samedi 24 janvier 2015

24 JANVIER : SAINT FRANÇOIS DE SALES, Evêque et Docteur de l'Eglise

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT FRANCOIS DE SALES naquit le 21 août 1567, au château de Sales en Savoie, de parents plus recommandables encore par leur piété que par la noblesse de leur sang. Nommer ce Saint, c'est personnifier la vertu de douceur ; il fut le saint aimable par excellence et, sous ce rapport particulièrement, le parfait imitateur de Celui qui a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »

Ce sera là toujours le cachet et la gloire de François de Sales. Toutes les vertus, du reste, lui étaient chères, et sa vie, depuis son enfance, nous en montre le développement progressif, constant et complet.

Jeune enfant, au collège, il était le modèle de ses condisciples, et dès qu'ils le voyaient arriver, ils disaient : « Soyons sages, voilà le saint! » Jeune homme, il mena la vie des anges. Prêtre, il se montra digne émule des plus grands apôtres, par ses travaux et par les innombrables conversions qu'il opéra parmi les protestants. Evêque, il fut le rempart de la foi, le père de son peuple, le docteur de la piété chrétienne, un pontife incomparable.

Revenons à sa douceur ; elle était si étonnante, que Saint Vincent de Paul pouvait dire : "Que DIEU doit être bon, puisque l'évêque de Genève, son ministre, est si bon!". Un jour, ses familiers s'indignaient des injures qu'un misérable lui adressait, et se plaignaient de le voir garder le silence : « Eh quoi! dit-il, voulez-vous que je perde en un instant le peu de douceur que j'ai pu acquérir par vingt ans d'efforts? ».

« On disait communément, écrit Sainte Jeanne de Chantal, qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de gagner sa faveur que de lui faire du mal, et que c'était la seule vengeance qu'il sût exercer. » — «Il avait un cœur tout à fait innocent, dit la même sainte ; jamais il ne fit aucun acte par malice ou amertume de cœur. Jamais on n'a vu un cœur si doux, si humble, si débonnaire, si gracieux et si affable qu'était le sien. »

Citons quelques paroles de François lui-même : « Soyez, disait-il, le plus doux que vous pourrez, et souvenez-vous que l'on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu'avec cent barils de vinaigre. S'il faut donner en quelque excès, que ce soit du côté de la douceur. » — « Je le veux tant aimer, ce cher prochain, je le veux tant aimer! Il a plu à DIEU de faire ainsi mon cœur! Oh ! Quand est-ce que nous serons tout détrempés en douceur et en charité pour le prochain ! »

Saint François de Sales mourut à Lyon, le jour des saints Innocents, 1622.

Pratique. Pratiquez en toute occasion la vertu de douceur.

            "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

vendredi 23 janvier 2015

23 Janvier : SAINT RAYMOND DE PENNAFORT


Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT RAYMOND de PENNAFORT 

1175-1275)
 

Saint Raymond vint au monde l'an 1175, au château de Pennafort, en Espagne, et brilla non moins par sa vaste science que par ses vertus; il se fit même, dans l'enseignement du droit ecclésiastique, une réputation extraordinaire. Chargé par le souverain Pontife des plus hautes missions apostoliques et scientifiques, il dépassa partout les espérances qu'on avait conçues de lui. 
Raymond étant entré dans l'Ordre de Saint-Dominique peu après la mort du saint fondateur; il devint général de cet Ordre. DIEU confirma par des miracles ses éclatantes vertus.

Dans une nécessité pressante, il fit cinquante-trois lieues marines sur l'Océan, n'ayant pour navire que son manteau. Appelant DIEU à son aide, il étendit, en effet, son manteau sur les flots, prit son bourdon à la main, fit le signe de la Croix, posa résolument le pied sur son frêle radeau et pria son compagnon de venir le rejoindre, après avoir fait un nouveau signe de Croix; mais celui-ci sentit sa foi défaillir et préféra la sécurité du port aux hasards d'une telle embarcation. Le Saint releva en haut la moitié du manteau en guise de voile et l'attacha au noeud de son bâton, comme au mât d'un navire. Un vent favorable ne tarda pas à se lever et le poussa en pleine mer, pendant que les matelots sur le rivage se regardaient muets de stupeur. 


Six heures après, 
Raymond débarqua dans le port de Barcelone, se revêtit de son manteau aussi sec que s'il l'eût tiré de l'armoire, et, reprenant son bourdon, se dirigea droit vers le couvent. Les portes en étaient fermées; néanmoins il entra, apparut soudain au milieu de ses frères et se jeta aux pieds du prieur pour lui demander sa bénédiction. Ce prodige inouï se répandit bientôt dans toute la ville, car plusieurs personnes avaient été témoins de son débarquement.

La prière du saint religieux était continuelle et presque toujours accompagnée d'abondantes larmes. NOTRE SEIGNEUR  lui avait donné pour familier un de Ses anges qui le réveillait à propos, pour lui permettre de vaquer à l'oraison. Il ne montait jamais à l'autel sans avoir confessé ses plus légères fragilités. Il disait souvent: "Les jours où de graves empêchements m'ont privé de la sainte Messe ont toujours été pour moi des jours de deuil et d'affliction." 
Il employa les trente-cinq dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort. 
Pratique : Ayez une grande foi ; la foi accomplit des merveilles. 
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

jeudi 22 janvier 2015

22 JANVIER : SAINT VINCENT, Diacre et Martyr

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)



SAINT VINCENT, l'un des plus illustres martyrs de JESUS-CHRIST, naquît à Saragosse, en Espagne. Son éducation fut toute chrétienne, et il fit, sous la direction de l'évêque Valère, de rapides progrès dans la connaissance des saintes Lettres.

Il était diacre, quand Dacien, gouverneur d'Espagne, l'un des plus cruels persécuteurs qu'ait jamais eus l'Église, en fit une des premières victimes de sa fureur. Rien n'est plus beau que le récit de son interrogatoire : "Ta naissanceVincent, dit le juge, et ta brillante jeunesse excitent tonte ma sympathie ; renonce à ta religion et choisis entre les honneurs ou les tourments. — Tu as pris trop de peine, répond le martyr, pour me faire apostasier; je resterai chrétien et saurai mourir joyeusement pour la vérité. Les souffrances me vaudront la couronne des élus. »

Comme prélude de son supplice, Vincent est étendu sur un chevalet, et, sons l'action des cordes et des roues, ses nerfs se rompent et ses membres se brisent : « Eh bien! Dis-moi maintenant quelle est ta foi, reprend le féroce Dacien. — Tu combles aujourd'hui mes vœux, dit le martyr, laisse libre cours à ta rage, tes fureurs me conduisent à la gloire. »

Le tyran s'irrite contre les bourreaux, trop timides dans leur besogne, et le supplice recommence plus horrible encore, à coups d'ongles de fer. Vincent sourit dans les tortures : « Vos idoles, dit-il, sont de bois et de pierre ; servez, si vous voulez, ces vains fantômes; pour moi, je ne sacrifie qu'au DIEU vivant qui est béni dans tous les siècles. »

Dacien lui-même est touché de l'affreux état où il a mis sa victime : « Aie pitié de toi, Vincent, ne méprise pas ainsi la jeunesse dans sa fleur, épargne-toi de plus terribles châtiments. » Mais le saint diacre ne cède pas plus aux flatteries qu'aux menaces : « Langue de vipère, dit -il, je crains plus ton poison que tes tourments. J'ai pour me soutenir la parole de mon SAUVEUR, qui a dit : "Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent rien sur l'âme. »

Alors on prépare un vaste gril de fer dont les barres sont autant de scies aux pointes aiguës ; on le place sur un brasier ardent et on y jette le martyr, qui bénit DIEU dans son affreux supplice.

Vainqueur du tyran, Vincent est retourné dans son cachot et soumis à de nouvelles tortures. Au milieu de la nuit, les anges viennent le consoler : "Réjouis-toi, lui disent-ils, bientôt ton âme, libre du joug de la chair, va prendre place parmi nous !"

Vincent rendit peu après le dernier soupir ; il avait vingt- deux ans. C'était en 304. Saint Augustin a dit de lui : « Enivré du vin qui rend fort et chaste, Vincent triompha des tyrans qui voulaient rainer le règne de JESUS-CHRIST".

Pratique. Rougissez de votre sensualité et mortifiez vos sens avec courage.

                    "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mercredi 21 janvier 2015

21 JANVIER : NOTRE DAME D'ALTAGRÂCE (HAUTE GRÂCE) / SAINTE AGNÈS, Vierge et Martyre

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)



Notre Dame de « Haute Grâce » est à 180 km de Saint Domingue.

« Haute Grâce » : Marie a reçu de nombreuses grâces, elle est « la pleine de grâce » pour être préparée à la plus haute grâce, celle d’être la Mère de Dieu.

Le sanctuaire s'appelle aussi Notre Dame de la Nina, du nom d'une jeune adolescente à l'origine du sanctuaire. 

Origine :  Un colon espagnol avait l’habitude de se rendre à la ville de Ozama faire quelques courses. Cette fois là, sa fille Nina, âgée de 14 ans, lui avait demandé une image de Notre Dame de « Haute Grâce ». 

Mais il revint sans l’avoir trouvé. Il fait étape dans une auberge, et confie sa peine à un vieil ami qu’il y rencontre. Un autre personnage intervient alors et sort de sa besace une toile représentant Notre Dame de « Haute Grâce », la Vierge en prière devant l’enfant Jésus, et saint Joseph derrière elle.

Plein de joie, il voulut la lui acheter, mais ce dernier la lui offrit. Le lendemain matin, le mystérieux personnage avait disparu, et la fille Nina vient à la rencontre de son père, un 21 janvier. 

A l’endroit où le père et la fille se rencontrèrent, à Higuey, est aujourd’hui construit le sanctuaire.

Fête : 21 janvier

Le culte a commencé le 21 janvier 1569, anniversaire de l'évènement. (1) 

Visite de Jean Paul II 

Jean Paul II est venu dans ce sanctuaire en 1992.


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La fête de ce jour nous rappelle un des plus touchants et des plus beaux triomphes de là foi chrétienne ; elle nous montre une faible enfant de treize ans sacrifiant, pour l'amour de JESUS-CHRIST, tout ce que le monde a de plus séduisant, noblesse, fortune, jeunesse, beauté, plaisirs, honneurs.

L'admiration pour cet héroïsme ne suffit pas; le martyre de SAINTE AGNESrenferme de grandes leçons, qu'il faut mettre en pratique.

Agnès, enfant de l'une des plus nobles familles de Rome, se consacra au Seigneur dès l'âge de dix ans. Elle avait à peine treize ans, quand un jeune homme païen, fils du préfet de Rome, la demanda en mariage ; mais Agnès lui fit cette belle réponse : « Depuis longtemps je suis fiancée à un époux céleste et invisible ; mon cœur est tout à lui, je lui serai fidèle jusqu'à la mort. En l'aimant, je suis chaste ; en l'approchant, je suis pure; en le possédant, je suis vierge. Celui à qui je suis fiancée, c'est LE CHRIST que servent les anges, LE CHRIST dont la beauté fait pâlir l'éclat des astres. C'est à lui, à lui seul, que je garde ma foi, c'est à lui que je me dévoue entièrement. »

Peu après, la noble enfant est traduite comme chrétienne devant le préfet de Rome, dont elle avait rebuté le fils; elle persévère dans son refus, disant : "Je n'aurai jamais d'autre époux que JESUS-CHRIST."

Le tyran veut la contraindre à offrir de l'encens aux idoles, mais sa main ne se lève que pour faire le signe de la Croix.

Supplice affreux pour elle : on la renferme dans une maison de débauche. « Je ne crains rien, dit-elle, mon Époux, JESUS-CHRIST, saura garder mon corps et mon âme. » Et voici, ô miracle, que ses cheveux, croissant soudain, servent de vêtement à son corps virginal, une lumière éclatante l'environne, et un ange est à ses côtés.

Le seul fils du préfet ose s'approcher d'elle, mais il tombe foudroyé à ses pieds. Agnès lui rend la vie, et, nouveau prodige, le jeune homme, changé par la grâce, reconnaît le DIEU du ciel et se déclare chrétien.

Agnès est jetée sur un bûcher ardent, mais les flammes la respectent et forment comme une tente autour d'elle et au-dessus de sa tête. Pour en finir, le juge la condamne à avoir la tête tranchée.

Le bourreau tremble, il faut qu'Agnès l'encourage : « Frappez, dit-elle, frappez sans crainte, pour me rendre plus tôt à Celui que j'aime ; détruisez ce corps qui, malgré moi, a plu à des yeux mortels. »

Le bourreau frappe enfin, et l'âme d'Agnès s'envole au ciel le 21 janvier 304. Les actes de son martyre mettent dans sa bouche ces belles paroles : « Je suis toute à mon Époux céleste; je l'aime plus que ma vie, et je suis prête à mourir pour Lui. »

Pratique. Ayez un soin jaloux de conserver purs votre âme et votre corps.


             "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mardi 20 janvier 2015

20 JANVIER : SAINT FABIAN, Pape et Martyr / SAINT SEBASTIEN, Martyr

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT FABIEN
Pape et Martyr
(250)

SAINT FABIAN monta sur la chaire de saint Pierre en 256. DIEU manifesta le choix qu'il avait fait de lui par une colombe, descendue tout à coup d'en haut, qui alla se poser sur sa tête.

Une telle entrée dans le gouvernement de l'Église suppose de hautes vertus et promet des événements remarquables, mais l'histoire n'en a pas conservé le souvenir.

Saint Cyprien résume l'éloge de Saint Fabien en lui donnant le titre d'homme incomparable. Le martyre couronna sa vie en l'an 250.



SAINT SÉBASTIEN
Martyr
( + 288)


SAINT SEBASTIEN, né à Narbonne, a reçu le glorieux titre de Défenseur de l'Église romaine.

On pense que, renonçant à une brillante carrière dans sa patrie, il entra dans l'armée afin de pouvoir plus facilement servir ses frères dans la foi. Ses grandes qualités le firent bientôt connaître à la cour ; il s'y distingua et devint en peu de temps un des favoris de Dioclétien, qui le nomma capitaine de la première compagnie de ses gardes.

Cette position favorisa ses desseins. Bon nombre de chrétiens lui durent de ne pas faiblir devant les supplices, il fut pour les païens l'occasion d'une foule de conversions; la grâce de DIEU était en lui, et le Ciel confirmait son zèle par les miracles. Un apostat le trahit enfin, et il fut traduit comme chrétien devant l'empereur.

Sébastien parut sans frayeur en face du tyran, et se proclama disciple de JESUS-CHRIST : « Quoi! lui dit Dioclétien, je t'ai comblé de mes faveurs, tu habites mon palais, et tu es l'ennemi de l'empereur et des dieux? — J'ai toujours invoqué JESUS-CHRIST pour votre salut et la conservation de l'empire, reprit Sébastien, et j'ai toujours adoré le DIEU du ciel. »

L'empereur, écumant de rage, le livra à une troupe d'archers pour être percé de flèches. Tout couvert de blessures, on le laissa pour mort, baigné dans son sang. Mais, recueilli par une dame chrétienne, il fut bientôt providentiellement guéri.

Il alla lui-même se présenter devant Dioclétien, qui, stupéfait de le voir, lui dit : "Quoi! Vous êtes Sébastien, que j'avais ordonné de faire mourir à coups de flèches? — Le SEIGNEUR, dit Sébastien, m'a guéri, afin de protester en présence de tout le peuple contre l'injuste persécution dont vous accablez les chrétiens, qui sont les meilleurs et les plus fidèles citoyens de l'empire. »

L'empereur le fit traîner dans le cirque, pour y être assommé à coups de bâtons. Ce fut le 20 janvier 288 qu'il acheva son sacrifice. L'Église l'a toujours honoré comme l'un de ses plus illustres martyrs.

Pratique. Faites naitre et grandir en vous un zèle ardent pour la sanctification de votre prochain.

               "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

lundi 19 janvier 2015

19 JANVIER : SAINT CANUT, Martyr, Roi du Danemark

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT CANUT

(1040-1086)

SAINT CANUT, roi de Danemark, alliait toutes les qualités de l'âme à celles du corps. Élevé dans la religion chrétienne, encore peu répandue en ce pays, il l'embrassa de cœur et y conforma généreusement sa conduite, chose rare, parmi les jeunes seigneurs de son entourage. Aux vertus du citoyen et du chrétien, il joignit les qualités qui font les grands rois. 

Comprenant qu'il est du devoir d'un prince de défendre ses sujets, il aimait à s'exercer au métier des armes et devint bientôt maître dans l'art militaire. A la bataille, il était le premier et ne reculait jamais. Placé, jeune encore, à la tête des armées danoises, chacun de ses combats fut une victoire. Mais ce fut sur le trône qu'éclatèrent complètement ses qualités et ses vertus.

Canut comprenait que l'obéissance au Roi éternel est la seule et véritable grandeur; il estimait peu sa couronne passagère, en comparaison de celle que la pratique de l'Évangile lui mériterait dans le Ciel. La frugalité de sa table, la simplicité de ses vêtements, faisaient un contraste frappant avec le luxe de sa cour. Cependant il savait, à l'occasion, faire respecter sa dignité et imposer à tous par sa majesté et par la crainte de sa juste autorité. 

En voici un exemple: Un chef danois, pour faire face à ses folles dépenses, ne rougit pas d'exercer le criminel métier de pirate et de brigand; un jour le roi de Danemark apprend que son vassal avait pillé un vaisseau norvégien et massacré l'équipage. Il fait saisir le coupable, le convainc du crime par son propre aveu et le condamne à mort sans craindre la vengeance de sa puissante famille. 

Ce roi juste était le plus loyal des hommes, et sa bonté d'âme égalait sa fermeté. Austère et pieux, comme un moine, il jeûnait souvent, passait les nuits en oraison et n'avait qu'un soin, celui d'étendre la foi dans son royaume, comprenant bien qu'elle est la vraie source de tout progrès et de toute civilisation.

Le démon, l'ennemi des âmes, suscitait dans l'ombre des ennemis à ce saint roi; pendant qu'il priait dans une église, il fut entouré par des assassins, et, plutôt que de fuir, il continua sa prière et se laissa poignarder à genoux sur les marches de l'autel.

DIEU vengea sa mort en affligeant le Danemark de plusieurs calamités, et des guérisons miraculeuses s'opérèrent à son tombeau.

Pratique. Priez pour que DIEU suscite dans son Église des gouvernements chrétiens.

                   "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

dimanche 18 janvier 2015

18 JANVIER : LA CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


La Sainte Église a institué la fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome pour célébrer cette mémorable journée en laquelle le prince des Apôtres, après avoir tenu sept ans son siège apostolique à Antioche, vint à Rome combattre le paganisme dans son centre et dans sa source.

Le dessein était audacieux ; mais l'ESPRIT-SAINT l'inspira à celui que naguère la voix d'une servante avait fait trembler. La sagesse divine réservait au prince des Apôtres de planter la foi dans cette ville, maîtresse de l'univers, afin que de là elle se répandît facilement chez tous les peuples.


Assurément la victoire du christianisme serait complète si la capitale du monde païen devenait la capitale du monde régénéré, si le trône des Césars devenait le trône des chefs de l'Église de JESUS-CHRIST, si l'empire du démon croulait sur ses vieilles bases pour donner place à l'empire du SAUVEUR

C'est ce qui arriva, en dépit de toutes prévisions humaines, parce que la volonté de DIEU ne connaît pas d'obstacles. N'était-il pas juste de célébrer par une fête la prise de possession de Rome par Saint Pierre? Pour entrer dans l'esprit de cette fête, témoignons à JESUS-CHRIST notre reconnaissance et affermissons notre foi à son Église.




Heureux sommes-nous de vivre dans la communion de l'Église romaine, seule vraie Église, hors de laquelle il n'y a point de salut ; enfants du Pontife romain, nous marchons à la vraie lumière, nous suivons le droit chemin, nous arrivons sûrement au ciel.

Notre naissance au sein de l'Église romaine, hors du paganisme, des hérésies et des schismes, est un don gratuit de Dieu et une marque insigne de sa prédilection. G
râces éternelles lui en soient rendues !

De plus, quel sujet d'affermir notre foi! Cette Église, dont nous sommes les enfants, elle est l'œuvre de DIEU ; nulle force humaine n'a contribué à son établissement ni à son triomphe ; elle doit tout à la puissance divine ; le monde tout entier s'est levé contre elle, mais elle a vaincu le monde; les Césars ont voulu l'égorger à sa naissance, mais elle a supplanté les Césars.

Les persécutions, qui devaient la tuer, l'ont fait naître et grandir à l'infini; la faiblesse de ses chefs a fait leur force, et de même que le CHRIST a sauvé l'humanité par sa mort, c'est par sa mort plus que par sa vie que Saint Pierre a fait de Rome le centre immortel de 
l'Église.


Rome!
 Ce grand nom nous rappelle bien des gloires; mais, de toutes ces gloires, la plus vraie, la plus solide, la plus brillante, c'est d'être devenue, par la prise de possession de Saint Pierre, la capitale du monde chrétien et le phare lumineux qui éclaire tout l'univers.

Pratique. Priez beaucoup pour le triomphe de l'Église contre l'impiété.

 "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

samedi 17 janvier 2015

17 JANVIER : SAINT ANTOINE, Abbé, Premier Père des Solitaires d'Egypte

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT ANTOINE
Abbé, Premier Père des Solitaires d’Égypte
(251-356)
SAINT ANTOINE naquit à Côme, dans la Haute-Égypte, en 251. Si la gloire de l’ermite Paul est d’avoir donné le premier exemple connu de la vie cachée au désert, celle d’Antoine est d’avoir réuni des peuples de solitaires sous les règles d’une vie commune.
Antoine avait reçu de ses excellents parents une éducation profondément chrétienne. Peu de temps après leur mort, étant âgé de dix-huit ans, il entendit lire, à l’église, ces paroles de l’Évangile: « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres. »
Il prend aussitôt cette parole pour lui, et voulant l’accomplir à la lettre, il se retire dans le désert, où il partage son temps entre la prière et le travail; il fait son unique repas après le coucher du soleil, d’un peu de pain, de sel et d’eau, et garde parfois l’abstinence jusqu’à quatre jours entiers; le peu de sommeil qu’il se permet, il le prend sur une simple natte de jonc ou sur la terre nue.
A deux reprises, il s’enfonce plus avant dans le désert et s’abîme de plus en plus dans la pénitence et la prière. La persécution le fait retourner dans le monde: « Allons, dit-il, voir les triomphes de nos frères qui combattent pour la cause de DIEU; allons combattre avec eux. »
On le voyait soulager les confesseurs de JESUS-CHRIST dans les cachots, les accompagner devant les juges et les exhorter à la constance.  Son courage étonnait les juges et les bourreaux; il alla cent fois au-devant du martyre; mais DIEU lui réservait une autre couronne.
La persécution ayant cessé, il retourna au désert, fonda des monastères et devint le père d’une multitude de religieux. Le travail des mains, le chant des cantiques, la lecture des Saints Livres, la prière, les jeûnes et les veilles étaient leur vie.
Le désert, habité par des anges, florissait de toutes les vertus, et Antoine était l’âme de ce grand mouvement cénobitique. Il mourut à l’âge de cent cinq ans. Sa joie en quittant cette terre, fut si grande, qu’il semblait voir le Ciel ouvert devant ses yeux, et les esprits célestes prêts à lui faire escorte.
Saint Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort; les malins esprits prenaient pour l’épouvanter les formes les plus horribles; mais il se moquait de leurs efforts. Après les avoir chassés par le signe de la Croix: « Où étiez-vous donc, Seigneur? » s’écriait-il; et DIEU lui répondait: « Antoine, j’étais avec toi et je me réjouissais de ta victoire. »
Pratique. Préparez votre âme au combat; défiez-vous du démon.

      "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

vendredi 16 janvier 2015

16 JANVIER : SAINT MARCEL, Pape et Martyr / SAINT HONORAT, Evêque d'Arles / La BSE STEPHANIE QUINZANI, Vierge.

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT HONORAT
Évêque d'Arles
(Mort en 429)

SAINT HONORAT naquit dans les Gaules, d'une famille illustre, mais païenne. DIEU mit de bonne heure en cet enfant prédestiné le désir du baptême, et il s'y prépara par toutes les vertus qui font l'ornement de la jeunesse.

Il dut tout à la grâce et à son heureux naturel, car il avait contre lui ses parents, ses amis et le milieu corrupteur dans lequel il lui fallait vivre. Jusqu'après son baptême, son père chercha par tous les moyens possibles à le détourner de la vie chrétienne; mais, au milieu de toutes les séductions, l'invincible jeune homme se disait: "Cette vie plaît, mais elle trompe." Belle parole, qui devrait servir de maxime à la folle jeunesse entraînée si facilement par les faux appâts du monde.

Le jeune Honorât réfléchissait, et tout le portait à quitter le monde pour Dieu : "J'entends dans le monde des maximes bien différentes de celles de l'Église ; il faut choisir : d'un côté on me prêche la modestie, la mortification, la vie de l'âme ; de l'autre, la jouissance, la vie du corps ; ici, Jésus m'appelle à régner au ciel ; là, le démon à régner sur la terre. Hâtons-nous, mon âme, de renoncer aux choses terrestres pour nous donner à Dieu."

Dès lors, Honorat vit comme un moine, le jeûne amaigrit son visage, la prière occupe ses journées. Après quelques années d'incertitudes sur sa vraie vocation, il aborde l'île de Lérins, sur les côtes de la Provence; les serpents la rendaient inhabitable, mais ils disparaissent sous ses pas, et cette île aride et déserte devient un jardin délicieux, embaumé des fleurs de la science et de la sainteté.

Par Honorat, l'Occident a trouvé aussi en lui sa Thébaïde; Lérins devient une pépinière de savants, d'évêques et de saints.

A la mort de son évêque, l'église d'Arles réclame un vertueux Pontife, et la voix populaire appelle Honorat sur ce siège illustre. C'est là qu'il se surpasse lui-même et retrace en sa vie, toute de zèle et de saintes œuvres, l'image du pasteur selon le Cœur de DIEU, dont la charité n'a d'égal que le courage inflexible à défendre les intérêts de JESUS-CHRIST.

Saint Hilaire d'Arles, son disciple et son successeur, nous a laissé de lui un magnifique éloge. Retenons-en cette belle parole: "Si l'on voulait représenter la charité sous une figure humaine, il faudrait faire le portrait d'Honorat."

Cet illustre pontife mourut en l'an 429. Beaucoup de personnes virent son âme s'élever au ciel parmi les chœurs des anges.

Pratique. Travaillez, dans votre situation, au salut des âmes et à la gloire de Dieu.


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SAINT MARCEL
Pape et Martyr
(+ 310)

Romain d'origine, SAINT MARCEL fut choisi le 21 mai 308, pour succéder à saint Marcellin, martyrisé deux mois auparavant. (Il siégea sous le règne de Maxence, cinq ans, six mois et vingt-et-un jours.) 

Devenu Pape, Saint Marcel n'oublia point les exemples de vertus et de courage de son prédécesseur. Il obtint d'une pieuse matrone nommée Priscille, un endroit favorable pour y rétablir les catacombes nouvelles, et pour pouvoir y célébrer les divins mystères à l'abri des profanations des païens.

Les vingt-cinq titres de la ville de Rome furent érigés en autant de paroisses distinctes, afin que les secours de la religion fussent plus facilement distribués aux fidèles. A la faveur d'une trêve dans la persécution, Marcel s'efforça de rétablir la discipline que les troubles précédents avaient altérée. Sa juste sévérité pour les chrétiens qui avaient apostasié durant la persécution lui attira beaucoup de difficultés. L'Église subissait alors la plus violente des dix persécutions. Dioclétien venait d'abdiquer en 305, après avoir divisé ses États en quatre parties, dont chacune avait à sa tête un César.

Maxence, devenu César de Rome en 306, ne pouvait épargner le chef de l'Église universelle. L'activité du Saint Pontife pour la réorganisation du culte sacré au milieu de la persécution qui partout faisait rage, était aux yeux du cruel persécuteur, un grief de plus. Maxence le fit arrêter par ses soldats et comparaître à son tribunal, où il lui ordonna de renoncer à sa charge et de sacrifier aux idoles. Mais ce fut en vain: saint Marcel répondit hardiment qu'il ne pouvait désister un poste où DIEU Lui-même l'avait placé et que la foi lui était plus chère que la vie.

Le tyran, exaspéré par la résistance du Saint à ses promesses comme à ses menaces, le fit flageller cruellement. Il ne le condamna point pourtant à la mort; pour humilier davantage l'Église et les fidèles, il l'astreignit à servir comme esclave dans les écuries impériales. Le Pontife passa de longs jours dans cette dure captivité, ne cessant dans la prière et le jeûne, d'implorer la miséricorde du Seigneur. Après neuf mois de détention, les clercs de Rome qui avaient négocié secrètement son rachat avec les officiers subalternes, vinrent pendant la nuit et le délivrèrent.

Une pieuse chrétienne nommée Lucine donna asile au Pontife. Sa maison devint dès lors un titre paroissial de Rome, sous le nom de Marcel, où les fidèles se réunissaient en secret. Maxence en fut informé, fit de nouveau arrêter Marcel, et le condamna une seconde fois à servir comme palefrenier dans un haras établi sur l'emplacement même de l'église. 

Saint Marcel, Pape, mourut au milieu de ces vils animaux, à peine vêtu.

La bienheureuse Lucine l'ensevelit dans la catacombe de Priscille, sur la voie Salaria. Les reliques de ce Souverain Pontife reposent dans l'ancienne église de son nom, illustrée par son martyre. Il fut le dernier des Papes persécutés par le paganisme, en ce temps.

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BIENHEUREUSE STEPHANIE QUINZANI
Vierge du Tiers-Ordre de Saint-Dominique
(1457-1530)

Cette fille de Saint Dominique naquit le 5 février 1457, à Orzinovi, petit village situé près de Brescia, en Italie. Son père, Lorenzo Quinzani alla bientôt s´établir à Soncino pour se mettre sous la conduite du dominicain Mathieu Carreri, célèbre maître de la vie intérieure. Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et prédit à la jeune enfant qu´elle serait son héritière.

L´enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le bienheureux Matthieu mourut, la Sainte se sentit frappée au cœur d´une blessure très douloureuse. Au même instant, le défunt lui apparut et lui apprit que cette blessure était l´héritage qu´il lui avait promis.


La souffrance devait être le partage de la bienheureuse Stéphanie; elle était destinée par DIEU à prendre rang parmi ces âmes privilégiées que Sa divine sagesse conduit hors des voies communes et élève par des moyens extraordinaires jusque´aux plus hauts sommets de la vie mystique.


Chez la bienheureuse, la grâce prévint la nature. A l´âge de sept ans, elle fit vœu de pauvreté, de virginité et d´obéissance. NOTRE-SEIGNEUR voulut aussitôt lui montrer combien sa générosité Lui avait été agréable. Il lui apparut accompagné de Sa Très Sainte Mère, et de plusieurs autres Saints et lui donna le titre d´épouse et comme gage de cette alliance, lui remit un anneau précieux.

Vers l´âge de dix à onze ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu´elle devait suivre Le CHRIST, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Les épreuves ne lui furent pas épargnées et le démon lui suscita de terribles tentations contre la sainte vertu.

Pour en triompher, la jeune fille eut recours à un remède énergique: elle se précipita avec un courage intrépide dans un amas d´épines et s´y roula jusque à ce que la douleur eût calmé les efforts de la tentation.


A l´âge de quinze ans, un Vendredi-Saint, alors qu´elle méditait avec larmes sur les souffrances de son SAUVEUR, elle reçut de JESUS-CHRIST l´impression des sacrés stigmates et Il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs et que dans chacun de ses membres elle porterait une partie de ce que Lui-même avait souffert.

A partir de ce moment, chaque semaine, le vendredi, elle semblait reproduire dans son corps et dans son âme les mystères de la sanglante Passion. On la voyait dans une sorte d´agonie pendant laquelle il lui sortait de tous les pores une sueur mêlée de sang. Puis on eût dit qu´on la déchirait de coups de fouet. Enfin, sa tête portait comme l´empreinte du couronnement d´épines.

A ces souffrances corporelles venaient s'ajouter d´indicibles angoisses morales. Pendant quarante ans, la Bienheureuse dut passer à travers des ténèbres, des sécheresses, des impuissances et des délaissements terribles. Et ce martyre de l´âme était si effroyable qu´elle eût succombé sous la rigueur des épreuves, si des faveurs extraordinaires n´étaient venues la soutenir.


Selon son plus grand désir et la promesse qu´elle avait faite en son jeune âge, elle revêtit l´habit du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle établit un monastère à Soncino et entreprit de bâtir un couvent sous le vocable de Saint Paul. DIEU lui vint en aide, et, dès l´année 1519, une trentaine de jeunes filles des plus nobles familles y travaillaient sous sa direction à acquérir la perfection religieuse.



Elle mourut le 2 janvier 1530 à l´âge de soixante-treize ans en prononçant les paroles du Divin Crucifié dont elle avait été la fidèle imitatrice: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

                           "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

jeudi 15 janvier 2015

15 JANVIER : SAINT PAUL, Premier Ermite / SAINT RÉMI, Archevêque de Reims, Apôtre des Francs

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.”
 (Saint François de Sales)


SAINT PAUL
Premier Ermite
(229-342)

La gloire de ce grand Saint est d'avoir frayé la voie du désert à d'innombrables générations de solitaires et de n'avoir été surpassé par personne dans la pratique de la prière et de la pénitence.

Il naquit dans la Basse-Thébaïde, en Egypte, vers l'an 227. Orphelin dès l'âge de quinze ans et possesseur d'un très riche patrimoine, il abandonna tout pour obéir à l'impulsion divine.

S'enfonçant dans la solitude, il arriva à une caverne creusée dans les flancs d'une montagne, et dans laquelle coulait une source limpide. Il prit ce lieu en affection et résolut d'y passer sa vie. Un palmier voisin lui fournissait son repas et son vêtement; l'eau claire de la fontaine était son unique boisson.

PAUL avait vingt-deux ans quand il se retira du monde ; il vécut dans le désert jusqu'à l'âge de cent treize ans ; il passa donc quatre-vingt-onze ans sous le regard de DIEU et loin de la vue des hommes, et nul ne pourra jamais nous dire ni les merveilles de vertu qu'il a accomplies, ni les ineffables douceurs de sa vie pénitente et contemplative.

Deux faits cependant nous sont connus. Paul avait quarante-trois ans quand DIEU se chargea de le nourrir Lui-même en lui envoyant miraculeusement chaque jour, par un corbeau, la moitié d'un pain. A l'âge de cent treize ans, il reçut la visite du Saint solitaire Antoine.

Antoine âgé de quatre-vingt-dix ans, avait été éprouvé par une tentation de vaine gloire, le démon essayant de lui suggérer qu'il était le plus parfait des solitaires. Mais DIEU lui avait ordonné en songe d'aller plus avant dans le désert, à la rencontre d'un solitaire bien plus parfait que lui.

Après deux jours et une nuit de marche, Antoine suivit la trace d'une louve qui le conduisit jusqu'à la grotte où habitait Paul. Ce fut à grand peine que le Saint voulut ouvrir sa porte au voyageur inconnu. Il ouvrit enfin ; les deux vieillards s'embrassèrent en s'appelant par leurs noms et passèrent de longues heures à bénir DIEU.

Ce jour-là, le corbeau leur apporta un pain entier; ils rendirent grâces au SEIGNEUR, et s'assirent au bord de la fontaine pour prendre leur frugal repas. Antoine, de retour dans sa solitude, disait à ses disciples : « Malheur à moi, pécheur, qui suis indigne d'être appelé serviteur de DIEU ! J'ai vu Elie, j'ai vu Jean dans le désert ; en un mot, j'ai vu Paul dans le paradis.

Paul mourut cette même année, et sa fosse fut creusée par deux lions du désert. Sa vie, parfaitement authentique, fut écrite par saint Jérôme qui termina son récit par ces paroles : "Si DIEU m'en avait donné le choix, j'aimerais mieux la tunique de Saint Paul avec ses mérites, que la pourpre des rois avec leur puissance."

Pratique: Ne vous contentez pas d'admirer les saints, suivez leurs traces.

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SAINT RÉMI
Archevêque de Reims, Apôtre des Francs 
(438-533)

SAINT REMI fut l'enfant de la Providence. Ses parents avaient deux enfants, et depuis longtemps n'espéraient plus en avoir d'autres, quand un vieux moine aveugle leur annonça le fils prédestiné.

Les talents et les vertus de Rémi le firent consacrer archevêque de Reims, à l'âge de vingt-deux ans. Sa consécration fut marquée par un prodige : le front de Rémi parut brillant de lumière et fut embaumé d'un parfum tout céleste.

Il montra dès l'abord toutes les vertus des grands pontifes. Les miracles relevèrent encore l'éclat de sa sainteté : pendant ses repas, les oiseaux venaient prendre du pain dans ses mains ; il guérit un aveugle possédé du démon ; il remplit de vin, par le signe de la croix, un vase presque vide ; il éteignit, par sa seule présence, un terrible incendie ; il délivra du démon une jeune fille que saint Benoît n'avait pu délivrer, et opéra bien d'autres merveilles.

L'histoire de sainte Clotilde nous a appris comment Clovis se tourna vers le DIEU des chrétiens, à la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut Saint Rémi qui acheva d'instruire le prince. Comme il lui racontait, d'une manière touchante, la Passion du SAUVEUR : « Ah! s'écria le guerrier, que n'étais-je là avec mes Francs pour le délivrer! » La nuit avant le baptême, Saint Rémi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais et les conduisit à l'église, où il leur fit un éloquent discours sur la vanité des faux dieux et les grands mystères de la religion chrétienne.

Alors l'église se remplit d'une lumière et d'une odeur célestes, et l'on entendit une voix qui disait : « La paix soit avec vous ! » Le saint prédit à Clovis et à Clotilde les grandeurs futures des rois de France, s'ils restaient fidèles à DIEU et à l'Église. Quand fut venu le moment du baptême, saint Rémi dit au roi : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. »

Au moment de faire l'onction du saint chrême, le pontife, s'apercevant que l'huile manquait, leva les yeux au ciel et pria DIEU d'y pourvoir. Tout à coup on aperçut une blanche colombe descendre d'eu haut, portant une fiole pleine d'un baume miraculeux ; le saint prélat la prit, avec un sentiment de vive reconnaissance envers DIEU, et fit l'onction sur le front du prince.

Cette fiole, appelée dans l'histoire la Sainte Ampoule, exista jusqu'en 1793, époque où elle fut brisée par les révolutionnaires. Outre l'onction du baptême, Saint Rémi avait conféré au roi Clovis l'onction royale.

Deux sœurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et d'enfants furent baptisés le même jour.

Saint Rémi devint aveugle dans sa vieillesse, et profita de cette infirmité pour multiplier ses oraisons. Ayant recouvré la vue par miracle, il célébra une dernière fois le saint sacrifice, et s'éteignit doucement, le 13 janvier 533, âgé de quatre-vingt-seize ans.

Pratique. Priez pour la France, afin qu'elle soit digne de sa mission de Fille aînée de l'Église.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"