mardi 30 décembre 2008

30 DECEMBRE - SAINT ROGER / SAINT SABIN, Evêque et Martyr / LA Bse MARGUERITE COLONNA, Vierge


SAINT ROGER
Evêque
12ème siècle


L'évêque de Cannes était mort quelques années plus tôt, quand les habitants de Barletta, dans les Pouilles italiennes, vinrent piller la cathédrale de Cannes pour emporter des reliques. C'était chose habituelle à l'époque.
Ils rapportèrent de leur expédition un coffre de reliques, le trône épiscopal, des vases sacrés, et le corps de l'Evêque ROGER. L'année suivante, ils durent restituer les objets du vol, sauf le corps de l'évêque que son successeur ne considérait pas comme si précieux. Alors les habitants de Barletta voulurent le rendre précieux.
Ils le canonisèrent et composèrent un office. "Accorde-nous, par ses prières et ses vertus, d'être à jamais préservés de tout mal" dit l'oraison du nouveau saint Roger.



SAINT SABIN

Évêque et Martyr

(+ 303)



On ne connaît ni l'origine ni la jeunesse de SAINT SABIN; mais on sait que, devenu évêque de Spolète, il fut un homme plein de zèle pour la conservation de la foi et que ses exhortations soutinrent le courage des chrétiens, au temps de la persécution de Maximien-Hercule. Ce fut la cause de son arrestation.

On voulut le forcer à adorer une petite statuette de Jupiter; mais il eut le courage de la saisir et de la jeter sur le sol, où elle se brisa. Le tyran lui fit couper les mains. Deux de ses diacres, qui avaient été pris avec lui, furent tourmentés en sa présence sur le chevalet, rompus à coups de bâtons, déchirés avec des ongles de fer et brûlés avec des torches ardentes. Sabin les encouragea jusqu'au dernier moment où ils eurent conquis leur glorieuse couronne.

Dans sa prison, il rendit la vue à un aveugle, ce qui fut la cause de la conversion de quinze païens. Le juge, ayant eu un grave mal des yeux pendant un mois, apprit ce miracle et vint demander soulagement à sa victime. L'évêque lui promit sa guérison, s'il recevait le Baptême avec toute sa famille.

Il le fit, fut aussitôt guéri et donna bientôt généreusement sa vie pour la foi, avec sa femme et ses enfants. Sabin subit l'interrogatoire d'un nouveau juge et expira sous les coups horribles de fouets plombés.



LA BIENHEUREUSE MARGUERITE COLONNA
Vierge

L'Eglise honore, ce même jour, la bienheureuse MARGUERITE COLONNA, fille d'illustre famille, qui, malgré tous les obstacles, voua au Seigneur sa virginité.

En récompense de son courage, la Sainte Vierge lui apparut, et l'exhorta à la persévérance, au milieu des combats qu'elle aurait à livrer contre les hommes et les démons.

Elle demeura encore quelque temps avec sa famille, trouvant tout son bonheur dans la Sainte Communion et dans les longues et fréquentes visites qu'elle faisait au DIEU de L'EUCHARISTIE

Enfin elle résolut de se soustraire aux exigences du monde, auquel elle était encore forcément mêlée ; elle coupa sa magnifique chevelure, ce qui fut pour elle un véritable acte d'héroïsme, et alla s'ensevelir dans un cloître, avec les filles de sainte Claire, après avoir distribué aux pauvres toute sa fortune.

Une maladie grave l'ayant mise dans l'impossibilité d'observer la Règle, elle dut quitter le couvent et se retirer dans une petite solitude, d'où elle ne sortait que pour demander de porte en porte de quoi venir en aide aux pauvres pour lesquels elle s'était dépouillée.

Les sept dernières années de sa vie furent éprouvées par de grandes souffrances, qu'elle supporta avec une héroïque patience. Elle alla recevoir sa récompense le 17 décembre 1284.

Pratique.
Aimez à répéter cette belle invocation : Où que je vive, où que je meure, je suis à JESUS mon SAUVEUR.

dimanche 28 décembre 2008

29 DECEMBRE - SAINT THOMAS BECKET, Archevêque de Cantorbéry, Martyr

SAINT THOMAS DE CANTORBERY, par le courage indomptable avec lequel il défendit les droits de l'Église contre les prétentions sacrilèges de son prince, est devenu l'un des plus célèbres évêques honorés du nom de Saints et de martyrs. Il était né à Londres, en 1117.

Dès sa jeunesse, il fut élevé aux plus hautes charges de la magistrature ; mais l'injustice des hommes détacha du monde ce cœur plein de droiture et de sincérité, et Thomas entra dans l'état ecclésiastique.

Là encore son mérite l'éleva aux honneurs, et le roi Henri II le nomma son chancelier. Il ne fit que croître en vertu. Il donnait le jour aux affaires et passait la meilleure partie de la nuit en oraison ; il ne prenait un peu de sommeil que sur la dure et se donnait souvent la discipline. On peut dire qu'il n'était que le distributeur de ses immenses revenus : les familles ruinées, les malades abandonnés, les prisonniers, les monastères pauvres, en avaient la meilleure part.

A quarante-quatre ans, le roi l'obligea d'accepter l'archevêché de Cantorbéry, le premier d'Angleterre. Thomas eut beau dire au prince, pour le dissuader, qu'il s'en repentirait bientôt : celui-ci persista, et le chancelier reçut le sacerdoce (car il n'était encore que diacre) et l'onction épiscopale.

Il se fit dès lors le modèle de son troupeau, et sa sainteté s'accrut en raison de la sublimité de ses fonctions. On ne le voyait jamais dire la sainte messe, sinon les yeux baignés de larmes ; en récitant le Confiteor, il poussait autant de soupirs qu'il prononçait de mots. Il servait les pauvres à table trois fois par jour; à la première table, il y avait treize pauvres; à la seconde, douze; à la troisième, cent.

Thomas avait bien prévu: les exigences injustes du roi par rapport à la juridiction ecclésiastique obligèrent l'archevêque à défendre avec fermeté les droits et les privilèges de l'Église. Henri II, mal conseillé et furieux de voir un évêque lui résister, exerça contre Thomas une persécution à outrance. Le pontife, abandonné par les évêques d'Angleterre, cherche un refuge en France. Il rentre bientôt en son pays, avec la conviction arrêtée qu'il allait y chercher la mort; mais il était prêt.

Un jour les émissaires du roi se présentèrent dans l'église où Thomas priait; il les vit et ne trembla pas, et, refusant de fuir, il fut assommé si brutalement, que sa tête se brisa et sa cervelle se répandit sur le pavé du sanctuaire. C'est à genoux qu'il reçût le coup de la mort.

Il employa ce qui lui restait de force pour dire tout bas : « Je meurs volontiers pour le nom de JESUS et pour la défense de l'Eglise. » C'était le 29 décembre 1170.

Pratique: Retenez la dernière parole du martyr : « Je meurs volontiers pour le nom de JESUS et pour la défense de l'Église. »

28 DECEMBRE - LES SAINTS INNOCENTS

DIEU permit le massacre des SAINTS INNOCENTS pour faire d'eux les prémices de la rédemption de JESUS-CHRIST. C'est la jalousie et la crainte qui poussèrent Hérode à commettre un crime inouï peut-être dans l'histoire; il en fut châtié d'une manière terrible, car il mourut dans le désespoir et dévoré tout vivant par les vers.

Saint Augustin nous a dépeint le saisissant tableau de cette horrible boucherie : "
Les mères s'arrachaient les cheveux; elles voulaient cacher leurs petits enfants, mais ces tendres créatures se trahissaient elles-mêmes; elles ne savaient pas se taire, n'ayant pas appris à craindre."

C'était un combat entre la mère et le bourreau; l'un saisissait violemment sa proie, l'autre la retenait avec effort. La mère disait au bourreau : « Moi, te livrer mon enfant ! Mes entrailles lui ont donné la vie, et tu veux le briser contre la terre! » Une autre mère s'écriait : « Cruel, s'il y a une coupable, c'est moi! Ou bien épargne mon fils, ou bien tue-moi avec lui! » Une voix se faisait entendre : « Qui cherchez-vous ? Vous tuez une multitude d'enfants pour vous débarrasser d'un seul, et celui que vous cherchez vous échappe ! »

Et tandis que les cris des femmes formaient un mélange confus, le sacrifice des petits enfants était agréé du ciel. Saint Jean, dans son Apocalypse, nous montre les saints Innocents entourant le trône de l'AGNEAU parce qu'ils sont purs, et le suivant partout où il va. « Demanderez-vous, dit saint Bernard, pour quels mérites ces enfants ont été couronnés de la main de DIEU?


Demandez plutôt à Hérode pour quels crimes ils ont été cruellement massacrés. La bonté du SAUVEUR sera-t-elle vaincue par la barbarie d'un Hérode? Ce roi impie a pu mettre à mort des enfants innocents, et JESUS-CHRIST ne pourrait pas donner la vie éternelle à ceux qui ne sont morts qu'à cause de lui?

Les yeux de l'homme ou de l'ange ne découvrent aucun mérite dans ces tendres créatures ; mais la grâce divine s'est plu à les enrichir. » Aussi l'Église a-t-elle établi, au plus tard dès le second siècle, une fête en l'honneur des
saints Innocents.

Quelles leçons nous donne le mystère de ce jour? Le couronnement des saints Innocents nous montre combien JESUS aime l'enfance et les vertus symbolisées par l'enfance, l'humilité, l'innocence, la douceur. N'a-t-il pas dit, dans l'Évangile, qu'il faut devenir semblable aux petits enfants, pour entrer dans le royaume du ciel?

A l'exemple de son Maître, l'Eglise aime les enfants, et dit, elle aussi, à travers les générations :
"Laissez Venir à moi les tout-petits enfants!".

Pratique: Veillez à ne scandaliser en rien les enfants; portez-les à DIEU dès leur plus bas âge.

vendredi 26 décembre 2008

27 DECEMBRE - SAINT JEAN, Apôtre et Evangéliste

Dans l'Évangile et au sein du collège apostolique, SAINT JEAN occupe une place de choix. Représentant l'amour, il marche à côté de Pierre, qui symbolise la doctrine.

JESUS semble avoir réservé à cet apôtre les plus tendres effusions de son cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean, dont l'âme était pure et virginale, pouvait rendre amour pour amour au divin Maître. Le SAUVEUR prit plaisir à multiplier les occasions de témoigner envers son cher disciple une prédilection singulière : Il le fit témoin de la résurrection de la fille de Jaïre ; Il lui montra sa gloire sur le Thabor, au jour de sa transfiguration merveilleuse ; mais surtout la veille de sa Passion, à la dernière cène, Il lui permit de reposer doucement la tête sur son Cœur divin, où il puisa cette charité et cette science des choses de DIEU, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Évangile.

Une des gloires de saint Jean fut d'être le seul, parmi les apôtres, fidèle à JESUS dans ses souffrances ; il Le suivit de l'agonie au Calvaire ; il accompagna dans ces douloureux instants la Mère du SAUVEUR. JESUS, ayant vu sa Mère au pied de la croix, abîmée dans sa tristesse, et près d'elle saint Jean, Il dit à Marie : Femme, voilà votre fils ! » Ensuite Il dit au disciple : « Voilà votre Mère ! »

L'Apôtre, en cette circonstance, nous disent les saints docteurs, représentait l'humanité tout entière, et en ce moment solennel Marie devenait la Mère de tous les hommes, et les hommes recevaient le droit de s'appeler les enfants de Marie. II était juste que saint Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la Résurrection.

Le jour où le SAUVEUR apparut sur le rivage du lac de Génésareth, pendant que les disciples étaient à la pêche, saint Jean fut le seul à Le reconnaître. « C'est le SEIGNEUR, » dit-il à saint Pierre. Jean était donc bien, tout l'Évangile le prouve, le disciple que JESUS aimait, et Il l'aimait parce qu'il était vierge.

Après l'Ascension et la Pentecôte, il ne s'éloigna pas de Jérusalem aussi promptement que les autres apôtres; il vivait dans sa maison du mont Sion, en compagnie de Marie, célébrait devant elle le Saint Sacrifice et lui donnait chaque matin la Sainte Communion.

L'Apôtre de la charité vécut environ cent ans. Son martyre, son apostolat, sa vieillesse, sont racontés à la fête du 6 mai : Saint Jean devant la porte Latine.

Pratique:
Croissez chaque jour en la connaissance et en l'amour de JESUS-CHRIST; plus vous en connaîtrez, plus vous L'aimerez?

26 DECEMBRE - SAINT ETIENNE, Premier Martyr

SAINT ÉTIENNE

Premier Martyr

(+ 35)

On ignore si SAINT ETIENNE fut disciple de JESUS-CHRIST ou s'il fut converti par les prédications des apôtres ; mais il est certain qu'il se fit promptement remarquer par ses vertus et mérita d'être le chef des sept diacres élus par les apôtres pour les aider dans les fonctions secondaires de leur ministère.

Le récit de son élection, de sa prédication et de son martyre, fait par saint Luc, dans les Actes des Apôtres, lui attribue cinq plénitudes. Il était plein de foi, parce qu'il croyait fermement tous les mystères et qu'il avait une grâce spéciale pour les expliquer. Il était plein de sagesse, et nul ne pouvait résister aux paroles qui sortaient de sa bouche. Il était plein de grâce, montrant dans tous ses actes une ferveur toute céleste et un parfait amour de DIEU. Il était plein de force, comme son martyre en fut la preuve éloquente. Enfin il était plein du SAINT-ESPRIT, qu'il avait reçu au cénacle ou par l'imposition des mains des Apôtres.

Tant de vertus ne tardèrent pas à produire dans Jérusalem d'abondants fruits de salut. Etienne, élevé à l'école de Gamaliel, dans toute la science des Juifs, avait même une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie ; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple.

Etienne
fut traîné devant le conseil, répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. A ce moment, le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance.

Afin de rendre leur conduite plus coupable, DIEU fit un nouveau miracle, le ciel s'entr'ouvrit et le saint, levant les yeux au ciel, s'écria avec ravissement : « Je vois les cieux ouverts et le FILS de L'Homme debout à la droite de DIEU. » A ces mots, ses ennemis ne se contiennent plus ; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur.

Etienne, calme et souriant, invoquait DIEU et disait : "SEIGNEUR, recevez mon esprit!... SEIGNEUR, ne leur imputez point ce péché." Saül, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux.

"Si Etienne n'avait pas prié, dit saint Augustin, nous n'aurions pas eu saint Paul." Saint Etienne est regardé avec raison comme le premier patron et le parfait modèle des diacres.

Pratique: Aimez vos ennemis ; priez pour vos persécuteurs et vos calomniateurs, en vous humiliant : Ils sont des instruments dont DIEU Se sert pour votre sanctification et votre glorification.

jeudi 25 décembre 2008

25 DECEMBRE - NOEL ! NOEL ! NOEL!

NOEL! NOEL! Tel était le cri de joie de nos pères à cette époque où la foi régnait vive et ardente au cœur des familles, des institutions et de la société entière. Ce cri s'est bien affaibli de nos jours, où la naïveté de la foi tend à disparaître de plus en plus. Cependant la fête de Noël est encore, de toutes les fêtes chrétiennes, peut-être la plus aimée et la plus populaire.

DIEU Se sert des événements en apparence les plus indifférents pour parvenir à Ses fins. Marie habitait Nazareth, et les prophètes annonçaient que le MESSIE devait naître à Bethlehem. Mais voici qu'un édit de César-Auguste ordonne à tous les habitants de la Judée d'aller, à une époque déterminée, se faire enregistrer dans leur ville natale.

Bethlehem était le lieu de la naissance de Joseph ; c'est donc là que se dirigèrent les saints époux ; c'est là, conformément à l'annonce des prophètes, que JESUS va faire son apparition dans ce monde. Quelle naissance pour un DIEU ! Joseph cherche une hôtellerie, mais il n'y en a point pour des gens si pauvres ; on les rebute, on les dédaigne, et ils sont contraints de chercher asile dans une étable isolée.

C'est là, au milieu de la nuit, que donMarie ne miraculeusement naissance à JESUS ; c'est là que le doux SAUVEUR reçoit les premières adorations, là qu'on lui prodigue les premiers baisers et les premières caresses, là qu'il verse ses premières larmes ! Marie prend l'Enfant dans ses bras, le couvre de pauvres langes et le couche doucement dans une froide crèche. Ô premiers instants que Marie et Joseph passèrent aux pieds de JESUS, comme vous fûtes pour eux précieux et pleins de charmes !

Puissions-nous goûter un peu de cette joie et de ces charmes en allant visiter dans notre église la représentation d'un si grand mystère ! Les joies de la terre sont fugitives ; la joie de Marie et de Joseph près de JESUS ne fait que s'accroître à mesure qu'ils voient l'humble berceau entouré de merveilles. JESUS est né, et voici que les cieux retentissent de chants d'allégresse ; les anges entonnent à l'envi le cantique du triomphe : « Gloire à DIEU au plus haut des cieux ! » le cantique de la paix : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !"

JESUS est né, et aussitôt de pauvres bergers, avertis par les anges, vont adorer dans ce petit enfant le REDEMPTEUR d'Israël. JESUS est né, et bientôt les princes de l'Orient, conduits par une étoile, apportent leurs hommages à ses pieds. Saluons Noël avec allégresse quand il revient clore nos années si souvent assombries par les tristesses de la vie ! Saluons Noël, aurore de la paix et du salut.

Pratique: Appliquez-vous à acquérir et à développer en vous les vertus dont JESUS vous donne l'exemple dans sa naissance : l'humilité, le détachement, l'esprit de pauvreté.

25 DECEMBRE - LA NATIVITE DE NOTRE SEIGNEUR





















24 DECEMBRE - SAINT DELPHIN, Evêque / SAINTES TARSILLE et EMILIENNE


On ne sait rien de SAINT DELPHIN avant son épiscopat. Il se montra plein de zèle contre les hérétiques. C'est lui qui baptisa saint Paulin après sa conversion au christianisme, et l'on voit Paulin lui écrire des lettres où il l'honore comme un père dévoué et un maître d'une haute sagesse. Il mourut le 24 décembre 403.

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SAINTES TARSILLE et EMILIENNE

TARSILLE et EMILIENNE étaient deux tantes paternelles de saint Grégoire le Grand, et c'est ce saint pape qui nous raconte leur touchante histoire. Elles renoncèrent ensemble au monde, ensemble consacrèrent à DIEU leur virginité, et demeurèrent dans leur maison comme dans un couvent.

Elles avaient une sœur nommée Gordienne, qui avait pris les mêmes engagements, mais était retombée peu à peu, au grand chagrin de Tarsille et d'Emilienne, dans l'amour du siècle. Elles la reprenaient avec douceur, mais l'esprit inconstant de Gordienne oubliait bien vite leurs charitables leçons.

Tarsille, étant la plus assidue à l'oraison, la plus généreuse dans les voies de la mortification, arriva bientôt à un éminent degré de sainteté. Elle eut un jour une vision, où saint Félix, son aïeul, lui apparut et, lui montrant un palais d'une splendeur merveilleuse, lui dit : « Venez avec moi dans ce lieu de lumière. »

Le lendemain elle fut saisie d'une fièvre qui la conduisit en peu de temps au tombeau. A l'heure de son agonie elle éleva tout à coup la voix et dit à ceux qui entouraient sa couche : "Retirez-vous et faites place; je vois JESUS qui vient à moi." Et tandis qu'elle fixait l'objet de sa vision, son âme fut délivrée des liens du corps. L'odeur dont la chambre fut remplie confirma la vision que la vierge avait eue avant de mourir.

Quand on lava son corps, avant de l'ensevelir, on remarqua que ses genoux et ses coudes étaient recouverts d'une croûte épaisse et dure, témoignage de ses longues prières. Peu de jours après, Tarsille apparut à Emilienne et lui dit : « Ma sœur, Tenez, je n'ai point célébré avec vous la naissance du SEIGNEUR, mais nous ferons ensemble la fête de l'Epiphanie. — Si vous m'appelez seule, répondit Emilienne, que deviendra notre sœur Gordienne? — Venez, vous dis-je, reprit Tarsille avec tristesse; Gordienne est décidée à rester avec les mondains. »

Après cette vision, Émilienne tomba malade et mourut avant la fête de l'Epiphanie. Saint Grégoire rappelle, à propos des trois sœurs, que celui-là seul qui aura persévéré sera sauvé, et que rien ne sert de commencer, si l'on n'achève l'œuvre de son salut.

La vertu demande des sacrifices ; ceux qui manquent de courage pour les accomplir sont bien à plaindre! Qu'il est triste de penser que, dans les mêmes familles, il y aura des élus et des réprouvés.

Pratique: Craignez le relâchement et l'abus des grâces de DIEU.

mardi 23 décembre 2008

23 DECEMBRE - SAINT JEAN DE KENTI, Prêtre / SAINT SERVULE, Infirme et Mendiant


SAINT JEAN de KENTY
Prêtre
(1397-1473)


SAINT JEAN DE KENTI naquit en Pologne, et dut, aux soins que prirent ses pieux parents de lui donner une bonne éducation, l'avantage précieux de passer sa vie dans l'innocence.

Ses études terminées, il fut professeur à l'université de Cracovie pendant plusieurs années et tout en enseignant la science, il profitait de toutes les occasions d'inspirer à ses élèves, par ses exemples et par ses discours, les sentiments de piété dont il était pénétré lui-même.

Ordonné prêtre, il montra un zèle de plus en plus ardent pour sa perfection et pour la gloire de DIEU; il était profondément affligé de voir DIEU si peu connu et si mal servi par un grand nombre de chrétiens. Il avait une très grande dévotion à JESUS crucifié, et l'on raconte qu'un crucifix, devant lequel il priait souvent, lui parla plusieurs fois.

Ayant quitté le professorat pour une cure, il se donna tout entier au bien de son troupeau. Rien ne lui paraissait trop pénible pour le salut des âmes ; il joignait à la prédication la prière assidue et la mortification pour les pécheurs.

Père de ses paroissiens, il dépensait toutes ses ressources au service des pauvres ; il donna parfois jusqu'à ses habits et à ses chaussures. Un matin qu'il se rendait à l'église, Jean rencontre un mendiant couché sur la neige, grelottant de froid ; le bon pasteur se dépouille de son manteau, le conduit au presbytère pour le soigner et le comble de ses bontés. Peu après, la Sainte Vierge lui apparut, et lui rendit le manteau qu'il avait donné au malheureux.

Épouvanté par les responsabilités du ministère paroissial, le saint curé obtint de son évêque de redevenir professeur ; il se signala de plus en plus dans ces fonctions par sa mortification et sa piété. Depuis son élévation au grade de docteur en théologie, il renonça pour le reste de sa vie à l'usage de la viande.

Un jour qu'il était vivement tenté d'en manger, il en fit rôtir un morceau, le plaça tout brûlant sur ses membres et dit : «Ô chair, tu aimes la chair, jouis-en à ton aise. » II fut délivré sur le coup de cette tentation pour toujours. On raconte que, dans un de ses pèlerinages à Rome, il fut dévalisé par des brigands : "Avez-vous encore autre chose? lui dirent-ils. — Non." répondit Jean. Ils le laissèrent partir; mais, se souvenant bientôt qu'il avait quelques pièces d'or cousues en son vêtement, il courut après eux pour les leur offrir. Confus, ils lui rendirent tout ce qu'ils lui avaient pris.

Jean de Kenti, illustre par ses miracles, s'endormit dans le SEIGNEUR le 24 décembre 1473.

Pratique:
Opérez votre salut avec crainte; défiez-vous de vous-même.
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SAINT SERVULE
Infirme et Mendiant
(+ 570)

SAINT SERVULE fut un parfait modèle de soumission à la volonté divine; il serait difficile d'en présenter un plus consolant aux personnes affligées par la pauvreté, les maladies et les autres misères de la vie.

C'est saint Grégoire le Grand qui nous raconte son édifiante histoire : «Nous avons vu, dit-il, sous le portique qui mène à l'église Saint-Clément, un pauvre homme nommé Servule, que tout le monde à Rome a connu comme nous. Il était privé de tous les biens de ce monde ; une longue maladie l'avait réduit à un état pitoyable : depuis sa jeunesse, il était paralysé de tous ses membres.

Non seulement il ne pouvait se tenir debout, mais il était incapable de se soulever de son lit; il ne pouvait ni s'asseoir, ni se tourner d'un côté ou d'un autre, ni porter la main à sa bouche. Rien en lui n'était sain que les yeux, les oreilles, la langue, l'estomac et les entrailles.

Cet infortuné, instruit des mystères de la religion, méditait sans cesse sur les souffrances du SAUVEUR; aussi ne se plaignait-il jamais. Il était environné des soins de sa mère et de son frère. Ni la mère ni les enfants n'avaient jamais fait aucune étude ; cependant le paralytique s'était fait acheter des livres pieux, en particulier les psaumes et les saints Évangiles ; et il demandait aux religieux qui venaient le visiter sur son grabat de lui en faire des lectures.

Il apprit ainsi par cœur les psaumes et les évangiles ; il passait les jours et une partie des nuits à les chanter, à les réciter, à les méditer, et sans cesse il remerciait le SEIGNEUR de l'avoir pris pour une victime associée aux douleurs et aux souffrances de JESUS-CHRIST. Beaucoup d'aumônes affluaient à la cabane du paralytique, en sorte qu'il se trouvait véritablement riche en sa pauvreté.

Aussi pouvait-il, à son tour, faire des aumônes. Après avoir prélevé ce qui était rigoureusement nécessaire à sa subsistance et à celle de sa mère, il donnait tout le reste aux indigents, qui se rassemblaient souvent près de lui pour s'édifier de sa parole et de ses vertus. Son lit de douleur était une chaire de prédication d'où il convertissait les âmes.

Quand le temps fixé par DIEU pour récompenser sa patience et mettre un terme à sa douloureuse vie fut arrivé, Servule sentit la paralysie attaquer les parties vitales de son corps, et il se prépara à la mort. Au dernier moment, il pria les assistants de réciter les psaumes avec lui. Tout à coup il poussa un grand cri : « Ah ! N'entendez-vous pas cette mélodie qui résonne dans le ciel !»

A ce moment son âme s'échappa de son corps, lequel répandit, jusqu'au temps de sa sépulture, une odeur merveilleuse. — Admirons la bonté de DIEU, qui a voulu donner des modèles aux hommes pour toutes les situations de la vie. Les mendiants, les infirmes, ont eux-mêmes leurs admirables modèles et leurs saints protecteurs.

Pratique: Supportez avec résignation les maladies et toutes les épreuves corporelles.

lundi 22 décembre 2008

22 DECEMBRE - SAINT ISKYRION, Martyr / BSE MARIE MANCINI / SAINTE FRANCOISE-XAVIERE CABRINI

SAINT ISKYRION fut martyr en Egypte, l'an 253, sous la persécution de l'empereur Dèce. Il servait un officier en qualité d'homme d'affaires; son maître apprenant qu'il était chrétien, voulut le forcer à sacrifier.

Mais le chrétien, qui avait appris à être juste envers les hommes, savait aussi ce qu'il devait à DIEU Après divers mauvais traitements, son cruel bourreau lui enfonça dans les entrailles un pieu aiguisé que, dans sa fureur, il trouva sons sa main.


LA BIENHEUREUSE MARIE MANCINI
(+ 1431)


CATHERINE MANCINI fille d'une haute famille de Pise, étant encore au berceau, vit son Ange gardien et en reçut un avertissement qui préserva ses jours. Quelques temps après, elle en eut une seconde visite, et dès lors il s'établit entre l'âme virginale de l'enfant et l'esprit bienheureux un mystérieux échange de prières et de grâces. C'est à cette école que Catherine apprit les secrets de l'amour divin.

Elle eût désiré n'être épouse que de JESUS-CHRIST, elle fut obligée au mariage par son père; mais elle perdit en peu de temps son mari et deux petits enfants. Contrainte à une seconde alliance, Catherine, malgré son attrait pour la vie religieuse, obéit de nouveau. DIEU saura tirer Sa gloire de son obéissance et purifier cette âme d'élite par le sacrifice.

En quelques années, elle fut entourée d'une nombreuse famille. Au milieu des occupations, des fatigues, des peines que lui donnaient le soin de sa maison et l'éducation de ses enfants, elle sut, par un emploi actif et minutieux de tous ses instants, trouver le loisir de s'entretenir avec DIEU dans la plus haute contemplation.

Sa charité était inépuisable; jamais un pauvre ne frappait en vain à sa porte. Elle se plaisait surtout à soulager les malades, à panser leurs plaies, à leur distribuer, avec des aumônes, des paroles de paix et de consolation.

DIEU l'éprouva encore par les pertes bien douloureuses de ses six enfants et de son époux lui-même. Elle rejeta dès lors toute alliance terrestre, fit vœu de jeûner quatre fois la semaine, de prendre chaque jour une rude discipline, et de ne se permettre un léger repos que sur un lit de planches.

Bientôt même elle quitta le monde pour entrer au cloître, dans l'Ordre des Sœurs de Saint-Dominique. Désormais elle s'appellera sœur Marie. Là elle se distingue par d'héroïques excès de pénitence, qui lui méritent des visions célestes, et par un zèle admirable pour la délivrance des âmes du purgatoire.

Pratique. Invoquez souvent votre ange gardien; qu'il soit habituellement présent à votre souvenir. Quoi de plus doux et de plus salutaire que la compagnie des Anges ?

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SAINTE FRANÇOISE-XAVIER CABRINI
Fondatrice des Soeurs Missionnaires du Sacré-Coeur
(1850-1917)

Née à Santangelo, près de Lodi, en Lombardie, treizième enfant d'une famille de cultivateurs, la petite MARIE-FRANCOISE, de santé si frêle, ne semblait guère vouée à traverser trente fois l'océan et à établir des fondations qui essaimeraient jusqu'en Australie et en Chine.

FRANCOISE CABRINI embrassa la profession d'institutrice. Plusieurs tentatives pour se faire religieuse échouèrent à cause de sa santé précaire. Elle désirait aussi ardemment devenir missionnaire. Le curé de Codogno qui connaissait sa force d'âme, la fit venir à l'âge de vingt-quatre ans dans la Maison de la Providence pour remettre de l'ordre dans ce couvent où quelques orphelines recevaient leur formation. Un jour, l'évêque de Lodi dit à Françoise: «Je sais que vous voulez être missionnaire. Je ne connais pas d'institution qui réponde à votre désir. Fondez-en une!»

Soeur Cabrini réfléchit un instant et répondit fermement: «Je chercherai une maison.» Elle posa à Codogno les bases de l'Institut des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur. La prière était l'âme de leur action; l'oraison remplissait quatre heures du jour, une cinquième s'ajoutait pour la fondatrice qui se levait une heure plus tôt que ses sœurs.

En sept ans, Mère Cabrini accomplit l'objectif désiré: l'établissement de sa congrégation à Rome et son approbation par le souverain pontife Léon XIII. De Rome, son institut s'étendit rapidement. La Sainte croyait que la Chine l'appelait, mais le pape lui demanda d'envoyer ses sœurs en Amérique pour aider les cinquante mille émigrés italiens qui attendaient un support matériel, spirituel et moral.

Le Saint-Père lui dit: «Non pas l'est, mais l'ouest. Allez aux Etats-Unis où vous trouverez un large champ d'apostolat.» En effet, sans racines et sans foyer, les émigrés dépérissaient sur le plan religieux et social.

Sainte Françoise Cabrini arriva en Amérique le 31 mars 1889. Sa communauté prit bientôt un développement extraordinaire: hôpitaux, écoles, orphelinats surgirent à New-York, Brooklyn, Scranton, New Jersey, Philadelphia, New Orléans, Chicago, Denver, Seattle et Californie.

Elle fonda une école supérieure féminine à Buenos-Aires. Cette vaillante ouvrière de l'Évangile se dépensa aussi en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Au retour de ses voyages en Europe, Mère Cabrini ramenait des milliers de sœurs pour ses hôpitaux, ses écoles et ses orphelinats.

«Travaillons, travaillons, disait-elle toujours à ses Filles, car nous avons une éternité pour nous reposer. Travaillons simplement et bien, et le SEIGNEUR est Celui qui fera tout.»

Elle établit soixante-sept maisons en huit pays. Humble devant la prospérité de son œuvre, elle répondait aux témoignages d'admiration: «Est-ce nous qui faisons cela ou bien est-ce notre SEIGNEUR?» Son inébranlable confiance dans le Cœur de JESUS fut largement récompensée.

Celle qui s'était souvent écrié: «Ou aimer ou mourir!» fit de sa mort un acte de pur amour de DIEU. Elle expira le 22 décembre 1917, à Chicago, dans l'état d'Illinois. Son corps fut transporté à New-York, dans la chapelle de l'école qui porte son nom.

C'est là que ses restes sont encore vénérés. Le 7 juillet 1946, le pape Pie XII a canonisé cette dévouée servante du CHRIST dans Ses membres souffrants et abandonnés. Il l'a aussi constituée la patronne céleste de tous les immigrants.
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21 DECEMBRE - SANT THOMAS, Apôtre


SAINT THOMAS était probablement originaire d'une pauvre famille de Galilée. Il était dépourvu de connaissances humaines, mais d'un esprit réfléchi et d'une volonté ferme jusqu'à l'obstination; d'autre part, il avait du cœur et du dévouement.

Ces deux caractères de sa physionomie paraissent en deux paroles que l'Évangile cite de lui. Peu avant sa Passion, JESUS veut retourner en Judée ; les apôtres lui rappellent les menaces de ses ennemis. Thomas seul s'écrie : « Eh bien ! Allons et mourons avec Lui ! »

Voilà le dévouement du cœur de l'apôtre. Après sa résurrection, le SAUVEUR était apparu à plusieurs de Ses disciples, en l'absence de Thomas. Quand, à son retour, on lui raconta cette apparition, il fut si étonné d'une telle merveille, qu'il en douta et dit vivement : « Je ne le croirai pas avant d'avoir mis mes doigts dans Ses plaies. » Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur.

Mais son premier mouvement d'hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime, et le bon SAUVEUR répondit à son défi. Que fit alors Thomas? Nous le savons ; un cri du cœur s'échappa de ses lèvres : « Mon SEIGNEUR et mon DIEU ! » DIEU permit l'hésitation de cet apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de JESUS-CHRIST.

Saint Augustin attribue à saint Thomas, parmi les douze articles du Symbole, celui qui concerne la Résurrection. — Quand les apôtres se partagèrent le monde, le pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu'il rencontra les mages, les premiers adorateurs de JESUS parmi les Gentils, qu'il les instruisit, leur donna le baptême et les associa à son ministère.

Partout, sur son passage, l'apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques. Quand, au XVIe siècle, les Européens s'emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de saint Thomas.

Un miracle de l'apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n'avaient pu remuer, fut l'occasion d'innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l'apôtre ; il fut percé d'une lance devant une croix où il priait, et on l'accabla de pierres et de flèches.

Remarquons, pour notre encouragement et notre consolation, la parole que le SAUVEUR adresse à saint Thomas après avoir éclairé ses doutes : "Bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru! ". Heureux sommes-nous donc, si nous croyons d'une foi simple, prompte et entière tous les mystères de la religion. Nous trouverons dans cette foi, avec le repos de notre esprit dans cette vie, une source de mérites pour l'éternité.

Pratique. Estimez-vous heureux de croire, et agissez vaillamment selon votre foi.

samedi 20 décembre 2008

20 DECEMBRE - SAINT PHILOGONE / SAINT DOMINIQUE DE SILOS, Abbé

SAINT PHILOGONE brilla d'abord dans le monde et se distingua dans l'éloquence du barreau. Comme il joignait à de grands talents une vie exemplaire, on l'appela, malgré ses résistances, au siège patriarcal d'Antioche.
L'état florissant de cette Église pendant son épiscopat est une preuve de son zèle et de la sagesse de son gouvernement. Saint Jean Chrysostome fait de lui les plus grands éloges ; il mourut l'an 323.

SAINT DOMINIQUE DE SILOS
Abbé

SAINT DOMINIQUE
surnommé de Silos, à cause de son long séjour dans le monastère de ce nom, était de la souche des anciens rois de Navarre; il naquit au commencement du XIe siècle.

Il se mit à l'étude, n'ayant guère pour maître que l'Esprit-Saint. Devenu prêtre, il resta d'abord dans la maison de ses parents, puis bientôt entra dans un monastère de l'ordre de Saint-Benoît, où il brilla au premier rang par sa sainteté.

Dominique vint à Silos en 4040. Ce monastère était bien déchu de sa gloire et de sa ferveur passées.

Le moine Licinien, qui gémissait de cet état de choses, disait la sainte messe quand Dominique entra dans l'église; par une permission de Dieu, lorsque, au moment de l'offertoire, il se tourna vers le peuple pour chanter : Dominus vobiscum, il chanta : Voici le restaurateur qui vient ! et le chœur répondit : C'est le SEIGNEUR qui l'a envoyé!

L'oracle ne tarda pas à se vérifier. La charité du saint ne se concentrait point dans son monastère, qui vit bientôt luire une ère de prospérité qu'il n'avait jamais connue; mais elle s'étendait à tous les affligés.

Le don des miracles attirait au couvent des aveugles, des malades, des boiteux, et il les guérissait par centaines, comme le prouvent encore aujourd'hui les ex-voto de la chapelle où sont gardées ses reliques. Les guirlandes de chaînes, de boulets, de fers, suspendues aux voûtes, attestent sa charité spéciale pour les pauvres chrétiens captifs des Maures d'Espagne; il allait les consoler et payait leur rançon, préludant ainsi à l'œuvre de Notre-Dame-de-la-Merci.

Après de longues années de bonnes œuvres, Dominique sentit approcher le moment de la récompense, il en fut même averti par la sainte Vierge : « J'ai passé toute la nuit avec la Reine des Anges, dit-il un jour à ses religieux; elle m'a invité à me rendre près d'elle dans trois jours; je vais donc aller bientôt au céleste festin où elle me convie. »

II fut, en effet, malade trois jours; ses frères virent son âme monter glorieuse au Ciel, le 20 décembre 1073.

C'est à son tombeau que la mère de saint Dominique de Guzman obtint la naissance de son fils.

Pratique: Ne vous ménagez pas pour le bien ; tout sera compté pour le ciel.

jeudi 18 décembre 2008

19 DECEMBRE - SAINT NEMESION / SAINT URBAIN, Pape / SAINTS MARTYRS du Vietnam

NEMESION était un fervent chrétien d'Alexandrie. Il fut arrêté vers l'an 250, comme coupable de vol; mais il lui fut facile de prouver son innocence. Ses ennemis l'accusèrent alors d'être chrétien ; il confessa généreusement sa foi et fut battu bien plus cruellement que les voleurs ; brûlé enfin avec quelques criminels, il se réjouit de trouver en ce supplice le moyen d'imiter son divin Maître.


LE BIENHEUREUX URBAIN V
PAPE
1362 à 1370 (+ 1370)

Le bienheureux URBAIN V, de son nom de famille GUILLAUME DE GRIMORAD, naquit en 1310, au château de Grisac, près de Mende, sur un sommet des Cévennes.

Il gravit rapidement les degrés successifs de l'échelle des lettres et des sciences. La vie religieuse s'offrit alors à lui comme l'idéal qui répondait le mieux aux tendances de son esprit et aux besoins de son cœur.

Il alla frapper à la porte de l'abbaye de Saint-Victor, près de Marseille, et, à l'ombre paisible du cloître, il s'éleva chaque jour de vertu en vertu. On remarquait particulièrement en lui une tendre dévotion pour la Sainte Vierge.

La profession religieuse n'avait fait que développer son ardeur pour la science; les supérieurs crurent bientôt l'humble moine capable d'enseigner, et en effet, il illustra successivement les chaires qui lui furent confiées, à Montpellier, à Paris, à Avignon et à Toulouse.

Quelques années plus tard, après avoir été peu de temps abbé de Saint-Germain d'Auxerre, nous le trouvons en Italie, en qualité de légat du pape Clément VI, au milieu des difficultés inextricables qu'avait enfantées le grand schisme d'Occident.

C'était, à son insu, un acheminement vers la plus haute dignité qui soit au monde. Il fut élu pape en 1362 et prit le nom d'Urbain V, parce que tous les papes qui avaient porté ce nom l'avaient illustré par la sainteté de leur vie.

C'est lui qui ajouta à la tiare papale une troisième couronne, non par orgueil, mais pour symboliser la triple royauté du pape sur les fidèles, sur les évêques et sur les États romains.

Il se proposa, en montant sur le trône de saint Pierre, trois grands projets : ramener la papauté d'Avignon à Rome, réformer les mœurs, propager au loin la foi catholique. Le retour de la papauté à Rome fut un triomphe, et les poètes la saluèrent comme l'augure d'un nouvel âge d'or.

Pendant que s'accomplissaient ces grandes œuvres, Urbain vivait en saint, jeûnait comme un moine, et rapportait toute gloire à DIEU. Sa mort, qui arriva en décembre 1370, fut pleine d'édification.

Il demanda qu'on ouvrît les portes de son palais et qu'on permît au peuple de circuler autour de son lit : «II faut, dit-il, que le peuple puisse voir comment les papes meurent. »

Pratique: Ne vous attribuez la gloire de rien, rapportez tout à DIEU et à sa grâce.



MARTYRS DU TONKIN

(+ 1838)


L'EGLISE AU VIET-NAM FÉCONDÉE PAR LE SANG DES MARTYRS


L'oeuvre de l'évangélisation, entreprise dès le début, du XVIème siècle, puis établie dans les deux premiers Vicariats Apostoliques du Nord (Dâng-Ngoâi) et du Sud (Dâng-Trong) en 1659, a connu au cours des siècles un admirable développement. A l'heure actuelle, les Diocèses sont au nombre de 25 (10 au Nord, 6 au Centre et 9 au Sud). Les catholiques sont environ 6 millions (presque 10% de la population). La hiérarchie catholique vietnamienne a été érigée par le Pape Jean XXIII le 24 novembre 1960.


Ce résultat est dû aussi au fait que, dès les premières années de l'évangélisation, la semence de la Foi a été mêlée sur la terre vietnamienne au sang abondamment versé des Martyrs, tant du clergé missionnaire que du clergé local et du peuple chrétien du Viêt-Nam. Tous ont supporté ensemble les fatigues de l'œuvre apostolique et ont d'un même cœur affronté aussi la mort pour rendre témoignage à la vérité évangélique. L'histoire religieuse de l'Eglise du Viêt-Nam enregistre qu'il y a eu en tout 53 Décrets, signés par les Seigneurs TRINH et NGUYEN et par les Empereurs qui, pendant trois siècles XVIIème, XVIIIème, XIXème: exactement 261 ans (16251886), ont promulgué contre les chrétiens des persécutions l'une plus violente que l'autre. On compte environ 130.000 victimes tombées un peu partout sur le territoire du Viêt-Nam.


Au cours des siècles, ces Martyrs de la Foi ont été ensevelis d'une manière anonyme, mais leur mémoire est restée toujours vivante dans l'esprit de la communauté catholique.


Dès le début du XX siècle, dans cette foule de héros, 117 personnes - dont les épreuves sont apparues les plus cruelles - ont été choisies et élevées aux honneurs des autels par le Saint-Siège en 4 séries de Béatifications:


en 1900, par le Pape LÉON XIII, 64 personnes
en 1906, par le Pape S. PIE X, 8 personnes
en 1909, par le Pape S. PIE X, 20 personnes
en 1951, par le Pape PIE XII, 25 personnes


Ces Bienheureux peuvent être classés comme suit:

11 Espagnols: tous de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains): 6 Evêques et 5 Prêtres.
10 Français: tous de la Société des Missions Etrangères de Paris: 2 Evêques et 8 Prêtres.
96 Vietnamiens: 37 Prêtres (dont 11 Dominicains), 59 Laïcs (parmi eux 1 Séminariste, 16 Catéchistes, 10 du Tiers Ordre Dominicain et 1 femme).


" Tous ceux-là viennent de la grande épreuve: ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau " (Apoc 7, 13-14), et leur martyre a eu lieu aux différentes périodes:


2 ont subi le martyre au temps de TRINH-DOANH (1740-1767)
2 ont subi le martyre au temps de TRINH-SAM (1767-1782)
2 ont subi le martyre au temps de CANH-TRINH (1782-1802)
58 ont subi le martyre au temps de l'Empereur MINH-MANG (1820-1840)
3 ont subi le martyre au temps de l'Empereur THIEU-TRI (1840-1847)
50 ont subi le martyre au temps de l'Empereur TU-DUC (1847-1883)


Sur le lieu de supplice l'Edit royal, placé à coté de chaque martyr, a précisé le mode de sentence:

75 condamnés à la décapitation,
22 condamnés à l'étranglement,
6 condamnés à être brûlés vifs,
5 condamnés à être écartelés,
9 sont morts en prison des suites des tortures.


Parmi eux :

- Tommaso NGUYEN VAN DE, Laïc mort le 19-12-1839
- Francesco Saverio HA THONG MAU, Catéchiste mort le 19-12-1839
- Agostino NGUYEN VAN MOI, Laïc mort le 19-12-1839
- Domenico Bui VAN UY, Catéchiste mort le 19-12-1839
- Stefano NGUYEN VAN VINTI, Laïc mort le 19-12-1839

Ils ont été béatifiés ensemble en 1900 et canonisés par le Pape Jean-Paul II en 1988.

Site officiel du Vatican

18 DECEMBRE - SAINT GATIEN, Premier Evêque de Tours

SAINT GATIEN

Premier Évêque de Tours
(IIIe siècle)

Une ancienne et respectable tradition de l'Église de Tours, d'accord avec l'illustre historien des Francs, saint Grégoire de Tours, nous apprend que SAINT GATIEN, son premier évêque, a été envoyé dans les Gaules par le pape saint Fabien, en 250, avec six autres évêques.

A son arrivée, le pays de Touraine était plongé dans le paganisme et l'on ne voyait partout que les images des faux dieux. Gatien commença par montrer à ces païens l'absurdité de leur culte et l'impuissance de leurs idoles, puis il en vint à leur découvrir les mystères de la puissance et de la bonté de DIEU et révéla à leurs yeux étonnés l'incomparable figure du Sauveur et celle de sa sainte Mère.

Les conquêtes furent nombreuses; mais le démon ne laissa pas détruire son règne sans résistance ; les miracles de Gatien ne suffirent pas à lui faire pardonner ses succès, et plus d'une fois les païens endurcis jurèrent sa mort.

Traqué comme une bête fauve, l'apôtre se cachait en des grottes profondes et y célébrait les saints mystères ; une de ses retraites est devenue plus tard la célèbre abbaye de Marmoutier. Gatien, songeant à l'avenir, forma une école où de jeunes clercs apprenaient, avec les leçons de la science, celles de la vertu; il les préparait au sacerdoce et en faisait ses auxiliaires ; il les envoyait même au loin porter les lumières de l'Évangile.

Huit églises furent élevées, par les soins du courageux pontife, sur la terre de Touraine. Les travaux apostoliques de Gatien ne l'empêchaient pas de se livrer à de grandes austérités; il épuisait son corps par les jeûnes et par les veilles et se préparait par le martyre quotidien et volontaire à la couronne de gloire. Comme tous les vrais disciples du CHRIST, il aimait éperdument les pauvres, et sa charité se plaisait à soulager leurs misères. Il fit bâtir, dans un faubourg de la ville, un hôpital pour les malheureux.

C'est dans cet asile de la charité que le SAUVEUR réservait à son disciple une grâce extraordinaire. Il y avait cinquante ans que Gatien arrosait de ses sueurs le pays qu'il avait gagné à DIEU.

Un jour, accablé de fatigue, il s'était retiré dans l'hôpital des pauvres et y prenait un peu de repos, quand NOTRE-SEIGNEUR lui apparut et lui dit : « Ne crains rien, ta couronne est prête, et les saints attendent ton arrivée au ciel. »

Et le SAUVEUR administra lui-même à son disciple la sainte Communion en viatique. Sept jours après, il rendait à DIEU son âme riche en œuvres et en mérites, le 18 décembre de l'an 116. L'Église de Tours a de tout temps voué un culte enthousiaste à son premier prédicateur.

Pratique: Ne vous contentez pas de croire à l'Évangile, conformez-y votre vie, inspirez- vous constamment de ses maximes.

mercredi 17 décembre 2008

17 DECEMBRE - SAINTE OLYMPIADE, Veuve / SAINT JUDICAEL

SAINTE OLYMPIADE ou OLYPMPIE, la gloire des veuves de l'Église d'Orient, naquit à Constantinople de parents très illustres, dont la mort prématurée la laissa de bonne heure à la tête d'une fortune considérable.

Elevée au milieu des plus saints exemples, elle était, à dix-huit ans, le modèle des vertus chrétiennes. C'est à cette époque qu'elle fut mariée à Nébridius, jeune homme digne d'une telle épouse. Ils se promirent l'un à l'autre une continence parfaite ; mais après vingt mois seulement de cette union angélique, Nébridius laissait Olympiade seule sur la terre et allait recevoir au ciel la récompense de ses vertus.

A l'empereur, qui voulait l'engager dans un nouveau mariage : « Si DIEU, dit-elle, m'eût destinée à vivre dans le mariage, il ne m'aurait pas enlevé mon premier époux. L'évènement qui a brisé mes liens me montre la voie que la Providence m'a tracée, celle de la virginité chrétienne. »

Depuis la mort de son époux, Olympiade avait rendu sa vie plus austère. Ses jeûnes devinrent rigoureux et continuels; elle se fit une loi de ne jamais manger de viande. Elle s'interdit également le bain, qui était dans les mœurs du pays; elle affranchit tous ses esclaves, qui voulurent continuer néanmoins à la servir ; elle administrait sa fortune en qualité d'économe des pauvres; les villes les plus lointaines, les îles, les déserts, les églises pauvres, ressentaient tour à tour les effets de sa libéralité.

Olympiade méritait assurément d'être mise au nombre des diaconesses de l'Église de Constantinople. Consacrées par l'évêque, qui leur imposait les mains en récitant sur elle des prières, les diaconesses étaient appelées à aider les prêtres dans l'administration des sacrements et les œuvres de charité. Elles étaient chargées d'instruire les catéchumènes de leur sexe et de préparer le linge qui servait à l'autel. En prenant le voile, elles faisaient vœu de chasteté perpétuelle. Il y avait déjà seize ans qu'Olympiade remplissait ces fonctions, quand saint Jean Chrysostome fut élevé sur le siège de Constantinople.

La sainte veuve n'avait pas manqué d'épreuves jusqu'à ce moment; des maladies cruelles, de noires calomnies, lui avaient fait verser, des larmes continuelles. Sous le nouveau patriarche elle allait faire un pas de plus dans le sacrifice et dans la sainteté. Saint Jean Chrysostome sut utiliser pour le bien les qualités et la fortune de l'illustre diaconesse.

C'est par elle qu'il éleva un hôpital pour les malades et un hospice pour les vieillards et les orphelins. Quand le patriarche partit pour l'exil où il devait mourir, Olympiade reçut une de ses dernières bénédictions. Elle fut entretenue dans ses œuvres par les lettres du pontife. Ses dernières années furent abreuvées de grandes amertumes ; elle acheva en exil, à Nicomédie, l'an 410, une vie toute de charité, de patience, de courage et de prière.

Pratique. Suivez la voie de la Providence, et faites-y le plus de bien que vous pourrez.

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SAINT JUDICAEL
(ou Gaël ou Giguel ou Gicquel ou Juzel)
Roi en Bretagne puis moine
(v. 650)

Il régna sur la Bretagne à partir de 632. En 636, saint Eloi lui fit rencontrer à Clichy, près de Paris, le roi Dagobert pour signer un traité de paix entre Bretons et Francs.

Deux ans plus tard, il laissa son trône et se retira dans une abbaye, près de Montfort (Ille-et-Vilaine) pour finir les 20 dernières années de sa vie dans la prière.

lundi 15 décembre 2008

16 DECEMBRE - SAINT EUSEBE / LA BXSE MARIE DES ANGES / LES SAINT MARTYRS D'AFRIQUE / SAINTE ADELAIDE

SAINT EUSEBE, né en Sardaigne, de nobles parents, au commencement du IVe siècle, fut .élevé dans la pratique de la vertu et dans l'étude des sciences ecclésiastiques. Devenu évêque de Verceil, il s'attacha à former un clergé vertueux en lui faisant joindre à la vie séculière la vie monastique. Cette institution produisit de si consolants résultats, que de nombreux évoques s'empressèrent de l'imiter. Exilé par un empereur favorable aux ariens, il mourut en Thébaïde, des suites de mauvais traitements, et l'Église le qualifia de martyr (370).
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LA BIENHEUREUSE MARIE DES ANGES
Carmélite

La Bienheureuse MARIE DES ANGES, née à Turin, en 1661, et cousine de saint Louis de Gonzague, fut, par son enfance si pure et si vertueuse, la digne émule de l'héroïque patron de la jeunesse.

A quatre ans, elle gémissait de ne pouvoir communier; à six ans, elle voulait s'enfuir en la solitude pour vivre dans la pénitence jusqu'à sa mort. Elle tomba gravement malade de chagrin, à la suite des obstacles qui s'opposèrent à ses desseins, et guérit soudain après avoir reçu la douce apparition de Marie tenant Jésus dans ses bras.

Après sa première communion, vers l'âge de onze ans et demi, son confesseur l'autorisa à communier trois fois par semaine. Elle vécut quelque temps dans le monde comme une vraie carmélite, et entra à quinze ans au Carmel de Turin, où rien ne l'étonna dans la vie austère qu'on y mène.

DIEU la purifia par de longues maladies, par des peines de conscience, par la permission qu'il donna au démon de la tenter d'une manière effrayante, quelquefois même visiblement.

Elle sortit de l'épreuve comme l'or de la fournaise, et DIEU la gratifia dès lors des faveurs les plus extraordinaires, don d'oraison, don de prophétie, don de pénétrer les cœurs, don d'extase, don de miracles.

Elle était apôtre dans le cloître et pensait à tous les besoins divers des âmes rachetées par le sang du SAUVEUR. Sa charité était sans bornes. On raconte qu'ayant fait demander sans succès à son souverain la grâce d'un soldat condamné à mort pour crime de désertion, elle se jeta aux pieds d'une image de JESUS agonisant et s'écria : « Ô mon doux Sauveur, si je m'étais adressé à vous, vous n'auriez pas manqué d'exaucer ma prière ! »

A peine achevait-elle ces mots qu'on vint lui annoncer que sa prière avait enfin été écoutée et que le condamné serait rendu à la liberté. Elle s'employait très efficacement pour la délivrance des âmes du purgatoire, et les âmes qu'elle avait délivrées venaient visiblement la remercier, avant de s'envoler au ciel.

Après avoir exercé longtemps les plus hautes charges du couvent, elle mourut le 16 décembre 1717, en entendant la voix de son Époux céleste qui l'invitait à le suivre.

Pratique: Priez beaucoup pour les âmes du purgatoire ; elles seront reconnaissantes.
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LES SAINTS MARTYRS D'AFRIQUE

Par "Afrique", l'on entend seulement le nord-ouest du continent, soit l'Africa Latina. Le nord-est est classé sous les dénominations Egypte ou Ethiopie. Les groupes suivants de martyrs anonymes sont mentionnés dans la Martyrologe Romain d'avant 1970.

6 Janvier :
v. 210 : Un groupe de chrétiens, hommes et femmes, périrent au bûcher sous Septime Sévère.

11 février :
v. 303 : Ces martyrs, dits " les gardiens de la Sainte Ecriture", préfèrent mourir, plutôt que de livrer les Ecritures au feu. Ils souffrirent sous Dioclétien. Saint Augustin fit spécialement mention de ceux de la Numidie.

5 avril :
+ 459 : Un grand groupe, livré au martyre à Pâques durant l'eucharistie, par l'arien Genséric, roi des Vandales. Au moment où le lecteur entonna l'alléluia, une flèche lui perça la gorge.

9 avril :
Les martyrs massylitains, de Masyla, près de Fez au Maroc, tombèrent sous les premières persécutions. Saints Augustin et Prudence ont fait leurs éloges.

16 octobre :
Deux cent vingt chrétiens ont été mis à mort en ce jour.

30 octobre :
Cent à deux cents chrétiens, victimes des anciennes persécutions.

16 décembre :
+ 482 : Un grand nombre de femmes, abattues sous Huneric, le roi arien des Vandales.


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SAINTE ADELAIDE

Impératrice du Saint Empire
(+ 999)

Elle était à la fois reine d'Italie, reine d'Allemagne et elle sera la première en date des impératrices du Saint Empire-Romain Germanique à la suite de son mariage avec Othon Ier, lorsqu'elle fut veuve du roi d'Italie.

A la mort d'Othon Ier, elle exerça la régence pendant cinq ans, durant l'enfance d'Othon II. Puis à nouveau pendant la minorité d'Othon III. Ce fut pour elle, des périodes difficiles, pleines de souffrances et d'épreuves. Mais sa force de caractère et sa bonté, puisées dans sa foi, surmontèrent tous les obstacles.

Elle montra toutes les qualités d'un chef d'Etat dans la justice de sa charge et toutes les vertus chrétiennes dans sa charité attentive aux pauvres.

Elle consacra les trois dernières années de sa vie à promouvoir le bien de l'Eglise et des pauvres. Elle se montra le ferme appui de la culture occidentale en favorisant le monachisme clunisien. Elle meurt à Seltz, près de Strasbourg, lors d'un voyage qu'elle effectuait dans l'un des nombreux monastères qu'elle avait fondés.

15 DECEMBRE - SAINTE VIRGINIE CENTURIONE BRACELLI / SAINTE NINON / SAINT MAXIMIN / SAINT JEAN LE DECHAUSSE



SAINTE VIRGINIE CENTURIONE BRACELLI

Nom: CENTURIONE BRACELLI

Prénom: Virginie (Virginia)

Nom de religion: Virginie (Virginia)

Pays: Italie

Naissance: 02.04.1587 à Gênes

Mort: 15.12.1651 à Gênes

Etat: Veuve - Fondatrice

Note: Mariée à 15 ans par l'autorité de son père, veuve à 20 ans avec 2 filles. Après le mariage de celles-ci, elle ouvre son palais à des filles abandonnées ou en détresse. Elle fonde alors les Sœurs de Notre-Dame du Refuge et des auxiliaires, les Filles de Notre-Dame du Mont Calvaire .

Béatification: 22.09.1985 à Gênes par Jean Paul II

Canonisation: 18.05.2003 à Rome par Jean Paul II

Fête: 15 décembre

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1985 n.40 - 2003 n.20 p.2-3 - n.21 p.2

Réf. dans la Documentation Catholique: 1985 p.1005 - 2003 n.13 p.618-621

VIRGINIA (VIRGINIE) Centurione naît à Gênes en 1587 dans une famille de la haute société. C’est à la maison qu’elle reçoit sa première éducation chrétienne et intellectuelle. Malgré son inclination pour la vie religieuse, son père la marie d’autorité le 10 décembre 1602 à un jeune homme, également de la haute société, Gasparo Grimaldi Bracelli. Malheureusement il a une vie dissolue et ne suit pas les conseils de modération de sa femme. Néanmoins il meurt chrétiennement en 1607, entouré jusqu’au bout par les soins de sa jeune épouse. Il la laisse veuve à l’âge de vingt ans avec deux enfants, deux filles. On veut la remarier, mais elle refuse résolument et fait vœu de chasteté. Elle mène une vie retirée chez sa belle-mère en s’occupant attentivement de l’éducation de ses deux filles jusqu’à leur mariage.

D’une vie mystique profonde, elle veut également être charitable, non seulement en paroles mais en actes. Son but est de servir Dieu à travers les pauvres. La guerre entre la République de Gênes et le duc de Savoie engendre famine et chômage. Durant l’hiver 1624-1625, elle accueille chez elle une quinzaine d’orphelins, puis des femmes pauvres. Après la mort de sa belle-mère, elle ne se contente plus de les accueillir, mais elle va à leur recherche.

Elle se rend dans les quartiers les plus mal famés en quête de jeunes filles nécessiteuses ou en danger moral. Avec les compagnes qui se sont jointes à elle, elle loge dans un couvent vide : Monte Calvario. Leur nombre s’accroît. Bientôt, elles s’occupent de trois cents pauvres. La location de Monte Calvario étant trop coûteuse, elles le quittent pour s’établir dans deux petites maisons contiguës auxquelles s’ajoute une aile et une église : Notre-Dame du Refuge. C’est l’origine de la maison mère. Virginie a coutume de dire que lorsqu’on a DIEU pour seul objectif, “toutes les oppositions s’aplanissent, toutes les difficultés se surmontent”. Elle fonde les “Sœurs de Notre-Dame du Refuge” et des auxiliaires : les “Filles de Notre-Dame du Calvaire”.

Au sein de son œuvre, elle fait preuve d’une grande humilité, abandonnant le gouvernement de ses maisons aux Protecteurs (laïcs) de l’œuvre et vivant comme la plus humble des sœurs, mais toujours disponible et demeurant un point de référence pour les démunis. Elle meurt à 64 ans en 1651. Lorsqu’on exhume son corps en 1801, on le retrouve intact et souple.

« Le précieux héritage – dit le Pape Jean-Paul II – que cette sainte a confié à l’Église, en particulier à ses filles spirituelles, consiste dans la charité entendue non pas comme un simple secours matériel, mais comme un engagement de solidarité authentique, visant à la pleine libération et à la promotion humaine et spirituelle de ceux qui se trouvent dans le besoin. »


http://www.abbaye-saint-benoit.ch



SAINTE NINON


(IVème siècle)



Jeune femme, elle avait été emmenée captive dans la capitale de la Géorgie vers 337, et comme on ne savait d'où elle venait, on la surnomma "Christiana" du nom de sa religion, ce qui devint par abréviation Nina ou Ninon. Ayant appris qu'elle avait guéri un enfant, la reine Nana se fit porter chez elle pour être soigner d'un mal étrange. Y recouvrant la santé, elle voulut couvrir de cadeaux sa bienfaitrice mais celle-ci refusa. La reine insistant, elle déclara que le seul cadeau qu'elle accepterait serait la conversion de ses souverains. La reine puis le roi se convertirent et demandèrent à l'empereur Constantin de leur envoyer des missionnaires. Ninon est ainsi à la base du Christianisme en Géorgie.



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SAINT MAXIMIN ou MESMIN est un célèbre abbé du monastère de Micy, près d'Orléans. Sous sa conduite, ce couvent atteignit un développement et une perfection extraordinaires. De nombreux saints furent formés par lui aux plus héroïques vertus. DIEU le rendit puissant en œuvres et en paroles. Dans une grande famine, il multiplia d'une manière étonnante le pain et le vin pour subvenir aux besoins des malheureux. Il chassait les démons, guérissait les aveugles et opérait une foule d'autres miracles. Il mourut saintement, le 15 décembre 520.


LE B. JEAN LE DÉCHAUSSÉ,


Religieux de Saint-François



Le bienheureux JEAN LE DECHAUSSE naquit aux environs de Quimper, vers la fin du xme siècle. Il fut ouvrier dans sa jeunesse, faisait et dressait des croix, bâtissait des ponts et des arches ; les travaux utiles à la gloire de DIEU ou au bien du prochain lui étaient les plus agréables.

Toutefois DIEU l'appelait plus haut, et à force de persévérance il put s'instruire et recevoir le sacerdoce. Dès lors sa vie fut très austère ; il jeûnait trois fois la semaine au pain et à l'eau, il visitait les malades et les pauvres, et il était l'objet de la vénération universelle. Pendant treize ans il fut curé dans son diocèse ; jamais il ne se servait de cheval ; il allait toujours à pied et sans chaussures, d'où lui est venu le nom de Déchaussé.

Sa vie pauvre lui eût permis de mettre de l'argent en réserve, mais les indigents recevaient tout son superflu et parfois même de son nécessaire. En 1316, le saint prêtre résolut de se faire disciple de Saint-François, et son évêque, voyant sa persévérance, le laissa partir avec la plus profonde tristesse.

Au couvent de Quimper, frère Jean parut bientôt le plus humble et le plus mortifié de tous. L'esprit de pauvreté lui faisait prendre les plus vieux habits, qu'il raccommodait lui-même. Comme il n'avait rien à donner, il sollicitait les riches et par eux soulageait les misérables.

Il se levait toutes les nuits bien avant les autres, et bien souvent ses nuits entières se passaient dans les délices de l'oraison. Le démon lui fit parfois une guerre terrible ; alors le saint religieux, confiant en DIEU, s'écriait au milieu de sa désolation : « Délivrez, Seigneur, ma pauvre âme de ses ennemis. » II manifestait son mépris au tentateur, en l'appelant du nom de chien, et le chassait par quelques cris de l'âme empruntés aux psaumes.

Sa mortification était effrayante ; sauf quarante jours de l'année, il jeûnait continuellement, et d'ordinaire au pain et à l'eau; pendant seize ans, il ne goûta ni viande ni vin.

En 1349, il se dévoua au service des pestiférés, offrit à DIEU sa vie en sacrifice, et mourut du terrible fléau.

Pratique: Donnez le bon exemple ; faites aimer la vertu autour de vous.

dimanche 14 décembre 2008

14 DECEMBRE - SAINT JEAN DE LA CROIX / SAINTE ODILE

SAINT JEAN de la CROIX

Religieux Carme

(1542-1591)

SAINT JEAN DE LA CROIX naquit près d'Avila, en Espagne. Jouant un jour au bord d'un étang, il glissa au fond de l'eau; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver: "Non, dit l'enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre." Alors un vieillard se présenta, marchant aussi dans l'eau, tendit son bâton à l'enfant et le ramena sur le bord. C'était Marie et Joseph. Une autre fois il tomba dans un puits; on croyait l'y retrouver mort; il était assis paisiblement: "Une belle dame, dit-il, m'a reçu dans son manteau et m'a gardé." Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie.


Un jour qu'il priait NOTRE SEIGNEUR de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit: "Tu entreras dans un Ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive." Il avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses œuvres extraordinaires.

Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du TRES SAINT-SACREMENT. Son lit était une sorte d'auge en forme de berceau; un morceau de bois lui servait d'oreiller. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros nœuds. Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance. Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection. Il songeait à s'ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de DIEU sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l'engagea à se faire son auxiliaire.


Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, insuffisante, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux Règle primitives de l'Ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons: la réforme était fondée. Ce ne fut pas sans tempêtes qu'elle se développa, car l'enfer sembla s'acharner contre elle, et tandis que le peuple vénérait Jean comme un Saint, il eut à souffrir, de la part de ceux qui auraient dû le seconder, d'incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu'à la prison.

Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède.

DIEU le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes; Sainte Thérèse, ravie d'admiration pour lui l'appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d'une élévation sublime.

Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s'exhalait de son corps. Au moment de sa mort, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps. Le Pape Pie XI l'a proclamé Docteur de l'Église, le 24 août 1926.

Pratique: Rappelez-vous la parole dn saint à Jésus lui demandant ce qu'il désirait pour récompense de ses souffrances : « Souffrir, Seigneur, et être méprisé pour vous. »



SAINTE ODILE


(VIIème siècle)



Le plus ancien document sur la vie de SAINTE ODILE est un parchemin du X° siècle où un moine a noté ce que la tradition orale transmettait depuis près de deux cents ans, au Mont Saint Odile qui domine la plaine d'Alsace.

Au temps du roi mérovingien Childéric II, Aldaric, troisième duc d'Alsace, père de sainte Odile, tient sous son empire toute la vallée du Rhin, de Strasbourg à Bâle. Aldaric est un chrétien sincère, mais il s'arrache avec peine aux coutumes barbares, ses réactions sont impulsives et même dangereuses : pas de pardon pour qui l'offense. En 660, alors qu’il attendait avec impatience la naissance de son fils premier-né, lui naquit une petite fille aveugle.

Son premier réflexe fut de vouloir la tuer, mais devant les pleurs de sa femme, Béreswinde, il accepta de lui laisser la vie à condition que le bébé disparût aussitôt. Béreswinde, bouleversée, se mit en quête d'une nourrice. Odile fut emmenée à Scherwiller, à une trentaine de kilomètres d'Obernai.

Devant le beau linge du bébé et les soins particuliers dont il était entouré, les langues allaient bon train. Bientôt Odile ne fut plus en sécurité chez la nourrice et, à un an, dut reprendre la route pour Baume-les-Dames, près de Besançon, où elle franchit les portes d'un monastère.

Pendant toute son enfance, Odile était entourée du silence et de la paix des moniales qui essayaient de lui faire oublier sa cécité : elle apprit à se diriger seule dans le cloître, à reconnaître les appels de la cloche, à chanter par cœur les offices, faisant la joie de ses mères adoptives.

L'évêque Ehrhardt de Ratisbonne arriva un jour au monastère pour, dit-il, baptiser la petite aveugle. Devant la communauté, Ehrhardt prononça les paroles sacramentelles : « Odilia Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Odilia veut dire : soleil de DIEU. Au moment où l'eau coula sur son front, Odile ouvrit les paupières... elle voyait !

Après la guérison, l’évêque fit avertir Aldaric qui n'eut aucun geste de repentir. Il avait maintenant quatre fils et une fille, sa fille aînée était oubliée. Odile demeura donc à Palma chez les religieuses qui lui apprirent aussitôt à écrire et à lire dans les livres saints.

La souffrance et la cécité l'avaient mûrie : elle faisait preuve d'une force d'âme et d'un détachement extraordinaires.

Au fur et à mesure que les mois passaient, Odile sentait grandir en elle le désir de connaître sa famille. Certains voyageurs qui s'arrêtaient au monastère lui avaient déjà parlé de son frère Hugon qu’ils disaient aimable et généreux. Par l'intermédiaire d'un pèlerin, Odile lui fit parvenir une lettre qui émut Hugon au point qu’il osa affronter son père.

L'heure du pardon n'avait pas encore sonné, Aldaric ne voulait pas revoir sa fille mais Hugon écrivit cependant à sa sœur de venir au château, pensant que la vue d'Odile ferait tomber la colère de son père. Hélas, à l'arrivée de sa fille aînée la colère d’Aldaric redoubla : il frappa Hugon qui mourut des suites des blessures.

Ce fut le dernier accès de colère du terrible barbare qui, désespéré par la mort de son fils préféré, installa sa fille à Honenbourg et assura sa subsistance. Odile eut la patience de vivre ignorée des siens et se contente de ce que lui donnait son père qu'elle n'osait plus affronter. Elle ne vivait que pour les pauvres avec qui elle partageait ses maigres ressources. Le chagrin causé par la mort de son fils transforma peu à peu Aldaric qui offrit à Odile le Honenbourg et toutes ses dépendances à condition qu'elle priât pour lui.

La jeune fille humiliée va devenir la célèbre Abbesse représentée par les statues et les tapisseries. Son cœur profond, son austère vertu, sa grande charité attirèrent plus de cent trente moniales et la plupart des membres de sa famille. Les travaux commencèrent rapidement pour transformer le Honenbourg en un monastère. Odile qui est une âme d'oraison, couvrit de chapelles tout le sommet de la colline dont la première fut dédiée à Notre-Dame, puis une autre à saint Jean-Baptiste qu'Odile vénérait particulièrement depuis son baptême.

Un soir, la moniale chargée d'appeler ses compagnes pour l'office fut éblouie par une violente clarté : Odile conversait avec saint Jean-Baptiste. De jour, de nuit, par petits groupes qui se succédaient, les moniales chantaient sans cesse la louange de DIEU. L'Abbesse était la plus ardente à la prière ; elle aimait la mortification, mais elle était sage et prudente pour ses filles.

Peu de temps après la construction du monastère, Aldaric mourut. Avertie par une vision, Odile le sut en Purgatoire et se mit en prière jusqu'à ce que Notre-Seigneur lui apparût pour lui apprendre l'entrée de son père en Paradis. Une chapelle, dite des larmes, se dresse encore aujourd'hui sur la terrasse du couvent ; la tradition assure qu'une pierre creusée par les genoux de la sainte existe encore devant le maître-autel.

Le Honenbourg était le refuge des pauvres, des malheureux, des malchanceux et des pèlerins qui savaient y trouver bon accueil. Un vieillard tomba en montant vers le monastère. Odile le rencontra un moment plus tard et, comme pour le soulager, il fallait de l'eau, Odile implora le secours de DIEU, frappa le rocher et une source jaillit et ne tarira jamais.

Mais la preuve était faite que tous ceux qui désiraient du secours ne pouvaient parvenir au sommet de la colline. Un autre monastère fut construit en bas. Aucun des deux couvents ne voulait se passer de la présence d'Odile qui allait donc du cloître du haut à celui du bas. En chemin elle aidait les éclopés et les infirmes. De toutes parts on venait la voir car on savait que ses mains étaient bénies. Parfois lorsqu'elle pansait des blessés ou des lépreux, les plaies se fermaient et les douleurs s'apaisaient. Sa préférence allait aux aveugles en souvenir de son infirmité. Elle présidait tout, elle prévoyait tout et s'intéressait à chacun en particulier.

Mais ses compagnes la voyaient de plus en plus lasse. Sentant la faiblesse la gagner, Odile se rendit à la chapelle Saint-Jean-Baptiste ; une dernière fois elle s'adressa à ses filles puis, à l'heure de l'office elle les envoya à l'église. Quand les moniales revinrent de l'office, Odile les avait quittées. Leur peine était grande d'autant plus que leur mère était partie sans avoir communié. Elles se mirent en prière et Odile revint à la vie.

Après les avoir réprimandées, l'Abbesse réclama le ciboire, se communia et quitta définitivement la terre, le 13 décembre 720.
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