samedi 31 janvier 2009

31 JANVIER - SAINTE MARCELLE, Veuve / SAINT JEAN BOSCO, Fondateur d'Ordres / SAINT PIERRE NOLASQUE



SAINTE MARCELLE naquit vers l'an 330, d'une des plus illustres familles de Rome. Son mari étant mort après sept mois de mariage, elle refusa la main d'un consul et résolut de se consacrer à DIEU dans l'état de viduité. Elle confondit le paganisme, en montrant à tout le monde ce que doit être, dans son costume et dans ses mœurs, une veuve chrétienne; sa conduite fut si prudente, si irréprochable, que jamais personne n'osa ouvrir la bouche pour la calomnier, et si quelqu'un l'eût fait, on ne l'aurait pas cru, ni même écouté. Sa toilette n'était remarquable que par sa modestie et sa simplicité ; Marcelle avait renoncé à ses pierreries et à ses objets précieux pour nourrir les pauvres. Jamais elle ne reçut un homme, quel qu'il fût, sans témoin.

Son occupation, outre la prière et l'oraison, était l'étude de la sainte Écriture. Cette étude était chez elle une sainte passion ; elle y acquit une science extraordinaire, et il faut avouer qu'elle eut un maître rare, Saint Jérôme. Le grand docteur, cédant aux sollicitations de Marcelle et des saintes femmes qui vivaient en communauté sous sa direction, allait fréquemment donner ses savantes leçons à ce groupe d'élite. Quel exemple pour les femmes du monde, si dégoûtées souvent de la parole de DIEU, et dont la négligence va parfois jusqu'à ne jamais ouvrir les livres qui traitent de la religion !

Sainte Marcelle, particulièrement par son amour des saintes Lettres, mérite d'être éternellement citée comme le modèle de toutes les femmes chrétiennes qui ont des loisirs pour faire d'utiles et saintes lectures.

Un autre grand mérite de Marcelle fut de populariser et de mettre en estime à Rome la vie religieuse. Bravant tout respect humain, la première elle imita le noble exemple des vierges de la Thébaïde, revêtit l'habit monacal, porta le voile, si bien qu'avant longtemps elle eut de dignes émules et que le vêtement religieux devint un objet de vénération.

Sainte Marcelle eut la douleur de voir Rome prise et pillée par le barbare Alaric. Quand les vainqueurs se présentèrent à sa maison, elle leur montra son vêtement grossier et leur dit : « Une femme vêtue comme moi n'a rien à donner. » Elle fut, malgré cela, frappée par ces insolents soldats, et sa pauvre maison fut livrée au pillage.

Notre sainte, réduite à n'avoir plus de pain à manger, put dire en toute réalité : « Je suis sortie nue du sein de ma mère, j'y retournerai de même; il ne m'est rien arrivé que ce qui a plu à DIEU : que son saint nom soit béni! » Elle mourut à quatre-vingts ans environ, le 30 janvier 410.

Pratique.
Aimez les bonnes lectures; instruisez-vous sans relâche dans la science du salut.
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SAINT JEAN BOSCO
Fondateur de la société de Saint-François-de-Sales
et de l'Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice
(1815-1888)

SAINT JEAN BOSCO naquit en 1815 dans un village du Piémont. Ses parents étaient de pauvres paysans; mais sa mère, demeurée veuve avec trois enfants, était une sainte femme. Le caractère jovial de Jean lui donnait une grande influence sur les enfants de son âge. Il les attirait par ses manières aimables et il entremêlait avec eux les divertissements et la prière.

Doué d'une mémoire extraordinaire, il se plaisait à leur répéter les sermons qu'il avait entendus à l'église. C'étaient là les premiers signes de sa vocation apostolique. Son coeur, soutenu par celui de sa mère et d'un bon vieux prêtre, aspirait au sacerdoce. La pauvreté, en l'obligeant au travail manuel, semblait lui interdire l'étude. Mais, par la grâce de DIEU, son courage et sa vive intelligence surmontèrent tous les obstacles.
En 1835, il était admis au grand séminaire. "Jean, lui dit sa mère, souviens-toi que ce qui honore un clerc, ce n'est pas l'habit, mais la vertu. Quand tu es venu au monde je t'ai consacré à la Madone; au début de tes études je t'ai recommandé d'être Son enfant; sois à Elle plus que jamais, et fais-La aimer autour de toi."
Au grand séminaire, comme au village et au collège, Saint Jean Bosco préludait à sa mission d'apôtre de la jeunesse et donnait à ses condisciples l'exemple du travail et de la vertu dans la joie. Prêtre en 1841, il vint à Turin. Ému par le spectacle des misères corporelles et spirituelles de la jeunesse abandonnée, il réunit, le dimanche, quelques vagabonds qu'il instruisait, moralisait, faisait prier, tout en leur procurant d'honnêtes distractions.
Mais cette oeuvre du dimanche ne suffisait pas à entretenir la vie chrétienne, ni même la vie corporelle, de ces pauvres enfants Saint .Jean Bosco, bien que dépourvu de toute ressource, entreprit donc d'ouvrir un asile aux plus déshérités. Il acheta pour 30.000 francs une maison payable dans la quinzaine. "Comment! lui dit sa mère devenue son auxiliaire, mais tu n'as pas un sou vaillant!" -- "Voyons! reprit le fils, si vous aviez de l'argent, m'en donneriez-vous? Eh bien, mère, croyez-vous que la Providence, qui est infiniment riche, soit moins bonne que vous?"

Voilà le trésor divin de foi, d'espérance et de charité dans lequel Saint Jean Bosco, malgré toutes les difficultés humaines, ne cessa de puiser, pour établir ses deux Sociétés Salésiennes de Religieux et de Religieuses, dont la première dépasse le nombre de 8 000, et la seconde celui de 6 000, avec des établissements charitables multipliés aujourd'hui dans le monde entier.
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SAINT PIERRE NOLASQUE
(1189-1256)

SAINT PIERRE NOLASQUE naquit d'une illustre famille, près de Carcassonne, en France, à la fin du XIIe siècle. Il excella, toute sa vie, dans la pratique de la charité à l'égard du prochain. On raconte qu'en présage de cette vertu, lorsqu'il était encore au berceau, un essaim d'abeilles vint construire un rayon de miel dans sa main droite.

Dès son adolescence il perdit ses parents.L'hérésie des Albigeois ravageait alors le Midi de la France. Pour s'y soustraire, il vendit son patrimoine, et se retira en Espagne, où il était appelé par le roi Jacques d'Aragon. Il se rendit ensuite à Barcelone, et y consacra toute sa fortune au rachat des captifs enlevés sur mer par les Sarrasins.
Mais le sacrifice de ses biens ne suffisait pas à sa charité. Il voulait encore se vendre lui-même pour délivrer ses frères et se charger de leurs chaînes.
DIEU lui fit connaître combien ce désir Lui était agréable. Une nuit qu'il priait en songeant à la délivrance des captifs, la Sainte Vierge lui apparut et lui recommanda d'établir, en Son honneur, un Ordre religieux consacré à cette œuvre de charité.
Il s'empressa d'obéir à cet avertissement céleste, d'autant plus que le roi et Raymond de Pennafort avaient reçu en même temps la même révélation.
Il fonda l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des Captifs. Le caractère particulier de cet Ordre, c'est qu'il joignait aux trois voeux ordinaires de Religion un quatrième voeu: celui de se livrer en gage aux païens, s'il en était besoin, pour la délivrance des chrétiens.
A cet exemple héroïque de charité il joignait celui de toutes les vertus. Favorisé du don de prophétie, il prédit au roi d'Aragon la conquête du royaume de Valence sur les Maures. Il était soutenu par de fréquentes apparitions de son Ange Gardien et de la Vierge Mère de DIEU.

Enfin, accablé par l'âge, le travail et la pénitence, il reçut l'avertissement de sa mort prochaine. Lorsqu'on lui eut administré les derniers sacrements, il exhorta encore ses frères à la charité envers les captifs. Puis, en disant ces paroles: "Le SEIGNEUR a envoyé la Rédemption à Son peuple," il rendit son âme à DIEU, au milieu de la nuit de Noël, l'an 1256.
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vendredi 30 janvier 2009

30 JANVIER - SAINTE MARTINE, Vierge et Martyre / SAINTE BATHILDE, Reine de France / SAINT MUTIEN-MARIE


SAINTE MARTINE

Vierge et Martyre

(+ 226)

SAINTE MARTINE naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des œuvres de miséricorde.

L´empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de JESUS-CHRIST trouvèrent Sainte Martine en prières dans une église et l´arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête; mais, conduite à l´empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles; celui-ci ne l´en fit pas moins conduire au temple d´Apollon.

En y entrant, Martine, s´armant du signe de la Croix, pria JESUS-CHRIST, et à l´instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l´idole. L´empereur, irrité, commanda qu´on frappât la vierge à coups de poings et qu´on l´écorchât avec des ongles de fer; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d´autres qu´une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l´empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s´arrêtèrent de fatigue.

Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l´huile bouillante; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L´empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu´il la crut morte; mais s´apercevant qu´il se trompait: "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés? – J´ai mon SEIGNEUR JESUS-CHRIST qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L´empereur, informé de ce qui s´était passé, ordonna que Martine fût menée dans l´amphithéâtre afin d´y être exposée aux bêtes; mais un lion, qu´on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d´Alexandre et le dévora.

Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse JESUS-CHRIST." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l´avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l´instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs.

On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu´on lui eût fait couper les cheveux. L´empereur la croyait magicienne et s´imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de DIEU.

Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu´au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.
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SAINTE BATHILDE

Reine de France

(Morte en 680)

SAINTE BATHILDE naquit en Angleterre, au VIe siècle. Toute jeune encore, à la suite d'une guerre, elle fut vendue comme esclave et achetée à vil prix par un seigneur de la cour du roi français Clovis II. Le jeune roi, charmé de ses vertus, la prit pour épouse. Ce choix providentiel devait avoir pour résultat la gloire de la France : DIEU est admirable dans ses desseins.

Loin de s'enorgueillir de son élévation, Bathilde conserva sur le trône la simplicité de sa vie ; mais elle révéla la plus noble intelligence, les plus hautes qualités et une dignité égale à sa situation. Humble servante et prudente conseillère de son époux, aimant les évêques comme ses pères et les religieux comme ses frères, généreuse pour les pauvres, qu'elle comblait d'aumônes, avocate des malheureux, des veuves et des orphelins, fondatrice de monastères, d'un zèle extraordinaire pour le rachat des captifs et l'abolition de l'esclavage : telle fut sur le trône la digne émule de Sainte Clotilde.

Au milieu de la cour, elle trouvait le temps de vaquer à l'oraison et de s'adonner à tous les devoirs de la piété ; détachée des grandeurs d'ici-bas, elle n'aspirait qu'à prendre un libre essor vers les délicieuses retraites de la prière et du recueillement. La mort de son époux lui imposa des obligations nouvelles, et pendant l'enfance du jeune roi Clotaire, son fils, elle dut porter tout le poids de l'administration d'un vaste royaume.
Si elle le fit avec une haute sagesse, ce ne fut pas sans de grandes épreuves. Sa vertu s'épura dans la tribulation, et c'est sans regret qu'elle put enfin se décharger de la régence et entrer comme simple religieuse an monastère de Chelles, qu'elle avait fondé.

Alors, enfin, elle put se livrer tout entière à l'action de la grâce et s'adonner à la pratique des plus héroïques vertus. Nulle religieuse n'était plus soumise, nulle n'affectionnait davantage les plus humbles emplois, nulle n'observait plus fidèlement le silence; elle fut admirable surtout par son humilité et par le mépris d'elle-même.

Ses sœurs se montrant étonnées de ces bons exemples : "Hélas! dit-elle, quand je me souviens que Jésus, le Roi des rois, est venu pour servir et non pour être servi, et que je le vois laver les pieds de ses disciples, parmi lesquels il y a un traître, je ne sais où je dois me mettre, et il me semble que le plus grand bonheur qui puisse m'arriver, c'est d'être foulée aux pieds de tout le monde. »

A sa mort, en 580, ses sœurs virent monter son âme au ciel et entendirent les anges célébrer son triomphe par de suaves harmonies.

Pratique. Priez beaucoup pour le triomphe de la foi en France.
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SAINT MUTIEN-MARIE
(1841 - 1917)
Le Frère MUTIEN MARIE (Louis-Jospeh WIAUX) que l'Eglise élève aujourd'hui au rang des Saints, naquit le 20 mars 1841 à Mellet, en Belgique, et fut baptisé le jour même.
Ayant reçu de ses parents une éducation profondément chrétienne, appuyée d'exemples, il devint vite lui-même un modèle pour ses compagnons, particulièrement par sa dévotion à la Vierge.

Après ses études primaires, il alla travailler à l'atelier de son père, forgeron de Mellet. Peu de mois après, le SEIGNEUR l'appela à une vie toute consacrée à son service. A quinze ans, le 7 avril 1856, il entre au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes. Le jour de la fête de la Visitation, il revêt l'habit religieux et reçoit le nom de Frère Mutien Marie.

Le champ de son premier apostolat catéchétique et pédagogique fut une classe d'enfants à Chimay. Pendant un an, il enseigne à Bruxelles. En 1859, il est transféré au Collège de Malonne : il y restera jusqu'à sa mort survenue en 1917.

Ayant trouvé des difficultés d'ordre professionnel, attribuables à son jeune âge et à son inexpérience, il court le risque d'être écarté de la Congrégation comme inapte à l'apostolat de l'école. Après cette dure épreuve, il est affecté à des activités humbles et cachées dans des fonctions plutôt modestes: surveillances, leçons élémentaires de dessin et de musique, sans être particulièrement doué pour ces deux disciplines.
Toujours obéissant et serviable, il s'applique à l'étude du piano, de l'harmonium et des autres instruments, et il puise dans l'amour de DIEU, la force d'une constante assiduité au travail, et cela pendant plus de cinquante ans!

Se rappelant que sa Congrégation a été fondée pour l'éducation chrétienne des pauvres", il demande aux Supérieurs la faveur de se rendre à l'école gratuite, annexée au Collège, pour enseigner le catéchisme aux enfants de la classe populaire, dont il se sent très proche: pendant de longues années, il se consacra avec une ardeur extraordinaire à leur faire découvrir les richesses de la Foi. Pour tous ses élèves, riches ou pauvres, grands ou petits, le Frère Mutien est un modèle, un signe de la présence de DIEU et de sa bonté. Le bien qu'il réalise est incalculable: les jeunes dont il s'est occupé en témoignent.

Le trait caractéristique du Frère Mutien est une obéissance, poussée jusqu'à l'héroïsme, à toutes les prescriptions de la Règle. Un des Frères qui vécut de longues années avec lui en communauté donne de lui ce témoignage: "Prenez la Règle, du premier Chapitre jusqu'au dernier, et, sous chaque article, écrivez : le Frère Mutien l'a observé à la lettre! Ce sera sa biographie la plus fidèle!".

Dans une sereine et confiante adhésion à la volonté des Supérieurs, pendant plus de cinquante ans, il exécute fidèlement les tâches qui lui sont confiées. Le Frère Mutien s'est fixé un choix précis: faire en tout et avec la plus grande perfection, la volonté de DIEU.

Conformément aux enseignements de son Fondateur, il se laisse guider par la Foi, qui lui fait voir DIEU en toutes ses actions. Le nouveau Saint vit constamment avec le SEIGNEUR sans jamais perdre le sentiment de sa présence. A quatre heures et demie du matin, il est déjà à genoux devant le Tabernacle. Puis, il se rend à l'autel de Marie. Pendant la journée, il égrène son chapelet: le mouvement de ses lèvres révèle sa prière continuelle.

Ses visites au Saint Sacrement sont fréquentes pendant la journée; il y ajoute les pèlerinages à la grotte de la Vierge de Lourdes et à d'autres lieux de dévotion. Les élèves, témoins de son admirable piété, l'appellent "le Frère qui prie toujours". Il leur recommande avec insistance la dévotion à l'Eucharistie et à la Très Sainte Vierge, et tous savent que l'invitation résulte d'une pratique personnelle journalière et persévérante.

En toute humilité et avec une extrême gratitude, il dira, à la fin de sa vie: "Qu'on est heureux quand on est, comme moi, sur le bord de la tombe, d'avoir toujours eu une grande dévotion à la Très Sainte Vierge!". Ce fut le dernier message de sa vie, alors qu'il entrait en agonie. Au matin du 30 janvier 1917, il rendit sa belle âme à DIEU.

Le jour même de sa mort, on signalait des faveurs, attribuées à son intercession. Et, bientôt, se fut un défilé de pèlerins venant prier sur sa tombe. Les miracles se multiplient. Six ans plus tard, un tribunal ecclésiastique est établi pour la procédure canonique en vue de la Béatification et de la Canonisation.

Le Pape Paul VI en 1977 proclame Bienheureux, cet humble religieux dont la vie fut toute de prière, d'humilité, de travail et d'obéissance. Aujourd'hui Jean Paul II le présente comme modèle à tous les chrétiens et, tout particulièrement, à ses confrères et aux éducateurs, auxquels est confiée la tâche délicate de former des citoyens honnêtes pour les réalités terrestres et des élus pour le Ciel.
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jeudi 29 janvier 2009

29 JANVIER - SAINT SULPICE SEVERE / SAINT GILDAS LE SAGE

SAINT SULPICE SEVERE (IVème siècle)

Né à Agen, il se fit avocat et se maria avant de tout quitter (y compris sa femme) pour se mettre au service de DIEU.

Seule sa belle-mère ne le condamna pas et lui fournit une petite terre près de Carcassonne pour qu'il puisse se retirer, en ermite.


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SAINT GILDAS LE SAGE
(Mort en 570)
Ce noble breton voit le jour en Ecosse vers la fin du 5ème siècle, l’année où les Bretons romanisés battent les Saxons envahisseurs. D’après nombre d’hagiographes, il aurait étudié dans un monastère du pays de Galles, sous la direction d’un disciple de Saint Germain l’Auxerrois.

Ordonné prêtre en 518, cet apôtre, surnommé "le sage", convertit d’abord ses compatriotes par une éloquence sacrée aussi simple qu’efficace. Avec le même succès, il passe en Irlande (Saint Colomban d’ailleurs lui rendra hommage) pour aboutir en Armorique, la petite Bretagne continentale.

D’abord installé dans l’île d’Houat, il va vivre en ermite dans la presqu’île de Rhuys qui ferme, au sud, le golfe du Morbihan. Il y fondera une abbaye qui porte aujourd’hui son nom et où on l’honore toujours.

Abélard, le savant théologien du Moyen Age, en sera l’abbé au XIIème s. Troublé par l’effondrement de la civilisation romaine sous les coups successifs des envahisseurs saxons, il écrit "De la ruine de la Bretagne" ouvrage qui connaîtra un grand succès durant tout le haut Moyen Age.

"Par le CHRIST, je vous en conjure, mes fils, ne vous disputez pas ma dépouille. Dès que j’aurai rendu l’esprit, enlevez-moi, déposez-moi sur un esquif, mettez sous mes épaules la pierre sur laquelle j’ai reposé ma tête durant ma vie. Que nul d’entre vous ne demeure sur le bateau, mais poussez-le à la mer pour qu’il aille où DIEU voudra. "

(Saint Gildas à ses frères, au moment de mourir.)

mercredi 28 janvier 2009

28 JANVIER - SAINT THOMAS D'AQUIN, Docteur de l'Eglise


SAINT THOMAS D'AQUIN

Docteur de l'Eglise

(1225-1274


SAINT THOMAS D'AQUIN naquit au château de Rocca-Secca, près de la petite ville d'Aquino, dans le royaume de Naples, l'année 1226, la même qui vit descendre au tombeau Saint François d'Assise, et Saint Louis monter sur le trône de France.

Il fut le plus grand homme de son époque et l'une des plus éclatantes lumières de l'Église dans tous les temps. Un fait charmant de son enfance nous montre déjà en lui le prédestiné de DIEU. Il était encore au berceau, quand un jour sa nourrice voulut lui ôter de la main un papier qu'il tenait ; mais l'enfant se mit à crier. La mère survint ; piquée de curiosité, elle arrache enfin de force le papier des mains de son fils, malgré ses cris et ses larmes, et elle voit avec admiration qu'il ne contient que ces deux mots : Ave, Maria.

Devenu plus grand, Thomas fut élevé au mont Cassin, non loin du château familial, dans la célèbre école des Bénédictins, et à l'âge de dix-huit ans, malgré ses parents, il entra chez les Dominicains, à Naples.

Sa noble et toute-puissante famille fit une guerre acharnée à sa vocation; on employa tout pour le perdre. Arraché à son monastère, il fut jeté en prison dans une tour du château paternel, et on introduisit près de lui une courtisane pour amollir son cœur. A la vue de la tentatrice, Thomas, sans défense, saisit dans le foyer un tison enflammé et la mit en fuite. Il se jeta ensuite à genoux et s'endormit ; pendant son sommeil, il vit les anges descendre du ciel pour le féliciter de sa victoire et lui ceindre les reins, en lui disant : "Recevez de la part de DIEU le don de chasteté perpétuelle".

Toute sa vie, il garda la plus parfaite réserve, et son confesseur put déclarer après sa mort que Thomas était mort aussi pur qu'un enfant de cinq ans. Victorieux de tous les obstacles, il put enfin suivre sa vocation et fit d'immenses progrès dans les sciences. Silencieux an milieu de la foule des étudiants, ne conversant qu'avec DIEU, il avait reçu le surnom de Bœuf muet; mais son professeur dit un jour de lui, en public : "Vous voyez ce bœuf que vous appelez muet, eh bien! Il fera retentir bientôt tout l'univers de ses mugissements."

Cette parole était prophétique. D'élève devenu le premier des maîtres, il illustra toutes les universités où l'obéissance le conduisit pour enseigner. Le plus grand des miracles de sa vie, ce sont les ouvrages incomparables et immenses qu'il trouva le temps d'écrire au milieu d'accablantes occupations.

Il entendit un jour JESUS-CHRIST lui adresser, du fond du tabernacle, cette parole célèbre : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. »

Ce grand docteur, ami de Saint Louis, bras droit des papes, mourut à quarante-neuf ans. Les faits intéressants de sa vie demanderaient un volume entier.

Pratique. Ne passez pas un seul jour sans faire quelque lecture chrétienne.

mardi 27 janvier 2009

27 JANVIER - SAINT ANGELE DE MERICI, vierge

SAINTE ANGÈLE DE MÉRICI,

Vierge, fondatrice de religieuses des Ursulines

(1474-1540)


ANGELE DE MERICI naquit le 21 mars 1474 et fut élevée à l'école des saints, dont un pieux père lui lisait chaque soir les exemples ; aussi n'est-il pas étonnant qu'elle ait eu dès son enfance des aspirations vers la sainteté.

Privée, jeune encore, de tous ses parents, elle se sentit au cœur un grand zèle pour la répression des désordres de la société : « Ces désordres, disait-elle, viennent de ceux de la famille ; les familles dépendent surtout de la mère ; il y a peu de mères chrétiennes, parce qu'on néglige l'éducation des jeunes filles. »

Remontant ainsi aux sources du mal, elle se proposait de le combattre avec le secours du Ciel. Un jour elle eut une vision : "Une échelle touchait par ses deux extrémités la terre et le ciel; une foule brillante de vierges y montaient deux à deux, pendant que les anges faisaient entendre une ravissante musique : Prends courage, Angèle, lui dit une voix, tu établiras une compagnie de vierges semblables à celles-ci. "

Angèle attendit pendant vingt ans que DIEU lui fournît les moyens nécessaires à l'accomplissement de ses desseins. On la voyait pénétrer sous le toit du pauvre pour l'instruire, dans l'atelier de l'ouvrier pour le ramener à DIEU.

Que d'âmes elle convertit par ce simple mot : " DIEU est ici!" DIEU lui donna, sans études, une science si admirable, que les théologiens eux-mêmes allaient lui demander le secours de ses lumières. Un ange lui apparut enfin, lui reprochant ses longs retards et la frappant d'une verge de fer. Angèle se mit aussitôt à l'œuvre, réunit ses compagnes et jeta les fondements de sa congrégation d'Ursulines ou Filles de Sainte Ursule.

Les filles d'Angèle s'attachèrent surtout à former le cœur de l'enfance aux principes de la vie chrétienne et à refaire ainsi la société en proie au vice et à l'ignorance. En peu d'années elles prirent un tel développement, qu'on vit clairement le doigt de DIEU dans cette fondation nouvelle.

Partout on les réclamait, partout elles opéraient des merveilles. Désormais l'œuvre d'Angèle était accomplie, cinq années avaient suffi pour assurer l'avenir ; la fondatrice sentit qu'elle allait mourir.

Elle réunit ses filles désolées autour de sa couche : "Mes filles, leur dit-elle, que la charité règne parmi vous !" Souvent elle répétait : « Oh ! Qui me donnera des ailes pour voler vers mon DIEU bien-aimé ! »

JESUS fut sa dernière parole. C'était le 28 janvier 1540.

Pratique. Dans votre sphère d'action, procurez la bonne et chrétienne éducation à des enfants.

26 JANVIER - SAINT TIMOTHEE, Evêque et Martyr / SAINT TITE, Evêque et Disciple de Saint-Paul





SAINT TIMOTHÉE
Évêque et Martyr
(Mort en 97)

SAINT TIMOTHEE était né en Lycaonie, dans la ville de Lystres, qui fut évangélisée par Saint Paul. Le passage du grand Apôtre fut la cause de la conversion de Timothée et sa famille.

Plus tard, quand Paul revint à Lystres, il remarqua Timothée et résolut de se l'associer dans l'apostolat, malgré sa jeunesse. L'admirable jeune homme sacrifia avec joie toutes les espérances terrestres et consentit à quitter sa famille pour se donner entièrement à DIEU et supporter toutes les fatigues et toutes les persécutions de la vie apostolique.

Dès lors on peut voir Timothée partout à côté de saint Paul, et à la confiance de l'un répond le dévouement de l'autre. Le jeune disciple ayant accompagné son maître à Jérusalem, en l'an 53, assista l'année suivante à la mort bienheureuse et à la glorieuse Assomption de Marie. Quelle tristesse et quelle consolation! Qui dira les émotions de saint Timothée au milieu de tous ces événements?

C'est une des gloires du disciple d'avoir reçu deux épîtres célèbres de son maître. Dans la première, Paul adressait à Timothée ces conseils touchants : « Que personne ne méprise ta jeunesse; mais sois l'exemple des fidèles, dans les discours, dans la manière d'agir, dans la charité, dans la foi, dans la chasteté. Jusqu'à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. Ne néglige pas la grâce qui est en toi, qui t'a été donnée en vertu d'une prophétie, avec l'imposition des mains des prêtres. Médite ces choses, sois-y tout entier, afin que ton avancement soit connu de tous. Veille sur toi-même et sur ta doctrine, veilles-y sans relâche. En agissant ainsi, tu te sauveras toi-même et ceux qui t'écoutent.

Après la mort de Saint Paul, Timothée, qui avait été préposé par son maître à l'église d'Ephèse, eut la consolation d'y vivre en l'amitié et la présence du disciple bien-aimé de JESUS, l'Apôtre Saint Jean.

Un jour que les Éphésiens célébraient par des orgies une des fêtes de leur déesse Diane, le Saint évêque d'Ephèse, indigné, se jette an milieu de ce peuple insensé, lui représente la folie de sa conduite et l'invite à se convertir an christianisme; mais il est entouré par des furieux, accablé de coups de pierres et de massues et laissé pour mort.

Ses disciples le relèvent et le transportent dans le voisinage, où il expire bientôt dans leurs bras et rejoint dans la gloire son maître Saint Paul, le 22 janvier de l'an 97.

L'Église honore en lui l'un des plus célèbres et des plus saints disciples des Apôtres.

Pratique.
Vouez une confiance et une soumission entières aux prêtres, vos guides dans le chemin du ciel, car c'est Dieu même qu'ils représentent auprès de vous.



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SAINT TITE
Évêque et Disciple de Saint Paul
1er siècle

SAINT TITE naquit de parents idolâtres et dut sa conversion à Saint Paul. La sainteté, le zèle, la vie admirable de celui que le grand Apôtre appelait son fils et qu'il appela bientôt son frère fit qu'il l'associa à son ministère; il le choisit comme son interprète auprès des Grecs.

Il n'est rien de touchant comme les expressions pleines de tendresse et d'affection dont il se sert chaque fois que dans ses lettres il parle de son disciple. Étant venu à Troade pour les intérêts de l'Évangile, il nous dit qu'il n'eut point l'esprit en repos parce qu'il n'y trouva pas ce frère aimé. Ailleurs il s'exprime en ces termes: "Celui qui console les humbles, DIEU, nous a consolé par l'arrivée de Tite."

Nous voyons aussi Tite accompagner son maître à Jérusalem et assister avec lui au premier Concile. C'est alors que les Juifs convertis voulurent le forcer à se faire circoncire et qu'il réclama, en refusant avec énergie, la liberté de l'Évangile pour lui et les gentils.

Des divisions et des scandales s'élevèrent dans l'Église de Corinthe; pour les faire cesser, Saint Paul envoya son fidèle disciple qui l'avait suivi à Éphèse. Tite fut accueilli avec respect et vénération par l'Église de Corinthe, il remit tout dans l'ordre, et, après avoir fait un bien immense à la chrétienté, il vint rejoindre Saint Paul en Macédoine et lui rendre compte de sa mission et de ses heureux résultats.

Le maître, heureux et content, renvoya, quelques temps après, le disciple à Corinthe porter les aumônes qu'il avait recueillies lors de son premier voyage et pour préparer les esprits des fidèles à recevoir quelques Macédoniens que saint Paul se proposait de leur mener lui-même.

Six années durant, Tite accompagna Saint Paul dans ses voyages, prêchant l'Évangile avec lui et déployant un zèle infatigable pour gagner des âmes à JESUS-CHRIST. Quand, après sa sortie de prison, en 63, Saint Paul eut évangélisé l'île de Crète, il y laissa Tite pour continuer son œuvre.

En 64, Saint Paul, qui ne pouvait se passer de Tite et qui avait besoin de lui pour l'édification des Églises nouvellement fondées, lui écrivit, dans le courant de l'automne, la lettre que nous avons à son adresse; il lui mandait de partir aussitôt que seraient arrivés ceux qu'il envoyait pour le remplacer et de venir le rejoindre à Nicopolis en Épire, où il devait passer l'hiver.

Nous le retrouvons en 65, prêchant l'Évangile aux Dalmates. Après la mort de Saint Paul il retourna en Crète, gouverna sagement cette Église et évangélisa toutes les îles voisines. Plein de mérites et de jours, il s'endormit dans le SEIGNEUR, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Pie IX a fixé la célébration de sa fête au premier jour libre après le 4 janvier.

dimanche 25 janvier 2009

25 JANVIER - LA CONVERSION DE SAINT PAUL

SAINT PAUL était Juif, de la tribu de Benjamin, et naquit à Tarse, en Cilicie, dont les habitants étaient considérés comme citoyens romains. Il reçut une instruction fort soignée et devint, jeune encore, l'un des membres les plus distingués de la secte des Pharisiens.

Son attachement aux traditions de ses pères, sa haine contre les chrétiens, sa présence an supplice de Saint Etienne, son acharnement à poursuivre les disciples de JESUS-CHRIST, à les traîner en prison, à les battre de verges, ont poussé les interprètes de l'Écriture à voir en lui la réalisation de la prophétie de Jacob, concernant son fils Benjamin : « Benjamin est un loup ravisseur. » Mais une hymne chrétienne a heureusement complété l'application de la prophétie, en disant : « Le loup ravisseur s'est changé en agneau. »

Saul (c'était le premier nom du grand apôtre) approchait de Damas, où il allait persécuter les chrétiens, accompagné de soldats et d'émissaires de la synagogue de Jérusalem, quand tout à coup il est renversé de son cheval et couché à terre par une force invisible. Une brillante clarté l'environne et une voix lui dit : "Saul, pourquoi me persécutez-vous? — Qui êtes-vous, SEIGNEUR? — Je suis JESUS, que vous persécutez. — SEIGNEUR, que voulez-vous que je fasse? — Levez-vous, entrez dans la ville, et là vous apprendrez ce que vous devez faire."

Saul était devenu aveugle ; ses compagnons le conduisirent à Damas. Un serviteur de DIEU, nommé Ananias, averti en songe, alla le trouver, lui rendit la vue et lui conféra le baptême. Dès lors, Saul devenu Paul, n'est pas seulement un converti, un chrétien, c'est un apôtre, c'est l'apôtre par excellence qui étonnera le monde et fera l'admiration des siècles par ses écrits sublimes et inspirés, par ses saintes audaces, ses travaux, les merveilles de son apostolat et la gloire de son martyre.

Que de leçons dans cette conversion étrange et foudroyante ! Nous y voyons la puissance toute divine de la grâce à laquelle rien ne résiste ; la sagesse de DIEU, qui se plaît à confondre la fausse sagesse du monde ; la miséricorde inénarrable du SEIGNEUR, qui ne rebute personne et peut faire du plus grand des pécheurs le plus insigne des saints.

Ne désespérons jamais du salut de personne, tout est possible à la prière et à la grâce. Ne nous décourageons jamais dans les épreuves personnelles, DIEU tient le fil de tous les événements; ne nous décourageons pas dans les épreuves de l'Église : DIEU se plaît à tout sauver quand tout semble perdu, afin que les hommes aveugles soient obligés de dire : « C'est l'œuvre de DIEU seul. »

Pratique. Priez pour la conversion des grands pécheurs.

samedi 24 janvier 2009

24 JANVIER - SAINT FRANCOIS DE SALES, Evêque et Docteur de l'Eglise

SAINT FRANCOIS DE SALES naquit le 21 août 1567, au château de Sales en Savoie, de parents plus recommandables encore par leur piété que par la noblesse de leur sang. Nommer ce Saint, c'est personnifier la vertu de douceur ; il fut le saint aimable par excellence et, sous ce rapport particulièrement, le parfait imitateur de Celui qui a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »

Ce sera là toujours le cachet et la gloire de François de Sales. Toutes les vertus, du reste, lui étaient chères, et sa vie, depuis son enfance, nous en montre le développement progressif, constant et complet.

Jeune enfant, au collège, il était le modèle de ses condisciples, et dès qu'ils le voyaient arriver, ils disaient : « Soyons sages, voilà le saint! » Jeune homme, il mena la vie des anges. Prêtre, il se montra digne émule des plus grands apôtres, par ses travaux et par les innombrables conversions qu'il opéra parmi les protestants. Evêque, il fut le rempart de la foi, le père de son peuple, le docteur de la piété chrétienne, un pontife incomparable.

Revenons à sa douceur ; elle était si étonnante, que Saint Vincent de Paul pouvait dire : "Que DIEU doit être bon, puisque l'évêque de Genève, son ministre, est si bon!". Un jour, ses familiers s'indignaient des injures qu'un misérable lui adressait, et se plaignaient de le voir garder le silence : « Eh quoi! dit-il, voulez-vous que je perde en un instant le peu de douceur que j'ai pu acquérir par vingt ans d'efforts? ».

« On disait communément, écrit Sainte Jeanne de Chantal, qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de gagner sa faveur que de lui faire du mal, et que c'était la seule vengeance qu'il sût exercer. » — «Il avait un cœur tout à fait innocent, dit la même sainte ; jamais il ne fit aucun acte par malice ou amertume de cœur. Jamais on n'a vu un cœur si doux, si humble, si débonnaire, si gracieux et si affable qu'était le sien. »

Citons quelques paroles de François lui-même : « Soyez, disait-il, le plus doux que vous pourrez, et souvenez-vous que l'on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu'avec cent barils de vinaigre. S'il faut donner en quelque excès, que ce soit du côté de la douceur. » — « Je le veux tant aimer, ce cher prochain, je le veux tant aimer! Il a plu à DIEU de faire ainsi mon cœur! Oh ! Quand est-ce que nous serons tout détrempés en douceur et en charité pour le prochain ! »

Saint François de Sales mourut à Lyon, le jour des saints Innocents, 1622.

Pratique. Pratiquez en toute occasion la vertu de douceur.

jeudi 22 janvier 2009

22 JANVIER - SAINT VINCENT, Diacre et Martyr

SAINT VINCENT, l'un des plus illustres martyrs de JESUS-CHRIST, naquît à Saragosse, en Espagne. Son éducation fut toute chrétienne, et il fit, sous la direction de l'évêque Valère, de rapides progrès dans la connaissance des saintes Lettres.

Il était diacre, quand Dacien, gouverneur d'Espagne, l'un des plus cruels persécuteurs qu'ait jamais eus l'Église, en fit une des premières victimes de sa fureur. Rien n'est plus beau que le récit de son interrogatoire : "Ta naissance, Vincent, dit le juge, et ta brillante jeunesse excitent tonte ma sympathie ; renonce à ta religion et choisis entre les honneurs ou les tourments. — Tu as pris trop de peine, répond le martyr, pour me faire apostasier; je resterai chrétien et saurai mourir joyeusement pour la vérité. Les souffrances me vaudront la couronne des élus. »

Comme prélude de son supplice, Vincent est étendu sur un chevalet, et, sons l'action des cordes et des roues, ses nerfs se rompent et ses membres se brisent : « Eh bien! Dis-moi maintenant quelle est ta foi, reprend le féroce Dacien. — Tu combles aujourd'hui mes vœux, dit le martyr, laisse libre cours à ta rage, tes fureurs me conduisent à la gloire. »

Le tyran s'irrite contre les bourreaux, trop timides dans leur besogne, et le supplice recommence plus horrible encore, à coups d'ongles de fer. Vincent sourit dans les tortures : « Vos idoles, dit-il, sont de bois et de pierre ; servez, si vous voulez, ces vains fantômes; pour moi, je ne sacrifie qu'au DIEU vivant qui est béni dans tous les siècles. »

Dacien lui-même est touché de l'affreux état où il a mis sa victime : « Aie pitié de toi, Vincent, ne méprise pas ainsi la jeunesse dans sa fleur, épargne-toi de plus terribles châtiments. » Mais le saint diacre ne cède pas plus aux flatteries qu'aux menaces : « Langue de vipère, dit -il, je crains plus ton poison que tes tourments. J'ai pour me soutenir la parole de mon SAUVEUR, qui a dit : "Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent rien sur l'âme. »

Alors on prépare un vaste gril de fer dont les barres sont autant de scies aux pointes aiguës ; on le place sur un brasier ardent et on y jette le martyr, qui bénit DIEU dans son affreux supplice.

Vainqueur du tyran, Vincent est retourné dans son cachot et soumis à de nouvelles tortures. Au milieu de la nuit, les anges viennent le consoler : "Réjouis-toi, lui disent-ils, bientôt ton âme, libre du joug de la chair, va prendre place parmi nous !"

Vincent rendit peu après le dernier soupir ; il avait vingt- deux ans. C'était en 304. Saint Augustin a dit de lui : « Enivré du vin qui rend fort et chaste, Vincent triompha des tyrans qui voulaient rainer le règne de JESUS-CHRIST".

Pratique. Rougissez de votre sensualité et mortifiez vos sens avec courage.

mercredi 21 janvier 2009

21 JANVIER - SAINTE AGNES, Vierge et Martyre

La fête de ce jour nous rappelle un des plus touchants et des plus beaux triomphes de là foi chrétienne ; elle nous montre une faible enfant de treize ans sacrifiant, pour l'amour de JESUS-CHRIST, tout ce que le monde a de plus séduisant, noblesse, fortune, jeunesse, beauté, plaisirs, honneurs.

L'admiration pour cet héroïsme ne suffit pas; le martyre de SAINTE AGNES renferme de grandes leçons, qu'il faut mettre en pratique.

Agnès, enfant de l'une des plus nobles familles de Rome, se consacra au Seigneur dès l'âge de dix ans. Elle avait à peine treize ans, quand un jeune homme païen, fils du préfet de Rome, la demanda en mariage ; mais Agnès lui fit cette belle réponse : « Depuis longtemps je suis fiancée à un époux céleste et invisible ; mon cœur est tout à lui, je lui serai fidèle jusqu'à la mort. En l'aimant, je suis chaste ; en l'approchant, je suis pure; en le possédant, je suis vierge. Celui à qui je suis fiancée, c'est LE CHRIST que servent les anges, LE CHRIST dont la beauté fait pâlir l'éclat des astres. C'est à lui, à lui seul, que je garde ma foi, c'est à lui que je me dévoue entièrement. »

Peu après, la noble enfant est traduite comme chrétienne devant le préfet de Rome, dont elle avait rebuté le fils; elle persévère dans son refus, disant : "Je n'aurai jamais d'autre époux que JESUS-CHRIST."

Le tyran veut la contraindre à offrir de l'encens aux idoles, mais sa main ne se lève que pour faire le signe de la Croix.

Supplice affreux pour elle : on la renferme dans une maison de débauche. « Je ne crains rien, dit-elle, mon Époux, JESUS-CHRIST, saura garder mon corps et mon âme. » Et voici, ô miracle, que ses cheveux, croissant soudain, servent de vêtement à son corps virginal, une lumière éclatante l'environne, et un ange est à ses côtés.

Le seul fils du préfet ose s'approcher d'elle, mais il tombe foudroyé à ses pieds. Agnès lui rend la vie, et, nouveau prodige, le jeune homme, changé par la grâce, reconnaît le DIEU du ciel et se déclare chrétien.

Agnès est jetée sur un bûcher ardent, mais les flammes la respectent et forment comme une tente autour d'elle et au-dessus de sa tête. Pour en finir, le juge la condamne à avoir la tête tranchée.

Le bourreau tremble, il faut qu'Agnès l'encourage : « Frappez, dit-elle, frappez sans crainte, pour me rendre plus tôt à Celui que j'aime ; détruisez ce corps qui, malgré moi, a plu à des yeux mortels. »

Le bourreau frappe enfin, et l'âme d'Agnès s'envole au ciel le 21 janvier 304. Les actes de son martyre mettent dans sa bouche ces belles paroles : « Je suis toute à mon Époux céleste; je l'aime plus que ma vie, et je suis prête à mourir pour Lui. »

Pratique. Ayez un soin jaloux de conserver purs votre âme et votre corps.

mardi 20 janvier 2009

20 JANVIER - SAINT FABIAN, Pape et Martyr / SAINT SEBASTIEN, Martyr

SAINT FABIEN

Pape et Martyr

(250)


SAINT FABIAN monta sur la chaire de saint Pierre en 256. DIEU manifesta le choix qu'il avait fait de lui par une colombe, descendue tout à coup d'en haut, qui alla se poser sur sa tête.

Une telle entrée dans le gouvernement de l'Église suppose de hautes vertus et promet des événements remarquables, mais l'histoire n'en a pas conservé le souvenir.

Saint Cyprien résume l'éloge de Saint Fabien en lui donnant le titre d'homme incomparable. Le martyre couronna sa vie en l'an 250.

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SAINT SÉBASTIEN
Martyr
( + 288)


SAINT SEBASTIEN, né à Narbonne, a reçu le glorieux titre de Défenseur de l'Église romaine.

On pense que, renonçant à une brillante carrière dans sa patrie, il entra dans l'armée afin de pouvoir plus facilement servir ses frères dans la foi. Ses grandes qualités le firent bientôt connaître à la cour ; il s'y distingua et devint en peu de temps un des favoris de Dioclétien, qui le nomma capitaine de la première compagnie de ses gardes.

Cette position favorisa ses desseins. Bon nombre de chrétiens lui durent de ne pas faiblir devant les supplices, il fut pour les païens l'occasion d'une foule de conversions; la grâce de DIEU était en lui, et le Ciel confirmait son zèle par les miracles. Un apostat le trahit enfin, et il fut traduit comme chrétien devant l'empereur.

Sébastien parut sans frayeur en face du tyran, et se proclama disciple de JESUS-CHRIST : « Quoi! lui dit Dioclétien, je t'ai comblé de mes faveurs, tu habites mon palais, et tu es l'ennemi de l'empereur et des dieux? — J'ai toujours invoqué JESUS-CHRIST pour votre salut et la conservation de l'empire, reprit Sébastien, et j'ai toujours adoré le DIEU du ciel. »

L'empereur, écumant de rage, le livra à une troupe d'archers pour être percé de flèches. Tout couvert de blessures, on le laissa pour mort, baigné dans son sang. Mais, recueilli par une dame chrétienne, il fut bientôt providentiellement guéri.

Il alla lui-même se présenter devant Dioclétien, qui, stupéfait de le voir, lui dit : "Quoi! Vous êtes Sébastien, que j'avais ordonné de faire mourir à coups de flèches? — Le SEIGNEUR, dit Sébastien, m'a guéri, afin de protester en présence de tout le peuple contre l'injuste persécution dont vous accablez les chrétiens, qui sont les meilleurs et les plus fidèles citoyens de l'empire. »

L'empereur le fit traîner dans le cirque, pour y être assommé à coups de bâtons. Ce fut le 20 janvier 288 qu'il acheva son sacrifice. L'Église l'a toujours honoré comme l'un de ses plus illustres martyrs.

Pratique. Faites naitre et grandir en vous un zèle ardent pour la sanctification de votre prochain.

lundi 19 janvier 2009

19 JANVIER - SAINT CANUT, Roi du Danemark et Martyr

SAINT CANUT
(1040-1086)

SAINT CANUT, roi de Danemark, alliait toutes les qualités de l'âme à celles du corps. Élevé dans la religion chrétienne, encore peu répandue en ce pays, il l'embrassa de cœur et y conforma généreusement sa conduite, chose rare, parmi les jeunes seigneurs de son entourage. Aux vertus du citoyen et du chrétien, il joignit les qualités qui font les grands rois.
Comprenant qu'il est du devoir d'un prince de défendre ses sujets, il aimait à s'exercer au métier des armes et devint bientôt maître dans l'art militaire. A la bataille, il était le premier et ne reculait jamais. Placé, jeune encore, à la tête des armées danoises, chacun de ses combats fut une victoire. Mais ce fut sur le trône qu'éclatèrent complètement ses qualités et ses vertus.
Canut comprenait que l'obéissance au Roi éternel est la seule et véritable grandeur; il estimait peu sa couronne passagère, en comparaison de celle que la pratique de l'Évangile lui mériterait dans le Ciel. La frugalité de sa table, la simplicité de ses vêtements, faisaient un contraste frappant avec le luxe de sa cour. Cependant il savait, à l'occasion, faire respecter sa dignité et imposer à tous par sa majesté et par la crainte de sa juste autorité.
En voici un exemple: Un chef danois, pour faire face à ses folles dépenses, ne rougit pas d'exercer le criminel métier de pirate et de brigand; un jour le roi de Danemark apprend que son vassal avait pillé un vaisseau norvégien et massacré l'équipage. Il fait saisir le coupable, le convainc du crime par son propre aveu et le condamne à mort sans craindre la vengeance de sa puissante famille.
Ce roi juste était le plus loyal des hommes, et sa bonté d'âme égalait sa fermeté. Austère et pieux, comme un moine, il jeûnait souvent, passait les nuits en oraison et n'avait qu'un soin, celui d'étendre la foi dans son royaume, comprenant bien qu'elle est la vraie source de tout progrès et de toute civilisation.
Le démon, l'ennemi des âmes, suscitait dans l'ombre des ennemis à ce saint roi; pendant qu'il priait dans une église, il fut entouré par des assassins, et, plutôt que de fuir, il continua sa prière et se laissa poignarder à genoux sur les marches de l'autel.

DIEU vengea sa mort en affligeant le Danemark de plusieurs calamités, et des guérisons miraculeuses s'opérèrent à son tombeau.

Pratique. Priez pour que DIEU suscite dans son Église des gouvernements chrétiens.

dimanche 18 janvier 2009

18 JANVIER - LA CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME

La Sainte Église a institué la fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome pour célébrer cette mémorable journée en laquelle le prince des Apôtres, après avoir tenu sept ans son siège apostolique à Antioche, vint à Rome combattre le paganisme dans son centre et dans sa source.

Le dessein était audacieux ; mais l'ESPRIT-SAINT l'inspira à celui que naguère la voix d'une servante avait fait trembler. La sagesse divine réservait au prince des Apôtres de planter la foi dans cette ville, maîtresse de l'univers, afin que de là elle se répandît facilement chez tous les peuples.

Assurément la victoire du christianisme serait complète si la capitale du monde païen devenait la capitale du monde régénéré, si le trône des Césars devenait le trône des chefs de l'Église de JESUS-CHRIST, si l'empire du démon croulait sur ses vieilles bases pour donner place à l'empire du SAUVEUR

C'est ce qui arriva, en dépit de toutes prévisions humaines, parce que la volonté de DIEU ne connaît pas d'obstacles. N'était-il pas juste de célébrer par une fête la prise de possession de Rome par Saint Pierre? Pour entrer dans l'esprit de cette fête, témoignons à JESUS-CHRIST notre reconnaissance et affermissons notre foi à son Église.

Heureux sommes-nous de vivre dans la communion de l'Église romaine, seule vraie Église, hors de laquelle il n'y a point de salut ; enfants du Pontife romain, nous marchons à la vraie lumière, nous suivons le droit chemin, nous arrivons sûrement au ciel.

Notre naissance au sein de l'Église romaine, hors du paganisme, des hérésies et des schismes, est un don gratuit de Dieu et une marque insigne de sa prédilection.
Grâces éternelles lui en soient rendues !

De plus, quel sujet d'affermir notre foi! Cette Église, dont nous sommes les enfants, elle est l'œuvre de DIEU ; nulle force humaine n'a contribué à son établissement ni à son triomphe ; elle doit tout à la puissance divine ; le monde tout entier s'est levé contre elle, mais elle a vaincu le monde; les Césars ont voulu l'égorger à sa naissance, mais elle a supplanté les Césars.

Les persécutions, qui devaient la tuer, l'ont fait naître et grandir à l'infini; la faiblesse de ses chefs a fait leur force, et de même que le CHRIST a sauvé l'humanité par sa mort, c'est par sa mort plus que par sa vie que Saint Pierre a fait de Rome le centre immortel de
l'Église.

Rome! Ce grand nom nous rappelle bien des gloires; mais, de toutes ces gloires, la plus vraie, la plus solide, la plus brillante, c'est d'être devenue, par la prise de possession de Saint Pierre, la capitale du monde chrétien et le phare lumineux qui éclaire tout l'univers.

Pratique. Priez beaucoup pour le triomphe de l'Église contre l'impiété.

samedi 17 janvier 2009

17 JANVIER - SAINT ANTOINE, Abbé, Premier Père des Solitaires d'Egypte


SAINT ANTOINE

Abbé, Premier Père des Solitaires d’Égypte
(251-356)


SAINT ANTOINE naquit à Côme, dans la Haute-Égypte, en 251. Si la gloire de l’ermite Paul est d’avoir donné le premier exemple connu de la vie cachée au désert, celle d’Antoine est d’avoir réuni des peuples de solitaires sous les règles d’une vie commune.

Antoine avait reçu de ses excellents parents une éducation profondément chrétienne. Peu de temps après leur mort, étant âgé de dix-huit ans, il entendit lire, à l’église, ces paroles de l’Évangile: « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres. »

Il prend aussitôt cette parole pour lui, et voulant l’accomplir à la lettre, il se retire dans le désert, où il partage son temps entre la prière et le travail; il fait son unique repas après le coucher du soleil, d’un peu de pain, de sel et d’eau, et garde parfois l’abstinence jusqu’à quatre jours entiers; le peu de sommeil qu’il se permet, il le prend sur une simple natte de jonc ou sur la terre nue.

A deux reprises, il s’enfonce plus avant dans le désert et s’abîme de plus en plus dans la pénitence et la prière. La persécution le fait retourner dans le monde: « Allons, dit-il, voir les triomphes de nos frères qui combattent pour la cause de DIEU; allons combattre avec eux. »

On le voyait soulager les confesseurs de JESUS-CHRIST dans les cachots, les accompagner devant les juges et les exhorter à la constance. Son courage étonnait les juges et les bourreaux; il alla cent fois au-devant du martyre; mais DIEU lui réservait une autre couronne.

La persécution ayant cessé, il retourna au désert, fonda des monastères et devint le père d’une multitude de religieux. Le travail des mains, le chant des cantiques, la lecture des Saints Livres, la prière, les jeûnes et les veilles étaient leur vie.

Le désert, habité par des anges, florissait de toutes les vertus, et Antoine était l’âme de ce grand mouvement cénobitique. Il mourut à l’âge de cent cinq ans. Sa joie en quittant cette terre, fut si grande, qu’il semblait voir le Ciel ouvert devant ses yeux, et les esprits célestes prêts à lui faire escorte.

Saint Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort; les malins esprits prenaient pour l’épouvanter les formes les plus horribles; mais il se moquait de leurs efforts. Après les avoir chassés par le signe de la Croix: « Où étiez-vous donc, Seigneur? » s’écriait-il; et DIEU lui répondait: « Antoine, j’étais avec toi et je me réjouissais de ta victoire. »

Pratique. Préparez votre âme au combat; défiez-vous du démon.

vendredi 16 janvier 2009

16 JANVIER - SAINT MARCEL, Pape et Martyr / SAINT HONORAT, Evêque d'Arles / La BSE STEPHANIE QUINZANI, Vierge.


SAINT HONORAT
Évêque d'Arles
(Mort en 429)

SAINT HONORAT naquit dans les Gaules, d'une famille illustre, mais païenne. DIEU mit de bonne heure en cet enfant prédestiné le désir du baptême, et il s'y prépara par toutes les vertus qui font l'ornement de la jeunesse.

Il dut tout à la grâce et à son heureux naturel, car il avait contre lui ses parents, ses amis et le milieu corrupteur dans lequel il lui fallait vivre. Jusqu'après son baptême, son père chercha par tous les moyens possibles à le détourner de la vie chrétienne; mais, au milieu de toutes les séductions, l'invincible jeune homme se disait: "Cette vie plaît, mais elle trompe." Belle parole, qui devrait servir de maxime à la folle jeunesse entraînée si facilement par les faux appâts du monde.

Le jeune Honorât réfléchissait, et tout le portait à quitter le monde pour Dieu : "J'entends dans le monde des maximes bien différentes de celles de l'Église ; il faut choisir : d'un côté on me prêche la modestie, la mortification, la vie de l'âme ; de l'autre, la jouissance, la vie du corps ; ici, Jésus m'appelle à régner au ciel ; là, le démon à régner sur la terre. Hâtons-nous, mon âme, de renoncer aux choses terrestres pour nous donner à Dieu."

Dès lors, Honorat vit comme un moine, le jeûne amaigrit son visage, la prière occupe ses journées. Après quelques années d'incertitudes sur sa vraie vocation, il aborde l'île de Lérins, sur les côtes de la Provence; les serpents la rendaient inhabitable, mais ils disparaissent sous ses pas, et cette île aride et déserte devient un jardin délicieux, embaumé des fleurs de la science et de la sainteté.

Par Honorat, l'Occident a trouvé aussi en lui sa Thébaïde; Lérins devient une pépinière de savants, d'évêques et de saints.

A la mort de son évêque, l'église d'Arles réclame un vertueux Pontife, et la voix populaire appelle Honorat sur ce siège illustre. C'est là qu'il se surpasse lui-même et retrace en sa vie, toute de zèle et de saintes œuvres, l'image du pasteur selon le Cœur de DIEU, dont la charité n'a d'égal que le courage inflexible à défendre les intérêts de JESUS-CHRIST.

Saint Hilaire d'Arles, son disciple et son successeur, nous a laissé de lui un magnifique éloge. Retenons-en cette belle parole: "Si l'on voulait représenter la charité sous une figure humaine, il faudrait faire le portrait d'Honorat."

Cet illustre pontife mourut en l'an 429. Beaucoup de personnes virent son âme s'élever au ciel parmi les chœurs des anges.

Pratique. Travaillez, dans votre situation, au salut des âmes et à la gloire de Dieu.

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SAINT MARCEL

Pape et Martyr

(+ 310)


Romain d'origine, SAINT MARCEL fut choisi le 21 mai 308, pour succéder à saint Marcellin, martyrisé deux mois auparavant. (Il siégea sous le règne de Maxence, cinq ans, six mois et vingt-et-un jours.)

Devenu Pape, Saint Marcel n'oublia point les exemples de vertus et de courage de son prédécesseur. Il obtint d'une pieuse matrone nommée Priscille, un endroit favorable pour y rétablir les catacombes nouvelles, et pour pouvoir y célébrer les divins mystères à l'abri des profanations des païens.

Les vingt-cinq titres de la ville de Rome furent érigés en autant de paroisses distinctes, afin que les secours de la religion fussent plus facilement distribués aux fidèles. A la faveur d'une trêve dans la persécution, Marcel s'efforça de rétablir la discipline que les troubles précédents avaient altérée. Sa juste sévérité pour les chrétiens qui avaient apostasié durant la persécution lui attira beaucoup de difficultés. L'Église subissait alors la plus violente des dix persécutions. Dioclétien venait d'abdiquer en 305, après avoir divisé ses États en quatre parties, dont chacune avait à sa tête un César.

Maxence, devenu César de Rome en 306, ne pouvait épargner le chef de l'Église universelle. L'activité du Saint Pontife pour la réorganisation du culte sacré au milieu de la persécution qui partout faisait rage, était aux yeux du cruel persécuteur, un grief de plus. Maxence le fit arrêter par ses soldats et comparaître à son tribunal, où il lui ordonna de renoncer à sa charge et de sacrifier aux idoles. Mais ce fut en vain: saint Marcel répondit hardiment qu'il ne pouvait désister un poste où DIEU Lui-même l'avait placé et que la foi lui était plus chère que la vie.

Le tyran, exaspéré par la résistance du Saint à ses promesses comme à ses menaces, le fit flageller cruellement. Il ne le condamna point pourtant à la mort; pour humilier davantage l'Église et les fidèles, il l'astreignit à servir comme esclave dans les écuries impériales. Le Pontife passa de longs jours dans cette dure captivité, ne cessant dans la prière et le jeûne, d'implorer la miséricorde du Seigneur. Après neuf mois de détention, les clercs de Rome qui avaient négocié secrètement son rachat avec les officiers subalternes, vinrent pendant la nuit et le délivrèrent.

Une pieuse chrétienne nommée Lucine donna asile au Pontife. Sa maison devint dès lors un titre paroissial de Rome, sous le nom de Marcel, où les fidèles se réunissaient en secret. Maxence en fut informé, fit de nouveau arrêter Marcel, et le condamna une seconde fois à servir comme palefrenier dans un haras établi sur l'emplacement même de l'église.


Saint Marcel, Pape, mourut au milieu de ces vils animaux, à peine vêtu.

La bienheureuse Lucine l'ensevelit dans la catacombe de Priscille, sur la voie Salaria. Les reliques de ce Souverain Pontife reposent dans l'ancienne église de son nom, illustrée par son martyre. Il fut le dernier des Papes persécutés par le paganisme, en ce temps.

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BIENHEUREUSE STEPHANIE QUINZANI

Vierge du Tiers-Ordre de Saint-Dominique

(1457-1530)


Cette fille de Saint Dominique naquit le 5 février 1457, à Orzinovi, petit village situé près de Brescia, en Italie. Son père, Lorenzo Quinzani alla bientôt s´établir à Soncino pour se mettre sous la conduite du dominicain Mathieu Carreri, célèbre maître de la vie intérieure. Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et prédit à la jeune enfant qu´elle serait son héritière.

L´enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le bienheureux Matthieu mourut, la Sainte se sentit frappée au cœur d´une blessure très douloureuse. Au même instant, le défunt lui apparut et lui apprit que cette blessure était l´héritage qu´il lui avait promis.

La souffrance devait être le partage de la bienheureuse Stéphanie; elle était destinée par DIEU à prendre rang parmi ces âmes privilégiées que Sa divine sagesse conduit hors des voies communes et élève par des moyens extraordinaires jusqu´aux plus hauts sommets de la vie mystique.

Chez la bienheureuse, la grâce prévint la nature. A l´âge de sept ans, elle fit vœu de pauvreté, de virginité et d´obéissance. NOTRE-SEIGNEUR voulut aussitôt lui montrer combien sa générosité Lui avait été agréable. Il lui apparut accompagné de Sa Très Sainte Mère, et de plusieurs autres Saints et lui donna le titre d´épouse et comme gage de cette alliance, lui remit un anneau précieux.

Vers l´âge de dix à onze ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu´elle devait suivre Le CHRIST, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Les épreuves ne lui furent pas épargnées et le démon lui suscita de terribles tentations contre la sainte vertu.

Pour en triompher, la jeune fille eut recours à un remède énergique: elle se précipita avec un courage intrépide dans un amas d´épines et s´y roula jusqu´à ce que la douleur eût calmé les efforts de la tentation.

A l´âge de quinze ans, un Vendredi-Saint, alors qu´elle méditait avec larmes sur les souffrances de son SAUVEUR, elle reçut de JESUS-CHRIST l´impression des sacrés stigmates et Il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs et que dans chacun de ses membres elle porterait une partie de ce que Lui-même avait souffert.

A partir de ce moment, chaque semaine, le vendredi, elle semblait reproduire dans son corps et dans son âme les mystères de la sanglante Passion. On la voyait dans une sorte d´agonie pendant laquelle il lui sortait de tous les pores une sueur mêlée de sang. Puis on eût dit qu´on la déchirait de coups de fouet. Enfin, sa tête portait comme l´empreinte du couronnement d´épines.

A ces souffrances corporelles venaient s'ajouter d´indicibles angoisses morales. Pendant quarante ans, la Bienheureuse dut passer à travers des ténèbres, des sécheresses, des impuissances et des délaissements terribles. Et ce martyre de l´âme était si effroyable qu´elle eût succombé sous la rigueur des épreuves, si des faveurs extraordinaires n´étaient venues la soutenir.

Selon son plus grand désir et la promesse qu´elle avait faite en son jeune âge, elle revêtit l´habit du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle établit un monastère à Soncino et entreprit de bâtir un couvent sous le vocable de Saint Paul. DIEU lui vint en aide, et, dès l´année 1519, une trentaine de jeunes filles des plus nobles familles y travaillaient sous sa direction à acquérir la perfection religieuse.

Elle mourut le 2 janvier 1530 à l´âge de soixante-treize ans en prononçant les paroles du Divin Crucifié dont elle avait été la fidèle imitatrice: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

jeudi 15 janvier 2009

15 JANVIER - SAINT PAUL, Premier Ermite / SAINT REMI, Archevêque de Reims, Apôtre des Francs



SAINT PAUL

Premier Ermite

(229-342)


La gloire de ce grand Saint est d'avoir frayé la voie du désert à d'innombrables générations de solitaires et de n'avoir été surpassé par personne dans la pratique de la prière et de la pénitence.

Il naquit dans la Basse-Thébaïde, en Egypte, vers l'an 227. Orphelin dès l'âge de quinze ans et possesseur d'un très riche patrimoine, il abandonna tout pour obéir à l'impulsion divine.

S'enfonçant dans la solitude, il arriva à une caverne creusée dans les flancs d'une montagne, et dans laquelle coulait une source limpide. Il prit ce lieu en affection et résolut d'y passer sa vie. Un palmier voisin lui fournissait son repas et son vêtement; l'eau claire de la fontaine était son unique boisson.

PAUL avait vingt-deux ans quand il se retira du monde ; il vécut dans le désert jusqu'à l'âge de cent treize ans ; il passa donc quatre-vingt-onze ans sous le regard de DIEU et loin de la vue des hommes, et nul ne pourra jamais nous dire ni les merveilles de vertu qu'il a accomplies, ni les ineffables douceurs de sa vie pénitente et contemplative.

Deux faits cependant nous sont connus. Paul avait quarante-trois ans quand DIEU se chargea de le nourrir Lui-même en lui envoyant miraculeusement chaque jour, par un corbeau, la moitié d'un pain. A l'âge de cent treize ans, il reçut la visite du Saint solitaire Antoine.

Antoine âgé de quatre-vingt-dix ans, avait été éprouvé par une tentation de vaine gloire, le démon essayant de lui suggérer qu'il était le plus parfait des solitaires. Mais DIEU lui avait ordonné en songe d'aller plus avant dans le désert, à la rencontre d'un solitaire bien plus parfait que lui.

Après deux jours et une nuit de marche, Antoine suivit la trace d'une louve qui le conduisit jusqu'à la grotte où habitait Paul. Ce fut à grand peine que le Saint voulut ouvrir sa porte au voyageur inconnu. Il ouvrit enfin ; les deux vieillards s'embrassèrent en s'appelant par leurs noms et passèrent de longues heures à bénir DIEU.

Ce jour-là, le corbeau leur apporta un pain entier; ils rendirent grâces au SEIGNEUR, et s'assirent au bord de la fontaine pour prendre leur frugal repas. Antoine, de retour dans sa solitude, disait à ses disciples : « Malheur à moi, pécheur, qui suis indigne d'être appelé serviteur de DIEU ! J'ai vu Elie, j'ai vu Jean dans le désert ; en un mot, j'ai vu Paul dans le paradis.

Paul mourut cette même année, et sa fosse fut creusée par deux lions du désert. Sa vie, parfaitement authentique, fut écrite par saint Jérôme qui termina son récit par ces paroles : "Si DIEU m'en avait donné le choix, j'aimerais mieux la tunique de Saint Paul avec ses mérites, que la pourpre des rois avec leur puissance."

Pratique: Ne vous contentez pas d'admirer les saints, suivez leurs traces.



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SAINT RÉMI

Archevêque de Reims, Apôtre des Francs

(438-533)


SAINT REMI fut l'enfant de la Providence. Ses parents avaient deux enfants, et depuis longtemps n'espéraient plus en avoir d'autres, quand un vieux moine aveugle leur annonça le fils prédestiné.

Les talents et les vertus de Rémi le firent consacrer archevêque de Reims, à l'âge de vingt-deux ans. Sa consécration fut marquée par un prodige : le front de Rémi parut brillant de lumière et fut embaumé d'un parfum tout céleste.

Il montra dès l'abord toutes les vertus des grands pontifes. Les miracles relevèrent encore l'éclat de sa sainteté : pendant ses repas, les oiseaux venaient prendre du pain dans ses mains ; il guérit un aveugle possédé du démon ; il remplit de vin, par le signe de la croix, un vase presque vide ; il éteignit, par sa seule présence, un terrible incendie ; il délivra du démon une jeune fille que saint Benoît n'avait pu délivrer, et opéra bien d'autres merveilles.

L'histoire de sainte Clotilde nous a appris comment Clovis se tourna vers le DIEU des chrétiens, à la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut Saint Rémi qui acheva d'instruire le prince. Comme il lui racontait, d'une manière touchante, la Passion du SAUVEUR : « Ah! s'écria le guerrier, que n'étais-je là avec mes Francs pour le délivrer! » La nuit avant le baptême, Saint Rémi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais et les conduisit à l'église, où il leur fit un éloquent discours sur la vanité des faux dieux et les grands mystères de la religion chrétienne.

Alors l'église se remplit d'une lumière et d'une odeur célestes, et l'on entendit une voix qui disait : « La paix soit avec vous ! » Le saint prédit à Clovis et à Clotilde les grandeurs futures des rois de France, s'ils restaient fidèles à DIEU et à l'Église. Quand fut venu le moment du baptême, saint Rémi dit au roi : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. »

Au moment de faire l'onction du saint chrême, le pontife, s'apercevant que l'huile manquait, leva les yeux au ciel et pria DIEU d'y pourvoir. Tout à coup on aperçut une blanche colombe descendre d'eu haut, portant une fiole pleine d'un baume miraculeux ; le saint prélat la prit, avec un sentiment de vive reconnaissance envers DIEU, et fit l'onction sur le front du prince.

Cette fiole, appelée dans l'histoire la Sainte Ampoule, exista jusqu'en 1793, époque où elle fut brisée par les révolutionnaires. Outre l'onction du baptême, Saint Rémi avait conféré au roi Clovis l'onction royale.

Deux sœurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et d'enfants furent baptisés le même jour.

Saint Rémi devint aveugle dans sa vieillesse, et profita de cette infirmité pour multiplier ses oraisons. Ayant recouvré la vue par miracle, il célébra une dernière fois le saint sacrifice, et s'éteignit doucement, le 13 janvier 533, âgé de quatre-vingt-seize ans.

Pratique. Priez pour la France, afin qu'elle soit digne de sa mission de Fille aînée de l'Église.

mercredi 14 janvier 2009

14 JANVIER - SAINTE NINA (ou NINON ou NINO)

SAINTE NINA
(Ninon ou Nino)
(IVème siècle)

Jeune chrétienne emmenée en captivité en Géorgie (Russie) vers 337, elle commença la conversion du pays.

Les Eglises d'Orient la fête aujourd'hui. L'Eglise en Occident en fait mémoire aujourd'hui également et la célèbre le 15 décembre.

Nous connaissons sa vie par l'écrivain ecclésiastique Rufin qui donna quelques détails sur la conversion de l'Ibérie, région intérieure de l'actuelle Géorgie.

Une jeune captive chrétienne, dont on ignore le pays d'origine, devenue esclave à la cour royale de Mzkhéta, non loin de Tbilissi, garde toute sa foi auprès du roi Mirian. Plus que sa grande beauté, c'est son inlassable charité qui la fait aimer et respecter.

Ayant obtenu par ses prières la guérison d'un enfant, elle est appelée auprès de la reine Nana qui se meurt. Elle lui rend la santé. Quand le roi veut la récompenser, elle lui dit préférer sa conversion. Le roi en laisse d'abord le soin à sa femme.

A quelque temps de là, il demandera à l'archevêque de Constantinople de lui envoyer un évêque pour évangéliser le royaume.

Sainte Nino se retire dans la région de Bobdé où, dès le 4ème siècle, fut construite une Cathédrale.

A Mzekhéta un petit oratoire rappelle aujourd'hui encore ce baptême de la Géorgie.

mardi 13 janvier 2009

13 JANVIER - SAINT HILAIRE, Evêque de Poitiers / SAINTE VERONIQUE DE BINASCO (ou de MILAN)


SAINTE VÉRONIQUE de BINASCO
(ou de MILAN)
(1445-1497)
VERONIQUE naquit à Binasco, près de Milan, en 1445. Elle appartenait à une pauvre famille de laboureurs, plus riche en vertus qu'en biens de la terre. A cause de leur pauvreté, ses parents durent l'employer de bonne heure aux travaux des champs; mais au lieu d'écouter les conversations mondaines et les chansons légères, elle vaquait à l'oraison et à la prière et semblait étrangère à tout ce qui se passait autour d'elle.

Cette fleur de vertu devait s'épanouir dans la vie religieuse. Poussée par un ardent désir d'entrer chez les sœurs Augustines de Sainte-Marthe, à Milan, elle employa une partie de ses nuits pour apprendre à lire et à écrire, condition nécessaire à son admission dans le couvent. Ses efforts furent vains, et découragée, elle se plaignit à la Très Sainte Vierge, qui lui apparut et lui dit : « Ma fille, sois sans inquiétude ; il te suffira de connaître les trois lettres que je t'apporte du ciel. La première est la pureté du cœur, qui nous fait aimer DIEU par-dessus toutes choses ; tu ne dois avoir qu'un amour, celui de mon Fils. La seconde est de ne pas murmurer contre les défauts du prochain, mais de les supporter avec patience et de prier pour lui. La troisième est de méditer chaque jour la Passion de JESUS-CHRIST, Lequel t'accepte pour son épouse. »

Dès lors Véronique ne fit plus cas de l'alphabet ni des livres, mais elle avait trouvé le chemin de la vraie science, celle des Saints. Reçue enfin parmi les sœurs converses de Sainte-Marthe, elle se distingua parmi elles non seulement par les vertus les plus éclatantes, mais par les dons les plus extraordinaires.

Ses yeux étaient deux sources intarissables de larmes. Souvent le SAUVEUR lui apparaissait; une fois Il récita l'office avec elle ; une autre fois, Il se montra devant elle cloué à la croix, la tête couronnée d'épines, le visage pâle et défiguré, le corps couvert de plaies ; cette vue la fit tomber en défaillance.

Les Anges se faisaient un honneur de la servir ; et durant les trois années qui précédèrent sa mort, un de ces esprits célestes lui apportait, le lundi, le mercredi et le vendredi de chaque semaine, un pain délicieux qui la rassasiait et la dégoûtait de toute autre nourriture. Sa vie, toute de merveilles, fut couronnée par une mort sainte, dont elle avait prédit le jour et l'heure. Véronique avait cinquante-deux ans.

Ignorante selon le monde, sainte Véronique était toute remplie de la science de DIEU. Combien un rayon de la divine lumière nous en apprend plus que toute la sagesse humaine! « Bienheureux, dit L'Imitation, celui qui est instruit par la Vérité même! (L'Imitation, chap. 3.)

Pratique.
Donnez-vous à Dieu sans réserve, à l'exemple des saints.

SAINT HILAIRE
Évêque de Poitiers et Père de l'Église
(301-368)

SAINT HILAIRE naquit à Poitiers, de parents païens, au commencement du IVe siècle. Après une éducation toute profane, il secoua par les propres forces de son génie, aidé de la grâce, le joug absurde et impur du paganisme, et reçut publiquement le baptême. Ce païen converti allait devenir l'une des plus brillantes lumières de l'Église, le marteau de l'hérésie et l'apôtre infatigable du dogme de la Sainte TRINITE

La vertu d'Hilaire croissant chaque jour, on ne parlait dans toute la province de Poitiers que de la pureté de ses mœurs, de sa modestie, de sa charité et de son zèle. Lorsque l'évêque de Poitiers vint à mourir, tous les fidèles le demandèrent pour pasteur.
Dès lors, Hilaire entra dans la mêlée contre l'hérésie d'Arius et ne quitta pas le champ de bataille jusqu'à son dernier soupir. Ni les menaces des princes, ni la calomnie, ni l'exil, ne purent jamais ébranler son courage. Obligé de quitter son peuple, il se rend en Orient, où il devient le porte-étendard de la vérité chrétienne.

Il est enfin rendu à son troupeau, après plusieurs années d'exil; ce retour devient un vrai triomphe. « La Gaule tout entière, dit saint Jérôme, embrassa un héros qui revenait victorieux du combat, la palme à la main. » La ville de Poitiers surtout éclata en transports indicibles ; chacun croyait avoir retrouvé son père et même sa patrie, car durant l'absence du pontife la patrie avait semblé à tous un douloureux exil.

Un jour, un petit enfant mourut sans baptême ; sa mère, tenant le cadavre en ses bras, vint se jeter aux pieds d'Hilaire et lui dit d'une voix suffoquée par les sanglots : « Rendez-moi mon fils ou rendez-le au baptême. » L'homme de DIEU, ému de la douleur de cette pauvre mère, se prosterne en prière, et bientôt l'enfant ouvre les yeux et revient à la vie.

Épuisé par ses travaux et ses fatigues, le grand athlète de la foi tomba malade; l'heure de la récompense était venue. Une lumière éblouissante éclaira sa chambre, puis diminua insensiblement, et disparut à l'instant même où l'âme d'Hilaire brisait les liens du corps pour s'envoler au sein de DIEU. C'était le 13 janvier 368.

La France lui a voué un culte spécial, et une multitude d'églises s'honorent de l'avoir pour patron. Un historien a tracé le portrait suivant de Saint Hilaire : « II réunissait en sa personne toutes les excellentes qualités qui font les grands évêques. S'il a fait admirer sa prudence dans le gouvernement de l'Église, il y a fait éclater aussi, lorsque l'occasion l'a demandé, un zèle et une fermeté apostoliques que rien ne pouvait abattre. »

Pratique. Que votre foi soit éclairée, ardente, invincible.