dimanche 30 novembre 2008

30 NOVEMBRE - SAINT ANDRE, Apôtre

SAINT ANDRE, frère de saint Pierre, est le premier des apôtres qui ait connu JESUS-CHRIST, aussitôt après son baptême sur les bords du Jourdain. Toutefois son appel définitif ne date que du moment où JESUSle rencontra avec son frère Simon, jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu'au Pont-Euxin. Nous saurions très peu de choses sur lui, si les prêtres de l'Achaïe n'avaient pris soin d'envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires.

Son interrogatoire fut très long, mais ne servit qu'à faire éclater, en même temps que l'intrépidité de l'apôtre, la beauté de la religion chrétienne. Menacé du supplice de la croix, qu'il glorifiait devant son juge : « Si je craignais le supplice de la croix, dit-il, je ne prêcherais point la grandeur de la croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les points de la province, à la défense de son apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule des chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d'être prêts eux-mêmes au combat.

Le lendemain, de nouveau menacé du supplice de la croix : « Ce supplice, dit-il au juge, est l'objet de mes désirs; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en JESUS-CHRIST. » Le juge irrité donna des ordres, et André fut conduit au lieu où il devait subir la mort.

Chemin faisant, l'apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D'aussi loin qu'il aperçut la croix, il s'écria d'une voix forte : "Je vous salue, ô croix consacrée par le sacrifice du SAUVEUR; vos perles précieuses sont les gouttes de son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. Ô bonne croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, recherchée sans relâche, je vous vois prête à satisfaire les élans de mon âme ; rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m'a sauvé. »

II se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d'une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le saint du haut de sa croix exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes, et s'unissait à son divin Maître.

Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d'une lumière toute céleste qui disparut au moment de sa mort.

Pratique: Aimez la croix, sachez la porter à la suite du Sauveur et des saints ; saluez-la avec respect partout où vous la rencontrerez.

samedi 29 novembre 2008

29 NOVEMBRE - SAINT SATURNIN, Evêque de Toulouse et Martyr

SAINT SATURNIN était fils de prince et d'origine grecque. On croit qu'attiré d'abord par la réputation de saint Jean-Baptiste, il fut ensuite l'un des soixante-douze disciples du SAUVEUR et eut le bonheur d'être témoin de la plupart des faits de sa vie, ainsi que de sa résurrection et de son ascension.

Après la Pentecôte, il accompagna souvent saint Pierre dans ses courses apostoliques, puis fut envoyé par lui dans les Gaules, en qualité d'évêque. Chemin faisant, il prêchait l'Évangile, fondait des chrétientés et détruisait l'empire du démon.

A Arles et à Nîmes, il obtint de grands succès. A Carcassonne, il fut emprisonné pour JESUS-CHRIST, mais délivré par un ange. A Toulouse, une femme lépreuse fut guérie en sortant de la piscine baptismale, et ce prodige fut suivi de la conversion d'une bonne partie de la cité. De toutes parts on apportait au saint des malades, il les guérissait par le signe de la croix.

Saturnin prêcha encore à Auch, puis à Pampelune, en Espagne ; mais il revint à Toulouse, centre de son apostolat, qu'il devait arroser de son sang. Là, les dieux ne rendaient plus d'oracles. Les prêtres païens se concertèrent : « Si on laisse cet homme prêcher son CHRIST, dirent-ils, c'en est fait de notre culte. »

Saturnin vient à passer. La foule, ameutée par les prêtres, se saisit de lui ; on lui crie : « Sacrifiez à nos dieux, ou vous serez traité avec la dernière rigueur. » Pour toute réponse, Saturnin prêche JESUS-CHRIST. DIEU même confirme sa doctrine par un éclatant miracle, car au même moment les idoles du temple tombent de leur piédestal et se brisent.

A cette vue, la rage des païens ne se contient plus. Il y avait au Capitule un taureau sauvage amené pour être immolé en sacrifice; on entoure son corps d'une grosse corde au bout de laquelle on attache le saint évêque par les pieds; puis l'animal est lâché et frappé à coups d'aiguillons; il se précipite, entraînant sa victime, dont le crâne est fracassé sur les marches du temple.

Le taureau, poursuivant sa course effrénée à travers les rues, réduit en lambeaux le corps du martyr, jusqu'à ce qu'enfin la corde se brise et la victime reste étendue sans vie sur le chemin. C'est à cet endroit que s'élève aujourd'hui l'église qui, en souvenir, porte le nom de Notre-Dame-du-Taur.

Ce glorieux martyre arriva le 29 novembre de l'an 70. C'était la dix-huitième année de l'apostolat de Saturnin dans les Gaules. Le tombeau de l'apôtre de Toulouse est devenu célèbre par la dévotion populaire et par de nombreux prodiges.

Pratique: Ne pouvant donner à Dieu le sang de votre corps, donnez-lui le sang de votre âme, c'est-à-dire le sacrifice.

28 NOVEMBRE - SAINTE CATHERINE LABOURé / SAINT JACQUES DE LA MARCHE



SAINT JACQUES DE LA MARCHE
Franciscain
(1391-1476)

Ce grand religieux mérite une place à part dans l'histoire de l'apostolat. Il naquit en 1391, dans la marche d'Ancône, et son berceau fut entouré d'une vive lumière qui présageait d'une manière évidente son glorieux avenir.

Quand il fut en âge de choisir un état de vie, sa première pensée fut de se faire chartreux; mais quelques relations qu'il eut avec les Franciscains le décidèrent à entrer dans leur Ordre.

Il fut, dés son noviciat, le modèle des vertus héroïques. Il ne donnait que trois heures an sommeil et passait le reste de la nuit à prier au pied d'un crucifix, pendant que des larmes inondaient son visage. C'est dans la méditation des souffrances de son Sauveur qu'il puisa cette énergie surhumaine dont il montra de si beaux exemples durant ses courses apostoliques.

Jamais il ne mangeait de viande; un peu de pain et quelques herbes étaient sa nourriture. Tous les jours il se donnait la discipline jusqu'au sang, et pendant dix-huit ans il porta sur sa chair nue un cilice avec une cotte de mailles armée de pointes de fer aiguës.

Telle fut la préparation de l'apôtre. Il eut d'immenses succès, en Allemagne, contre les hérétiques; dans une seule ville, deux cents jeunes gens, entraînés par ses exemples, embrassèrent la vie religieuse.

Une fois, les hérétiques tentèrent de l'empoisonner ; mais voyant le plat se briser, au seul signe de la croix fait par le saint, ils s'écrièrent : "Le doigt de Dieu est là" et ils se convertirent. En Norvège et en Danemark, il administra le baptême à deux cent mille personnes. La Bohême était la proie de l'hérésie.

A Prague, les hérétiques, pleins d'admiration pour l'éloquence de l'apôtre, lui promirent de se convertir s'il faisait un miracle. Après avoir invoqué Dieu et fait le signe de la croix, il avala un breuvage empoisonné sans en ressentir aucun mauvais effet. De retour en Italie, ayant affaire à un batelier qui refusait de lui faire traverser le fleuve du Pô, Jacques n'hésita pas, étendit son manteau sut le fleuve et vogua heureusement vers l'autre rive.

Un jour qu'il avait combattu avec véhémence le vice de l'impureté, un auditeur, qui s'était cru visé personnellement, alla se poster sur son passage, dans un sanctuaire dédié à Marie, pour assassiner le saint missionnaire; mais il entendit une voix irritée qui lai cria : "Malheureux ! Que fais-tu en ma présence? Tu veux faire mourir mon serviteur et le serviteur de mon Fils ! » Le coupable, demi-mort de peur, renonça à son criminel dessein.

Le prodige le plus étonnant de l'illustre apôtre lut la découverte et la résurrection d'un enfant qui avait été assassiné par un Juif et coupé en morceaux.

Saint Jacques de la Marche était âgé de quatre-vingt-dix ans, quand sonna pour lui l'heure du repos, le 28 novembre 1476.

Pratique: Appliquez-vous à augmenter en vous la foi; c'est elle qui opère des merveilles.


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SAINTE CATHERINE LABOURE

Vierge, religieuse des Filles de la Charité

(1806-1876)


Neuvième enfant d'une famille de dix-sept, Zoé Labouré vint au monde le 2 mai 1806, à Fain-les-Moutiers, petit village de la Côte-d'Or. A neuf ans, Zoé perdit sa mère. On la vit alors monter sur une chaise, saisir la statue de Notre-Dame, l'embrasser longuement et la presser sur son coeur en disant: «Je n'ai plus de maman; soyez Vous-même ma maman, bonne Sainte Vierge!»
A onze ans, la fillette dut remplir l'office de mère au foyer domestique. Prenant la direction intérieure de la ferme paternelle, elle devenait responsable des travaux domestiques. Magré son peu d'instruction, Zoé s'occupa de former à la piété sa petite soeur et son petit frère. Après son travail, elle se rendait souvent à l'église et priait devant l'autel de la Vierge.

En 1830, après un séjour de deux ans chez deux de ses frères qui demeuraient près de Paris, Zoé Labouré fit trois mois de postulat à Châtillon-sur-Seine et entra au Séminaire des Filles de la Charité, rue du Bac, toujours à Paris. Soeur Catherine fut favorisée de grâces exceptionnelles durant les six mois de son noviciat. Au moment de la messe, NOTRE SEIGNEUR Se manifestait à Sa petite servante. Dans sa ferveur, elle désirait voir la Très Sainte Vierge et demanda cette faveur par l'intermédiaire de son ange gardien.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, veille de la fête de saint Vincent de Paul, le coeur de ce Saint lui apparut dans la chapelle du couvent. La Sainte Vierge lui apparut et lui prédit des souffrances à venir tout en l'assurant du soutien de Ses grâces maternelles.

Lors de la deuxième apparition de la Reine du ciel, sainte Catherine Labouré reçoit la mission de répandre la médaille miraculeuse par le monde et de faire éclore sur des milliers de lèvres l'invocation: "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous!" La prière fut le premier moyen qu'employa la voyante pour remplir sa mission.

Soeur Catherine Labouré disait le chapelet avec tant d'onction et de grâce que les anciennes religieuses se faisaient un plaisir d'aller le réciter en sa compagnie. «Aimez bien votre Mère du ciel, avait-elle coutume de dire, prenez-La pour modèle; c'est la plus sûre garantie du ciel.»
Son deuxième moyen pour accomplir infailliblement sa mission de faire glorifier Marie et de sauver les âmes fut la pénitence qu'elle accomplit tout bonnement dans les emplois manuels les plus modestes dans lesquels elle se plaisait: service de la cuisine, soin de la basse-cour, garde de la porte.
Son carnet de retraite de 1839 nous révèle son désir de souffrir: «O Coeur Immaculé de Marie, sollicitez pour moi la foi et l'amour qui Vous attacha au pied de la croix de Jésus. O doux objet de mes affections, Jésus et Marie, que je souffre pour Vous, que je meure pour Vous, que je sois toute à Vous, que je ne sois plus à moi!»

En janvier 1831, Catherine Labouré fut transférée à l'hospice d'Enghien, au faubourg St-Antoine, à Paris. Employée d'abord à la cuisine, puis à la lingerie, elle demeura ensuite affectée pendant près de quarante ans à la salle des vieillards, ajoutant le soin de la basse-cour à cet office.
C'est dans cet obscur et généreux dévouement que la mort trouva cette fidèle servante de Dieu, le 31 décembre 1876. Elle trépassa à l'âge de soixante-dix ans. Cinquante-six ans après son décès, lors de l'ouverture de son tombeau, son corps fut trouvé dans un état de parfaite conservation.

jeudi 27 novembre 2008

27 NOVEMBRE - FETE DE LA VIERGE MARIE EN SON ICONE DU SIGNE / SAINT MAXME / SAINT SEVERIN


FETE DE LA VIERGE MARIE EN SON ICONE DU SIGNE

Novgorod en Russie possédait une icône de la Mère de Dieu sur le modèle byzantin de la Vierge du Signe. Ce modèle représente Marie portant en médaillon, sur le devant, le Christ enfant et bénissant. Son nom évoque le "signe de la Vierge enceinte" annoncé par le prophète Isaïe.

Le 27 novembre 1150, la ville est assiégée. Son archevêque place l’icône au-dessus des remparts ; la Vierge est frappée d’une flèche, les ténèbres couvrent la ville et les ennemis doivent lever le siège. Ce miracle est commémoré chaque année. Six cent quatre vingt ans plus tard, la Mère de Dieu apparaît à une humble religieuse, sœur Catherine Labouré que nous fêterons demain, 28 novembre et lui fait réaliser une médaille, la Médaille Miraculeuse, en raison des innombrables miracles qui lui sont attribués.

"Réjouis-toi, Mère de Dieu, joie des anges et des hommes ; réjouis-toi, ferme espoir et protection de la ville ; réjouis-toi, car par ta puissance nous terrassons nos ennemis ; réjouis-toi, Mère du soleil spirituel qui éclaire les fidèles et plonge les infidèles dans l’obscurité ; réjouis-toi, ô Vierge, louange des chrétiens."

(Hymne pour la fête de l’icône de la Vierge du Signe)

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SAINT MAXIME né à Décomer, aujourd'hui Château-Redon, près de Digne, vers Tan 388, fut baptisé aussitôt après sa naissance. Poussé par l'exemple et les conseils de ses pieux parents, il se sentit dès l'enfance un grand désir de la sainteté; il sut, malgré tous les dangers, conserver la pureté de ses mœurs et son innocence baptismale.

Son âme possédait un ensemble de vertus qui le rendaient à la fois aimable à DIEU et aux hommes. Bien qu'il eût voué sa chasteté à Jésus-Christ dès l'âge de dix-huit ans, il voulut s'éprouver longtemps dans la pratique austère des vertus évangéliques, avant d'entrer dans le monastère de Lérins, qui était alors sous la direction de saint Honorât.

Il s'éleva, dans la vie religieuse, à un si haut point de perfection, que tous les religieux le regardaient presque déjà comme leur maître ; bien qu'il s'estimât lui-même comme le dernier de tous.

Devenu abbé de Lérins, après l'élévation de saint Honorât sur le siège d'Arles, il sut maintenir par sa vigilance toute la régularité de la discipline. Comme il faisait souvent, le soir, la visite du monastère et de l'île, afin de s'assurer que tout était bien dans l'ordre, plusieurs fois le démon se montra à lui sous des formes terribles ou fantastiques ; mais il le chassait par le signe de la croix.

La réputation du saint abbé s'accroissait de jour en jour, et, à chaque vacance des sièges épiscopaux des alentours, les regards du peuple se tournaient vers lui. Pour déjouer la détermination des habitants de Fréjus, il s'embarqua sur un bateau et alla se cacher sur le continent, dans la solitude profonde des bois; il y essuya pendant trois jours et trois nuits les intempéries de la saison pluvieuse, et ne sortit que lorsqu'il fut sûr qu'on avait procédé à une autre élection.

Peu d'années après, il échappa encore par la fuite à son élection au siège de Riez; mais l'obstination des habitants de cette ville alla le chercher jusqu'en Italie, et il fallut se saisir de sa personne par la force et le ramener sous bonne garde.


L'humble moine, après s'être résigné à porter le fardeau sur ses épaules, montra combien il était digne de la confiance des peuples, et tout en restant moine par ses goûts et sa manière de vivre, il devint un grand évêque.

Il vivait sans cesse en la présence de DIEU et s'entretenait avec Lui longtemps chaque jour dans l'oraison. On raconte qu'il ne prenait jamais de nourriture sans dire ce verset du Psalmiste : « Quand donc paraîtrai-je devant la face de mon DIEU! »

Malgré tant de vertus, Maxime tremblait à la pensée des jugements de DIEU. En célébrant la sainte messe, il eut révélation du jour de sa mort. Après avoir recommandé qu'on l'ensevelît avec le cilice qu'il n'avait jamais quitté, il s'endormit en DIEU au chant des psaumes, le 27 novembre 400.

Pratique. Redoutez les honneurs, et craignez, en les cherchant, d'y trouver votre perte.


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SAINT SEVERIN

Ermite

SAINT SEVERIN vécut sur les bords de la Seine, là où s'élève l'église Saint-Séverin, sous Childebert, mort en 555.

Il recueillit Saint Cloud lorsque celui-ci échappa au massacre de ses frères en 530.

Saint Cloud vint lui demander de lui couper les cheveux et lui donner l'habit religieux.

L'église Saint Séverin de Paris aurait été construite sur sa tombe.

Il termina sa vie dans une cellule à Noventium, dans la région parisienne.


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mercredi 26 novembre 2008

26 NOVEMBRE - SAINT PIERRE D'ALEXANDRIE, Evêque d'Alexandrie et Martyr

SAINT PIERRE D'ALEXANDRIE nous est peu connu jusqu'à son élévation sur le siège épiscopal de cette ville. Son zèle pour la foi, à une époque de persécutions continuelles, l'obligea de fuir; mais il consola et fortifia les chrétiens dans les différentes contrées qu'il parcourut, et il n'oublia pas son cher troupeau.

Par d'éloquentes lettres pastorales, il rappelait à ses brebis les grands devoirs de la vie chrétienne et la nécessité de la persévérance. La paix ayant reparu, Pierre revint dans son église, où il fut bientôt dénoncé par l'hérétique Arius et jeté dans les fers.

Il ne cessait, dans sa prison, d'encourager les nombreuses victimes enfermées avec lui, de prier et de chanter les louanges de DIEU. Un jour qu'il priait avec plus de ferveur, NOTRE-SEIGNEUR lui apparut sous la forme d'un enfant tout éclatant de lumière, et vêtu d'une belle tunique blanche fendue de haut en bas, et il en tenait les bords comme pour cacher sa nudité.

Pierre, saisi de frayeur, lui dit : « SEIGNEUR, qui vous a mis dans cet état? — C'est Arius, répondit JESUS, qui a divisé mon Église et m'a ravi une partie des âmes que j'ai rachetées de mon sang. »

Peu de jours après, plusieurs prêtres vinrent demander à l'évêque la grâce du misérable hérésiarque, le croyant plein d'un repentir sincère : « Cessez, leur dit Pierre averti par le Sauveur de l'hypocrisie d'Arius, cessez de plaider la cause de ce misérable; Dieu l'a maudit; ses sentiments affectés cachent l'impénitence et l'impiété. » Les prêtres cessèrent dès lors de se faire illusion.

« Le temps de mon supplice est proche, ajouta-t-il, je vous parle pour la dernière fois; soyez fermes dans la défense de la vérité et ne dégénérez pas de la vertu des saints.» L'empereur, en effet, porta contre lui une sentence de mort; mais les fidèles, à cette nouvelle, accoururent à la prison pour le défendre, de sorte que le tribun n'osa se présenter pour exécuter la sentence.

Pierre, s'apercevant que ses chères ouailles retardaient son bonheur, donna aux gardiens l'idée de faire un trou dans la muraille de la prison, du côté où il n'y avait personne, et de le faire sortir par là.

Son conseil fut mis à exécution, et après avoir prié, demandant à Dieu la fin des persécutions, il livra sa tête au bourreau le 26 novembre 310.

Au moment de son supplice, une jeune chrétienne entendit une voix céleste qui disait : « Pierre, le premier des apôtres ; Pierre, le dernier des évêques martyrs d'Alexandrie. » Les chrétiens recueillirent son corps et lui rendirent des honneurs solennels, de sorte que la sépulture de ce vaillant pontife devint un vrai triomphe pour lui et pour la religion chrétienne.

Pratique: Priez pour la destruction des hérésies et la conversion des hérétiques. Demandez spécialement à Dieu le retour à l'unité pour tontes les églises d'Orient.

mardi 25 novembre 2008

25 NOVEMBRE - SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE, Vierge et Martyre

SAINTE CATHERINE naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le Baptême, Dieu lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin Enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait: "Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée."

A son réveil, elle résolut de recevoir promptement le Baptême. Quand elle l'eut reçut, JESUS lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de MARIE et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de Son alliance.

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des Docteurs. Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximin, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec
Catherine.

Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de JESUS-CHRIST comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Cependant Maximin, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus plein de mépris. Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance par un nouvel interrogatoire; ce fut en vain.

Alors, il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes présentes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

Avant de mourir, elle avait demandé deux choses à son divin Époux : que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prît bientôt fin.

Un ange lui avait donné l'assurance que sa prière était exaucée. C'était le 25 novembre 307. Plus tard, son corps fut transporté par les anges sur le mont Sinaï.

Pratique:
Ne subissez jamais le joug du respect humain; prêchez hautement, servez publiquement Jésus-Christ.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

lundi 24 novembre 2008

24 NOVEMBRE - SAINT ANDRE DUNG-LAC, Martyr /SAINTS MARTYRS DU VIETNAM / SAINT JEAN DE LA CROIX


SAINT ANDRE DUNG-LAC était prêtre au Viêt-Nam. Avec ses compagnons, il eut à souffrir le martyre. Parmi eux, 10 missionnaires français, 2 missionnaires espagnols, 96 Vietnamiens dont 37 prêtres et 59 laïcs, hommes et femmes. Ils furent tous canonisés en même temps par Jean-Paul II le 19 juin 1988, lors d'un de ses voyages en Asie.

L'EGLISE AU VIETNAM FÉCONDÉE PAR LE SANG DES MARTYRS

L'œuvre de l'évangélisation, entreprise dès le début, du XVIème siècle, puis établie dans les deux premiers Vicariats Apostoliques du Nord (Dâng-Ngoâi) et du Sud (Dâng-Trong) en 1659, a connu au cours des siècles un admirable développement. A l'heure actuelle, les Diocèses sont au nombre de 25 (10 au Nord, 6 au Centre et 9 au Sud). Les catholiques sont environ 6 millions (presque 10% de la population). La hiérarchie catholique vietnamienne a été érigée par le Pape Jean XXIII le 24 novembre 1960.

Ce résultat est dû aussi au fait que, dès les premières années de l'évangélisation, la semence de la Foi a été mêlée sur la terre vietnamienne au sang abondamment versé des Martyrs, tant du clergé missionnaire que du clergé local et du peuple chrétien du Viêt-Nam. Tous ont supporté ensemble les fatigues de l'œuvre apostolique et ont d'un même cœur affronté aussi la mort pour rendre témoignage à la vérité évangélique. L'histoire religieuse de l'Eglise du Viêt-Nam enregistre qu'il y a eu en tout 53 Décrets, signés par les Seigneurs TRINH et NGUYEN et par les Empereurs qui, pendant trois siècles XVIIème, XVIIIème, XIXème: exactement 261 ans (16251886), ont promulgué contre les chrétiens des persécutions l'une plus violente que l'autre. On compte environ 130.000 victimes tombées un peu partout sur le territoire du Viêt-Nam.

Au cours des siècles, ces Martyrs de la Foi ont été ensevelis d'une manière anonyme, mais leur mémoire est restée toujours vivante dans l'esprit de la communauté catholique.

Dès le début du XX siècle, dans cette foule de héros, 117 personnes - dont les épreuves sont apparues les plus cruelles - ont été choisies et élevées aux honneurs des autels par le Saint-Siège en 4 séries de Béatifications:

en 1900, par le Pape LÉON XIII, 64 personnes
en 1906, par le Pape S. PIE X, 8 personnes
en 1909, par le Pape S. PIE X, 20 personnes
en 1951, par le Pape PIE XII, 25 personnes

Ces Bienheureux peuvent être classés comme suit:

11 Espagnols: tous de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains): 6 Evêques et 5 Prêtres.
10 Français: tous de la Société des Missions Etrangères de Paris: 2 Evêques et 8 Prêtres.
96 Viêtnamiens: 37 Prêtres (dont 11 Dominicains), 59 Laïcs (parmi eux 1 Séminariste, 16 Catéchistes, 10 du Tiers Ordre Dominicain et 1 femme).

" Tous ceux-là viennent de la grande épreuve: ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau " (Apoc 7, 13-14), et leur martyre a eu lieu aux différentes périodes:

2 ont subi le martyre au temps de TRINH-DOANH (1740-1767)
2 ont subi le martyre au temps de TRINH-SAM (1767-1782)
2 ont subi le martyre au temps de CANH-TRINH (1782-1802)
58 ont subi le martyre au temps de l'Empereur MINH-MANG (1820-1840)
3 ont subi le martyre au temps de l'Empereur THIEU-TRI (1840-1847)
50 ont subi le martyre au temps de l'Empereur TU-DUC (1847-1883)

Sur le lieu de supplice l'Edit royal, placé à coté de chaque martyr, a précisé le mode de sentence:

75 condamnés à la décapitation,
22 condamnés à l'étranglement,
6 condamnés à être brûlés vifs,
5 condamnés à être écartelés,
9 sont morts en prison des suites des tortures.


ANNUAIRE DES 117 MARTYRS DU VIETNAM
(N., Nom, Qualification, Martyr) selon la date du martyre

1 Andrea DUNG-LAC, Prêtre 21-12-1839
2 Domenico HENARES, Evêque O.P. 25-06-1838
3 Clemente Ignazio DELGADO CEBRIAN, Evêque O.P. 12-07-1838
4 Pietro Rosa Ursula BORIE, Evêque M.E.P. 24-11-1838
5 Giuseppe Maria DIAZ SANJURJO, Evêque O.P. 20-07-1857
6 Melchior GARCIA SAMPEDRO SUAREZ, Evêque O.P. 28-07-1858
7 Girolamo HERMOSILLA, Evêque O.P. O1-11-1861
8 Valentino BERRIO OCHOA, Evêque O.P. 01-11-1861
9 Stefano Teodoro CUENOT, Evêque M.E.P. 14-11-1861
10 Francesco GIL DE FEDERICH, Prêtre O.P. 22-O1-1745
11 Matteo ALONso LECINIANA, Prêtre O.P. 22-O1-1745
12 Giacinto CASTANEDA, Prêtre O.P. 07-11-1773
13 Vincenzo LE OUANG LIEM, Prêtre O.P. 07-11-1773
14 Emanuele NGUYEN VAN TRIEU, Prêtre 17-09-1798
15 Giovanni DAT, Prêtre 28-10-1798
16 Pietro LE TuY, Prêtre 11-10-1833
17 Francesco Isidoro GAGELIN, Prêtre M.E.P. 17-10-1833
18 Giuseppe MARCHAND, Prêtre M.E.P. 30-11-1835
19 Giovanni Carlo CORNAY, Prêtre M.E.P. 20-09-1837
20 Vincenzo Do YEN, Prêtre O.P. 30-06-1838
21 Pietro NGUYEN BA TUAN, Prêtre 15-07-1838
22 Giuseppe FERNANDEZ, Prêtre O.P. 24-07-1838
23 Bernardo VU VAN DUE, Prêtre 01-08-1838
24 Domenico NGUYEN VAN HANH (DIEU), Prêtre O.P. 01-08-1838
25 Giacomo Do MAI NAM, Prêtre 12-08-1838
26 Giuseppe DANG DINH (NIEN) VIEN, Prêtre 21-08-1838
27 Pietro NGUYEN VAN Tu, Prêtre O.P. 05-09-1838
28 Francesco JACCARD, Prêtre M.E.P. 21-09-1838
29 Vincenzo NGUYEN THE DIEM, Prêtre 24-11-1838
30 Pietro Vo BANG KHOA, Prêtre 24-11-1838
31 Domenico Tuoc, Prêtre O.P. 02-04-1839
32 Tommaso DINH VIET Du, Prêtre O.P. 26-11-1839
33 Domenico NGUYEN VAN (DOAN) XUYEN, Prêtre O.P. 26-11-1839
34 Pietro PHAM VAN TIZI, Prêtre 21-12-1839
35 Paolo PHAN KHAc KHOAN, Prêtre 28-04-1840
36 Giuseppe Do QUANG HIEN, Prêtre O.P. 09-05-1840
37 Luca Vu BA LOAN, Prêtre 05-06-1840
38 Domenico TRACH (DOAI), Prêtre O.P. 18-09-1840
39 Paolo NGUYEN NGAN, Prêtre 08-11-1840
40 Giuseppe NGUYEN DINH NGHI, Prêtre 08-11-1840
41 Martino TA Duc THINH, Prêtre 08-11-1840
42 Pietro KHANH, Prêtre 12-07-1842
43 Agostino SCHOEFFLER, Prêtre M.E.P. 01-05-1851
44 Giovanni Luigi BONNARD, Prêtre M.E.P. 01-05-1852
45 Filippo PHAN VAN MINH, Prêtre 03-07-1853
46 Lorenzo NGUYEN VAN HUONG, Prêtre 27-04-1856
47 Paolo LE BAo TINH, Prêtre 06-04-1857
48 Domenico MAU, Prêtre O.P. 05-11-1858
49 Paolo LE VAN Loc, Prêtre 13-02-1859
50 Domenico CAM, Prêtre T.O.P. 11-03-1859
51 Pietro DOAN LONG QUY, Prêtre 31-07-1859
52 Pietro Francesco NERON, Prêtre M.E.P. 03-11-1860
53 Tommaso KHUONG, Prêtre T.O.P. 30-01-1861
54 Giovanni Teofano VENARD, Prêtre M.E.P. 02-02-1861
55 Pietro NGUYEN VAN Luu, Prêtre 07-04-1861
56 Giuseppe TUAN, Prêtre O.P. 30-04-1861
57 Giovanni DOAN TRINH HOAN, Prêtre 26-05-1861
58 Pietro ALMATO RIBERA, Prêtre O.P. 01-11-1861
59 Paolo TONG VIET BUONG, Laïc 23-10-1833
60 Andrea TRAN VAN THONG, Laïc 28-11-1835
61 Francesco Saverio CAN, Catéchiste 20-11-1837
62 Francesco Do VAN (HIEN) CHIEU, Catéchiste 25-06-1838
63 Giuseppe NGUYEN DINH UPEN, Catéchiste T.O.P. 03-07-1838
64 Pietro NGUYEN DicH, Laïc 12-08-1838
65 Michele NGUYEN HUY MY, Laïc 12-08-1838
66 Giuseppe HOANG LUONG CANH, Laïc T.O.P. 05-09-1838
67 Tommaso TRAN VAN THIEN, Séminariste 21-09-1838
68 Pietro TRUONG VAN DUONG, Catéchiste 18-12-1838
69 Paolo NGUYEN VAN MY, Catéchiste 18-12-1838
70 Pietro VU VAN TRUAT, Catéchiste 18-12-1838
71 Agostino PHAN VIET Huy, Laïc 13-06-1839
72 Nicola Bui Duc THE, Laïc 13-06-1839
73 Domenico (Nicola) DINH DAT, Laïc 18-07-1839
74 Tommaso NGUYEN VAN DE, Laïc T.O.P. 19-12-1839
75 Francesco Saverio HA THONG MAU, Catéchiste T.O.P. 19-12-1839
76 Agostino NGUYEN VAN MOI, Laïc T.O.P. 19-12-1839
77 Domenico Bui VAN UY, Catéchiste T.O.P. 19-12-1839
78 Stefano NGUYEN VAN VINTI, Laïc T.O.P. 19-12-1839
79 Pietro NGUYEN VAN HIEU, Catéchiste 28-04-1840
80 Giovanni Battista DINH VAN THANH, Catéchiste 28-04-1840
81 Antonio NGUYEN HUU (NAM) QUYNH, Laïc 10-07-1840
82 Pietro NGUYEN KHAC Tu, Catéchiste 10-07-1840
83 Tommaso TOAN, Catéchiste T.O.P. 21-07-1840
84 Giovanni Battista CON, Laïc 08-11-1840
85 Martino THO, Laïc 08-11-1840
86 Simone PHAN DAc HOA, Laïc 12-12-1840
87 Agnese LE THi THANH (DE), Laïc 12-07-1841
88 Matteo LE VAN GAM, Laïc 11-05-1847
89 Giuseppe NGUYEN VAN Luu, Catéchiste 02-05-1854
90 Andrea NGUYEN Kim THONG (NAM THUONG), Catéchiste 15-07-1855
91 Michele Ho DINH HY, Laïc 22-05-1857
92 Pietro DOAN VAN VAN, Catéchiste 25-05-1857
93 Francesco PHAN VAN TRUNG, Laïc 06-10-1858
94 Domenico PHAM THONG (AN) KHAM, Laïc T.O.P. 13-01-1859
95 Luca PHAM THONG (CAI) THIN, Laïc 13-01-1859
96 Giuseppe PHAM THONG (CAI) TA, Laïc 13-01-1859
97 Paolo HANH, Laïc 28-05-1859
98 Emanuele LE VAN PHUNG, Laïc 31-07-1859
99 Giuseppe LE DANG THI, Laïc 24-10-1860
100 Matteo NGUYEN VAN (NGUYEN) PHUONG, Laïc 26-05-1861
101 Giuseppe NGUYEN DUY KHANG, Catéchiste T.O.P. 06-11-1861
102 Giuseppe TUAN, Laïc 07-01-1862
103 Giuseppe TUC, Laïc 01-06-1862
104 Domenico NINH, Laïc 02-06-1862
105 Domenico TORI, Laïc 05-06-1862
106 Lorenzo NGON, Laïc 22-05-1862
107 Paolo (DONG) DUONG, Laïc 03-06-1862
108 Domenico HUYEN, Laïc 05-06-1862
109 Pietro DUNG, Laïc 06-06-1862
110 Vincenzo DUONG, Laïc 06-06-1862
111 Pietro THUAN, Laïc 06-06-1862
112 Domenico MAO, Laïc 16-06-1862
113 Domenico NGUYEN, Laïc 16-06-1862
114 Domenico NHI, Laïc 16-06-1862
115 Andrea TUONG, Laïc 16-06-1862
116 Vincenzo TUONG, Laïc 16-06-1862
117 Pietro DA, Laïc 17-06-1862

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O.P. : Ordine dei Predicatori - Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains)
T.O.P.: Terziario dell'Ordine dei Predicatori - Tiers Ordre Dominicain
M.E.P.: Società delle Missioni Estere di Parigi - Société des Missions Etrangères de Paris

Site officiel du Vatican
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SAINT JEAN DE LA CROIX
Religieux Carme
SAINT JEAN DE LA CROIX naquit près d'Avila, en Espagne, en 1542. Jouant un jour au bord d'un étang, il glissa au fond de l'eau; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver : «Non, dit l'enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre.» Alors un vieillard se présenta, marchant aussi sur l'eau, tendit son bâton à l'enfant et le ramena sur le bord. C'étaient Marie et Joseph.

Une autre fois il tomba dans un puits; on croyait l'y retrouver mort; il était assis paisiblement : « Une belle dame, dit-il, m'a reçu dans son manteau et m'a gardé. » Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie. Un jour qu'il priait Notre-Seigneur de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit : « Tu entreras dans un ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive. »

II avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses œuvres extraordinaires. Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du très saint Sacrement. Son lit était une sorte d'auge en forme de berceau; un morceau de bois lui servait d'oreiller. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros nœuds.

Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance. Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection ; il songeait à s'ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de Dieu sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l'engagea à se faire son auxiliaire.

Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, insuffisante, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux règles primitives de l'ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons : la réforme était fondée.

Ce ne fut pas sans tempêtes qu'elle se développa, car tout l'enfer sembla s'acharner contre elle, et tandis que le peuple, étonné de ses miracles, vénérait Jean comme un saint, il eut à souffrir de la part de ceux qui auraient dû le seconder d'incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu'à la prison.

Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède. Il retourna dans son couvent.

DIEU
le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes; sainte Thérèse, ravie d'admiration pour lui, l'appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d'une élévation sublime. Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s'exhalait de son corps.

Au moment de sa mort, le 14 décembre 1591, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps.

Pratique: Rappelez-vous la parole du saint à Jésus lui demandant ce qu'il désirait pour récompense de ses souffrances : "Souffrir, Seigneur, et être méprisé pour vous."

dimanche 23 novembre 2008

23 NOVEMBRE - SOLENNITE DU CHRIST-ROI DE L'UNIVERS (VISIBLE ET INVISIBLE)




LE CHRIST-ROI DE L'UNIVERS

SOLENNITE

LA FETE DU CHRIST-ROI fut instituée en 1925 par le pape Pie XI dans la lettre encyclique QUAS PRIMAS face aux ravages de l'athéisme et de la sécularisation de la société moderne.

Voici un extrait de l'introduction de la lettre encyclique QUAS PRIMAS :

"Dans la première Encyclique qu'au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier, Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.

Nous proclamions ouvertement deux choses: l'une, que ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique; l'autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur.

C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur."


Voici le commentaire de l'encyclique par Jacques MARITAIN (Revue des Jeunes, mars 1927) :
Lorsque la plus haute autorité spirituelle nous dispense le bienfait d’un enseignement, chacun de nous doit non seulement le recevoir avec obéissance, mais encore s’efforcer d’en pénétrer la signification. Le plus humble fidèle est tenu à cette méditation filiale. On comprend donc que la Revue des jeunes, en préparant cet hommage à S. S. Pie XI, ait demandé à un philosophe de publier quelques-unes des réflexions que lui a suggérées la lecture de l’encyclique Quas Primas, où la royauté universelle du Christ est proclamée.

Cette royauté dérive de l’union hypostatique. Le Christ n’est pas seulement le plus beau des enfants des hommes, de telle sorte que concentrant dans sa nature individuelle toutes les perfections de l’espèce, intégrant en soi toute l’humanité, il doit, à ce titre déjà, en être le chef [1]. Il a aussi, de par l’union hypostatique, la plénitude de la grâce sanctifiante, qui, à un titre incomparablement plus élevé encore, le constitue à tout jamais tête de l’humanité tout entière. Tous les hommes lui appartiennent, bons et méchants, fidèles et infidèles [2].

Tous sont faits pour devenir ses membres, sont ses membres en puissance. « Son empire, écrit Pie XI après Léon XIII, ne s’étend pas seulement aux nations catholiques ou seulement à ceux qui, purifiés par le saint baptême, appartiennent de droit à l’Eglise bien que des opinions erronées les aient dévoyés ou que le schisme les ait détachés de la charité ; il embrasse aussi tout ce qu’il existe d’hommes n’ayant pas la foi chrétienne, de sorte qu’en toute vérité l’universalité du genre humain est soumise à la puissance de Jésus-Christ ».

L’universelle royauté qui découle ainsi de la grâce capitale du Christ est double, spirituelle et temporelle à la fois. Mais elle est « surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles [3] ». C’est sur la souveraineté spirituelle du Seigneur Jésus que l’encyclique du Christ-Roi nous invite à méditer avant tout, c’est elle que nous devons ici considérer d’abord.

Non seulement elle suppose que le Christ est le principe intérieur de notre vie surnaturelle, ce qui ressortit plus spécialement, comme on l’a remarqué[4], à son sacerdoce, nous communiquant sans cesse la grâce méritée par sa passion et que Dieu nous infuse par l’« instrument conjoint » de son humanité, de tous les mouvements de sa pensée et de son cœur ; mais encore elle implique un pouvoir suprême de gouvernement de tout l’ordre spirituel, qui ressortit plus spécialement à sa royauté, et par lequel il conduit les âmes à la vie éternelle, porte des lois, juge, pourvoit à l’exécution de ses ordres, établit son royaume en triomphant du péché et de la mort. Cette royauté spirituelle s’étend sur les individus et sur les sociétés, rien ne lui échappe. « En cette matière il ne faut pas distinguer entre les individus et les sociétés domestiques et civiles, puisque les hommes réunis en société ne sont pas moins sous la puissance da Christ que les particuliers. Le bien privé et le bien commun ont la même source [5] ».

Ce droit royal du Christ sur les sociétés, le pouvoir civil est tenu de le reconnaître ; la cité terrestre elle-même le postule en vertu d’une exigence interne. Elle est ordonnée en effet à un bien commun temporel qui est le totum bene vivere de l’homme ici-bas, c’est-à-dire à une fin matérielle sans doute mais aussi et principalement morale : vivre selon la vertu [6].

Et comme la droite vie humaine ici-bas suppose elle-même l’ordination de l’homme à sa fin dernière qui est surnaturelle, et ne peut être obtenue que par le Christ, on voit que le bien lui-même de la cité doit être ordonné à cette même fin dernière surnaturelle qui est celle de chaque homme en particulier ; la société civile doit poursuivre le bien commun temporel selon qu’il aide les hommes à obtenir la vie éternelle[7] ; le politique lui-même, pour être ce qu’il doit, demande que le spirituel prime le politique, que l’ordre au salut éternel prime l’ordre aux biens d’ici-bas ; la cité n’est pas vraiment servie si Dieu n’est pas premier servi.

N’oublions pas maintenant que le Seigneur n’a pas voulu, si j’ose ainsi parler, sauver les hommes à lui tout seul. Il a voulu associer à son œuvre ceux qu’il s’est choisis, se continuer sur la terre par l’Église, son Corps mystique, qu’il a chargée d’achever par lui, avec lui et en lui « ce qui manque à sa passion [8] ». « L’Eglise, disait Bossuet, c’est Jésus-­Christ, mais Jésus-Christ répandu et communiqué ».

Il est la tête invisible du Corps de l’Église. « La tête, dit saint Thomas, exerce une double influence sur les membres : une influence intérieure, car la tête transmet aux autres membres la puissance de se mouvoir et de sentir ; et une influence de gouvernement extérieur, car par la vue et par les autres sens dont elle est le siège, la tête dirige l’homme dans ses actes extérieurs [9] ».

A ces deux influences, on peut rattacher [10] le double pouvoir d’ordre et de juridiction transmis à l’Église ; le premier, qui intéresse l’économie sacramentelle, étant surtout une participation au sacerdoce du Christ, le second, qui intéresse la direction du corps mystique par l’enseignement de la doctrine et par des lois, étant une communication de sa royauté spirituelle. Vicaire du Christ, Tête visible de l’Eglise, le Pape a reçu de lui, avec la souveraineté spirituelle universelle, le plus haut degré possible ici-bas de cette royauté. C’est pourquoi Boniface VIII a pu définir, dans la bulle Unam Sanctam, que toute créature humaine est soumise au Pontife romain.

Nier la royauté spirituelle de l’Église, c'est donc nier la royauté spirituelle du Christ. Il est très frappant de constater que l’encyclique du Christ-Roi est ainsi, en vertu d’une nécessité logique manifeste, celle qui, reprenant et accentuant les enseignements de l’encyclique Ubi Arcano, flétrit avec le plus d’énergie le laïcisme, cette « peste qui infecte la société humaine ». Elle en retrace les origines et les progrès, en décrit les effets désastreux. On peut remarquer à ce point de vue que cette séparation d’avec le Christ résulte de la longue revendication d’aséité que la créature humaine poursuit depuis plus de trois siècles, et qui s’est traduite dans l’ordre moral, social et politique par le vœu de n’obéir qu’à soi-même formulé par Rousseau et par Kant.

Mais dans la mesure où l’on s’affranchit du Christ, on entre sous les influences du diable, chef de l’église du mal [11]. Cherchée hors du Christ, l’unité de l’homme, d’abord utopique et idéaliste dans sa phase de préparation et de désir, devient à la fin, dans sa phase de réalisation positive, l’effet d’une violence absolue imposée à l’homme et d’un despotisme antihumain. L’impérialisme bolchevique, avec son effort d’expansion mondiale, paraît annoncer l’époque où ne seront plus en présence que l’universalisme de l’Antéchrist et l’universalisme du Christ.

* * *

La royauté du Christ n’est pas seulement spirituelle, elle est aussi temporelle. Placé par l’union hypostatique au sommet de tous les êtres, possédant une science infuse parfaite et totale qui rend son intelligence souverainement achevée et lui permet de régir universellement le monde [12], le Christ en tant qu’homme a reçu de Dieu « l’empire sur les œuvres de ses mains », « tout a été mis sous ses pieds[13] ».

Il a droit sur toutes choses créées, pour les gouverner selon ses fins universelles. C’est de ce droit suprême que les rois et les chefs d’État, et tout pouvoir dans l’ordre temporel, tiennent leur autorité. « Ce serait une erreur honteuse de dénier au Christ-Homme l’empire sur les choses civiles quelles qu’elles soient ; il a, en effet, reçu du Père un droit si absolu sur les créatures que tout est soumis à son bon vouloir [14] ».

«Pourtant, continue l’Encyclique, pourtant, durant sa vie terrestre, il s’est complètement abstenu d’exercer cette autorité ; ayant dédaigné autrefois la possession et le soin des choses humaines, il les abandonna alors et les abandonne aujourd’hui à leurs possesseurs. Vérité admirablement exprimée par ces vers : Non eripit mortalia, qui regna dat coelestia ». Par là nous est signifié un grand mystère de la vie historique de son Corps mystique, et la perpétuelle urgence de cette parole : « mon royaume n’est pas de ce monde », dont la raison profonde est la mission rédemptrice elle-même du Seigneur.

Faut-il penser que, sans nier pour cela la distinction des deux pouvoirs, ni la légitimité de droit naturel des autorités terrestres, cette suzeraineté temporelle a été, comme la souveraineté spirituelle elle-même, transmise par le Christ à l’Église et à Pierre ? Des théologiens l’ont cru jadis, partisans ce que l’on nomme le « pouvoir direct » sur le temporel. « Quelques théologiens, au cours de l’histoire, ont pu pousser la conviction enthousiaste du droit de l’Église jusqu’à revendiquer pour elle, directement, tout pouvoir terrestre.

Le ne scandalizemus eos par lequel Notre-Seigneur motive sa pure et gracieuse concession en payant le didrachme, leur a paru la seule limite possible aux droits de la Mère des rachetés[15]… » L’enseignement de Léon XIII, dans les encycliques Sapientiae christianae et Immortale Dei, semble bien leur donner tort, et de toute façon rejette absolument les exagérations violentes où certains canonistes du XIVe siècle étaient tombés.

Quoi qu’il en soit de ces derniers, les partisans de l’opinion, aujourd’hui si oubliée, que je viens d’évoquer, n’auraient jamais dû omettre la correction qui en tout cas s’impose immédiatement, et que suggère avec tant de justesse l’encyclique Quas Primas. On peut avoir un droit et ne pas l’exercer. Conviendrait-il que l’Église usât effectivement, même de la façon la plus discrète et la plus élevée, d’un pouvoir que son Maître a refusé d’exercer, je veux dire d’un pouvoir direct sur le temporel, lui donnant un souverain domaine universel sur les choses terrestres dans la ligne même du bien temporel des hommes à procurer ?

Jamais, en fait, elle n’a usé d’un tel pouvoir. C’est que pour elle comme pour le Seigneur jésus, la mission rédemptrice prime tout. Il est venu pour souffrir et pour racheter, non pour dominer, et il en sera ainsi jusqu’à ce que son règne arrive, avec le siècle futur.
* * *

Dans la pensée d’un saint Bernard et d’un saint Thomas d’Aquin, la doctrine des deux glaives avait une autre signification. Elle signifiait que l’Église a le glaive temporel en ce sens seulement qu’on est dit avoir ce dont on peut diriger l’emploi [16]. Elle n’use pas elle-même du glaive temporel, à ce point de vue elle le garde au fourreau. Mais il convient qu’elle dirige, en vue de la fin dernière surnaturelle à laquelle la fin temporelle de la cité est subordonnée, ceux qui ont ce glaive entre les mains. « Un glaive est sous l’autre [17] », le glaive spirituel, peut et doit commander au glaive temporel ratione peccati, non pas en raison du bien temporel lui-même à procurer, mais en raison du péché à dénoncer ou à éviter, en raison du bien des âmes, de la liberté de l’Église, et des intérêts supérieurs, d’ordre spirituel, dont celle-ci a la charge.

Il ne s’agit plus là d’un pouvoir distinct du pouvoir spirituel. C’est le pouvoir spirituel lui-­même, c’est le glaive spirituel atteignant les choses du siècle en raison des intérêts éternels qui y sont investis. Et ce glaive-là n’est pas au fourreau. Dans le Christ, ce pouvoir d’intervention sur le temporel, en raison, non du temporel lui-même, mais du spirituel, « ne fait qu’un avec la royauté spirituelle, car il est à son service et pour ainsi dire son instrument. Ubi est unum propter alterum, disait déjà Aristote, ibi tantum unum esse videtur.

Aussi n’est-ce pas sans raison que les anciens théologiens donnaient à ce pouvoir le nom d’instrumental. Christus secundum quod homo, écrit Bannez, habuit instrumentalem potestatem dominii universalis circa omnia temporalia [18] ». Dans 1’Eglise du Christ, ce pouvoir est une participation à la royauté spirituelle du Christ. Pierre ne le possède que parce que le Christ le lui a transmis comme à son ministre ici-bas, avec les clefs du royaume des cieux.

Ainsi entendue la doctrine des deux glaives, si célèbre au moyen âge, n’est autre que la doctrine de ce qu’on devait appeler plus tard le pouvoir indirect de l’Église sur le temporel. Elle affirme, avec la distinction des deux pouvoirs, enseignée déjà au Ve siècle par le pape Gélase et si nettement rappelée par Léon XIII, la subordination de l’un à l’autre. Elle affirme donc le droit pour le pouvoir spirituel d’intervenir, soit par des conseils, soit par des ordres, auprès du pouvoir temporel, non pas sans doute dans le domaine purement temporel (c’est-à-dire lorsqu’aucun intérêt spirituel spécialement grave n’est engagé), mais dans le domaine « mixte », c’est-à-dire chaque fois qu’une disposition temporelle quelconque, ou un mode d’activité temporelle quelconque, se trouve engager d’une façon assez grave les intérêts du spirituel : étant bien compris, ce qui est l’évidence même, qu’il n’y a pas seulement des matières « mixtes » par nature, mais que n’importe quelle catégorie d’œuvre temporelle, si elle devient par exemple l’occasion d’un danger de déviation spirituelle, peut entrer dans le domaine « mixte » ; et qu’il appartient à l’Église seule et à son Chef d’en juger avec autorité, et de déterminer ainsi, en chaque cas particulier, l’étendue de l’application du pouvoir indirect.

Ce pouvoir, qu’il faut envisager dans la lumière du mystère surnaturel de l’Église, et de sa maternité universelle, peut aller jusqu’à déposer des rois qui deviendraient un péril pour la foi de leurs sujets, ou à casser et annuler des lois injustes portées par le pouvoir civil. Non seulement il a été exercé de fait par l’Église, mais à plusieurs reprises, en particulier dans le Syllabus, en condamnant les erreurs du libéralisme, elle a enseigné de la façon la plus nette qu’il fait partie de ses droits imprescriptibles.

Il se rattache, nous l’avons vu, à la royauté spirituelle du Christ. Et ainsi, quand on tient compte de la prodigieuse mémoire de l’Église, et des perspectives éternelles où elle exige que l’on se place pour considérer ses actions, on voit quel lien profond, traversant les siècles, unit l’encyclique du Christ-Roi aux actes où le pouvoir indirect fut affirmé avec le plus d’éclat, aux grands enseignements des Papes du moyen âge, et de ce saint Grégoire VII à qui nous devons le plus consolant exemple de victoire de l’esprit sur le despotisme : Canossa.

Le monde moderne est tombé dans un état si misérable, les lois essentielles de la société civile et du pouvoir terrestre sont tellement oubliées, que l’idéal politique du moyen âge : le règne temporel du Christ parmi les nations, parait actuellement à l’extrême opposé d’une réalisation dans les faits. On comprend que sans nier l’urgence d’un retour à de saines conceptions politiques, ni le droit pour les catholiques comme pour les autres de chercher à faire triomphes, par tous moyens honnêtes, le régime politique qu’ils jugent le meilleur pour leur pays, ni l’importance des devoirs civiques et politiques imposés à chacun par le quatrième commandement, l’Eglise aujourd’hui, non seulement insiste comme elle l’a toujours fait sur son indifférence à l’égard des diverses formes de gouvernement légitime, mais prenne elle-même une attitude de plus en plus apolitique ou plutôt supra politique.

C’est pour le bien des nations et des États, non pour son bien à elle, qu’elle les aidait jadis à conduire leur œuvre temporelle d’une façon conforme aux exigences de la fin surnaturelle. L’apostasie des nations s’applique, hélas, à la délivrer de plus en plus de ce soin. Ce n’est plus, comme aux siècles chrétiens, pour diriger positivement les gouvernements vers des fins religieuses, qu’elle a à exercer son pouvoir indirect, et à intervenir, avec quelle force parfois, dans le temporel, c’est désormais surtout pour défendre contre l’agression ses droits et les libertés de ses enfants, ou pour éviter que la religion se trouve engagée d’une façon trop étroite dans l’activité politique.

Bref ce n’est pas par la reconstruction d’une chrétienté politique, – la paix la plus simple et la plus précaire est déjà si difficile â obtenir dans ce monde détourné de Dieu, – c’est d’abord et avant tout par la restauration et l’expansion de la chrétienté spirituelle qu’elle s’efforce d’étendre sur l’univers entier la royauté du Christ, pax Christi in regno Christi. Voilà l’œuvre à laquelle les catholiques comme tels sont conviés par le Saint-­Esprit.
Voilà où se manifeste l’unité profonde des intentions et des pensées qu’il inspire au Pape, qu’il s’agisse de préparer de loin le retour de l’Orient chrétien à l’unité, et même la fin des scissions fratricides causées par la Réforme, ou d’appeler solennellement la race jaune au partage de la succession apostolique et du gouvernement des églises. Voilà ce que nous devons comprendre pour égaler notre pensée aux vues universelles et au cœur apostolique de notre Père commun.

Il conviendrait d’insister ici sur les rapports entre la proclamation de la royauté universelle du Christ et les accroissements donnés de nos jours par l’Église à l’admirable activité des missions. Sans parler des désastres spirituels amenés par le mercantilisme et les vues bassement intéressées des gouvernements européens, les préjugés sur l’infériorité radicale des races non-blanches, qui semblent s’être accusés follement au XIXe siècle, – le naturalisme humanitaire ayant alors fait passer à la race blanche la mission privilégiée de l’Église et les supériorités apportées par le baptême, – ces préjugés qui faisaient regarder les missionnaires comme les apôtres non seulement de Jésus-Christ mais aussi d’une certaine civilisation humaine, ont été, semble-t-il, un des principaux obstacles à l’évangélisation du monde.

L’Eglise aujourd’hui renverse cet obstacle. Elle affirme que les diverses races et les diverses cultures ont leur place légitime dans l’unité spirituelle de la chrétienté, et peuvent fournir des évêques au troupeau du Christ. Elle seule, à l’instant que la culture jadis chrétienne achève de se corrompre, peut sans péril se tourner vers les cultures non chrétiennes, vers les cultures de l’Orient et de l’Extrême-Orient en particulier, parce quelle seule a de quoi tout rectifier dans les âmes de bonne volonté. Qu’on n’imagine pas pour cela qu’elle n'abandonne jamais les vertus supérieures qu’elle-même a fait produire à la civilisation occidentale.

Il s’agit, non pas d’opposer irréductiblement une culture à l’autre, et non pas de les brouiller toutes dans un mélange sans nom, mais d’user des formes intellectuelles les plus pures et les plus actives élaborées par la tradition gréco-latine, pour sauver et intégrer dans la lumière du Verbe incarné, sans porter la moindre atteinte à leur individuation et à leur autonomie nationales, tout ce qu’il y a de sage, de bon, de vraiment humain, et même divin dans les cultures non européennes.

Penserons-nous maintenant qu’une œuvre si difficile et si immense puisse s’accomplir sans le secours de la raison la mieux armée, et d’une doctrine qui rassemble dans la synthèse la plus précise et la plus haute la sagesse des philosophes et la sagesse des saints, le trésor intellectuel de l’Église ?

Quel autre instrument est capable de servir à un tel travail, sinon l’instrument très sûr et véritablement universel préparé par saint Thomas d’Aquin ? Sa doctrine apparaît comme l’instrument intellectuel propre de la foi catholique. « De même que jadis il fut dit aux Égyptiens qui se trouvaient dans une extrême disette : Allez à Joseph, pour qu’ils se procurassent le froment, soutien du corps, de même, écrit Pie XI, s’ils Nous écoutent, tous ceux qui ont le désir de la vérité iront à Thomas [19] ».

L’encyclique Quas Primas et l’encyclique Rerum Ecclesiae rejoignent ainsi l’encyclique Studiorum ducem. Et celle-ci, éclairée par les deux autres, nous montre en Thomas d’Aquin le véritable apôtre des temps modernes, allant soumettre par tout l’univers l’intelligence de l’homme, et toutes les richesses de la culture, à l’empire du Christ-Roi.
Jacques MARITAIN

[1] 1. Cf. R. P. Humbert Clérissac, Le mystère de l’Eglise, chap. 1.
[2] Cf. Saint Thomas d’Aquin, Sum. théol., III, 8, 3, ad 1.
[3] Encyclique Quas Primas.
[4] Cf. Ch.-V. Héris, La Royauté du Christ, Rev. des sc. phil. et théol., juillet 1926.
[5] Encyclique Quas Primas.
[6] Saint Thomas d’Aquin, De Regimine principum, lib. I, c. 14.
[7] Ibid.
[8] Saint Paul, Colos. I, 24.
[9] Saint Thomas d’Aquin, Sum. theol., III, 8, 6.
[10] Cf. Ch.-V, Héris, article cité.
[11] Cf. Saint Thomas d’Aquin, Sum. théol., III, 8, 7 : « Diabolus est caput omnium malorum ». [12] Cf. Ch.-V. Héris, article cité.
[13] Saint Paul, Hebr., II, 8.
[14] Encyclique Quas Primas.
[15] R. P. Humbert Clérissac, Le Mystère de l’Eglise.
[16] « Habet spiritualem [gladium] tantum, quantum ad executionem; sed habet etiam temporalem quantum ad ejus jussionem. » Saint Thomas d’Aquin, in IV. Sent., Dist. XXXVII, expos. textus. (Cf. Jean Rivière, Le Problème de l’Église et de l’État au temps de Philippe le Bel, Introduction.)
[17] Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam.
[18] Ch.-V. Héris, art. cité. Ce pouvoir instrumental ressortissant à la royauté spirituelle est tout autre chose, comme le remarque très justement l’auteur, que la royauté temporelle elle-même, dont il a été question plus haut.
[19] Encyclique Studiorum ducem.

samedi 22 novembre 2008

22 NOVEMBRE - SAINTE CECILE, Vierge et Martyre

SAINTE CECILE : C'est sous l'empereur Alexandre Sévère, vers l'an 230, que souffrit cette jeune sainte, l'une des fleurs les plus suaves de la virginité chrétienne et du martyre.

Fille d'un illustre patricien, seule chrétienne de sa famille, bien qu'elle eût consacré sa virginité à JESUS-CHRIST, elle dut se résigner à sortir de la maison paternelle, où elle vivait dans la prière, la lecture des livres saints et le chant des cantiques, qu'elle accompagnait de la harpe, pour épouser le jeune Valérien, noble et bon, mais païen.

Le soir des noces, quand les époux se trouvèrent seuls, Cécile s'adressa doucement à Valérien : « Ami très cher, lui dit-elle, j'ai un secret à te confier; mais peux-tu me promettre de le garder? » Ayant reçu le serment du jeune homme, elle reprit : « Écoute. Un ange de DIEU veille sur moi, car j'appartiens à DIEU. S'il voit que tu m'aimes d'un mauvais amour, il me défendra, et tu mourras; mais si tu respectes ma virginité, alors il t'aimera comme il m'aime, et sa grâce s'étendra aussi sur toi. »

Troublé, Valérien répondit : « Cécile, pour que je puisse croire à ta parole, fais-moi voir cet ange. — Si tu crois au vrai DIEU et si tu reçois le baptême des chrétiens, tu pourras voir l'ange qui veille sur moi. » Valérien accepta la condition, se rendit près de l'évêque Urbain, à trois milles de Rome, fut instruit, reçut le baptême et revint près de Cécile. Près d'elle, il aperçut un ange au visage lumineux, aux ailes éclatantes, qui tenait dans ses mains deux couronnes de rosés et de lis.

L'esprit bienheureux posa l'une de ces couronnes sur la tête de Cécile, l'autre sur la tête de Valérien, et leur dit: «Je vous apporte ces fleurs des jardins du ciel; conservez-les par votre pureté, et jamais elles ne perdront leur parfum. »

Valérien avait un frère nommé Tiburce ; au récit de ces merveilles, il abjura les idoles et se fit chrétien. Les deux frères furent bientôt dénoncés, demeurèrent invincibles dans la confession de leur foi et eurent la tête tranchée.

Quant à Cécile, elle comparut elle-même devant le tribunal du préfet de Rome : « Quel est ton nom et quelle est ta condition? lui dit-il. — Devant les hommes, je m'appelle Cécile; mais chrétienne est mon plus beau nom. — Ne connais-tu pas la loi de mort portée contre les chrétiens? — Cette loi prouve que vous êtes cruels, et rien de plus. — Sacrifie aux dieux! — Tes dieux ne sont que des pierres, de l'airain ou du plomb.

N'osant pas livrer publiquement au supplice une femme de cette distinction, le préfet la fit reconduire chez elle et ordonna de la laisser mourir dans la salle de bains embrasée de vapeurs; DIEU renouvela pour elle le miracle des Hébreux dans la fournaise.

Le bourreau vint pour lui trancher la tête; mais il le fit si maladroitement, qu'elle ne mourut que trois jours après.


Sainte Cécile est la-patronne des musiciens.

Pratique: Aimez le chant des psaumes et des cantiques ; prenez part aux chants de l'église.

vendredi 21 novembre 2008

21 NOVEMBRE - PRESENTATION AU TEMPLE DE LA TRES SAINTE VIERGE MARIE

PRESENTATION DE LA TRES SAINTE VIERGE MARIE AU TEMPLE

Les parents qui aiment DIEU Lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelques fois à DIEU les enfants en bas âge; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions.

Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

L'Évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie; Son titre de Mère de DIEU efface tout le reste; il dit tout à lui seul. Mais la tradition est plus explicite; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans Son enfance, fut solennellement offerte à DIEU dans Son Temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui.

Ce sacrifice de Marie enfant renferme toutes les conditions du plus parfait sacrifice : il a été prompt, généreux, joyeux, sans retour, sans réserve. Figurons-nous combien il dut être agréable au SEIGNEUR ! Marie n'avait encore que trois ans, mais son âme était déjà la merveille de la sainteté; la Trinité prenait en elle ses complaisances, et DIEU marquait le jour désormais prochain où elle ajouterait à tant d'autres gloires l'auréole incomparable de la maternité divine.

Où mieux que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-Elle préparée à Sa mission? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'Élue de DIEU.

Voici, d'après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au Temple: Depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, Elle priait; de 9heures à 3heures Elle s'appliquait au travail des mains; ensuite Elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait l'ange qui lui apportait sa nourriture.

Elle était toujours la première aux veilles, la plus appliquée à l'étude, la plus fervente dans le chant des psaumes, la plus zélée dans les œuvres de charité, la plus pure parmi les vierges ses compagnes, la plus parfaite dans la pratique de toutes les vertus.

Marie, au jour de Sa Présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après Elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au SEIGNEUR, dans le monde ou à l'ombre des autels; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

Pratique :
Que Votre personne, que votre vie, qui appartiennent au Seigneur, lui soient entièrement consacrées.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

jeudi 20 novembre 2008

20 NOVEMBRE - SAINT EDMOND / SAINT FELIX DE VALOIS, de l'Ordre de la Trinité


SAINT EDMOND, Martyr

Roi d'Est-Anglie, martyr (+ 870)


SAINT EDMOND ou EDME. Il était le roi d'un petit royaume de l'est de l'Angleterre que les Danois envahissaient souvent. Fait prisonnier lors d'une bataille dans le Suffolk, il refusa leurs conditions en particulier celle d'apostasier et périt décapité après avoir été criblé de flèches. Les Anglais lui donnèrent la couronne du martyr. Il a laissé son nom à l'abbaye et à la ville de Bury-saint-Edmund.
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SAINT FELIX DE VALOIS (+1212)

SAINT FELIX DE VALOIS, petit-fils du roi de France Henri 1er, naquit le 9 avril 4127. Sa mère, avant sa naissance, vit en songe un bel enfant armé d'une croix et entendit une voix lui dire : "Cet enfant est le fils que vous allez mettre au monde ; il aura la gloire d'échanger le lys de France pour la croix de Jésus - Christ."

Pendant une famine, la nourrice du petit Félix eut l'inspiration de faire tracer à l'enfant, avec sa main, le signe de la croix sur le pain que l'on distribuait aux pauvres, et ce pain se multiplia tellement, qu'on put en distribuer pendant plusieurs jours à tous les malheureux qui se présentaient. La nourrice lui fit aussi bénir les champs d'alentour, et les nuées du ciel, obéissant à la main de Félix, versèrent une pluie féconde qui ramena l'abondance.

Cependant le jeune prince croissait en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes, et ne montrait aucun des défauts de l'enfance. Il aimait tant à faire la charité aux pauvres, qu'un de ses oncles l'appelait son grand aumônier.

Après ses études, qu'il fit à Clairvaux, sous la direction de saint Bernard, Félix dut aller à la cour du roi de France, prit part à la croisade prêchée par le saint moine de Clairvaux, son maître; puis, revenu à la cour, il la quitta bientôt pour se réfugier au désert. Dans la solitude, il sentit son esprit s'illuminer de clartés nouvelles et son âme redoubler de vaillance dans la pratique des vertus évangéliques.

Le démon lui déclara une guerre acharnée ; mais le saint triompha de lui par la prière et les plus effrayantes mortifications. Félix, ayant désormais pour palais une misérable grotte, pour vêtement un cilice, pour mets des herbes amères, renouvela dans sa retraite les merveilles des Antoine et des Hilarion.

Par la permission de Dieu, tous les dimanches, un corbeau lui apportait un pain du ciel. Il habitait le désert depuis bientôt quarante ans, quand saint Jean de Matha, de la part de Dieu, vint le trouver dans sa solitude, pour s'édifier par ses exemples. C'est alors que les deux saints eurent la vision d'un cerf blanc portant au front une croix bleue et rouge, et qui venait se désaltérer à la fontaine voisine.

Dieu leur révéla l'explication de ce prodige; ils se disposèrent aussitôt à partir pour Rome, afin d'obtenir la fondation d'un institut dont les religieux, vêtus de blanc, porteraient sur la poitrine nue croix bleue et rouge, et travailleraient au rachat des captifs, que les Turcs d'Afrique retenaient par milliers dans les fers.

Le pape Innocent III approuva le projet, l'Ordre fut fondé et produisit un bien immense. Félix de Valois mourut quelques années après, le 4 novembre 1212, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.

Pratique: "Méditez cette parole de saint Félix mourant : « Bienheureux le joue où j'ai quitté la cour pour le désert !"

mercredi 19 novembre 2008

19 NOVEMBRE - SAINT TANGUY, de Bretagne

SAINT TANGUY, de Bretagne (IXème)

Saint populaire en Bretagne, sa vie est peu connue. Il semble qu'il fut fils du seigneur de Trémaouézan (Finistère), et orphelin dès l'âge de 20 ans. Trompé par sa marâtre qui accusait faussement sa sœur de dévergondage, il la tua de ses propres mains. Il expia son meutre par 40 jours de jeûne avant de se faire moine. Il devint ensuite rapidement supérieur de son monastère. Il aurait fondé l'abbaye de Saint-Matthieu de Fine-Terre au Conquet.

18 NOVEMBRE - DEDICACE DES BASILIQUES DE SAINTS PIERRE et PAUL / SAINT ODON

DÉDICACE des BASILIQUES

des SAINTS APÔTRES PIERRE et PAUL

(en 324)

Après avoir célébré, le 5 août, la Dédicace de Sainte-Marie-des-Neiges, plus connue sous le nom de Sainte-Marie-Majeure, le 29 septembre celle de Saint Michel et le 6 novembre celle de Saint-Jean-de-Latran, l´Église fête aujourd´hui la Dédicace des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul à Rome. Tous ces anniversaires se placent pendant le Temps après la Pentecôte, période pendant laquelle nous donnons toutes nos pensées à l´Église dont nos temples sont l´image vivante.


La basilique de Saint-Pierre au Vatican et celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, construites toutes deux par les soins de Constantin à l´endroit même de leur martyre, le cèdent à peine en importance à celle de Saint-Jean-de-Latran. Saint-Pierre s´élève sur l´emplacement du cirque de Néron et sous son maître-autel reposent les restes sacrés du Chef des Apôtres; elle est devenue comme le centre du monde chrétien. Déjà remarquable au IVe siècle, elle fut agrandie plus tard, puis reconstruite au XVIe siècle, parce qu´elle tombait de vétusté. Elle fut consacrée par le pape Urbain VIII le 18 novembre 1626.


La basilique de Saint-Paul est située à l´autre extrémité de la ville, sur le tombeau du grand Apôtre des nations. Ayant été presque complètement détruite par un incendie en 1823, cette église fut reconstruite par les papes Grégoire XVI et Pie IX, et consacrée par ce dernier le 10 décembre 1854. On maintient néanmoins la célébration des anniversaires des deux Dédicaces sous la date primitive du 18 novembre.


Dom Gaspar Lefebvre, Missel


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SAINT ODON

SAINT ODON, né vers l'an 870, était fils d'un seigneur de la plus haute noblesse, et fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il montra, jeune encore, un grand amour pour la prière. Sa piété lui faisait regarder comme perdu le temps qu'il était forcé de donner à la chasse et aux autres amusements du siècle.

A l'âge de dix-neuf ans, il reçut la tonsure et fut nommé à un canonicat de l'église de Tours. Après de brillantes et solides études, où il montra, en même temps qu'une haute intelligence, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu'un peu de nourriture grossière, il fut séduit par la lecture de la règle de saint Benoît et se décida dès lors à embrasser la vie monastique.

Il fut plus tard élu abbé de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses : le silence, l'obéissance, l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de pair avec ses conseils on ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans s'inquiéter du lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa prédilection ; il veillait avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les mœurs, les études, le sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés.

A Cluny, la "règle de Saint-Benoît était suivie avec zèle; les jeûnes, les abstinences, les chants, les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux pèlerins.

On y nourrissait de plus dix-huit pauvres par jour, et la charité y était si abondante, surtout dans le carême, qu'à l'une de ces époques de l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents. Dans les voyages si difficiles auxquels son zèle et ses1 fonctions l'obligèrent plus d'une fois, Odon ne pensait qu'à secourir le prochain.

Il descendait de son cheval pour faire monter à sa place les indigents et les -vieillards ; on le vit même porter le sac d'une pauvre femme. Pourtant, malgré tant de fatigues, à son dernier voyage de Rome il lassait tous ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche, et ils s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère, conservé tant d'agilité et de vigueur.

Un jour Dieu récompensa le saint moine de sa ponctualité. La règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert.

Il plut toute la nuit abondamment; le lendemain le livre, malgré les flots de pluie, se trouva intact. On voulut lui attribuer cette merveille, mais il en rapporta toute la gloire au glorieux saint Martin, dont la vie était écrite en ce volume. — Le saint rendit son âme à Dieu le 18 novembre 942.

Pratique: Soyez d'une grande exactitude dans les plus petits devoirs de votre état.

lundi 17 novembre 2008

17 NOVEMBRE - SAINTE ELISABETH DE HONGRIE / SAINT GREGOIRE LE THAUMATURGE

SAINTE ÉLISABETH de HONGRIE
Veuve, Tertiaire de Saint-François
(1207-1231)

SAINTE ELISABETH
fille d'André II, roi de Hongrie, connut toutes les joies et toutes les grandeurs, mais aussi toutes les épreuves de la vie, et Dieu a donné en elle un modèle accompli aux enfants, aux jeunes filles, aux épouses, aux mères, aux veuves et aux religieuses, aux riches et aux pauvres. Après une enfance tout angélique, elle fut fiancée au jeune prince Louis de Thuringe. Dès lors Élisabeth donnait tout ce qu'elle avait aux pauvres. Sa piété, son amour de Dieu la poussait au sacrifice.

Les deux jeunes époux, unis par la foi encore plus que par la tendresse, eurent toujours Dieu comme lien de leur affection. Louis était un prince éminent par ses vertus et sa sagesse. La dévotion d'Élisabeth n'était ni triste, ni exagérée; on ne la voyait jamais qu'avec un visage doux et aimable.

Elle aimait à porter aux pauvres de l'argent et des provisions. Un jour qu'elle portait dans son manteau du pain, de la viande, des œufs et autres mets destinés aux malheureux, elle se trouva tout à coup en face de son mari: "Voyons ce que vous portez" dit-il; et en même temps il ouvre le manteau; mais il n'y avait plus que des roses blanches et rouges, bien qu'on ne fût pas à la saison des fleurs.

Quelle douleur pour Élisabeth, quand son mari partit pour la croisade! Elle souffrit avec courage cette séparation qui devait être définitive. Élisabeth restait veuve avec quatre enfants. Alors commença sa vie d'épreuves. Chassée du château, réduite à la pauvreté la plus entière, méprisée, elle sut se complaire en ses souffrances, et mourut sous l'habit du Tiers Ordre de Saint-François.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

"A Dieu, je ne veux faire peine par une mine déconfite. Ne préfère-t-il pas me voir joyeuse ! Je l’aime et Il m’aime."

"Toi seul Seigneur ! Les biens de ce monde, je les ai aimés. Mais je les considère aujourd’hui comme de la boue. Calomnies, médisances et mépris me sont une joie, je n’aime que Dieu !"


(Extraits des écrits de sainte Elisabeth)

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SAINT GREGOIRE LE THAUMATURGE
SAINT GREGROIRE opéra tant de prodiges que de son vivant, il fut appelé le Thaumaturge, c'est-à-dire faiseur de miracles. Il naquit à Néocésarée, de parents nobles et riches, mais païens. Toutefois, dès son enfance, Grégoire eut le sentiment de la vérité du christianisme.

L'enseignement du grand Origène le confirma dans cette pensée; il reçut le baptême : "Servez-vous, lui écrivit son Maître, des talents que Dieu vous a donnés pour la défense de la religion du Christ, et pour cela, ayez surtout soin de joindre la prière à l'étude. " Grégoire eût pu occuper les plus hautes places ; il préféra vendre tous ses biens, en donner le prix aux pauvres et se retirer dans la solitude pour y converser seul à seul avec Dieu.

Il dut bientôt accepter le fardeau de l'épiscopat ; sa science et ses miracles lui donnèrent une influence étonnante sur les peuples. Arrivé dans sa ville épiscopale de Néocésarée, il se mit à l'œuvre avec ardeur, convertit les idolâtres, guérit les malades, fit bâtir une église. Cette dernière œuvre fut l'occasion d'un grand miracle. Se rappelant la parole de l'Évangile : « Si vous aviez gros de foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Passez d'ici là, et elle y passerait, » il fit, reculer, par ses prières, une montagne qui le gênait pour la construction du temple du Seigneur.

Par ses prières, il dessécha un lac, objet de litige entre deux frères, qui se réconcilièrent aussitôt. — Le fleuve du Lycus, qui coulait près de Néocésarée, était souvent pour le pays une cause d'inondation et de ruine. Grégoire, ému de compassion pour son peuple, se rendit au bord du fleuve, y planta son bâton et ordonna aux eaux, de la part de Dieu, de ne pas franchir cette borne. Le bâton prit racine et devint un arbre, et les inondations cessèrent.

Le saint évêque prédit une peste terrible, en châtiment des péchés du peuple de la contrée ; mais il obtint promptement la cessation du terrible fléau à Néocésarée. — Grégoire était un homme doué de l'esprit des apôtres et des prophètes. Toute sa conduite, dit saint Basile, portait l'empreinte de la perfection évangélique.

Dans tous ses exercices de piété, il montrait le plus grand respect et le plus profond recueillement. Jamais il ne priait que la tête découverte ; il parlait avec simplicité et modestie ; il avait en horreur le mensonge, l'habileté et tous les détours qui ne s'accordent point avec l'exacte vérité.

Il ne pouvait supporter ce qui blesse la douceur et la charité. Il mourut le 17 novembre 270, ne laissant que dix-sept idolâtres où il avait trouvé dix-sept chrétiens.

Pratique: Gémissez, comme saint Grégoire, en pensant que Dieu est si offensé et si peu aimé.

dimanche 16 novembre 2008


SAINT MATTHIEU
Apôtre et Martyr (1er siècle) voir 21 septembre

A Capharnaüm, il y avait un poste de douane. Le fonctionnaire qui tenait ce poste s'appelait Lévi ou Matthieu. Il était fils d'Alphée. Un matin, Jésus l'appelle, Matthieu laisse ses registres et suit Jésus. A quelle attente secrète répond-il ainsi ? En tout cas, il explose de joie, suit Jésus, l'invite à dîner, invite ses amis. Le fonctionnaire méticuleux devient missionnaire et, choisi comme apôtre, il sera aussi le premier évangéliste, relevant méticuleusement les paroles et les actions de Jésus. Ce publicain, méprisé par les scribes, est pourtant le plus juif des quatre évangélistes : 130 citations de l'Ancien Testament. Par la suite, la Tradition lui fait évangéliser l'Ethiopie.

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SAINT MARGUERITE
Reine d'Écosse (1046-1093
)


SAINTE MARGUERITE
était nièce de saint Étienne de Hongrie. Elle vint au monde en 1046, et montra bientôt de merveilleuses dispositions pour la vertu qui lui mérita dans la suite le nom de mère des orphelins et de trésorière des pauvres de Jésus-Christ.

Forcée de chercher un asile en Écosse, elle donna l'exemple d'une sainteté courageuse dans les épreuves, si bien que le roi Malcolm III, plein d'estime pour elle et épris des charmes de sa beauté, lui offrit sa main et son trône. Marguerite y consentit, moins par inclination que dans l'espoir de servir à propager le règne de Jésus-Christ. Elle avait alors environ vingt-trois ans (1070).

Son premier apostolat s'exerça envers son mari, dont elle adoucit les moeurs par ses attentions délicates, par sa patience et sa douceur. Convertir un roi, c'est convertir un royaume: aussi l'Écosse entière se ressentit de la conversion de son roi: la cour, le clergé, le peuple furent bientôt transformés.

Marguerite, apôtre de son mari, fut aussi l'apôtre de sa famille. Dieu lui donna huit enfants, qui firent tous honneur à la vertu de leur pieuse mère et à la valeur de leur père. Dès le berceau elle leur inspirait l'amour de Dieu, le mépris des vanités terrestres et l'horreur du péché.

L'amour des pauvres, qui avait brillé dans Marguerite enfant, ne fit que s'accroître dans le coeur de la reine: ce fut peut-être, de toutes les vertus de notre sainte, la plus remarquable. Pour les soulager, elle n'employait pas seulement ses richesses, elle se dépensait tout entière: "La main des pauvres, aimait-elle à dire, est la garantie des trésors royaux: c'est un coffre-fort que les voleurs les plus habiles ne sauraient forcer." Aussi se fit-elle plus pauvre que les pauvres eux-mêmes qui lui tendaient la main; car elle ne se privait pas seulement du superflu, mais du nécessaire, pour leur éviter des privations.

Quand elle sortait de son palais, elle était toujours environnée de pauvres, de veuves et d'orphelins, qui se pressaient sur ses pas. Avant de se mettre à table, elle servait toujours de ses mains neuf petites orphelines et vingt-quatre vieillards; l'on vit même parfois entrer ensemble dans le palais jusqu'à trois cents pauvres. Malcolm se faisait un plaisir de s'associer à sa sainte épouse pour servir les pauvres à genoux, par respect pour Notre-Seigneur, dont ils sont les membres souffrants. La mort de Marguerite jeta le deuil dans tout le royaume.

Pratique: Ne vous attachez pas aux biens de ce monde. Servez-vous en bien.
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SAINT EDMOND
Archevêque de Cantorbéry
SAINT EDMOND naquit de parents -vertueux, en Angleterre, -vers la fin du XIIe siècle. Un fait merveilleux suffit à peindre son enfance. L'amour de Jésus-Enfant lui était familier; il en reçut la récompense.

Un jour que, se promenant avec quelques camarades, il s'était écarté un peu pour élever son cœur à Dieu et peut-être pour se soustraire à quelques paroles imprudentes, un bel enfant se montra à lui : « Je vous salue, mon cher Edmond, » lui dit-il. Et comme Edmond, interdit, ne répondait pas, le Sauveur ajouta: « Est-ce que vous ne me connaissez pas"? — Non, dit Edmond étonné-, vous devez vous tromper et me prendre pour un autre. — Comment ne me connaissez-vous pas? C'est moi qui suis toujours à côté de vous, à l'école, et je vous accompagne partout où vous allez. Regardez plutôt mon nom sur mon visage. » Edmond leva les yeux et lut ces mots : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, écrits en caractères éclatants : « Gravez ce nom dans votre cœur, ajouta le divin Enfant; imprimez-le, la nuit, sur votre front : il vous préservera de mort subite, ainsi que tous ceux qui feront de même. II disparut ensuite, laissant Edmond tout embaumé de cette délicieuse vision.

Jeune encore, il fit vœu de chasteté parfaite entre les mains de Marie, pour qui il avait une dévotion toute filiale, et qu'il appelait « sa Souveraine, sa Gardienne, son Épouse, sa Mère ». Edmond étudiait comme s'il eût dû toujours vivre, et il vivait comme s'il eût dû mourir le lendemain.

Il devint si savant, qu'on le considérait comme un prodige, et on lui confia, dans l'université de Paris, une chaire qu'il remplit aux applaudissements de tous.

Toutefois sa sainteté dépassait encore sa science. Il guérit un jour un de ses élèves d'un cruel mal au bras, en lui disant : « Que Notre-Seigneur Jésus-Christ te guérisse » Pendant trois ans, il ne prit jamais de sommeil dans un lit, mais tantôt couché sur un banc, tantôt sur la terre nue.

Son mérite extraordinaire l'ayant élevé au siège de Cantorbéry, il y fit briller toutes les vertus d'un bon pasteur. Il se montra si désintéressé, qu'il ne voulait recevoir aucun présent, disant agréablement qu' "entre prendre et pendre, il n'y a qu'une lettre de différence".

Inflexible défenseur des droits de l'Église, il fut victime de mille outrages et de mille persécutions. Il en était heureux: "Ce sont là, disait-il, des médecines amères, mais utiles à mon âme."

Voyant entravée la liberté de son ministère, il se retira en France et mourut bientôt dans un couvent de Cîteaux, après avoir protesté, en présence de l'Eucharistie, "qu'il n'avait jamais cherché que Dieu et sa volonté." C'était le 16 novembre 1240.

Pratique: Dans vos études ne cherchez que Dieu, sa gloire, le salut des âmes.