vendredi 31 octobre 2008

01 NOVEMBRE - LA FETE DE TOUS LES SAINTS

"L'Église notre mère, dit Mgr Gaume, a eu le talent de retracer, dans la division de son année liturgique, toute l'histoire du genre humain.

Les quatre semaines de l'Avent, qui aboutissent à la naissance du Sauveur, nous rappellent les quatre mille ans pendant lesquels ce divin Messie fut attendu. Le temps qui s'écoule depuis Noël jusqu'à la Pentecôte nous redit toute la vie cachée, publique et glorieuse du Rédempteur, et cette partie de l'année se termine par l'Ascension de Jésus-Christ dans le ciel et par la fondation de l'Église.

L'intervalle qui sépare la Pentecôte de la Toussaint nous représente le pèlerinage de l'Église sur la terre, et cette nouvelle partie de l'année se termine encore par la fête du ciel. »

Le ciel, c'est le couronnement de la vie chrétienne, c'est l'éternel rendez-vous, c'est la récompense de nos devanciers sur la terre, ce doit être la nôtre un jour. Quelle force puise le chrétien dans la pensée du ciel, au milieu des peines de la vie et des difficultés inhérentes à l'accomplissement du devoir !

Une sagesse toute divine a présidé l'établissement de cette fête. Trois raisons principales ont engagé l'Église à l'instituer, au VIIe siècle. Il ne faut pas croire que tous les Saints aient ou puissent avoir leur jour de fête. Tous les Saints n'ont pas reçu les honneurs de la canonisation ; il y a une multitude innombrable de saints inconnus, qui s'augmente chaque jour par l'entrée au ciel de nouveaux élus.

Il convenait donc que pour suppléer à l'impossibilité d'honorer chaque saint, une fête commune fût instituée, dans laquelle nous pussions célébrer la mémoire de tous ces martyrs, de toutes ces vierges, de toutes ces saintes femmes, de tous ces confesseurs , en un mot, de tous ces héros de la vérité et de la vertu, nos pères et nos frères aînés dans la grande famille chrétienne : la fête de la Toussaint nous montre de la manière la plus heureuse l'Église de la terre et l'Église du ciel se tendant la main.

De plus, les fêtes particulières des Saints passent généralement inaperçues pour la plupart des fidèles ; la fête de tous les Saints ensemble leur permet de réparer une lacune dans l'accomplissement de ce grand devoir qui s'appelle l'invocation des Saints ; elle leur permet aussi de réparer toutes leurs négligences de l'année vis-à-vis du culte des Saints, et de leurs saints Patrons spécialement.

Enfin nous avons d'immenses besoins sur la terre ; il nous faut des modèles pour nous exciter au bien et nous montrer le chemin de la vraie patrie ; il nous faut des protecteurs pour nous aider et nous protéger dans les misères et les dangers du monde : la fête de tous les Saints, plus que toute autre, répond à ces pressants besoins. Aimez cette fête avec prédilection.

Pratique:
Pensez au ciel, regardez le ciel, désirez le ciel; dites-vous souvent : Beau ciel, je veux te voir un jour !

31 OCTOBRE - SAINT QUENTIN, Martyr

SAINT QUENTIN fut un de ces jeunes Romains qui, vers la fin du me siècle, comme saint Crépin et saint Crépinien (25 octobre), vinrent prêcher l'Évangile dans les Gaules et y communiquer le trésor de la foi qu'ils avaient reçu.

Amiens fut le centre de son apostolat. Les miracles confirmaient son enseignement ; il traçait le signe de la croix sur les yeux des aveugles, et ils voyaient ; il faisait parler les muets, entendre les sourds, marcher les paralytiques. Ces éclatants prodiges excitaient l'admiration des uns et la haine des autres.

Quentin fut bientôt dénoncé à ce monstre de cruauté qui avait nom Rictiovarus, gouverneur romain, et il comparut devant lui : "Comment t'appelles-tu ? lui demande le tyran. — Je m'appelle chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin. — Quoi ! Un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions ! — La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles. — Quitte ces folies et sacrifie aux dieux. — Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer. — Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort. — Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme. »

Une si généreuse confession est suivie d'une flagellation cruelle; mais Dieu soutient son martyr, et l'on entend une voix céleste, disant : "Quentin, persévère jusqu'à la fin, je serai toujours auprès de toi." En même temps, ses bourreaux tombent à la renverse. Jeté dans un sombré cachot, Quentin en est deux fois délivré par un ange, va prêcher au milieu de la ville et baptise six cents personnes.
Tous ces prodiges, au lieu de calmer le cruel Rictiovarus, ne servent qu'à allumer sa fureur. Il envoie reprendre le martyr et le fait passer successivement par les supplices des roues, des verges de fer, de l'huile bouillante, de la poix, des torches ardentes : « Juge inhumain, fils du démon, dit Quentin, tes tourments me sont comme un rafraîchissement. »

Le tyran invente alors un supplice d'une férocité inouïe et fait traverser le corps du martyr, de haut en bas, par deux broches de fer ; on lui enfonce des clous entre la chair et les ongles. Enfin l'héroïque saint Quentin eut la tête tranchée, le 31 octobre 287.

Les assistants virent son âme s'envoler au ciel sous la forme d'une blanche colombe, et ils entendirent une voix d'en haut qui disait : « Quentin, mon serviteur, viens, et reçois la couronne que je t'ai préparée. Voici les chœurs des anges qui viennent te faire cortège. » — Combien les martyrs sont dédommagés au ciel de leurs souffrances passagères !

Pratique: Priez pour la conversion ou pour l'humiliation des ennemis de la Foi.

jeudi 30 octobre 2008

30 OCTOBRE - SAINT MARCEL, Ceinturion, Martyr / SAINT ANGE D'ACRI, Capucin / BSE BINEVNUE BOJANI, Tertiaire Dominicaine

MARCEL était un brave centurion des armées romaines. Il combattait en Espagne, lorsqu''on voulut lui faire prendre part au sacrifice païen qui se célébrait en l'honneur de la naissance de l'empereur Maximien-Hercule. Il refusa énergiquement, déclarant qu'il était chrétien et que sa foi lui défendait cette impiété. Il fut condamné à mort et décapité, le 30 octobre 298.


LE BIENHEUREUX ANGE D'ACRI, capucin

Le bienheureux ANGE D'ACRI, né dans la Calabre, de parents pauvres, eut le bonheur d'avoir pour maître, dans son enfance, un pieux capucin qui lui apprit à méditer chaque jour la Passion de Jésus-Christ et à s'approcher souvent du sacrement de Pénitence et de la Table sainte.

Qu'elle édification pour tous de voir cet enfant passer parfois deux ou trois heures de suite dans la contemplation des souffrances du Sauveur ! A dix-huit ans, il entra chez les capucins ; mais il en sortit plusieurs fois par inconstance et par suite d'une tentation du démon, qui lui montrait le salut facile au milieu du monde.

La troisième fois il se mortifia si bien, il se mit à l'œuvre avec tant de courage, qu'il obtint la grâce de la persévérance et même dépassa de beaucoup la mesure commune de la perfection des religieux. Au jour de sa première messe, il tomba en extase après la consécration, ce qui lui arriva souvent dans la suite.

Son désir était de passer sa vie dans le silence du couvent, tout occupé de Dieu et de son âme; mais le Ciel le destinait à de grandes œuvres. Ses premières prédications furent laborieuses, car la mémoire lui fit défaut, et il lui fut impossible de prêcher ses sermons comme il les avait écrits.

Craignant de ne pas être appelé à la vie de missionnaire, il pria Dieu avec ferveur de lui manifester sa volonté. Il entendit un jour, pendant sa prière, une voix qui lui dit : "Ne crains rien, je te donnerai le don de la prédication, et désormais toutes tes fatigues seront bénies. Tu prêcheras à l'avenir dans un style familier, afin que tous puissent comprendre tes discours." Ému de cette révélation, il comprend la cause de son peu de succès jusqu'à ce jour : désormais il abandonne ses écrits et ses livres, pour se borner à l'étude de l'Écriture sainte et du grand livre du Crucifix.

Son éloquence, puisée à ces sources, devint si chaude et si profonde, que les plus savants eux-mêmes en étaient ravis d'admiration. Pendant trente-huit années d'apostolat, malgré les efforts de l'enfer, il opéra un bien immense dans la Calabre.

Sa grande force, son argument invincible, était surtout le souvenir de la Passion du Sauveur; il n'en parlait jamais sans faire fondre en larmes tout son auditoire. Dieu permit qu'il mourût aveugle, le 30 octobre 1739.

Pratique: Retenez la parole du B. Jean d'Acri mourant : « Oh ! Qu'il est beau d'aimer Dieu ! »
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BSE BIENVENUE BOJANI
Tertiaire dominicaine, (1225-1292)

Née à Cividale dei Friuli (Italie), elle passa sa vie dans des austérités hors du commun.Elle entra dans le Tiers Ordre de Saint Dominique et se sanctifia ainsi sans entrer dans un couvent.
Ses contemporains l'ont dotée de toutes les vertus, mais « on se demande quand elle eut le temps de les mettre en œuvre tellement son biographe nous la montre occupée à faire sans cesse des miracles. » (Englebert)
Elle voulait imiter les souffrances du Christ. Un cilice ne lui suffisant pas, elle serra autour de sa taille une corde qui, peu à peu, lui entra dans la chair. Elle en tomba malade, couverte d'ulcères douloureux.
Le pape Clément XII la béatifia en 1763, ratifiant ainsi le culte que le peuple lui rendait.

mercredi 29 octobre 2008

29 OCTOBRE - SAINT NARCISSE, Evêque de Jérusalem

SAINT NARCISSE, né en Palestine, vers la fin du 1er siècle, s'appliqua dès sa jeunesse, avec un grand soin, à l'étude des sciences divines et humaines, où il réussit d'une manière merveilleuse. Il entra dans l'état ecclésiastique, et l'on put voir en lui le modèle achevé de toutes les vertus sacerdotales; aussi l'appelait-on le saint prêtre.

Pendant toute sa vie il fut entouré de l'estime universelle; toutefois ce n'est qu'à l'âge de quatre-vingts ans qu'il fut choisi pour évêque de Jérusalem. Il dut se rendre, malgré sa vive opposition, aux vœux unanimes du clergé et du peuple et fut sacré vers l'an 180. —

Cette haute dignité lui inspira un nouveau zèle et une nouvelle ferveur, et il gouverna son troupeau avec une vigueur qu'on n'aurait pas dû naturellement attendre de son grand âge. Sa vie austère et pénitente fut tout entière vouée au bien de l'Église. En 195, il présida, avec Théophile de Césarée, un concile tenu relativement à la célébration de la fête de Pâques, et où il fut décidé que cette fête se célébrerait toujours un dimanche, et non le jour où il était d'usage de la célébrer chez les Juifs.

Le Ciel opéra un grand nombre de prodiges par les mains de ce vénérable pontife : on en raconte un particulièrement remarquable. Une veille de Pâques, l'huile manquait aux lampes de son église pour les offices solennels qui avaient alors lieu dans la nuit. Narcisse commanda de tirer de l'eau à un puits qui était proche et de la lui apporter ; il la bénit et la fit verser dans les lampes ; on s'aperçut alors qu'elle s'était changée en huile, ce qui excita l'admiration des fidèles. On conserva longtemps avec respect des restes de cette huile miraculeuse. —

La vénération que ce saint évêque s'était attirée ne put le garantir de la malice des méchants. Trois scélérats l'accusèrent d'un crime atroce et confirmèrent leur calomnie par des imprécations horribles contre eux-mêmes. L'un dit : « Je veux être brûlé vif, si cela n'est pas vrai ! » l'autre : « Je veux être couvert de la lèpre ! » le troisième : « Je consens à perdre la vue ! » Narcisse crut devoir céder à l'orage et se retira dans un désert, où il s'ensevelit pendant huit années.

Dieu se chargea de sa vengeance. Ses calomniateurs reçurent le prix de leur crime : le premier périt dans un incendie, avec toute sa famille ; le second fut couvert d'une lèpre horrible ; le troisième, frappé d'effroi et plein de repentir, pleura son péché au point qu'il en perdit la vue.

Narcisse
ne put résister plus longtemps aux instances de son peuple et vint reprendre le soin de son église ; mais il se donna un coadjuteur, à cause de son grand âge. Après quelques années de prière et d'union avec Dieu, il mourut à l'âge de cent seize ans.

Pratique: Souffrez la calomnie avec patience et laissez à Dieu le soin de vous justifier.

mardi 28 octobre 2008

28 OCTOBRE - SAINT SIMON ET SAINT JUDE, Apôtres

Ces deux apôtres ont leur fête le même jour parce qu'ils ont travaillé ensemble à la conversion des Gentils. — SAINT SIMON qui était originaire de Cana, où Jésus changea l'eau en vin, reçut le surnom de Canadien, pour le distinguer de Simon-Pierre, chef des apôtres. — SAINT JUDE était frère de saint Jacques le Mineur et de saint Siméon, évêque de Jérusalem, et comme eux cousin du Sauveur.

Avant son élévation au ministère évangélique, il était agriculteur. — Saint Simon prêcha d'abord en Egypte, en Mauritanie, en Libye ; Saint Jude, après avoir prêché en Afrique avec beaucoup de succès, revint en Orient et annonça l'Évangile dans la Judée, la Samarie, la Syrie et la Mésopotamie. Simon et Jude se rejoignirent en Perse, et là ils combattirent et moururent ensemble.

Les choses extraordinaires que Dieu opéra par leurs mains les firent traiter avec respect par le roi de ce pays, qui leur laissa la liberté de prêcher leur doctrine si sainte et si nouvelle ; ils réussirent au point d'être obligés d'ordonner plusieurs prêtres et de fonder diverses églises.

Un fait vint ajouter à leur prestige : deux tigres, échappés de leur cage, étaient la terreur du pays. Au nom de Jésus-Christ, les apôtres commandèrent à ces bêtes féroces de les suivre, et ils les emmenèrent dans leur maison. Le roi, toute sa cour et plus de soixante mille Perses, se firent chrétiens. Des églises s'élevèrent sur les ruines des temples des idoles, le triomphe du Christ était complet.

Mais l'ennemi des âmes déchaîna toute sa fureur pour arrêter les progrès de l'Évangile. Simon et Jude étant allés annoncer Jésus-Christ en d'autres villes, les païens voulurent les contraindre de sacrifier au soleil, qu'ils adoraient comme un dieu : "Mon frère, dit alors Jude à Simon, je vois le Seigneur qui nous appelle". — Et moi, reprit Simon, j'ai vu aussi Jésus-Christ entouré de ses anges, et un des anges m'a dit : "Je vous ferai sortir du temple et je ferai crouler sur eux tout l'édifice. — Qu'il n'en soit pas ainsi! Ai-je répondu, peut-être quelques-uns se convertir ont-ils."

Et voici qu'en ce moment un ange leur dit à tous deux : « Que choisissez-vous, ou la mort pour vous, ou l'extermination de ce peuple impie? — Miséricorde pour ce peuple! crièrent les deux apôtres. Que le martyre soit notre partage! » Cependant les prêtres des dieux les exhortaient à sacrifier : "Le soleil, dit Simon, n'est que le serviteur de Dieu ; ce sont les démons qui résident en vos idoles ; je leur ordonne de sortir." Et les démons, sous une forme horrible, sortirent des statues brisées.

Alors le peuple aveugle se jeta sur les deux apôtres et les massacra, pendant qu'ils bénissaient Dieu et priaient pour leurs bourreaux
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Pratique: L'union fait la force; unissez-vous, pour faire le bien, aux personnes qui ont du zèle.

lundi 27 octobre 2008

27 OCTOBRE - SAINTE EMELINE / SAINT FRUMENCE

Sainte Emeline, religieuse.

Sa vie est méconnue, elle fut religieuse cistercienne au monastère de Boulancourt jusqu'à sa mort en 1078.

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SAINT FRUMENCE vivait au IVe siècle. Il était encore enfant, lorsque le philosophe romain Mérope, son oncle, l'emmena, lui et son frère Édèse, dans un voyage qu'il fit en Ethiopie. Son voyage achevé, il s'embarqua pour revenir dans sa patrie.

Le navire qui le portait avec ses neveux s'arrêta dans un certain port pour y faire les provisions nécessaires à l'équipage. Les barbares du pays pillèrent le navire, passèrent au fil de l'épée tous ceux qui le montaient. Frumence était alors assis sur le rivage, sous un arbre, avec son frère, et préparait sa leçon.

Les barbares eurent pitié de leur innocence, de leur candeur et de leur beauté et les conduisirent à leur roi. Le prince éthiopien s'intéressa à leur sort et prit un soin particulier de leur éducation; il fit Édèse son échanson, et Frumence son trésorier et son secrétaire d'État. Étant près de mourir, il leur donna la liberté ; mais la reine les pria de rester et de continuer à l'aider de leurs conseils jusqu'à ce que l'héritier du trône fût en âge de régner.

Frumence profita de son autorité pour disposer ce peuple à recevoir la connaissance de l'Évangile, et fit bâtir une église pour les réunions des nouveaux chrétiens. Quand le prince eut atteint sa majorité, Frumence résigna entre ses mains l'administration du royaume et lui demanda la permission de retourner dans sa patrie.

Arrivé à Alexandrie, il alla trouver saint Athanase, lui raconta son histoire, lui parla de la chrétienté naissante de l'Ethiopie, des bonnes dispositions de ses habitants, et le supplia d'envoyer un évêque et des prêtres pour travailler à la conversion du peuple entier.

Athanase, plein de joie et d'admiration, lui dit : « Qui mieux que vous peut accomplir cette œuvre? » II l'éleva promptement au sacerdoce et à l'épiscopat et l'envoya prêcher l'Évangile.
L'évêque fut accueilli avec bonté par le prince, qui se convertit et aida lui-même Frumence à éclairer la nation entière.

Frumence
fit bâtir de nombreuses églises. Ses miracles ne contribuèrent pas peu au succès de sa mission. Il eut à souffrir des menées des ariens, qui cherchèrent à nuire à son apostolat; mais il demeura toujours invincible champion de la foi de Nicée et eut l'honneur d'être appelé par le grand Athanase : Père du salut.

Le saint évêque continua d'édifier l'Église d'Ethiopie par ses discours, ses vertus et ses miracles, jusqu'à sa mort. Il s'endormit pieusement dans le Seigneur, à l'âge d'environ cent ans. — Admirons comment Dieu conduit tous les événements et arrive à ses fins par les moyens les plus imprévus.

Pratique:
Sachez que non seulement les prêtres, mais les simples fidèles, ont un apostolat à remplir.

dimanche 26 octobre 2008

26 OCTOBRE - SAINT DIMITRI / SAINT EVARISTE / BX BONAVEURE DE POTENZA

Démétrios ou Dimitri.

Son culte fut extrêmement populaire en Orient. Le diocèse de Gap en France voulut même se l'annexer en en faisant son premier évêque. D'autres en font un martyr du premier siècle. En fait, il y eût au quatrième siècle un saint Démétrios, martyr à Thessalonique, qui bénéficia de l'enjolivement de la piété populaire. On en fit un soldat chrétien et fier de l'être, on en fit même le proconsul de Grèce et de Macédoine.

Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné à lutter dans l'arêne contre un gladiateur plus robuste que lui, l'on vit arriver, avec lui, un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d'un geste mit à mort ce géant. Dépité, l'empereur présent, fit mettre à mort l'enfant et Dimitri. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.

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SAINT EVARISTE succéda au pape Anaclet, sous le règne de Trajan, gouverna l'Église neuf ans et mourut l'an 112. Il fut le premier qui divisa Rome en paroisses, et à chaque paroisse il préposa un cardinal. Évariste fit plusieurs ordinations, se montra plein de zèle pour les intérêts de l'Église et des âmes. Il fut martyr, mais on n'a pas de détails sur sa mort.


LE BIENHEUREUX BONAVENTURE DE POTENZA,
Frère mineur

Le bienheureux BONAVENTURE était fils d'un tailleur de la petite ville de Potenza, près de Salerne, en Italie. Il naquit en 1651 ; son enfance fut remarquable par sa gravité, sa piété, son horreur du mal et sa mortification : tout annonçait en lui le saint futur.

Il entra, vers l'âge de quinze ans, chez les Frères Mineurs Conventuels ; ses supérieurs jugèrent bientôt qu'il était plutôt fait pour la science des saints que pour toute autre science. Son obéissance était celle d'un enfant. Un jour qu'il cherchait la clef de la sacristie : « Prenez un hameçon, lui dit en riant son supérieur, et repêchez-la, elle est au fond du puits. » Bonaventure le fit et retira la clef par le moyen indiqué.

Dieu récompensa l'obéissant religieux par d'autres faits non moins extraordinaires. On admirait sa dévotion au très saint Sacrement. Il passait des jours et des nuits auprès du tabernacle, et souvent il y était ravi en extase ; il avait soin que la lampe du sanctuaire ne s'éteignit jamais et veillât, pour ainsi dire, avec son âme. A sa première messe, ses traits parurent illuminés, ses yeux étaient baignés de larmes ; plusieurs fois dans sa vie il fut élevé au-dessus de terre pendant le saint sacrifice.

Son zèle pour les âmes était si brûlant, qu'il disait un jour : « Si j'étais appelé auprès de quelques pauvres infirmes ou moribonds et que les portes fussent fermées, de façon que je ne susse par où sortir, je ne balancerais pas à me jeter par la fenêtre pour aller sauver leur âme. » Les historiens du bienheureux Bonaventure signalent plusieurs miracles et prophéties qu'il fit de son vivant et qui le rendirent célèbre dans les différents pays où l'obéissance le fit passer.

Un jour, par exemple, ayant rencontré un lépreux, il le pressa sur son cœur, l'embrassa avec amour, et à l'instant même le lépreux fut délivré de son mal.

Six mois à l'avance, le saint religieux reçut de Dieu l'annonce de sa mort. Le temps venu, il demanda lui-même les sacrements, pria ses frères de lui pardonner tous les scandales de sa vie, et voulut descendre de son lit pour baiser les pieds de son supérieur ; l'obéissance l'en empêcha.

Il se mit à chanter des cantiques, récita trois Ave Maria et rendit son âme à Dieu sans agonie, le 26 octobre 1711. Son corps répandit une suave odeur, et son tombeau fut illustré par de nombreux miracles.

Pratique: Croyez qu'il est plus avantageux d'obéir que de commander, de servir que d'être servi.

samedi 25 octobre 2008

25 OCTOBRE - SAINTS CREPIN ET CREPINIEN, Cordonniers, Martyrs

CREPIN ET CREPINIEN, cordonniers, faisaient des chaussures pour les pauvres, quand on les saisit comme chrétiens et on les conduisit à l'empereur Maximien, qui était de passage dans le nord des Gaules : « D'où êtes-vous, leur dit le tyran, et quelle religion professez-vous? — Nous sommes, répondirent-ils, de nobles Romains qui avons émigré dans les Gaules pour y prêcher la foi chrétienne. — Si vous persistez dans cette folie, leur dit l'empereur, je vous ferai périr d'une mort cruelle; si vous sacrifiez aux dieux, je vous comblerai de richesses et d'honneurs. —Tu crois nous effrayer par tes menaces, répondent les saints martyrs; mais pour nous le Christ est la vie, et la mort est une grâce. Quant aux richesses et aux honneurs, nous les avons quittés volontairement ; garde-les pour tes amis. Si toi-même tu ne renonces pas à tes dieux, tu brûleras au fond de l'enfer. »

Transporté de rage, Maximien abandonna les deux chrétiens à l'un des plus cruels exécuteurs des persécutions contre les chrétiens, nommé Rictiovarus, pour les torturer avec une violence extraordinaire. Rictiovarus leur fit enfoncer sous les ongles des roseaux pointus, mais ces roseaux se retournèrent contre les bourreaux et en tuèrent ou blessèrent plusieurs ; il les fit jeter ensuite, en plein hiver, avec des meules de moulin au cou, dans une rivière glacée, mais ils surnagèrent et ne sentirent pas le froid.

Ce fut ensuite le tour du supplice de la chaudière remplie de plomb fondu ; ce supplice fut inoffensif pour eux, comme les autres; mais une goutte du terrible liquide jaillit sur l'œil du tyran, qui ressentit une affreuse douleur et devint borgne. Sa fureur lui donna le courage de poursuivre son œuvre barbare, et les deux généreux martyrs furent jetés dans une autre chaudière bouillante, remplie d'un mélange de poix, de graisse et d'huile ; ils y entrèrent en chantant de pieux cantiques, et des anges vinrent les en faire sortir.

Rictiovarus, fou de rage et sans doute saisi du démon, se jeta au milieu du brasier et s'y tordit dans le désespoir. Telle fut la fin de ce grand persécuteur, qui fit périr tant de chrétiens dans les Gaules.

Quant à Crépin et à Crépinien, ils eurent la tête tranchée le lendemain. La nuit précédente , un ange leur était apparu et leur avait annoncé la fin de leurs combats ; ils allèrent à la mort avec autant de joie que d'autres vont à leurs plaisirs.

Deux vieillards, pendant la nuit, recueillirent leurs corps pour leur donner la sépulture. Le culte de saint Crépin et de saint Crépinien est un de ceux qui sont restés les plus populaires parmi les chrétiens ; des confréries ouvrières furent établies sous leur vocable, de nombreuses églises bâties en leur honneur; d'éclatants miracles furent obtenus par leur intercession.

Pratique: Quelles que soient vos occupations, relevez-les toujours par des motifs surnaturels.

jeudi 23 octobre 2008

24 OCTOBRE - SAINT ANTOINE-MARIE CLARET / SAINT MAGLOIRE / SAINT MARTIN DE VERTOU


SAINT ANTOINE-MARIE CLARET (1807-1870)

Archevêque

Né en 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, ANTOINE-MARIE CLARET apprend d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers.

Ses dons intellectuels facilitent son orientation vers le séminaire et le sacerdoce. Après un essai en chartreuse et chez les Jésuites, il exerce son ministère en région rurale, et là, constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lance dans les missions populaires et dans l'apostolat par la presse dont il est l'un des pionniers.

Il crée pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie, ou Clarétins. Sa réussite exceptionnelle lui vaut d'être remarqué par Pie IX qui le fait ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba.

Au delà de l'océan, il poursuit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à un attentat sanglant. Puis il est rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II.

Là il montre comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique, jointe à cette "dévotion à la mère de Dieu" qui est dans cette vie si riche en contraste, "la douce lumière illuminant tout" (Pie XII). Banni par la Révolution de 1868, il vient finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide dans l'Aude, où il meurt le 24 octobre 1870.


La Documentation catholique: 1950 col.705-710

SAINT MAGLOIRE
naquit dans la Grande-Bretagne vers la fin du Ve siècle; il fut formé dès sa jeunesse à la science et à la piété. Après avoir passé les premières années qui suivirent son éducation dans sa famille, où il continua de pratiquer fidèlement les vertus chrétiennes, il se retira du monde en laissant ses biens aux pauvres et aux églises. Il passa plus tard en Armorique, où il devint évêque régionnaire ; son zèle et son activité opérèrent dans le pays un bien considérable. Magloire alla finir saintement ses jours dans un monastère de Jersey qu'il avait fondé. Sa mort arriva l'an 575.

SAINT MARTIN DE VERTOU

SAINT MARTIN DE VERTOU, digne émule de saint Martin de Tours, naquit à Nantes l'an 527. Il était issu d'une famille très riche et très illustre. Tout adonné à la piété dès son enfance, il se sentit, jeune encore, attiré au service des saints autels.

L'évêque de Nantes l'ordonna diacre et l'envoya prêcher l'Évangile dans les contrées voisines. Il y avait, aux environs de la mer, une ville nommée Herbauge, dont il est difficile aujourd'hui de préciser l'emplacement. Ni l'éloquence, ni les prières, ni les vertus de l'apôtre, ne purent gagner cette nouvelle Sodome.

Il s'enfuit avec une famille qui avait seule écouté sa parole et pria Dieu de punir la cité coupable. Bientôt, à sa prière, la terre s'entr'ouvrit, les monuments et les maisons s'écroulèrent; et la mer furieuse, se précipitant sur ces ruines, engloutit la ville avec ses habitants, sans en laisser de trace.

C'est alors qu'il se rendit au pays de Vertou, voisin de la ville vendéenne des Sables-d'Olonne, où il passa quelques années dans la solitude et la prière, consolé par les pieuses relations qu'il entretenait avec un saint solitaire du voisinage, appelé saint Vivent.

Averti par un ange, Martin quitta sa retraite et alla fonder un monastère en Bretagne, non loin de Nantes, au lieu appelé aujourd'hui Vertou, en souvenir de l'ermitage que le saint avait précédemment habité.

Là, ses travaux furent tellement bénis de Dieu, qu'il se vit bientôt à la tête de trois cents religieux et dut fonder encore, dans les environs, plusieurs monastères. Martin était l'âme de sa vaste communauté; il était le premier à la psalmodie, au jeûne, à la prière, au silence, au travail, surtout aux pratiques austères de la pénitence. Parmi ses miracles, on rapporte la résurrection de plusieurs morts.

Martin, accompagné de quelques disciples, visitait souvent ses monastères et profitait de ces courses pour évangéliser les populations de la contrée, où sa mémoire est restée en vénération.

Il mourut en son monastère de Durinum, aujourd'hui Saint-Georges-de-Montaigu, en Vendée, le 24 octobre 601.

Pratique: Honorez particulièrement les saints qui ont évangélisé le pays que vous habitez.

mercredi 22 octobre 2008

23 OCTOBRE - SAINT THEODORET / SAINT JEAN DE CAPISTRAN

SAINT THEODORET, prêtre d'Antioche, au ive siècle, montra beaucoup de zèle pour la destruction des idoles et la construction des églises. Sur son refus d'apostasier, il eut les membres disloqués et fut étendu sur un chevalet : « Je ne sens point vos tourments, disait le martyr, parce que Dieu est avec moi. » On lui appliqua ensuite des torches ardentes sur les côtés ; pendant ce supplice, les bourreaux le virent s'entretenir avec les anges. Théodoret fut enfin décapité (an 362).

SAINT JEAN de CAPISTRAN
Franciscain (+ 1456)


SAINT JEAN DE CAPISTRAN né l'an 1385, dans le royaume de Naples, était dans sa jeunesse, un brillant jurisconsulte, un magistrat renommé pour son intégrité, un gouverneur plein de fermeté et de sagesse.
Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. . C'est là que saint François lui apparut et lui ordonna d'entrer dans l'ordre des Frères Mineurs.

Jean acheta sa liberté, donna le reste de ses biens aux pauvres et s'ensevelit dans un couvent, après avoir donné à la ville de Pérouse, dont il avait été gouverneur, l'exemple d'un parfait mépris du monde, en parcourant les rues de cette ville monté à rebours sur un âne, et la tête coiffée d'un bonnet de carton, où étaient écrits les principaux péchés de sa vie.

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté: "Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience."
Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.
Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus."Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses.
Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.
Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas.
Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.
À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.
Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal.
Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche: "Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait: "Victoire, Jésus, victoire!"
Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456.
Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, Seigneur, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: Jésus. Il avait soixante-et-onze ans.
Pratique: Défiez-vous de l'orgueil, combattez-le jusque dans ses dernières racines.

22 OCTOBRE - SAINTE SALOME / SAINT MELLON, Evêque de Rouen / SAINT HILARION, Solitaire

SAINTE SALOME
Femme de Zébédée,
Mère des apôtres Jacques et Jean (Ier siècle)

Epouse de Zébédée, mère de Saint Jean et de Saint Jacques, elle faisait partie des femmes qui suivaient et servaient le Christ. Elle assista à la passion du Seigneur et fit partie du groupe de femmes qui trouva le tombeau vide.

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SAINT MELLON, né en Grande-Bretagne, se convertit du paganisme à la foi chrétienne, dans un voyage qu'il fit à Rome ; il fut baptisé par le pape saint Etienne, qui l'envoya prêcher l'Évangile dans les Gaules l'an 257. Trois ans plus tard, il fut élevé au siège épiscopal de Rouen, qu'il occupa pendant cinquante ans. On lui attribue la fondation de la cathédrale et de plusieurs autres églises. Ses travaux et ses miracles gagnèrent à Jésus-Christ un grand nombre d'âmes ; sa sainteté était extraordinaire.

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SAINT HILARION naquit en Egypte, de parents riches et païens. A quinze ans, éclairé des beautés de la foi chrétienne, il reçut le baptême et, tout épris du désir de la perfection, courut au désert pour voir Antoine, dont le nom était déjà célèbre.

A la vue du patriarche du désert, il s'écria : « Et moi aussi, Dieu me veut ermite ! » II vendit peu après le patrimoine de ses parents, qui venaient de mourir, et s'enfonça dans la solitude.

Le démon, furieux de voir un enfant égaler en ferveur les plus anciens anachorètes, lui déclara une guerre acharnée; il employa tous les moyens : la crainte, les coups, la séduction, les tableaux impurs, les apparitions d'animaux ; l'ermite triompha de tout en multipliant ses austérités.

On jour pourtant, Hilarion, chantant les psaumes, était distrait et ne priait que de bouche; le démon, fier de cette légère faiblesse du saint, lui sauta sur le dos et se moqua de lui. Le solitaire s'humilia, pleura sa faute et profita de cette négligence pour redoubler d'ardeur an service du Seigneur.

Cet homme, qui avait tant à souffrir du démon, reçut de Dieu le pouvoir de se venger de lui ; on amenait de toutes parts des possédés à Hilarion, qui les délivrait des malins esprits. Cependant les foules accourant vers lui attirées par sa réputation de sainteté, le saint regretta sa solitude primitive : "Je reçois, s'écria-t-il, ma récompense ici-bas : il faut aller me cacher pour prier et souffrir, si je veux me rendre digne de la miséricorde de Dieu."

Quand il voulut partir, plus de dix mille personnes l'arrêtèrent par leurs larmes et leurs gémissements. Il réussit pourtant à s'échapper ; mais le désert fleurissait sous ses pas, l'enthousiasme des foules le suivait partout.

Le Seigneur, prenant pitié de ses larmes, l'avertit de sa mort prochaine. Hilarion s'étendit sur une natte : "Sors, mon âme, dit-il, sors de ton corps, brise les derniers liens. Pourquoi tarder encore? Il y a bientôt soixante ans que tu sers le Christ, peux-ta craindre la mort?" Et il rendit l'esprit.

Ainsi mourut cet homme extraordinaire, digne émule du grand saint Antoine, l'an 372. Il s'opéra d'innombrables miracles à son tombeau : ainsi Dieu glorifie l'humilité et la mortification.

Pratique: Appliquez-vous à éviter, dans vos prières, les distractions volontaires.

lundi 20 octobre 2008

SAINT CELINE, Mère de Saint Rémi / SAINTE URSULE, Vierge et Martyre, et ses compagnes


A défaut d'histoire authentique, les légendes nous disent qu'Ursule était fille d'un prince écossais et naquit en 383. Sa beauté et ses vertus attiraient sur elle tous les regards, mais elle répudia toute alliance humaine pour appartenir à Jésus-Christ.

Elle fut embarquée avec un grand nombre de vierges et de femmes chrétiennes, qu'un conquérant romain voulait donner pour épouses à ses soldats. Mais une tempête s'étant élevée, par la permission de Dieu, pendant la traversée, les navires, au lieu d'atteindre l'Armorique, leur destination, allèrent échouer jusqu'à l'embouchure du Rhin.

Les Huns, qui ravageaient alors l'Europe, rencontrèrent ces vaisseaux et se préparaient à les piller et à infliger à ces vierges et à ces femmes un déshonneur pire pour elles que la mort. Mais elles étaient décidées à se défendre. Commandées par Ursule, elles résistent avec héroïsme, si bien que, les sentiments des barbares changeant tout à coup, ils saisissent leurs armes et se précipitent sur cette armée pacifique; bientôt les victimes tombent en foule sous les coups des bourreaux, et leurs âmes volent rejoindre au ciel l'immense cohorte des vierges qui suivent l'Agneau partout où il va.

Le prince des Huns, frappé dé la beauté d'Ursule, l'épargne d'abord ; il essaye de la consoler de la mort de ses compagnes et lui promet de l'épouser. Ursule repoussant cette parole avec horreur, le barbare la perce d'un coup de flèche.

Ainsi tomba cette vierge, que la tradition nous montre comme le chef des onze mille vierges ou femmes amenées par les Romains de la Grande-Bretagne. Beaucoup d'églises possèdent des reliques de cette armée de martyres ; mais aucune n'est aussi richement partagée que la ville de Cologne ; car c'est dans cette cité, voisine du lieu du supplice, que les chrétiens de l'endroit portèrent avec dévotion les restes sacrés des saintes martyres.

Une magnifique église s'éleva bientôt sur leur tombeau, illustré déjà par des miracles. On y accourait de toutes parts ; les jeunes filles surtout venaient en foule recommander à sainte Ursule et à ses compagnes leur virginité.

Un religieux, qui avait pour les saintes martyres une grande dévotion, étant tombé dangereusement malade, vit apparaître près de lui une vierge qui lui dit : « Je suis une de ces vierges que tu honores ; en récompense des onze mille Pater que tu as récités pour nous honorer, tu auras notre assistance à l'heure de la mort. »

La troupe glorieuse vint bientôt, en effet, chercher son âme. Sainte Ursule, pour avoir conduit tant d'âmes au ciel avec elle, est regardée comme le modèle et la patronne des personnes qui s'appliquent à instruire chrétiennement la jeunesse. Plusieurs congrégations de religieuses sont placées sous son invocation.

Pratique: Exercez autour de vous une salutaire influence, fortifiez le courage des faibles.



Sainte Céline,
Epouse, mère de Saint Remi de Reims (5ème s.)

Elle avait épousé, très jeune, Emile, le comte de Laon. Elle lui portait une grande affection et, par son caractère aimable et modeste, ils vécurent dans une grande union de cœur et de foi chrétienne. Ils prirent grand soin de l'éducation de leurs enfants qui devinrent tout trois prêtres. Le dernier nous est le plus connu, Rémi, né sur le tard, dont ils donnèrent le soin aux clercs de l'église Sainte-Marie de Laon. Il devint saint Rémi, l'archevêque de Reims.

20 OCTOBRE - SAINTE ADELINE / SAINT JEAN DE KENTI, Prêtre

SAINT JEAN DE KENTI naquit vers l'an 1403, en Pologne, et dut, aux soins que prirent ses pieux parents de lui donner une bonne éducation, l'avantage précieux de passer sa vie dans l'innocence.

Ses études terminées, il fut professeur à l'université de Cracovie pendant plusieurs années, et tout en enseignant la science, il profitait de toutes les occasions d'inspirer à ses élèves, par ses exemples et par ses discours, les sentiments de piété dont il était pénétré lui-même.

Ordonné prêtre, il montra un zèle de plus en plus ardent pour sa perfection et pour la gloire de Dieu ; il était profondément affligé de voir Dieu si peu connu et si mal servi par un grand nombre de chrétiens. Il avait une très grande dévotion à Jésus crucifié, et l'on raconte qu'un crucifix, devant lequel il priait souvent, lui parla plusieurs fois.

Ayant quitté le professorat pour une cure, il se donna tout entier au bien de son troupeau. Rien ne lui paraissait trop pénible pour le salut des âmes ; il joignait à la prédication la prière assidue et la mortification pour les pécheurs. Père de ses paroissiens, il dépensait toutes ses ressources au service des pauvres ; il donna parfois jusqu'à ses habits et à ses chaussures.

Un matin qu'il se rendait à l'église, Jean rencontre un mendiant couché sur la neige, grelottant de froid ; le bon pasteur se dépouille de son manteau, le conduit an presbytère pour le soigner et le comble de ses bontés. Peu après, la sainte Vierge lui apparut, et lui rendit le manteau qu'il avait donné au malheureux.

Épouvanté par les responsabilités du ministère paroissial, le saint curé obtint de son évêque de redevenir professeur ; il se signala de plus en plus dans ces fonctions par sa mortification et sa piété. Depuis son élévation au grade de docteur en théologie, il renonça pour le reste de sa vie à l'usage de la viande.

Un jour qu'il était vivement tenté d'en manger, il en fit rôtir un morceau, le plaça tout brûlant sur ses membres et dit : « O chair, tu aimes la chair, jouis-en à ton aise. » II fut délivré sur le coup de cette tentation pour toujours. On raconte que, dans un de ses pèlerinages à Rome, il fut dévalisé par des brigands : "Avez-vous encore autre chose"? lui dirent-ils. — Non, répondit Jean.


Ils le laissèrent partir; mais, se souvenant bientôt qu'il avait quelques pièces d'or cousues en son vêtement, il courut après eux pour les leur offrir. Confus, ils lui rendirent tout ce qu'ils lui avaient pris.

Jean de Kenti, illustre par ses miracles, s'endormit dans le Seigneur le 24 décembre 1473.

Pratique: Opérez votre salut avec crainte; défiez-vous de vous-même.


Sainte Adeline
Première abbesse de l'abbaye des "Dames Blanches" à Mortain,
Normandie.

Descendante de Guillaume le Conquérant et soeur de saint Vital de Savigny, elle fut élue première abbesse de l'abbaye des Dames Blanches, appelée ainsi en référence à leur habit.

dimanche 19 octobre 2008

19 OCTOBRE - SAINT PIERRE D'ALCANTARA

Ce saint, issu d'une famille illustre, fut un prodige d'austérités. Entré dans l'Ordre de Saint-François, après de brillantes études où avait éclaté surtout son amour pour les Livres saints, il montra, pendant son noviciat, une modestie surprenante ; il ne connaissait ses frères qu'à la voix ; il ne savait point la forme de la voûte de l'église ; il passa quatre ans au couvent sans apercevoir un arbre qui étendait ses branches et donnait son ombre près de la porte d'entrée.

Sa vertu extraordinaire l'éleva aux charges de l'Ordre dès ses premières années de vie religieuse ; mais l'humble supérieur se faisait, à toute occasion, le serviteur de ses frères et le dernier de tous.

Dans un pays de montagnes, couvert de neiges, en plein hiver, il avait trouvé un singulier secret contre le froid : il ôtait son manteau, ouvrait la porte et la fenêtre de sa cellule; puis, après un certain temps, reprenait son manteau et refermait porte et fenêtre.

Sa prédication produisit les plus merveilleux effets; sa vue seule faisait couler les larmes et convertissait les pécheurs : c'était, selon la parole de sainte Thérèse, la mortification personnifiée qui prêchait par sa bouche. Dieu lui inspira de travailler à la réforme de son Ordre, et il établit en effet dans l'Ordre de Saint-François, au prix de bien des démarches et de bien des sacrifices, une branche nouvelle qui se fit remarquer par une ferveur admirable.

Dans ses voyages, Pierre ne marchait que pieds nus et la tête découverte : la tête découverte, pour vénérer la présence de Dieu ; pieds nus, afin de ne jamais manquer d'occasion de se mortifier. S'il lui arrivait de se blesser un pied, il ne prenait qu'une sandale, ne voulant pas qu'un pied fût à son aise quand l'autre était incommodé.

Pierre d'Alcantara fut un des conseillers de sainte Thérèse, qui l'avait en grande vénération. Sa mortification s'accroissait chaque jour au point qu'il ne se servait plus de ses sens et de ses facultés que pour se faire souffrir ; il ne mangeait qu'une fois tous les trois jours, se contentant de mauvais pain et d'eau ; parfois il demeurait huit jours sans manger.

Il passa quarante ans sans donner an sommeil chaque nuit plus d'une heure et demie, encore prenait-il ce sommeil assis dans une position incommode ; il avoua que cette mortification avait été plus terril le pour lui que les cilices de métal, les disciplines et les chaînes de fer.

La seule pensée du saint Sacrement et des mystères d'amour du Sauveur le faisait entrer en extase. SAINT PIERRE D'ALCANTARA fit de nombreux et d'éclatants miracles. Il mourut en 1562, à l'âge de soixante-trois ans.

Apparaissant à sainte Thérèse après sa mort, il lui dit : "Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire !"

Pratique:
Usez des choses de ce monde comme n'en usant pas, vous rappelant constamment
l'éternité.

samedi 18 octobre 2008

18 OCTOBRE - SAINT LUC, Evangéliste

SAINT LUC, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. L'histoire nous apprend peu de chose de ses premières années ; on ne sait même pas si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.

Il fit de grands progrès dans la science. Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut paraît-il, très habile médecin, et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa mission publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : « Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, » il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit an cénacle, le jour de la Pentecôte, et partit pour évangéliser Antioche sa patrie.

Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, il le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances, persécutions, pour le nom de Jésus-Christ. Saint Luc écrivit, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint et avec une compétence personnelle qui est incontestable, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation.

Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi. — Qui n'a entendu parler des vierges peintes par saint Luc? D'après une pieuse légende, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la sainte Vierge l'aurait bénit en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image.".

Quoi qu'il en soit, les madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. Après la mort dû grand Apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Où et comment mourut-il? On ne saurait le dire au juste; selon les uns, il fut martyrisé dans le Péloponnèse, après avoir évangélisé l'Egypte; selon d'autres, il répandit son sang pour la foi en Bithynie.

Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

Pratique: Ayez un vrai respect et une vraie dévotion pour les images de la sainte Vierge.

vendredi 17 octobre 2008

17 OCTOBRE - SAINTE MARGUERITE-MARIE et SAINTE HEDWIGE

SAINTE HEDWIGE, duchesse de Silésie et de Pologne, épouse de prince, mérite d'être regardée comme l'un des grands modèles des femmes chrétiennes. Elle mena une vie de foi intense : jeûnes prolongés, endurance au froid, ascèse acceptée d'un commun accord par les 2 époux dans leurs relations conjugales. Toutes ses pensées et toutes ses actions n'avaient pour but que la gloire de Dieu, sa sanctification et celle de sa famille. Dans la prospérité comme dans l'adversité, Dieu fut sa seule consolation. Elle porta avec courage le veuvage et le deuil de 6 de ses enfants. Elle vécut poir Jésus-Christ, mettant tout son bonheur à s'humilier et à prier. Elle mourut en 1243.



SAINTE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE


C'est pour instituer et propager le culte de son sacré Cœur que Jésus-Christ se choisit, au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, une servante dévouée en Marguerite-Marie Alacoque : une des gloires de notre patrie est de lui avoir donné naissance.

Marguerite-Marie Alacoque vint au monde le 22 juillet 1647. Prévenue par la grâce divine dès ses premières années, elle conçut de la laideur du péché une idée si vive, que la moindre faute lui était insupportable ; pour l'arrêter dans les vivacités de son âge, il suffisait de lui dire : « Tu offenses Dieu ! » Elle fit à Dieu le sacrifice de sa virginité, à un âge où elle ne comprenait pas encore la portée de son vœu.

On raconte qu'elle aimait, tout enfant, à réciter le rosaire, en baisant la terre à chaque Ave Maria. Après sa première communion, elle se sentit complètement dégoûtée du monde; Dieu, pour la purifier, l'affligea d'une maladie qui l'empêcha de marcher pendant quatre ans, et elle dut sa guérison à la sainte Vierge, en échange du vœu qu'elle fit d'entrer dans un Ordre qui lui fût consacré.

Revenue à la santé, elle oublia son vœu, et, gaie d'humeur, expansive, aimante, elle se livra, non pas au péché, mais à une dissipation exagérée avec ses compagnes. De nouvelles épreuves vinrent la détacher des vanités mondaines; les bonnes œuvres, le soin des pauvres, la communion, faisaient sa consolation.

Enfin, ayant surmonté toutes les difficultés que lui opposait sa famille, elle entra à la Visitation de Paray-le-Monial. C'est là que Jésus l'attendait pour la préparer à sa grande mission. Le divin Époux la forma à son image dans- le sacrifice, les rebuts, l'humiliation; il la soutenait dans ses angoisses, il lui faisait sentir qu'elle ne pouvait rien sans lui, mais tout avec lui. « Vaincre ou mourir ! » tel était le cri de guerre de cette grande âme.

Quand la victime fut complètement pure, Jésus lui apparut à plusieurs reprises, lui montra son Cœur sacré dans sa poitrine ouverte : « Voilà, lui dit-il, ce cœur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé ! » On sait l'immense expansion de dévotion au sacré Cœur qui est sortie de ces révélations. Marguerite-Marie mourut le 17 octobre 1690. Sa canonisation a eu lieu le 13 mai 1920.

Pratique: Efforcez-vous d'acquérir une profonde dévotion au sacré Cœur de Jésus.

jeudi 16 octobre 2008

16 OCTOBRE - SAINT GALL d'IRLANDE, Abbé

SAINT GALL né en Irlande au VIe siècle, fut mis dès l'âge de douze ans, sous la direction de saint Colomban et fit de grands progrès dans la vertu et dans les sciences. Il suivit plus tard ses maîtres en France, puis en Suisse. Saint Colomban dut user de toute son autorité pour forcer l'humble moine à recevoir la prêtrise.

Dès lors Gall joint à la sainteté monastique le zèle d'un apôtre. Saisi d'indignation envoyant l'endurcissement des peuples qu'il prêche, il mit un jour le feu au temple de leurs dieux et jeta les statues dans le lac voisin; mais Colomban et ses disciples furent obligés de chercher ailleurs une solitude tranquille pour échapper à la vengeance de ces païens.

Dans ce nouveau séjour, les efforts des prédicateurs furent couronnés d'un meilleur succès ; chaque instruction était suivie de conversions nombreuses. Ce n'était point l'affaire du démon, qui s'en vengea par des apparitions terrifiantes et des cris sauvages ; mais saint Gall s'arma du signe de la croix et dit aux esprits infernaux : « Au nom de Jésus-Christ, quittez ce lieu et n'y faites plus de mal. » — Poussé par l'amour de la solitude, le saint moine s'enfonça bientôt dans un désert plus sauvage et s'écria : "C'est ici le lieu de mon repos !" II s'y établit avec un seul compagnon.

Les bêtes féroces infestaient ce coin de terre, où jamais homme n'avait mis le pied; mais Dieu garde ses saints, et la nature leur est soumise. Absorbé dans la contemplation des beautés divines, Gall oubliait de satisfaire aux exigences du corps. Dieu veillait sur son serviteur; comme jadis pour le prophète Élie, il pourvoyait à sa nourriture par l'intermédiaire des animaux ; aussi représente-t-on le saint recevant de la gueule d'un ours le pain que lui envoyait la Providence.

Si éloigné qu'il vécût du commerce des hommes, le lieu de sa retraite ne tarda pas à être découvert, on accourut de toutes parts recevoir ses conseils ; les disciples affluèrent autour de lui, et il dut fonder une communauté nombreuse, où il souffla un esprit de ferveur admirable.

Le don des miracles accompagnait la vertu du grand serviteur de Dieu. Il chassa un jour le démon du corps d'une jeune fille : « Esprit immonde, lui dit-il, je t'ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette créature de Dieu! » A ces mots, on vit un oiseau noir et hideux sortir de la bouche de la possédée. Celle-ci, renonçant à une alliance royale, se consacra au Seigneur dans un monastère.

Gall ne sortait de son couvent que pour évangéliser les populations des environs, et voyait avec joie le nombre et la vertu de ses fils s'accroître de jour en jour. Son âme s'envola au ciel le 16 octobre 646. Il était âgé de quatre-vingt-un ans.

Pratique: Cherchez la solitude et la prière ; elles vous rendront invincible au démon.

mercredi 15 octobre 2008

15 OCTOBRE - SAINTE THERESE D'AVILA, Vierge, Réformatrice des Carmélites, Docteur de l'Eglise

SAINTE THERESE naquit en Espagne, de parents nobles et chrétiens. Dès l'âge le plus tendre, un fait révéla ce qu'elle devait être un jour. Parmi ses frères, il y en avait un qu'elle aimait plus que les autres; ils se réunissaient pour lire ensemble la Vie des Saints: "Quoi! lui dit-elle, les martyrs verront Dieu toujours, toujours! Allons, mon frère, chez les cruels Maures, et soyons martyrs aussi, nous pour aller au Ciel." Et, joignant les actes aux paroles, elle emmenait son petit frère Rodrigue; ils avaient fait une demi-lieue, quand on les ramena au foyer paternel. A la suite de ce trait remarquable, Thérèse, âgée de sept ans, se bâtit un petit ermitage dans le jardin de sa maison.

Elle avait dès lors une grande dévotion à la Sainte Vierge. Chaque jour elle récitait le Rosaire. Ayant perdu sa mère, à l'âge de douze ans, elle alla se jeter en pleurant aux pieds d'une statue de Marie et La supplia de l'accepter pour Sa fille, promettant de La regarder toujours comme sa Mère.


Cependant sa ferveur eut un moment d'arrêt. De vaines lectures, la société d'une jeune parente mondaine, refroidirent son âme sans toutefois que le péché mortel la ternît jamais. Mais ce relâchement fut court, et, une vive lumière divine inondant son âme, elle résolut de quitter le monde. Ce ne fut pas sans peine. « Quand je sortis de la maison de mon père, dit-elle, j'éprouvai comme les douleurs de l'agonie; je sentis mes os se détacher les uns des autres; mais je remportai la victoire, dans un suprême effort. »

Dieu, pour l'encourager, lui montra un jour la place qu'elle eût occupée en enfer, si elle s'était attachée au monde. Mais, ses desseins étant d'en faire le type le plus accompli peut-être de l'union d'une âme avec l'Époux céleste, Dieu employa vingt ans à la purifier par toutes sortes d'épreuves terribles : maladies, sécheresses spirituelles, incapacité dans l'oraison.

Jésus-Christ, qui ne voulait pas la moindre tâche en elle, ne lui laissait aucun repos, et exigeait d'elle le sacrifice même de certaines amitiés très innocentes."Désormais, lui dit-il à la fin de cette période d'expiation, je ne veux plus que tu converses avec les hommes!".

À ces mots, elle se sentit tout à coup établie en Dieu de manière à ne plus avoir d'autre volonté, d'autre goût, d'autre amour que ceux de Dieu même et à ne plus aimer aucune créature que pour Dieu, comme Dieu et selon Dieu.

Elle devint la réformatrice de l'ordre du Carmel, et travailla tant au salut des âmes, que, d'après une révélation, elle convertit plus d'âmes, dans la retraite de son couvent, que saint François Xavier dans ses missions. Un séraphin vint un jour la percer du dard enflammé de l'amour divin: Jésus la prit pour épouse.

Ses révélations, ses écrits, ses miracles, ses oeuvres, ses vertus, tout est à la même hauteur sublime.
Elle a notamment rédigé à la demande de ses supérieures : le Château intérieur, le Chemin de la perfection, Les Exclamations, Les Fondations.

Elle mourut le 4 octobre 1582.


Pratique : Demandez à Dieu le feu de son amour. L'aimer, c'est tout.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

mardi 14 octobre 2008

14 OCTOBRE - SAINT CALLISTE, Pape et Martyr

A la mort de saint Zéphyrin, CALLISTE, Romain, fut élevé au siège apostolique. Il ne fallait point, pour gouverner l'Église, à une époque si tourmentée, un pasteur moins sage ni moins vaillant. Il rendit le jeûne des Quatre-temps, qui remontait aux apôtres, obligatoire dans toute l'Église.

C'est sous son règne que l'on commença à bâtir des temples chrétiens, qui furent détruits dans les persécutions suivantes. Il fit creuser le cimetière souterrain de la voie Appienne, qui porte encore aujourd'hui son nom et qui renferme tant de précieux souvenirs, entre autres le tombeau de sainte Cécile, la crypte de plusieurs papes, des peintures qui attestent la conformité de la foi primitive de l'Église avec sa foi actuelle.

De nombreuses conversions s'opérèrent sous le pontificat de saint Calliste. La persécution ayant éclaté, il se réfugia, avec dix de ses prêtres, dans la maison de Pontien. Sa maison fut bientôt enveloppée par des soldats qui reçurent la défense d'y laisser entrer aucune espèce de vivres. Pendant quatre jours, le pape Calliste fut privé de toute nourriture ; mais le jeûne et la prière lui donnaient des forces nouvelles.

Le préfet, redoublant de cruauté, donna l'ordre de frapper chaque matin le prisonnier à coups de bâton, et de tuer quiconque essaierait de pénétrer pendant la nuit dans sa maison. Une nuit, le prêtre martyr Calépode, auquel Calliste avait fait donner une sépulture honorable, apparut au pontife et lui dit : "Père, prenez courage, l'heure de la récompense approche; votre couronne sera proportionnée à vos souffrances."

Parmi les soldats qui veillaient à la garde du prisonnier, il y avait un certain Privatus, qui souffrait beaucoup d'un ulcère ; il demanda sa guérison à Calliste, qui lui dit : « Si vous croyez de tout cœur en Jésus-Christ et recevez le baptême au nom de la sainte Trinité, vous serez guéri. — Je crois, reprit le soldat, je veux être baptisé, et je suis sûr que Dieu me guérira. »

Aussitôt après l'administration du baptême, l'ulcère disparut sans laisser de trace, "Oui, s'écrie le nouveau chrétien, le Dieu de Calliste est le seul vrai Dieu ; les idoles seront jetées aux flammes, et le Christ régnera éternellement !" Le préfet eut connaissance de cette conversion et fit fouetter Privatus jusqu'à la mort.

Par son ordre, Calliste, une grosse pierre au cou, fut jeté, de la fenêtre d'une maison, dans un puits, que l'on combla aussitôt ; mais, dix-sept jours après, le 14 octobre 222, le prêtre Astérius, qui fut martyr lui-même une semaine plus tard, fit enlever le corps du pontife et l'ensevelît avec honneur près du martyr Calépode, dans une catacombe de la voie Aurélienne.

Pratique: Imitez le respect des saints pour les morts ; c'est une pratique agréable à Dieu.

lundi 13 octobre 2008

13 OCTOBRE - NOTRE DAME DE FATIMA / SAINT EDOUARD III, Roi d'Angleterre



NOTRE-DAME de FATIMA
Apparition au Portugal en 1917

Le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces, en vue de sauver le monde alors dévasté par la première Guerre Mondiale. Une semaine plus tard, son appel angoissé recevait une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.

Un dimanche, 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima, au Portugal. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge.

En entendant sonner midi au loin, ils s'agenouillent et récitent le chapelet. Leur prière est interrompue par la vue d'un éclair, puis d'un second plus brillant que le premier. Le ciel est cependant sans nuages. O merveille! à quelques pas, sur les branches d'un chêne vert, ils aperçoivent une belle Dame plus étincelante que le soleil. Eblouis autant que terrifiés, les trois enfants veulent s'enfuir, mais la mystérieuse apparition les rassure par un geste de maternelle bonté et leur dit: «N'ayez pas peur, Je ne vous ferai pas de mal.»

Après quelques minutes d'un silence extatique, Lucie ose demander: «Qui êtes-vous? -- Je suis du ciel, répond la céleste vision, Je suis descendue pour vous demander de venir ici, six mois de suite, le 13 de chaque mois.» La Vierge leur recommande de réciter souvent le chapelet. «Vous ajouterez cette prière après le Gloria Patri: «O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.» Puis, Elle Se tait et S'éloigne doucement, comme poussée par un zéphir et disparaît dans la lumière du soleil.

A tous les 13 des cinq mois suivants, les enfants ont la joie insigne de revoir la belle Dame. La nouvelle des apparitions se répand rapidement dans la région. Le 13 juillet, la foule des curieux atteint cinq mille et en août, elle se chiffre à près de vingt mille. Enfin, le 13 octobre, environ soixante-dix-mille personnes accourent malgré la pluie.

Tout à coup, le ciel s'éclaircit, le soleil tremble... se secoue... et se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, lançant d'énormes faisceaux lumineux et multicolores. Les nuages, les arbres, les rochers prennent les teintes les plus variées. Pendant que la foule haletante contemple ce saisissant spectacle, les trois enfants voient la Très Sainte Vierge accompagnée cette fois de Jésus et de saint Joseph. Ce prodige inouï dura une douzaine de minutes et fut aperçu distinctement à plus de quatre milles à la ronde.

Ce miracle se réalisait exactement au jour, à l'heure et à l'endroit annoncés, pour exciter les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que la Très Sainte Vierge apportait du Ciel. A Fatima comme à Lourdes, Notre-Dame recommandait la pénitence et la récitation du rosaire. «Si l'on répond à Ma demande de faire pénitence et de prier, la Russie se convertira et vous aurez la paix,» a promis la Vierge Marie. «...Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions à l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» Mais n'oublions pas que Notre-Dame de Fatima a ajouté: «A la fin, Mon Coeur Immaculé triomphera.»

Tiré du Message Marial par F.E.C., édition 1947, p. 82




A la suite de grands troubles qui désolaient l'Angleterre, le PRINCE EDOUARD passa trente-cinq ans de sa vie en exil. Nous avons peu de détails sur cette période de son histoire. Doué d'un caractère doux, ami de la solitude, il se tenait de longues heures au pied des autels, assistait aux offices divins et aimait beaucoup à s'entretenir avec les religieux.

Cependant toute l'Angleterre priait pour obtenir enfin la paix avec un prince légitime. Dieu apparut à un pieux évêque et lui montra, dans une vision, Edouard sacré roi par saint Pierre : « Voilà, lui dit-il, celui qui sera roi par ma faveur ; il sera chéri du Ciel, agréable aux hommes, terrible à ses ennemis, aimable à ses sujets, très utile à l'Église de Dieu. »

A peine établi sur le trône, Edouard s'appliqua à développer dans son âme toutes les vertus d'un prince vraiment chrétien. Délivré, par l'aide de Dieu, de tous les ennemis du dedans et du dehors. Edouard voulut accomplir le vœu qu'il avait fait d'aller à Rome vénérer le tombeau du prince des Apôtres ; mais il dut céder aux instances de ses sujets, qui avaient besoin de sa présence. Le pape le délia de son vœu; le roi, en revanche, fit construire une belle église en l'honneur de saint Pierre.

Edouard est célèbre par son désintéressement et par sa charité envers les pauvres. A trois reprises différentes il vit un des officiers de sa maison mettre la main aux trésors royaux ; la troisième fois, il se contenta de lui dire : « Prenez bien garde qu'on ne vous y surprenne ! » Le trésorier du palais se plaignant au roi de ces vols, celui-ci, comme s'il n'eût rien su, lui dit : « Pourquoi vous plaindre? Celui qui a pris cet argent en avait sans doute plus besoin que nous. ».

Edouard avait promis de ne jamais refuser l'aumône demandée au nom de saint Jean l'Évangéliste ; un jour, un pauvre lui ayant tendu la main au nom de cet apôtre, le roi, dépourvu d'argent, retira de sa main un riche anneau et le lui donna, pour ne pas le faire attendre.

Une autre fois, à la demande d'un pauvre infirme tout perclus, il le prit sur ses épaules et le porta à l'église Saint-Pierre, où il fut guéri. Saint Jean l'Évangéliste se montra un jour à deux pèlerins anglais qui se mettaient en voyage pour les Lieux saints ; il leur remit un anneau en leur disant : « Portez cet anneau au roi ; c'est lui qui me l'a donné un jour que je lui demandai l'aumône en habit de pèlerin ; dites-lui que, dans six mois, je le visiterai et le mènerai avec moi à la suite de l'Agneau sans tache. »

Edouard mourut, en effet, six mois après, laissant tout en larmes son épouse Edithe, avec laquelle il avait toujours gardé la virginité parfaite. C'était le 5 janvier 1066.


Pratique: La sainteté est de tous les états ; ne la cherchez pas au loin, elle est près de vous.

dimanche 12 octobre 2008

12 OCTOBRE - SAINT WILFRID, Evêque d'York

L'an 634, on fait extraordinaire signale la naissance de SAINT WILFRID; la maison de ses parents semble enveloppée dans un incendie; les voisins, effrayés, accourent pour éteindre le feu, mais ils s'aperçoivent avec admiration que le feu s'élance vers le ciel sans rien consumer.

C'est ainsi que brûlera le flambeau du zèle de Wilfrid dans la sainte Eglise de Dieu. — Tout jeune encore, il résolut de se donner au Seigneur. Après un court séjour dans un couvent, s'apercevant que certains usages, contraires à ceux de Rome, s'étaient glissés dans les cérémonies, il se décida à visiter le tombeau des saints Apôtres, afin de bien discerner la vérité au centre même de la lumière.

Wilfrid fut un des premiers Anglo-Saxons qui eurent le bonheur de faire le voyage de Rome, si long et alors si pénible. Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d'imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple. A Rome, son premier soin est de visiter les tombeaux vénérés et de prier, dans les sanctuaires les plus sacrés, pour la conversion entière de sa patrie.

Sa prière est exaucée, car il remplacera lui-même dignement ce grand moine et pontife, nommé Augustin, qui, à la voix de saint Grégoire le Grand, avait porté aux Anglo-Saxons les prémices de la foi. Après un séjour de quelques années dans les Gaules, Wilfrid rentre enfin dans sa patrie, où son dévouement aux usages de Rome lui attire des ennemis et des admirateurs.

Il n'a que trente ans, quand le pieux roi Alfred lui fait accepter l'évêché d'York, dont il ne peut prendre possession que trois ans plus tard. Sous sa houlette, l'Evangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux : les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales, en pierre et en marbre, s'élèvent sur le sol anglo-saxon ; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d'admiration des populations à demi barbares, chez lesquelles l'on ne connaissait encore que les édifices de bois.

L'évêque civilisateur ne se bornait pas à l'organisation matérielle : il réformait les mœurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité. Un jour qu'il donnait la confirmation, une pauvre femme le supplia de ressusciter son enfant mort; Wilfrid, ému de ses larmes, bénit l'enfant et lui rendit la vie.

Incapable de céder à la peur et de manquer à sa conscience, le vaillant pontife est déposé et exilé plusieurs fois ; on lui rend enfin justice, et il achève enfin paisiblement sa carrière agitée, mais féconde, au milieu de son troupeau, le 12 octobre 709.

Pratique:
Conservez la paix du cœur au milieu de toutes les luttes que vous aurez à soutenir pour Dieu.

samedi 11 octobre 2008

11 OCTOBRE - SAINT NICAISE ET SES COMPAGNONS, Martyrs

Suivant la tradition, SAINT NICAISE, dont le nom grec signifie victorieux, vit le jour en Grèce. Quelques historiens de sa vie ajoutent, d'après de très anciens documents, qu'il naquit à Athènes et fut converti, avec le grand saint Denis, par le savant discours de l'apôtre saint Paul devant l'Aréopage.

Après avoir séjourné quelque temps près du grand Apôtre, saint Nicaise, avec saint Denis, travailla en Grèce au salut des âmes, puis s'embarqua avec le même saint pour Rome. Le pape saint Clément les envoya dans les Gaules, avec d'autres missionnaires, pour continuer l'évangélisation de ce pays, commencée avec succès par des envoyés de saint Pierre lui-même.

Tandis que saint Denis fixa son siège à Paris, Nicaise se dirigea vers le pays de Rouen. Mais cette ville, qui le vénère encore aujourd'hui pour son premier pontife, ne devait pas le voir dans ses murs ; car il reçut en route la couronne du martyre. Il emmenait avec lui le prêtre Quirin et le diacre Egobile. Vers Pontoise, les habitants leur promirent d'accepter l'Evangile, s'ils les délivraient d'un dragon qui infestait ce pays. Alors Quirin marcha vers le dragon, le lia sans peine et le conduisit devant le peuple émerveillé; là, le monstre expira, par l'ordre du saint. A cette vue, bon nombre d'idolâtres se convertirent à la foi du Christ, et trois cent dix-huit d'entre eux reçurent le baptême.

Le bruit de ce prodige s'étant répandu dans les pays d'alentour, les conversions se multiplièrent, et les habitants de Meulan, de Mantes, de Monceaux, commencèrent à ouvrir les yeux à la lumière de l'Evangile. Les apôtres chassèrent aussi plusieurs démons qui tourmentaient les habitants de la contrée.

Mais la voix du Ciel les appelait plus loin. Nicaise, Quirin et Egobile reprirent leur marche vers Rouen. A la Roche-Guyon, ils convertirent par leur prédication une noble dame, nommée Pience, et un prêtre des idoles, appelé Clair. Ce dernier était aveugle; ils lui rendirent en même temps la vue de l'âme et celle du corps.

Ce fut le signal de nombreuses conversions. Les prêtres païens s'en émurent; ils conduisirent les trois apôtres au gouverneur, qui peu auparavant avait mis à mort saint Denis et ses compagnons; mais, inaccessibles à tontes les menaces, ils subirent courageusement le martyre.

La légende rapporte de ces trois héros de la foi le même fait qui est raconté de saint Denis ; ils auraient porté leur tête entre leurs mains, après avoir été décapités.

Pratique: Contribuez de tout votre pouvoir à faire connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ, et à le faire aimer.

vendredi 10 octobre 2008

10 OCTOBRE - SAINT FRANCOIS DE BORGIA

SAINT FRANCOIS DE BORGIA vint au monde en Espagne, l'an 1510. A peine put-il articuler quelques mots, que sa pieuse mère lui apprit à prononcer les noms sacrés de Jésus et de Marie. Agé de cinq ans, il retenait avec une merveilleuse mémoire les sermons, le ton, les gestes des prédicateurs, et les répétait dans sa famille avec une onction telle, qu'on présageait pour lui un avenir extraordinaire.

Pourtant sa jeunesse se passa dans le monde, à la cour de Charles-Quint, et dans le métier des armes. Ce n'est pas que sa vie ne fût pure et toute chrétienne, il tenait même peu aux honneurs auxquels l'avaient appelé son grand nom et ses mérites. Il avait vingt-huit ans, quand la vue du cadavre défiguré de l'impératrice Isabelle le frappa tellement, qu'il se dit à lui-même : "François, voilà ce que tu seras bientôt... A quoi te serviront les grandeurs de la terre?... Non, non, je ne veux plus servir de maître que la mort puisse m'enlever. "

Toutefois, cédant aux instances de l'empereur, qui le fit son premier conseiller, il ne quitta le monde qu'à la mort de son épouse, Éléonore de Castro. Il avait trente-six ans; encore dut-il passer quatre ans dans le siècle, afin de pourvoir aux besoins de ses huit enfants.

François de Borgia fut digne de son maître saint Ignace; tout son éloge est dans ce mot. L'humilité fut la vertu dominante de ce prince revêtu de la livrée des pauvres du Christ. A plusieurs reprises, le pape voulut le nommer cardinal ; une première fois il se déroba-par la fuite; une autre fois, saint Ignace conjura le danger. — Étant un jour en voyage avec un vieux religieux, il dut coucher sur la paille avec son compagnon, dans une misérable hôtellerie. Toute la nuit, le vieillard ne fit que tousser et cracher; ce ne fut que le lendemain matin qu'il s'aperçut de ce qui lui était arrivé : il avait couvert de ses crachats le visage et les habits du saint.

Comme il en témoignait un grand chagrin : « Que cela ne vous fasse point de peine, lui dit François, car il n'y avait pas un endroit dans la chambre où il fallût cracher plutôt que sur moi. » Ce trait peint assez un homme aux vertus héroïques. Plus l'humble religieux s'abaissait, plus les honneurs le cherchaient. Celui qui signait toutes ses lettres de ces mots : François, pécheur; celui qui mendiait plus d'une fois son pain, servait les pauvres, ne lisait qu'à genoux les lettres de ses supérieurs, devint le troisième général de la Compagnie de Jésus.

Il mourut à l'âge de soixante-deux ans, après avoir demandé pardon à ses religieux des mauvais exemples qu'il leur avait donnés. C'était le 1er octobre 1572.

Pratique: Retenez, méditez, gravez dans votre cœur la parole évangélique : Celui qui s'abaisse sera élevé.

09 OCTOBRE - SAINT-DENIS, Evêque et ses compagnons, martyrs

Bien qu'une certaine école critique tende à enseigner aujourd'hui que SAINT DENIS, évêque de Paris, n'est pas l'Aréopagite converti à Athènes par saint Paul, mais un évêque du IIIe siècle, la tradition est si formelle et appuyée sur des témoignages si irrécusables, qu'on semble devoir s'y tenir.

Saint Denis, évêque de Paris, au Ier siècle, est bien cet illustre Athénien converti par l'Apôtre des nations. Il sacrifia la gloire, la fortune, l'amitié, tout dans ce monde, pour prêcher l'Évangile. Formé à l'école du grand Apôtre, doué d'une rare intelligence, il devait par sa science, ses écrits, ses vertus, qui lui ont fait donner le nom d'homme céleste et divin, devenir l'une des premières gloires du christianisme naissant.

Après avoir gouverné quelque temps l'église d'Athènes en qualité d'évêque, il prit avec lui le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère, traversa la mer et vint à Rome, où il se présenta au pape saint Clément pour évangéliser les peuples qu'il lui assignerait. Le saint pape l'envoya, avec un groupe de prédicateurs apostoliques, à la conquête spirituelle des Gaules.

Confiant à quelques-uns de ses disciples plusieurs parties de cette vaste contrée, il s'avança jusqu'à Paris, qui alors s'appelait encore Lutèce. Il y entra du côté de la porte Saint-Jacques, avec ses deux premiers compagnons, et parla si éloquemment des mystères du christianisme, qu'il convertit dès l'abord une foule de païens; plusieurs chapelles furent construites, l'Évangile faisait des progrès rapides, quand le démon suscita une terrible persécution contre ce nouveau culte, qui menaçait de tout envahir.

Denis, âgé de plus de cent ans, donna l'exemple de la fermeté dans les supplices, et son courage fortifia celui de sa chrétienté au berceau; ni la prison, ni les fouets, ni le feu, n'ébranlèrent sa constance. Attaché à une croix, il y prêcha le grand mystère de la Rédemption du monde ; enfin, après avoir eu le bonheur de célébrer le saint sacrifice de la messe dans sa prison, devant ses compagnons de supplices, consolé par l'apparition du Sauveur, il eut la tête tranchée, avec une foule de chrétiens, au lieu qui porte le nom de Montmartre, ou Mont des martyrs, vers l'an 117.

Dieu permit qu'après l'exécution son corps se levât de lui-même, pour porter sa tête entre ses mains, à deux lieues de là, au lieu appelé Saint-Denis, en souvenir de ce fait mémorable.

Pratique: Priez souvent les patrons et les apôtres de la France pour qu'ils gardent la foi à notre patrie.

mercredi 8 octobre 2008

08 OCTOBRE - SAINTE BRIGITTE DE SUEDE

SAINTE BRIGITTE naquit en Suède, vers l'an 1302, de famille royale. Sa mère avait été sauvée d'un naufrage en considération de l'enfant qu'elle portait dans son sein. Bien qu'à sa naissance un saint personnage eût reçu de la sainte Vierge l'assurance que cette enfant ferait entendre sa voix dans tout l'univers, Brigitte fut muette jusqu'à l'âge de trois ans; mais, ce temps écoulé, elle parla tout à coup aussi bien qu'une grande personne.

A l'âge de dix ans, elle fut singulièrement touchée d'un sermon sur la passion du Sauveur. La nuit suivante, elle vit le divin Crucifié tout couvert de plaies et de sang, et l'entendit lui dire : « Regarde, ma fille, comme j'ai été traité. — Et qui vous a traité si cruellement? dit-elle. — Ce sont ceux qui me méprisent et sont insensibles à mon amour pour eux. »

A partir de cette époque, la seule pensée des mystères de la Passion faisait toujours couler ses larmes. Une nuit qu'elle était en prière, sa tante, chargée de son éducation après la mort de sa mère, la surprit et voulut la frapper ; mais la verge se rompit entre ses mains. Brigitte, tout enfant, était souvent assaillie par le démon, qui prévoyait en elle une grande ennemie; mais elle trouvait un secours assuré en courant dans sa chambre se jeter aux pieds du crucifix qui lui avait parlé.

Malgré son goût pour la virginité, Brigitte accepta le mariage par obéissance ; elle et le prince, son mari, se préparèrent par un an de prières et de bonnes œuvres aux obligations de cet état. Dieu donna à ces pieux époux huit enfants. Brigitte fut le modèle des mères par sa sollicitude envers sa famille; elle éloignait de sa maison tout ce qui n'y aurait pas apporté l'édification et la vertu : « Après la lecture de la Bible, répétait-elle à ses enfants, n'ayez rien de plus cher que la vie des saints.»

A la mort de son mari, elle s'adonna aux saintes œuvres avec plus de liberté que jamais, apprenant à ses enfants à laver les pieds des pauvres, à soigner les plaies des malades, à soulager toutes les misères. Mais la grande mission de sa vie, Brigitte l'accomplit pendant ses dernières années, qu'elle passa dans la pénitence et la contemplation de Jésus crucifié.

Ses révélations étonnantes ont fait d'elle la merveille de son siècle. C'est à Rome, où elle aimait à séjourner près des tombeaux des saints, que le Sauveur lui fit connaître l'heure de sa mort prochaine; elle rendit le dernier soupir en prononçant avec amour les dernières paroles de Jésus expirant : " Mon Père, je remets mon âme entre vos mains." C'était le 23 juillet 1373.

Pratique: Rappelez-vous la parole de sainte Brigitte : « Vivez de la vie des saints ; formez-vous à leur école. »