dimanche 19 juillet 2026

20 Juillet : SAINT JÉRÔME ÉMILIEN, Confesseur, Fondateur d'Ordre / SAINTE MARGUERITE D'ANTIOCHE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)

SAINT JÉRÔME ÉMILIEN 
Fondateur d'Ordre 
(1481-1537)

Saint Jérôme Émilien, né à Venise, était de la noble race des Émiliani. Sa jeunesse se passa dans le métier des armes. Il avait reçu une éducation chrétienne, mais se laissa bientôt entraîner par le torrent des passions.

Fait prisonnier et chargé de fers, après une courageuse défense de la place de Castelnuovo, qui lui avait été confiée, voyant la mort proche de lui, il rentra en lui-même et sentit une vive crainte de paraître devant DIEU en état de péché mortel. Les yeux pleins de larmes, Jérôme fit alors un voeu à Marie; aussitôt, la Mère de DIEU lui apparut, l'appela par son nom, lui donna les clefs de ses fers et de son cachot et lui fit traverser sain et sauf les rangs de l'armée ennemie. Le jeune converti alla suspendre ses chaînes et les clefs de sa prison à l'autel de la Madone de Trévise, et publia partout les miséricordes de Marie à son égard. 

Dès lors, à l'admiration de Venise entière, qui l'avait connu si mondain, il change de vie et passe son temps dans l'exercice de la prière, de la mortification et des bonnes oeuvres, visite les hôpitaux, panse les plaies des malades, et se montre le père de tous les malheureux. 

Il fit surtout éclater sa charité durant une famine et une maladie épidémique; il vendit jusqu'à ses meubles, et sa maison devint un hôpital où personne n'était rebuté. Touché du sort des enfants que la mort avait privés de leurs parents, il loua une maison où il les réunit, et où il se chargea de leur nourriture, de leur entretien et de leur instruction;  il devenait ainsi le père de ceux qui n'en avaient plus; il allait les chercher par les rues et les places, les amenait dans son pieux asile.  Le bon saint avait surtout soin de l’âme de ces enfants et leur inspira une piété qui fit bientôt l'admiration de Venise. 

Le zèle ne connaît pas de limites : Jérôme trouva encore le temps de s'occuper des jeunes gens et des vieillards, de diriger l'Hôpital des Incurables, de fonder une Œuvre pour réunir les pécheresses converties par ses prédications, de parcourir les campagnes, la clochette à la main, pour apprendre aux enfants et au peuple les éléments de la religion. 

Il mourut, au service des pestiférés, laissant la Congrégation des Clercs Réguliers Somasques pour continuer son œuvre. 

Pratique : Ayez un zèle industrieux ; cherchez toutes les occasions si nombreuses de l’exercer. 

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SAINTE MARGUERITE D'ANTIOCHE


Sainte Marguerite souffrit à Antioche de Pisidie, le 20 juillet 175. On dit qu’elle fut instruite par sa nourrice à la religion chrétienne ; que son propre père, prêtre des idoles fut son accusateur et qu’après avoir passé diverses tortures, elle eut la tête tranchée. 


Puisque c’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance au ciel d’une Vierge, l’amour de la virginité nous invite à en dire quelque chose, afin que nous ne paraissions pas restreindre à un mot dit en passant, l’éloge d’une vertu qui est de premier ordre. Si la virginité est digne de louanges ce n’est point parce qu’on la rencontre chez les Martyrs, mais parce qu’elle-même fait des Martyrs. 
Comment l’esprit humain pourrait-il comprendre une vertu qui est en dehors des lois de la nature ? En quels termes la nature pourrait-elle exprimer ce qui est au-dessus d’elle ? C’est au ciel que la virginité est allée chercher le modèle qu’elle imite sur la terre. Ce n’est pas sans raison qu’elle a demandé au ciel sa règle de vie, puisque c’est au ciel qu’elle s’est trouvé un époux.
 


Georges à l’armure brillante salue l’arrivée d’une émule de sa gloire. Victorieuse comme lui du dragon, Marguerite aussi est appelée la mégalomartyre [1]. La croix fut son arme ; et, comme le guerrier, la vierge consomma dans le sang son triomphe. Égale fut leur renommée dans les temps chevaleresques où bravoure et foi s’alliaient sous l’œil des Saints pour servir le Christ. Déjà au septième siècle, Albion nous montre l’extrême Occident rivalisant de piété confiante avec l’Orient, pour honorer la perle sortie des abîmes de l’infidélité où Marguerite était née. Avant le schisme lamentable où l’entraîna l’ignominie du second des Tudors, l’Ile des Saints célébrait ce jour sous le rite double de première classe, avec abstention des œuvres serviles pour les femmes seulement ; on voulait reconnaître par cette particularité la protection que celles-ci avaient coutume d’implorer de Marguerite au moment d’être mères, et qui la fit ranger parmi les Saints plus spécialement appelés au moyen âge auxiliateurs ou secourables en raison de leurs bienfaits. Ce ne fut point en effet seulement sur le sol anglais qu’on sut recourir au crédit de notre Sainte, comme le prouvent les nombreuses et illustres clientes que l’histoire nous fait voir de toutes parts portant son nom béni. Au ciel aussi, près du trône de Marguerite, la fête est grande en ce jour : nous en avons pour véridiques témoins Gertrude la Grande [2] et Françoise Romaine [3], qu’une insigne faveur de l’Époux admit, à plus d’un siècle de distance, à y assister d’ici-bas.

Les faits trop peu assurés que renfermait l’ancienne Légende du Bréviaire romain pour ce jour, engagèrent saint Pie V, au seizième siècle, à la supprimer. A son défaut, nous donnons ici une suite de Répons et d’Antiennes ainsi qu’une Oraison tirées de l’Office qui semble être celui-là même que sainte Gertrude célébrait de son temps ; car il est fait allusion à un de ces Répons, Virgo veneranda, dans la Vision que nous avons citée.

Ô Marie conçue sans péché, 

priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 18 juillet 2026

19 Juillet : SAINT VINCENT DE PAUL, Confesseur, Fondateur d'Ordre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT VINCENT de PAUL 
Prêtre, Fondateur d'Ordres 
(1576-1660)

Ce Saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l'une des plus pures gloires de la France et de l'humanité tout entière. Il naquit à Pouy, près de Dax, le 24 août 1576. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. 

Dès lors on remarquait en lui le germe de son amour pour les pauvres. Un jour qu'il avait ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce: "Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre." A vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur.

Un an après son ordination au sacerdoce, il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté. C'est alors que Vincent va se trouver dans sa voie.

Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l'humanité à guérir.

A une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde, en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité, qui se transforment bientôt dans cette institution immortelle et incomparable des Filles de la Charité, plus connues sous le nom des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.

Nulle misère ne le laisse insensible; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d'enfants, fruits du libertinage, exposés à l'abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés.

Il a formé des légions d'anges de charité; mais il lui faut des légions d'apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission, destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.

Il n’est pas jusqu’aux filles débauchées au salut desquelles s’intéresse Vincent, et en faveur desquelles il fonde des établissements destinés à en sauver des milliers.

Il mourut le 27 septembre 1660.

Pratique : Ayez un cœur tendre et compatissant pour toutes les misères d’autrui.

                                   "Ô Marie conçue sans péché,
                       priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 17 juillet 2026

18 Juillet : SAINT CAMILLE DE LELLIS, Fondateur d'Ordre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT CAMILLE de LELLIS 
Fondateur d'Ordre 
(1549-1614)

Saint Camille de Lellisvint au monde l’an 1550, dans une petite ville du royaume de Naples. Dans un songe, sa mère crut voir le fils qui devait lui naître bientôt portant une croix sur la poitrine, et suivi d’une foule d’autres enfants marqués du même signe : c’était le présage d’une haute destinée.

Mais Camille fut longtemps avant de réaliser les desseins de DIEU.  Privé de sa mère dès le berceau, il eut une enfance peu vertueuse ; sa jeunesse fut même débauchée.  Jusque vers l’âge de vingt-cinq ans, il mène une vie d’aventures, se livre au jeu avec frénésie et un jour en particulier il joue tout, jusqu’à ses vêtements.  Sa misère le fait entrer dans un couvent de Capucins, où il sert de commissionnaire. 
Un jour, en revenant d'une course faite à cheval, pour le service du monastère, il est pénétré d'un vif rayon de la lumière divine et se jette à terre, saisi d'un profond repentir, en versant un torrent de larmes: "Ah! Malheureux que je suis, s'écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard mon DIEU? Comment suis-je resté sourd à tant d'appels? Pardon, SEIGNEUR, pardon pour ce misérable pécheur! Je renonce pour jamais au monde!" 

Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l'édification qu'il donna, le nom de frère Humble. DIEU permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu'il avait eue à la jambe, ce qui l'obligea de quitter le couvent des Capucins. Lorsque guéri de son mal, il voulut revenir chez ces religieux, saint Philippe de Néri, consulté par lui, lui dit: "Adieu Camille, tu retournes chez les Capucins, mais ce ne sera pas pour longtemps." En effet, peu après, la plaie se rouvrit, et Camille, obligé de renoncer à la vie monastique, s'occupa de soigner et d'édifier les malades dans les hôpitaux. 

C'est en voyant la négligence des employés salariés de ces établissements que sa vocation définitive de fondateur d'un Ordre d'infirmiers se révéla en lui: "Nous porterons, se dit-il, la Croix sur la poitrine; sa vue nous soutiendra et nous récompensera." Les commencements de cet Institut nouveau furent faibles et biens éprouvés; mais bientôt le nombre des religieux s'étendit au-delà de toute espérance. 

Camille, après des études opiniâtres, s'était fait ordonner prêtre, et il était en mesure de soutenir sa tâche. Pendant une peste affreuse, le Saint fit des prodiges de charité; il allait partout à la recherche de la misère, se dépouillait lui-même et donnait jusqu'aux dernières ressources de son monastère. DIEU bénissait le désintéressement de Son serviteur, car des mains généreuses arrivaient toujours à temps pour renouveler les provisions épuisées. 

Plein de vertus, épuisé de travaux, Camille mourut à Rome, les bras en croix, la prière sur les lèvres, le 14 juillet 1614. 

Pratique : Aimez à visiter et à soigner les malades ; portez-leur secours et consolations. 
               "Ô Marie conçue sans péché,
             priez pour nous qui avons recours à Vous"

17 Juillet : SAINT ALEXIS DE ROME, Confesseur et Mendiant / LES BIENHEUREUSES MARTYRES DE COMPIÈGNE, Carmélites

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)

SAINT ALEXIS
Confesseur, Pèlerin et Mendiant (+ 404)

Saint Alexis fut un rare modèle de mépris du monde. Fils unique d'un des plus illustres sénateurs de Rome nommé Euphémien, il reçut une éducation brillante et soignée.

L'exemple de ses parents apprit au jeune Alexis que le meilleur usage des richesses consistait à les partager avec les pauvres, parce qu’étant ainsi distribuées en aumônes, elles formaient dans le ciel un trésor pour l’éternité. Cédant aux désirs de sa famille, le jeune Alexis dut choisir une épouse. Mais le jour même de ses noces, se sentant pénétré du désir d'être uniquement à DIEU et de L'aimer sans partage, il résolut de s'enfuir secrètement, s'embarqua sur un vaisseau qui se dirigeait vers Laodicée, gagna la ville d'Édesse et se fixa dans le voisinage d’une église dédiée à la Sainte Vierge.

Ses vertus ayant attiré sur lui l’attention, il revint à Rome, après dix-sept ans d’absence. En entrant, pauvre et inconnu, dans cette ville où il avait été entouré de tant d’honneurs, Alexis conçut une pensée extraordinaire : celle de mendier une petite place dans la maison de son père.

Celui-ci consentit à donner à l’humble pèlerin un refuge sous l’escalier d’entrée de son palais, lui demandant uniquement de prier pour le retour de son fils. Le mendiant depuis lors vit tous les jours couler les larmes du vieux patricien, il entendit les soupirs d’une mère toujours inconsolable, il vit passer et repasser cette noble fiancée dont la beauté s’était empreinte d’un air de tristesse indicible, et il eut le courage surhumain de garder son secret et de renouveler perpétuellement, chaque jour, le sacrifice qu’il avait fait à DIEU,  sacrifice que chaque jour rendait plus héroïque encore.

Alexis demeura dix-sept nouvelles années dans l’oubli le plus complet, sous l’escalier que tous gravissait pour entrer dans la maison qui était la sienne, en sorte qu’il semblait foulé aux pieds de tous.  Il eut à subir les persécutions et les odieux procédés des valets qui l’avaient autrefois servi avec tant de respect.

Ce temps écoulé, il plut à DIEU de glorifier son serviteur sur la terre en même temps qu’au ciel, et il lui ordonna de mettre en écrit son nom et l’histoire de sa vie. Alexis obéit et comprit qu’il allait mourir. Or, quelques jours après, pendant l’office célébré par le pape à Saint-Pierre, tout le peuple entendit une voix qui disait : « Cherchez l’homme de DIEU, il priera pour Rome, et le SEIGNEUR lui sera propice ; du reste, il doit mourir vendredi prochain. »

La ville entière chercha en vain ce saint inconnu durant cinq jours. Le vendredi suivant, au même lieu, la même voix se fit entendre et dit : « Le Saint est dans la maison du sénateur Euphémien ». On y courut et on trouva le pauvre pèlerin qui venait de mourir. Quand le pape eut fait donner lecture du parchemin que le mort tenait en sa main, ce ne fut de toutes parts dans Rome qu’un cri d’admiration impossible à décrire.

Innocent Ier ordonna d'exposer le corps de saint Alexis à la basilique St-Pierre, pendant sept jours. Ses funérailles eurent lieu au milieu d'un immense concours de peuple.

Pratique : Parmi toutes les vertus, ayez un soin tout spécial de pratiquer la vraie humilité. 
 
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LES BIENHEUREUSES

CARMELITES DE COMPIÈGNE

MARTYRES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
(† 1794)


Le monastère de Compiègne fut établi en 1641. Lorsque Madame Louise de France, fille de Louis XV,  eut obtenu la permission d'entrer au Carmel, elle eût voulu entrer dans cette maison; mais le roi s'y opposa. Elle choisit alors un monastère plus rapproché de Versailles, celui de Saint-Denis; mais elle resta dévouée à celui de Compiègne, et lui procura des sujets. C'est ainsi qu'elle y envoya Madeleine Lidoine et lui paya sa dot. En reconnaissance celle-ci voulut prendre le nom de religion de sa bienfaitrice : Sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle devint prieure après dix ans de profession et mourut martyre.

En 1789 elle se trouvait donc à la tête de la communauté de Compiègne qui comptait seize religieuses de chœur. Le 5 février 1790, l'Assemblée Nationale votait la suppression des monastères, et le 13, la suppression des vœux de religion. Le 20 mars suivant, elle ordonnait aux municipalités de s'enquérir auprès des religieux habitant leurs communes respectives, de leur intention de rester dans leur couvent ou d'en sortir. Les Carmélites de Compiègne, professes et converses, protestèrent unanimement qu'elles voulaient «vivre et mourir dans leur état». On les laissa continuer à vivre dans leur pauvreté jusqu'au 14 septembre 1792,  où en vertu d'une loi de l'Assemblée, ces saintes filles furent expulsées de leur maison et durent se disperser.

En même temps qu'elles étaient chassées de leur monastère, elles furent mises en demeure de signer le serment dit de «Liberté et Égalité».  La Prieure déclara, au nom de ses Sœurs, qu'elles ne voulaient pas le prêter; néanmoins le maire, à l'aide d'un subterfuge, réussit à leur arracher une signature, qu'elles rétractèrent en juin 1794.
La vie continua ainsi: plusieurs professes étaient mortes, quelques autres étaient rentrées provisoirement dans leurs familles. Il en restait encore seize qui persévéraient malgré tout. Sur l'invitation de leur prieure, elles firent un acte de consécration, par lequel elles s'offraient en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et obtenir que la paix fût rendue à l'Église de France. Deux cependant, les plus âgées, eurent un moment d'effroi à l'image de la guillotine; mais bientôt, se reprenant, elles s'associèrent de plein cœur à leurs sœurs qui refaisaient cet acte de consécration chaque jour.

ANNE MARIE MADELEINE FRANÇOISE THOURET, 

  EN RELIGION SOEUR CHARLOTTE  DE LA RESSURECTION

Le 22 juin 1794, le Comité Révolutionnaire de Murat-sur-Oise (c'est-à-dire de Compiègne), emprisonnait les Carmélites et les dénonçait au Comité du Salut public. Celui-ci ordonna de les expédier à Paris. Sur tout le parcours, ces saintes femmes furent lâchement abreuvées d'insultes et de brutalités provoquées par leurs conducteurs. L'une d'elles, âgée de soixante-dix-sept ans, et infirme, ne pouvant descendre de la charrette, fut jetée sur le sol. On dut la relever; elle remercia: «Je vous remercie de ne m'avoir pas tuée, car j'aurais manqué au bonheur du martyre que j'attends.»
Elles furent jugées le 17 juillet; il n'y eut qu'un simulacre d'audience, dont il n'est resté que la liste des condamnées. De là elles furent conduites directement à l'échafaud. Sur les charrettes, les Carmélites chantèrent le «Salve Regina» et le «Te Deum». Arrivées au lieu d'exécution, elles se groupent autour de la Prieure, et ensemble renouvellent leurs vœux. Puis, la plus jeune, la novice sœur Constance, s'agenouille, demande sa dernière obédience, celle de mourir. Et, bénie, elle se livre au bourreau. La dernière, Mère Thérèse de Saint-Augustin, inclina la tête sous le couperet. Quelle sublime grandeur dans la simplicité et la mort de ces héroïques femmes !
À Paris, en 1794, les bienheureuses Thérèse de Saint-Augustin (Marie-Madeleine-Claudine Lidoine) et quinze compagnes: les bienheureuses Marie-Anne-Françoise Brideau (Sœur Saint-Louis), Marie-Anne Piedcourt (Sœur de Jésus Crucifié), Anne-Marie-Madeleine Thouret (Sœur Charlotte de la Résurrection), Marie-Claudie-Cyprienne Brard (Sœur Euphrasie de l’Immaculée-Conception), Marie-Gabrielle de Croissy (Sœur Henriette de Jésus), Marie-Anne Hanisset (Sœur Thérèse du Cœur de Marie), Marie-Gabrielle Trézelle (Sœur Thérèse de Saint-Ignace), Rose Chrétien de Neufville (Sœur Julie-Louise de Jésus), Annette Pelras (Sœur Marie-Henriette de la Providence), Marie-Geneviève Meunier (Sœur Constance), Angélique Roussel (Sœur Marie du Saint-Esprit), Marie Dufour (Sœur Sainte-Marthe), Élisabeth-Julie Vérolot (Sœur Saint-François), Catherine et Thérèse Soiron (sœurs converses), vierges, carmélites de Compiègne et martyres.  Sous la Révolution française, elles furent condamnées à mort parce qu’elles avait conservé fidèlement la vie religieuse et, avant de monter à l’échafaud, elles renouvelèrent leur profession de foi baptismale et leurs vœux religieux.
 
 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 15 juillet 2026

16 Juil : NOTRE DAME DU MONT-CARMEL et le Saint Scapulaire

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


L'Ordre du Carmel se donne une origine aussi ancienne que glorieuse; on croit, non sans raisons sérieuses, que cet Ordre n'est que la continuation de l'école des prophètes établie au mont Carmel par le prophète Élie. Les disciples de cette école furent au premier rang parmi les convertis au christianisme naissant, et le Carmel devint le berceau de la vie monastique depuis JÉSUS-CHRIST.     

Après la dispersion des Apôtres, l'an 38, ils bâtirent une chapelle en l'honneur de Marie et se vouèrent tout spécialement à célébrer Ses louanges. Plus tard, ils eurent beaucoup à souffrir des Sarrasins et des Musulmans, lorsque la France, de concert avec l'Europe entière, entreprit ces magnifiques, mais désastreuses Croisades qui avaient pour but d'arracher les Lieux Saints aux infidèles.


C'est à l'occasion de ces épreuves subies par l'Ordre du Carmel que les Carmes vinrent en France avec le roi saint Louis. Ils y établirent plusieurs maisons et allèrent même s'implanter en Angleterre, où ils eurent le bonheur de voir saint Simon Stock embrasser leur Institut. Ce grand Saint devint, en 1245, supérieur général des Carmes, et n'oublia rien pour rallumer la dévotion à Marie dans son Ordre.  

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel a pour but de rappeler une grâce insigne accordée par Marie à l'Ordre du Carmel et par lui à toute l'Église. Dans la nuit du 16 juillet, Simon Stock demandait, avec une ferveur toute spéciale, la protection de la Sainte Vierge sur son Institut. 


Au lever de l'aurore, Marie lui apparut, accompagnée d'une multitude d'anges, environnée de lumière et vêtue de l'habit du Carmel. Son visage était souriant; dans Ses mains Elle tenait le scapulaire de l'Ordre. Devant le Saint Elle S'en revêtit Elle-même, en disant:

"Ceci est un privilège pour toi et pour tous les Carmes. Quiconque mourra en portant cet habit ne souffrira pas le feu éternel."


Le Saint fit des miracles pour confirmer la réalité de cette vision. Ce fut l'origine de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, pour les chrétiens qui, ne pouvant embrasser la Règle, veulent attirer sur eux les bénédictions promises au scapulaire. Le privilège le plus considérable accordé à la confrérie du Mont-Carmel après celui que Marie fit connaître à saint Simon Stock, est celui qui fut révélé au Pape Jean XXII: la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie. Outre ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au Scapulaire.

Pratique : Portez fidèlement le scapulaire du Mont-Carmel.
 
"Ô Marie conçue sans péché,
  priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 14 juillet 2026

15 Juillet : SAINT HENRI, Empereur et Confesseur

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Saint Henri, surnommé le Pieux, appartenait à la famille impériale des Othons d'Allemagne, qui joua un si grand rôle au moyen âge. Touché d'une grâce spéciale de DIEU, il fit jeune encore, un acte de hardiesse que lui eût dissuadé la prudence humaine, en promettant à DIEU de ne s'attacher qu'à Lui et en Lui vouant la continence perpétuelle. Héritier du royaume de Bavière par la mort de son père, il se vit obligé de prendre une épouse, pour ne pas s'exposer à la révolte de son royaume; le choix du peuple et le sien se porta sur la noble Cunégonde, digne en tous points de cet honneur. Elle avait fait, dès son adolescence, le même voeu que son mari.

Henri , devenu plus tard empereur d'Allemagne, justifia la haute idée qu'on avait conçue de lui par la sagesse de son gouvernement ainsi que par la pratique de toutes les vertus qui font les grands rois, les héros et les Saints. Il s'appliquait à bien connaître toute l'étendue de ses devoirs, pour les remplir fidèlement, il priait, méditait la loi divine, remédiait aux abus et aux désordres, prévenait les injustices et protégeait le peuple contre les excès de pouvoirs et ne passait dans aucun lieu sans assister les pauvres par d'abondantes aumônes, et sans y répandre la bonne odeur de sa piété. Il regardait comme ses meilleurs amis ceux qui le reprenaient librement de ses fautes, et s'empressait de réparer les torts qu'il croyait avoir causés.

Cependant son âme si élevée gémissait sous le poids du fardeau de la dignité royale. Un jour, comme il visitait le cloître de Vannes, il s'écria: "C'est ici le lieu de mon repos; voilà la demeure que j'ai choisie!" Et il demanda à l'abbé de le recevoir sur-le-champ. Le religieux lui répondit qu'il était plus utile sur le trône que dans un couvent; mais, sur les instances du prince, l'abbé se servit d'un moyen terme: 


Voulez-vous, lui dit-il, pratiquer l'obéissance jusqu'à la mort? 

– Je le veux, répondit Henri.
– Et moi, dit l'abbé, je vous reçois au nombre de mes religieux; j'accepte la responsabilité de votre salut, si vous voulez m'obéir.
– Je vous obéirai.
Eh bien! Je vous commande, au nom de l'obéissance, de reprendre le gouvernement de votre empire et de travailler plus que jamais à la gloire de DIEU et au salut de vos sujets." Henri se soumit en gémissant.

Sa carrière devait être, du reste, bientôt achevée. Nouveau Moïse, il avait dû les triomphes de sa vie moins à ses armes, qu’à la puissance de la prière, il pouvait aspirer à la couronne éternelle. 


Près de mourir, prenant la main de Cunégonde, il dit à sa famille présente: 

"Vous m'aviez confié cette vierge de JÉSUS-CHRIST, je la rends vierge au SEIGNEUR et à vous."
Sa mort arriva le 14 juillet 1024. 


Pratique : Rappelez-vous que la sainteté peut s’acquérir dans tous les états. 

 

                                       "Ô Marie conçue sans péché,

priez pour nous qui avons recours à Vous"