mercredi 24 août 2016

25 Août : SAINT LOUIS, Roi de France

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)


Le 25 avril 1215, la reine de France, Blanche de Castille, mettait au monde, à Poissy, l'enfant royal qui devait être SAINT LOUIS, le modèle des princes, la gloire du trône de France.  Il fut baptisé au même lieu, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu'il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse.
Sa mère voulut le nourrir elle-même, de peur qu'une nourrice étrangère ne lui infusât, avec le lait, un sang souillé de vices.  Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine : « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses; cependant, sachez-le bien, j'aimerais mieux vous voir mort que coupable d'un seul péché mortel. »
Élevé à une telle école, le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu'il devait faire éclater sur le trône, l'égalité d'âme, l'amour de la justice et une tendre piété.  Comme on lui reprochait quelquefois de donner trop de temps aux pieux exercices : « Les hommes sont étranges, disait-il; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j'employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux »
Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, bien convaincu que c'était le meilleur moyen d'affermir sa propre autorité.  On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d'un fer rougi au feu.  Un des plus beaux jours de sa vie fut celui où, les yeux baignés de larmes, il alla au-devant des religieux qui apportaient d'Orient la sainte couronne d'épines, et, prenant le précieux fardeau, le porta, pieds nus, dans sa capitale.
A la suite d'une maladie mortelle, guéri miraculeusement, il obéit à une inspiration du Ciel qui l'appelait aux croisades.  On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la conquête des lieux saints, faire des prodiges de valeur qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers. On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n'eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang.
Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d'admirer sa grandeur d'âme, sa foi et son courage.  De retour en France, il s'appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien ; sa vertu le faisait regarder comme l'arbitre des princes d'Europe.
On sait avec quelle justice paternelle il réglait les différends de ses sujets. Saint Louis fut aussi un modèle de pur amour conjugal ; il avait fait graver sur son anneau cette devise : Dieu, France et Marguerite. »
Saint Louis mourut de la peste près de Tunis, en se rendant à une nouvelle croisade, le 25 août 1270, après quarante-quatre ans de règne.
Pratique: Faites consister votre dignité dans le soin de porter noblement votre titre de chrétien.
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mardi 23 août 2016

24 Août : SAINT BARTHÉLÉMY, Apôtre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)



BARTHÉLÉMY, appelé par le Sauveur, vécut avec lui, assista à ses prédications, entendit ses paraboles, fut le témoin de ses vertus divines.  Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l'Évangile dans l'Inde, au delà du Gange.  Dans tous les pays qu'il dut traverser, il annonça JÉSUS-CHRIST Rédempteur du monde.  Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées ; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des prêtres pour le seconder, et consacra des évêques.

Quand, plus tard, saint Panthène évangélisa ce pays, il y trouva l'Évangile de saint Matthieu, apporté là par Barthélémy.  En quittant les Indes, l'apôtre vint dans la grande Arménie.  Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l'on rendait, les honneurs divins à l'idole Âstaroth, et où l'on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles ; le prédicateur de la foi s'y rendit, et aussitôt l'idole devint muette et ne fit plus de guérisons. 

Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélémy et leur donnèrent son signalement; mais l'apôtre se fit assez connaître par ses miracles; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l'idole Astaroth, en présence d'une foule immense, l'aveu public de ses fourberies ; après quoi le démon s'en éloigna en grinçant des dents.

Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes ; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le baptême.  Le démon résolut de se venger ; l'apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif.  Les bourreaux inhumains s'armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête jusqu'aux pieds ; de telle sorte que, n'ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os.  Il eut la tête tranchée le lendemain, 25 août, vers l'an 71.

Le corps écorché et la peau sanglante de l'apôtre furent enterrés à Albane, en la Haute-Arménie ; il s'y opéra tant de miracles, que les païens, furieux de voir une affluence si considérable de chrétiens vénérer les saintes reliques, enfermèrent le corps du bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer, en disant : " Barthélémy, tu ne tromperas plus le peuple ! "

Mais le cercueil, flottant sur l'onde, vint heureusement à l'île de Lipari, près de la Sicile.  Plus tard, en 831, les Sarrasins s'emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques ; mais un moine reçut, dans une vision, l'ordre de recueillir les ossements de l'apôtre, qu'il distingua entre d'autres par l'éclat céleste dont ils brillaient.  Le corps de saint Barthélémy est aujourd'hui à Rome, son chef à Toulouse.

Pratique: Combattez à outrance le démon, ne lui laissez aucun empire sur vous.

"Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 22 août 2016

23 Août : SAINT PHILIPPE BENITI, Religieux Servite

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)

SAINT PHILIPPE BENITI ou BENIZI était originaire d'une des plus nobles familles de Florence. Dès sa plus tendre enfance, on eût pu présager ce qu'il devait être un jour ; à peine âgé d'un an, il s'écria, à la vue de quelques frères Servites : « Ce sont là les serviteurs de la Vierge Marie! Tout lui souriait : après ses brillantes études de médecine, à Paris et à Padoue, un bel avenir s'ouvrait devant lui ; mais la grâce l'appelait à de plus grandes choses, et il entra dans l'Ordre récent des Servites. Il y fut reçu comme frère convers, grâce à son humilité, qui lui fit déguiser ses talents ; mais son mérite, bientôt découvert, ne tarda pas à changer les sentiments de ses supérieurs.


Au jour de sa première messe, toute l'assemblée entendit distinctement des vois célestes chanter : Sanctus, sanctus, sanctus... Quelques années plus tard, après avoir passé par toutes les dignités secondaires, il se voyait acclamé supérieur général de son ordre par la voix unanime des religieux. Sous sa direction, l'Ordre des Servites, encore peu répandu, prit bien vite un développement extraordinaire. A la mort du pape Clément IV, les suffrages des cardinaux se portèrent sur l'humble religieux, et il n'échappa à cet honneur suprême qu'en prenant la fuite dans les montagnes où il trouva une retraite inaccessible. Là il attendit l'élection d'un pape en se livrant à tous les exercices de la vie la plus austère. 

Le jeûne était sa nourriture, les veilles son soulagement et son repos, l'entretien avec Dieu sa récréation et son divertissement. Il ne mangeait point de pain, mais seulement des herbes sauvages, et ne buvait que de l'eau ; encore lui manqua-1-elle bientôt. La Providence vint alors à son secours, car il frappa trois fois la terre de son bâton, et il en sortit une fontaine abondante, devenue depuis doublement miraculeuse par les guérisons qui s'y sont opérées.
Au sortir de sa retraite profonde, Philippe, sous l'inspiration de Dieu, parcourut les pays d'Europe, y fondant des établissements de Servites et laissant sous ses pas la trace d'innombrables merveilles. Parmi ses miracles, on signale le suivant : Un jour un pauvre lépreux vint lui demander l'aumône : "Je n'ai ni or ni argent, lui dit-il ; mais ce que j'ai, je vous le donne". Et à l'instant, quittant sou manteau, il en vêtit le pauvre lépreux, qui fut aussitôt guéri.
Les travaux et les pénitences avaient usé avant l'âge le corps de Philippe, c'est à son monastère de Tödi qu'il alla mourir. En y arrivant : C'est ici le lieu de mon repos à jamais, » dit-il. Le lendemain, fête de l'Assomption, la fièvre le prit ; huit jours après, il recevait les derniers sacrements : "C'est vous, Seigneur, en qui j'ai cru, s'écria-t-il en apercevant l'hostie ; c'est vous que j'ai cherché, que j'ai prêché, que j'ai aimé." II mourut en demandant son livre, c'est-à-dire son crucifix, le 23 août 1285. 
Pratique « Aimez à être inconnu et compté pour rien. » (Imitation de Jésus-Christ.)
« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous »

dimanche 21 août 2016

22 Août : FÊTE DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE (MARIE REINE DU MONDE) / SAINT SYMPHORIEN, Martyr à Autun

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)


FÊTE DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de JÉSUS.
Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à Son Cœur Immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire.
Le 31 octobre 1942, le jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, le pape Pie XII s'exprimant à la radio, consacra le monde au Cœur Immaculé de Marie pour répondre à l'appel de notre Mère du ciel. Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacrait encore tout le genre humain au Cœur Immaculé de Marie pour le mettre sous Sa toute-puissante protection. 
A l'occasion de cette même cérémonie, il décréta que l'Eglise entière célébrerait chaque année une fête en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie afin d'obtenir par l'intercession de la Très Sainte Vierge, «la paix des nations, la liberté de l'Eglise, la conversion des pécheurs, l'amour de la pureté et la pratique des vertus.» Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l'Assomption. 


En créant la très Sainte Vierge, la TRINITÉ SAINTE a pu contempler le ravissant spectacle d'un Cœur qui dès son premier battement n'aima que son DIEU, et L'aima à lui seul plus que tous les anges et les saints ensemble ne L'aimeront jamais. «Le Père, dit saint Jean Eudes, a déployé Sa puissance pour former un Cœur de fille plein de respect et de fidélité envers son Créateur. Le Fils en fit un Cœur de Mère et l'Esprit-Saint en fit un Cœur d'épouse pour y célébrer Ses noces ineffables.» 
La gloire de la fille du roi, disent les Livres Saints, est toute intérieure et cachée, autrement dit, elle est toute en Son Cœur. Là se trouvent toutes les perfections des anges et des hommes, dans un tel degré d'excellence que rien n'y peut être comparé. Là se trouvent les perfections de Dieu même, aussi fidèlement retracées qu'elles peuvent l'être dans une simple créature.
La bonté et la miséricorde président parmi les vertus dont DIEU a orné le Cœur Immaculé de Sa Mère. Aussi tout pécheur trouve en Elle un refuge assuré. Ce Cœur qui nous a tant aimé n'a point été flétri dans le tombeau comme celui des autres mortels. Ses mouvements n'ont été qu'un seul instant suspendus sous le souffle de la mort. Il vit aujourd'hui palpitant d'un amour infini, inondé de célestes délices au sein de la gloire immortelle où il continue de nous aimer avec prédilection.
Comme la sainte Eglise nous le recommande aujourd'hui au moyen de la belle fête du Cœur Immaculé de Marie, vouons un culte spécial de vénération et d'amour à ce Cœur magnanime, le plus noble le plus généreux qui soit sorti des mains du CRÉATEUR. 
Supplions-le donc de nous apprendre à aimer Jésus, à souffrir pour Lui, à supporter avec amour et résignation les peines de la vie, les souffrances et les croix qu'il plaira à DIEU de nous envoyer. Recourons donc sans cesse à ce Cœur incomparable et nous expérimenterons infailliblement sa bénignité, sa mansuétude et sa tendresse.


Marie, Reine de Miséricorde

Saint Alphonse de Liguori, qui a si bien parlé de la miséricorde divine, a aussi commenté le Salve Regina, cet hymne à Marie, reine de miséricorde. Son commentaire s'appuient sur l'Ecriture, les pères de l'Eglises et les saints, puis saint Alphonse donne des exemples pour stimuler son auditoire.
 La royauté de Marie est associée à celle de son Fils. Une royauté déroutante...
 « Pilate demanda : "Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait?"
Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici."
Pilate lui dit: "Tu es donc roi?"
Jésus répondit: "Tu l'a dit: je suis roi. »
(Jean 18, 35-37)

La Mère du Roi est Reine
L'auguste Vierge Marie a été élevée à la dignité de Mère du Roi des rois ; dès lors et avec juste raison, la sainte Eglise lui décerne et demande à tous les fidèles de lui décerner le titre glorieux de Reine. [...] Voici comment raisonne Arnaud de Chartres :
« La chair du CHRIST et celle de Marie sont une seule et même chair, comment dont la Mère pourrait-elle ne pas partager la souveraineté de son Fils ? Ce n'est point assez de dire qu'elle la partage : la gloire royale du Fils et celle de la Mère sont une seule et même gloire. »[1]
JÉSUS étant roi de l'univers, c'est de l'univers aussi qu'elle est reine.

 Reine pour des œuvres de miséricorde

Mais sachons-le bien pour notre consolation que c'est une Reine toute bonne, toute clémente, toute inclinée à nous faire du bien, à nous si misérables.
C'est pourquoi la sainte Eglise, dans le Salve Regina, nous invite à saluer Marie en la proclamant Reine de miséricorde. [...]
Alors que les tyrans font servir leur pouvoir à leur intérêt personnel, les rois doivent avoir en vue le bien de leur peuple.
Aussi, au sacre des rois, on leur verse sur la tête de l'huile, symbole de la miséricorde, pour leur rappeler qu'ils doivent garder sur le trône un cœur rempli, par-dessus tout, de compassion et de bienveillance à l'égard de leurs sujets.
Comme jadis la reine Esther, pour le salut du peuple
[Nous lisons dans la Bible ce récit :]
Sous le règne d'Assuérus, il fut publié un édit ordonnant la mise à mort de tous les Juifs. Mardochée, un des condamnés, recommanda leur salut à Esther.
Esther s'y refusa d'abord, par crainte d'aviver encore le courroux d'Assuérus.
Mais Mardochée la réprimanda et lui envoya dire : "Ne vous imaginez pas, parce que vous êtes de la maison du roi, que vous sauverez seule votre vie, à l'exclusion de tous les Juifs". Il ajouta que le Seigneur l'avait élevée au trône précisément pour qu'elle assura le salut de la nation.
Assuérus, quand il vit la reine Esther en sa présence, s'informa avec amour de l'objet de sa visite. "Quelle est votre demande ?" lui dit-il.
La reine répondit :
"O mon roi, si j'ai trouvé grâce à vos yeux, accordez-moi mon peuple, pour lequel je vous implore" (Esther 7, 2).
Elle fut exaucée : un ordre du roi révoqua aussitôt la sentence de condamnation.
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SAINT SYMPORIEN
Martyr

SAINT SYMPHORIEN, né à Autun, appartenait à l'une des familles de cette ville les plus illustres par ses ancêtres, par ses richesses et par ses fonctions. Il resta pur au milieu des dangers de la jeunesse ; avec le rayonnement de la vertu, son beau front reflétait la noblesse et l'intelligence; il était déjà l'ornement de la cité.
Un jour que le peuple, en grande partie païen, célébrait la fête de la déesse Cybèle, Symphorien témoigna hautement son mépris pour ces démonstrations ridicules et refusa de joindre ses hommages à ceux de la foule. Il n'en fallait pas davantage pour être saisi et traîné devant les tribunaux : « Déclare ton nom et ta condition, lui dit le juge. — Je m'appelle Symphorien, et je suis chrétien. — Pourquoi n'as-tu pas voulu adorer la déesse? — Je n'adore que le DIEU vivant; quant à votre déesse, donnez-moi un marteau, et je la briserai en mille pièces. — Si tu ne veux pas obéir à l'édit des empereurs, tu payeras ta révolte de ton sang. — DIEU punit les méchants, mais il récompense les justes en proportion de leurs mérites; je n'ai donc point lieu de craindre tes supplices ; plus je souffrirai, plus ma couronne sera belle. »
Après une sanglante flagellation, le jeune martyr fut jeté dans on noir cachot ; quelques jours après, non seulement on ne le trouva pas amolli, mais il se montra plus ferme encore. Comme le juge l'exhortait à sacrifier aux idoles : « Ne perdez pas votre temps en discours vains et frivoles, » lui dit Symphorien. Le juge insistant, pour le flatter, sur les honneurs qui l'attendaient : « Les biens des chrétiens, dit-il, leurs honneurs, ne sont pas de ce monde ; le monde passe comme une ombre; DIEU seul donne le vrai bonheur. —Obéis, dit le juge furieux, ou je te condamne à mort! — Je crains DIEU seul ; vous avez pouvoir sur mon corps, mais vous ne pouvez rien sur mon âme. — Symphorien, vous êtes condamné à périr par le glaive! »
C'est alors qu'eut lieu une scène sublime. La mère du jeune martyr avait assisté à sa glorieuse confession de foi ; elle voulait assister à son couronnement et suivit le cortège jusqu'aux murailles de la cité, près du lien où devait s'accomplir le sacrifice. Là, du haut des remparts, cette femme, digne émule de la mère des Macchabées, fit entendre à son fils cette exhortation touchante : « Mon fils Symphorien, Symphorien mon fils, souvenez-vous du DIEU vivant. Courage, mon fils, courage. Nous ne pouvons craindre la mort quand elle nous conduit à la vie. Regardez en haut, mon enfant, regardez Celui qui règne au ciel ! Non, votre vie n'est pas perdue, vous allez en trouver une meilleure, et par un heureux échange, vous allez goûter une félicité sans fin? » 
Quelle leçon pour tant de mères, homicides par leur lâcheté de l'âme de leurs enfants ! Fortifié par ces paroles, le jeune chrétien livra sans hésiter sa tête au fer du bourreau. C'était vers l'an 178. 
Pratique : N'écoutez pas la voix de la chair et du sang; que la foi seule inspire votre conduite.
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour  nous qui avons recours à Vous"

samedi 20 août 2016

21 Août : SAINTE JEANNE FRANCOISE DE CHANTAL, Fondatrice de l'Ordre de la Visitation

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)


A cinq ans, on la vit reprendre avec force un hérétique qui parlait contre la présence réelle : "Monsieur, lui dit-elle, vous ne croyez pas que JÉSUS-CHRIST soit dans l'Eucharistie ; cependant Il a dit qu'Il y était ; vous croyez donc qu'Il n'a pas dit la vérité?" Le protestant, ne sachant que répondre, voulut fermer la bouche de l'enfant en lui offrant des dragées; mais elle les jeta au feu avec mépris, en disant : "Voilà, monsieur, comment les hérétiques brûleront en enfer pour n'avoir pas cru aux paroles de JÉSUS-CHRIST!"
Agée de vingt ans, elle fut donnée en mariage à un époux digne d'elle, le baron de Chantal. DIEU donna de nombreux et charmants enfants à ces époux modèles ; rien ne manquait à leur bonheur, quand une catastrophe épouvantable vint le briser : le baron fut blessé à la chasse, par accident, de la main d'un de ses amis, et mourut pieusement quelques jours après.  Jeanne avait vingt-huit ans.
Elle reçut ce coup terrible sans faiblir et fit à DIEU, à l'instant même le vœu de chasteté parfaite se traça un plan de vie austère, se vêtit sans luxe, porta le cilice et se donna tout entière à sa sanctification et à l'éducation de ses enfants.  DIEU lui fit bientôt rencontrer saint François de Sales, à Dijon même, dès lors elle se mit sous sa direction, et sa vie s'éleva rapidement à une perfection supérieure.
"J'ai trouvé à Dijon, pouvait dire le saint, la femme forte, en Mme de Chantal. » Après avoir montré au monde le modèle de la mère chrétienne, DIEU va faire éclater en l'illustre sainte le modèle sublime de la perfection religieuse. Elle devient fondatrice de l'Ordre de la Visitation. La séparation fut pour elle un sacrifice sublime ; il lui fallut résister aux cris et aux larmes et passer par-dessus le corps de son fils aîné, qui s'était couché sur le seuil de la porte, criant : « Maman, ne me quittez pas ! »
Une telle âme devait franchir à grands coups d'ailes les sommets de là plus haute sainteté. Elle en vint à faire le vœu effrayant de choisir toujours ce qui lui paraîtrait le plus parfait. L'amour de DIEU possédait son âme au point qu'elle n'en pouvait supporter l'ardeur et qu'elle en devenait malade : « Ah ! disait-elle, si le monde connaissait la douceur d'aimer DIEU, il mourrait d'amour ! »
Bientôt le feu de l'amour ne consuma pas seulement le sacrifice, mais l'autel même, et Jeanne-Françoise alla rejoindre au sein de DIEU, le 16 décembre 1641, son saint directeur, mort depuis dix-neuf ans. Saint Vincent de Paul vit son âme monter au ciel sons la forme d'un globe de feu et rejoindre l'âme de saint François de Sales, brillante du même éclat.
Pratique. Retenez la belle devise de sainte Jeanne-Françoise : "Mourir à soi pour vivre à DIEU. »
« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous »

vendredi 19 août 2016

20 Août : SAINT BERNARD, Docteur de l'Église

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)

SAINT BERNARD, le prodige de son siècle, naquit en 1091, au château de Fontaines, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut dès sa naissance, consacré au SEIGNEUR par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard tout jeune encore assistait à la messe de Noël; il s'endormit, et pendant son sommeil il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla JÉSUS entre les bras de Marie.
A dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel intérieur de DIEU, qui le voulait dans l'Ordre de Cîteaux; mais il n'y entra pas seul; par ses prières et par ses exhortations, il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre.  L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d'autres vocations, qu'on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Bernard fut le chef de la colonie qu'on envoya fonder à Clairvaux, monastère qui devint célèbre et fut la source de cent soixante fondations, du vivant même de notre saint. Cependant Bernard, dès ses premiers pas dans la vie religieuse, atteignait les sommets de la perfection.

Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots : « Bernard, qu'es-tu venu faire ici? » II y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu'il semblait n'être plus de la terre; voyant, il ne regardait point; entendant, il n'écoutait point ; goûtant, il ne savourait point. C'est ainsi qu'après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non; après être entré souvent dans l'église, il ignorait si elle était éclairée par une fenêtre ou par plusieurs ; côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas ; un jour, il but de l'huile pour de l'eau, sans se douter de rien.
Bernard avait laissé au château de sa famille, Nivard, le plus jeune de ses frères : "Adieu, cher petit frère, lui avait-il dit; nous t'abandonnons tout notre héritage". — Oui, je comprends, avait répondu l'enfant, tous prenez le ciel et vous me laissez la terre ; le partage n'est pas juste.
Plus tard, Nivard vint avec son vieux père rejoindre Bernard au monastère de Clairvaux. Le saint n'avait point étudié dans le monde ; mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand docteur, admirable par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l'ami des papes, l'oracle de son temps.
Mais sa principale gloire, entre tant d'autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge. Peu de jours avant sa mort, qui arriva le 20 août 1153, il dit à ses frères : « Le temps est venu d'arracher l'arbre stérile et de rappeler le serviteur inutile. »
Pratique. Cherchez dans l'oraison assidue la science des saints.
" O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 18 août 2016

19 Août : SAINT JEAN EUDES, Fondateur d'Ordre / SAINT LOUIS, Évêque de Toulouse

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)


SAINT JEAN EUDES 

Fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie 
(1601-1680)

Jean Eudes, né le 14 novembre 1601, dans le petit village normand de Ri, était l´aîné de six enfants; l´historien Eudes de Mézerai était son frère. Son père, Isaac, qui avait été arrêté au seuil du sacerdoce par des devoirs impérieux, possédait une science religieuse au-dessus de la moyenne; aussi en fît-il largement bénéficier ses enfants.

Aucun ne profita mieux de cette éducation que Jean. Il n´était encore qu´un enfant quand, un jour, ayant reçu un soufflet d´un de ses camarades, il se mit à genoux, et tendit l´autre joue, selon le conseil évangélique. À quatorze ans, il faisait le vœu de chasteté et montrait déjà cette ténacité de volonté qui sera sa note caractéristique. 

Au collège de Caen, sa dévotion envers Marie le poussa à se passer naïvement un anneau de fiançailles au doigt.  Ses études terminées, il se décida à entrer dans l´état ecclésiastique. Pour le faire avec plus de perfection, il se mit sous la direction du Père de Bérulle, entra à l´Oratoire et fut ordonné prêtre à Paris, le 24 décembre 1625.

Le nouveau prêtre inaugura son ministère en se dévouant au soulagement des populations de Normandie alors décimées par la peste. Il poussa si loin le dévouement envers les pestiférés qu´il ne se trouva personne à Caen pour oser lui prêter asile, et que pendant plusieurs semaines il en fut réduit à se loger hors de la ville, dans un grand tonneau. 


Mais l´œuvre principale du Père Eudes fut l´œuvre des missions. Au sortir des guerres religieuses, en France, l´ignorance de la religion et le relâchement des mœurs étaient extrêmes. Pour y porter remède, le Père Eudes parcourut la Normandie, la Bourgogne, l´Île de France et maints autres lieux; son éloquence populaire, servie par un bel organe, et accompagnée d´une sainteté authentique, exerça un ascendant considérable sur toutes les classes de la société. Depuis saint Vincent Ferrier on n´avait point vu de missionnaire qui exerçât une telle action sur les foules.

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l´Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l´embryon d´une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Cœurs de Jésus et de Marie, et appelée "Congrégation de JÉSUS et de Marie" (Eudistes). Le succès vint aussitôt: les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.

En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des "Repenties". Selon  l´usage du temps, chaque maison était indépendante; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. 

En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, Sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme "de taille à gouverner un royaume", obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de "Bon-Pasteur". Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

Une des gloires du Père Eudes est d´avoir été le précurseur de la dévotion aux Cœurs de JÉSUS et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l´Office solennel de ces très saints Cœurs et s’en faisait l´Apôtre dans ses missions. Aussi Léon XIII a appelé le Père Eudes "Auteur du culte liturgique des SS. Cœurs de JÉSUS et de Marie"; et Pie X, en le béatifiant, a dit qu´il devait être regardé comme "Père, Docteur et Apôtre" de cette dévotion. 

Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680. 

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SAINT LOUIS

Évêque de Toulouse


Saint Louis, évêque de Toulouse, petit-neveu de saint Louis, roi de France, fils de Charles le Boiteux, roi de Naples et de Jérusalem, naquit à Brignoles, en Provence, l'an 1274. Il parut, dès son enfance, n'avoir d'inclination que pour la vertu. 
Ses récréations même se rapportaient à Dieu ; il n'en choisissait que de sérieuses et ne s'y livrait que pour donner à son corps l'exercice nécessaire et conserver la vigueur de son esprit. Sa promenade ordinaire consistait à visiter les églises et les monastères. 
A l'âge de sept ans, il pratiquait déjà la pénitence, et souvent il couchait sur une natte étendue auprès de son lit. Il fut tout particulièrement remarquable par sa pureté angélique, qui ne se ressentit en rien de la mollesse des cours ni des séductions qu'il put rencontrer dans le monde. Sa charité pour les pauvres était extraordinaire.
Un jour qu'il sortait des cuisines du palais, son père, prévenu par des valets malveillants, lui demanda ce qu'il portait sous son manteau. Louis, tremblant, ouvre le manteau, qui ne contenait qu'un bouquet de fleurs magnifiques, bien qu'on fût en hiver. A l'âge de quatorze ans, il fut envoyé comme otage, avec deux de ses frères, au roi d'Aragon, qui retenait son frère prisonnier. 
Pendant ses sept ans de captivité, il répandit autour de lui le parfum de la patience et de la résignation et fut l'ange consolateur de ses compagnons d'infortune. A son retour dans sa patrie, Louis rencontra sa mère à Florence; il reçut ses tendres embrassements, après une si longue absence, sans même lever les yeux pour considérer son visage, tant la modestie de l'angélique jeune homme était extraordinaire. 


Une fois libre, Louis s'abandonna aux pieux excès de cette charité qu'il avait tant aimée dès son enfance. Il chérissait surtout les lépreux, les recherchait, les embrassait tendrement, et baisait respectueusement leurs horribles plaies. Dans une maladie mortelle, il fit vœu d'embrasser la vie religieuse, s'il guérissait. Il guérit en effet, refusa les offres séduisantes d'un mariage royal, renonça même au trône de son père et s'enrôla sous la bannière du séraphique François d'Assise.
A peine avait-il consommé son sacrifice, que Dieu l'appela à de plus hautes destinées ; à Tringt-dem ans il fut nommé, par le pape, évêque de Toulouse. Son amour pour les pauvres devint plus héroïque que jamais. Un jour qu'il sortait de consoler une pauvre malade fort misérable, ses serviteurs lui firent remarquer que son vêtement était couvert de vermine : Ce sont là, dit-il en souriant, les perles des pauvres. » 

Il semble que Dieu ait voulu seulement montrer à la terre ce saint pontife. Au moment de son dernier soupir, une belle rosée sortit de sa bouche, et un saint religieux vit les anges emporter son âme vers les cieux, le 19 août 1297.

Pratique. Imitez, dans vos rapports avec le monde, la réserve des saints. 
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous