mercredi 13 avril 2022

14 Avril : SAINT BÉNÉZET ou BENOÎT, Berger / LYDWINE DE SCHIEDAM, Vierge (13 Avril inséré)

Carême : Temps de la Passion - Mercredi saint
 

Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Saint Bénézet vint au monde en Savoie, l'an 1165.  Il fut élevé sous le toit de chaume de ses parents, qui, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du ciel, lui apprirent de bonne heure à aimer DIEU.

Quand il eut douze ans, sa mère, devenue veuve, l'employa à la garde des troupeaux.  Or un jour, dans la campagneBénezet entendit trois fois cette parole : « Bénezet, mon fils, écoute la voix de JÉSUS-CHRIST. — Qui êtes-vous? dit l'enfant; j'entends, mais je ne vois pas. — Je suis JÉSUS-CHRIST, qui d'une seule parole ai tout créé. — SEIGNEUR, que me voulez-vous? — Je veux que tu laisses ton troupeau et que tu ailles me bâtir un pont sur le Rhône. — Mais, SEIGNEUR,  je ne sais où est le Rhône, et je n'ose abandonner les brebis de ma mère. — Va,  je serai avec toi,  et tes brebis retourneront à l'étable,  et je vais te donner un compagnon qui te conduira. — Mais, SEIGNEUR, je n'ai que trois oboles ; comment pourrai-je construire un pont sur le Rhône? —  Va, mon fils, je te donnerai les moyens. » 

Et l'enfant laissa sa mère et son troupeau, pour obéir à la voix du Ciel.  Un ange, sous la forme d'un pèlerin, vint tout à coup s'offrir pour le conduire.  Quand ils arrivèrent au bord du Rhône, Bénézet, saisi de frayeur à la vue de la largeur du fleuve, s'écria : « II est impossible de faire un pont ici. — Ne crains rien, dit le guide,  DIEU sera avec toi : va vers ce batelier, qui te fera passer le fleuve, et tu iras te présenter à l'évêque d'Avignon et à son peuple. » 

Et disant cela, l'ange dis­parut.  L'enfant se rendit à la cathédrale.  L'évêque y parlait à son peuple ; mais Bénézet l'interrompit en disant : "Écoutez-moi ; JÉSUS-CHRIST m'a envoyé vers vous pour construire un pont sur le Rhône." 

L'évêque, indigné, le mit entre les mains de l'autorité civile, devant laquelle il renouvela sa demande avec tant de fermeté, qu'il lui fut dit : « Voici une pierre énorme ; si tu peux la remuer et la porter, nous croirons que tu peux faire le pont. » Et bientôt le petit berger, à la vue de l'évêque et de toute la ville, portait une pierre de trente pieds de longueur sur dix-sept de largeur, que trente hommes n'auraient pu soulever. 

On devine l'enthousiasme universel.  Cet enthousiasme augmenta encore quand on vit Bénézet, dès ce jour, rendre la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds-muets et la facilité de marcher aux boiteux. L'envoyé de DIEU commença par fonder une corporation d'ouvriers faiseurs de ponts. 

Après sept ans de travaux, le pont, d'une longueur immense, n'était pas encore achevé. Bénézet mourut à dix-neuf ans, l'an 1184, vénéré de tous et illustré par sa sainteté extraordinaire et par ses miracles.  Sa mémoire est restée en bénédiction. 

Pratique.  
La foi transporte les montagnes ; ayez eu DIEU une foi sans bornes dans tous vos besoins. 

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SAINTE LYDWINE de SCHIEDAM 
Vierge 
(1380-1433)

Issus d'ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n'avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille.  Celle-ci, venue au monde la cinquième,  le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d'une avenante beauté.

Quand à quinze ans, ses charmes et ses qualités lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents: "Je demanderais plutôt à DIEU de me rendre laide pour repousser les regards des hommes." DIEU la prit au mot. 


À la suite d'une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit; elle ne le quitta plus jusqu'à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu'empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée; perdant l'usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles. 


Ses pleurs,  ses cris,  ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour.  Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s'ouvrirent dans son pauvre corps, dont l'une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu'on en retirait jusqu'à deux cents en vingt-quatre heures.  Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l'épaule, à laquelle s'ajouta bientôt le "mal des ardents" qui dévora ses chairs jusqu'aux os. 

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l'ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu'à remplacer une maladie par une autre. 
 
                            
Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n'ayant que l'usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir.  Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années. 

À partir de 1414, jusqu'à sa mort, c'est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie.  Jusqu'à la fin, ses maux s'aggravèrent; mais ses plaies, ses vomissements n'exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées.  Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations.  Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux qu'elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d'elle consolation. 


Ce fut le mardi de Pâques 1433 que Lydwine acheva la montée de son Calvaire, qui avait duré trente-sept ans.  Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté; il exhalait un parfum plus suave que jamais. 

    "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"
 
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13 Avril : SAINT MARTIN, Pape et Martyr / SAINT HERMÉNÉGILDE, Prince martyr (+ 586)

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"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                     qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)


Natif de la Toscane, Saint Martin se rendit célèbre dans le clergé de Rome par son savoir et sa sainteté. A son élection au souverain pontificat, Rome retentit d'allégresse ; le clergé, le sénat et le peuple en témoignèrent une satisfaction extraordinaire, et l'empereur approuva cet heureux choix.

Martin ne trompa point l'espoir de l'Église; la piété envers DIEU et la charité envers les pauvres furent ses deux règles de conduite.  On était sûr de le trouver en prière, ou occupé des malheureux, ou absorbé par les soins multiples de sa charge.  Son plus grand soin fut de maintenir dans l'Église l'héritage précieux de la vraie foi.

Le grand pape se vit un moment dans la situation la plus critique, et accablé sous le nombre des ennemis spirituels et temporels du Saint-Siège. Contre l'hérésie du monothélisme, qui relevait la tête, fière d'avoir pour elle le pauvre empereur Constantin II, il assembla, dans l'église de Latran, un concile de cinq cents évêques, où les principaux chefs des hérétiques furent condamnés.
 
Poussé par les sectaires, l'empereur,  sous prétexte d'une trahison à laquelle Martin aurait pris part, fait saisir le pape et le met en jugement.  Mais le Pontife ne trouve au tribunal que des bourreaux qui ont juré sa mort.  On le traite comme un misérable, et on amène devant lui vingt accusateurs pour l'accabler de faits imaginaires.
 
Martin, voyant qu'on va les faire jurer sur le livre des Évangiles : "Au nom de DIEU, s'écrie-t- il, dispensez-les d'un serment sacrilège ; qu'ils disent ce qu'ils voudront.  Et vous, magistrats, faites votre œuvre."   

Et sans se donner la peine de répondre à toutes les accusations formulées contre lui, il se contente de dire : "Je suis accusé pour avoir défendu la foi; mais, au jour du jugement, je rendrai témoignage contre vous, au sujet de cette foi.  Achevez votre mission; DIEU sait que vous me procurez une belle récompense"

Bientôt un soldat vient dépouiller Martin de ses ornements pontificaux; réduit à un dénuement complet, chargé de fers, le pape est traîné, dans cet état, à travers les rues de la ville de Constantinople, où il avait été amené.  Après plusieurs jours de prison, ayant dit adieu aux membres du clergé qui l'avaient suivi, le martyr part pour l'exil.

La Chersonèse, où il fut relégué, était désolée par la famine ; il eut à y endurer pendant deux ans des souffrances et des privations pires que la mort ; mais il supporta tout avec une résignation parfaite et une sublime confiance en DIEU.

Il mourut l'an 655.  L'Église l'honore avec justice comme un martyr, puisqu'il est mort des misères que lui ont causées sa prison et son exil.

Pratique.  Méprisez également les biens et les maux de la vie présente; la figure de ce monde passe.


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SAINT HERMÉNÉGILDE
Prince martyr
(+ 586)

LEUVIGILDE, roi des Visigoths d'Espagne, avait épousé en premières noces la reine, tante de saint Léandre et de saint Isidore, et il en avait eu deux fils, Herménégilde et Ricarède.

Le roi et ses fils étaient ariens comme le peuple presque entier.  Herménégilde fut uni par son père à une digne épouse, Indégonde, fille du roi de France, Sigebert.

Indégonde devait être pour son mari l'instrument du salut.  Par la persuasion et par l'exposition de la vérité, elle conquit l'âme du jeune prince, qui reçut le baptême catholique des mains de son oncle, saint Léandre.

Dès lors il n'y eut plus de paix dans le palais royal.  Goswinde, seconde femme du roi, employa toutes les flatteries, toutes les intrigues, toutes les cruautés, pour faire adopter à Indégonde l'arianisme et pour y ramener le prince. Tout fut inutile.

Accusé par cette femme perfide d'attenter, de plus, à la vie de son père, Herménégilde est jeté dans on cachot et chargé de chaînes. La prison, dit Saint Grégoire, devint pour lui le vestibule du ciel. Comme si le poids des chaînes n'eût pas suffi à mains habituées à porter le sceptre, il voulut encore, prisonnier du CHRIST, se voir couvrir d'un cilice, cherchant force et courage dans la prière qu'il adressait sans cesse au DIEU Tout-puissant.

Son père vint le voir et lui fit tous les reproches imaginables ; il ne lui épargna pas même le nom d'ingrat, de parricide et de scélérat.

"Mon père, lui répondit Herménégilde, mon seul crime, c'est ma foi. Eh bien! Je proteste encore que je sais catholique romain ; je voudrais mourir cent fois pour la gloire d'un si beau nom. C'est trop peu d'une bouche pour louer DIEU ; qu'on déchire mon corps : les plaies que je recevrai seront comme autant de bouches avec lesquelles je bénirai mon SAUVEUR."

Son père le quitta exaspéré ; mais un ange vint du ciel consoler Herménégilde et lui prédit son martyre. Au temps de Pâques, le prisonnier refusa de recevoir la communion des mains d'un évêque arien. Quand il apprit que le roi son père allait envoyer un bourreau pour lui donner la mort, il se mit en prière avec plus de ferveur, fit à DIEU le sacrifice de sa vie, pria pour son père, pour sa belle-mère et pour ses ennemis ; il se rappela les obligations qu'il avait envers sa chère Indégonde, et pendant qu'il invoquait la Très Sainte Vierge et son bon ange, les meurtriers entrèrent et lui tranchèrent la tête d'un coup de hache, le soir du samedi saint, 13 avril 586.

Indégonde le rejoignit au ciel quelques mois après. Des concerts célestes avaient chanté le glorieux trépas d'Herménégilde ; mais le principal des miracles qui suivirent sa mort, ce fut la prompte conversion de l'Espagne au catholicisme.

Pratique.  Suivez toujours la voix de votre conscience, au prix même de tous les sacrifices.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 11 avril 2022

12 Avril : SAINT JULES, Pape / SAINT SABAS LE GOTH, Martyr / BSE CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN, Augustine hospitalière de la Miséricorde de JÉSUS

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                        qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)

 

Saint Jules,  romain de naissance, fut élu pape en 337 ; il protégea Saint Athanase contre les Ariens, travailla beaucoup, par ses écrits et par des conciles, à la destruction de l'arianisme, et après un pontificat de quinze ans, fécond en grandes et saintes œuvres, mourut le 12 avril 352. 

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SAINT SABAS LE GOTH 
Martyr


Saint Sabas  avait embrassé la religion chrétienne dès sa jeunesse, et il conçut tant d'estime pour la perfection, qu'il en fit le but unique de sa vie. Élevé au milieu du peuple barbare des Goths, presque entièrement païen à cette époque, il sut échapper aux dangers d'un tel milieu et se conserver juste et pur au milieu de la corruption, pénitent au milieu de la licence. 

Il empêcha, par son courage et au péril de ses jours, les chrétiens persécutés de sauver leur vie grâce à une supercherie qui consistait à manger de la viande prétendue offerte aux idoles, mais non offerte en réalité. Quelques habitants de son bourg, afin d'éviter la persécution, voulaient jurer qu'il n'y avait pas un chrétien parmi eux ; mais Sabas  s'écria : "Que personne ne jure pour moi, car je suis chrétien.

Peu de temps après, Sabas fut saisi pendant la nuit par les ennemis de la religion de JÉSUS-CHRIST, arraché de son lit, jeté sur des épines en feu et meurtri à coups de bâtons. Le lendemain, on lui présenta, ainsi qu'à un autre prêtre prisonnier avec lui, des viandes offertes aux idoles. Tous les deux répondirent qu'on pouvait les mettre à mort, mais qu'il leur était défendu de manger de ces viandes. 

Un des bourreaux enfonça son javelot dans la poitrine de Sabas; par miracle, le javelot ne laissa aucune trace ni ne causa aucune douleur au martyr : « Vous avez cru me tuer, dit-il au barbare, mais je vous affirme que je n'ai rien senti ; votre instrument a été pour moi comme un flocon de laine inoffensif. » 

Loin d'être touchés du prodige, les persécuteurs le menacèrent de le jeter dans le fleuve voisin : "Soyez béni, SEIGNEUR, s'écria-t-il, et que le nom de votre Fils JÉSUS-CHRIST soit béni dans tous les siècles. Vous permettez que le coup qui me donnera la vie éternelle donne à mes ennemis et aux vôtres une mort sans fin. » 

Les soldats du tyran voulaient le renvoyer ; mais Sabas leur dit : « Faites ce qui vous est ordonné. » 

Ils le prirent donc et le jetèrent dans le fleuve, où ils lui enfoncèrent dans le corps un essieu de charrette. Sabas n'était âgé que de trente-huit ans. Son martyre arriva le 12 avril 372. Son corps, retiré du fleuve, fut laissé sur le rivage pour devenir la proie des bêtes féroces ; mais il demeura intact, fut enlevé par les fidèles et reçut une sépulture honorable. 

Pratique.  Remerciez DIEU de votre éducation chrétienne

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BIENHEUREUSE 
CATHERINE de SAINT-AUGUSTIN
Augustine Hospitalière de la Miséricorde de Jésus
(1632-1668)


Issue de deux familles nobles du Cotentin, Catherine de Saint-Augustin naquit et fut baptisée le 3 mai 1632, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans l'actuel département de la Manche, en France. Son père, Jacques Simon de Longpré, était avocat, et sa mère, Françoise Jourdan de Launay, fille d'un lieutenant civil et criminel.

L'éducation de la fillette fut confiée à ses grands-parents maternels. Les Jourdan tenaient chez eux une sorte d'hôpital où ils recevaient et soignaient les pauvres et les malades; Catherine fut très tôt initiée aux exercices de la charité et à la pratique de la vertu.

Catherine, attirée par la vie religieuse, encouragée par saint Jean Eudes entra comme postulante à l'Hôtel-Dieu de Bayeux le 7 octobre 1644.  Elle avait douze ans et demi. Deux ans plus tard, elle fut admise au noviciat. C'est alors qu'elle conçut le désir d'aller en Canada, où des Augustines Hospitalières de la Miséricorde de Jésus avaient, en 1539, fondé l'Hôtel-Dieu de Québec.

Quand celles-ci demandèrent de nouvelles recrues, Catherine se porta aussitôt volontaire. Elle n'avait pas encore seize ans. On tenta de la dissuader, et son père s'opposa à son dessein; elle fit le vœu "de vivre et de mourir en Canada, si DIEU lui en ouvrait la porte". Tout le monde dut céder à ses raisons, et Catherine fit profession religieuse le 4 mai 1648, en prévision de son embarquement, le 27 mai.  Le 19 août 1648, elle arrivait à Québec.

Mère Catherine de Saint-Augustin allait être d'un grand secours à sa communauté: elle y remplit les charges d'administratrice du monastère, de directrice de l'hôpital, de conseillère et maîtresse des novices. Pendant son premier triennat comme dépositaire, elle dirigea la construction du nouvel Hôtel-Dieu.

Pourtant, cette jeune moniale si active fut presque toujours malade. Elle eut plus de huit ans la fièvre sans garder le lit, sans se plaindre, sans désister de faire son obéissance, sans perdre ses exercices, soit de chœur, soit de ses offices, soit de communauté. Non seulement elle ne se plaignait pas, mais elle était toujours d'un abord si agréable et d'une si grande douceur que tout le monde en était charmé.
 
La discrétion de Catherine trompa même ses consœurs sur ses dispositions intérieures. On considéra, de son vivant, qu'elle se comportait tout simplement comme une bonne religieuse, car, à l'exception de son directeur et de son évêque, personne ne savait ce qui se passait en elle. Les richesses de sa vie intérieure et les merveilles mystiques que l'ESPRIT-SAINT opérait en son âme ne furent révélées qu'après sa mort.

On raconte, à son sujet, des "choses extraordinaires": visions, révélations, combats constants contre les démons. Le bienheureux François de Laval, son évêque, et la bienheureuse Marie de l'Incarnation firent plus grand cas, cependant, de ses solides vertus que "des miracles et des prodiges". Marie de l'Incarnation, pour sa part, estimait que "les grâces que DIEU lui a faites étaient fondées sur trois vertus, qui sont l'humilité, la charité et la patience".
 
Ces trois vertus, Catherine les pratiqua à un degré vraiment héroïque à partir de 1663, année où le SEIGNEUR lui assigna sa mission personnelle au Canada: être "la victime pour les péchés d'autrui". Jamais, en effet, elle ne souffrit autant, en particulier de la part des démons, qui ne lui laissaient aucun repos, la torturant moralement et la rouant même de coups. Pourtant, jamais rassasiée de peines, l'humble hospitalière désirait s'immoler toujours davantage pour le salut des âmes et pour le bien spirituel de son pays d'adoption.

Enfin, consumée par la phtisie, elle mourut le 8 mai 1668, à l'âge de trente-six ans. Le bienheureux François de Laval, pour qui Catherine de Saint-Augustin était "l'âme la plus sainte qu'il eût connue", avait "une très particulière confiance" en son pouvoir, "car,  si elle nous a secourus si puissamment pendant le temps qu'elle a été parmi nous, écrit-il, que ne fera-t-elle pas maintenant qu'elle connaît avec plus de lumière les besoins, soit du pasteur, soit des ouailles?"

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 10 avril 2022

11 Avril : SAINT LÉON LE GRAND, Pape, Docteur de l'Église / SAINTE GEMMA GALGANI, Vierge

             

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                          qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)


Saint Léon le Grand naquit à Rome, vers la fin du IVe siècle, d'une des premières familles de la Toscane,  et se fit remarquer dès sa jeunesse par ses brillants progrès dans les sciences sacrées.

Son rare mérite l'éleva promptement au titre d'archidiacre de l'Église romaine, où il put faire éclater ses grandes qualités d'administrateur ; il n'avait guère plus de quarante ans quand il fut appelé, par les vœux du clergé et du peuple sur le siège de Saint Pierre.

Toutes les qualités d'un pape remarquable parurent dans sa personne, et c'est à juste titre que la postérité, après ses contemporains, lui a donné le nom de Grand. L'époque était difficile : les manichéens, les donatistes, les ariens, les priscillianistes, les nestoriens et les eutychiens infestaient l'Église de leurs hérésies.

Le saint et docte Pontife, armé du glaive de la parole infaillible, combattit avec vigueur la doctrine impie de tous les côtés à la fois ; par ses lettres, par ses légats, par des conciles, il suscita un grand mouvement de résistance à l'erreur et le retour d'une grande multitude d'âmes à la justice et à la vérité.

Sa magnifique lettre au concile de Chalcédoine produisit un effet si admirable, que les six cents évêques, après en avoir entendu la lecture, s'écrièrent d'une voix unanime : "C'est Pierre qui a parlé par Léon !"L'un des faits les plus imposants d'un si beau et si fécond pontificat, c'est sa procession solennelle au-devant d'Attila, roi des Huns, surnommé le fléau de DIEU qui avançait vers Rome pour la détruire.

Attila, chose étonnante, l'accueillit avec respect et lui promit de laisser en paix la Ville éternelle, moyennant un faible tribut annuel. Les barbares, murmurant de voir leur chef reculer, lui demandèrent raison de sa conduite : « Pendant que le Pontife me parlait, leur dit-il, je voyais à ses côtés un autre Pontife d'une majesté toute divine ; il se tenait debout, ses yeux lançaient des éclairs, et il me menaçait du glaive qu'il brandissait dans sa main ; j'ai compris que le Ciel se déclarait pour la ville de Rome. »

Ce personnage n'était autre que Saint Pierre. On devine quelle réception enthousiaste les Romains firent au Pontife victorieux. L'humanité, la douceur et la charité furent les principales vertus de saint Léon.  Ses écrits, qui suffiraient à l'illustrer, parla splendeur du style comme par l'élévation des pensées, montent à une hauteur plus grande encore quand il traite de l'Incarnation, et c'est pourquoi on lui a donné le titre de Docteur de l'Incarnation.

Les impies eux-mêmes rendent justice à la mémoire de ce pape, et l'un d'eux a dit qu'il surpassa tous les pontifes qui l'ont précédé, et qu'il eut peu de successeurs dont le mérite ait approché du sien.

Après vingt et un ans de souverain pontificat, Léon mourut le 18 novembre 461.
 
Pratique.  Priez beaucoup pour le Souverain Pontife : c'est une intention féconde et toute chrétienne.


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SAINTE GEMMA GALGANI 
Vierge 
(1878-1903)



Une vie d'holocauste, de prodiges et de douleurs, tel est le résumé du court passage de cette vierge de Lucques en Italie.

Gemma naquit le 12 mars 1878, à Camigliana, en Italie. Sa mère tuberculeuse pressentant sa fin s'efforçait de diriger ses enfants vers DIEU A peine âgée de trois ans, la petite Gemma était demi-pensionnaire à l'école; aussi, dès l'âge de cinq ans la fillette savait lire l'office de la Sainte Vierge et y mettait tout son coeur.  DIEU marqua cette enfant de prédilection du sceau de Sa croix; dès ses huit ans, elle perdit sa chère mère.

A cet âge, son plus ardent désir était de communier, mais la coutume ne le permettait pas. Voyant qu'elle dépérissait à vue d'oeil, son confesseur lui donna une autorisation spéciale et c'est avec joie qu'elle put s'approcher de la Sainte Table. A partir de ce moment, Gemma prit la résolution de se tenir toujours en présence de DIEU. 




La tuberculose dont moururent sa mère, son frère et son père avait déjà atteint Gemma dès l'âge de vingt ans.  Orpheline, elle fut placée dans une famille amie où elle fut traitée comme une fille de la maison, et où elle pouvait mener dans le monde une vie cachée dans le CHRIST.  Un premier vendredi du mois de mars 1899, après plusieurs neuvaines à Saint Gabriel de l'Addolorata, ce Saint lui apparut et la guérit miraculeusement.  Délivrée de son mal, Gemma tient à réaliser le grand désir de sa vie: devenir religieuse passioniste. Hélas! ses démarches sont repoussées.

Le 8 juin 1899, Gemma Galgani reçoit les stigmates. La voie de sa sanctification se dessine de plus en plus clairement. "Apprends à souffrir, car la souffrance apprend à aimer," lui dit JÉSUS la veille de la fête du Sacré-Coeur. 


En même temps que les ravissements la faisaient vivre dans un état d'union extatique, la souffrance ne la quittait pas. Gemma participait aux douleurs du CHRIST; elle connut Sa sueur de Sang,  Son couronnement d'épines et Ses stigmates.  

Le démon la harcelait, la rouait de coups; Gemma souffrait tout en esprit de réparation. Au cours de la dernière maladie qui la terrassa, elle apprit d'une manière surnaturelle qu'avant de voir s'ouvrir le ciel, il lui faudrait passer encore par un déchirant calvaire en expiation des péchés commis dans le sacerdoce.  Les tourments qu'elle endura pendant plusieurs mois furent indicibles, mais sa patience ne faiblit point; elle s'offrait continuellement en victime d'holocauste.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 9 avril 2022

10 Avril : SAINT MICHEL DES SAINTS, Trinitaire déchaussé / SAINT FULBERT, Évêque de Chartres

 Carême : Temps de la Passion - Dimanche des Rameaux

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
                          qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
                 (Saint François de Sales)

SAINT MICHEL des SAINTS 
Trinitaire déchaussé 
(1591-1624)

Il est né à Vich, en Catalogne (Espagne), le 29 septembre 1591. Cet enfant de bénédiction méprisa le monde avant de le connaître et dès sa plus tendre jeunesse, il fait le vœu de chasteté perpétuelle.  

A l'âge de six ans, pressé du désir de marcher sur les traces des Saints, il courut se cacher dans une caverne. Il s'y livrait à de pieuses méditations sur les souffrances de NOTRE-SEIGNEUR, lorsqu'il fut découvert et obligé à revenir chez lui. En rentrant sous le toit paternel, Michel ne diminua en rien la sévérité du genre de vie qu'il s'était proposé de suivre.  

Il jeûnait trois fois la semaine, couchait sur des sarments, n'avait qu'une pierre pour oreiller et prenait fréquemment la discipline. Ses mortifications étaient si rigoureuses qu'on a peine à comprendre comment un âge aussi tendre a pu les supporter. 

Michel n'avait que douze ans lorsqu'il prit la ferme résolution d'embrasser l'état religieux. Il se rendit à Barcelone et se présenta chez les Trinitaires qui l'admirent au noviciat. Dès qu'il eut atteint l'âge fixé par les canons de l'Église, il fit ses vœux le 30 septembre 1607. 


Peu de mois après, il apprit que le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception venait d'entreprendre la réforme de l'Ordre de la Sainte Trinité. Il se hâta d'aller se joindre aux fervents religieux qui secondaient le zélé réformateur. Il se distingua bientôt par son ardeur à pratiquer la Règle primitive de l'institut que les réformés observaient dans toute sa rigueur. 

Sa fidélité aux moindres observances était si grande que jamais on ne put le trouver en défaut sur aucun point de la Règle. Il ne possédait qu'une seule tunique, ne buvait jamais de vin et passait quelquefois une semaine entière sans prendre aucune nourriture. Il donnait très peu de temps au sommeil, et passait le reste de la nuit dans la contemplation des choses célestes.  

On a écrit qu'il passait des heures et des heures agenouillé devant le Saint Sacrement à la chapelle et qu'il fut souvent favorisé d'extases et de visions célestes pendant qu'il célébrait les saints mystères. Mais quelles que soient les consolations célestes que Saint Michel des Saints goûta dans les exercices de piété, il savait s'en arracher pour remplir les devoirs imposés par la charité. Il passait un temps considérable au confessionnal, dévoué tout entier au service des âmes.  

Aux yeux de tous, de son vivant même, il a paru être un véritable Saint. On l'appelait: la fleur des Saints, d'où provient sans doute le nom de Michel des Saints que lui connaît la postérité. Son mérite le fit choisir par deux fois pour gouverner des maisons de son Ordre. Il est mort âgé de trente-trois ans, le 10 avril 1625.

Résumé o.d.m. d'après les Petits Bollandistes, Paris, 1874, tome VIII, p. 61-63

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SAINT FULBERT

SAINT FULBERT 
Évêque de Chartres 
(mort en 1028 ou 1030)

Saint Fulbert, l'un des plus grands et des plus saints évêques de Chartres, fut aussi le premier savant de son époque; l'un de ses biographes dit, en effet, qu'il surpassait facilement tous ses contemporains, tant dans la connaissance des Saintes Écritures que dans les sciences profanes.  

Son humilité, qui brille à chaque page de ses lettres, ne fait qu'ajouter à son rare mérite: "Je suis, écrivait-il, le très petit évêque d'une très grande Église." -- "Je suis un homme rempli de misères, incapable de me conduire moi-même et néanmoins chargé de conduire les autres dans les voies du salut."  

Il fut le modèle des pasteurs, par son zèle à défendre les intérêts de l'Église. Sans négliger le gouvernement de son peuple, il trouvait du temps pour composer de pieux ouvrages. Ses sermons en l'honneur de la Sainte Vierge, pour Laquelle il avait une dévotion particulière, sont très remarquables; jamais il n'était plus éloquent en chaire que quand il exhortait son peuple au culte et à l'amour de Marie. 


L'auguste Mère de DIEU Se plut à récompenser sa piété par des faveurs extraordinaires. Dans une maladie très grave, Marie fit couler sur ses lèvres un baume céleste, et le mal disparut.

Une des gloires de Fulbert, c'est la construction de la cathédrale de Chartres, qui subsiste encore. L'ancienne ayant été détruite par un effroyable incendie, il employa au temple magnifique qu'il fit construire tout ce qu'il possédait; les largesses royales affluèrent de toutes parts. Il s'appliqua ensuite à faire honorer DIEU dans ce temple par des chants harmonieux et des cérémonies majestueuses, convaincu que le peuple trouve là une excitation une excitation puissante à la vertu et à la piété.


On rapporte que Saint Fulbert avait un talent spécial pour consoler les personnes affligées. Après vingt-deux ans d'épiscopat, l'illustre pontife plein de mérites entendit enfin ces paroles du Maitre : Courage, bon et fidèle serviteur, entrez dans la gloire du Seigneur.

C'est dans la crypte de cette cathédrale insigne qu'est honorée Notre-Dame-de-sous-terre, dont l'histoire merveilleuse remonterait au temps des Druides, et dont l'image était dédiée à la Vierge qui devait enfanter: Virgini pariturae.

Pratique Ne vous enorgueillissez point de vos œuvres. Rapportez tout à DIEU. 

                                                "Ô Marie conçue sans péché, 
                                    priez pour nous qui avons recours à Vous"