mercredi 29 avril 2009

29 AVRIL - SAINT HUGUES DE CLUNY, Abbé / SAINTE CATHERINE DE SUEDE, Vierge / SAINT JOSEPH-BENOIT COTTOLENGO




SAINT HUGUES naquit en 1024, d'une noble et riche famille de Bourgogne.

En vain son père loi fit donner une éducation toute militaire : les chevaux, les armes et la chasse s'avaient aucun charme pour l'enfant ; son bonheur était de se retirer à l'écart, de visiter les églises et de lire nos saints Livres.

A l'âge de dix ans, il fut envoyé sous la direction de son grand oncle Hugues, évêque d'Auxerre, et bientôt il dépassa, par ses vertus et par ses succès dans l'étude, tous les autres clercs de l'école épiscopale.

A seize ans, Hugues alla frapper à la porte du monastère de Cluny : « Quel trésor ! dit un des plus vénérables moines, reçoit en ce jour Le couvent de Cluny ! » A vingt-cinq ans, le jeune moine était prieur du monastère, et peu de temps après, le saint abbé Odilon étant mort, il fut porté en triomphe et malgré lui sur le trône abbatial. Les honneurs, loin d'être une épreuve pour sa vertu, devinrent le signal d'un accroissement dans la perfection.

Dès lors Hugues exerça dans l'Église entière, par la confiance que lui témoignèrent les papes, une immense et très salutaire influence ; il assista le pape Etienne X sur son lit de mort ; il fut l'ami vénéré et consulté des papes Saints Grégoire VII, Urbain II et Pascal II, qui avaient été ses enfants, moines de Cluny, avant de monter sur le siège de Saint Pierre.

Hugues fut toujours inébranlable dans la défense des droits de l'Église contre les princes de ce monde, et nul plus que lui ne combattit avec vigueur les abus qui avaient envahi le clergé à cette époque troublée.

Ayant reçu l'annonce surnaturelle de sa mort prochaine, il s'y prépara par un redoublement d'austérités et de ferveur. Malgré ses quatre-vingt-cinq ans, il porta tout entier jusqu'au bout, pendant le carême de 1109, le poids du travail et des pénitences monastiques.

Le jeudi saint, il se rendit au chapitre et fit distribuer aux pauvres les aumônes ordinaires, lava les pieds de ses frères et fit couler leurs larmes dans une exhortation touchante sur l'Évangile.

Il assista à tous les offices du vendredi saint et da samedi saint, et put encore célébrer la solennité de Pâques ; mais le soir, épuisé, il dut se mettre: au lit et reçut le saint Viatique : Reconnaisses-vous, lui dit-on, le Corps sacré du SAUVEUR? — Oui, répondit-il, je Le reconnais et je L'adore !

II mourut étendu sur la cendre et la cilice : « A l'heure où les derniers rayons du soleil s'éteignent à l'horizon, écrit son biographe, s'éteignit aussi ce grand soleil de l'ordre monastique. »

C'était le 29 avril 1109. Hugues avait été lié avec Saint Uldaric, Saint Pierre Damien, Saint Bruno et un bon nombre d'autres saints. Sous son autorité, l'ordre de Cluny avait atteint son apogée et comptait plus de trente mille moines.

Pratique. Cherchez la compagnie des âmes vertueuses et appliquez-vous à leur devenir semblable.


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SAINTE CATHERINE DE SUEDE
Vierge

Voilà bien assurément l'une des saintes les plus merveilleuses qui aient paru sur la terre ; nous ne pourrons malheureusement retracer qu'un pâle résumé d'une vie si féconde et si admirable. CATHERINE naquit à Sienne, en 1347, de parents vertueux, mais qui pourtant, chose incroyable, se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible, sa vocation religieuse.

Dès l'âge de cinq ans, elle ne montait les escaliers de la maison paternelle qu'à genoux, récitant l'Ave Maria à chaque degré. Vers cette époque, elle eut une apparition de NOTRE-SEIGNEUR, qui lui révéla tous les secrets de la vie parfaite. Un jour, l'admirable enfant, se prosternant dans sa chambre, pria la Très Sainte Vierge de lui donner son divin Fils pour époux, et dès lors elle ne songea qu'à la vie religieuse, qui passionnait noblement son âme.

Comme ses parents voulaient la marier, DIEU leur fit comprendre par différents signes extraordinaires que leur fille devait rester vierge ; malgré tout, ils persistèrent à la retenir dans le monde. Catherine ne se découragea pas ; elle se fit comme une cellule au fond de son cœur, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé.

C'est alors que commença pour elle une vie de telles austérités, que les Vies des Saints nous offrent peu de pareils exemples : disciplines, châssis de fer, cilice, privation de nourriture et de sommeil, elle n'ignora rien de tous ces martyres volontaires ; elle en vint à ne dormir qu'une demi-heure en deux nuits : ce fut la mortification qui lui coûta le plus.

C'était une lutte continuelle entre la mère et la fille, la tendresse de l'une voulant éviter à l'autre ce martyre de chaque jour, la passion de la souffrance chez l'une rendant inutile l'humaine compassion de l'autre. De guerre lasse, il fallut enfin laisser partir au couvent cette fille si chérie et si longtemps maltraitée : Catherine entra chez les religieuses de saint Dominique.

Dès lors sa vie devint de plus en plus étonnante. Elle eut quelques tentations pénibles pour son âme angélique ; le SAUVEUR, pour la récompenser de sa victoire, lui apparut couvert des ignominies de sa Passion : "Où étiez-vous donc, SEIGNEUR, pendant ce terrible combat? — Ma fille, j'étais dans ton cœur, et je me réjouissais de ta fidélité."

Dans une de ses apparitions, le SAUVEUR ôta le cœur de la poitrine de sa servante et mit le sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié. Souvent, au moment de la communion, l'hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine.

Sa vie entière fut un miracle sans interruption. DIEU permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident.

Elle avait trente-trois ans quand arriva sa bienheureuse morte, le 29 avril 1380.

Pratique: Soyez attentif aux inspirations de DIEU et suivez-les malgré tous les obstacles.

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SAINT JOSEPH-BENOÎT COTTOLENGO
Fondateur de la Piccola Casa de Turin
(1786-1842)


JOSEPH COTTOLENGO est le saint Vincent de Paul italien. Il est né en Piémont d'une famille pauvre de Turin. Aîné de 12 enfants, ce petit garçon vif qui a souvent du mal à ne pas s'emporter, se montre cependant très pieux et plein de cœur. Il partage son maigre déjeuner avec de plus pauvres et déjà, les mendiants prennent l'habitude d'accourir sur son passage.

A dix-huit ans, Joseph-Benoît entre au Séminaire où une éloquence naturelle le fait surnommer Cicéron; il s'efforce cependant de dissimuler humblement ses connaissances. En tête de ses cahiers, il écrit: "Je veux être saint."

Reçu docteur en théologie à Turin, il ne s'occupe que des indigents, leur donne tout ce qu'il possède et se constitue leur confesseur. Désintéressé, il se consacre entièrement à eux. Déjà, au faubourg de Val-d'Occo, il ouvre la Piccola Casa. Cette "Petite maison de la Providence", comme il l'appelait, fut l'origine d'une ville entière de plus de 7,000 pauvres, malades, orphelins, estropiés, simples d'esprit, pénitentes.

Pour cette œuvre extraordinaire, Saint Joseph-Benoît Cottolengo prenait à cœur d'enseigner ses auxiliaires à toute occasion. Il leur disait: "Ceux que vous devez le plus chérir, ce sont les plus abandonnés, les plus rebutants, les plus importuns. Tous sont des perles précieuses. Si vous compreniez bien quel personnage vous représentent les pauvres, vous les serviriez à genoux." Lui-même était un modèle de charité; son zèle ne connaissait point de bornes.

Pour cette œuvre, toujours plus exigeante, le Saint fonda 14 sociétés qui sont aujourd'hui très répandues, surtout en Italie. Parmi ces fondations, il y en a quelques-unes qui sont purement contemplatives. Leur vie de prière doit attirer sur les autres la bénédiction du ciel, et compléter l'œuvre de miséricorde corporelle par une œuvre de miséricorde spirituelle, en priant pour ceux qui ont particulièrement besoin de secours, les mourants et les défunts.

Le Saint se confiait totalement à l'infinie bonté de DIEU, et comme le disait un de ses amis, il avait plus de confiance en DIEU que dans toute la ville de Turin. Quand on lui demandait quelle était la source de ses revenus, il répondait: "La Providence m'envoie tout." La confiance en DIEU ne faisait pas que le Saint se croisât les bras, pourtant. Il dormait quelques heures, souvent sur une chaise ou sur un banc, et retournait à son œuvre quotidienne: prière et travail.

Le labeur, les veilles et les jeûnes hâtèrent la fin du saint fondateur. Que lui importe la mort, il a confié son œuvre à la Providence. Pour rassurer ses auxiliaires alarmés: "Soyez tranquilles, dit-il, quand je serai au ciel, où l'on peut tout, je vous aiderai encore plus que maintenant. Je me pendrai au manteau de la Mère de Dieu et garderai les yeux fixés sur vous."

D'après W. Schamoni, Le Vrai Visage des Saints, p. 266; et d'un résumé O.D.M

mardi 28 avril 2009

28 AVRIL - SAINT LOUIS MARIE GRIGNION DE MONTFORT, Docteur de la Médiation de Marire / SAINT PAUL DE LA CROIX, Fondateur des Passionnistes


SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION de MONTFORT
Fondateur d'Ordres religieux,
Docteur de la Médiation de Marie
(1673-1716)

LOUIS MARIE GRIGNION DE LA BACHELERAIE
naquit à Montfort-la-Cane, alors du diocèse de Saint-Malo, aujourd'hui de celui de Rennes, le 31 janvier 1673. Par esprit de religion et d'humilité, il abandonna plus tard le nom de sa famille, pour prendre celui du lieu de sa naissance et de son baptême. Sa première éducation fut pieuse et forte; il la compléta chez les Jésuites de Rennes, où il acquit la réputation d'un saint Louis de Gonzague.

La Providence le conduisit ensuite à Paris, pour y étudier en diverses maisons tenues par les Sulpiciens, et à Saint-Sulpice même. Dans ce séminaire, où il brilla par son intelligence et sa profonde piété, on ne comprit pas assez les vues de DIEU sur lui. DIEU le permit ainsi pour le former à l'amour de la Croix, dont il devait être l'apôtre passionné. C'est à l'école de Saint-Sulpice qu'il puisa toutefois son merveilleux amour de Marie et qu'il se prépara à devenir Son apôtre et Son docteur.

Jeune prêtre, il fut d'abord aumônier à l'hôpital de Poitiers, où il opéra une réforme aussi prompte qu'étonnante. Ballotté ensuite pendant quelques temps par les persécutions que lui suscitaient les Jansénistes, il se rendit à Rome en vue de s'offrir au Pape pour les missions étrangères, et il reçut du Souverain Pontife l'ordre de travailler à l'évangélisation de la France.

Dès lors, pendant dix ans, il va de missions en missions, dans plusieurs diocèses de l'Ouest, qu'il remue et transforme par sa parole puissante, par la flamme de son zèle et par ses miracles. Il alimente sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il est l'objet des visites fréquentes de la Sainte Vierge. Ses cantiques populaires complètent les fruits étonnants de sa prédication; il plante partout la Croix; il sème partout la dévotion au Rosaire: il prépare providentiellement les peuples de l'Ouest à leur résistance héroïque au flot destructeur de la Révolution, qui surgira en moins d'un siècle.

Après seize ans d'apostolat, il meurt en pleine prédication, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), à quarante-trois ans, laissant, pour continuer son œuvre, une Société de missionnaires, les Sœurs de la Sagesse, et quelques Frères pour les écoles, connus partout aujourd'hui sous le nom de Frères de Saint-Gabriel. C'est un des plus grands saints des temps modernes, et le promoteur des prodigieux développements de la dévotion à la Sainte Vierge à notre époque.
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SAINT VITAL était militaire, et père des saints martyrs Gervais et Protais. Il vint à Ravenne au moment où Ursicus, médecin chrétien, allait apostasier ; il le fortifia par ses paroles ; mais, saisi lui-même par le juge furieux, il fut brûlé vif, l'an 171.

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SAINT PAUL DE LA CROIX,
Fondateur des Passionnistes


SAINT PAUL DE LA CROIX né le 3 janvier 1694, de parents chrétiens et appauvris par des malheurs de fortune, fut annoncé à la terre par un prodige : une lumière brillante remplit la maison et fit pâlir celle des flambeaux.

Dès son enfance, son attrait constant fut sa dévotion à JESUS souffrant et humilié; il prenait de rudes disciplines, et, outre ses jeûnes fréquents, il ne mangeait, le vendredi, qu'un peu de pain et ne buvait que du fiel mêlé de vinaigre.

Jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, il ignora sa vocation. Un jour qu'il était en oraison, il fut ravi en extase et crut voir le SEIGNEUR tenant dans ses mains une discipline dont chaque brin portait à son extrémité le mot amour; plusieurs fois il vit aussi JESUS-CHRIST lui montrer une tunique noire en lui disant : "Mon fils, qui s'approche de moi s'approche des épines".

Une fois, il revenait de communier, quand il fut de nouveau ravi en extase et se vit couvert d'une tunique noire avec une croix blanche sur la poitrine ; sous la croix paraissait le très saint nom de JESUS en lettres blanches. La vision se renouvela bientôt.

Enfin, pour vaincre ses incertitudes, Marie elle-même lui apparut revêtue d'une tunique noire, ornée d'un cœur surmonté d'une croix et portant cette inscription : JESD XRI PASSIO (Passion de JESUS-CHRIST), avec les clous du crucifiement.

Aux paroles de Marie, il comprit qu'il devait fonder un Ordre de la Passion de JESUS-CHRIST, et commença à se donner tout entier à cette œuvre, par la prière et la retraite : "Que la Passion de NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST soit toujours dans nos cœurs! » Telle fut la devise de sa Congrégation.

Les passions humaines eurent beau se déchaîner, l'œuvre de DIEU devait réussir au delà de toute espérance. Pendant cinquante ans, Paul de la Croix évangélisa les villes et les campagnes d'Italie avec un succès immense; d'éclatants miracles accompagnaient ses prédications ; souvent on entendit une voix céleste lui suggérer ce qu'il devait dire, ou bien il paraissait suspendu en l'air avec un visage lumineux.

II eut le don de prophétie et celui des langues, avec le pouvoir de guérir les malades et de chasser les démons. L'amour divin le dévorait, et, après sa mort, on trouva brûlée la partie de sa tunique correspondante au cœur, ainsi que trois côtes soulevées dans sa poitrine.

Il mourut le 18 octobre 1775.

Pratique.
Que le souvenir de la Passion de JESUS-CHRIST demeure toujours au fond de votre coeur.

lundi 27 avril 2009

27 AVRIL - SAINT PIERRE CANISIUS, Docteur de l'Eglise / SAINTE ZITE, Servante et Vierge



SAINT PIERRE CANISIUS
Docteur de l'Église
(1521-1597)

PIERRE KANIJS, dont on a fait "CANISIUS", naquit le 8 mai 1521 à Nimègue, de parents qui étaient fervents catholiques, et qui surent pénétrer l'âme de leurs enfants de leur foi et de leur piété. Aussi Louis Veuillot a pu dire que "le premier jouet de Pierre fut un livre, son premier mot une prière, et depuis il alla toujours étudiant et priant".

Envoyé à Cologne pour y compléter ses études, il en sortit maître-ès-art (1540). Trois ans plus tard, le 8 mai 1543, il entrait dans la Compagnie de JESUS, et en juin 1546, il était élevé au sacerdoce.

Dès avant sa prêtrise, Canisius avait commencé à donner des cours publics d'Écriture Sainte et à se livrer à la prédication. Il n'avait que vingt-quatre ans, lorsque la confiance des habitants de Cologne l'envoya auprès de l'empereur Charles-Quint, pour obtenir qu'il les délivrât de leur archevêque infecté de protestantisme.

Après une courte apparition au Concile de Trente, il revint en Allemagne, y travailler à réparer les ruines amoncelées par l'hérésie. Il le fit par une prédication inlassable, par son enseignement théologique, et par la diffusion de ses écrits. Ce fut alors qu'il composa son chef-d'œuvre connu sous le nom de "Catéchisme de Canisius", qui lui a valu d'être élevé à la dignité de Docteur de l'Église.

Nommé Provincial de son Ordre, il exerça cette charge pendant quatorze ans durant lesquels il fonda en Allemagne neuf collèges qui contribuèrent beaucoup à répandre l'instruction chrétienne parmi la jeunesse. Il coopéra aussi très efficacement à la réforme du clergé par l'érection de séminaires ecclésiastiques.

Ces divers travaux n'empêchaient point le Père Canisius d'entretenir de fréquents rapports avec les princes catholiques allemands, et de soutenir leur courage dans leurs luttes avec les protestants. Son influence le fit choisir, en 1557, pour défendre les dogmes catholiques à la diète de Worms, contre les principaux coryphées du protestantisme. Il réussit à les opposer les uns aux autres, au point qu'ils ne purent arriver à s'entendre entre eux.

Ayant été déchargé de toute supériorité, le Père Canisius se retira à Dillingen et y travailla à la réfutation des erreurs des "Centuries de Magdebourg". Il alla ensuite fonder le collège de Fribourg (1580), qu'il ne devait plus quitter. La vénération des Fribourgeois pour lui était telle, qu'ayant eu vent d'une décision qui devait le leur ravir, ils écrivirent au Provincial: "Les sanctuaires de Fribourg ne possèdent aucun corps de Saint; nous voulons donc retenir chez nous ce Saint vivant, et ne pas permettre qu'il ait ailleurs son tombeau." Leur vœu fut exaucé: Le Père Canisius mourut à Fribourg le 21 décembre 1597. Il avait soixante-seize ans.


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SAINTE ZITE
ZITE, née en 1218, aux environs de Lucques, en Italie, eut des parents fort pauvres qui la formèrent, dès ses premières années, à la piété et à la vertu. Il suffisait de lui dire : « Ce que tu fais déplaît à DIEU, » pour qu'elle s'en abstînt aussitôt.

A douze ans, il fallut la placer comme servante pour gagner sa vie et aider sa famille. Les tribulations ne lui manquèrent pas, soit de la part du marchand de Lucques qui fut son maître, soit de la part des autres domestiques de la maison, dont sa conduite édifiante excitait souvent la jalousie et la cruauté.

Loin de se plaindre, elle bénissait DIEU de lui donner une parcelle de sa croix. Un prodige lui conquit la confiance et l'amitié de son maître. Un jour, elle descendait l'escalier, emportant du pain dans son tablier. C'étaient des restes que sa maîtresse lui avait permis de donner aux pauvres : « Que portez-vous là? lui dit son maître d'un ton bourru. — Ce sont des fleurs, dit la jeune fille, voyez plutôt. » Et elle poursuivit son chemin, afin de distribuer aux pauvres son aumône, car les fleurs étaient redevenues du pain.

Un serviteur de la maison ayant voulu la porter au mal, elle n'hésita point à déchirer de ses ongles le visage de l'insolent. La Sainte Vierge lui apparut, sans se faire connaître, un soir qu'elle revenait d'un pèlerinage, à jeun depuis la veille, et qu'elle était tombée d'épuisement; elle la conduisit à la maison de ses maîtres et s'évanouit à ses yeux.

Zite s'engagea dans le tiers ordre de Saint-François, et ceignit si fortement ses reins avec la corde qui en est l'insigne, qu'après sa mort on la trouva recouverte par les chairs. Fidèle à ses devoirs d'état, elle prenait sur son repos le temps de ses prières.

Une fois cependant, oublieuse des choses de ce monde dans sa contemplation céleste, elle s'aperçut trop tard qu'elle n'avait pas pétri son pain. Quel ne fut pas son étonnement, à son retour, de trouver son pain tout pétri et prêt à cuire !

Pendant une famine, elle distribua, avec la permission de ses maîtres, d'abondantes aumônes, si bien qu'elle s'aperçut enfin que les greniers étaient vides. Elle tremblait de recevoir d'amers reproches ; mais elle constata bientôt avec une joyeuse stupéfaction que les greniers vides s'étaient remplis surabondamment.

Un jour, la sainte fille était occupée à son travail, quand un pèlerin, épuisé de lassitude, lui demanda la charité d'un peu de vin. Zite n'en avait pas; mais, remplie de foi, elle tira de l'eau du puits, la bénit et l'offrit au pèlerin, qui assura n'avoir jamais bu vin si délicieux.

Un autre jour, elle prêtait à un pauvre le manteau de son maître, et il était facile bientôt de constater que ce pauvre était un ange. Après soixante ans d'une vie si bien remplie, Zite alla au ciel recevoir la récompense de ses vertus. Retenons la maxime de sa vie : La main au travail, le cœur à DIEU.

Pratique. Sanctifiez-vous dans votre situation quelle qu'elle soit.

dimanche 26 avril 2009

26 AVRIL - NOTRE DAME DU BON CONSEIL / SAINT MARCELLIN, Pape et Martyr


NOTRE-DAME du BON CONSEIL

L'apparition de NOTRE-DAME DU BON CONSEIL est si célèbre, Son image si répandue et si honorée dans l'Église, qu'il convient de donner place à cette forme de dévotion.

La petite ville de Gennazano, à dix lieues environ de Rome, sur les montagnes de la Sabine, honora, dès le Ve siècle, la Sainte Vierge sous le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

Au XVe siècle, l'église menaçait ruine. Une pieuse femme, nommée Pétruccia, entreprit de la reconstruire, malgré ses quatre-vingts ans; elle y employa sa fortune, qui ne suffit pas à l'achever. Pétruccia prédit que la Sainte Vierge achèverait l'oeuvre.

Or, le 25 avril 1467, à l'heure des vêpres, une céleste harmonie se fit entendre dans les airs, la foule vit descendre une nuée brillante qui alla se reposer sur l'autel de la chapelle de Saint-Blaise, par où avait commencé la restauration de l'église. Au même moment, toutes les cloches du pays sonnèrent leurs plus joyeuses volées. La nuée disparue, la foule émerveillée aperçut une image de Marie portant l'Enfant Jésus, peinte sur enduit et se tenant au fond de l'autel, près du mur, sans appui naturel.

Il fut dûment constaté que cette peinture avait été transportée miraculeusement d'une église de Scutari, ville d'Albanie. La Providence avait voulu la soustraire aux profanations des Turcs, maîtres de ce pays, et l'envoyer comme récompense de la foi de Pétruccia et des habitants de Gennazano.

L'histoire des merveilles de tous genres accomplies, depuis ce temps, autour de l'image miraculeuse, demanderait des volumes entiers. Souvent on a vu l'image changer d'aspect, et les yeux de la Sainte Vierge prendre un air de vie exprimant la joie ou la douleur. Que de maladies et d'infirmités guéries! Que de grâces spirituelles obtenues!

Gennazano est toujours un lieu de pèlerinage vénéré et très fréquenté, et beaucoup de pieux pèlerins même étrangers à l'Italie, si le temps le leur permet, tiennent à visiter ce sanctuaire béni. Les souverains Pontifes ont comblé d'indulgences la dévotion à NOTRE-DAME DU BON CONSEIL, et Léon XIII a inséré dans les Litanies de la Sainte Vierge le titre de Mère du Bon Conseil
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SAINT MARCELLIN
Pape et Martyr
MARCELLIN, Romain d'origine, gouverna l'Eglise pendant huit ans, de 295 à 304.

A cette époque, la persécution contre les chrétiens fut si acharnée, qu'en un mois, dix-sept mille chrétiens de tout sexe et de tout âge furent immolés en diverses provinces.

Un grand nombre de chrétiens se laissèrent gagner par les menaces ou les promesses ; un pape même eut la faiblesse de se laisser circonvenir, mais il répara ensuite sa faute en s'offrant lui-même au martyre : ce fut Marcellin.

Urbain, le pontife païen du Capitule, vint le trouver. La discussion s'engagea entre eux sur la question de savoir si c'était un grand crime de brûler de l'encens en l'honneur des dieux : "Votre CHRIST, dit le païen, ne reçut-il point à son berceau l'encens des mages? Brûler de l'encens aux dieux est donc, même d'après vous, un hommage légitime. — Les mages, dit Marcellin, n'offraient point l'encens à une idole vaine, mais au vrai DIEU. — Voulez-vous, reprit Urbain, venir on de ces jours au palais de l'empereur? En sa présence, je répondrai à vos objections sur ce point. »

Marcellin
y consentit, et le jour venu, prenant la parole devant Dioclétien, il lui dit : " Pourquoi semer l'univers de deuil et de carnage, et cela pour un culte faux et superstitieux comme celui de vos idoles? Pourquoi forcer les chrétiens, sous peine de mort, à brûler de l'encens devant des statues muettes? "

Dioclétien espérant, par une feinte douceur, gagner l'esprit de Marcellin, et, par lui, obtenir la soumission de tous les chrétiens de Rome, lui dit : « Je reconnais, Marcellin, ta sagesse et ta prudence; tu es peut-être destiné à changer en amitié fidèle la haine que je portais jusqu'ici au nom chrétien. Viens, et que tout le monde soit témoin de notre réconciliation. »

L'empereur se fit suivre alors du pontife au temple de Vesta ; mais les trois prêtres et les deux diacres qui accompagnaient Marcellin refusèrent d'entrer et coururent raconter an clergé romain le triste événement qui menaçait de se produire.

Une foule de chrétiens, accourue au temple pour voir ce qui se passait, vit Marcellin, trompé par les fausses paroles de Dioclétien, jeter de l'encens sur le trépied de la déesse et recevoir les félicitations de l'empereur. Mais cette faiblesse lui coûta bien des larmes.

Une fois libre, rentrant en lui-même, nouveau Pierre, après avoir trahi son maître, il résolut d'expier grandement sa faute. Il parut, couvert d'un cilice, au concile de Sinuesse, et reconnut que, sans avoir sacrifié aux dieux, il avait laissé tomber quelques grains d'encens sur le trépied : « J'ai péché devant DIEU et devant vous, » s'écria-t-il en présence des évêques, et il signa lui-même sa condamnation.

Mais on vit, peu de jours après, Marcellin reparaître devant l'empereur et lui reprocher sa perfidie. Le pontife eut aussitôt la tête tranchée.

Pratique. Au service de Dieu, défiez-vous de la fausse prudence, déclarez-vous franchement.

samedi 25 avril 2009

25 AVRIL- SAINT MARC, Evangéliste, Evêque d'Alessandrie

SAINT MARC était probablement de la race d'Aaron ; il était né en Galilée. Il semble avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du SAUVEUR ; mais il nous apparaît surtout dans l'histoire comme le compagnon fidèle de l'apostolat de Saint Pierre.

C'est sous l'inspiration du chef des apôtres et à la demande des chrétiens de Rome qu'il écrivit l'Évangile qui porte son nom. Marc cependant ne suivit pas Saint Pierre jusqu'à son glorieux martyre; mais il reçut de lui la mission spéciale d'évangéliser Alexandrie, l'Egypte et d'autres provinces africaines.

Le disciple ne faillit pas à sa tâche et porta aussi loin qu'il put, dans ces contrées, le flambeau de l'Evangile. Alexandrie en particulier devint un foyer si lumineux, la perfection chrétienne y arriva à un si haut point, que cette église, comme celle de Jérusalem, ne formait qu'un cœur et qu'une âme dans le service de JESUS-CHRIST.

La rage du démon ne pouvait manquer d'éclater. Les païens endurcis résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s'emparer de lui.

Marc, pour assurer l'affermissement de son œuvre, forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la croix de JESUS-CHRIST. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l'église d'Alexandrie de plus en plus florissante.

La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, dans un lieu plein de rochers et de précipices. Après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé, la nuit suivante, par l'apparition d'un ange, qui le fortifia pour le combat décisif.

Le SAUVEUR lui-même parut bientôt devant lui tel qu'il l'avait connu dans sa vie mortelle, et lui dit : "La paix soit avec toi, Marc, mon évangéliste! — Mon SEIGNEUR JESUS-CHRIST! » répondit le martyr. Et JESUS disparut, laissant son disciple dans une grande joie.

Le lendemain matin, les païens se rassemblèrent pour délibérer sur son sort, et ils décidèrent de renouveler jusqu'à la mort son premier supplice. Marc est donc tiré de prison ; on lui met une seconde fois la corde an cou, on le renverse et on le traîne en poussant des hurlements furieux.

La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait DIEU et implorait sa miséricorde. Enfin, broyé par les rochers où heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant : "SEIGNEUR, je remets mon âme entre vos mains. " C'était le 25 avril de l'an 68.

Pratique. Aimez la lecture des saints Évangiles, où vous trouverez les exemples et les enseignements du SAUVEUR.

vendredi 24 avril 2009

24 AVRIL -SAINT FIDELE DE SIGMARINGEN, Capucin, Martyr / SAINTE MARIE-EUPHRASIE PELLETIER, Fondatrice de l'Institut des Soeurs du Bon-Pasteur d'Angers



SAINT FIDELE DE SIGMARINGEN,

Capucin et Martyr

SAINT FIDELE naquit en 1577, à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne voisine de la Suisse. Son éducation fut soignée, même brillante, et ses vertus étaient si appréciées de ses condisciples, qu'ils l'appelaient le Philosophe chrétien.

Dès lors il s'approchait souvent des sacrements, visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec JESUS-CHRIST. Il exerça plusieurs années la profession d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers; il mérita le surnom d'Avocat des pauvres.

Bientôt pourtant la Lumière divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps riche avocat et bon chrétien : aussi il quitta sans hésiter le monde, où il eût fait bonne figure, pour se retirer chez les Capucins de Fribourg, où il prit l'habit en 1612, à l'âge de trente-cinq ans.

Les premières années de sa vie religieuse, d'abord remplies de consolations, furent bientôt éprouvées par de rudes et persistantes tentations : "Pourquoi avait-il quitté sa profession, où il eût pu faire beaucoup de bien ? Pourquoi avait-il renoncé à sa fortune, qui lui eût permis de soulager tant de malheureux?..."

Ces objections, il eut la prudence de les confier au guide de son âme, qui le rassura et lui dit de prier DIEU avec ferveur pour connaître sa volonté définitive. DIEU lui rendit dès lors la force et la paix ; il fit vendre tous ses biens, dont il distribua le prix en bonnes œuvres, et, dépouillé de tout, il se réjouit d'être désormais un véritable enfant de Saint François.

Il se félicitait souvent depuis de l'heureux échange qu'il avait fait avec DIEU : « J'ai rendu à DIEU, disait-il, les biens de la terre, et DIEU me donne en retour le royaume du Ciel ! » Fidèle ajoutait aux mortifications de la règle bien d'autres mortifications.

Les meubles les plus pauvres, les habits les plus usés étaient l'objet de son ambition; les haires, les ciliées, les ceintures armées de pointes de fer, les disciplines, suppléaient au martyre après lequel il soupirait; l'Avent, le Carême, les vigiles, il ne vivait que de pain, d'eau et de fruits secs : "Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement sous un chef couronné d'épines !"

Lorsqu'il fut devenu prêtre, ses supérieurs l'envoyèrent prêcher, et ses succès furent tels, que la congrégation de la Propagande le choisit pour aller évangéliser les Frisons, envahis par le protestantisme.

Son zèle fut celui d'un apôtre ; sa vie sainte et austère était une prédication si éloquente, qu'elle convertit beaucoup plus d'âmes que les sermons et les raisonnements. Le martyre vint couronner ses vœux et ses mérites.

Plusieurs protestants s'emparèrent un jour de lui, et, par haine de la foi, le transpercèrent à coups de poignards. C'était le 24 avril 1622.

Pratique. Estimez beaucoup la vie religieuse, plus parfaite et plus sûre que la vie du monde.

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SAINTE MARIE-EUPHRASIE PELLETIER
Fondatrice de l'Institut des Soeurs du Bon-Pasteur d'Angers
(1796-1868)

SAINTE MARIE-EUPHRASIE PELLETIER était la fille d'un médecin bienfaisant; elle naquit le 31 juillet 1796 dans la petite île de Noir-moutiers, sur la côte de Vendée.

Pendant qu'elle était au pensionnat à Tours, elle connut le "Couvent du Refuge" où de jeunes femmes, qui n'avaient pas su diriger leur vie et étaient sorties du droit chemin, étaient reconquises pour JESUS-CHRIST le Bon Pasteur, par des religieuses vêtues de blanc. Elle entra dans cette maison et en fut la supérieure à 29 ans.

Elle était si accoutumée à voir toutes choses dans la lumière de DIEU et elle avait aussi une telle intuition de l'oeuvre de DIEU dans les âmes, qu'elle eut le courage, surmontant la résistance bien compréhensible de sa maison, de réunir en communauté religieuse à l'intérieur du couvent ces filles et ces femmes du Refuge, auxquelles beaucoup avait été pardonné et qui ne cherchaient plus maintenant qu'à aimer DIEU

Ces pénitentes ou Madeleines vivent selon la règle des Carmélites sous la direction d'une des religieuses. En 1829, l'évêque d'Angers demanda au couvent de Tours des religieuses pour une maison d'éducation destinée à des jeunes filles moralement égarées. La jeune supérieure accepta la fondation et y fut bientôt envoyée elle-même pour surmonter les difficultés qui n'étaient pas petites au début.

Elle avait dit un jour: "DIEU m'a donné une double tâche: développer l'oeuvre des repenties et éveiller des vocations religieuses". Vers elle accoururent des troupes de jeunes filles. Mère Marie-Euphrasie débutait alors la réalisation de ce que le Seigneur lui avait montré un jour dans la prière au moyen de l'image d'une ruche d'où s'envolent de nombreux essaims.

L'oeuvre appelée à prendre une si extraordinaire expansion ne devait pas se faire sans la souffrance mais la force de la supporter lui fut donnée par la grâce de Celui qui, au commencement de ces épreuves, lui avait dit: "Attends, tais-toi, prie, souffre et espère." Ces mots devinrent sa devise.

"Notre institut, disait-elle, ne doit connaître que la voie de l'amour."
Cet amour lui gagna les coeurs des "enfants" et des "mères", qu'elle réunit en si grandes troupes pour le bien des âmes qu'il dut être fondé des Provinces avec leurs propres maisons-mères et leurs propres noviciats.

A sa mort, l'association comptait 2,760 membres, 962 Madeleines, 14,755 élèves et enfants, réparties en 110 maisons et en 16 provinces religieuses. L'intrépide fondatrice mourut du cancer le 24 avril 1868. Mère Marie-Euphrasie Pelletier a été canonisée le jour de l'Ascension 1940 par sa Sainteté Pie XII.

W. Schamoni, Le Vrai Visage des Saints, Desclée de Brouwer, p. 281-282

jeudi 23 avril 2009

23 AVRIL - SAINT GEORGES, Soldat, Martyr / SAINT PIERRE CHANEL, Premier Martyr en Océanie






SAINT GEORGES naquit à Lydda, en Palestine, l'an 280; son éducation fut toute chrétienne.

Il suivit la carrière des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, relevèrent à la dignité de tribun militaire dans la garde impériale.

Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l'indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du DIEU véritable et confondit l'impuissance des fausses divinités.

Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort. Georges s'en réjouit, loin de s'en inquiéter, et profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves.

Ainsi préparé aux combats du CHRIST, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens. « Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir ! Bien que Georges n'ait guère que vingt ans, le seul avenir qui le préoccupe est l'avenir éternel ; aussi ajoute-t-il sans crainte : « Je suis chrétien, je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde; rien ne saurait ébranler ma foi. »

Le vaillant jeune homme est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue, après lequel un ange descend du ciel pour guérir ses blessures.

Georges, quelques jours après, reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai DIEU.

Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent : Georges, par la grâce de DIEU, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal ; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles.

Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la foi vit en songe JESUS-CHRIST descendre vers lui : « Georges, lui dit-il en lui présentant une couronne de pierres précieuse, voilà la récompense que je te réserve au ciel; ne crains rien, je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive. »

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries : "Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier. Parvenu devant la statue d'Apollon, il fait le signe de la croix et dit : « Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à DIEU? »

La voix du démon répond, par la bouche de la statue : "Je ne suis pas DIEU ; il n'y a de DIEU que celui que tu prêches." Et en même temps des hurlements effrayants se font entendre dans le temple, et la statue tombe en poussière.

Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur se hâte de se débarrasser du martyr en lui faisant trancher la tête. C'était l'an 303.

Pratique. Loin de montrer du respect humain, sachez braver les insulteurs de JESUS-CHRIST.
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SAINT PIERRE CHANEL
Premier Martyr en Océanie
(1803-1841)

PIERRE-LOUIS-MARIE CHANEL naquit le 12 juillet 1803, à Cuet dans l'Ain, village du diocèse de Lyon. Il était le cinquième d'une famille de huit enfants. De sept à douze ans, il travaillait comme berger. Un jour, un prêtre le remarqua et se chargea de le faire instruire.

Après ses humanités au séminaire de Meximieux et ses études théologiques au grand séminaire de Brou, il reçut l'onction sacerdotale, le 15 juillet 1827. Il exerça d'abord le ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé. Mû par un désir de plus grande perfection, il entra dans la Société de Marie en 1831 et enseigna pendant cinq ans au petit séminaire de Belley.

En 1836, il sollicita la faveur d'être appliqué à l'apostolat des missions d'Océanie. Le 24 décembre, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier et au bout de dix mois de navigation, ils abordaient à l'île de Futuna.

Pendant que l'évêque continuait sa route vers la Nouvelle-Zélande, le Père Chanel s'établissait à Futuna avec deux compagnons. Pendant les deux premières années de leur installation, ce fut le chef de la peuplade, le roitelet Niuliki, qui les hébergea et leur fournit des vivres. Les missionnaires employèrent ce temps à apprendre la langue du pays et se bornèrent à baptiser les enfants moribonds. Dès qu'il se sentit capable de prêcher, le Père Chanel commença le travail d'évangélisation.

Après de très durs débuts, l'apôtre réussit à répandre l'Évangile chez les indigènes où régnait encore l'anthropophagie. Il rendait tous les services possibles, soignait les blessés, empêchait souvent la guerre entre les idolâtres; on l'appelait: l'homme à l'excellent coeur. Lorsque Niuliki, roi et pontife à la fois, vit le mouvement des conversions au christianisme prendre de l'ampleur, il cessa d'envoyer des vivres aux missionnaires et alla s'établir dans un autre village.

Pour subsister, les missionnaires furent réduits à défricher un champ de manioc. Pour les forcer à fuir le pays, on mangeait leurs fruits et leur récolte. Réduits à la plus extrême pauvreté, les Pères durent manger leur chien pour ne pas mourir de faim. Menacé de mort, le Père Chanel répond: «La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de DIEU.»

Les zélés missionnaires continuèrent à réunir leurs catéchumènes tous les dimanches et malgré tout, le petit groupe ne cessa de s'accroître. Le propre fils du roi, touché par la grâce et par les enseignements des missionnaires se déclara publiquement chrétien. Cette conversion acheva d'exaspérer Niuliki et le décida à en finir avec la religion chrétienne à Futuna.

Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sauvage, conduite par le gendre de Niuliki et armée de lances, de massues, de haches, envahit la maison des missionnaires en un moment où le Père Chanel était seul. Les indigènes pénétrèrent dans le jardin où se trouvait le missionnaire, l'assommèrent à coups de bâton et de massue, puis se livrèrent au pillage. Leur carnage terminé, voyant que le Père respirait encore, Musumusu, le gendre du roi, l'acheva d'un coup de hachette sur la nuque. C'est ainsi que, sans une plainte, sans un soupir, le Père Chanel rendit son âme à DIEU.

Peu d'années après ce drame, toute l'île de Futuna était chrétienne, y compris les assassins du saint martyr. Sa Sainteté Pie XII a canonisé solennellement Saint Pierre Chanel, le 13 juin 1954.

mercredi 22 avril 2009

22 AVRIL - SAINT LEONIDE, Père d'ORIGENE et Martry / SAINT SOTER et SAINT CAIUS, Papes et Martyrs

Père d'Origène et Martyr
(+ 202)

L'an 202 vit éclater une cruelle persécution qui fit couler dans tout l'empire, et surtout en Egypte, le sang d'une multitude de chrétiens.

Parmi ceux dont le triomphe illustra la ville d'Alexandrie, on compte
SAINT LEONIDE.

Sa principale gloire, après son martyre, est d'avoir donné la vie à l'un des plus fameux génies qui aient paru sur la terre, le grand Origène. Léonide était probablement un rhéteur d'Alexandrie, philosophe chrétien, également versé dans les sciences sacrées et profanes.

Parmi ses sept enfants, il donna un soin tout spécial à l'éducation d'Origène, dont il pressentait le brillant avenir ; mais, tout en ornant son esprit de toutes les autres connaissances, il l'initia surtout à la connaissance des saintes Écritures.

Chaque jour l'enfant était obligé d'apprendre par cœur et de réciter quelque passage des livres divins, et son esprit vif et curieux se plaisait singulièrement à ce genre d'étude. Sans se contenter du sens que présente tout d'abord la lettre du texte sacré, il en cherchait de plus profonds, trahissant ainsi dès l'origine son penchant à scruter les vérités de la foi.

Il accablait son père de questions, lui demandant, pour chaque endroit un peu difficile, des explications qui ne laissaient pas quelquefois d'embarrasser le précepteur.

En apparence et devant l'enfant, Léonide tâchait de modérer cette ardeur intempestive ; il exhortait l'impatient élève à s'en tenir au sens littéral de l'Écriture, sans vouloir résoudre des problèmes qui n'étaient pas de son âge ; mais au fond et en lui-même, l'heureux père se réjouissait de voir une intelligence si précoce, et il remerciait DIEU de lui avoir donné un tel fils.

Souvent même, pendant que l'enfant dormait, le pieux chrétien s'approchait de lui doucement, et lui découvrant la poitrine, il la baisait avec respect comme un sanctuaire où résidait l'Esprit-Saint, tant la piété naissante d'Origène ravissait d'admiration ses parents, en même temps que ses rapides progrès dans la science faisaient leur orgueil et leur joie.

Léonide ayant été pris par les persécuteurs, Origène voulait le rejoindre en prison; mais, sur les instances de sa mère, il se contenta d'écrire une lettre à son père pour l'exhorter au martyre.

Comme Léonide dut se sentir fier, une fois de plus, d'avoir un tel enfant, et comme il dut mourir sans inquiétude ! Il fut décapité l'an 202.

La confiscation de ses biens réduisit sa famille à une extrême pauvreté ; mais l'hospitalité généreuse d'une noble dame la sauva du besoin.

Quant à Origène, « pour le talent et l'étendue des connaissances, il l'emporte sur la plupart des pères de l'Église ; en tout cas, il n'est inférieur à aucun, » dit Mgr Freppel.

Malheureusement son génie s'égara parfois en des spéculations hasardées qui seules ont pu mettre obstacle à ce qu'il reçût de l'Église le titre de saint et de docteur.

Pratique. Priez souvent pour la grande œuvre de l'éducation chrétienne de la jeunesse.


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SAINT SOTER et SAINT CAÏUS
Papes et Martyrs

SAINT SOTER fut le successeur du Pape Anicet. Il naquit à Fundi, ville de l'Italie méridionale. On sait peu de chose sur sa vie.

Il déploya une ardente charité pour les Églises qui souffraient de la persécution. Il subvenait, par des aumônes, aux nécessités des chrétiens exilés pour la foi et n'oubliait pas les indigents des provinces. Il accueillait, avec la tendresse d'un père, les étrangers qui venaient à Rome, et leur prodiguait toutes les consolations qui étaient en son pouvoir.

Il se montra intrépide défenseur de la foi contre les hérésies, en particulier contre celle des Montanistes, qui se répandait alors partout. Il écrivit aux évêques d'Italie une lettre où il traite de la foi en JESUS-CHRIST. Il ordonna aussi que, le Jeudi Saint, tous les fidèles recevraient le corps du CHRIST, hors ceux qui en seraient empêchés par quelque grave péché, et déclara que les serments faits contre la justice ne devaient pas être gardés.

Il siégea sur la chaire pontificale trois ans, onze mois et dix-huit jours. Il fut enveloppé dans la cruelle persécution qui s'éleva sous Marc-Aurèle et reçut la couronne du martyre (177). Il fut enseveli dans le cimetière appelé plus tard de Calliste. Il avait, selon la coutume de ses prédécesseurs, ordonné, au mois de décembre, dix-huit prêtres, neuf diacres et onze évêques pour les divers lieux.

L'histoire nous a transmis peu de chose sur la vie du pape CAIUS. Il était né en Dalmatie et appartenait à la famille de Dioclétien. Ce fut un Pontife d'une rare prudence et d'une vertu courageuse.

La persécution contre les chrétiens sévissait alors dans toute sa fureur: les fidèles, pour s'y soustraire, étaient obligés de se tenir cachés dans les cavernes et les tombeaux. SAINT CAIUS mit tout son zèle à confirmer dans la foi les serviteurs de JESUS-CHRIST Il conseilla au patricien Chromatius de recevoir dans sa villa les fidèles qui voudraient échapper aux bourreaux et alla les y visiter afin de soutenir leur courage. Ce fut alors qu'il fit diacres Marc et Marcellin, qu'il éleva leur père Tranquillin à la prêtrise et établit Sébastien défenseur de l'Église.

Il ordonna que, dans l'Église, avant de monter à l'épiscopat, on passerait par les degrés des ordres et rangs de portier, de lecteur, d'exorciste, d'acolyte, de sous-diacre, de diacre et de prêtre.

Afin d'éviter lui-même les cruautés de Dioclétien, il se tint caché quelques temps dans une caverne; mais, huit ans plus tard, il remporta la couronne du martyre avec son frère Gabinus, après avoir siégé douze ans, quatre mois et cinq jours. Il avait ordonné vingt-cinq prêtres, huit diacres et cinq évêques. Il fut enseveli au cimetière de Calliste.

mardi 21 avril 2009

21 AVRIL - SAINT ANSELME, Archevêque de Cantorbéry

ANSELME naquit, l'an 1033, à Aoste, en Piémont. Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit de bonne heure à aimer DIEU et la Très Sainte Vierge ; mais, privé du soutien maternel vers l'âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par un père mondain et intraitable, lancé sans guide au milieu du monde, il se laissa entraîner par le torrent et chercha loin de DIEU la paix du cœur qui le fuyait toujours.

Las d'être la victime de son père, il s'enfuit en France, et se fixe, comme étudiant, à l'abbaye du Bec, en Normandie. Là il va trouver Lanfranc, chef de cette célèbre école, et il lui dit : « Trois chemins me sont ouverts : être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses; parlez, je vous obéis. »

Lanfranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l'abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes. Anselme avait vingt-sept ans. Quand bientôt Lanfranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry, il fut élu prieur de l'abbaye, malgré toutes ses résistances. Il était déjà non seulement on savant, mais on saint De prieur, il devint abbé, et dut encore- accepter par force ce fardeau, dont loi seul se croyait indigne.

Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges. Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l'étude de l'Écriture sainte et la composition d'ouvrages pieux ou philosophiques. La prière toutefois passait avant tout le reste ; l'aube le retrouvait fréquemment à genoux. Un jour le frère excitateur, allant réveiller ses frères pour le chant des matines, aperçut, dans la salle du chapitre, une vive lumière : c'était le saint abbé en prière, environné d'une auréole de feu.

Forcé par la voix du ciel, le roi d'Angleterre, Guillaume, le nomme archevêque de Cantorbéry; mais Anselme refuse obstinément, bien que malgré lui il soit porté en triomphe sur le trône des pontifes. Huit mois après, il n'était pas sacré; c'est qu'il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi l'Église de Cantorbéry.

Le roi promit ; Anselme fut sacré évêque ; mais le roi manqua à sa parole, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu'un grand persécuté. De toute cette vie, si pleine et si belle, c'est la partie la plus glorieuse. Obligé de fuir, il traversa triomphalement la France et alla visiter le pape, qui le proclama hautement « héros dé doctrine et de vertu, intrépide dans les combats de la foi ».

Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s'écria en fondant en larmes : « Hélas ! J'eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible ! Anselme put vivre quelques années en paix sur son siège, et vit refleurir la religion dans son Église. Il mourut sur la cendre en se faisant lire la Passion de JESUS-CHRIST le 21 avril 1109.

Pratique. Rendez le bien pour le mal, priez pour vos ennemis et traitez-les avec égard.

samedi 18 avril 2009

19 AVRIL - SAINT MARCELLIN, Evêque d'Embrun / SAINTE AGNES DE MONTEPULCIANO, Vierge

SAINT MARCELLIN était Africain ; il prêcha l'Évangile avec beaucoup de succès dans les pays voisins des Alpes, puis à Embrun, où il se fit un pieux ermitage et convertit une multitude d'idolâtres.

Il fut bientôt sacré évêque pour gouverner le troupeau qu'il avait conquis à la foi. Ses missions furent autorisées par de grands miracles. Il alla recevoir sa récompense l'an 374.

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SAINTE AGNES DE MONTEPULCIANO
Vierge
(1268-1317)


SAINTE AGNES DE MONTEPULCIANO est une des plus belles fleurs de l'arbre dominicain. Pauvre d'origine, elle fut annoncée au monde par les lumières célestes qui inondèrent de clartés la modeste demeure de ses parents.

Toute jeune, elle était déjà la terreur du démon, et brillait par une angélique piété. Admise dans un monastère, elle y montra les vertus et la maturité d'une religieuse éprouvée, si bien qu'on l'appelait l'Ange du couvent, et qu'à quinze ans elle fut désignée pour diriger, en qualité d'abbesse, une maison nouvellement fondée.

Ce monastère, nous dit son historien, devint bientôt un vrai paradis. Pour Agnès, elle ne connaissait de lit que la terre nue, de nourriture que le pain et l'eau.

On la vit quelquefois quitter l'oraison le manteau couvert d'une manne céleste, blanche comme la neige ; d'autres fois, des fleurs naissaient soudain au lieu où elle avait posé ses genoux.

Un des plus beaux faits de sa vie, c'est l'apparition de la Mère de DIEU tenant en ses bras le divin Enfant; à la demande d'Agnès, elle le déposa quelques instants entre ses bras, ce qui causa à la jeune sainte une joie indicible.

Agnès étant tombée dans une grave maladie, les médecins lui ordonnèrent l'usage de la viande. Que faire? Elle n'en avait jamais touché de sa vie et avait promis de garder l'abstinence jusqu'à la mort.

DIEU vint à son secours; car, quand on lui apporta le remède redouté, elle fit le signe de la croix sur le plat, qui se trouva aussitôt chargé de gros poissons. Les médecins n'insistèrent plus.

Cependant les habitants de sa ville natale, jaloux de la posséder, la rappelèrent au milieu d'eux ; sur un avertissement du ciel, Agnès alla fonder, à Montepulciana, un nouveau monastère, sous la règle de Saint Dominique.

Elle éleva cette maison à une si haute ferveur, que de saintes âmes virent une échelle lumineuse où les anges montaient et descendaient ; le sommet touchait le ciel, et le pied reposait dans le chœur du monastère.

Au moment où mourut Agnès, le 20 avril 1317, tous les enfants furent éveillés en sursaut et crièrent à leurs parents : "Sœur Agnès est morte !"

La Sainte apparut à plusieurs personnes ; son corps répandit une suave odeur, et on put recueillir une quantité de sueur odoriférante que distilla son corps pendant plusieurs années.

Pratique. Soyez toujours prêt à exécuter la volonté de DIEU, quelle qu'elle soit.

vendredi 17 avril 2009

18 AVRIL - SAINT APOLLONE, Martyr / LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION, Carmélite


SAINT APOLLONE ou APOLLONIUS, sénateur, homme fort distingué par ses connaissances, fut accusé d'être chrétien par un de ses esclaves ; il montra une constance inébranlable ; tant devant le juge que devant le sénat, il fit une belle apologie de la religion chrétienne et fut condamné à avoir la tête tranchée (an 186).


LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION,
Carmélite
(1545-1618)


LA BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION naquit à Paris en l'an 1566. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s'opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage : étrange aberration de parents chrétiens, qui oublient que leurs enfants sont avant tout à DIEU!

La pieuse enfant dut se résigner ; après quelques années qu'elle passa dans l'humilité, la prière et la mortification, malgré les tendances de sa mère, qui la poussait aux vanités du siècle, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie.

Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu'à se sanctifier dans ce nouvel état. Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs études, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage, toujours ponctuellement exécutée : « Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour, je vois que vous aimez DIEU et que DIEU vous aime! »

Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu'elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n'en parlait qu'avec joie : « Quel temps! Quels heureux jours! Qu'on trouve bien DIEU dans l'épreuve ! »

A cinq ou six fois différentes, elle se cassa la jambe, et fit toujours paraître une force d'âme assez grande dans ses douleurs pour ne pas pousser un cri. Mme Acarie eut la plus grande part à l'introduction des Carmélites en France. Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n'être que sœur converse : "Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui viens supplier la Miséricorde divine, et me jeter dans les bras de la religion."

On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage. Parmi les belles paroles qu'on cite d'elle, en voici quelques-unes : "Le seau du puits ne s'emplit pas à moins qu'il ne s'abaisse; moi, je reste vide faute de m'abaisser, — « Je suis gonflée d'orgueil comme les reptiles sont gonflés de venin."

L'humilité seule parle ce langage. Dans ses souffrances: « Quoi! Mourir sans souffrir! Le désir de souffrir me fera mourir! » Peu avant sa mort : « Ce que je souffre n'est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs ! Mon DIEU, ayez pitié de moi. »

Cette âme admirable s'envola vers DIEU le 18 avril 1618.

Pratique. Apprenez, à l'école des saints, la grande science de la souffrance.

jeudi 16 avril 2009

17 AVRIL - SAINT ANICET, Pape et Martyr / LA BIENHEUREUSE CLAIRE GAMBARCORTI, Patronne de Pise / SAINTE KATERI TEKAKWITHA, Vierge amérindienne








SAINT ANICET siégea sur le trône de saint Pierre de l'an 165 à l'an 173. S'il ne répandit pas son sang pour la foi, il fut au moins exposé à beaucoup de dangers et de souffrances, ce qui l'a fait appeler martyr. Il se montra plein de zèle pour la pureté de la foi et pour la destruction des hérésies.


LA BIENHEUREUSE CLAIRE GAMBACORTI,
Patronne de Pise
(1362-1419)


CLAIRE GAMBACORTI, fille d'illustre famille, vint au monde à Pise, en 1362. Jeune encore, elle voulut n'avoir d'autre époux que JESUS.

Chaque jour on la voyait s'acheminer vers une humble maison où gisait une pauvre malade abandonnée dont le corps n'était qu'une plaie ; son visage fétide et repoussant, dévoré par un affreux ulcère, n'était plus reconnaissable.

L'enfant consolait la pauvre affligée, préparait sa nourriture, faisait son lit, pansait ses plaies et ne s'éloignait jamais sans avoir approché son beau et frais visage de ce visage souillé et infect pour y déposer un baiser affectueux.

La jeune fille, n'ayant pu obtenir le consentement de son père, entre à son insu chez les Clarisses et y prend le voile sous le nom de Claire. Mais aussitôt son frère, furieux, va l'y saisir avec des hommes d'armes et la ramène au palais paternel, où elle est abandonnée, et enfermée. Pénitente dans son épreuve, elle se livre à la contemplation et goûte en DIEU une paix profonde "Que mon corps périsse, s'écrie-t-elle, avant qu'il plaise à d'autres yeux qu'à ceux de mon Jésus?"

Après de longues et inutiles vexations, sa famille consent enfin à la laisser partir, non au couvent des Clarisses, mais au couvent des sœurs de Saint-Dominique. Ses exemples ranimèrent la ferveur dans la communauté : Elle était la plus humble et la plus pauvre ; elle ne voulait porter que les vêtements abandonnés par ses sœurs comme trop usés ; elle se contentait souvent, pour nourriture, de pain, et de fruits sauvages, mangeant même parfois les restes de ses sœurs.

Devenue prieure elle fut davantage encore le modèle de ses religieuses. Le sacrifice le plus héroïque de sa vie fut de voir son frère, poursuivi par des assassins, frapper à la porte de son couvent, et de ne pouvoir pas lui ouvrir ; elle dut se résigner à le voir tomber sous les coups de ses ennemis.

Elle ne fut pas moins héroïque à pardonner à celui qui avait massacré son père et ses frères ; elle pria pour lui et donna asile à sa veuve et à ses enfants, quand il eut lui-même été châtié de ses crimes par la fureur du peuple.

Près de mourir, dans ses souffrances : "SEIGNEUR, disait-elle, me voici en croix avec vous! » Elle rendit le dernier soupir le 17 avril 1419, à l'âge de cinquante-sept ans.

Pratique.
Rendez le bien pour le mal; faites du bien à ceux qui vous haïssent.



SAINTE KATERI TEKAKWITHA
Vierge amérindienne
(Morte en 1680)

Le 17 avril 1680, dans un petit village indien de la Nouvelle-France, KATERI TEKAKWITHA une humble vierge iroquoise, mourait en odeur de sainteté. Elle avait 24 ans et n'était baptisée que depuis 4 ans.

Née d'un père païen et d'une mère chrétienne, Kateri devint orpheline à l'âge de 4 ans, suite à une épidémie de petite vérole qui, sans l'emporter elle-même, lui laissa une infirmité aux yeux, des marques au visage et une faiblesse générale. Un de ses oncles l'adopta.

Toute jeune encore, bien que vivant en plein milieu païen, Kateri manifestait des dispositions d'âme très exceptionnelles; elle semblait "naturellement chrétienne".

Intelligente, aimable, adroite dans les ouvrages d'art et de luxe, Kateri avait en plus un amour du travail très rare chez la femme indienne. Mais ce qu'on ne pouvait comprendre en elle, c'était son amour inné pour la pureté, le silence et la solitude. On ne la vit jamais assister aux réunions publiques, aux jeux, aux spectacles, aux repas et autres divertissements populaires si fréquents dans ces milieux païens.

À 12 ans, ses parents adoptifs décidèrent de la marier. Elle refusa net et, par la suite, s'obstina dans son refus. Quel scandale! Tout le monde se moqua d'elle et, à partir de ce jour, elle fut durement persécutée.

DIEU envoya des missionnaires au village de Kateri; la jeune iroquoise les rencontra par des circonstances providentielles. Elle écoutait avec avidité leurs instructions, pensait souvent à ce JESUS qui rend les cœurs si bons et les visages si lumineux; elle rêvait de recevoir le Baptême afin d'être chrétienne comme sa mère. Ce grand jour arriva pour elle le 18 avril 1676; elle avait 20 ans.

Déjà magnifiquement préparée par la pratique des vertus, la prière, le sacrifice et la ténacité dans la lutte pour le bien, Kateri fut encore fortifiée par la grâce du Baptême qui lui donna le courage de monter jusqu'au Calvaire.

Nous ne pouvons relater ici toutes les souffrances de la sainte enfant. Qu'il suffise de dire qu'à un moment donné, son existence devint si pénible et les attaques contre sa foi si intenses, qu'avec l'autorisation du missionnaire, Kateri décida de s'enfuir de son village et alla se réfugier à la mission du Sault, près de Montréal. C'est dans cet oasis de ferveur chrétienne qu'elle fut accueillie à bras ouverts. C'est là que se perfectionna sa vertu.

Elle était avide de souffrances. La Passion du SAUVEUR enflammait son amour et stimulait son énergie. Elle passait des heures en prière, soit au pied du Saint-Sacrement, soit dans la solitude d'un bois.

Encore au Sault, une de ses parentes la pressa de se marier. Tout fut inutile. Elle préférait souffrir les railleries, les privations plutôt que d'y consentir.

Bien plus, elle sollicita du missionnaire la grâce de faire vœu de virginité, tout comme les religieuses qu'elle visita un jour à Ville-Marie. Cette faveur lui fut enfin accordée le 25 mars 1679. Kateri devenait la première vierge Indienne de la Nouvelle-France. JESUS, dont elle était désormais l'épouse, JESUS au Tabernacle, JESUS au Saint-Sacrifice, JESUS dans son cœur par la Sainte Communion, c'était sa vie, son ravissement.

Après bien des maladies et infirmités, Kateri s'éteignit saintement. Ces quelques lignes ne sont qu'un aperçu très sommaire de sainte Kateri. Sa biographie est disponible aux Éditions Magnificat.

16 AVRIL- SAINT BENOIT- JOSEPH, Pèlerin, mendiant


SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE
Pèlerin, mendiant
(1748-1783)

BENOIT-JOSEPH LABRE naquit le 26 mars 1748, à Amettes, diocèse d'Arras, et fut l'aîné d'une belle famille de quinze enfants.

Après avoir édifié sa paroisse par une piété précoce et vraiment remarquable, âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d'Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce.

Dix ans plus tard, son oncle mourait d'une maladie épidémique qu'il avait contractée au service des malades. Benoît-Joseph passa l'année suivante chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir, à l'exemple de ce saint prêtre, dans la mortification et la prière.

Son attrait était toujours vers le saint Sacrement, devant lequel il s'abîmait des heures entières dans la contemplation. Il y avait déjà longtemps que Benoit-Joseph aspirait à une vie plus parfaite. Être prêtre était bien beau; « mais, disait-il, j'ai peur de me perdre en sauvant les autres. »

II finit par vaincre les résistances de ses parents et entra chez les Chartreux, espérant y trouver le repos de son âme et sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permit qu'il fût bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n'ayant pas la vocation de cet Ordre.

La pensée de la Trappe, qu'il avait eue d'abord, lui revient; on ne l'y accepte pas. Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s'adresser enfin à Sept-Fonts, où ses scrupules, ses peines d'esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi.

Toute sa réponse à tant d'épreuves était : « Que la volonté de DIEU soit faite ! » C'est alors que DIEU lui inspire cette vocation qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté : Benoît-Joseph se fait pèlerin.

Il n'aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira. toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d'un habit pauvre et déchiré, qu'il ne changera point.

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c'est-à-dire son Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire, tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages.

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l'arrête; il couche le plus souvent en plein air, il vie de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait, pauvre lui-même, le pourvoyeur des pauvres.

Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour. Rome, Lorette, Assise et une multitude d'autres lieux saints sont l'objet de sa prédilection.

II meurt à Rome, le 16 avril 1783.

Pratique. "Retenez ces belles paroles du saint de ce jour : "Notre cœur doit être de feu pour DIEU, de chair pour le prochain, de bronze pour nous-mêmes."

mercredi 15 avril 2009

15 AVRIL- SAINT PATERNE, Evêque de Vannes / SAINT PIERRE GONZALEZ, Dominicain


SAINT PATERNE, né vers l'an 490, était Breton ; tout jeune encore, il se fit moine et devint plus tard supérieur de tous les religieux de sa contrée. Sacré évêque de Vannes, il donna des preuves de sa douceur et de sa patience à l'égard de faux frères qui avaient indisposé contre lui quelques évêques de sa province. Il oublia, pour le bien de la paix, toutes les injures qu'il avait reçues. Sa mort arriva vers l'an 555.



SAINT PIERRE GONZALEZ,

Dominicain

(1190-1246)



SAINT PIERRE GONZALEZ était Espagnol ; il vint au monde l'an 1190. Nommé chanoine et bientôt doyen du chapitre d'Astorga, il était tout entier absorbé par des pensées de vaine gloire.

Une grande humiliation le fit rentrer en lui-même : au jour même de son installation dans sa charge, son cheval, faisant un faux pas, le jeta dans la boue, aux grands éclats de rire de la foule : « Puisque le monde se moque de moi, je me moquerai de lui à mon tour, » s'écria Gonzalez, et peu après il entrait chez les Dominicains.

Après avoir fait son noviciat et ses études, à l'édification de tous ses frères, il remplit avec un zèle infatigable les deux ministères de la prédication et de la confession. Rien ne pouvait le retenir quand il s'agissait de travailler au salut du prochain : il quittait tout, l'étude, le repos, le boire, le manger, et volait à la conquête des âmes.

Partout où il passait, il prêchait la pénitence, et la foule se précipitait sur son chemin pour recueillir les paroles de suavité qui sortaient de sa bouche. Appelé à la cour de Saint Ferdinand, il s'appliqua à la rendre chrétienne ; ses exemples donnaient à sa parole une grande autorité, car au milieu de la magnificence qui l'entourait, il vivait avec la même austérité que dans le cloître.

Quelques seigneurs licencieux résolurent de le perdre et gagnèrent à prix d'argent une courtisane, pour le séduire. Gonzalez, comprenant les intentions de la malheureuse femme, allume un grand feu et se place au milieu, enveloppé de son manteau.

A la vue du prodige, la misérable tombe à genoux et se convertit sincèrement ; les seigneurs qui l'avaient gagnée en firent autant. Bientôt Gonzalez quitta la cour; il se fit l'apôtre des campagnes et l'apôtre des matelots dans les villes maritimes.

Un jour qu'il prêchait, le démon souleva un orage épouvantable, et la foule s'enfuyait déjà cherchant un abri, quand Gonzalez, par un grand signe de croix, divisa les nuages, de sorte qu'il ne tomba pas une goutte d'eau.

Gonzalez, averti de sa mort prochaine, continua ses prédications jusqu'aux derniers jours de sa vie, et rendit doucement son âme au SEIGNEUR, en l'année 1246.


Saint Pierre Gonzalez, connu en Espagne sous le nom de Saint Elme, est représenté marchant sur les eaux et tenant une flamme. Cette flamme désigne le feu de Saint Elme. Il est quelquefois représenté avec cette flamme sur le front. Il est le patron des marins.

Pratique. Croyez, dans les épreuves, que DIEU fait tout pour votre plus grand bien.

14 AVRIL - SAINTE LYDWINE, Vierge / SAINT BENEZIT ou BENOIT, Berger


SAINTE LYDWINE de SCHIEDAM

Vierge


(1380-1433)



Issus d'ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n'avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d'une avenante beauté.

Quand, à quinze ans, ses charmes et ses qualités lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents: "Je demanderais plutôt à DIEU de me rendre laide pour repousser les regards des hommes." DIEU la prit au mot.

À la suite d'une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit; elle ne le quitta plus jusqu'à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu'empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée; perdant l'usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s'ouvrirent dans son pauvre corps, dont l'une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu'on en retirait jusqu'à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l'épaule, à laquelle s'ajouta bientôt le "mal des ardents" qui dévora ses chairs jusqu'aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l'ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu'à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n'ayant que l'usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

À partir de 1414, jusqu'à sa mort, c'est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu'à la fin, ses maux s'aggravèrent; mais ses plaies, ses vomissements n'exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux qu'elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d'elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques 1433 que Lydwine acheva la montée de son Calvaire, qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté; il exhalait un parfum plus suave que jamais.


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SAINT BENEZET ou BENOIT


Berger


(1165-1184)



SAINT BENEZET vint au monde en Savoie, l'an 1165. Il fut élevé sous le toit de chaume de ses parents, qui, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du ciel, lui apprirent de bonne heure à aimer DIEU.

Quand il eut douze ans, sa mère, devenue veuve, l'employa à la garde des troupeaux. Or un jour, dans la campagne, Bénezet entendit trois fois cette parole : « Bénezet, mon fils, écoute la voix de JESUS-CHRIST. — Qui êtes-vous? dit l'enfant; j'entends, mais je ne vois pas. — Je suis JESUS-CHRIST, qui d'une seule parole ai tout créé. — SEIGNEUR, que me voulez-vous? — Je veux que tu laisses ton troupeau et que tu ailles me bâtir un pont sur le Rhône. — Mais, SEIGNEUR,, je ne sais où est le Rhône, et je n'ose abandonner les brebis de ma mère. — Va, je serai avec toi, et tes brebis retourneront à l'étable, et je vais te donner un compagnon qui te conduira. — Mais, SEIGNEUR, je n'ai que trois oboles ; comment pourrai-je construire un pont sur le Rhône? — Va, mon fils, je te donnerai les moyens. »

Et l'enfant laissa sa mère et son troupeau, pour obéir à la voix du Ciel. Un ange, sous la forme d'un pèlerin, vint tout à coup s'offrir pour le conduire. Quand ils arrivèrent au bord du Rhône, Bénézet, saisi de frayeur à la vue de la-largeur du fleuve, s'écria : « II est impossible de faire un pont ici. — Ne crains rien, dit le guide, DIEU sera avec toi : va vers ce batelier, qui te fera passer le fleuve, et tu iras te présenter à l'évêque d'Avignon et à son peuple. »

Et disant cela, l'ange dis­parut. L'enfant se rendit à la cathédrale. L'évêque y parlait à son peuple ; mais Bénézet l'interrompit en disant : "Écoutez-moi ; JESUS-CHRIST m'a envoyé vers vous pour construire un pont sur le Rhône."

L'évêque, indigné, le mit entre les mains de l'autorité civile, devant laquelle il renouvela sa demande avec tant de fermeté, qu'il lui fut dit : « Voici une pierre énorme ; si tu peux la remuer et la porter, nous croirons que tu peux faire le pont. » Et bientôt le petit berger, à la vue de l'évêque et de toute la ville, portait une pierre de trente pieds de longueur sur dix-sept de largeur, que trente hommes n'auraient pu soulever.

On devine l'enthousiasme universel. Cet enthousiasme augmenta encore quand on vit Bénézet, dès ce jour, rendre la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds-muets et la facilité de marcher aux boiteux. L'envoyé de DIEU commença par fonder une corporation d'ouvriers faiseurs de ponts.

Après sept ans de travaux, le pont, d'une longueur immense, n'était pas encore achevé. Bénézet mourut à dix-neuf ans, l'an 1184, vénéré de tous et illustré par sa sainteté extraordinaire et par ses miracles. Sa mémoire est restée en bénédiction.

Pratique. La foi transporte les montagnes ; ayez eu DIEU une foi sans bornes dans tous vos besoins.