mardi 31 mars 2015

1er Avril : SAINT HUGUES, Evêque de Grenoble

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)

Saint Hugues naquit à Châteauneuf d'Isère, près de Valence, eu Dauphiné, l'an 1053. Pendant que sa mère le portait dans son sein, elle eut un songe où il lui semblait mettre an monde un bel enfant que Saint Pierre, accompagné d'autres saints, emportait dans le ciel et présentait devant le trône de DIEU.

Cette vision fut pour ses parents un présage de hautes et saintes destinées; aussi soignèrent-ils son éducation et n'hésitèrent-ils pas à favoriser sa vocation ecclésiastique. Choisi, jeune encore, par l'évêque de Valence, pour être chanoine de sa cathédrale, il se vit, à vingt-sept ans, obligé d'accepter le siège épiscopal de Grenoble, devenu vacant.

Il voulut recevoir l'onction épiscopale des mains du pape Grégoire VII, qui, connaissant à l'avance son mérite et ses vertus, lui dévoila toute son âme et lui inspira un zèle ardent pour la liberté de l'Église et pour la sanctification du clergé.

Hugues trouva son évêché dans le plus lamentable état ; tous les abus de l'époque y régnaient en maîtres. Le nouveau pontife fit d'incroyables efforts pour raviver la foi et relever les mœurs ; ses efforts étant infructueux, il résolut de quitter sa charge et se réfugia au monastère de la Chaise-Dieu ; mais bientôt le pape, instruit de ce qui se passait, lui ordonna de retourner à son évêché et de préférer le salut des âmes à son repos personnel.

C'est dans les années suivantes que Saint Bruno vint fonder dans son diocèse l'admirable institution de la Chartreuse. Hugues allait souvent dans cet ermitage et vivait avec les Chartreux comme le dernier d'entre eux ; son attrait pour la solitude était si fort, qu'il ne pouvait se décider à quitter cette austère retraite, et Bruno se voyait obligé de lui dire : « Allez à votre troupeau; il a besoin de vous ; donnez-lui ce que vous lui devez. »

Cependant Hugues, par la puissance de sa sainteté, opérait un grand bien dans les âmes ; ses prédications véhémentes remuaient les foules et touchaient les cœurs ; au confessionnal, il pleurait souvent avec ses pénitents et les excitait à une plus grande contrition. Après quelques années d'épiscopat, son diocèse avait changé de face.

Parmi ses hautes vertus, on remarqua en lui une modestie si grande, qu'après cinquante d'épiscopat il ne connaissait qu'un visage de femme, celui de sa vieille servante. Dur pour lui-même, il se montrait prodigue pour les pauvres et alla jusqu'à vendre pour eux anneau et son calice.

Toujours il se montra d'une énergie indomptable pour la défense des intérêts de l'Église; jamais la crainte n'entra dans son âme ni ne dirigea sa conduite, et il restera toujours comme l'un des beaux modèles de noble indépendance et de fier courage.

Hugues dut se résigner à vivre et à mourir dans sa charge, sans pouvoir habiter cette Chartreuse où était son cœur. Il eut du moins la consolation de laisser à son successeur un diocèse entièrement transformé. Sa mort arriva le 1er avril 1132.

Pratique: Dans les épreuves de l'Église, déclarez-vous toujours franchement pour elle.
 


"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 30 mars 2015

31 Mars : SAINT BENJAMIN, Diacre et Martyr / SAINT NICOLAS DE FLUE, Ermite en Suisse

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)



L'un des plus illustres martyrs de Perse fut le diacre Benjamin. Ayant refusé de promettre de ne plus instruire les mages persans dans la religion chrétienne, il fut arrêté par ordre du roi, qui entreprit de l'effrayer par ses menaces. 


Mais Benjamin, toujours inébranlable, fut victime de la cruauté la plus inouïe. Sa bienheureuse mort arriva l'an 424. 

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LE BIENHEUREUX NICOLAS DE FLUE 

Ermite en Suisse


Le bienheureux Nicolas de Flüe naquit en Suisse, de parents pieux, en 1417. Un jour, à la vue d'une flèche élancée, sur une montagne voisine, il fut épris du désir du ciel et de l'amour de la solitude. Il se maria pour obéir à la volonté formelle de ses parents et eut dix enfants.



Son mérite et sa vertu le firent choisir par ses concitoyens pour exercer des fonctions publiques fort honorables. Sa prière habituelle était celle-ci : "Mon SEIGNEUR et mon DIEU, enlevez de moi tout ce qui m'empêche d'aller à vous. Mon SEIGNEUR et mon DIEU, donnez-moi tout ce qui peut m'attirer à vous. Mon SEIGNEUR et mon DIEU, prenez-moi à moi et donnez-moi à vous."



II avait cinquante ans, quand une voix intérieure lui dit : « Quitte tout ce que tu aimes, et DIEU prendra soin de toi. » II eut à soutenir un pénible combat, mais se décida en effet à tout quitter, femme, enfants, maison, domaine, pour servir DIEU. Ce fut un jour de larmes accompagnées de résignation dans la maison de Nicolas.      



Il s'éloigna pieds nus, vêtu d'une longue robe de bure, un chapelet à la main, sans argent, sans provisions, en jetant un dernier regard tendre et prolongé vers les siens. La nouvelle de sa présence s'était répandue bientôt, et il se fit près de lui une grande affluence. Chose incroyable, le Saint ermite ne vécut, pendant dix-neuf ans, que de la Sainte Eucharistie ; les autorités civiles et ecclésiastiques, saisies du fait, firent surveiller sa cabane et constatèrent la merveille d'une manière indubitable.




La Suisse, un moment divisée, était menacée dans son indépendance par l'Allemagne. Nicolas de Flüe, vénéré de tous, fut choisi pour arbitre et parla si sagement, que l'union se fit, à la joie de tous, et la Suisse fut sauvée. On mit les cloches en branle dans tout le pays, et le concert de jubilation se répercuta à travers les lacs, les montagnes et les vallées, depuis le plus humble hameau jusqu'aux grandes villes. 

Nicolas fut atteint, à l'âge de soixante-dix ans, d'une maladie très aiguë qui le tourmenta huit jours et huit nuits sans vaincre sa patience. Il rendit l'âme le 21 mars 1487. La Suisse l'aime et le vénère comme l'un de ses patrons les plus populaires. 

PratiqueRenoncez à vous pour être à DIEU ; moins vous serez à vous, plus vous serez à DIEU. 

 "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 29 mars 2015

30 Mars : SAINT JEAN CLIMAQUE, abbé

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)


On ignore le lieu précis et la date de la naissance de ce saint, mais on croit qu'il vécut de l'an 525 à l'an 605. Son nom de CLIMAQUE lui vient du beau livre qu'il composa sous le titre grec de Climax ou Échelle du ciel.

La Palestine fut son premier séjour ; à seize ans, il quitta le monde pour se donner entièrement à DIEU dans un monastère du mont Sinaï. A dix-neuf ans, le jeune moine, sous la conduite d'un saint religieux nommé Martyrius, travailla sans relâche à sa perfection et y fit des progrès si rapides, qu'ils étonnaient son maître lui-même. 


A la mort de son maître
Jean se retira dans une solitude profonde, afin d'y mener une vie plus parfaite encore. Une croix de bois, une table formée de quatre planches grossières et le livre des saintes Écritures, avec quelques ouvrages des saints Pères, en faisaient tout l'ameublement. C'est là qu'il vécut quarante ans, de la vie d'un ange plutôt que de la vie d'un homme. Détaché du monde, affranchi pour ainsi dire du corps par la mortification, il s'élevait librement jusqu'à DIEU, s'abîmait dans des contemplations sublimes et s'entretenait suavement avec les anges des mystères de la foi. 

Ses deux yeux étaient deux fontaines de douces larmes qu'il versait dans le secret de la solitude, veillant à n'être observé par personne. Il eût voulu noyer dans ses pleurs tous les crimes de la terre ; il gémissait aussi sur son trop long exil et soupirait après la patrie céleste ; mais le plus souvent ses larmes étaient des larmes de joie, d'admiration et de débordant amour, excitées par la contemplation des merveilles divines qui lui étaient révélées. 


Est-il étonnant que, nouveau Jean-Baptiste, il vit les foules accourir à lui pour recevoir les leçons de la pénitence et de la vie chrétienne ? A chacun il traçait des règles salutaires ; sa bénédiction guérissait les malades, fortifiait les faibles, consolait les affligés, touchait les obstinés et les convertissait plus que les raisonnements de la science. 


Grande était la puissance de Jean Climaque contre le démon ; il sut le vaincre et le décourager dans les combats qu'il lui fit subir à lui-même ; il fut terrible aussi à l'ennemi du salut en le chassant de l'âme de ses frères. Un solitaire nommé Isaac vint se jeter à ses pieds, le suppliant de le délivrer des obsessions impures dont le démon le pressait sans relâche : « La paix soit avec vous, mon frère ! » dit le saint. 


A ces mots, il se mit avec lui en prière. Le visage du saint devint resplendissant d'une clarté céleste qui se répandait dans la grotte, et le démon poussait d'affreux rugissements. La prière terminée, Isaac se releva paisible et délivré pour toujours. 


Jean Climaque fut élu, à soixante-quinze ans, abbé du Sinaï, et devint de plus en plus l'ange et l'oracle du désert jusqu'à sa mort, qui arriva cinq ans plus tard. C'est à la fin de sa vie qu'il écrivit le livre d'où il tire son nom. 


Pratique. 
Ne soyez point curieux des choses de la terre ; appliquez-vous aux choses éternelles. 

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 28 mars 2015

29 Mars : SAINT JONAS et SAINT BARACHISIUS, Martyrs

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)


L'an 327 de l'ère chrétienne vivaient dans un petit village de la Perse, deux frères chrétiens, nommés Jonas et Barachisius ; ils craignaient DIEU et observaient fidèlement Sa loi.

Ayant appris que le roi Sapor avait lancé un édit contre la religion du CHRIST, et que déjà un grand nombre de chrétiens étaient en prison, ils résolurent d'affronter la persécution et d'aller encourager les martyrs.  A la vue de plusieurs chrétiens dans les tourments : « Ne craignez rien, leur dirent-ils, combattons, mes frères, pour le nom de JÉSUS crucifié, et nous obtiendrons, comme nos devanciers, la glorieuse couronne promise aux vaillants soldats de la foi. »

Soutenues par ces paroles, les victimes consomment sans faiblesse leur sacrifice. Mais il n'en fallait pas davantage pour exciter la colère des ministres du roi. Jonas et Barachisius sont arrêtés et menacés de mort s'ils n'adorent les dieux de la Perse, le soleil, le feu et l'eau.  Leur refus est suivi de cruelles tortures.

Jonas, attaché à un pieu, est frappé de verges couvertes d'épines jusqu'à ce que ses côtes soient mises à nu; mais il bénit et glorifie le SEIGNEUR.  On le traîne alors, une chaîne aux pieds, sur un étang glacé pour y passer la nuit.

Pendant ce temps, Barachisius  confond à son tour la folie des adorateurs des idoles, et affirme que jamais il n'adorera que Celui qui est le Créateur tout-puissant du soleil, du feu et de l'eau.  On lui verse du plomb fondu sur les yeux, dans la bouche, dans le nez et les oreilles, puis on le suspend par un pied dans sa prison.

Le lendemain, le combat recommence pour les deux frères. Aux questions railleuses de ses bourreaux, Jonas répond : « DIEU ne m'a jamais donné une nuit plus heureuse ni plus tranquille ; » puis il leur parle avec une éloquence et une sagesse qui les ravissent d'étonnement et d'admiration malgré eux, sans toutefois diminuer leur barbarie.

Ils coupent par phalanges les doigts des mains et des pieds du saint martyr, et ensuite le jettent dans une chaudière de poix bouillante, après lui avoir ôté la peau de la tête. La poix bouillante l'ayant épargné, ils le placent sous un pressoir à vis et le broient en faisant tourner sur lui cet horrible instrument ; c'est dans ce supplice que Jonas termina son combat victorieux.

Quant à son frère Barachisius, il ne fut pas moins admirable.  Jeté dans un buisson d'épines aiguës, on ne l'en retira que pour enfoncer dans sa chair des pointes de roseaux et les arracher violemment. Au lieu de se plaindre, la douce victime, à l'exemple du Maître, priait pour ses ennemis.

Son corps fut ensuite broyé sous le même pressoir où son frère avait expiré, et l'âme du nouveau martyr alla rejoindre celle du bienheureux Jonas dans la paix éternelle de JÉSUS-CHRIST.

Pratique. 
Pensez souvent aux terribles supplices des martyrs, pour soutenir votre courage. 


"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 27 mars 2015

28 Mars : SAINT JEAN DE CAPISTRAN, Confesseur / SAINT GONTRAN, roi / LA BSE JEANNE-MARIE DE MAILLÉ

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)

SAINT JEAN de CAPISTRAN 

Franciscain 
(+ 1456) 

Saint Jean de Capistranné l'an 1385, dans le royaume de Naples, était, dans sa jeunesse, un brillant jurisconsulte, un magistrat renommé pour son intégrité, un gouverneur plein de fermeté et de sagesse.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter.  Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. C'est là que saint François lui apparut et lui ordonna d'entrer dans l'ordre des Frères Mineurs. 


Jean 
acheta sa liberté, donna le reste de ses biens aux pauvres et s'ensevelit dans un couvent, après avoir donné à la ville de Pérouse, dont il avait été gouverneur, l'exemple d'un parfait mépris du monde, en parcourant les rues de cette ville monté à rebours sur un âne, et la tête coiffée d'un bonnet de carton, où étaient écrits les principaux péchés de sa vie.

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté: "Je rends grâces au SEIGNEUR, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs,  jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience." 


Jean
 fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône.  Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes.  Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de JÉSUS sur la Croix. Embrasé d'amour pour DIEU, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "DIEU, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de JÉSUS." 


Ordonné prêtre,  
Jean fut appliqué au ministère de la parole.  Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses.  Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 


Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. 


À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea
 saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de DIEU, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche: 


"Par le secours de JÉSUS,
 Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait: "Victoire, JÉSUS, victoire!" Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456.

Trois mois après,
 saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, SEIGNEUR, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: JÉSUS. Il avait soixante-et-onze ans.

Pratique
Défiez-vous de l'orgueil, combattez-le jusque dans ses dernières racines.


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SAINT GONTRAN, Roi



SAINT GONTRAN, petit-fils de Clovis et de Sainte Clotilde et roi de France, après des guerres continuelles avec ses frères répara ses torts par la pénitence et par la pratique des bonnes œuvres.

Il puisait dans la religion les vrais principes d'un gouvernement juste, pacifique et bienfaisant. Son règne fut accompagné d'une prospérité constante dans la paix et dans la guerre. 


Il honorait les évêques comme ses pères, fondait des églises et des monastères, montrait une charité immense pour les pauvres, et, dans un temps de famine, il joignit à ses aumônes des prières et des jeûnes pour fléchir la colère de DIEU. 


Il mourut en 593, avec la réputation d'un bon prince.
 

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La Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé naquit le 14 avril 1332, en Touraine, de très haute famille.  Dès l'âge de six ans, elle se faisait remarquer par sa piété, surtout envers Marie ; à onze ans, elle fut pour la première fois ravie en extase, le jour de Noël, et Marie lui apparut tenant dans ses bras le Divin Enfant. 

Une maladie, en la conduisant jusqu'aux portes du tombeau, servit à la détacher de plus en plus de la terre et à la rapprocher de DIEU.  Mariée, malgré sa répugnance et malgré son vœu de chasteté, à un jeune et vertueux seigneur, elle obtint de lui de vivre dans une parfaite continence. 

Leur château était le rendez-vous d'une multitude de pauvres, et les nobles châtelains étaient regardés comme la Providence de tous.  Oh ! le beau rôle à remplir, et qu'il est peu compris de nos jours ! Devenue veuve après seize ans de mariage, Marie eut à subir de dures épreuves qui relevèrent rapidement à une plus haute sainteté ; elle fut chassée du château par la famille de son mari et se trouva pauvre et n'ayant pas même une pierre pour reposer sa tête. 

Reçue au château paternel, elle y continua plus que jamais sa vie de charité et de prières. Quand elle allait à l'église ou en revenait dans les ténèbres, on la voyait souvent précédée d'une lumière céleste qui lui traçait la route. D'après l'ordre de la Sainte Vierge, elle entra dans le Tiers Ordre- de Saint-François et se retira dans une chétive demeure, près du couvent des Cordeliers, à Tours. 

On ne sait qu'admirer le plus dans cette nouvelle vie, qui devait être pour elle définitive, — ou les effrayants excès de ses mortifications, — ou les trésors de cette charité sans bornes qui faisait d'elle la sœur, l'amie, la servante, l'esclave des pauvres, des malades et de tous les malheureux, — ou sa piété angélique, signalée par tant de miracles, — ou les faveurs sans nombre qu'elle reçut du Ciel à l'égal des plus grandes saintes, — ou les éclatantes conversions dues au zèle brûlant de son cœur d'apôtre. 

Elle mourut en 1414. 

Pratique : Acceptez avec résignation les épreuves qui viennent du prochain.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 26 mars 2015

27 Mars : SAINT JEAN DAMASCÈNE, Docteur de l'Eglise / SAINT JEAN D'ÉGYPTE, Ermite

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)


SAINT JEAN DAMASCENE 

(+ 753)

Jean Mansour est né à Damas en Syrie, dans une famille de fonctionnaires des impôts, arabe et chrétienne.  Son grand-père et son père ont servi successivement sous les Perses, les Byzantins et les Arabes.

Mansour, à son tour, supervise durant des années, la perception des impôts que les chrétiens doivent à l'émir de Damas. Vers 720, le nouveau calife décide d'islamiser son administration et en chasse les chrétiens.  Mansour a 45 ans et il est désormais sans travail. 

Cette liberté lui permet de se rendre en Palestine où il entre au monastère de Mar Saba (saint Sabas) entre Jérusalem et Bethléem. 


Devenu prêtre, il prend le nom de Jean et partage désormais sa vie entre la prédication à Jérusalem où le patriarche l'a choisi comme conseiller théologique et l'étude dans son monastère. 

Son principal écrit, la "Source de la connaissance", résume toute la théologie byzantine. Il est aussi un grand défenseur des images saintes lors de la première crise iconoclaste.  On lui doit de nombreux topiaires, des hymnes et des poèmes. 


C'est lui composa le canon que la liturgie chante à Pâques et il rédigea la plupart des hymnes de l'Octoèque (hymnes pour les dimanches selon les huit tons musicaux) en l'honneur de la résurrection du Seigneur. 


Le Pape Léon XIII l'a proclamé docteur de l'Église en 1890. 


"Ce n’est pas la matière que j’adore mais le créateur de la matière qui, à cause de moi, s’est fait matière, a choisi sa demeure dans la matière. Par la matière, il a établi mon salut. En effet, "le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous"… Cette matière, je l’honore comme prégnante de l’énergie et de la grâce de DIEU." 

(Saint Jean Damascène, à propos des icônes - Discours sur les images) 

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JEAN naquit à Lycopolis, en Basse-Thébaïde, l'an 305, de parents pauvres, mais chrétiens. Ce n'est qu'après avoir exercé jusqu'à vingt-cinq ans le métier de charpentier que, touché de la grâce divine et considérant que la grande affaire de la vie est de sauver son âme, il quitta tout pour DIEU.

Il alla se mettre d'abord sous la direction d'un ancien solitaire, qui l'exerça d'une manière vraiment extraordinaire à l'obéissance, et qui lui commandait même des choses en apparence déraisonnables, afin de l'habituer à obéir uniquement pour plaire à DIEU.

C'est ainsi qu'il lui ordonna d'arroser deux fois le jour, pendant un an, un bâton sec et à demi pourri, jusqu'à ce qu'il eût pris racine et porté des fruits ; il fallait aller chercher l'eau à deux milles de distance, sous le brûlant soleil d'Egypte. Un jour, il ne leur restait qu'une fiole d'huile pour assaisonner leurs légumes ; Jean reçut l'ordre de la jeter par la fenêtre, ce qu'il exécuta sans la moindre objection.

Le vieux solitaire lui dit une autre fois : "Vois-tu cet énorme rocher? Apporte-le ici. » Le disciple part et s'efforce de saisir et de rouler ce bloc ; son corps, inondé de sueur, s'épuise ; Jean ne cesse son travail infructueux que sur l'appel de son maître.

Une telle obéissance laisse à deviner quelle était la sainteté du jeune ermite. Après douze ans de cet exercice de complète abnégation, Jean passa plusieurs années en différents monastères, pour se former mieux encore aux vertus religieuses; et ce n'est qu'après ces longues épreuves que, cédant à l'attrait qui le poussait dans la solitude, il obtint la permission de se cacher, loin des hommes, dans une retraite absolue.

Il se creusa dans le rocher une grotte inaccessible, où il ne laissa pour ouverture qu'une petite lucarne par où lui parvenait sa nourriture. La bonne odeur de sa sainteté attira bientôt les foules à son désert, et, craignant que la charité ne lui fît un devoir de ne point les rebuter, il régla qu'il leur parlerait par sa fenêtre, mais seulement le samedi et le dimanche.

Il est incroyable combien il fit de prédictions et de miracles et combien d'âmes lui durent leur conversion ou leur sanctification. Sa vie était toute céleste ; son jeûne continuel ne lui permettait chaque jour de prendre que quelques fruits et un peu d'eau ; il ne mangeait jamais rien de cuit, pas même de pain; le même vêtement lui suffisait pour le garantir des ardeurs du jour et des fraîcheurs de la nuit.

C'est ainsi qu'il vécut cinquante ans, sans aucun souci des choses de ce monde, et tout occupé de DIEU et des choses éternelles. Il rendit enfin sa belle âme au SEIGNEUR, à genoux et en prière, à la fin de l'an 394, laissant la réputation d'un digne émule de Saint Antoine.

Pratique. Ne sortez jamais de la voie de l'obéissance ; cette vertu vous préservera des illusions et de l'orgueil.
"Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 25 mars 2015

26 Mars : SAINT LUDGER, Evêque

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)



Élevé par ses parents dans la vertu et la piété, LUDGER ne tarda pas à donner les marques évidentes d'une vocation extraordinaire ; son enfance et sa jeunesse se passèrent dans un monastère, où il reçut à la fois les leçons de la science et de la sainteté.

Sa vive intelligence pénétrait les questions les plus difficiles ; les Livres saints surtout faisaient ses plus chères délices ; il y puisait cette onction suave qui devait plus tard faire le caractère de sa parole apostolique et ramener tant d'âmes à DIEU.  Ludger, une fois ordonné prêtre, devint un digne émule de Saint Wulfran, apôtre de la Frise.

Ni les fatigues ni les persécutions ne purent arrêter cette âme vaillante : à la place des idoles renversées il plantait la croix; sur les ruines des temples païens il bâtissait des temples chrétiens, et il faisait entrer en masse ces populations grossières et barbares dans la voie de la civilisation en même temps que dans le sein de l'Église.

La Frise,  son pays, n'est pas la seule à recevoir son ardente parole; il faut un plus vaste champ à son zèle; il s'élance, la croix à la main, vers les îles du Nord ; les ombres de l'erreur se dissipent en sa présence comme les ténèbres en face du soleil,  satan s'enfuit devant l'apôtre du CHRIST, et bientôt princes et peuples se courbent devant la majesté du vrai DIEU.

Charlemagne, vainqueur des Saxons, ayant demandé à l'infatigable apôtre le secours de sa parole afin de conquérir à la foi ce peuple conquis au royaume de France, Ludger accourt et, sur ses pas, bientôt surgit toute une moisson d'églises ; les guerriers sont domptés, les enfants catéchisés, les pauvres soulagés.

Le double secret de Ludger, outre son éloquence, c'était une douceur et une charité sans bornes en même temps qu'une mortification sans relâche. Un trait peint à lui seul le beau caractère du Saint. Devenu évêque de Munster, il fut accusé auprès de Charlemagne de dissiper en bonnes œuvres les biens de son église et obligé de comparaître devant lui.

En attendant l'audience, il se mit en prières, et il fallut l'avertir trois fois avant qu'il se levât et se rendît près du grand empereur. Charlemagne, se plaignant de ce qu'il se fût fait attendre ainsi, reçut de lui cette belle réponse : « Prince, j'ai toujours cru qu'il fallait vous obéir, mais non au point de vous faire passer avant DIEU. »

Le grand empereur, touché de cette noble franchise et de cette hauteur d'âme : « Je vous remercie, dit-il en l'embrassant, de l'exemple si rare que vous me donnez ; vous n'êtes plus un accusé pour moi ; votre cause est gagnée, et dès aujourd'hui je m'honorerai plus que jamais de votre amitié. »

Chargé de travaux, plus riche encore en vertus, Ludger alla recevoir au ciel, le 26 mars 809, la récompense de son long et rude apostolat.

Pratique. N'agissez jamais par crainte des créatures, mais uniquement en vue de DIEU.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 24 mars 2015

25 Mars : L'ANNONCIATION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)



L'ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE ET L'INCARNATION DE JÉSUS-CHRIST double base de notre sainte religion, ne forment pour ainsi dire, qu'un seul et inséparable mystère.



Depuis plus de quatre mille ans, la terre attendait le SAUVEUR promis ; l'heure de la délivrance a sonné enfin : voici le RÉDEMPTEUR ! Une scène d'une grandeur toute mystérieuse se passe dans les splendeurs du Ciel ; la Sainte et Adorable Trinité tient conseil.




Pour réparer l'injure infinie faite à la Divinité par le péché, il faut une réparation infinie et par conséquent divine ; le Fils de DIEU descendra de son trône éternel, il prendra une chair humaine et sera tout ensemble DIEU et Homme : homme parce qu'il faut une victime, DIEU parce qu'il faut une victime digne de DIEU.



Le message céleste est confié à l'archange Gabriel.  Où trouvera-t-il celle qui, d'après les plans divins, doit donner naissance au Sauveur du monde? Sera-ce dans un grand empire?  Non, mais dans la petite province de Galilée, perdue au milieu de l'immense empire romain.

Il faudra du moins prendre sur un trône celle qui doit devenir la mère de son DIEU ? Non encore : il y a dans la petite ville de Nazareth une humble et pauvre maison où habite une jeune vierge inconnue ; son nom est Marie;  elle est la chaste épouse d'un ouvrier,  le chaste Joseph.


En ce moment, elle prie à genoux et soupire peut-être après la venue du Messie promis.  L'Ange soudain parait devant elle : « Je vous salue, pleine de grâce, le SEIGNEUR est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ! »  Salut magnifique, incomparable, qui ne sera jamais envoyé qu'une fois du Ciel ! Marie le reçoit avec une humilité profonde et se trouble de ces étonnantes paroles.


L'Ange ranime aussitôt la confiance de la timide vierge : « Ne craignez rien, Marie, ajoute-t-il, vous avez trouvé grâce devant DIEU ; vous concevrez et vous enfanterez un Fils, à qui vous donnerez le nom de JÉSUS ; il sera grand, et on l'appellera le Fils du Très-Haut, et son règne n'aura pas de fin.


Quelle promesse et quel honneur !  Mais comment s'opérera cette merveille en celle qui a voué à DIEU sa virginité ?  La réponse est facile à l'envoyé du Ciel : « L'ESPRIT-SAINT descendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. »



Marie n'a plus qu'à prononcer le Fiat qui va faire tressaillir la terre d'espérance :  « Voici la servante du SEIGNEUR; qu'il me soit fait selon votre parole. »  A cet instant béni, le mystère s'accomplit, le Verbe se fait chair,  et Marie pourra entonner bientôt le cantique de la reconnaissance : « Mon âme glorifie le SEIGNEUR, et mon âme exulte en DIEU mon SAUVEUR ; à cause des grandes choses que DIEU a opérées en moi, toutes les nations m'appelleront bienheureuse. »

Pratique. Récitez souvent l'Ave Maria, et faites-le toujours avec attention, respect et piété.  


"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 23 mars 2015

24 Mars : SAINT GABRIEL, Archange / SAINT SIMÉON, très jeune enfant martyr, et autres jeunes martyrs

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint Francois de Sales)


SAINT GABRIEL

Archange

SAINT GABRIEL appartient aux plus hautes hiérarchies des esprits célestes; il assiste devant la face de DIEU, comme il le dit lui-même à Zacharie. Les missions qui concernent le salut des hommes par l'Incarnation du Verbe lui sont réservées, parce que c'est dans ce mystère, si humble en apparence, qu'éclate principalement la force de DIEU or le nom de Gabriel signifie Force de DIEU.


Dès l'Ancien Testament, l'Archange a préludé à ce sublime emploi. Nous le voyons se manifester à Daniel, après la vision qu'a eue ce prophète sur les deux empires des Perses et des Grecs; et tel est l'éclat dont il brille que Daniel tombe anéanti à ses pieds. Peu après, Gabriel reparaît encore; et c'est pour annoncer au même prophète le temps précis de la venue du Messie: Dans soixante-dix semaines d'années, lui dit-il, la terre aura vu le CHRIST-ROI.

Lorsque les temps sont accomplis, et que le Ciel a résolu de faire naître le dernier des prophètes, celui qui, après avoir averti les hommes de la prochaine manifestation du Divin Envoyé, doit Le montrer au peuple comme l'Agneau de DIEU qui ôte les péchés du monde, Gabriel descend du Ciel dans le temple de Jérusalem, et prophétise au prêtre Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, prélude de celle de JÉSUS Lui-même.

Après six mois, le Saint Archange reparaît sur la terre, et, cette fois, c'est à Nazareth qu'il se montre. Il apporte du Ciel la grande nouvelle. Sa céleste nature s'incline devant une fille des hommes; il vient proposer à Marie, de la part de DIEU, l'honneur de devenir Mère du Verbe Eternel. C'est lui qui reçoit le consentement de la Très Sainte Vierge; et quand il quitte la terre, il La laisse en possession de Celui qu'Elle attendait comme la rosée des Cieux.

Mais l'heure est venue où la Mère de l'Emmanuel doit donner aux hommes le fruit béni de Ses chastes entrailles. La naissance de JÉSUS s'accomplit dans le mystère de la pauvreté; toutefois le Ciel ne veut pas que l'Enfant de la crèche demeure sans adorateurs.

Un ange apparaît aux bergers des campagnes de Bethléem, et les convoque au berceau du Nouveau-né. Il est accompagné d'un nombre immense d'esprits célestes qui font entendre les plus ravissants concerts, et chantent: Gloire à DIEU et Paix aux hommes! Quel est cet Ange Supérieur qui parle seul aux bergers, et dont les autres anges forment comme la cour? De graves docteurs catholiques nous enseignent que cet ange est Gabriel, qui continue son ministère de messager de la bonne nouvelle.

Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints


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   SAINT SIMEON ou SIMON DE TRENTE

   Enfant martyr


SIMÉON n'avait que vingt-neuf mois quand il fut mis à mort, en haine de JÉSUS-CHRIST, par les Juifs, le 24 mars 1475, jour du vendredi saint.

A force de caresses et de présents, ce petit enfant fut attiré dans une maison juive, toute voisine de la maison de ses parents ; la nuit du jeudi au vendredi saint, il fut transporté à la synagogue ; là, lorsqu'on l'eut bâillonné et dépouillé, chacun des assistants, armé d'un instrument tranchant, vint tour à tour lui enlever une partie de sa chair vive et en recueillir le sang.

L'innocente victime se tordait de douleur, mais ses infâmes bourreaux ne faisaient qu'en rire. Ensuite Siméon, à demi mort, fut soutenu debout, les bras en croix, par mépris pour l'adorable Sauveur, et chacun vint à son tour le percer d'aiguilles et de poinçons.

Ce supplice dura une heure, pendant laquelle ces misérables disaient : « Ainsi nos pères ont traité le CHRIST ! Ainsi périssent tous nos ennemis ! » Enfin le petit martyr, levant les yeux au ciel, rendit doucement son âme à CELUI pour la gloire de qui il avait souffert.

Profitons de cette fête pour rappeler le souvenir touchant de deux autres enfants martyrs.  JUSTE et PASTOR avaient, l'un treize ans et l'autre sept; ils habitaient en Espagne la ville d'Alcala, non loin de Madrid.

Un jour, revenant de l'école, ils remarquèrent dans les rues un mouvement inaccoutumé ; le peuple accourait en foule vers une des portes de la ville, par où allait arriver le proconsul romain, envoyé dans ces contrées pour exécuter les décrets des empereurs contre les chrétiens.

Juste s'informe de ce qui se passe et fait aussitôt part à son frère de ce qu'il vient d'apprendre : « Pastor, mon cher petit frère, lui dit-il, veux-tu que nous y allions aussi, et tu feras ce que tu me verras faire ? » Quand ils arrivèrent à la porte de la ville, le proconsul Dacien paraissait, mollement étendu sur son char, et recevait les louanges stupides d'une multitude aveugle et païenne.

Ce spectacle émut le cœur du petit Juste : « Suis-moi, » dit-il à son frère, et fendant les flots pressés du peuple, il-arriva, tenant Pastor par la main, devant le char du proconsul : « Je suis chrétien, s'écria-t-il. — Et moi aussi, je suis chrétien, » cria le jeune frère de sa voix enfantine, mais résolue.

Dacien, aussi surpris que furieux de cette audace : « Qui sont ces enfants? s'écrie-t-il. — Ce sont des chrétiens, répond la foule. — Eh bien ! Qu'on les fasse mourir ! » Les deux enfants sont saisis par les soldats : « N'aie pas peur, disait Juste à Pastor; fais comme moi et souviens-toi qu'il ne faut pas craindre le glaive, mais DIEU seul. — Sois tranquille, répondait Pastor ; moi je n'ai pas peur, et je veux bien mourir pour JÉSUS-CHRIST, qui est mort pour moi ! »

Bientôt les deux tendres victimes recevaient presque en même temps le coup de la mort.

Pratique. A la vue de ces admirables enfants, rougissez de votre peu de foi.
                               

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous