lundi 8 juin 2015

9 Juin : SAINT PRIME ET SAINT FÉLICIEN, Frères, Martyrs / LA BSE ANNA-MARIA TAIGI, Épouse, Mère, Tertiaire trinitaire

    "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
           qu’entre une musique notée et une musique chantée.”

  (Saint François de Sales.)"



SAINT PRIME et SAINT FÉLICIEN appelés, déjà vieux, du paganisme à la foi, se montrèrent dignes de cette grâce par une vie toute de zèle et de charité.

Ils furent de ces chrétiens intrépides qui encourageaient les martyrs devant les tribunaux et dans les supplices, nourrissaient les pauvres, faisaient du bien à tous.

Il semblait que la persécution respectât ces deux héros de la foi, malgré leur profession publique de christianisme et les saintes audaces qu'exigeait le ministère de dévouement auquel ils s'étaient consacrés.

Mais le SEIGNEUR ne pouvait les priver davantage de la gloire du martyre, objet suprême de leurs aspirations. Au temps de l'empereur Dioclétien, la persécution devint plus générale, et le paganisme fit un dernier effort pour étouffer la religion du CHRIST dans le sang et le carnage.

Il y avait trente ans que 
Prime et Félicien bravaient la cruauté des tyrans, quand les prêtres des idoles déclarèrent que leurs dieux irrités ne voulaient plus rendre d'oracles jusqu'à ce que les deux chrétiens Prime et Félicien eussent sacrifié, ou bien eussent reçu le châtiment qu'ils méritaient.

Ils sont aussitôt arrêtés, chargés de fer et amenés devant l'empereur. 
Prime avait quatre-vingt-dix ans; il se chargea de répondre aux menaces du tyran, en lui déclarant qu'il n'y avait pas d'autre DIEU que le DIEU des chrétiens, ni d'autre religion que la leur, et que par conséquent ils étaient prêts à subir la mort plutôt que de trahir leur foi.

Le premier supplice qu'on leur fit subir, ce furent les fouets; puis bientôt on déchira leur corps par lambeaux avec des tenailles. Leurs affreuses plaies furent guéries miraculeusement par JESUS-CHRIST. Quelques jours après, nouvelles tortures et nouveau triomphe; on fait pleuvoir sur leur chair une grêle de coups de fouets armés de plomb ; pendant ce supplice, ils chantent les louanges du SEIGNEUR.

Félicien, âgé lui-même de quatre-vingts ans, sut, comme son frère, résister à tontes les tentations et prêcha la foi et le salut à son cruel persécuteur ; mais il fut cloué par les mains et les pieds à un poteau, où on le laissa trois jours entiers sans nourriture ; au bout de ces trois jours, rafraîchi et nourri par les anges, il parut aussi sain que s'il n'avait pas souffert.

Quant à 
Prime, on chercha à lui faire croire que son frère avait enfin sacrifié aux idoles : mais il se moqua du juge menteur et lui dit que Félicien était, en prison, heureux comme au Paradis.

Cette réponse lui valut des coups de bâtons et le supplice des torches ardentes : " Grâces soient à vous, Ô JÉSUS-CHRIST, puisque, dans mes tourments, je ne ressens aucune douleur." Livrés ensuite aux lions et aux ours, les deux frères les virent venir se coucher à leurs pieds.

Enfin le tyran s'avoua vaincu et leur fit trancher la tête. C'était le 9 juin de l'an 280.

Pratique. Regardez les choses du monde comme pure vanité ; que l'éternité soit tout pour vous.

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BSE ANNA-MARIA TAÏGI
Épouse et mère, Tertiaire trinitaire
(1769-1837)

Née à Sienne, 
Anna-Maria Gianetti suivit son père à Rome où des revers de fortune l'avait contraint d'aller se fixer. La petite passa à peine deux ans à l'école où elle n'apprit qu'à lire. Ses parents faisaient retomber leur amertume sur leur fillette, mais l'angélique pauvrette redoublait de douceur envers eux.

Anna-Maria entra très tôt en service afin d'aider ses parents. Elle grandissait, pieuse, travailleuse et coquette, prenant plaisir à se parer.

Domenico, qui travaillait au jour le jour au palais Chigi, homme honnête, rude et prompt à la colère, offrit de l'épouser; 
Anna-Maria accepta sa proposition de mariage.

Dans les premiers temps de son ménage, elle conserva ses habitudes mondaines, aimant à fréquenter le théâtre des marionnettes et à porter des colliers de verroterie. Après trois ans de cette vie ainsi partagée entre l'amour de DIEU et l'amour du monde, 
Anna-Maria se confessa au Père Angelo de l'Ordre des Servites, se convertit totalement et, avec l'assentiment de son mari, elle se fit recevoir dans le Tiers-Ordre des Trinitaires. Domenico ne demandait qu'une chose: que la maison soit bien tenue et paisible!

Or, les parents 
d'Anna-Maria vinrent partager la vie du jeune foyer.  Depuis leur arrivée, les scènes de criailleries qu'elle apaise de son mieux se répètent tous les jours, car sa mère acariâtre cherche sans cesse querelle à son gendre qui s'emporte facilement.

Atténuant les heurts le mieux possible, elle s'empresse auprès de son époux trop vif qui jette le dîner par terre avec la table quand un plat lui déplaît. Après la mort de sa mère, son père vit aux dépens de sa fille et multiplie disputes sur disputes. Lorsque la lèpre l'atteint, la bienheureuse 
Anna-Maria le soigne tendrement et l'aide à mourir chrétiennement.


Pour leurs sept enfants, la maison risquait de devenir un enfer, mais la bienheureuse demeurait si surnaturellement douce, que Domenico affirmera que c'était un vrai paradis chez lui, et que l'ordre et la propreté régnaient partout dans son pauvre gîte.

Anna-Maria se levait de grand matin pour se rendre à l'église, et communiait tous les jours. Lorsqu'un membre de la famille était malade, pour ne donner à personne l'occasion de se plaindre et de murmurer, elle se privait de la messe et de la communion. Pour suppléer à cette privation involontaire, elle se recueillait pendant les moments libres de la journée.

La bienheureuse 
Anna-Maria Taïgi tenait ses enfants toujours occupés. Après le souper, la famille récitait le rosaire et lisait une courte vie du Saint du jour, puis les enfants se mettaient au lit après avoir reçu la bénédiction.

Le dimanche, ils visitaient les malades à l'hôpital. Sa tendresse maternelle ne l'empêchait pas d'appliquer fermement les sanctions méritées, telles la verge ou le jeûne. Ses enfants profitèrent avantageusement de cette éducation si équilibrée et devinrent vite l'honneur de leur vertueuse mère et le modèle de leurs camarades.

Sa délicatesse envers les humbles était exquise. Elle nourrissait sa servante mieux qu'elle-même; à une qui cassait la vaisselle par maladresse, elle disait gentiment: «Il faut bien faire gagner la vie aux fabricants de faïence.»

Lors de sa réception comme membre du Tiers-Ordre de la Sainte Trinité, la bienheureuse s'était offerte comme victime expiatrice pour les péchés du monde. En retour de cette généreuse offrande, DIEU lui accorda la vision permanente d'un globe ou soleil lumineux dans lequel elle lisait les besoins des âmes, l'état des pécheurs et les périls de l'Église.

Ce phénomène extraordinaire dura quarante-sept-ans. Surprise au milieu de ses occupations domestiques par les ravissements et les extases, 
Anna-Marias'efforçait vainement de s'y soustraire.

Grâce à elle, les malades avertis de leur fin prochaine mouraient saintement. Comme le sort des défunts lui était révélé, sa compassion pour eux lui inspirait de multiplier ses pénitences afin de libérer au plus tôt ces pauvres âmes qui venaient la remercier de leur délivrance.

Bien que la bienheureuse 
Anna-Maria Taïgi souhaitait ardemment rester ignorée de tous, une foule de visiteurs composée de pauvres, de princes, de prêtres, d'évêques, du pape même, accourait pour demander conseil à sa sagesse inspirée. Simple et humble, elle répondait tout bonnement en se dérobant aux louanges, refusant toujours le plus petit cadeau.

Or, celle qui répandait ainsi la sérénité et la lumière autour d'elle, fut privée de consolation spirituelle pendant vingt ans, et éprouvait le sentiment très net d'être reléguée en enfer. Pendant sept mois, les angoisses et les ténèbres de son âme s'étant accrues, 
Anna-Maria Taïgi expérimenta une véritable agonie, n'en continuant pas moins à diriger sa maison comme si de rien n'était.

Malgré ses doigts devenus si douloureux, elle cousait beaucoup afin d'assurer le pain quotidien de la maisonnée. La femme du gouverneur de Savoie qui avait obtenu tant de grâces par les prières de la servante de DIEU voulut lui donner une forte somme d'argent, mais la bienheureuse la refusa catégoriquement.

Le Lundi-Saint, dans une extase, 
Anna-Maria apprit qu'elle mourrait le Vendredi-Saint. Après avoir béni tous les siens, et les avoir remercié, elle rendit l'âme dans un cri de bonheur et de délivrance. Il semble que DIEU ait voulu montrer dans la personne de cette admirable bienheureuse, la possibilité d'allier des vertus éminentes et des dons surnaturels exceptionnels à la fidélité aux devoirs les plus humbles et les plus matériels de la vie commune. Le pape Benoît XV béatifia Anna-Maria Taïgile 30 mai 1920.

 Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"


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8 Juin : SAINT MÉDARD, Évêque de Noyon


                        "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                                    qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                                                                    (Saint François de Sales.)


Saint Médard,  l'un des plus célèbres pontifes de l'Eglise de France au VIe siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie. Sa pieuse mère fit bientôt recevoir le baptême à son mari, jusque-là païen, et dès lors la maison des deux époux parut aux yeux de tous comme le type d'une maison parfaitement conforme à l’Évangile; aussi DIEU bénit-il les pieux chrétiens en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.

La jeunesse de Médard fut remarquable par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture, et se privait de tout pour en faire don aux membres de JÉSUS-CHRIST.

Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était, presque nu ; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché.

Un autre jour son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine : « Eh ! Mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? — C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval. »

L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité lui était agréable ; car, après que Médard eut rendu compte à son père de son action on trouva le nombre des chevaux complet.

De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue.

La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements ; toutes les œuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.

En 530, il fut élu évêque et sacré par Saint Rémi. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable.

Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes ; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes. C'est de sa main que la reine Radegonde, après avoir quitté la cour, reçut le voile de religieuse.

Enfin Médardâgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.

Pratique. N'oubliez jamais que DIEU bénit d'une manière étonnante la charité envers les pauvres. 

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 6 juin 2015

7 Juin : SANT CLAUDE, Archevêque de Besançon


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


SAINT CLAUDE illustra par ses vertus la partie orientale de la Bourgogne connue sous le nom de Franche-Comté. Il naquit à Salins vers l'an 607, d'une illustre famille romaine.

Dès l'âge de sept ans, il fut confié à des maîtres habiles qui lui enseignèrent en même temps les leçons de la science humaine, de la foi et de la piété.  Il se plaisait beaucoup dans la lecture des Livres saints, des Actes des Martyrs, de la vie des Saints et des sermons des Pères et des Docteurs de l'Église; aussi, jeune encore, devint-il fort instruit.

Tous les jours on le voyait assister à la Messe ; il passait à l'église la plus grande partie des dimanches et des fêtes ; il ne se plaisait que dans la compagnie des personnes sérieuses et édifiantes : c'étaient des indices d'une vocation spéciale. Pourtant 
Claude exerça le métier des armes jusqu'à vingt ans, et ce n'est qu'alors qu'il entra dans la sainte milice.

Il fut le modèle des chanoines de la cathédrale de Besançon ; sa vie était celle d'un austère religieux.  Pourtant ce n'était pas encore assez pour sa grande âme; il se retira, douze ans plus tard, dans un couvent ; là il ne vivait que de racines, reposait sur un dur grabat, n'aimait que la prière. Cinq ans après, il est abbé de son monastère.

Ce n'est qu'à l'âge de soixante-dix-huit ans qu'il est élu, malgré ses larmes, archevêque de Besançon. Son épiscopat dura sept années, pendant lesquelles il s'acquitta aussi parfaitement que possible de tous les devoirs d'un pasteur.

Bien loin de diminuer ses austérités et son assiduité à la prière, il les augmenta de plus en plus. Jamais il ne manqua d'assister aux divins offices avec ses chanoines. Il écoutait toujours avec une grande patience et une grande douceur les causes que ses prêtres venaient plaider devant lui et portait des décisions si équitables, que tout se réglait à la satisfaction des deux parties.

Ses occupations ne purent l'empêcher d'adresser souvent la parole lui-même à son clergé et à son peuple ; il parlait de l'abondance du cœur avec une grande facilité et une simplicité toute paternelle. Les sermons du saint vieillard avaient tant de force, qu'ils arrachaient les âmes au vice, inspiraient la vertu et furent une cause du renouvellement de la foi et des mœurs dans son diocèse.

Il profitait de ses visites pastorales pour exercer les œuvres de miséricorde corporelle en même temps que les œuvres de miséricorde spirituelle, visitant les malades, assistant les, pauvres et ne refusant à personne un conseil ou une consolation.

Son grand âge le porta à retourner dans son monastère, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, et il gouverna ses religieux pendant plusieurs années encore. Après trois jours de maladie, il réunit ses frères, leur adressa une touchante exhortation, leur donna le baiser de paix et s'endormit doucement dans le SEIGNEUR, à l'âge d'environ quatre-vingt-douze ans.

Pratique. 
Aimer la vie retirée ; les vains bruits du monde ne servent qu'à dissiper l'âme.
                    "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 5 juin 2015

6 Juin : SAINT NORBERT, Archevêque, Fondateur de l'Ordre des Prémontrés

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)



Norbert, né en 1080, près de Cologne, fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature; mais il fréquentait plus la cour que l'Église et reculait devant les ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs. 

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagnée d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de Saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela; car Norbert entendit une voix céleste lui dire : « Pourquoi me fuis-tu? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple. » 

En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à DIEU : « SEIGNEUR, que demandez-vous de moi? » Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence. 

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le saint sacrifice de la messe. 

Norbert obtint du pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver an milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles de l'Église, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités. 

Cependant DIEU réservait à Norbert la gloire de fonder un ordre religieux célèbre, celui des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. 

Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la Règle de ce grand docteur. Lui et ses premiers religieux firent profession le jour de Noël 1122.  Règle vivante de ses frères, Norbert leur recommandait surtout trois choses : la pureté du cœur et la propreté extérieure dans les divins offices et le service des autels, — l'expiation de leurs fautes et négligences en plein chapitre, — l'hospitalité et le soin des pauvres. 

En 1126 se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance :  Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg, et il eut désormais, outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. 

Rien, du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort, qui arriva le 7 juin 1134,  il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule. 
Pratique.
  Ne résistez pas à la grâce qui vous sollicite, et donnez-vous à DIEU entièrement.  

                      "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 4 juin 2015

5 Juin : SAINT BONIFACE, Archevêque de Mayence, Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


BONIFACE, appelé d'abord Winfrid, naquit en Angleterre, l'an 680. Après une mission prêchée dans sa ville natale, il demanda à suivre les moines dans leur couvent. Son père refusa d'accéder à ce qu'il appelait le caprice d'un enfant de sept ans ; mais une maladie grave que DIEU lui envoya pour le punir le décida enfin à laisser partir cet enfant de bénédiction.
Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l'ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n'a qu'un désir : devenir apôtre de l'Allemagne.

En 718, il va s'agenouiller aux pieds du pape Grégoire II et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à Saint Willibrord, apôtre des Frisons; mais il s'enfuit dès qu'il s'aperçoit que celui-ci veut lui conférer l'épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints.

La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires ; le pape l'appelle à Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de 
Boniface.  L'apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d'ardeur que jamais à étendre le règne de l'Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel.

Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d'idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer : l'arbre énorme se plie sous une main invisible et vient tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint.  Le CHRIST avait vaincu ; des milliers de païens demandèrent le baptême.  
Boniface était de nouveau débordé par l'immensité de ses succès ; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui ; il obtient du pape d'instituer de nouveaux évêchés et d'organiser dans ce pays la hiérarchie catholique.  Archevêque, légat du pape, Boniface ne s'attribue point la gloire de ses œuvres ; DIEU est sa seule force et son seul recours : voilà le secret de ses conquêtes pacifiques.

A ce héros, il ne manquait plus qu'un combat ; à ce triomphateur, il ne manquait plus qu'une victoire. Un matin,
 Boniface se préparait à offrir le saint sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages ; son entourage court aux armes ; mais Boniface sort de sa tente : « Cessez le combat, mes enfants, dit-il; voici venue l'heure de la délivrance ! »

Bientôt l'apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l'accompagnent.  On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre ouvert de saint Ambroise : Du bienfait de la mort. C'était l'an 755.

Pratique. 
Excitez votre zèle en pensant qu'une âme coûte le sang de JESUS-CHRIST.
                   "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous

mercredi 3 juin 2015

4 Juin : SAINT FRANÇOIS CARACCIOLO, Confesseur

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


François de la famille Caracciolo, l'une des plus illustres du royaume de Naples, entra dès son enfance dans le chemin de la perfection, par l'amour de la pénitence et une tendre dévotion à la Sainte Vierge. 

Il récitait chaque jour le petit office et le rosaire et jeûnait tons les samedis en l'honneur de sa bonne Mère. Cependant, jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, il ne songeait point à quitter le siècle et prenait beaucoup de plaisir à l'exercice de la chasse. Il fallut l'horrible maladie de la lèpre pour le détacher du monde et le décider à se donner à DIEU dans la vie religieuse. 

La Providence lui fit rencontrer bientôt deux vertueux prêtres, auxquels il se joignit pour l'établissement des Clercs réguliers Mineurs. Cette institution, après de nombreuses difficultés, fut approuvée par le Pape Sixte-Quint. 





François, encore tout jeune, fut bientôt élu supérieur général de l'Ordre, qui prenait de rapides accroissements. Il profita de la liberté que lui donnait cette charge pour augmenter ses exercices de piété et de mortification. 

Trois fois la semaine il jeûnait au pain et à l'eau, portait habituellement un rude cilice, prenait toutes les nuits la discipline, et passait le temps du repos, partie au pied du très saint Sacrement et partie dans l'étude. 

Quand le sommeil le pressait, c'était souvent sur le marchepied de l'autel qu'il prenait le peu de repos qu'il accordait à la nature, et qui ne durait jamais plus de trois ou quatre heures. Il donnait sept heures chaque jour à la contemplation et à la méditation de la Passion de NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST. 

Ami de la pauvreté, si on lui donnait des vêtements neufs, il les changeait avec les habits les plus usés des simples frères ; il évitait avec soin toutes les marques de distinction et d'honneur qu'on eût put lui rendre, disant : « Je n'en suis pas digne; la Compagnie ne me supporte que par charité. » 

II signait ordinairement ses lettres : François, pécheur. Le Saint alla lui-même établir son ordre à Madrid, en Espagne, où il obtint un succès extraordinaire ; il y fit trois voyages et s'acquit, au grand désespoir de son humilité, une telle réputation, qu'on ne l'appelait que le Prédicateur de l'amour divin. 



A toutes les obsessions du Pape Paul V, qui voulait l'élever aux dignités ecclésiastiques, il faisait répondre : « Je veux faire mon salut dans mon petit coin. » Près de mourir, on l'entendait crier en se soulevant de son lit : « SEIGNEUR JÉSUS, que vous êtes bon ! SEIGNEUR, ne me refusez pas ce précieux sang que vous avez répandu pour moi... Ô Paradis ! Ô Paradis!... » 

Après avoir fait ses adieux à ses frères, tenant le crucifix d'une main et l'image de Marie de l'autre, il mourut le 4 juin 1608, à l'âge de quarante-quatre ans, en disant : « Allons! Allons! — Et où? lui répondit-on. — Au ciel! Au ciel ! » 

Pratique. Aimez à prendre sur vos occupations et votre repos, pour trouver plus de temps à passer devant le Saint Sacrement. 


              "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

3 Juin : SAINT CLOTILDE, Reine de France / LES SAINTS MARTYRS DE L'OUGANDA


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d'une partie de la Bourgogne, et elle était nièce du prince arien Gondebaud, qui s'empara des États de son frère et le mit à mort avec sa femme et ses deux fils.

Clotilde, appelée par DIEU à une grande mission pour le salut de la France, fut préservée dans le massacre de sa famille, et élevée au palais de son oncle usurpateur et assassin. La mère de Clotilde avait déposé dans, son cœur, avec la foi, les germes de la piété; aussi, dans une cour hérétique, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui, craignant la colère de son puissant et terrible voisin, n'osa la refuser.

Le mariage eut lien en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de DIEU sur un peuple généreux, mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare -, puis elle usa bientôt de son influence pour lui parler de JESUS-CHRIST et de l'excellence de la religion chrétienne.

Clovis l'écoutait avec intérêt, toutefois il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand DIEU, dont les desseins sont si impénétrables, le ravit à la terre.

A la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit : « Je remercie DIEU de ce qu'il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le ciel. » Un second enfant fut baptisé encore et tomba aussitôt malade.

Nouvelle et plus terrible colère de Clovis ; mais les prières de  Clotilde furent entendues, et DIEU envoya des anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu. A la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria : "DIEU de Clotilde, donne-moi la victoire, et tu seras mon DIEU! »

Le courage renaît à ses soldats, et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par Saint Rémi, à Reims ; ce fut le signal du baptême de la nation entière. Quelle joie pour Clotilde! Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans, et  Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières, les aumônes, au fond d'un couvent.

Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au ciel sa récompense, le 3 juin de l'an 545.

Pratique. Remerciez DIEU du choix qu'il a fait de la France pour être la fille aînée de l'Église. 

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LES SAINTS MARTYRS de L'OUGANDA

(†1885, †1886, †1887)

Ces Saints habitaient une contrée au milieu de l'Afrique, appelée Ouganda. Personne n'y avait jamais prononcé le nom de DIEU et le démon y régnait par l'esclavage, la sorcellerie et le cannibalisme. Deux Pères Blancs, le P. Lourdel et le P. Livinhac débarquèrent un jour chez ces pauvres indigènes. Ils se présentèrent aussitôt au roi Mutesa qui les accueillit pacifiquement et leur accorda droit de cité.

Les dévoués missionnaires se faisaient tout à tous en rendant tous les services possibles. Sept mois à peine après l'ouverture du catéchuménat, ils désignaient quelques sujets dignes d'être préparés au baptême. Le roi Mutesa s'intéressait à ce que prêchait les Pères, mais leur prédication alluma bientôt la colère des sorciers jaloux et des Arabes qui pratiquaient le commerce des Noirs.

Pressentant la persécution, les Pères Lourdel et Livinhac baptisèrent les indigènes déjà préparés et se retirèrent au sud du lac Victoria avec quelques jeunes Noirs qu'ils avaient rachetés. Comme la variole décimait la population de cette contrée, les missionnaires baptisèrent un grand nombre d'enfants près de mourir.

Après trois ans d'exil, le roi Mutesa vint à mourir. Son fils Mwanga, favorable à la nouvelle religion, rappela les Pères Blancs au pays. Le 12 juillet 1885, la population ougandaise qui n'avait rien oublié des multiples bienfaits des missionnaires, accueillait triomphalement les Pères Lourdel et Livinhac. Les Noirs qu'ils avaient baptisés avant de partir, en avaient baptisé d'autres; l'apostolat s'avérait florissant. Le ministre du nouveau roi prit ombrage du succès des chrétiens, surtout du chef des pages, Joseph Mukasa, qui combattait leur immoralité.

Ami et confident du roi, supérieurement doué, il aurait pu devenir le second personnage du royaume, mais sa seule ambition était de réaliser en lui et autour de lui, les enseignements du CHRIST. Le ministre persuada le jeune roi que les chrétiens voulaient s'emparer de son trône; les sorciers insistaient pour que les prétendus conspirateurs soient promptement punis de mort. Mwanga céda à ces fausses accusations et fit brûler Joseph Mukasa, le 15 novembre 1885.

«Quand j'aurai tué celui-là, dit le tyran, tous les autres auront peur et abandonneront la religion des Pères.» Contrairement à ces prévisions, les conversions ne cessèrent de se multiplier. La nuit qui suivit le martyre de Joseph, douze catéchumènes sollicitèrent la grâce du baptême. Cent cinq autres catéchumènes furent baptisés dans la semaine qui suivit la mort de Joseph, parmi lesquels figuraient onze des futurs martyrs.

Le 25 mai 1886, six mois après l'odieux meurtre de Joseph, le roi revenant de chasse fit appeler un de ses pages, nommé Denis, âgé de quatorze ans. En l'interrogeant, Mwanga apprit qu'il étudiait le catéchisme avec Muwafu, un jeune baptisé. Transporté de rage, il l'égorgea avec sa lance empoisonnée. Les bourreaux l'achevèrent le lendemain matin, 26 mai, jour où le despote déclara officiellement la persécution ouverte contre les chrétiens.

Le même jour, Mwanga fit mutiler et torturer le jeune Honorat, mit la congue au cou à un néophyte appelé Jacques qui avait essayé autrefois de le convertir à la religion chrétienne. Ensuite, il fit assembler tous les pages chrétiens et ordonna qu'on les amena pour être brûlés vifs sur le bûcher de Namugongo. Jacques périt sur ce bûcher en compagnie des autres martyrs, le 3 juin 1886, fête de l'Ascension.

«On avait lié ensemble les jeunes de 18 à 25 ans, écrira le Père Lourdel; les enfants étaient également liés, et si étroitement serrés les uns près des autres qu'ils ne pouvaient marcher sans se heurter un peu. Je vis le petit Kizito rire de cette bousculade comme s'il eût été en train de jouer avec ses compagnons.» Ils sont en tout quinze catholiques. Trois seront graciés à la dernière minute. On compte officiellement vingt-deux martyrs catholiques canonisés dont le martyre s'échelonne de l'année 1885 à 1887.

Le groupe des condamnés marchait vers le lieu de leur supplice, lorsqu'ils rencontrèrent un Noir nommé Pontien. «Tu sais prier?» questionna le bourreau; sur la réponse affirmative de Pontien, le bourreau lui trancha la tête d'un coup de lance. C'était le 26 mai 1886. Le soir venu, on immobilisa les martyrs dans une cangue et on ramena de force à la maison, le fils du bourreau, au nombre des victimes. Après une longue marche exténuante, doublée de mauvais traitements, les captifs arrivèrent, le 27 mai, à Namugongo. Les bourreaux, au nombre d'une centaine, répartirent les prisonniers entre eux.

Les cruels exécuteurs travailleront jusqu'au 3 juin afin de rassembler tout le bois nécessaire au bûcher. Les prisonniers doivent donc attendre six longues journées de privations et de souffrances, nuits de froid et d'insomnie, mais plus encore d'ardentes prières, avant que la mort ne vienne couronner leur héroïque combat. Le martèlement frénétique des tam-tams qui se fit entendre toute la nuit du 2 juin indiqua aux martyrs qui languissaient, garottés dans des huttes, que l'immense brasier de leur suprême holocauste s'allumerait très bientôt.

Charles Lwanga, magnifique athlète d'une vigueur peu commune, à qui le roi avait confié un groupe de pages auxquels il avait enseigné le catéchisme en cachette, fut séparé de ses compagnons afin d'être brûlé à part, d'une manière particulièrement atroce. Le bourreau alluma les branchages de manière à ne brûler d'abord que les pieds de sa victime. «Tu me brûles, dit Charles, mais c'est comme si tu versais de l'eau pour me laver!» Lorsque les flammes attaquèrent la région du coeur, avant d'expirer, Charles murmura: «Mon DIEU! Mon DIEU!»

Comme le groupe des martyrs avançait vers le bûcher, un cri de triomphe retentit: Nwaga, le fils du chef des bourreaux, avait réussi à s'enfuir de la maison pour voler au martyre! Il bondissait de joie en se retrouvant dans la compagnie de ses amis. On l'assomma d'abord d'un coup de massue, puis il fut roulé avec les autres dans des claies de roseaux pour devenir dans un instant la proie des flammes.

Après leur avoir brûlé les pieds, ils reçurent la promesse d'une prompte délivrance s'ils renonçaient à la prière. Mais ces héros ne craignaient pas la mort de leur corps et devant leur refus catégorique d'apostasier, on commença à incendier le bûcher. Par-dessus le crépitement du brasier et les clameurs des bourreaux sanguinaires, la prière des saints martyrs s'éleva calme, ardente et sereine: «Notre Père qui êtes aux cieux...» On sut qu'ils étaient morts lorsqu'ils cessèrent de prier.

Le dernier des martyrs s'appelait Jean-Marie. Longtemps obligé de se cacher, las de sa vie vagabonde, il désirait ardemment mourir pour sa foi. Malgré les conseils de ses amis qui essayaient de le dissuader de ce projet, Jean-Marie résolut d'aller voir le roi Mwanga. Nul ne le revit plus jamais, car le 27 janvier 1887, Mwanga le fit décapiter et jeter dans un étang.

La dévotion populaire aux martyrs de l'Ouganda prit un essor universel, après que saint Pie X les proclama Vénérables, le 16 août 1912. Leur béatification eut lieu le 6 juin 1920 et ils reçurent les honneurs de la canonisation, le 18 octobre 1964."



                                 "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"     

lundi 1 juin 2015

2 Juin : SAINT POTHIN ET ses Compagnons, Martyrs / SAINTE MARIE DE L'INCARNATION, Veuve, Ursuline

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


Marie Guyart-Martin, quatrième d'une famille de sept enfants, naquit à Tours, en France. Toute jeune, elle eut un songe qui la toucha profondément. «J'avais environ sept ans, écrit-elle. Une nuit, durant mon sommeil, il me sembla que j'étais dans la cour d'une école... Tout à coup le ciel s'ouvrit, et Notre-Seigneur en sortit, venant vers moi! Quand Jésus S'approcha de moi, je Lui tendis les bras pour L'embrasser... Et Jésus m'embrassa affectueusement et me dit: 
"Voulez-vous être à Moi? -- Oui, Lui répondis-je..." Ce "oui", clé de toute son existence, elle ne cessera de le répéter en toute occasion, dans la joie comme dans l'adversité.
A 18 ans, ses parents la crurent faite pour le mariage.  Marie obéit et épouse Claude Martin, maître ouvrier en soie. En 1619, elle met au monde un fils qui deviendra Dom Claude Martin. Six mois plus tard, le Seigneur la marqua de Son choix: c'est la croix du veuvage avec toutes ses épreuves.  Marie de l'Incarnation se sentait fortement attirée à la vie religieuse, reconnaissant toutefois que l'heure de Dieu n'était pas encore venue.

Plusieurs années très dures se succédèrent. En service chez sa soeur, Marie de l'Incarnation devint l'esclave des serviteurs et servantes de la maison. Dans cette pénible situation, la bienheureuse poussa l'humilité, la charité, la patience et l'oubli d'elle-même jusqu'à l'héroïsme. Dans les occupations les plus débordantes, elle conservait sans cesse la présence de Dieu.
A l'âge de vingt et un an, elle se liait dans le monde par les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En 1625, Dieu la gratifia d'une vision de la Très Sainte Trinité.
A trente et un ans, l'appel de Dieu qui lui demande de tout quitter retentit impérieusement dans l'âme de Madame Martin. Le 25 janvier 1631, elle quitte son vieux père, et surmontant les déchirements de son coeur de mère, elle confie son fils, lequel n'a pas encore douze ans, aux soins de sa soeur. Ce détachement absolu, qui en fait un modèle pour les parents, fut l'un des actes les plus héroïques et les plus sublimes de la vie de la bienheureuse Marie de l'Incarnation. «Dieu le veut mon fils, disait la courageuse mère, et si nous L'aimons, nous devons le vouloir aussi. C'est à Lui de commander, à nous d'obéir.» Le coeur brisé, elle entre enfin au noviciat des Ursulines de Tours.
Huit ans plus tard, soit à l'âge de 40 ans, Marie de l'Incarnation s'embarque à Dieppe avec quelques compagnes, en destination du Canada. Elle compte parmi les premières religieuses qui vinrent en Amérique. A cette époque, une telle aventure missionnaire était considérée comme une innovation. L'héroïsme était de règle chez ces pionnières de l'Église de Nouvelle-France qui joignait la vie cloîtrée à la vie missionnaire. «Nous voyons ici une espèce de nécessité de devenir sainte, écrira Marie de l'Incarnation. Ou il faut mourir, ou y donner son consentement.»

Bien qu'âgée de plus de quarante ans, elle étudia les langues indiennes extrêmement difficiles, et rédigea un dictionnaire algonquin-français, ainsi qu'un dictionnaire et un catéchisme iroquois. Son travail préféré consistait dans l'enseignement des petites Indiennes qu'elle appelait les «délices de son coeur» et «les plus beaux joyaux de sa couronne».

Les maladies, les humiliations et les persécutions de la part même des personnes de bien, les longues peines intérieures et les croix de toutes sortes dont la vie de la Bienheureuse abonde, ont manifesté avec éclat l'esprit de sainteté qui régnait dans cette âme totalement livrée à l'amour divin. Bien qu'entraînée par l'Esprit-Saint aux plus hauts sommets de la contemplation, Marie de l'Incarnation ne cessa d'être une femme d'action extraordinaire, douée d'un sens pratique hors pair.
Elle rendit sa belle âme à Dieu à l'âge de 72 ans. Par les vocations diverses que la divine Providence lui réserva successivement, cette âme admirable se présente comme un modèle pour les époux, les parents, les apôtres laïcs et les religieux. Surnommée à juste titre: la Thérèse de la Nouvelle-France, Marie de l'Incarnation figure parmi les plus grandes gloires nationales du Canada et comme la véritable Mère de la patrie.
Par le décret d'héroïcité des vertus, promulgué le 19 juillet 1911, le saint pape Pie X justifia et confirma la réputation de sainteté dont elle jouissait déjà à sa mort. Le 24 juin 1976, Grégoire XVII plaça l'illustre Marie de l'Incarnation au catalogue des bienheureuses.

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SAINT POTHIN et ses Compagnons
Martyrs

Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon ; son nom paraît pour la première fois dans l'histoire à l'époque de son martyre ; mais la tradition constante, c'est qu'il venait de l'Asie, qu'il avait été formé à l'école de Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules. 
Pothin, après avoir gagné un grand nombre d'âmes à JÉSUS-CHRIST, fut arrêté sous le règne du persécuteur Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme ; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. 

Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le DIEU des chrétiens : « Vous le connaîtrez si vous en êtes digne, » répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. 

Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, où il expira peu après. 

Les compagnons de Saint Pothin méritent de n'être point passés sous silence ; le récit de leur martyre est une des belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. 

Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées ; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition ; à toutes les interrogations il répondait : « Je suis chrétien ! » Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre. 

Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre ; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces. 

Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices ; aucune plainte ne sortit de sa bouche ; recueilli en lui-même, il s'entretenait avec DIEU. 

Attalependant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement : « Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quant à nous, nous évitons tout ce qui est mal. » On lui demanda comment s'appelait DIEU : « DIEU, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels. » 

II restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandinequi avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères ; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé 

Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs ; enfin elle eut la tête tranchée. 

Pratique. Encouragez-vous, dans les épreuves de la vie, par la pensée et par le désir du ciel.


                       "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

1er Juin : SAINT PAMPHILE, Prêtre et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


Pamphile était né à Béryte, en Phénicie, de l'une des premières familles de la province.

Devenu prêtre de l'Église de Césarée, après de brillantes et profondes études aux écoles d'Alexandrie, il fut l'un des beaux modèles de l'alliance de la philosophie avec le dogme chrétien. 


Nul ne sut mieux unir l'amour de la science à ces vertus évangéliques qui font le caractère des vrais disciples de JÉSUS-CHRIST.
Pamphile s'était formé une immense bibliothèque composée, des meilleurs auteurs, surtout ecclésiastiques ; il n'avait pour but de ses études que la défense de la foi. 

On doit à cet homme illustre la correction de la version de la Sainte Écriture dite des Septante ; c'est de sa bibliothèque précieuse que l'historien Eusèbe, son disciple, tira tous les documents dont il se servit pour écrire son histoire des premiers siècles. 


A tous ses travaux intellectuels, Pamphile ajoutait les exercices de la piété et de la pénitence.  Son seul bien, c'étaient ses livres; il avait distribué aux pauvres tout son riche patrimoine et vivait dans la solitude, se reposant du poids du jour par les prières de la nuit. 


Assurément le pieux savant était préparé aux saints combats du CHRIST. 


Arrêté comme l'un des principaux docteurs chrétiens, au temps de la persécution de l'empereur Maximin Daïa, il comparut devant le gouverneur. L'entretien fut d'abord amical, car le gouverneur comprenait l'importance, pour le paganisme, de gagner un homme de cette valeur. 


Les promesses et les séductions n'ayant aucun succès, il fallut en venir aux menaces et aux tortures.
Pamphile fut inébranlable. On lui déchire les côtes avec des ongles de fer; il est flagellé si affreusement, qu'on est obligé de le transporter, épuisé de sang et demi-mort, dans sa prison. 

Le gouverneur attendait que les plaies du martyr fussent fermées pour renouveler le supplice, quand il devint lui-même victime de la férocité de l'empereur, qui le condamna à mort : juste châtiment de ses crimes et de ses débauches, qui l'avaient rendu odieux à tous. 


Sous le nouveau gouverneur, Pamphile demeura quelque temps oublié dans sa prison, et il en profita pour écrire de savants ouvrages. Il y avait deux ans qu'il souffrait pour la foi, quand il fut appelé devant le gouverneur et condamné avec plusieurs autres chrétiens. 


L'exécution eut lieu sur le soir, et le corps resta toute la nuit exposé à l'endroit même du supplice. Mais aucun animal ne s'en étant approché pendant la nuit pour le dévorer, une protection si visible du Ciel toucha les gardes, qui laissèrent aux fidèles la liberté de l'emporter pour lui donner une sépulture honorable. 


C'est en l'an 308 que le philosophe chrétien, émule de Saint Justin, de Saint Lucien et de tant d'autres, consomma son martyre et alla recevoir an ciel la récompense de ses travaux et de ses souffrances. 


Pratique. 
La foi ignorante suffit aujourd'hui moins que jamais; étudiez-en les preuves. 


              "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"