dimanche 16 février 2014

17 Fevrier SAINT FRANCOIS REGIS CLET / SAINT ALEXIS FALCONIERI, Confesseur / SAINT FLAVIEN, Archevêque / SAINT SYLVAIN, Evêque

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"


Saint François-Régis Clet

Martyr
                                                        (1748-1820)



François-Régis Clet naquit le 19 août 1748, à Grenoble. Il était le dixième d'une famille qui compta quinze enfants. Le 6 mars 1769, obéissant à l'attrait pour la vie religieuse, il entrait au séminaire des Lazaristes, à Lyon, et y fut ordonné prêtre le 17 mars 1773.
Placé comme professeur de théologie au grand séminaire d'Annecy, il y passa quinze années, pendant lesquelles il ne cessa de faire l'admiration de tous par sa haute vertu et par la profondeur et la précision de son enseignement. Ses connaissances étaient si étendues qu'on l'avait surnommé "la bibliothèque vivante".
A la mort de Mgr Biord, évêque de Genève, c'est à M. Clet que l'on confia la charge de prononcer l'éloge funèbre du défunt.
Le moment était venu où la Providence allait changer le cours de cette existence jusque là si uniforme et si paisible. Délégué en 1788 par ses confrères, pour représenter la province de Lyon à l'assemblée générale qui devait élire un nouveau Supérieur de la Congrégation de la Mission, il se vit appelé par le nouveau Général aux importantes fonctions de Directeur du Séminaire interne de la Maison-Mère.
Il ne devait pas remplir longtemps cette charge: l'année suivante éclatait la Révolution. Le 13 juillet, c'est par la maison même de saint Vincent de Paul qu'elle préludait à ses futurs exploits; le lendemain c'était la prise et le massacre de la Bastille.
En présence du sombre avenir que faisait pressentir la situation général en France, M. Clet pensa qu'il lui restait encore assez de forces pour travailler à l'apostolat chez les infidèles: il demanda et obtint la faveur de se consacrer aux missions de la Chine.
Embarqué le 2 avril 1791 à Lorient, le zélé missionnaire débarqua à Macao après six mois de navigation, et recevait pour champ d'action les chrétientés de la province du Kiangsi. Il se trouvait là, seul prêtre, ignorant de la langue chinoise que ni ses lourdes occupations, ni son âge ne lui permettait d'étudier convenablement. Néanmoins il ne boude pas à la besogne et n'est nullement tenté de revenir sur ses pas; il s'encourage lui-même en répétant le proverbe:
"Il vaut mieux que la terre soit labourée par des ânes, que de rester en friche."
L'année suivante, M. Clet quitta le Kiangsi pour prendre la direction des chrétientés des provinces du Houpé, Honan et Kiangnàn, où travaillaient deux confrères français, que la mort lui ravit en moins d'une année. Il se trouvait de nouveau seul pour administrer plus de dix mille chrétiens dispersés sur un espace de deux cents lieues de superficie.
La vie de M. Clet était simple et austère: il vivait de la vie des pauvres. Son grand esprit de mortification s'accommodait des régimes les plus divers. C'est à pied qu'il faisait ses longs voyages. À la douceur et à une parfaite humilité, il alliait une fermeté qu'inspirait un jugement sain et droit.
Malgré l'état de persécution latente, M. Clet, grâce aux précautions des chrétiens pour le soustraire aux recherches des mandarins, avait pu exercer son ministère apostolique pendant vingt-sept ans. Mais, en 1818, l'orage se déclara dans sa propre chrétienté: son confrère chinois, M. Chèn fut arrêté en janvier 1819, et la tête de M. Clet fut mise à prix. Pour échapper aux recherches des satellites, M. Clet passa du Houpé dans le Honan. Mais la cupidité d'un chrétien fut cause qu'il fut trahi et arrêté le 16 juin, dans le village Tïntsiakang.
Le prisonnier dut entreprendre, chargé de chaînes, un trajet de soixante lieues pour se rendre à la capitale de la province, où il dut comparaître devant les divers tribunaux, et y fut traité avec la dernière inhumanité. À un de ses juges, le saint confesseur répondit:
"Mon frère, vous me jugez maintenant, dans peu de temps mon Seigneur Lui-même vous jugera." Quelques mois plus tard le magistrat tombait en disgrâce et était exécuté avant la conclusion du procès de son prisonnier.
Après avoir constaté que M. Clet avait eu sa résidence habituelle et exercé son ministère dans le Houkouang, les autorités du Honan l'envoyèrent à Outchangfou, métropole de Houkouang. La distance à parcourir était de cent quarante lieues; le prisonnier fit ce trajet les menottes aux mains et la chaîne au cou, n'ayant pour toute auberge que les prisons rencontrées sur le parcours.
À son arrivée à Outchang, sa maigreur, sa barbe inculte et pleine de vermine, ses vêtements malpropres et déguenillés firent sur les geôliers une telle impression de misère, qu'ils refusèrent de le recevoir. Cela lui valut la consolation inattendue d'être conduit dans une prison sans doute moins distinguée, mais où étaient détenus son confrère chinois, M. Chèn et dix chrétiens; pendant tout le cours du procès, matin et soir, on y récitait la prière, et on y célébrait même les fêtes avec chants et prédication.
Ce long procès eut le dénouement que M. Clet avait prévu et désiré: "J'attends, écrivait-il, j'attends, grâce à Dieu, cet arrêt et son exécution avec patience et tranquillité, disant avec saint Paul: "Jésus-Christ est ma vie, la mort m'est un gain." L'arrêt de l'empereur Tsiatsïn fut que "l'Européen Liou avait trompé et corrompu beaucoup de monde en prêchant la religion chrétienne, et qu'il devait être étranglé."
Le lendemain de l'arrivée de la ratification impériale, le 17 février, de grand matin, les satellites venaient prendre le saint missionnaire pour exécuter la sentence. Il refusa les vêtements neufs que son confrère M. Lamiot, lui avait préparés; dans son humilité il disait qu'il allait à la mort, nom comme un martyr, mais comme pénitent.
Arrivé sur le lieu d'exécution, il demanda la permission de faire une courte prière, après laquelle il dit aux exécuteurs:
"Liez-moi." Il fut alors attaché au gibet avec des cordes qui, partant du cou, lui liaient les mains derrière le dos et serraient ses pieds l'un contre l'autre, et étranglé par la torsion de la corde qui lui enserrait le cou.
François-Régis Clet était âgé de 72 ans, dont vingt-neuf passés dans la mission de Chine.



SAINT ALEXIS FALCONIERI
et les 7 fondateurs des Servites (+ 1310)
Confesseurs

L'un des sept marchands florentins qui se libérèrent des servitudes de leur négoce pour vivre au service de l'Eglise, à l'image de la Mère de DIEU, dans la prière et dans l'apostolat.

Ils étaient grands amis, ils avaient tous de trente à trente-cinq ans quand ils se retirèrent, silencieux, se construisant des huttes de bois dans la forêt, s'adonnant à la prière et au travail de leurs mains.

A tour de rôle, ils prenaient la besace et se faisaient mendiants pour s'assimiler à la classe la plus pauvre et récolter beaucoup d'humiliations de la part de ceux qui se souvenaient de leurs richesses anciennes.

Ils n'avaient jamais songé à fonder un ordre de religieux, mais Rome le leur imposa et ce fut leur dévotion à la Sainte Mère de DIEU qui leur fit donner le nom de "servites" ou "serviteurs de Marie".
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                                                  SAINT FLAVIEN
Archevêque de Constantinople
SAINT FLAVIEN fut élu archevêque de Constantinople en 447. Il montra une fermeté inébranlable dans l'orthodoxie et sut défendre la foi, tant contre les abus du pouvoir que contre les hérétiques.

Ceux-ci finirent par se porter contre sa personne aux derniers excès ; ils se jetèrent un jour sur lui, le renversèrent et le maltraitèrent si rudement à coups de pieds, qu'il en mourut peu après, à Épire, où il avait été exilé. 11 mérite donc bien le titre de martyr de la foi, quoique l'Église ne le lui ait point donné officiellement.
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SAINT SYLVAIN
Evêque

SAINT SYLVAIN, né à Toulouse, jeta sur le VIIe siècle un vif éclat par la grandeur de sa sainteté.

Après quelque temps de mariage, il se sentit inspiré de mener une vie plus parfaite, se souvenant de la parole de l'Évangile : « Celui qui quittera sa maison, ses frères, ses sœurs, son père, sa mère, son épouse pour mon nom, recevra le centuple ici-bas et ensuite la vie éternelle. »

Avant de se fixer au pays de Flandre, au nord de la France, il se rendit célèbre par ses pèlerinages aux tombeaux des Saints. Il visita même les pays sanctifiés par la vie du Sauveur, fit ses dévotions à la montagne du Calvaire, sur les bords du Jourdain, heureux de retremper ainsi sa foi et sa charité.

De retour en France, on le voit, avec le titre d'évêque, évangéliser les peuples, n'ayant point de siège fixe, et parcourant la région en missionnaire.

Sa vie tout apostolique, ses austérités, ses prédications éloquentes, son zèle à remplir toutes les fonctions du saint ministère, en lui conciliant l'estime et la vénération de tous, produisaient autour de lui d'immenses résultats de sanctification.

Nulle œuvre de charité ne lui fut étrangère, et, avec les biens périssables, il sut acquérir ceux bien préférables de la vie éternelle. Ses pénitences, nous dit la chronique de sa vie, furent effrayantes. Pendant quarante ans, il ne prit d'autre pain que le pain eucharistique, se contentant de quelques herbes et de quelques fruits.

Il ne reposait jamais que sur le bois ou la terre nue et entourait son corps, pendant plusieurs jours de suite, avec des cercles de fer qui pénétraient dans sa chair.

Il fut, en un mot, l'émule des martyrs par la mortification de ses membres, et l'égal des héros du désert par son abstinence.

Il ne lui manqua que de verser son sang pour la foi, comme ce fut toujours son plus ardent désir. Au moment de sa mort, il avertit ceux qui l'entouraient d'avoir toujours dans leur pensée le jour de leur mort, de fuir le péché et d'avancer saintement dans les sentiers de la vie.

Les anges vinrent à sa rencontre pour l'introduire dans la gloire du ciel ; c'était vers l'an 718.

Pratique. Avant de conseiller les autres, donnez-leur les exemples de la vertu.

16 Février - SAINT ONESIME, Evêque et Martyr / SAINTE JUILIENNE DE NICODEMIE, Vierge et Martyre


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"



Évêque d'Éphèse et Martyr

(+ en 95)

Esclave d'un citoyen de Colosse nommé Philémon que saint Paul avait converti,ONESIME après avoir mal servi son maître, le vola et s'enfuit. Lorsqu'il eut dissipé tout ce qu'il avait pris, il vint se cacher à Rome; la bonté de DIEU l'y amenait pour le délivrer d'une servitude plus triste que celle dont il avait voulu s'affranchir par la fuite.

Il y rencontra saint Paul, captif. L'Apôtre, qui considérait également les maîtres et les esclaves comme des frères rachetés en JESUS-CHRIST, lui montra la gravité de sa faute, l'instruisit, le convertit et le baptisa. Depuis ce temps-là, il le regarda toujours comme son fils, d'autant plus cher qu'il l'avait engendré à DIEU dans les chaînes. Voulant le réconcilier avec Philémon, il le lui renvoie avec une lettre où il demande le pardon et même la liberté du fugitif:
"Paul, prisonnier de JESUS-CHRIST, et Timothée, son frère, à Philémon, notre bien-aimé et coopérateur,... grâce à vous et paix de la part de DIEU notre Père et de NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST... La prière que je vous adresse est pour mon fils Onésime, que j'ai enfanté dans mes chaînes... Je vous le renvoie; recevez-le comme si c'était moi-même... Et non plus comme un esclave, mais comme un esclave, devenu un frère... J'avais pensé d'abord à le garder auprès de moi; mais je n'ai rien voulu faire sans votre consentement... S'il vous a fait tort ou qu'il vous soit redevable de quelque chose, mettez-le à mon compte. C'est moi, Paul, qui vous le rendrai... Oui, mon frère, procurez-moi cette joie dans le SEIGNEUR... Que la grâce de NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST soit avec votre esprit. Ainsi soit-il."
Philémon reçut Onésime avec charité et le renvoya à Rome pour assister Saint Paul dont il devint le compagnon fidèle. L'apôtre lui confia, ainsi qu'à saint Tychique, sa lettre aux Colossiens; il le nomma évêque d'Éphèse après la mort de Saint Timothée.

Onésime eut le bonheur de saluer à Smyrne, Saint Ignace d'Antioche qui se rendait à Rome pour y être exposé aux bêtes. Dans sa lettre aux Éphésiens, le martyr loue la charité de l'évêque d'Éphèse.

Le procureur d'Asie, voyant qu'Onésime, malgré la persécution, prêchait avec courage, le fit arrêter et l'envoya à Tertulle, gouverneur de Rome, ennemi personnel d'Onésime. Celui-ci le soumit à la torture et le fit lapider l'an 95.

Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints, p. 72-73

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SAINTE JULIENNE DE NICOMÉDIE

Vierge et Martyre

Parmi les nombreux martyrs de Nicomédie, on a toujours remarqué une illustre vierge nommée JULIENNE, qui malgré des parents très attachés au culte des faux dieux, eut le bonheur insigne, d'embrasser le christianisme.

Un jeune homme de haute famille prétendit à sa main, et pour se débarrasser de ses importunités, elle lui fit savoir qu'elle était chrétienne et qu'elle ne pouvait se marier qu'à un chrétien. Le jeune homme ayant averti le père de Julienne, celle-ci préféra souffrir à la maison paternelle les fouets, la prison et les fers, plutôt que d'épouser un païen.

Le malheureux père abandonna alors sa fille entre les mains de son prétendant, qui était devenu préfet de la ville, et qui la fit comparaître à son tribunal. La courageuse vierge n'eut d'oreilles ni pour les flatteries ni pour les menaces, et répondit qu'elle ne changerait point de résolution, dût-elle être brûlée vive ou dévorée par les bêtes.

Rarement la fureur d'un juge païen poursuivit une victime avec autant d'acharnement que ce préfet dénaturé. Flagellation sanglante, suspension par les cheveux pendant un temps prolongé, supplice des torches enflammées et des fers rougis au feu, Julienne souffrit tout avec un courage sublime. Retournée en prison, elle s'y mit en prière, et le démon, sous la forme d'un ange, chercha à ébranler sa fermeté, en lui représentant des supplices plus affreux encore ; mais elle invoqua le SEIGNEUR contre le perfide tentateur, et eue entendit une voix du ciel qui lui dit : « Julienne, aie bon courage, je suis avec toi. »

A ces mots, elle se trouva guérie. Le préfet, l'ayant rappelée devant son tribunal, fut émerveillé de la trouver aussi belle et en aussi bonne santé que jamais. Ne pouvant triompher d'elle, il la fit jeter dans un four embrasé ; mais le feu ne put l'atteindre, et ce miracle convertit sur-le-champ plus de cinq cents personnes. Une chaudière d'huile bouillante n'eut pas plus de succès. Julienne eut enfin la tête tranchée, l'an 299.

Pratique. Soyez inébranlable dans les résolutions que vous inspire la grâce.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

samedi 15 février 2014

15 Fevrier - SAINT FAUSTIN et SAINT JOVITE, Martyrs

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"

SAINT FAUSTIN et SAINT JOVITE étaient frères et appartenaient à une famille distinguée de la Lombardie. Dès leur jeunesse, ils furent remarquables par leur piété et par leur zèle, non moins que par leur amitié mutuelle : on ne vit jamais deux frères si unis de sentiments et d'inclinations.

Faustin était prêtre et Jovite diacre, quand l'empereur Adrien raviva la persécution contre les chrétiens. Ils furent les premiers dénoncés, à cause de leur ardeur à prêcher JESUS-CHRIST, et conduits près de l'empereur, dans un temple du soleil, pour assister au sacrifice : "Adorez le soleil, leur dit-il, si vous voulez continuer de vivre et d'être heureux. — Nous n'adorerons que le DIEU vivant qui a créé le soleil pour éclairer le monde.

La statue que leur montrait l'empereur était fort brillante et environnée de rayons d'or. Jovite, la fixant, s'écria : « Oui, nous adorons le DIEU qui règne dans le ciel et le Créateur du soleil. Pour toi, vaine statue, deviens à l'instant même toute noire, pour la confusion de ceux qui t'adorent. » A sa parole, la statue perdit son éclat et devint noire, comme l'avait demandé le saint martyr.

L'empereur commanda de la nettoyer ; mais à peine les prêtres païens y eurent-ils touché, qu'elle tomba en cendres. Irrité, il ordonna alors de jeter les deux frères aux bêtes féroces. A peine étaient-ils entrés dans l'amphithéâtre, que quatre lions, lâchés pour les dévorer, vinrent se coucher à leurs pieds, et qu'ensuite les ours et les léopards s'approchèrent d'eux avec la douceur des agneaux.

Jetés dans un sombre cachot, ils y furent laissés sans nourriture. Les anges descendirent du ciel, éclairèrent leurs ténèbres et leur rendirent la force et la joie pour de nouveaux combats.

On voulut faire brûler vifs les saints martyrs, les flammes les respectèrent. L'empereur, effrayé de tous ces prodiges, employa contre eux tous les raffinements de la cruauté ; mais ils demeurèrent fermes dans leur foi, et leur courage, joint à leurs miracles, convertit un grand nombre d'infidèles.

On essaya de les faire périr en les jetant à la mer ; les flots les portèrent doucement au rivage. Enfin, ils furent reconduits à Brescia, leur ville natale, afin que ceux qui avaient été convertis par leur sainte vie et par leur courage fussent ébranlés et ramenés au paganisme par leur mort cruelle.

Mais DIEU tourna le projet des tyrans à la gloire de Son nom ; car les corps des saints martyrs devaient demeurer dans cette ville comme une nouvelle preuve de la foi et comme un appel permanent à la défense de la religion de JESUS-CHRIST.

Condamnés à mourir par le glaive, Faustin et Jovite se mirent à genoux, et c'est dans l'attitude de la prière qu'ils eurent la tête tranchée, le 15 février de l'an 120 ou 122.

La foi se ravive à la lecture des Actes héroïques des martyrs.

Pratique. Souvenez-vous que tout chrétien doit suivre son Maître au Calvaire.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

jeudi 13 février 2014

14 Février - SAINT VALENTIN, Prêtre et Martyr

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"

La vertu de SAINT VALENTIN, prêtre, était si éclatante, qu'il fut arrêté par l'empereur Claude II.

Après deux jours de prison, l'empereur le fît comparaître à son tribunal : « Pourquoi, Valentin, voulez-vous ainsi être l'ami de nos ennemis et rejetez-vous notre amitié? — Sire, dit le prêtre chrétien, si vous saviez le don de DIEU, vous seriez heureux, et votre empire aussi ; vous rejetteriez le culte de vos idoles, et vous adoreriez le vrai DIEU et son Fils JESUS-CHRIST. »

Un des juges, prenant la parole, demanda au martyr ce qu'il pensait de Jupiter et de Mercure : « Qu'ils ont été des misérables, répliqua Valentin, et qu'ils ont passé toute leur vie dans la débauche et le crime. »

Le juge, furieux de cette réponse, s'écria : « II a blasphémé contre les dieux et contre l'empire ! »

L'empereur continua ses questions avec curiosité, heureux de cette occasion de savoir ce que pensaient les chrétiens; Valentin, de son côté, avait le courage d'exhorter le prince à faire pénitence pour le sang des chrétiens qu'il avait répandu : "Croyez en JESUS-CHRIST, lui disait-il, faites-vous baptiser, vous serez sauvé, et dès cette vie vous assurerez la gloire de votre empire et le triomphe de vos armes".

Claude commençait à se laisser et dit à ceux qui l'entouraient : "Écoutez la belle doctrine que cet homme nous apprend.

Mais le préfet, mécontent, s'écria : "Voyez-vous comment ce chrétien séduit notre prince !"

Le faible Claude, craignant des troubles, abandonna le martyr, qui eut à subir un autre interrogatoire devant un nouveau juge : « Comment, lui dit celui-ci, peux-tu dire que JESUS-CHRIST est la vraie lumière? — II n'est pas seulement la vraie lumière, mais l'unique lumière, dit Valentin. — S'il en est ainsi, rends la vue à ma petite fille adoptive, aveugle depuis deux ans ; je croirai en JESUS-CHRIST, et je ferai tout ce que tu voudras. »

L'enfant fut amenée; le prêtre, lui mettant la main sur les yeux, fit cette prière : « Ô JESUS-CHRIST, qui êtes la vraie lumière, éclairez cette aveugle. » A ces paroles, l'aveugle voit ; le juge Astérius, avec toute sa famille, confesse JESUS-CHRIST et reçoit bientôt le baptême.

L'empereur, averti de ces merveilles, aurait bien voulu fermer les yeux sur les conversions nouvelles ; mais la crainte lui fit trahir sa conscience et le sentiment de la justice.

Valentin
 et les autres chrétiens furent livrés aux supplices et allèrent recevoir au ciel la récompense de leur courage, en l'année 268.

DIEU, dans les premiers combats de l'Église, permit souvent que les supplices des martyrs fussent illustrés par des miracles ; c'est que les miracles sont la démonstration sommaire de la Vraie religion.

Pratique. Profitez de toutes les occasions d'éclairer votre prochain et de le porter au bien.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

13 Février - SAINTE CATHERINE DE RICCI, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"


La vie de cette Sainte est l'une des plus prodigieuses, par les ravissements, les extases, les grâces extraordinaires de tout genre qui la remplissent. Catherine naquit à Florence en 1522.

Dès l'âge de trois ans, on la voyait s'exercer à la prière, rechercher la solitude et le silence pour s'y livrer plus à l'aise, et sa prière était si recueillie, qu'elle y paraissait l'esprit absorbé en DIEU et comme plongée dans la contemplation de ses mystères.

La Passion de JESUS-CHRIST était déjà l'objet des vives ardeurs de son amour, et elle préludait par ses exercices enfantins à cette admirable dévotion envers JESUS crucifié, qui est le caractère le plus éclatant de sa vie.

Elle prit le voile à treize ans, chez les Dominicaines. C'est à l'âge de dix-neuf ans qu'elle reçut cette grâce inouïe de voir changer par NOTRE-SEIGNEUR son cœur en celui de Marie.

Quelques mois après, elle eut une mémorable extase de la Passion, qui dura vingt-huit heures, et dans laquelle elle assista successivement au détail de toutes les scènes de la Passion du SAUVEUR, paraissant elle-même, par ses gestes, subir chacun des supplices dont elle était témoin. Ce spectacle devait se renouveler toutes les semaines pendant les douze dernières années de sa vie. On entendait, dans ces extases, la sainte pousser des exclamations de douleur et d'amour. Quelle impression pour les innombrables témoins de ces merveilles !

Le cachet de la vertu véritable, c'est l'humilité ; un seul fait montrera que Catherine était bien conduite par l'esprit de DIEU. Elle avait appris que ses sœurs s'étaient plu à écrire, pour en garder le souvenir, la relation de toutes les grâces et faveurs extraordinaires dont le Ciel l'avait comblée.

Elle n'eut point de repos avant d'avoir mis la main sur tous ces écrits. Un jour, pendant que ses sœurs étaient à l'office, elle entra dans leurs cellules, s'empara de tous les manuscrits qu'elle put rencontrer, les mit dans un sac, et les portant à la sœur boulangère, qui chauffait le four : "Tenez, lui dit-elle, brûlez vite tout ceci, car malheur à nous si on le trouvait dans la maison !"

Sa bienheureuse mort arriva le 2 février 1589. La dernière prière qu'on entendit expirer sur ses lèvres fut le Pater noster. Le couvent retentit alors des chants harmonieux des anges. En différents lieux, de saints personnages eurent la vision d'une magnifique procession de saints et de saintes ; au bout du cortège, JESUS conduisait en triomphe sa glorieuse épouse.

Pratique. 
Cachez les grâces de DIEU sous le voile de l'humilité.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mardi 11 février 2014

12 Février - SAINT LUDENS, Confesseur / SAINTE EULALIE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"



SAINT LUDENS était fils d'un puissant seigneur écossais. A la mort de son père, il hérita de ses grands biens, qu'il employa en constructions pieuses ; puis il entreprit le pèlerinage de Rome à pied, en demandant l'aumône.

Les fatigues du voyage et ses austérités l'épuisèrent, et il mourut en chemin au pied d'un arbre, près de Strasbourg, l'an 1202. On trouva sur lui un écrit qui fit connaître son nom, sa patrie et le but de son voyage.


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SAINTE EULALIE
Vierge et Martyr
à Barcelone


SAINTE EULALIE, égale à bon nombre d'autres jeunes martyres par son illustre naissance, ne leur fut inférieure ni par ses vertus ni par ses glorieux combats pour Jésus-Christ.

Quand le barbare gouverneur Dacien, qui fit ruisseler en Espagne le sang des martyrs, vint à Barcelone, la jeune Eulalie, âgée de quatorze ans, fut inspirée de DIEU d'aller se présenter elle-même au tyran, afin de donner à toute la ville un noble exemple de courage.

Un matin, elle s'échappa de la maison paternelle et alla droit au tribunal. Le gouverneur, étonné de tant d'audace, mais frappé aussi de la beauté de cette enfant, lui dit: "Qui es-tu, jeune fille, et que veux-tu? — Je veux te reprocher ta conduite cruelle envers d'innocentes victimes. — Mais qui es-tu donc pour me parler ainsi? — Je suis chrétienne. — N'insulte pas en moi l'autorité des divins empereurs. — Je suis chrétienne, et je méprise vos idoles. — Offre de l'encens aux dieux immortels. — J'adore le vrai DIEU, et je hais tes dieux misérables."

Dacien ordonna de la promener par toute la ville en la faisant fustiger avec une verge de bois flexible ; mais l'effet produit fut différent de ce qu'attendait ce barbare, et les fidèles bénissaient le SEIGNEUR du courage de la jeune martyre.

Eulalie
 subit ensuite le supplice du chevalet, des ongles de fer, des peignes d'acier et des torches ardentes ; mais, aidée de la grâce d'en haut, elle riait de l'impuissance de ses bourreaux. L'huile bouillante et le plomb fondu n'émurent pas davantage l'héroïque fille.

Alors Dacien honteux et confus de sa défaite, ordonna de laisser Eulalie attachée espèce de croix. La pauvre enfant n'y demeura pas longtemps suspendue ; les tourments affreux qu'elle avait endurés avaient épuisé ses forces; elle expira paisiblement, et les assistants virent son âme s'envoler vers le ciel sous la forme d'une blanche colombe.

Ce glorieux martyr eut lieu le 12 février de l'an 304. — Que de fois, an temps des persécutions, DIEU s'est servi ainsi de l'exemple de frêles et timides vierges pour relever le courage des chrétiens et faire éclater en même temps la divinité d'une religion qui inspirait un si calme et si sublime héroïsme !

Pratique. Craignez ceux qui peuvent nuirent à votre âme, et non ceux qui peuvent nuire à votre corps.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

lundi 10 février 2014

11 Fevrier - NOTRE DAME DE LOURDES : "JE SUIS L'IMMACULEE CONCEPTION"

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"


Proclamée IMMACULEE dans Sa CONCEPTION, le 8 décembre 1954, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.

L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil; Elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc; une ceinture bleue flottait autour d'Elle; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, étonnée et ravie; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui ordonna de revenir.

La dix-huitième fois, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l'Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant: "JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION!" C'était la Sainte Vierge, patronne de l'Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.


A partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L'Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l'Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant; c'est par centaines de mille, chaque année, que les dévôts de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année. Tours, Mame, 1950

dimanche 9 février 2014

10 Février : SAINTE SCOLASTIQUE, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"
 
SAINTE SCOLASTIQUE, née en 480, était la sœur de Saint Benoît, patriarche des moines d'Occident. Jeune encore, elle fît au foyer paternel de grands progrès dans la vertu.

Loin d'imiter les illusions des filles du siècle, elle méprisa la beauté, les richesses, l'alliance des plus grands princes, en méditant jour et nuit sur les moyens de renoncer aux choses de la terre pour s'allier à JESUS-CHRIST. Suivre Benoît dans la solitude était son unique aspiration. On sait qu'elle se consacra à DIEU dès sa plus tendre jeunesse, et qu'elle se rapprocha de son saint frère quand il se fut établi au mont Cassin, afin de profiter de ses leçons et de ses exemples.

Benoît ne consentait à voir sa sœur qu'une fois par an, avant le carême, et alors la sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait au - devant d'elle ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où Saint Benoît et Sainte Scolastique eurent leur suprême entretien resté si célèbre.

Le 9 février 543, Scolastique était allée visiter son frère, comme de coutume. La journée se passa dans de saints entretiens, et la nuit arriva sans qu'ils s'en aperçussent. "II est trop tard pour vous retirer, dit la sainte à son frère; parlons jusqu'à l'aurore des joies de la vie céleste. — Que dites-vous là, ma sœur? reprit Benoît ; je ne puis passer la nuit hors de mon couvent."

Scolastique, affligée de ce refus, se pencha sur la table, et, la tête entre ses mains, pria DIEU en versant d'abondantes larmes. Sa prière fut si promptement exaucée, que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la tête, et que la pluie tombait par torrents, bien que le ciel fût auparavant serein et sans nuage : « Qu'avez-vous fait, ma sœur? dit l'homme de Dieu. —; Je vous ai supplié, dit Scolastique, et vous n'avez pas voulu m'écouter; j'ai invoqué NOTRE-SEIGNEUR, et voilà qu'il m'exauce. »

Dans l'impossibilité de sortir, Benoît resta par force ; les deux saints veillèrent toute la nuit, s'entretenant du bonheur des élus.

Le lendemain, la pieuse vierge retourna à son couvent, et Benoît à son monastère ; mais le troisième jour, l'homme de Dieu, dans sa cellule, élevant les yeux en haut, vit l'âme de sa sœur s'envoler dans les airs sous la forme d'une colombe et se perdre dans les profondeurs du ciel. .

Benoît voulut faire déposer le corps de sa sœur dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme leurs âmes l'avaient été dans la vie.

On aime à trouver, dans la vie de plusieurs illustres saints, ces amitiés fraternelles, dont l'amour divin, bien plus que le sang, était le lien et le terme.

Pratique. Priez avec foi ; vous n'obtenez pas, parce que vous priez mal.
  
 
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous" 
 

samedi 8 février 2014

9 Février : SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE, Eveque et Docteur de l'Eglise / SAINTE APOLLINE ou APOLLONIE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"

Saint Cyrille d'Alexandrie

Évêque et Docteur de l'Église
(† 444)


 
Ce grand serviteur de Marie était le neveu du trop fameux Théophile, patriarche d'Alexandrie, qui se montra l'ennemi acharné de saint Jean Chrysostome. Cyrille hérita à la fois du siège et de la rancune de son oncle, au point que, même évêque, il persista pendant six ans, dans le schisme de son prédécesseur; le point contesté était l'inscription du nom de saint Jean Chrysostome sur les dyptiques sacrés. Il fut enfin tiré de son obstination grâce à l'intervention de saint Isidore, abbé de Péluse, auquel Cyrille avait confié la direction de son âme.

"Si je suis votre père, comme vous le dites, lui écrivait saint Isidore, je dois craindre d'attirer sur moi le châtiment d'Héli, si terriblement puni pour avoir négligé la correction de ses enfants. Faites cesser ces querelles. Ne cherchez pas plus longtemps la vengeance d'une injure privée et domestique. Ne la faites pas peser sur l'Église."

Cyrille ne put résister à ces touchantes exhortations, et se soumit: il assembla les évêques de son patriarcat, inscrivit solennellement le nom de Chrysostome dans les dyptiques, et rentra ainsi en grâce avec Rome (418). Ceci prouve une fois de plus qu'on ne naît pas saint, mais qu'on le devient.

Le grand mérite de Cyrille devant l'histoire a été sa lutte contre Nestorius, moine et prêtre d'Antioche, qui, sous des dehors austères, cachait un esprit faux et chicaneur, et un orgueil indomptable. Élevé sur le siège de Constantinople (428), il se mit à enseigner hautement qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ: celle de Dieu et celle de l'homme; que depuis l'Incarnation le Verbe ne S'est point uni à la nature humaine, mais ne l'a prise que comme un vêtement. Il en concluait que la Vierge Marie n'est point Mère de Dieu, mais seulement mère de l'homme ou du Christ.

Cet enseignement souleva d'unanimes protestations tant des fidèles que des gardiens de la foi catholique. Dès 429, Cyrille écrivit contre Nestorius, puis à Nestorius lui-même; il écrivit ensuite au Pape Célestin et à l'empereur Théodose II, pour les éclairer sur la gravité des nouvelles erreurs. Son intervention obtint son effet: Nestorius fut condamné, excommunié et déposé. Cyrille était chargé de faire exécuter la sentence, si dans le délai de dix jours l'hérésiarque n'avait par rétracté ses erreurs. Dans ce but, Cyrille lui présenta à signer douze anathématisme qui détaillaient longuement son hérésie. Nestorius et ses partisans s'insurgèrent contre cette rédaction, y trouvèrent matière à discussion, et d'accusés se firent accusateurs.

Cette opiniâtreté donna lieu à la convocation du Concile d'Éphèse (431), où il se trouva deux cents évêques. La présidence du concile fut dévolue à Cyrille.

Nestorius, cité trois fois, refusa de comparaître. Le concile prononça contre lui une sentence de déposition dont on informa l'empereur. Le 7 juin, depuis le matin, le peuple assiégeait les abords de l'église, attendant fiévreusement la décision du concile. Quand il apprit que les Pères avaient conservé à Marie Son titre de Mère de Dieu, il éclata en transports de joie, et, à la lueur des flambeaux, reconduisit les évêques jusqu'à leurs demeures.

Six jours après, quatorze évêques orientaux, partisans de Nestorius, arrivèrent à Éphèse, se constituèrent en concile et excommunièrent Cyrille. Sollicité par les deux partis, l'empereur emprisonna Cyrille et Nestorius. Toutefois, à l'arrivée des légats du Pape Célestin, il rétablit Cyrille et déclara Nestorius définitivement déposé. Les évêques partisans de Nestorius se réconcilièrent alors avec Cyrille.

Là se termine le rôle considérable rempli par Cyrille dans cette importante joute théologique. Métaphysicien pénétrant et esprit religieux, Cyrille avait profondément médité le mystère de l'Incarnation. L'unité du Christ qu'il mit si fort en relief lui paraissait la conséquence d'un raisonnement très simple: si le Rédempteur n'est pas Dieu Lui-même, Il ne peut pas nous sauver; Jésus-Christ est donc personnellement Dieu. Si Jésus-Christ est Dieu, il est juste de reconnaître à Marie la qualité de Mère de Dieu, quoiqu'Elle n'ait pas, à proprement parler, produit la Divinité, chose qu'il serait absurde de prétendre. C'est ainsi que dans les générations ordinaires, l'âme l'emporte de beaucoup sur le corps. Et cependant, ne nommons-nous pas nos parents, ceux qui, en réalité, ne nous ont fait part que de notre substance corporelle?

Saint Cyrille mourut probablement le 27 juin 444.

 
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SAINTE APOLLINE OU APOLLONIE
Vierge et Martyre

 
 
SAINTE APOLLINE ou APOLLONIE florissait au IIIe siècle, dans la ville d'Alexandrie ; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne.

Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au SEIGNEUR ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore lui offrir le sacrifice de sa vie.

L'an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité; la fureur des païens contre les chrétiens ne connut point de bornes. On pilla les maisons et l'on exerça contre les personnes les plus horribles violences.
Apolline,
déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse au contraire d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre.

Un jour, elle fut arrêtée ; les bourreaux se jetèrent sur elles, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents ; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait à JESUS-CHRIST.

La sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire. Les païens espérèrent un moment qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu. Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son cœur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux, stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer.

Son corps, comme un holocauste pur et sans tache, fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les cieux, l'an 249 de NOTRE SEIGNEUR, le 9 février. L'exemple étonnant de Sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature ; mais l'Église, en l'admettant an nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'ESPRIT DIVIN.

Plusieurs saintes femmes, pendant les persécutions, ont été de même au-devant de la mort, soit pour éviter des outrages, soit dans l'élan de leur amour pour DIEU, et l'Église ne leur donne pas moins le titre de martyres.

Sainte Apolline
a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré. — Le courage de cette jeune vierge, courant elle-même au-devant des supplices, n'est-il pas une éclatante condamnation de notre lâcheté au service de DIEU?

Pratique.
Ne calculez jamais dans le service de Dieu; sacrifiez-vous sans hésitation.
 
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous" 

vendredi 7 février 2014

8 Février - SAINT JEAN DE MATHA, Confesseur, Fondateur de l'Ordre de la Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs.

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)"

Saint Jean de Matha (1160-1213) originaire d'une illustre famille, en Provence, au commencement du XIIe siècle, fut consacré au SEIGNEUR par un vœu, dès sa naissance. 

Il brilla, tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l'argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux ; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. 

C'est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita, de devenir le père d'un grand Ordre de charité. Le jour où il fut élevé au sacerdoce, il plut à DIEU de montrer aux hommes la sainteté de son serviteur. Une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l'onction du SAINT-ESPRIT qui opérait dans son âme. 

Le bruit de ce prodige s'étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première messe. Au moment de la consécration, lorsque Jean élevait l'hostie, on vit le visage du saint resplendir d'une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au-dessus de l'autel sur un spectacle invisible aux assistants. "J'ai vu, dit-il plus tard, un ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix- de couleur rouge et bleue; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l'un chrétien et l'autre maure; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants." 

C'était l'annonce claire de l'œuvre qu'il devait établir; il fut en effet fondateur de l'Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision. 

Qui dira tout ce que le saint eut à souffrir dans son pénible apostolat? « Si je n'ai pas le bonheur d'être martyr, disait-il souvent, puissé-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères ! » DIEU seconda plus d'une fois son zèle par des miracles. 

Un jour que les habitants de Tunis voulaient l'empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu'il avait rachetés, il se prosterne et invoque Marie ; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étend son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogue bientôt en pleine mer et aborde en moins de deux jours à Ostie, aux applaudissements d'une foule, émerveillée du prodige. 

Jean de Matha mourut à Rome, usé de fatigues, le 21 décembre 1213, à l'âge de soixante et un ans, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d'œuvres et de mérites. La pauvre petite cellule qu'il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu'à ce jour, et semble encore toute parfumée de ses vertus. 

Pratique. Soyez bon et compatissant ; qu'aucune misère ne vous laisse insensible.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"