samedi 28 février 2015

1er Mars : SAINT AUBIN, Evêque d'Angers

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)

Saint Aubin naquit au diocèse de Vannes l'an 470.  Son enfance, prévenue de toutes les grâces du SEIGNEUR fit présager sa sainteté future ; il ne connut du jeune âge ni la légèreté ni les défauts, et dès qu'il put marcher, ce fut pour aller à DIEU et le prier à l'écart, loin du bruit, dans la compagnie des Anges.

De tels débuts montraient assez que le pieux Aubin n'était point fait pour le monde ; au grand désespoir de sa noble famille, on le vit un jour quitter le foyer paternel et prendre le chemin d'un monastère.  Là, ses veilles, ses jeûnes, ses oraisons relevèrent bientôt à une telle perfection, qu'il dépassait de beaucoup les plus anciens et les plus fervents religieux.

On admirait surtout son recueillement continuel.  Ses yeux ne s'ouvraient que pour DIEU; dans le monastère même, il ignorait ce qui se passait autour de lui, et au dehors, quand il devait sortir, il se faisait dans son cœur une délicieuse retraite, où il continuait ses entretiens célestes.

Un jour, l'abbé du monastère l'envoya dans un village voisin.  Pendant qu'il s'acquittait de sa mission, il tomba sur la maison où il était venu une telle quantité de pluie, que le toit s'entr'ouvrit et que toutes les personnes présentes furent trempées : Aubin seul, à l'admiration de tous, fut épargné : il ne tomba pas sur lui une goutte d'eau.

Abbé du monastère à trente-cinq ans, il fit revivre parmi ses frères la ferveur des premiers temps et les amena, par sa douceur et son exemple, à une perfection rare même dans les plus austères couvents. Mais l'évêque d'Angers étant venu à mourir, le clergé et le peuple de ce diocèse, auxquels était parvenu le renom de la sainteté d'Aubin, l'élurent unanimement, et il dut courber ses épaules sous le lourd fardeau de l'épiscopat.

S'il était possible de connaître, parmi tant de vertus qu'il pratiqua dans sa vie nouvelle, quelle était sa vertu dominante, on dirait que ce fut la charité.  Elle était en effet sans bornes pour les malheureux, pour les prisonniers, pour les malades, pour les pauvres, et souvent DIEU la récompensa par les plus frappants miracles.

En voici un exemple : Le charitable pasteur se rendit un jour aux prisons de la ville pour en retirer une pauvre dame poursuivie par ses créanciers.  Devant le Saint, les gardiens s'écartent pour lui laisser passage ; un seul veut lui refuser obstinément l'entrée ; mais le pontife souffle sur le visage de cet insolent, qui tombe mort à ses pieds ; puis il va délivrer la prisonnière et se charge de payer ses dettes.

Une autre fois, à sa prière, les murs de la prison s'ouvrirent d'eux-mêmes pour laisser passage à des prisonniers repentants.

Le saint évêque, l'an 549, mourut au milieu de son cher troupeau, qui garda un pieux et immortel souvenir de ses vertus.

Pratique.  
Soyez prêt à tous les sacrifices pour le soulagement du prochain. 


 "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

vendredi 27 février 2015

28 Février : SAINT ROMAIN et SAINT LUPICIN, Abbés

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"



SAINT ROMAIN et SAINT LUPICIN naquirent d'une honnête famille, vers la fin IVe siècle, dans le diocèse actuel de Bellay : ce sont donc deux Saints français.

La jeunesse de Romain demeura pure de toute corruption du siècle, et il n'eut aucune peine à renoncer au monde pour se donner entièrement au service de DIEU.

Après s'être mis quelque temps sous la conduite d'un saint abbé, qui lui fit étudier sérieusement la vie cénobitique, il se retira, à trente-cinq ans, dans les forêts du Jura, où il mena la vie des anciens anachorètes, au milieu des bêtes féroces et oublié du monde qu'il avait oublié le premier.

Mais ce n'était là, dans les desseins de DIEU, qu'une préparation : la vocation de Romain, c'était de fonder des monastères où l'on verrait fleurir toutes les merveilles de sainteté accomplies depuis plus de deux siècles dans les déserts d'Orient.

Le premier de ses disciples fut son frère Lupicin, mais il se l'associa bientôt dans la conduite des nombreux religieux qui vinrent se présenter à lui.

DIEU avait donné aux deux frères des caractères fort différents ; autant Romain était doux et indulgent, autant Lupicin était ferme et rigide, et on eût pu l'accuser d'excès, s'il n'avait encore été plus dur pour lui que pour les autres.

Chez les deux Saints ces divergences étaient toujours, chose étonnante, accompagnées d'une parfaite union. Si Lupicin avait paru dépasser la mesure, Romain était là pour tout concilier; s'il était besoin de quelque coup d'énergie, Romain avait recours à Lupicin, dont le bras de fer brisait tout obstacle.

Une année que les récoltes avaient été très abondantes, les religieux se relâchèrent de leur abstinence et ne se rendirent point aux douces observations de Romain. Le Saint abbé confia l'affaire à son frère, qui ne fit servir à la communauté, pendant un certain temps, que de la bouillie d'orge sans apprêt. Douze moines quittèrent le monastère, les autres retrouvèrent leur ferveur. 

Romain pleura ses douze religieux et se plaignit à son frère ; il versa tant de larmes et fit tant de prières, que les douze fugitifs revinrent et menèrent une vie austère et pleine d'édification.

Un des plus anciens religieux de Condat lui reprocha aigrement un jour de recevoir trop facilement tous les sujets qui se présentaient, au risque de n'avoir plus de place pour accueillir les sujets d'élite : « Mon frère, lui dit le Saint, DIEU seul discerne le fond des cœurs, confions-nous en lui. Accueillons toutes ces brebis que nous envoie le divin pasteur; ne refusons pas de les défendre contre l'ennemi du salut ; mais, par notre zèle, conduisons-les avec nous aux portes du paradis. »

Ce héros du CHRIST, comme l'appelle son historien, rendit son âme à DIEU le 28 février 460. Son frère lui survécut vingt ans, et Dieu confirma sa vertu dès son vivant par de grands miracles.

Pratique. Soyez ferme, mais doux, et gardez la sévérité surtout pour vous-même.

 "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

jeudi 26 février 2015

27 Février : SAINT LÉANDRE, Archevêque de Séville / SAINT GABRIEL DE L'ADDOLORATA, Passionniste

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"



SAINT LEANDRE, d'une famille princière, naquit en Espagne.

Il embrassa de bonne heure la vie monastique et y puisa l'esprit de dévouement et de discipline qui devait lui valoir l'honneur d'exercer une influence prépondérante sur l'avenir de son pays.

Séville fut le théâtre de son zèle et de ses vertus. Moine d'abord, puis archevêque de cette cité, il créa à l'ombre de sa métropole une école destinée à propager, en même temps que la foi catholique, l'étude de toutes les sciences et de tons les arts.

Il présidait lui-même aux exercices des maîtres savants et des nombreux élèves qu'il avait su attirer. Parmi ses disciples, le plus célèbre fut son jeune frère, Saint Isidore, qui devint son successeur et surpassa sa gloire.

Mais une autre illustration de l'école de Léandre fut Saint Herménégilde, un des fils du roi arien Leuvigilde; c'est lui qui avait gravé au cœur de l'illustre jeune homme cette foi invincible qui fit de lui la victime de son propre père.

Une des gloires de Saint Léandre est d'avoir été un ami intime du grand pape Saint Grégoire le Grand. On aime à trouver ces tendres et fortes amitiés, dont la vie des saints fournit tant d'exemples ; elles seules sont vraies et solides, parce qu'elles reposent sur la seule base ferme et inébranlable, l'amour de DIEU.

Rien de plus attendrissant que la correspondance intime de ces deux grands personnages : « Absent par le corps, écrivait le pape à son fidèle ami, vous êtes toujours présent à mes regards, car je porte gravés au fond de mon cœur les traits de votre visage. Vous saurez lire en votre propre cœur quelle soif ardente j'ai de vous voir... Ma lettre est bien courte, mais elle vous montrera combien je suis écrasé par le poids de ma charge, puisque j'écris si peu à celui que j'aime le plus au monde". Quel éloge de notre Saint sous la plume d'un si grand pape !

Léandre, éprouvé par la persécution, eut enfin le bonheur de voir le triomphe de son Église. Le roi Leuvigilde se convertit avant de mourir et mit son fils Récarède sous la conduite du Saint archevêque, qu'il avait exilé.

Récarède, éclairé des lumières de la vraie foi, eut la gloire de ramener tout son peuple au giron de l'Église romaine -, cette gloire, il faut le dire, rejaillit en grande partie sur Léandre, qui s'empressa d'annoncer la triomphante nouvelle à son ami, le pape Saint Grégoire.

Ses écrits nous ont conservé de nombreuses et touchantes traces de son amour filial et fraternel et des doux souvenirs d'une éducation chrétienne.

On ne connaîtrait qu'à demi ce docteur et cet apôtre de l'Espagne, si l'on ignorait que sa vie fut toujours mortifiée et recueillie comme celle d'un moine, sans faste comme celle d'un pauvre de JESUS-CHRIT, laborieuse comme celle d'un soldat de la foi.

DIEU l'admit à se reposer de ses labeurs le 27 février 596.

Pratique. Ne vous liez pas avec tout le monde ; que vos amitiés soient fondées sur la foi.

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SAINT GABRIEL de L'ADDOLORATA
Passionniste
(1838-1862)

FRERE GABRIEL DE L'ADDOLORATA (c'est-à-dire "de Notre-Dame des Sept-Douleurs") est le nom de religion que reçut FRANCOIS POSSENTI lorsqu'il fut entré chez les Passionnistes.

Dès son enfance, le jeune Saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère. Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites.

Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse.


A Spolète (Italie), on vénère une délicieuse et très antique image de la Madone, que l'on porte en procession dans la ville, le jour octave de l'Assomption. Personne ne voudrait manquer cette procession ni refuser de s'unir aux manifestations pieuses d'un peuple entier en l'honneur de la sainte image. Chacun s'efforce de se trouver sur son passage, de la contempler avec dévotion, dans l'espoir d'en obtenir quelque faveur particulière.

En 1856, comme les années précédentes, François Possenti se trouvait au milieu de la foule. Mais, cette fois, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse; il L'avait entendue lui dire: "François, le monde n'est plus pour toi; il te faut entrer en religion."

Il entra donc chez les Passionnistes. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse. Canonisé il y a peu d'années, il est devenu un des patrons de la jeunesse. Nous l'invoquons sous le nom de saint Gabriel de l'Addoorata, et sa fête se célèbre le 27 février.


La tendresse que Saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son coeur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux.

Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet.

La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. Il avait toujours quelque chose de nouveau à dire de Sa tendre Mère, et il faisait l'édification de tous ceux qui l'écoutaient. Ses lettres n'étaient qu'une longue louange de sa bonne Mère, qu'il désirait tant voir aimée et honorée des siens. Sans cesse, il leur recommandait la lecture du livre de saint Alphonse de Liguori intitulé "Les gloires de Marie".

C'est par amour pour la Sainte Vierge qu'il voulut s'appeler 
Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs.



En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières.

Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Mais il savait, et n'oublia jamais, que sa principale obligation de religieux était l'exacte observance de sa Règle.

Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par voeu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son coeur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce voeu apostolique.

Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son coeur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.

 "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mercredi 25 février 2015

26 Février : SAINT PORPHYRE, Evêque de Gaza / SAINTE MECHTILDE de HACKEBORN, Vierge, Bénédictine

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"

SAINT PORPHYRE, né à Thessalonique en 353, de parents riches et vertueux, fut élevé dans la piété, dans la crainte de DIEU, ainsi que dans les sciences divines et humaines.

Après cinq ans de vie austère dans un couvent, ayant reçu de ses supérieurs l'ordre de partir, à cause de sa santé délabrée, il se rendit en Terre Sainte, et parvint mourant à Jérusalem. Là, dans une vision près du tombeau du SAUVEUR, il fut miraculeusement guéri.

Admirons la conduite mystérieuse de la Providence ! C'est DIEU lui-même qui dirigeait Son serviteur dans la Palestine, où la réputation de ses vertus et de son mérite le fit bientôt élever au siège épiscopal de Gaza.

Terrible au paganisme, dont il détruisit les idoles, il eut à subir de cruelles persécutions ; mais son zèle et sa charité réussirent peu à peu à convertir un grand nombre d'infidèles.

Parmi les nombreux prodiges au moyen desquels il triompha de l'endurcissement des ennemis de JESUS-CHRIST, son histoire raconte le suivant :

Une sécheresse extraordinaire désolait la contrée. Les prêtres des idoles offraient sans succès sacrifices sur sacrifices à leurs dieux ; le fléau devenait intolérable, et la famine avait déjà fait des victimes. Porphyre ordonna des prières spéciales. Un jour de jeûne fut fixé, et on se réunit un soir dans la plus grande église de la ville, où l'assemblée chrétienne chanta dorant tonte la nuit, dans l'attitude de la pénitence, des invocations à DIEU et aux Saints.

Le lendemain, une procession fut faite hors de la ville, aux tombeaux des martyrs; mais quand elle revint, les païens avaient fermé toutes les portes de la cité. Les chrétiens, tombant à genoux, redoublent d'instances près de DIEU.

Tout à coup le ciel jusque-là serein se couvre de nuages, et une pluie torrentielle tombe pendant deux jours sur la contrée. A cette vue, les païens ouvrent les portes et s'écrient : « Le CHRIST a vaincu ! » Ce prodige détermina la conversion de plus de deux cents idolâtres. —

Tous les nombreux miracles de Porphyre avaient pour but la conversion des âmes.

Un jour qu'il traversait la mer sur un navire, une tempête affreuse éclate, le naufrage est inévitable. Mais Porphyre, éclairé de DIEU, déclare au pilote que la tempête cessera dès qu'il aura abjuré l'hérésie d'Arius. Le pilote, étonné de voir un homme qui lisait dans les cœurs, abjura aussitôt l'erreur, et les flots devinrent calmes.

Porphyre est l'un des envoyés de JESUS-CHRIST dans lesquels s'est le mieux vérifiée la promesse du SAUVEUR à ses apôtres : "Des miracles étonnants seront opérés par la foi de mes disciples; en Mon Nom, ils chasseront les démons, parleront les langues, guériront les malades... "


Porphyre s'endormit dans la paix du CHRIST l'an 420, laissant Gaza presque entièrement chrétienne.

Pratique. 
Ayez un grand zèle pour combattre autour de vous tout ce qui peut nuire à la religion.

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SAINTE MECHTILDE de HACKEBORN


Vierge, Bénédictine


(1240-1298)

SAINTE MECHTILDE et SAINTE GERTRUDE sa soeur, comtesses de Hackeborn, et proches parentes de l'empereur Frédéric II, naquirent à Isèble dans la Haute-Saxe.

Mechtilde
 fut élevée chez les bénédictines de Rédaresdorff ou Rodersdorff, au diocèse de Halberstad. Elle montra, dès ses premières années, une grande innocence de mœurs et un grand dédain pour les vanités mondaines. Son obéissance charmait ses supérieures; on la voyait toujours exécuter avec autant de joie que de ponctualité ce qui lui avait été prescrit.

Son amour pour la mortification frappait toutes les personnes qui vivaient avec elle. Jamais elle ne flattait son corps et quoiqu'elle fût d'une complexion très délicate, elle s'interdisait l'usage de la viande et du vin. Son humilité lui faisait éviter tout ce qui aurait pu sentir l'ostentation: elle mettait même autant de soin à cacher ses vertus, que les autres en mettent d'ordinaire à cacher leurs vices.

Elle ne voulut point sortir de la solitude, et quand elle fut en âge de se consacrer à DIEU par des voeux, elle fit profession dans le monastère de Rodersdorff. Quelque temps après, on l'envoya à Diessen, en Bavière, où elle devint supérieure du monastère de ce nom.

Elle y introduisit bientôt la pratique des plus sublimes vertus. Persuadée qu'on ne peut atteindre à la perfection monastique sans une exacte observation de tous les points de la règle, elle exhortait ses sœurs à s'y conformer avec promptitude, et à anticiper plutôt sur le temps marqué pour chaque exercice, que de se permettre le moindre retard par négligence.

Le monastère d'Ottilsteten ou d'Edelstetin, en Souabe, était alors tombé dans un grand relâchement. Les évêques du pays, voulant y introduire la réforme, ordonnèrent à Mechtilde de s'y retirer et de se charger de cette bonne œuvre: mais la Sainte employa diverses raisons pour s'en dispenser; elle eut même recours aux larmes et aux prières.

Tout fut inutile, il fallut obéir. Elle se rendit à sa nouvelle communauté et y rétablit en peu de temps l'esprit d'une parfaite régularité. Personne ne peut résister à la force réunie de sa douceur et de ses exemples. Austère pour elle-même, elle était pleine de bonté pour les autres. Elle savait faire aimer la règle en la faisant observer, et tenir ce juste milieu qui consiste à ménager la faiblesse humaine, sans élargir les voies évangéliques.

Ses instructions étaient toujours accompagnées de cet esprit de charité et d'insinuation qui rend la vertu aimable. Elle obligeait ses sœurs à la plus exacte clôture, et les tenait éloignées de tout commerce avec les gens du monde: les préservant ainsi de la dissipation dont l'effet ordinaire est de refroidir la charité et d'éteindre la ferveur.

Son lit était un peu de paille, sa nourriture fort grossière, encore ne mangeait-elle que pour soutenir son corps. Elle partageait tous ses moments entre la prière, la lecture et le travail des mains. Elle observait le silence le plus rigoureux. L'esprit de componction dont elle était animée fournissait à ses yeux une source continuelle de larmes. Elle ne se crut jamais dispensée de la règle, pas même à la cour de l'empereur, où elle avait été obligée d'aller pour les affaires de son monastère.

Lorsque la maladie la forçait à garder le lit, sa plus grande douleur était de ne pouvoir assister, avec les autres soeurs, à la prière et à l'office de la nuit. Elle mourut à Diessen le 29 mars, quelque temps après l'an 1300, et avant Sainte Gertrude, sa soeur. Son nom n'a jamais été inséré dans le martyrologe romain; mais on le trouve dans plusieurs calendriers sous le 10 avril, le 29 mars et le 30 mai.

 "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

mardi 24 février 2015

25 Février : SAINT TARAISE, Patriarche de Constantinople

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"

SAINT TARAISE, né à Constantinople au milieu du VIIIe siècle, fut un homme suscité par la Providence pour la défense de la foi.

Bien jeune encore, ses mérites l'élevèrent à la dignité de consul et de secrétaire de l'empereur. C'est de là que, tout laïque qu'il était, comme un nouvel Ambroise, il dut monter sur le trône patriarcal de Constantinople ; mais, en homme de caractère, il posa ses conditions, dont la première tendait à l'écrasement de l'hérésie des iconoclastes, si fameuse par sa haine contre le culte des Saintes Images.

Quelques hommes de science et de vertu, dont le caractère était plus fougueux que le sien, lui firent des reproches de la douceur et de l'esprit de conciliation qu'il montra en plusieurs occasions difficiles ; mais jamais sa modération ne le fit transiger avec son devoir, et il sut plus d'une fois se montrer inflexible quand la gloire de DIEU et l'intérêt des âmes le demandaient.

Nous trouvons dans ces différentes manières d'agir des saints une importante leçon, la prudence des uns, la fougue des autres, ont souvent été justifiées selon les circonstances : deux conduites opposées, ayant également pour fin la gloire de DIEU peuvent être inspirées semblablement par la grâce.

Outre son zèle pour la foi, Taraise, au milieu du faste oriental, montra une pauvreté tout évangélique ; il fut admirable par la simplicité de sa vie, la frugalité de sa table, la brièveté de son sommeil, sa bonté paternelle envers les pauvres de JESUS-CHRIST.

Parmi les traits de sa charité, on cite son dévouement à protéger la vie d'un homme injustement accusé, qui s'était réfugié dans l'asile inviolable de l'Église, et dont il réussit à démontrer l'innocence. L'un des points caractéristiques de sa vie, c'est son amour tendre pour la Très Sainte Vierge Marie.

Il nous reste de lui, sur les mystères de la Mère de DIEU, des pages aussi nourries de doctrine qu'enflammées d'éloquence : "De quelles louanges vous comblerons-nous, s'écrie-t-il, Ô Vierge Immaculée, Vierge sans tache, ornement des femmes et splendeur des vierges ! O Mère et Vierge sainte, Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; Vous êtes célébrée à cause de votre innocence, et Vous êtes marquée du sceau de la virginité... »

Rien de plus beau peut-être n'a été dit sur la Sainte Vierge, que cette page admirable où il la salue vingt fois en rappelant tous ses titres glorieux. L'amour seul parle ce langage.

Taraise s'endormit dans le SEIGNEUR le 22 février 806, à l'heure où on chantait à vêpres ce verset : "Inclinez-vous, SEIGNEUR, écoutez ma prière."

Pratique. Sachez employer à propos, selon l'inspiration de la grâce, la modération et la fermeté.

 "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

lundi 23 février 2015

24 Février : SAINT MATTHIAS, Apôtre / SAINT ROBERT D'ABRISELLE, Fondateur d'Ordre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"


On ne peut guère douter que SAINT MATTHIAS n'ait été un des soixante-douze disciples de JESUS-CHRIST; du moins est-il certain qu'il s'attacha de bonne heure à la personne du SAUVEUR, et qu'il ne s'en sépara point depuis Son Baptême jusqu'à son Ascension.

Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du SAINT-ESPRIT, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à la place de Judas. Matthias et Joseph, appelé Barsabas, que sa piété extraordinaire avait fait aussi surnommer le Juste, furent jugés dignes de cette éminente dignité.

On se mit aussitôt en prières, afin de connaître la Volonté du Ciel, après quoi on procéda à l'élection par la voie du sort.  Matthias ayant été désigné, on ne douta plus que DIEU ne l'eût choisi pour remplir la place vacante par la mort du traître Judas.

Nous n'avons rien de certain sur les actions de Saint Matthias; on sait seulement qu'après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, il alla prêcher l'Évangile de JESUS-CHRIST, et qu'il consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat.

Clément d'Alexandrie rapporte que, dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité; leçon importante qu'il tenait de JESUS-CHRIST, et qu'il mettait lui-même en pratique.

Les Grecs prétendent, d'après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint Matthias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé dans la Colchide, à laquelle ils donnent le nom d'Éthiopie. Les Latins célèbrent sa fête le 24 février.

On garde une partie de ses reliques à l'abbaye de Saint-Matthias de Trèves, et à Sainte-Marie-Majeure de Rome. Mais les Bollandistes disent que les reliques de Sainte-Marie-Majeure qui portent le nom de saint Matthias, pourraient ne point être de l'Apôtre, mais d'un autre saint Matthias, évêque de Jérusalem vers l'an 120.

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LE BIENHEUREUX ROBERT D'ARBRISSELLE
Fondateur d'Ordre
(1045-1117)

ROBERT D'ARBRISELLE né à Arbrisselle, aujourd'hui Arbressec, près de Rennes, est une des figures les plus remarquables de la fin du XIe siècle et du commencement du XIIe siècle.

La puissance merveilleuse de sa parole, les innombrables conversions qu'il opéra dans toutes les classes de la société, le nouvel institut monastique dont il fut le père, son influence étonnante et les persécutions qu'il eut à subir, en font un des saints dont l'action s'est fait le plus sentir dans l'Église.

Dès sa jeunesse, Robert parut un enfant prédestiné, car jamais on ne vit en lui rien de léger ni de puéril, mais la prudence et la maturité d'un autre âge. Ses fortes études, la réputation de ses vertus, relevèrent aux dignités ecclésiastiques; mais il lui fallait le désert, la vie cachée, les austérités; les hommes de sa trempe ne font rien à demi.

Jean dans le désert, Paul, Antoine, Hilarion et tant d'autres anachorètes peuvent nous donner une idée de ses effrayantes mortifications. L'esprit de DIEU entraîne tout à sa suite : Robert vit sa solitude envahie par de nombreux disciples, et on a pu dire de son vivant que sa maison était à la fois « la plus pauvre et 
lapsus sainte de tout le royaume de France ».

Fontevrault lui doit son origine. Mais là s'arrête la vocation du moine. Ayant consolidé son œuvre, il devient, revêtu de pouvoirs spéciaux par le pape Urbain II, missionnaire apostolique pour toutes les parties du monde, et désormais, le bâton à la main, n'ayant pour richesse que la pauvreté, il parcourt spécialement la France et renouvelle les merveilles des plus grands apôtres chrétiens dans la plupart de nos provinces.

On cite le trait suivant, qui montre à la fois quelle était sa réputation et quelle charité animait son grand cœur. Dans un de ses voyages, son petit bagage fut pillé par des voleurs, qui le maltraitèrent lui-même indignement : « Malheureux, dit le compagnon du Saint, c'est ainsi que vous traitez Robert d'Arbrisselle ».

A ce nom célèbre, les voleurs épouvantés se jettent aux pieds de l'apôtre, lui demandent pardon et lui promettent de se convertir.  Robert leur pardonne, les embrasse et leur promet participation aux prières et aux bonnes œuvres de ses religieux.

Près de mourir, il fut horriblement tenté par l'ennemi du salut ; mais il chassa la troupe des démons par le signe de la croix. Ce fut le 25 février 1116 ou 1117, un vendredi, sur les trois heures après midi, qu'il alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux. Il avait 72 ans.

Pratique. Soyez généreux pour DIEU ; ne croyez jamais en faire assez pour sa gloire.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

dimanche 22 février 2015

23 Février : SAINT SERENE, Jardinier et Martyr / SAINT PIERRE DAMIEN, Cardinal, Évêque d'Ostie

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"

SAINT SERENE, Grec de naissance, quitta sa patrie pour s'ensevelir dans la solitude et passa sa vie dans les exercices de la prière et de la pénitence. Sa vie est remarquable par un trait de courage qui fît briller sa parfaite chasteté. Ce fut sa vertu elle-même qui le signala comme chrétien et devint l'occasion de son martyre, l'an 307.
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SAINT PIERRE DAMIEN

Cardinal
Evêque d'Ostie

SAINT PIERRE DAMIEN nous est, dès son enfance, un frappant exemple des merveilles de la Providence divine.

Né à Ravenne, d'une famille honnête, mais pauvre et nombreuse, il fut, étant encore à la mamelle, abandonnée par sa mère découragée; mais une femme charitable le recueillit à demi-mort de faim, et lui donna tous les soins d'une vraie mère.

Rendu à ses parents devenus plus humains, il resta orphelin très jeune encore et fut le souffre-douleur d'un de ses frères, qui le traitait comme un esclave et l'envoyait garder les pourceaux.

Dans ce misérable état, le pauvre enfant montrait des dispositions intellectuelles et morales vraiment remarquables. Un jour, il trouva par hasard une pièce d'argent; un enfant ordinaire s'en serait servi pour satisfaire sa gourmandise, mais le jeune Pierre sut résister à cette tentation et eut l'attention délicate de porter cet argent à un prêtre pour faire dire des messes à l'intention de son père défunt.

Un autre frère de l'enfant, archiprêtre de Ravenne, prit pitié de sa misère et s'occupa de son éducation; ce frère s'appelait Damien, et on croit que Pierre ajouta plus tard ce nom au sien par reconnaissance.


Dès lors tout changea pour notre saint; après avoir émerveillé ses maîtres et ses disciples par ses talents et ses vertus, il chercha dans le cloître un refuge contre les périls du monde.

Pendant le reste de sa longue vie de quatre -vingt-trois ans, il fut l'ami, le conseiller, la lumière de tous les papes de son temps. Ses vertus dépassaient encore sa science profonde, et il fit éclater surtout en lui la mortification et l'humilité.

Dans sa jeunesse, tourmenté de tentations impures, il se plongea, la nuit, dans un étang demi glacé, jusqu'à ce qu'il eût éteint le feu de la concupiscence. Cilice, jeûnes effrayants, lit de planches nues, disciplines, cercles de fer, aucune pénitence ne lui fut étrangère.

Etant moine, quand au chapitre, il avait dû reprendre ses religieux de leurs fautes, il descendait de son siège, se prosternait à terre devant tous, s'accusait de toutes ses imperfections, se donnait la discipline publique, et reprenant sa place, continuait ses avis.


Saint Pierre Damien mourut le 23 février 1072. On l'invoque contre les maux de tête, probablement en sa qualité d'homme d'étude.

Pratique : Confiez-vous en tout à la Providence ; elle dirige tous les événements.


"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

samedi 21 février 2015

22 Février : LA CHAIRE DE SAINT PIERRE A ANTIOCHE / SAINTE MARGUERITE DE CORTONE, Pénitente

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile 
et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)

CHAIRE de SAINT PIERRE à ANTIOCHE

"La voix de la Tradition toute entière, dit Dom Guéranger, nous apprend que SAINT PIERRE transporta sa résidence à Antioche, troisième ville de l'Empire, lorsque Saint Barnabé, aidé de quelques autres disciples, y eut fait prendre à la foi du CHRIST de sérieux accroissements. Ce changement de lieu, le déplacement de la Chaire de Primauté, montrait l'Église avançant dans ses destinées, et quittant l'étroite enceinte de Sion, pour se diriger vers l'humanité tout entière.

"Nous apprenons du Pape Saint Innocent I qu'une réunion des Apôtres eut lieu à Antioche. C'était désormais vers la Gentilité que le vent de l'Esprit-Saint poussait ces nuées rapides et fécondes sous l'emblème desquelles Isaïe nous montre les saints Apôtres.  Saint Innocent enseigne encore que l'on doit rapporter au temps de la réunion de Saint Pierre et des Apôtres à Antioche ce que dit saint Luc dans les Actes, qu'à la suite de ces nombreuses conversions, les disciples du Christ furent désormais appelés chrétiens.

"Antioche est donc devenue le siège de Pierre. Capitale de l'Orient, elle devint naturellement la capitale du Christianisme, en attendant que Rome, capitale du monde entier, fût éclairée des lumières de l'Évangile. Après sept années de séjour à Antioche, Pierre se mettra en marche, portant avec lui les destinées de l'Église; là où il s'arrêtera, là où il mourra, il laissera sa succession. Au moment marqué, il se séparera d'Antioche, où il établira pour évêque Évodius son disciple. Évodius sera le successeur de Pierre en tant qu'évêque d'Antioche; mais son Église n'héritera pas de la primauté que Pierre emporte avec lui.

"Le prince des Apôtres envoie Marc, son disciple, prendre possession d'Alexandrie en son nom; et cette Église sera la seconde de l'univers, élevée d'un degré au-dessus d'Antioche, par la volonté de Pierre, qui cependant n'y aura pas siégé en personne. C'est à Rome qu'il se rendra et qu'il fixera enfin cette Chaire sur laquelle il vivra, il enseignera, il régira dans ses successeurs.

"Telle est l'origine des trois grands sièges patriarcaux si vénérés dans l'antiquité: le premier, Rome, investi de la plénitude des droits du prince des Apôtres, qui les lui a transmis en mourant; le deuxième, Alexandrie, qui doit sa prééminence à la distinction que Pierre en a daigné faire en l'adoptant pour le second; le troisième, Antioche, sur lequel il s'est assis en personne, lorsque, renonçant à Jérusalem, il apportait à la Gentilité les grâces de l'adoption.

Si donc Antioche le cède pour le rang à Alexandrie, cette dernière lui est inférieure, quant à l'honneur d'avoir possédé la personne de celui que le CHRIST avait investi de la charge de pasteur suprême. Il était donc juste que l'Église honorât Antioche pour la gloire qu'elle a eue d'être momentanément le centre de la chrétienté, et telle est l'intention de la fête que nous célébrons aujourd'hui."

Dans l'église de Saint-Pierre à Venise, on garde une chaire qu'une tradition dit avoir servi au prince des Apôtres pendant son pontificat à Antioche. L'empereur Michel Paléologue l'ayant donnée au doge, elle fut reçue avec de grands honneurs à Venise, où elle continue à être vénérée.



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SAINTE MARGUERITE DE CORTONE

Pénitente

SAINTE MARGUERITE DE CORTONE née en 1249, était une enfant du peuple ; la négligence de ses parents, sa rare beauté, les occasions dangereuses, l'engagèrent en des liens coupables pendant neuf ans.

Aveuglée par ses passions, elle avait le sentiment de sa vie criminelle et aspirait à en sortir : mais elle n'en avait pas le courage. La mort violente et tragique de son séducteur fut pour elle le coup de la grâce.

Ardente au bien comme elle l'avait été au mal, elle fit l'aveu de ses fautes, et, après trois ans d'épreuves, reçut l'habit du Tiers-Ordre de Saint-François. Rien désormais de plus admirable que sa vie, et NOTRE-SEIGNEUR lui fut prodigue, comme autrefois à Madeleine, de ses faveurs les plus singulières.

La terre froide et nue est son lit, une pierre ou un morceau de bois son oreiller; son sommeil est souvent interrompu par ses soupirs et par ses larmes. Sa beauté d'autrefois n'est plus aujourd'hui qu'un objet d'horreur pour cette grande pénitente ; elle se défigure par les jeûnes et par de sanglantes meurtrissures qui la rendent presque méconnaissable.

La plus insigne grâce de sa vie depuis sa conversion, c'est la participation aux souffrances de la Passion : « Prépare-toi, lui dit JESUS-CHRIST, à être purifiée par les tribulations, les tentations, les infirmités, les douleurs, les larmes, les craintes, la faim, la soif, le froid, les privations de toutes sortes ; je serai avec toi. — Ô SEIGNEUR, dit Marguerite, je m'offre avec allégresse pour souffrir avec Vous.

Elle eut bientôt une participation aussi grande que possible aux douleurs de JESUS, qu'elle vit et qu'elle endura toutes les unes après les autres; et, à un certain moment, sa douleur fut si grande, qu'elle poussa un cri et s'évanouit.

Quand elle sortit de cet état surnaturel, pâle et livide, elle demeura longtemps sans parole et glacée d'un froid mortel. DIEU donna à Marguerite une grâce puissante auprès de lui pour obtenir la conversion des pécheurs et la délivrance des âmes du purgatoire.

Elle eut, avant sa mort, à soutenir de terribles combats contre l'ennemi des âmes ; mais, dans ces combats, DIEU fut avec elle, et elle vit un ange lumineux descendre du ciel pour la fortifier et la défendre. Son âme s'envola au ciel le 22 février 1297.

Pratique :  Réparez vos fautes passées par une conversion sincère et par les œuvres de la pénitence.

                            "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

vendredi 20 février 2015

21 Février : SAINT SÉVERIEN, Evêque et Martyr / SAINT PEPIN DE BRABANT, Duc de Brabant

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile 
et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales.)"

SAINT SEVERIN, évêque de Scythopolis au Ve siècle, se distingua par son courage contre les hérétiques nommés eutychiens.  Son zèle n'eut d'autre effet que de lui procurer la couronne du martyre.  Les soldats partisans de l'hérésie, s'étant saisis de lui, le traînèrent hors de la ville et le massacrèrent sans pitié, l'an 432 ou 453.
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                                          SAINT PÉPIN DE LANDEN
                                                                     Duc de Brabant

SAINT PEPIN DE LANDEN nous montre d'une manière admirable, en sa personne, que la sainteté n'est point incompatible avec les plus hautes dignités de ce monde.

Fils de prince, né en 580, il fut maire du palais sous plusieurs rois de France et se conduisit, dans cette haute charge presque égale à la dignité royale elle-même, avec une prudence remarquable.


Souvent les rois ont à se plaindre de leurs sujets, et les sujets ont lieu de murmurer contre les rois : Pépin, obligé par ses fonctions à maintenir l'ordre et la justice, agit avec une loyauté si parfaite, que jamais on ne le vit montrer de partialité ni pour le roi ni pour le peuple, et qu'il sut réprimer sans faiblesse les excès du peuple comme les excès de son roi.

Voilà, certes, un bel éloge, et qui suppose autant le saint que le grand homme : Pépin fut, en effet, l'un et l'autre.

Le roi Clotaire II ne se contenta pas de donner à ce noble prince la première charge de son royaume, il l'honora de toute sa confiance et mit entre ses mains l'éducation de son fils Dagobert. Pépin n'omit rien de ce qui pouvait imprimer au cœur du jeune prince la crainte de DIEU et l'amour de la justice.  Il lui mettait souvent sous les yeux cette belle parole de nos saints Livres : « Le trône d'un roi qui rend justice aux pauvres ne sera jamais ébranlé. »

Plus tard, le prince, devenu roi de France, ayant oublié les leçons de son illustre maître, le fidèle et invincible Pépin ne craignit pas de lui en faire des reproches sévères ; si bien que de vils flatteurs en profitèrent pour inspirer au roi de mettre à mort ce censeur gênant. Mais Dagobert, d'abord irrité de cette leçon, rentra en lui-même, et il montra plus que jamais une vénération profonde pour le mérite et la vertu d'un si grand ministre.

Saint Pépin mourut le 21 février 640, et fut pleuré à l'égal du meilleur des rois. Il laissa la réputation d'un saint, et chacun rappelait avec douleur et reconnaissance qu'il avait toujours été le gardien des lois, le soutien des faibles, l'ennemi des divisions, l'ornement de la cour, l'exemple des grands, le père de la patrie.

Admirons, à cette époque estimée aujourd'hui barbare, comment la grâce de DIEU et la droiture naturelle ont fait de Pépin de Landen un ministre comme on en chercherait en vain dans notre siècle de prétendue civilisation.

Pratique. Formez-vous un caractère droit, loyal, ennemi de l'habileté mondaine.

                            "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"