lafranc, chef de cette célèbre école, et il lui dit : « Trois chemins me sont ouverts : être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses; parlez, je vous obéis. »

Lafranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l'abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes.  Anselme avait vingt-sept ans. Quand bientôt Lafranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry, il fut élu prieur de l'abbaye, malgré toutes ses résistances.  Il était déjà non seulement un savant, mais un saint. De prieur, il devint abbé, et dut encore- accepter par force ce fardeau, dont lui seul se croyait indigne.

Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges.  Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l'étude de l'Écriture sainte et la composition d'ouvrages pieux ou philosophiques.  La prière toutefois passait avant tout le reste ; l'aube le retrouvait fréquemment à genoux.  Un jour le frère excitateur, allant réveiller ses frères pour le chant des matines, aperçut, dans la salle du chapitre, une vive lumière : c'était le saint abbé en prière, environné d'une auréole de feu.

Forcé par la voix du ciel, le roi d'Angleterre, Guillaume, le nomme archevêque de Cantorbéry; mais Anselme refuse obstinément, bien que malgré lui il soit porté en triomphe sur le trône des pontifes. Huit mois après, il n'était pas sacré; c'est qu'il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi à l'Église de Cantorbéry.

Le roi promit ; Anselme fut sacré évêque ; mais le roi manqua à sa parole, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu'un grand persécuté. De toute cette vie, si pleine et si belle, c'est la partie la plus glorieuse.  Obligé de fuir, il traversa triomphalement la France et alla visiter le pape, qui le proclama hautement « héros de doctrine et de vertu, intrépide dans les combats de la foi ».

Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s'écria en fondant en larmes : « Hélas ! J'eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible ! Anselme put vivre quelques années en paix sur son siège, et vit refleurir la religion dans son Église. Il mourut sur la cendre en se faisant lire la Passion de JÉSUS-CHRIST le 21 avril 1109.

 Pratique :  Rendez le bien pour le mal, priez pour vos ennemis et traitez-les avec égard.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"


dimanche 19 avril 2026

20 Avril : SAINT MARCELLIN, Évêque d'Embrun / SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

 
SAINT MARCELLIN était Africain ; il prêcha l'Évangile avec beaucoup de succès dans les pays voisins des Alpes, puis à Embrun, où il se fit un pieux ermitage et convertit une multitude d'idolâtres.

Il fut bientôt sacré évêque pour gouverner le troupeau qu'il avait conquis à la foi.  Ses missions furent autorisées par de grands miracles. Il alla recevoir sa récompense l'an 374.

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SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO
Vierge
(1268-1317)

SAINTE AGNÈS DE MONTEPULCIANO est une des plus belles fleurs de l'arbre dominicain. Pauvre d'origine, elle fut annoncée au monde par les lumières célestes qui inondèrent de clartés la modeste demeure de ses parents.

Toute jeune, elle était déjà la terreur du démon, et brillait par une angélique piété. Admise dans un monastère, elle y montra les vertus et la maturité d'une religieuse éprouvée, si bien qu'on l'appelait l'Ange du couvent, et qu'à quinze ans elle fut désignée pour diriger, en qualité d'abbesse, une maison nouvellement fondée.

 
Ce monastère, nous dit son historien, devint bientôt un vrai paradis. Pour Agnès, elle ne connaissait de lit que la terre nue, de nourriture que le pain et l'eau.

On la vit quelquefois quitter l'oraison le manteau couvert d'une manne céleste, blanche comme la neige ; d'autres fois, des fleurs naissaient soudain au lieu où elle avait posé ses genoux.

Un des plus beaux faits de sa vie, c'est l'apparition de la Mère de DIEU tenant en ses bras le divin Enfant; à la demande d'Agnès, elle le déposa quelques instants entre ses bras, ce qui causa à la jeune sainte une joie indicible.
 
Agnès étant tombée dans une grave maladie, les médecins lui ordonnèrent l'usage de la viande.  Que faire? Elle n'en avait jamais touché de sa vie et avait promis de garder l'abstinence jusqu'à la mort.
 
DIEU vint à son secours; car, quand on lui apporta le remède redouté, elle fit le signe de la croix sur le plat, qui se trouva aussitôt chargé de gros poissons. Les médecins n'insistèrent plus.


Cependant les habitants de sa ville natale, jaloux de la posséder, la rappelèrent au milieu d'eux ; sur un avertissement du ciel, Agnès alla fonder, à Montepulciana, un nouveau monastère, sous la règle de Saint Dominique.

Elle éleva cette maison à une si haute ferveur, que de saintes âmes virent une échelle lumineuse où les anges montaient et descendaient ; le sommet touchait le ciel, et le pied reposait dans le chœur du monastère.
 
Au moment où mourut Agnès, le 20 avril 1317, tous les enfants furent éveillés en sursaut et crièrent à leurs parents : "Sœur Agnès est morte !"

La Sainte apparut à plusieurs personnes ; son corps répandit une suave odeur, et on put recueillir une quantité de sueur odoriférante que distilla son corps pendant plusieurs années.

Pratique : Soyez toujours prêt à exécuter la volonté de DIEU, quelle qu'elle soit.

      "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

19 Avril : SAINT ELPHEGE, Archevêque de Cantorbéry, Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales) 

 
Saint Elphège – né en 954- sortait d'une famille distinguée d'Angleterre. Il reçut une excellente éducation et ne tarda pas, malgré la voix de la chair et du sang, à quitter le monde pour la solitude, puis ensuite pour le cloître, à la demande de bons religieux qui voulurent se mettre sous sa direction. Le saint abbé exigea que la règle fût observée à la lettre, et DIEU vint à son aide par un miracle, pour soumettre à la ferme conduite plusieurs moines d'abord récalcitrants. 

Son mérite le fit placer bientôt, malgré les réclamations de son humilité, sur le siège épiscopal de Winchester, et plus tard sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry, où il succéda à saint Dunstan. 

Sa vie resta celle d'un moine. Il se levait régulièrement à minuit et priait longtemps pieds nus. Ses grandes austérités n'enlevaient rien à la douceur de son caractère; ses aumônes étaient abondantes, sa charité sans borne. 

Elphège, pendant une irruption des Danois en Angleterre, se dévoua pour le salut de son peuple. Il alla trouver les barbares, et, après avoir traité avec eux du rachat des captifs, il leur annonça l'Évangile. Un bon nombre se convertirent à sa parole; mais les autres, plus furieux, s'avancèrent jusqu'à Cantorbéry pour l'assiéger. 

Le saint Pontife voulut être à son poste. Durant le siège, il ne cessa d'exhorter ses brebis à s'armer de courage contre tous les événements et à défendre leur foi jusqu'à la mort. DIEU permit que la ville cédât à la force; les assiégés furent passés en masse au fil de l'épée. Elphège courut sur le théâtre du massacre, espérant apaiser les vainqueurs:  

"Épargnez ces innocents, s'écria-t-il. Quelle gloire y a-t-il à répandre leur sang? Tournez contre moi toute votre indignation; je me la suis méritée en rachetant vos prisonniers." 

Les Danois farouches, irrités de cette sainte liberté, se saisissent de lui, l'accablent de mauvais traitements, incendient devant lui sa cathédrale, égorgent ses moines et le jettent en prison. Frappé à coups de hache et lapidé, pendant son supplice, il priait pour ses bourreaux.

Il y était depuis sept mois quand l'armée des barbares fut décimée par une maladie épidémique. Leur fureur était passée, il comprirent que c'était le châtiment de leur cruauté et à la prison de l'archevêque le conjurant de prier pour eux. Les prières du saint firent cesser le fléau, mais n'ayant point d'or pour sa rançon, il fut remis en prison par ces cupides barbares. 

Elphège leur prédit alors les châtiments de DIEU; il se jetèrent sur lui, le renversèrent à coups de haches et l'écrasèrent de pierres. Pendant son supplice, il priait pour les auteurs de sa mort. Un Danois qu'il avait baptisé, se crut humain de le délivrer en lui fendant la tête, le 19 avril 1012.

Pratique : Ne reculez pas devant les services à notre prochain à cause de la gêne et des sacrifices qu'ils vous imposent.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 17 avril 2026

18 Avril : SAINT APOLLONE, Martyr / LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

 
SAINT APOLLONE ou APOLLONIUS, sénateur, homme fort distingué par ses connaissances, fut accusé d'être chrétien par un de ses esclaves ; il montra une constance inébranlable tant devant le juge que devant le sénat, il fit une belle apologie de la religion chrétienne et fut condamné à avoir la tête tranchée (an 186).

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LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION
Carmélite
(1545-1618)

LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION naquit à Paris en l'an 1566. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s'opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage : étrange aberration de parents chrétiens, qui oublient que leurs enfants sont avant tout à DIEU!

La pieuse enfant dut se résigner ; après quelques années qu'elle passa dans l'humilité, la prière et la mortification, malgré les tendances de sa mère, qui la poussait aux vanités du siècle, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie.

Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu'à se sanctifier dans ce nouvel état. Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs études, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage, toujours ponctuellement exécutée : « Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour,  je vois que vous aimez DIEU et que DIEU vous aime! »


Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu'elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n'en parlait qu'avec joie : « Quel temps! Quels heureux jours! Qu'on trouve bien DIEU dans l'épreuve ! »

A cinq ou six fois différentes, elle se cassa la jambe, et fit toujours paraître une force d'âme assez grande dans ses douleurs pour ne pas pousser un cri.  Mme Acarie eut la plus grande part à l'introduction des Carmélites en France.  Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n'être que sœur converse : "Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui viens supplier la Miséricorde divine, et me jeter dans les bras de la religion."


On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage. Parmi les belles paroles qu'on cite d'elle, en voici quelques-unes : "Le seau du puits ne s'emplit pas à moins qu'il ne s'abaisse; moi,  je reste vide faute de m'abaisser, — « Je suis gonflée d'orgueil comme les reptiles sont gonflés de venin."

L'humilité seule parle ce langage. Dans ses souffrances: « Quoi! Mourir sans souffrir! Le désir de souffrir me fera mourir! » Peu avant sa mort : « Ce que je souffre n'est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs ! Mon DIEU, ayez pitié de moi. »
 
Cette âme admirable s'envola vers DIEU le 18 avril 1618.

Pratique : Apprenez, à l'école des saints, la grande science de la souffrance.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous" 

17 Avril : SAINT ANICET, Pape et Martyr / LA BIENHEUREUSE CLAIRE GAMBARCORTI, Patronne de Pise / SAINTE KATERI TEKAKWITHA, Vierge amérindienne

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


Saint Anicet siégea sur le trône de saint Pierre de l'an 165 à l'an 173. S'il ne répandit pas son sang pour la foi, il fut au moins exposé à beaucoup de dangers et de souffrances, ce qui l'a fait appeler martyr. Il se montra plein de zèle pour la pureté de la foi et pour la destruction des hérésies.

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LA BIENHEUREUSE CLAIRE GAMBACORTI 
Patronne de Pise 
(1362-1419)


Claire Gambacorti, fille d'illustre famille, vint au monde à Pise, en 1362. Jeune encore, elle voulut n'avoir d'autre époux que JÉSUS. 

Chaque jour on la voyait s'acheminer vers une humble maison où gisait une pauvre malade abandonnée dont le corps n'était qu'une plaie ; son visage fétide et repoussant, dévoré par un affreux ulcère, n'était plus reconnaissable. 

L'enfant consolait la pauvre affligée, préparait sa nourriture, faisait son lit, pansait ses plaies et ne s'éloignait jamais sans avoir approché son beau et frais visage de ce visage souillé et infect pour y déposer un baiser affectueux. 

La jeune fille, n'ayant pu obtenir le consentement de son père, entre à son insu chez les Clarisses et y prend le voile sous le nom de Claire.  Mais aussitôt son frère, furieux, va l'y saisir avec des hommes d'armes et la ramène au palais paternel, où elle est abandonnée, et enfermée.  Pénitente dans son épreuve, elle se livre à la contemplation et goûte en DIEU une paix profonde "Que mon corps périsse, s'écrie-t-elle, avant qu'il plaise à d'autres yeux qu'à ceux de mon Jésus?" 

Après de longues et inutiles vexations, sa famille consent enfin à la laisser partir, non au couvent des Clarisses, mais au couvent des sœurs de Saint-Dominique.  Ses exemples ranimèrent la ferveur dans la communauté : Elle était la plus humble et la plus pauvre ; elle ne voulait porter que les vêtements abandonnés par ses sœurs comme trop usés ; elle se contentait souvent, pour nourriture, de pain, et de fruits sauvages, mangeant même parfois les restes de ses sœurs. 

Devenue prieure elle fut davantage encore le modèle de ses religieuses.  Le sacrifice le plus héroïque de sa vie fut de voir son frère, poursuivi par des assassins, frapper à la porte de son couvent, et de ne pouvoir pas lui ouvrir ; elle dut se résigner à le voir tomber sous les coups de ses ennemis. 

Elle ne fut pas moins héroïque à pardonner à celui qui avait massacré son père et ses frères ; elle pria pour lui et donna asile à sa veuve et à ses enfants, quand il eut lui-même été châtié de ses crimes par la fureur du peuple. 

Près de mourir, dans ses souffrances : "SEIGNEUR, disait-elle, me voici en croix avec vous! » Elle rendit le dernier soupir le 17 avril 1419, à l'âge de cinquante-sept ans. 
 
Pratique : Rendez le bien pour le mal ;  faites du bien à ceux qui vous haïssent. 

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SAINTE KATERI TEKAKWITHA 
Vierge amérindienne 
(Morte en 1680)

Le 17 avril 1680, dans un petit village indien de la Nouvelle-France, Kateri Tekakwitha une humble vierge iroquoise, mourait en odeur de sainteté. Elle avait 24 ans et n'était baptisée que depuis 4 ans. 

Née d'un père païen et d'une mère chrétienne, Kateri devint orpheline à l'âge de 4 ans, suite à une épidémie de petite vérole qui, sans l'emporter elle-même, lui laissa une infirmité aux yeux, des marques au visage et une faiblesse générale. Un de ses oncles l'adopta. 


Toute jeune encore, bien que vivant en plein milieu païen, Kateri  manifestait des dispositions d'âme très exceptionnelles; elle semblait "naturellement chrétienne". 

Intelligente, aimable, adroite dans les ouvrages d'art et de luxe, Kateri avait en plus un amour du travail très rare chez la femme indienne. Mais ce qu'on ne pouvait comprendre en elle, c'était son amour inné pour la pureté, le silence et la solitude. On ne la vit jamais assister aux réunions publiques, aux jeux, aux spectacles, aux repas et autres divertissements populaires si fréquents dans ces milieux païens. 
 
À 12 ans, ses parents adoptifs décidèrent de la marier. Elle refusa net et, par la suite, s'obstina dans son refus. Quel scandale! Tout le monde se moqua d'elle et, à partir de ce jour, elle fut durement persécutée. 
 
DIEU envoya des missionnaires au village de Kateri; la jeune iroquoise les rencontra par des circonstances providentielles. Elle écoutait avec avidité leurs instructions, pensait souvent à ce JÉSUS qui rend les cœurs si bons et les visages si lumineux; elle rêvait de recevoir le Baptême afin d'être chrétienne comme sa mère. Ce grand jour arriva pour elle le 18 avril 1676; elle avait 20 ans. 

Déjà magnifiquement préparée par la pratique des vertus, la prière, le sacrifice et la ténacité dans la lutte pour le bien, Kateri fut encore fortifiée par la grâce du Baptême qui lui donna le courage de monter jusqu'au Calvaire. 

Nous ne pouvons relater ici toutes les souffrances de la sainte enfant. Qu'il suffise de dire qu'à un moment donné, son existence devint si pénible et les attaques contre sa foi si intenses, qu'avec l'autorisation du missionnaire, Kateri décida de s'enfuir de son village et alla se réfugier à la mission du Sault, près de Montréal. C'est dans cet oasis de ferveur chrétienne qu'elle fut accueillie à bras ouverts. C'est là que se perfectionna sa vertu. 

Elle était avide de souffrances. La Passion du SAUVEUR enflammait son amour et stimulait son énergie. Elle passait des heures en prière, soit au pied du Saint-Sacrement, soit dans la solitude d'un bois. 

Encore au Sault, une de ses parentes la pressa de se marier. Tout fut inutile. Elle préférait souffrir les railleries, les privations plutôt que d'y consentir. 

Bien plus, elle sollicita du missionnaire la grâce de faire vœu de virginité, tout comme les religieuses qu'elle visita un jour à Ville-Marie. Cette faveur lui fut enfin accordée le 25 mars 1679. Kateri  devenait la première vierge Indienne de la Nouvelle-France.  JÉSUS, dont elle était désormais l'épouse,  JÉSUS au Tabernacle, JÉSUS au Saint-Sacrifice, JÉSUS dans son cœur par la Sainte Communion, c'était sa vie, son ravissement. 

Après bien des maladies et infirmités, Kateri s'éteignit saintement.  Ces quelques lignes ne sont qu'un aperçu très sommaire de sainte Kateri
 
Sa biographie est disponible aux Éditions Magnificat.

"Ô Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous"