lundi 23 février 2026

24 Février : SAINT MATHIAS, Apôtre / SAINT ROBERT D'ABRISELLE, Fondateur d'Ordre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


On ne peut guère douter que SAINT MATHIAS n'ait été un des soixante-douze disciples de JÉSUS-CHRIST; du moins est-il certain qu'il s'attacha de bonne heure à la personne du SAUVEUR, et qu'il ne s'en sépara point depuis Son Baptême jusqu'à son Ascension.

Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du SAINT-ESPRIT, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à la place de Judas. Mathias et Joseph, appelé Barsabas, que sa piété extraordinaire avait fait aussi surnommer le Juste, furent jugés dignes de cette éminente dignité.

On se mit aussitôt en prières, afin de connaître la Volonté du Ciel, après quoi on procéda à l'élection par la voie du sort.  Mathias ayant été désigné, on ne douta plus que DIEU ne l'eût choisi pour remplir la place vacante par la mort du traître Judas.



Nous n'avons rien de certain sur les actions de Saint Mathias; on sait seulement qu'après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, il alla prêcher l'Évangile de JÉSUS-CHRIST, et qu'il consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat.

Clément d'Alexandrie rapporte que, dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité; leçon importante qu'il tenait de JÉSUS-CHRIST, et qu'il mettait lui-même en pratique.

Les Grecs prétendent, d'après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint Mathias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé dans la Colchide, à laquelle ils donnent le nom d'Éthiopie.  Les Latins célèbrent sa fête le 24 février.

On garde une partie de ses reliques à l'abbaye de Saint-Mathias de Trèves, et à Sainte-Marie-Majeure de Rome. Mais les Bollandistes disent que les reliques de Sainte-Marie-Majeure qui portent le nom de saint Mathias, pourraient ne point être de l'Apôtre, mais d'un autre saint Mathias, évêque de Jérusalem vers l'an 120.

====================================
 
LE BIENHEUREUX ROBERT D'ARBRISSELLE
Fondateur d'Ordre
(1045-1117)

ROBERT D'ARBRISELLE né à Arbrisselle, aujourd'hui Arbressec, près de Rennes, est une des figures les plus remarquables de la fin du XIe siècle et du commencement du XIIe siècle.

La puissance merveilleuse de sa parole, les innombrables conversions qu'il opéra dans toutes les classes de la société, le nouvel institut monastique dont il fut le père, son influence étonnante et les persécutions qu'il eut à subir, en font un des saints dont l'action s'est fait le plus sentir dans l'Église.

Dès sa jeunesse, Robert parut un enfant prédestiné, car jamais on ne vit en lui rien de léger ni de puéril, mais la prudence et la maturité d'un autre âge. Ses fortes études, la réputation de ses vertus, relevèrent aux dignités ecclésiastiques; mais il lui fallait le désert, la vie cachée, les austérités; les hommes de sa trempe ne font rien à demi.

Jean dans le désert, Paul, Antoine, Hilarion et tant d'autres anachorètes peuvent nous donner une idée de ses effrayantes mortifications. L'esprit de DIEU entraîne tout à sa suite : Robert vit sa solitude envahie par de nombreux disciples, et on a pu dire de son vivant que sa maison était à la fois « la plus pauvre et la plus sainte de tout le royaume de France ».


Fontevrault lui doit son origine. Mais là s'arrête la vocation du moine. Ayant consolidé son œuvre, il devient, revêtu de pouvoirs spéciaux par le pape Urbain II, missionnaire apostolique pour toutes les parties du monde, et désormais, le bâton à la main, n'ayant pour richesse que la pauvreté, il parcourt spécialement la France et renouvelle les merveilles des plus grands apôtres chrétiens dans la plupart de nos provinces.

On cite le trait suivant, qui montre à la fois quelle était sa réputation et quelle charité animait son grand cœur. Dans un de ses voyages, son petit bagage fut pillé par des voleurs, qui le maltraitèrent lui-même indignement : « Malheureux, dit le compagnon du Saint, c'est ainsi que vous traitez Robert d'Arbrisselle ».

A ce nom célèbre, les voleurs épouvantés se jettent aux pieds de l'apôtre, lui demandent pardon et lui promettent de se convertir.  Robert leur pardonne, les embrasse et leur promet participation aux prières et aux bonnes œuvres de ses religieux.

Près de mourir, il fut horriblement tenté par l'ennemi du salut ; mais il chassa la troupe des démons par le signe de la croix. Ce fut le 25 février 1116 ou 1117, un vendredi, sur les trois heures après midi, qu'il alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux. Il avait 72 ans.

Pratique : Soyez généreux pour DIEU ; ne croyez jamais en faire assez pour sa gloire.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 22 février 2026

23 Février : SAINT SÉRÈNE, Jardinier et Martyr / SAINT PIERRE DAMIEN, Cardinal, Évêque d'Ostie

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT SÉRÈNE, Grec de naissance, quitta sa patrie pour s'ensevelir dans la solitude et passa sa vie dans les exercices de la prière et de la pénitence. Sa vie est remarquable par un trait de courage qui fît briller sa parfaite chasteté. Ce fut sa vertu elle-même qui le signala comme chrétien et devint l'occasion de son martyre, l'an 307.
===========================

SAINT PIERRE DAMIEN
Cardinal
Évêque d'Ostie


SAINT PIERRE DAMIEN nous est, dès son enfance, un frappant exemple des merveilles de la Providence divine.

Né à Ravenne, d'une famille honnête, mais pauvre et nombreuse, il fut étant encore à la mamelle, abandonnée par sa mère découragée; mais une femme charitable le recueillit à demi-mort de faim, et lui donna tous les soins d'une vraie mère.

Rendu à ses parents devenus plus humains, il resta orphelin très jeune encore et fut le souffre-douleur d'un de ses frères, qui le traitait comme un esclave et l'envoyait garder les pourceaux.

Dans ce misérable état, le pauvre enfant montrait des dispositions intellectuelles et morales vraiment remarquables. Un jour, il trouva par hasard une pièce d'argent; un enfant ordinaire s'en serait servi pour satisfaire sa gourmandise, mais le jeune Pierre sut résister à cette tentation et eut l'attention délicate de porter cet argent à un prêtre pour faire dire des messes à l'intention de son père défunt.

Un autre frère de l'enfant, archiprêtre de Ravenne, prit pitié de sa misère et s'occupa de son éducation; ce frère s'appelait Damien, et on croit que Pierre ajouta plus tard ce nom au sien par reconnaissance.


Dès lors tout changea pour notre saint; après avoir émerveillé ses maîtres et ses disciples par ses talents et ses vertus, il chercha dans le cloître un refuge contre les périls du monde. Pendant le reste de sa longue vie de quatre -vingt-trois ans, il fut l'ami, le conseiller, la lumière de tous les papes de son temps. Ses vertus dépassaient encore sa science profonde, et il fit éclater surtout en lui la mortification et l'humilité.

Dans sa jeunesse, tourmenté de tentations impures, il se plongea, la nuit, dans un étang demi glacé, jusqu'à ce qu'il eût éteint le feu de la concupiscence. Cilice, jeûnes effrayants, lit de planches nues, disciplines, cercles de fer, aucune pénitence ne lui fut étrangère.

Étant moine, quand au chapitre, il avait dû reprendre ses religieux de leurs fautes, il descendait de son siège, se prosternait à terre devant tous, s'accusait de toutes ses imperfections, se donnait la discipline publique, et reprenant sa place, continuait ses avis.

Saint Pierre Damien mourut le 23 février 1072. On l'invoque contre les maux de tête, probablement en sa qualité d'homme d'étude.

Pratique : Confiez-vous en tout à la Providence ; elle dirige tous les événements.


"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 21 février 2026

22 Février : LA CHAIRE DE SAINT PIERRE À ANTIOCHE / SAINTE MARGUERITE DE CORTONE, Pénitente

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


"La voix de la Tradition toute entière, dit Dom Guéranger, nous apprend que SAINT PIERRE transporta sa résidence à Antioche, troisième ville de l'Empire, lorsque Saint Barnabé, aidé de quelques autres disciples, y eut fait prendre à la foi du CHRIST de sérieux accroissements. Ce changement de lieu, le déplacement de la Chaire de Primauté, montrait l'Église avançant dans ses destinées, et quittant l'étroite enceinte de Sion, pour se diriger vers l'humanité tout entière.

"Nous apprenons du Pape Saint Innocent I qu'une réunion des Apôtres eut lieu à Antioche. C'était désormais vers la Gentilité que le vent de l'Esprit-Saint poussait ces nuées rapides et fécondes sous l'emblème desquelles Isaïe nous montre les saints Apôtres. Saint Innocent enseigne encore que l'on doit rapporter au temps de la réunion de Saint Pierre et des Apôtres à Antioche ce que dit saint Luc dans les Actes, qu'à la suite de ces nombreuses conversions, les disciples du Christ furent désormais appelés "chrétiens".

"Antioche est donc devenue le siège de Pierre. Capitale de l'Orient, elle devint naturellement la capitale du Christianisme, en attendant que Rome, capitale du monde entier, fût éclairée des lumières de l'Évangile. Après sept années de séjour à Antioche, Pierre se mettra en marche, portant avec lui les destinées de l'Église; là où il s'arrêtera, là où il mourra, il laissera sa succession. Au moment marqué, il se séparera d'Antioche, où il établira pour évêque Évodius son disciple. Évodius sera le successeur de Pierre en tant qu'évêque d'Antioche; mais son Église n'héritera pas de la primauté que Pierre emporte avec lui.
 

"Le prince des Apôtres envoie Marc, son disciple, prendre possession d'Alexandrie en son nom; et cette Église sera la seconde de l'univers, élevée d'un degré au-dessus d'Antioche, par la volonté de Pierre, qui cependant n'y aura pas siégé en personne. C'est à Rome qu'il se rendra et qu'il fixera enfin cette Chaire sur laquelle il vivra, il enseignera, il régira dans ses successeurs.

"Telle est l'origine des trois grands sièges patriarcaux si vénérés dans l'antiquité: le premier, Rome, investi de la plénitude des droits du prince des Apôtres, qui les lui a transmis en mourant; le deuxième, Alexandrie, qui doit sa prééminence à la distinction que Pierre en a daigné faire en l'adoptant pour le second; le troisième, Antioche, sur lequel il s'est assis en personne, lorsque, renonçant à Jérusalem, il apportait à la Gentilité les grâces de l'adoption.

Si donc Antioche le cède pour le rang à Alexandrie, cette dernière lui est inférieure, quant à l'honneur d'avoir possédé la personne de celui que le CHRIST avait investi de la charge de pasteur suprême. Il était donc juste que l'Église honorât Antioche pour la gloire qu'elle a eue d'être momentanément le centre de la chrétienté, et telle est l'intention de la fête que nous célébrons aujourd'hui."

Dans l'église de Saint-Pierre à Venise, on garde une chaire qu'une tradition dit avoir servi au prince des Apôtres pendant son pontificat à Antioche. L'empereur Michel Paléologue l'ayant donnée au doge, elle fut reçue avec de grands honneurs à Venise, où elle continue à être vénérée.

================================

SAINTE MARGUERITE DE CORTONE

Pénitente


SAINTE MARGUERITE DE CORTONE née en 1249, était une enfant du peuple ; la négligence de ses parents, sa rare beauté, les occasions dangereuses, l'engagèrent en des liens coupables pendant neuf ans.

Aveuglée par ses passions, elle avait le sentiment de sa vie criminelle et aspirait à en sortir : mais elle n'en avait pas le courage. La mort violente et tragique de son séducteur fut pour elle le coup de la grâce.

Ardente au bien comme elle l'avait été au mal, elle fit l'aveu de ses fautes, et, après trois ans d'épreuves, reçut l'habit du Tiers-Ordre de Saint-François. Rien désormais de plus admirable que sa vie, et NOTRE-SEIGNEUR lui fut prodigue, comme autrefois à Madeleine, de ses faveurs les plus singulières.

La terre froide et nue est son lit, une pierre ou un morceau de bois son oreiller; son sommeil est souvent interrompu par ses soupirs et par ses larmes. Sa beauté d'autrefois n'est plus aujourd'hui qu'un objet d'horreur pour cette grande pénitente ; elle se défigure par les jeûnes et par de sanglantes meurtrissures qui la rendent presque méconnaissable.

La plus insigne grâce de sa vie depuis sa conversion, c'est la participation aux souffrances de la Passion : « Prépare-toi, lui dit JÉSUS-CHRIST, à être purifiée par les tribulations, les tentations, les infirmités, les douleurs, les larmes, les craintes, la faim, la soif, le froid, les privations de toutes sortes ; je serai avec toi. — Ô SEIGNEUR, dit Marguerite, je m'offre avec allégresse pour souffrir avec Vous.

Elle eut bientôt une participation aussi grande que possible aux douleurs de JÉSUS, qu'elle vit et qu'elle endura toutes les unes après les autres; et, à un certain moment, sa douleur fut si grande, qu'elle poussa un cri et s'évanouit.

Quand elle sortit de cet état surnaturel, pâle et livide, elle demeura longtemps sans parole et glacée d'un froid mortel. DIEU donna à Marguerite une grâce puissante auprès de lui pour obtenir la conversion des pécheurs et la délivrance des âmes du purgatoire.

Elle eut, avant sa mort, à soutenir de terribles combats contre l'ennemi des âmes ; mais, dans ces combats, DIEU fut avec elle, et elle vit un ange lumineux descendre du ciel pour la fortifier et la défendre. Son âme s'envola au ciel le 22 février 1297.

Pratique :  Réparez vos fautes passées par une conversion sincère et par les œuvres de la pénitence.

            "Ô Marie conçue sans péché, 
             priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 20 février 2026

21 Février : SAINT SÉVERIEN, Évêque et Martyr / SAINT PÉPIN DE BRABANT, Duc de Brabant

 "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT SÉVÉRIEN, évêque de Scythopolis au Ve siècle, se distingua par son courage contre les hérétiques nommés eutychiens.  Son zèle n'eut d'autre effet que de lui procurer la couronne du martyre.  Les soldats partisans de l'hérésie, s'étant saisis de lui, le traînèrent hors de la ville et le massacrèrent sans pitié, l'an 432 ou 453.
 ===========================

   SAINT PÉPIN DE LANDEN
 Duc de Brabant

SAINT PÉPIN DE LANDEN nous montre d'une manière admirable, en sa personne, que la sainteté n'est point incompatible avec les plus hautes dignités de ce monde.

Fils de prince, né en 580, il fut maire du palais sous plusieurs rois de France et se conduisit, dans cette haute charge presque égale à la dignité royale elle-même, avec une prudence remarquable.

Souvent les rois ont à se plaindre de leurs sujets, et les sujets ont lieu de murmurer contre les rois : Pépin, obligé par ses fonctions à maintenir l'ordre et la justice, agit avec une loyauté si parfaite, que jamais on ne le vit montrer de partialité ni pour le roi ni pour le peuple, et qu'il sut réprimer sans faiblesse les excès du peuple comme les excès de son roi.

Voilà, certes, un bel éloge, et qui suppose autant le saint que le grand homme : Pépin fut en effet, l'un et l'autre.

Le roi Clotaire II ne se contenta pas de donner à ce noble prince la première charge de son royaume, il l'honora de toute sa confiance et mit entre ses mains l'éducation de son fils Dagobert. Pépin n'omit rien de ce qui pouvait imprimer au cœur du jeune prince la crainte de DIEU et l'amour de la justice.  Il lui mettait souvent sous les yeux cette belle parole de nos saints Livres : « Le trône d'un roi qui rend justice aux pauvres ne sera jamais ébranlé. »

Plus tard, le prince, devenu roi de France, ayant oublié les leçons de son illustre maître, le fidèle et invincible Pépin ne craignit pas de lui en faire des reproches sévères ; si bien que de vils flatteurs en profitèrent pour inspirer au roi de mettre à mort ce censeur gênant. Mais Dagobert, d'abord irrité de cette leçon, rentra en lui-même, et il montra plus que jamais une vénération profonde pour le mérite et la vertu d'un si grand ministre.

Saint Pépin mourut le 21 février 640, et fut pleuré à l'égal du meilleur des rois. Il laissa la réputation d'un saint, et chacun rappelait avec douleur et reconnaissance qu'il avait toujours été le gardien des lois, le soutien des faibles, l'ennemi des divisions, l'ornement de la cour, l'exemple des grands, le père de la patrie.

Admirons, à cette époque estimée aujourd'hui barbare, comment la grâce de DIEU et la droiture naturelle ont fait de Pépin de Landen un ministre comme on en chercherait en vain dans notre siècle de prétendue civilisation.

Pratique. 
Formez-vous un caractère droit, loyal, ennemi de l'habileté mondaine.
  "Ô Marie conçue sans péché, 
 priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 19 février 2026

20 Février : SAINT EUCHER, Évêque d'Orléans

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

              qu’entre une musique notée et une musique chantée."

                       (Saint François de Sales)   

                                         
SAINT EUCHER illustre par sa famille, et plus encore par ses vertus, naquit près d'Orléans en 687 ; sa mère eut avant sa naissance révélation de son avenir : un Ange lui prédit qu'il serait évêque d'Orléans. L'étudiant, le moine, l'évêque, sont également admirables en ce personnage prédestiné.

A mesure qu'il avançait dans la connaissance de la parole de DIEU, son âme débordait du feu de la charité. La science, loin d'enfler son cœur, n'était pour lui qu'un moyen de s'unir à DIEU davantage et d'avancer de plus en plus dans le chemin de la vertu. Tous ses succès, il les rapportait à la bonté céleste.

JÉSUS-CHRIST étant la règle de son intelligence et de sa volonté, les efforts de l'ennemi du salut pour perdre cette belle âme par la fausse gloire n'aboutirent qu'à fortifier son espérance en DIEU et à lui faire redoubler d'ardeur pour la prière et la mortification. Il fut reçu à bras ouverts dans le couvent de Jumièges, où il se présenta à l'âge de vingt-sept ans.

Dès lors son ardeur pour la perfection ne connut plus de bornes, et il devint le modèle de ses frères par sa ferveur aux offices divins et par son zèle dans la pratique de tous les devoirs religieux.

Rempli de grâces extraordinaires dans la sainte Communion, il aimait à rester au pied du Tabernacle et ne pouvait se résoudre à interrompre ses douces communications avec JÉSUS-HOSTIE ; l'obéissance seule pouvait l'éloigner du pied des autels.

Sa dévotion spéciale à Marie fut pour lui la source d'une angélique pureté ; il demandait sans cesse à cette Mère céleste de lui conserver cette vertu sublime qui nous rapproche de Dieu.

Le mérite d'Eucher ne pouvait demeurer le secret du cloître ; les honneurs vinrent chercher celui qui les avait fuis, et il dut accepter le siège épiscopal d'Orléans.

Rarement évêque montra plus de vigueur à combattre le mal et à défendre les droits de DIEU. A Charles Martel, roi de France, qui s'emparait des biens des églises : « Comment, écrivait-il, osez-vous opprimer l'Église, que DIEU vous a chargé de défendre? Sachez que JÉSUS-CHRIST vous demandera compte des maux que vous aurez fait souffrir à ses membres ; en touchant aux biens des églises, vous vous attaquez à DIEU lui-même! »

II mourut le 20 février 743, en se recommandant à la Très Sainte Trinité et en disant : "SEIGNEUR,  Je remets mon âme entre vos mains".

DIEU a honoré son tombeau par de nombreux miracles. Parmi d'autres merveilles, on rapporte que des cierges allumés près de son corps vénéré brûlèrent longtemps sans se consumer et que l'huile des lampes se multiplia d'une manière évidente et guérit plusieurs malades. Des possédés furent délivrés à son tombeau, des boiteux marchèrent, et des aveugles recouvrèrent l'usage de la vue.

Pratique : Confiez à Marie la pureté de votre corps et de votre âme.

  "O Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 18 février 2026

19 Février : SAINT BARBAT, Évêque de Bénévent / SAINT CONRAD DE PLAISANCE, Solitaire

 "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée."
(Saint François de Sales)


SAINT BARBAT naquit dans le pays de Bénévent, en Italie, au commencement du VIIe siècle.

Ses parents, qui craignaient DIEU, mirent tout en œuvre pour lui procurer une éducation chrétienne, et ils eurent la consolation de voir que leurs soins n'étaient point inutiles.

Dès ses premières années, le jeune Barbat montrait des dispositions qui présageaient l'éminente sainteté à laquelle il parvint dans la suite.

Dès qu'il eut atteint l'âge requis, il reçut les saints Ordres. Il s'était rendu digne de cet honneur par un grand amour pour l'Écriture sainte, par la simplicité et l'innocence de ses mœurs et par le zèle extraordinaire avec lequel il avançait continuellement dans les voies de la perfection.

Le rare talent qu'il avait pour la prédication fit confier à son ministère une petite ville voisine de Bénévent. Le Saint s'aperçut bientôt qu'il avait affaire à des paroissiens intraitables et ennemis de tout bien.  Son zèle ne fit que les aigrir contre lui, et malgré son humilité profonde et sa patience inaltérable, il fut forcé par la calomnie de quitter son église.

Du moins, il remporta de sa mission l'avantage d'avoir profité des épreuves que DIEU avait permises pour purifier son cœur, en le détachant de plus en plus du monde et de lui-même.

Barbat revint à Bénévent, où il fut reçu avec joie par tous ceux qui connaissaient la sainteté de sa vie. Il y travailla à l'extirpation des abus, non seulement par ses discours, mais encore par des prières ferventes et par des jeûnes rigoureux qu'il s'imposait.

Le bien qu'il y opéra l'en fit nommer évêque. Il mourut plein de mérites en 682, âgé de soixante-dix ans.

La vie de saint Barbat nous montre que DIEU ne veut pas toujours attacher le succès à nos efforts, et qu'il faut se tenir en paix, quoi qu'il arrive, quand on a fait son devoir. Les épines et les échecs du zèle servent à la sanctification des pasteurs des âmes, et sont souvent pour l'avenir un germe de sanctification qui produira des fruits en son temps.

DIEU féconde l'Eglise par le sang, les sueurs et les mérites de Ses apôtres. L'homme plante, DIEU Seul fait croître. Le succès expose les ministres de DIEU à la vaine gloire. La persécution, l'endurcissement des âmes, leur donnent occasion de pratiquer la résignation, l'humilité, la confiance en DIEU Seul.

JÉSUS-CHRIST ne prêcha que trois ans : il choisit peu d'apôtres, fit peu de disciples, vit un peuple ingrat se soulever contre lui et le condamner à une mort ignominieuse ; cependant c'est Lui et Lui Seul qui a opéré le salut du monde.

C'est du haut de la croix qu'il a attiré tout à Lui. Les sacrifices du zèle apostolique ne sont jamais perdus : tôt ou tard, DIEU en tire profit pour Sa gloire.

Pratique : Ne vous laissez jamais abattre dans l'insuccès: Attendez l'heure de Dieu.

=======================


SAINT CONRAD de PLAISANCE

Solitaire
(+ 1351)

SAINT CONRAD naquit à Plaisance en 1290 de parents riches, qui le marièrent et lui laissèrent à leur mort des biens considérables. Quoiqu'il eût des principes religieux, il se laissa aller aux vanités du monde.

Un jour, à la chasse, ayant allumé un grand feu pour forcer quelque bête fauve à quitter son terrier, l'incendie se communiqua de proche en proche, et Conrad, après de vains efforts pour l'éteindre, s'enfuit, laissant la forêt à moitié consumée. Le dégât fut considérable.

L'autorité se mit aussitôt à en rechercher l'auteur; plusieurs personnes furent emprisonnées, entre autres un malheureux qu'on avait vu revenant de la forêt quelques heures avant l'incendie. Il nia d'abord avec fermeté. Mais les juges, trompés par les apparences, l'ayant fait appliquer à la question, il avoua, vaincu par la douleur tout ce qu'on voulut, et il fut condamné à mort.

Conrad, déchiré par le remords, alla trouver les magistrats, leur avoua la vérité et offrit de payer le dommage occasionné par son imprudence. Sa proposition fut acceptée, mais pour la remplir il fut obligé de vendre une partie de ses biens. Cet événement lui inspira la résolution de ne s'occuper que de son salut, qu'il avait négligé jusqu'alors.

Après avoir fait partager à son épouse les nouveaux sentiments qui l'animaient, il mit ordre à toutes ses affaires, et ils partirent ensemble pour Rome. Conrad entra dans le Tiers-Ordre de saint François, et sa femme se fit carmélite.

Après quelques temps de séjour à Rome, Conrad se rendit en Sicile, où il se dévoua au service des malades; puis, entraîné par l'amour de la solitude, il gagna une haute montagne où il passa le reste de ses jours dans la pénitence et les austérités.

Il mourut en 1351, à l'âge de soixante et un ans. Plusieurs miracles qu'il opéra, après sa mort, lui ont mérité les honneurs que l'Église rend aux Saints.

                                              "Ô Marie conçue sans péché, 
                                  priez pour nous qui avons recours à Vous"