jeudi 14 mai 2026

15 MAI : SAINT PIERRE ET SES COMPAGNONS, Martyrs à Lampsaque

  
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)

En l'an 250, au temps de la persécution de l'empereur Dèce, un jeune chrétien, nommé Pierre, fut arrêté sur le territoire de Lampsaque et présenté au tribunal du proconsul, qui lui dit : « Quel est ton nom? — Je m'appelle Pierre. — Es-tu chrétien? — Oui, je suis chrétien. — Mais ne connais-tu pas les décrets de l'empereur? sacrifie à Vénus. — Comment peux-tu m'engager à sacrifier à une femme impudique dont l'histoire fait rougir? Je ne sacrifie qu'au CHRIST,  DIEU vivant et Roi des siècles. »

A ces mots, le proconsul irrité fait étendre le martyr sur la roue, où on l'attache avec des chaînes de fer.  Mais Pierre, dans cet affreux supplice, levait les yeux au ciel et disait : « Je vous rends grâces, SEIGNEUR JÉSUS, qui avez daigné donner à ma faiblesse assez de patience pour vaincre ce tyran cruel. »  Le proconsul, voyant que toutes les tortures seraient inutiles, lui fait trancher la tête.

Vers le même temps, on présenta trois chrétiens, nommés André, Paul et Nicomaque, devant le proconsul. Il leur demanda d'où ils étaient et quelle était leur religion.  Remar­quons ici les dangers de la présomption et la nécessité de compter sur la grâce de DIEU plus que sur le courage personnel. 

Nicomaque, le premier, répondit hardiment : « Je suis chrétien! — Sacrifie aux dieux, reprend le proconsul. —Tu sais, dit Nicomaque, qu'un chrétien ne doit pas sacrifier aux démons. » Appliqué à la torture, il est vaincu par la violence de la douleur et s'écrie : « Je n'ai jamais été chrétien ; je sacrifie aux dieux. » A peine est-il détaché, que le démon s'empare de lui ; il se coupe la langue avec les dents, et il expire en se roulant à terre.

Mais sa couronne était réservée à un autre.  Dans la foule des spectateurs, la jeune vierge Dionysia, âgée de seize ans, s'écrie : « Malheureux, qui pour éviter un moment de souffrance achète des châtiments éternels ! » Le proconsul la fait saisir; elle se déclare chrétienne. Livrée à deux jeunes débauchés, elle triomphe de tous leurs efforts pour la perdre, et délivrée tout à coup par un ange brillant de lumière, elle ne profite de sa liberté que pour retourner au tribunal et s'offrir généreusement à la mort. Elle eut la tête tranchée. —

Pendant ce temps, les deux compagnons de l'infortuné Nicomaque, André et Paul, luttaient généreusement pour leur foi : « Jeunes gens, leur dit le proconsul, sacrifiez à la grande Diane. » André et Paul répondirent : "Nous ne connaissons ni Diane ni les autres démons que vous adorez : nous n'avons jamais adoré que le vrai et unique DIEU."

Le peuple, entendant ces paroles, poussait des cris de mort. Le proconsul voyant qu'il ne pouvait triompher de leur persévérance, les fit battre de verges et les livra au peuple ; ils consommèrent leur supplice par la lapidation.

Pratique : Défiez-vous de la présomption; mettez votre confiance en la grâce de DIEU.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

14 MAI : SAINT PÂCOME, Abbé / SAINT BONIFACE, Archevêque de Mayence, Marty

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre  et l’Évangile vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

PACÔME naquit en 292, dans la Haute-Thébaïde, au sein de l'idolâtrie, comme une rose au milieu des épines; ses parents ne purent jamais lui enlever son horreur instinctive pour les superstitions du paganisme.

A l'âge de vingt ans, il était soldat dans les troupes impériales, quand l'hospitalité si charitable qu'il reçut de la part de moines chrétiens l'éclaira et fixa ses idées vers le christianisme et la vie religieuse. A peine libéré du service militaire, il se fit instruire, reçut le baptême et se rendit dans un désert, où il pria un solitaire de le prendre pour son disciple : "Considérez, mon fils, dit le vieillard, que du pain et du sel font toute ma nourriture ; l'usage du vin et de l'huile m'est inconnu.  Je passe la moitié de la nuit à chanter des psaumes ou à méditer les saintes Écritures ; quelquefois il m'arrive de passer la nuit entière sans sommeil." 

Pacôme, étonné mais non découragé, répondit qu'avec la grâce de DIEU il pourrait mener ce genre de vie jusqu'à la mort. Il fut fidèle à sa parole. Dès ce moment, il se livra généreusement à toutes les rudes pratiques de la vie érémitique.

Un jour qu'il était allé au désert de Tabenne, sur les bords du Nil, un ange lui apporta du ciel une règle et lui commanda, de la part de DIEU, d'élever là un monastère.  Dans sa règle, le jeûne et le travail étaient proportionnés aux forces de chacun ; on mangeait en commun et en silence ; tous les instants étaient occupés ; la loi du silence était si rigoureuse, que quand un moine avait besoin de quelque chose, il ne pouvait le demander que par signe ; en allant d'un lieu à un autre, on devait méditer quelque passage de l'Écriture ; on chantait des psaumes même pendant le travail.

Bientôt le monastère devint trop étroit, et il fallut en bâtir six autres dans le voisinage.  L'œuvre de Pacôme se développait d'une manière aussi merveilleuse que celle de saint Antoine, commencée vingt ans plus tôt. — L'obéissance était la vertu que Pacôme conseillait le plus à ses religieux; il punissait sévèrement les moindres infractions à cette vertu.
 
Un jour, il avait commandé à un saint moine d'abattre un figuier couvert de fruits magnifiques, mais qui était pour les novices un sujet de tentation : « Comment, saint père, lui dit celui-ci, vous voulez abattre ce figuier, qui suffit à lui seul pour nourrir tout le couvent ? »
 
Pacôme n'insista pas ; mais, le lendemain, le figuier se trouvait desséché : ainsi DIEU voulait montrer le mérite de la parfaite obéissance.  Le saint abbé semblait avoir toute puissance sur la nature : il marchait sur les serpents et foulait aux pieds les scorpions sans en recevoir aucun mal ; lorsqu'il lui fallait traverser quelque, bras du Nil pour la visite de ses monastères, les crocodiles se présentaient à lui et le passaient sur leur dos.

Sur le point de mourir, il vit son bon ange près de lui, et rendit son âme au Créateur, le 14 mai 348.

Pratique : Ne raisonnez pas les ordres de vos supérieurs ; obéissez humblement et simplement.

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SAINT BONIFACE
Archevêque de Mayence


BONIFACE, appelé d'abord Winfrid, naquit en Angleterre, l'an 680. Après une mission prêchée dans sa ville natale, il demanda à suivre les moines dans leur couvent.  Son père refusa d'accéder à ce qu'il appelait le caprice d'un enfant de sept ans ; mais une maladie grave que DIEU lui envoya pour le punir le décida enfin à laisser partir cet enfant de bénédiction.

Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l'ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n'a qu'un désir : devenir apôtre de l'Allemagne.

En 718, il va s'agenouiller aux pieds du pape Grégoire II et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à Saint Willibrord, apôtre des Frisons; mais il s'enfuit dès qu'il s'aperçoit que celui-ci veut lui conférer l'épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints.
 
La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires ; le pape l'appelle à Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de Boniface. L'apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d'ardeur que jamais à étendre le règne de l'Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel.

Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d'idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer : l'arbre énorme se plie sous une main invisible et vient tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint.  Le CHRIST avait vaincu ; des milliers de païens demandèrent le baptême.

Boniface était de nouveau débordé par l'immensité de ses succès ; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui ; il obtient du pape d'instituer de nouveaux évêchés et d'organiser dans ce pays la hiérarchie catholique.  Archevêque, légat du pape, Boniface ne s'attribue point la gloire de ses œuvres ; DIEU est sa seule force et son seul recours : voilà le secret de ses conquêtes pacifiques.

A ce héros, il ne manquait plus qu'un combat ; à ce triomphateur, il ne manquait plus qu'une victoire. Un matin, Boniface se préparait à offrir le saint sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages ; son entourage court aux armes ; mais Boniface sort de sa tente : « Cessez le combat, mes enfants, dit-il; voici venue l'heure de la délivrance ! »


Bientôt l'apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l'accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre ouvert de saint Ambroise : "Du bienfait de la mort". C'était l'an 755.

 
Pratique : Excitez votre zèle en pensant qu'une âme coûte le sang de JÉSUS-CHRIST.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 12 mai 2026

13 MAI : NOTRE-DAME DE FATIMA / SAINT JEAN LE SILENCIAIRE, Évêque / SAINT ROBERT BELLARMIN, Jésuite, Cardinal, Docteur de l'Église

 
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)


NOTRE-DAME de FATIMA
Apparition au Portugal
en 1917

Le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces, en vue de sauver le monde alors dévasté par la première Guerre Mondiale. Une semaine plus tard, son appel angoissé recevait une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.


Un dimanche, 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima, au Portugal. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge.

En entendant sonner midi au loin, ils s'agenouillent et récitent le chapelet. Leur prière est interrompue par la vue d'un éclair, puis d'un second plus brillant que le premier. Le ciel est cependant sans nuages. Ô merveille! à quelques pas, sur les branches d'un chêne vert, ils aperçoivent une belle Dame plus étincelante que le soleil. Éblouis autant que terrifiés, les trois enfants veulent s'enfuir, mais la mystérieuse apparition les rassure par un geste de maternelle bonté et leur dit: «N'ayez pas peur, Je ne vous ferai pas de mal.»


Après quelques minutes d'un silence extatique, Lucie ose demander: «Qui êtes-vous? -- Je suis du Ciel, répond la céleste vision, Je suis descendue pour vous demander de venir ici, six mois de suite, le 13 de chaque mois.» La Vierge leur recommande de réciter souvent le chapelet. «Vous ajouterez cette prière après le Gloria Patri: «Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.» Puis, Elle Se tait et S'éloigne doucement, comme poussée par un zéphir et disparaît dans la lumière du soleil.

À tous les 13 des cinq mois suivants, les enfants ont la joie insigne de revoir la belle Dame. La nouvelle des apparitions se répand rapidement dans la région. Le 13 juillet, la foule des curieux atteint cinq mille et en août, elle se chiffre à près de vingt mille. Enfin, le 13 octobre, environ soixante-dix-mille personnes accourent malgré la pluie.

Tout à coup, le ciel s'éclaircit, le soleil tremble... se secoue... et se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, lançant d'énormes faisceaux lumineux et multicolores. Les nuages, les arbres, les rochers prennent les teintes les plus variées. Pendant que la foule haletante contemple ce saisissant spectacle, les trois enfants voient la Très Sainte Vierge accompagnée cette fois de Jésus et de saint Joseph. Ce prodige inouï dura une douzaine de minutes et fut aperçu distinctement à plus de quatre milles à la ronde.

Ce miracle se réalisait exactement au jour, à l'heure et à l'endroit annoncés, pour inciter les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que la Très Sainte Vierge apportait du Ciel. À Fatima comme à Lourdes, Notre-Dame recommandait la pénitence et la récitation du rosaire. «Si l'on répond à Ma demande de faire pénitence et de prier, la Russie se convertira et vous aurez la paix,» a promis la Vierge Marie. «...Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions à l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» Mais n'oublions pas que Notre-Dame de Fatima a ajouté: «À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera.»

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SAINT JEAN LE SILENCIAIRE
 Évêque

 
La vie de ce Saint montrera son grand amour pour le silence monastique : de là lui est venu son nom de SILENCIAIRE.  Jean naquit en 454, à Nicopolis, en Arménie; ses parents, qui comptaient parmi leurs aïeux des généraux d'armée et des gouverneurs de province, étaient encore plus recommandables par leur piété.

A dix-sept ans, le jeune homme se vit, par la mort de son père et de sa mère, possesseur d'une immense fortune, qu'il distribua en bonnes œuvres; il bâtit une église en l'honneur de la Très Sainte Vierge, et un monastère, où il se retira dans la compagnie de plusieurs serviteurs de DIEU.

Sa vertu eut ceci de particulier qu'il chargea peu d'austérités ses disciples, mais sut leur donner des occupations saintes et variées.  Sacré évêque malgré ses résistances, il gouverna un petit diocèse voisin de Constantinople ; mais diverses peines qu'il eut dans l'exercice de sa charge le firent renoncer à son siège; il s'enfuit secrètement à Jérusalem pour y vivre inconnu.

Là il aperçut bientôt dans le ciel une étoile brillante en forme de croix et entendit une voix qui lui dit : « Si tu veux te sauver, suis cette lumière ! » La lumière le conduisit en Palestine, au monastère de Saint-Sabas, où vivaient cent cinquante solitaires, en des cellules séparées.

Jean fut appliqué à des occupations vulgaires, dont il s'acquittait avec humilité, joie et promptitude;  devenu hôtelier, il recevait les voyageurs comme il eût reçu JÉSUS-CHRIST lui-même.

Il passa ensuite trois ans sans voir personne les cinq premiers jours de chaque semaine, puis quatre ans sans parler à qui que ce soit.  Jean avait poussé l'humilité jusqu'à cacher au saint abbé Sabas sa dignité de prêtre et d'évêque, et celui-ci ne l'apprit que par révélation divine.

La division s'étant mise dans le monastère, Sabas fut obligé de le quitter, et Jean lui-même s'enfuit dans le désert, où il passa neuf ans. Mais Sabas étant alors rentré en paix dans son monastère, le Saint l'y suivit et y continua pen­dant quarante ans sa vie silencieuse et angélique.

DIEU confirma tant de vertu par le don des miracles. — Un jeune homme était venu demander au vieux solitaire quel état il devait embrasser.  Jean lui indiqua le monastère où il devait entrer pour faire la volonté de DIEU; le jeune homme, en ayant choisi un autre, y tomba dangereusement malade, et ne guérit qu'en promettant d'aller au couvent désigné par le Saint.

Un chrétien le vint voir un jour en compagnie d'un hérétique : « Mon père, bénissez-nous, dit le pieux chrétien. — Pour vous, dit le solitaire, je vous bénirai bien; mais je ne puis bénir votre compagnon, s'il ne renonce à l'hérésie. »
 
L'hérétique fut si frappé d'être reconnu comme tel par quelqu'un qui n'avait jamais entendu parler de lui, qu'il se convertit.  Saint Jean mourut en 558, à l'âge de cent quatre ans, après avoir passé soixante-seize ans au désert.

Pratique. Rappelez-vous cette maxime : L'âme progresse en vertu dans le silence et la paix.


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SAINT ROBERT BELLARMIN
Jésuite, Cardinal, Docteur de l'Église
(1542-1621)

 
Saint Robert Bellarmin, naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542. La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de NOTRE-SEIGNEUR. 

A quatorze ans, il commença ses études chez les Jésuites de sa ville natale, où il remporta de vrais triomphes. Il entra ensuite dans la Compagnie de Jésus. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et deux ans de professorat au Collège romain, il fut quelques années Provincial à Naples, bientôt rappelé à Rome auprès du Souverain Pontife et enfin nommé Cardinal, puis archevêque de Capoue. 

Partout Bellarmin brilla par sa vertu comme par sa science; dans les plus hautes situations, il vivait toujours comme un religieux austère, fidèle à sa Règle, ami de la simplicité et de la pauvreté. 

L'innocence de sa vie lui faisait aimer les coeurs purs; c'est ainsi qu'il entoura d'une affection toute paternelle saint Louis de Gonzague et après lui saint Jean Berchmans. Après la mort de ce jeune Saint, on lut au saint cardinal une note où il avait écrit: "Grâces à DIEU, je n'ai jamais commis volontairement un péché véniel." Et Bellarmin de s'écrier: "Eh! qui voudrait commettre volontairement un péché véniel?" Et il ajouta: "Je ne me souviens pas de l'avoir fait." Comment s'étonner de la réputation de sainteté qu'il laissait partout? Comment s'étonner qu'il fît des prédictions, par exemple, sur la durée du pontificat des Papes, ses contemporains, et de nombreux miracles? 

S'il consentait à dire la Messe pour un malade, le malade guérissait; il délivra des possédés, il discernait l'intérieur des âmes, arrêtait des incendies. Son humilité ne lui permettait pas de s'attribuer ces miracles, et il disait: "Ce n'est pas moi, c'est la signature que j'ai du bienheureux Ignace." 

Saint François de Sales disait de lui: "Il sait tout, excepté faire le mal." Il fut aussi l'ami de saint Philippe Néri et de saint Charles Borromée. Henri IV conseillait aux cardinaux français partant au conclave de donner un saint Pape à l'Église en la personne du cardinal Bellarmin.

Il y aurait beaucoup à dire sur sa science et sur ses ouvrages d'une haute science théologique.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 11 mai 2026

12 Mai : SAINT ÉPIPHANE, Évêque, Docteur de l'Église / SAINTE IMELDA LAMBERTINI, Vierge


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)
 
SAINT ÉPIPHANE a été surnommé le Jérôme de l'Orient, à cause de sa vie austère et de son amour passionné pour les saintes Écritures.

Il naquit de parents pauvres, dans un petit village de la Palestine. Ce n'est qu'au bout d'un certain nombre d'années qu'il connut la religion chrétienne et reçut le baptême. On rapporte qu'au moment où il approchait des fonts baptismaux, sa chaussure lui tomba des pieds; il ne la reprit point, et tout le reste de sa vie il marcha pieds nus. Épiphanie avait été adopté dans son enfance par un riche juif qui, en mourant, lui avait laissé sa fortune ; il renonça à tout pour se faire solitaire à l'école de Saint Hilarion, et il se montra digne d'un tel maître.

Formé à la vie religieuse, il revint dans sa patrie, y fonda un monastère et tenta de faire de la Palestine une autre Thébaïde ; là,  Épiphane s'ensevelit trente années dans l'étude, la prière, la mortification et le jeûne.

Cependant sa réputation de sainteté et de science s'était répandue au loin ; les évêques de Palestine songèrent à lui conférer l'épiscopat. A cette nouvelle,  Épiphane s'embarque et va trouver Hilarion dans son désert; mais, après quelques mois, le vieux solitaire lui dit : « Mon fils, allez à Salamine, votre place est là. »

Le disciple résiste encore et s'embarque pour Ascalon ; mais une violente tempête le pousse au port de Salamine. Le siège épiscopal de cette ville était vacant;  Épiphane, à l'improviste, y est porté en triomphe.

Le nouvel évêque conserva son habit de moine, et au milieu des occupations de sa charge pastorale, il n'abandonna jamais les habitudes austères de la vie religieuse. Sa charité ne connaissait aucune limite, au point qu'un de ses diacres l'accusa outrageusement de dissiper les biens ecclésiastiques. Épiphane ayant un jour invité son clergé à dîner, un corbeau vint croasser près d'eux ; et le diacre, faisant une mauvaise plaisanterie, promit à l'évêque de lui donner tout son bien, s'il lui expliquait le langage de cet oiseau : "Le corbeau, dit Épiphane, vient de dire que vous ne serez plus diacre." Le diacre tomba, demi-mort de peur; il expira le lendemain, et tout son bien revint à l'Église.

C'en fut assez pour imposer silence aux détracteurs du saint prélat. Épiphane fut ami de Saint Jérôme ; il fut aussi ami de Saint Basile, mais par correspondance seulement ; au contraire, il fut longtemps prévenu contre Saint Jean Chrysostome. Il était venu à Constantinople sans vouloir communiquer avec lui ; mais il eut tant de chagrin d'avoir été trompé, qu'il se hâta de retourner à Salamine, en laissant ces mots réparateurs à Chrysostome, qu'il n'avait jamais vu : « Athlète du CHRIST, souffrez et triomphez. »

Épiphane mourut sur mer pendant son retour, et le navire ne rapporta plus qu'un corps inerte au milieu du peuple navré de douleur. C'était l'an 403.
 
Pratique : Ne jugez que lentement et après avoir entendu le pour et le contre.
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SAINTE IMELDA LAMBERTINI 
Vierge
(1521-1533)
«Je vous en prie, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son cœur sans mourir de joie.»
Sainte Imelda descendait de la noble famille des Lambertini. Née à Bologne en 1521, elle avait reçu au baptême le nom de Madeleine. Dès le berceau elle manifesta une intelligence précoce qui s'ouvrait naturellement aux lumières de la foi.
On ne constata jamais en elle de difficulté à obéir, ni de ces caprices qui rendent pénible l'éducation des enfants. Au premier signe, Madeleine quittait le jeu le plus animé pour se mettre au travail. Elle s'était aménagé un petit oratoire qu'elle ornait de ses mains. Tout son bonheur consistait à s'y retirer pour prier.
La splendeur de la maison paternelle pesait à cette âme qui comprenait déjà le néant des choses créées. Suivant un usage très ancien dans l'Église, on recevait parfois les enfants dans les monastères. Ils étaient revêtus de l'habit religieux, mais cela n'engageait en rien leur avenir et ces enfants n'étaient assujettis qu'à une partie de la Règle. A l'âge de dix ans, la petite Madeleine pria ses parents avec tant d'instance de lui octroyer cette grâce, qu'ils finirent par se rendre à ses désirs et l'emmenèrent chez les Dominicaines de Valdiprétra, près de Bologne.
La jeune enfant prit l'habit avec joie et échangea son nom pour celui d'Imelda, qui signifie: donnée au monde comme du miel, sans doute à cause de sa douceur et de son extrême amabilité. Novice, elle voulut observer la Règle tout entière bien qu'elle n'y fut pas obligée. Sa constance au service de Dieu ne se démentit pas un instant, aucune austérité ne l'effrayait, et elle s'appliquait en tout à ressembler à Jésus crucifié.
La sainte enfant passait des heures en adoration devant Jésus-Hostie, sans ressentir plus de lassitude que les anges devant Dieu. Durant le Saint Sacrifice de la messe, elle versait d'abondantes larmes, surtout lorsque les religieuses quittaient leurs stalles pour aller communier. Dans l'ingénuité de son amour, elle disait parfois: «Je vous en prie, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son coeur sans mourir de joie.» Les religieuses étaient grandement édifiées de sa particulière dévotion envers le Saint Sacrement.
C'était l'usage du pays de donner la première communion aux enfants qu'à l'âge de quatorze ans. Sainte Imelda, consumée par l'ardeur de ses désirs, suppliait d'être enfin admise à la sainte Table mais on ne croyait pas devoir faire exception pour la petite novice. Le jour de l'Ascension 1533, Imelda atteignit ses onze ans. De nouveau, elle conjura son confesseur de lui permettre de recevoir la sainte communion, mais ce dernier resta inflexible.

L'enfant s'en alla à la chapelle en pleurant, afin d'y entendre la messe. Le Seigneur Jésus, si faible contre l'amour, ne put résister davantage aux voeux de cette âme angélique. Au moment de la communion, une hostie s'échappa du ciboire, s'éleva dans les airs, franchit la grille du choeur et vint s'arrêter au-dessus de la tête de sainte Imelda. Aussitôt que les religieuses aperçurent l'hostie, elles avertirent le prêtre du prodige. Lorsque le ministre de Dieu s'approcha avec la patène, l'hostie immobile vint s'y poser. Ne doutant plus de la Volonté du Seigneur, le prêtre tremblant communia Imelda qui semblait un ange plutôt qu'une créature mortelle. 
Les religieuses, saisies d'un étonnement inexprimable, restèrent longtemps à regarder cette enfant toute irradiée d'une joie surnaturelle, prosternée en adoration. Ressentant finalement une vague inquiétude, elles appelèrent Imelda, la prièrent de se relever, puis lui en donnèrent l'ordre. L'enfant toujours si prompte à obéir paraissait ne pas même les entendre. En allant la relever, les soeurs s'aperçurent avec stupéfaction qu'Imelda était morte: morte de joie et d'amour à l'heure de sa première communion.
Cette petite sainte italienne a été surnommée: la fleur de l'Eucharistie. Elle est la patronne des premiers communiants.
"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 10 mai 2026

11 MAI : SAINT MAMERT, Évêque / SAINT FRANÇOIS DE GIROLAMO, Missionnaire Jésuite / SAINTE SOLANGE, vierge

 

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


SAINT MAMERT, évêque de Vienne en Dauphiné au Ve siècle, joignait à une sainteté éminente un profond savoir et le don des miracles.  On doit à sa piété l’établissement des supplications publiques connues sous le nom de Rogations.  Son époque était troublée par les guerres, les tremblements de terre, les incendies et autres fléaux terribles ; Mamert s’appliqua à montrer dans tous ces malheurs l’effet de la colère de DIEU et appela tout le peuple à la pénitence. Le saint pontife mourut l’an 477.

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SAINT FRANÇOIS de GIROLAMO
Missionnaire, Jésuite
(1641-1716)


La Vie des Saints nous fournit à chaque pas la preuve que Dieu bénit les grandes familles. FRANÇOIS DE GIROLAMO, né en Sicile, était l'aîné de onze enfants.

Son enfance fut remarquable par une compassion innée pour les misères d'autrui. Un jour, il prenait un pain pour les pauvres, sans la permission de ses parents. Sa mère lui en adressa d'amers reproches: "Croyez-vous que l'aumône appauvrisse? dit-il à sa mère ; regardez le buffet!" La mère regarda: aucun pain ne manquait.

Entré jeune encore dans la Compagnie de Jésus, il s'y montra dès l'abord saint religieux dans la force du terme. Ce qu'il convient avant tout de remarquer en lui, c'est l'apôtre. Il demande un jour à ses supérieurs d'aller évangéliser les Indes et le Japon: "Les Indes et le Japon, lui est-il répondu, sont pour vous à Naples. Quant au martyre, les épines du ministère apostolique suffiront." C'était vrai.

Qu'il est beau de le voir chaque mois, la sonnette à la main, appeler Naples à la Sainte Communion, bravant toutes les intempéries des saisons et réussissant à amener jusqu'à vingt mille communiants, le même jour, à la Table sainte! Souvent l'église ne suffisait pas à ses prédications; une éminence en plein air lui servait de chaire, et l'on voyait les multitudes saisies d'émotion sous sa parole puissante.

Avant d'aller prêcher, le missionnaire passait des heures en prière, déchirait sa chair à coups de discipline, et ne paraissait devant la foule que le cœur débordant des flammes de la charité qu'il avait puisée aux pieds du crucifix.

Un jour, une personne scandaleuse qui l'avait interrompu dans un sermon vint à mourir ; le Saint alla près de son lit funèbre et lui cria: "Où es-tu?" A ces mots, les lèvres du cadavre s'agitent et répondent: "En enfer!" DIEU, par une foule de miracles, centuplait la puissance apostolique de Son serviteur.

Plusieurs fois l'on put constater sa présence en deux endroits simultanément; ses prophéties étaient de chaque jour, sa foi rendit la vie à un enfant mort, et sa parole ressuscita une multitude d'âmes à la vie de la grâce. Il prédit le jour de sa mort.

Exténué de fatigues et de pénitences, il s'endormit dans le SEIGNEUR le 11 mai 1716.

Pratique
Dans les afflictions privées ou publiques, adorez la main de DIEU.
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Sainte Solange

Bergère, Vierge

(860-878)
 
A trois lieues de Bourges, s'élève le modeste village de Villemont, où naquit Solange en 860. Ses parents, modestes vignerons, étaient pauvres des biens de la terre, mais par contre étaient des modèles de probité et d'honneur. 
Dans ces temps de foi, où le souffle glacial de l'athéisme n'avait pas encore, plus ou moins, banni les coutumes chrétiennes, on ne parlait pas seulement de Dieu dans les familles, on s'entretenait aussi des Saints qui sont Ses amis; et le soir, quand revenus de leur dur labeur, le père et ses enfants se reposaient en prenant leur frugal repas, leur pauvreté était réconfortée par quelque récit emprunté à la Vie des Saints.  Ces histoires passaient de génération en génération, apportant avec elles leurs fortes leçons et leur poésie. Nos pères y puisaient de mâles vertus.  Agnès, la douce vierge de treize ans, qui préféra le martyre aux plaisirs mondains, fut celle que Solange prit pour modèle.
A sept ans, Solange crut entendre, un jour une voix mystérieuse lui dire : «Viens, Je t'épouserai éternellement. – Je suis à Vous, prenez-moi, Seigneur», balbutia l'enfant. On verra qu'elle tint parole.
Préposée dès son enfance à la garde des moutons, Solange aimait ce modeste emploi, qui lui laissait le loisir de prier et de contempler Dieu dans Ses créatures. Dans le champ de ses parents, elle s'était fait une sorte d'oratoire rustique. Arrivée au pâturage, tour à tour elle priait, ou elle filait en chantant les louanges de Dieu.
Fidèle à tous les devoirs d'état, elle lavait le linge de la famille; quand, penchée sur l'onde transparente, elle apercevait ses traits, elle se hâtait de troubler l'eau et de briser ce miroir naturel, de crainte que la vanité ne vînt à se glisser dans son âme. Jamais on ne la vit prendre part à aucun divertissement public, ni aux joyeuses réunions de la jeunesse folâtre de son village.
La dévotion et les extases de Solange ne lui faisaient pas oublier l'amour du prochain. Elle était la providence des pauvres, et les plus rebutants avaient ses préférences; elle aurait eu le droit de répéter pour son compte cette parole de saint François de Sales «les mauvaises odeurs sont pour moi des roses».
Il arriva que Rainulfe, fils aîné du comte de Bourges, s'éprit des charmes de Solange et voulut l'épouser. Ne pouvant arriver à ses fins par des moyens légitimes, il se décida à l'enlever, la jeta sur son cheval et s'enfuit au grand galop. Sans se soucier du danger couru, la courageuse vierge se laissa tomber de cheval et chercha à se sauver.  Furieux de voir l'objet de son aveugle passion lui échapper, Rainulfe la poursuivit, tira son épée et l'égorgea.
Le Berry a religieusement gardé le souvenir de son héroïque bergère, de la «Bonne Sainte», comme on l'appelle encore aujourd'hui. Le champ de ses parents s'appelle toujours le «champ de Sainte-Solange». Dans le champ, se trouve un oratoire sur l'emplacement de celui qu'édifia Solange.  Sur le lieu sanctifié par sa mort, a été édifiée une belle chapelle que consacra, le 10 mai 1874,  Mgr de la Tour d'Auvergne.
J.M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, 1947
       "Ô Marie conçue sans péché, 
       priez pour nous qui avons recours à Vous"