mercredi 27 novembre 2013

28 NOVEMBRE - SAINTE CATHERINE LABOURé, Vierge, Religieuse / SAINT JACQUES DE LA MARCHE, Franciscain

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)


SAINT JACQUES DE LA MARCHE

Franciscain

(1391-1476)

Ce grand religieux mérite une place à part dans l'histoire de l'apostolat. Il naquit en 1391, dans la marche d'Ancône, et son berceau fut entouré d'une vive lumière qui présageait d'une manière évidente son glorieux avenir.

Quand il fut en âge de choisir un état de vie, sa première pensée fut de se faire chartreux; mais quelques relations qu'il eut avec les Franciscains le décidèrent à entrer dans leur Ordre.

Il fut, dés son noviciat, le modèle des vertus héroïques. Il ne donnait que trois heures an sommeil et passait le reste de la nuit à prier au pied d'un crucifix, pendant que des larmes inondaient son visage. C'est dans la méditation des souffrances de son Sauveur qu'il puisa cette énergie surhumaine dont il montra de si beaux exemples durant ses courses apostoliques.

Jamais il ne mangeait de viande; un peu de pain et quelques herbes étaient sa nourriture. Tous les jours il se donnait la discipline jusqu'au sang, et pendant dix-huit ans il porta sur sa chair nue un cilice avec une cotte de mailles armée de pointes de fer aiguës.

Telle fut la préparation de l'apôtre. Il eut d'immenses succès, en Allemagne, contre les hérétiques; dans une seule ville, deux cents jeunes gens, entraînés par ses exemples, embrassèrent la vie religieuse.

Une fois, les hérétiques tentèrent de l'empoisonner ; mais voyant le plat se briser, au seul signe de la croix fait par le saint, ils s'écrièrent : "Le doigt de Dieu est là" et ils se convertirent. En Norvège et en Danemark, il administra le baptême à deux cent mille personnes. La Bohême était la proie de l'hérésie.

A Prague, les hérétiques, pleins d'admiration pour l'éloquence de l'apôtre, lui promirent de se convertir s'il faisait un miracle. Après avoir invoqué Dieu et fait le signe de la croix, il avala un breuvage empoisonné sans en ressentir aucun mauvais effet. De retour en Italie, ayant affaire à un batelier qui refusait de lui faire traverser le fleuve du Pô, Jacques n'hésita pas, étendit son manteau sut le fleuve et vogua heureusement vers l'autre rive.

Un jour qu'il avait combattu avec véhémence le vice de l'impureté, un auditeur, qui s'était cru visé personnellement, alla se poster sur son passage, dans un sanctuaire dédié à Marie, pour assassiner le saint missionnaire; mais il entendit une voix irritée qui lai cria : "Malheureux ! Que fais-tu en ma présence? Tu veux faire mourir mon serviteur et le serviteur de mon Fils ! » Le coupable, demi-mort de peur, renonça à son criminel dessein.

Le prodige le plus étonnant de l'illustre apôtre lut la découverte et la résurrection d'un enfant qui avait été assassiné par un Juif et coupé en morceaux.

Saint Jacques de la Marche était âgé de quatre-vingt-dix ans, quand sonna pour lui l'heure du repos, le 28 novembre 1476.

Pratique: Appliquez-vous à augmenter en vous la foi; c'est elle qui opère des merveilles.



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SAINTE CATHERINE LABOURE

Vierge, religieuse des Filles de la Charité

(1806-1876)


Neuvième enfant d'une famille de dix-sept, Zoé Labouré vint au monde le 2 mai 1806, à Fain-les-Moutiers, petit village de la Côte-d'Or. A neuf ans, Zoé perdit sa mère. On la vit alors monter sur une chaise, saisir la statue de Notre-Dame, l'embrasser longuement et la presser sur son coeur en disant: «Je n'ai plus de maman; soyez Vous-même ma maman, bonne Sainte Vierge!»


A onze ans, la fillette dut remplir l'office de mère au foyer domestique. Prenant la direction intérieure de la ferme paternelle, elle devenait responsable des travaux domestiques. Magré son peu d'instruction, Zoé s'occupa de former à la piété sa petite soeur et son petit frère. Après son travail, elle se rendait souvent à l'église et priait devant l'autel de la Vierge.

En 1830, après un séjour de deux ans chez deux de ses frères qui demeuraient près de Paris, Zoé Labouré fit trois mois de postulat à Châtillon-sur-Seine et entra au Séminaire des Filles de la Charité, rue du Bac, toujours à Paris. Soeur Catherine fut favorisée de grâces exceptionnelles durant les six mois de son noviciat. Au moment de la messe, NOTRE SEIGNEUR Se manifestait à Sa petite servante. Dans sa ferveur, elle désirait voir la Très Sainte Vierge et demanda cette faveur par l'intermédiaire de son ange gardien.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, veille de la fête de saint Vincent de Paul, le coeur de ce Saint lui apparut dans la chapelle du couvent. La Sainte Vierge lui apparut et lui prédit des souffrances à venir tout en l'assurant du soutien de Ses grâces maternelles.

Lors de la deuxième apparition de la Reine du ciel, sainte Catherine Labouré reçoit la mission de répandre la médaille miraculeuse par le monde et de faire éclore sur des milliers de lèvres l'invocation: "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous!" La prière fut le premier moyen qu'employa la voyante pour remplir sa mission.

Soeur Catherine Labouré disait le chapelet avec tant d'onction et de grâce que les anciennes religieuses se faisaient un plaisir d'aller le réciter en sa compagnie. «Aimez bien votre Mère du ciel, avait-elle coutume de dire, prenez-La pour modèle; c'est la plus sûre garantie du ciel.»

Son deuxième moyen pour accomplir infailliblement sa mission de faire glorifier Marie et de sauver les âmes fut la pénitence qu'elle accomplit tout bonnement dans les emplois manuels les plus modestes dans lesquels elle se plaisait: service de la cuisine, soin de la basse-cour, garde de la porte.

Son carnet de retraite de 1839 nous révèle son désir de souffrir: «O Coeur Immaculé de Marie, sollicitez pour moi la foi et l'amour qui Vous attacha au pied de la croix de Jésus. O doux objet de mes affections, Jésus et Marie, que je souffre pour Vous, que je meure pour Vous, que je sois toute à Vous, que je ne sois plus à moi!»

En janvier 1831, Catherine Labouré fut transférée à l'hospice d'Enghien, au faubourg St-Antoine, à Paris. Employée d'abord à la cuisine, puis à la lingerie, elle demeura ensuite affectée pendant près de quarante ans à la salle des vieillards, ajoutant le soin de la basse-cour à cet office.


C'est dans cet obscur et généreux dévouement que la mort trouva cette fidèle servante de Dieu, le 31 décembre 1876. Elle trépassa à l'âge de soixante-dix ans. Cinquante-six ans après son décès, lors de l'ouverture de son tombeau, son corps fut trouvé dans un état de parfaite conservation.


“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”

mardi 26 novembre 2013

27 NOVEMBRE : L'APPARITION DE LA MEDAILLE MIRACULEUSE / SAINT MAXIME, Evêque de Riez




L'APPARITION de la MÉDAILLE MIRACULEUSE

(En l'an 1830)

Entrée au noviciat depuis quelques jours seulement, sainte Catherine Labouré fut gratifiée de plusieurs faveurs célestes. La Très Sainte Vierge Marie daigna lui apparaître à six reprises. La seconde apparition eut pour objet la manifestation de la Médaille Miraculeuse. Voici en substance le rapport que la voyante en a fait à son confesseur, le Père Jean-Marie Aladel:

«Le 27 novembre 1830, un samedi avant le premier dimanche de l'Avent, à cinq heures et demie du soir, j'étais à la chapelle quand il m'a semblé entendre du bruit du côté de l'épître, comme le froufrou d'une robe de soie. Ayant regardé de ce côté-là, j'aperçus la Sainte Vierge. Elle était debout, habillée de blanc, une robe en soie blanche aurore à manches plates, un voile blanc qui descendait jusqu'en bas. En-dessous du voile, j'ai aperçu Ses cheveux en bandeaux; la figure était assez découverte et Ses pieds appuyés reposaient sur une boule. Elle tenait aussi une boule dans Ses mains représentant le globe terrestre. Ses mains étaient élevées à la hauteur de l'estomac, d'une manière très aisée et les yeux élevés vers le ciel. Sa figure était de toute beauté; je ne pourrais la dépeindre.

«Et puis, tout à coup, j'ai aperçu des anneaux à Ses doigts revêtus de pierreries plus belles les unes que les autres; leur éclat couvrait tout le bas et je ne voyais plus Ses pieds. A ce moment, il s'est formé un tableau un peu ovale autour de la Vierge Sainte, avec au haut, ces mots écrits en lettres d'or: "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous". Une voix se fit alors entendre qui me dit: Faites frapper une médaille sur ce modèle; toutes les personnes qui la porteront au cou recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour tous ceux qui la porteront avec confiance. Le tableau se retourna soudain et je pus contempler le revers de la Médaille sur lequel était gravé le monogramme de la Sainte Vierge, composé de la lettre M, surmonté d'une croix, avec une barre à la base. Au-dessous de cette lettre M, côte à côte, les deux saints Coeurs de Jésus et de Marie.»

Pendant un an, sainte Catherine Labouré fut traitée de visionnaire par son directeur. Marie vint de nouveau la visiter en cet endroit et Se plaignit de ce que la Médaille n'avait pas encore été frappée. Dès son premier entretien avec le Père Aladel, soeur Catherine lui avait fait promettre de ne jamais révéler son nom à qui que ce soit; elle-même garda inviolablement son secret. Le Père Aladel confia ses scrupules à Monseigneur de Quélen, archevêque de Paris. Le pieux prélat l'encouragea à faire frapper la Médaille, ce qui n'engageait en rien l'autorité ecclésiastique et ne pouvait que contribuer à faire honorer la Très Sainte Vierge Marie. Le Père Aladel n'hésita plus et commanda vingt mille médailles. En trois ans, plus de cinq millions de médailles furent vendues. Sa diffusion internationale fut accompagnée d'incessants prodiges, de guérisons et d'innombrables conversions

Pendant que la Médaille Miraculeuse inondait les cinq continents de ses innénarables bienfaits, sainte Catherine Labouré continuait de se dévouer dans l'obscurité au service des vieillards. A l'âge de soixante-dix ans, juste avant de mourir, elle confia son secret à sa supérieure. L'approbation officielle de l'Église, les merveilles opérées en si grand nombre, et enfin la prodigieuse humilité de la voyante garantissent l'authenticité de l'origine céleste de la Médaille Miraculeuse.
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SAINT MAXIME
Evêque de Riez

Saint Maxime, né à Décomer, aujourd'hui Château-Redon, près de Digne, vers Tan 388, fut baptisé aussitôt après sa naissance. Poussé par l'exemple et les conseils de ses pieux parents, il se sentit dès l'enfance un grand désir de la sainteté; il sut, malgré tous les dangers, conserver la pureté de ses mœurs et son innocence baptismale.

Son âme possédait un ensemble de vertus qui le rendaient à la fois aimable à DIEU et aux hommes. Bien qu'il eût voué sa chasteté à JESUS-CHRIST dès l'âge de dix-huit ans, il voulut s'éprouver longtemps dans la pratique austère des vertus évangéliques, avant d'entrer dans le monastère de Lérins, qui était alors sous la direction de saint Honorât.

Il s'éleva, dans la vie religieuse, à un si haut point de perfection, que tous les religieux le regardaient presque déjà comme leur maître ; bien qu'il s'estimât lui-même comme le dernier de tous.

Devenu abbé de Lérins, après l'élévation de saint Honorât sur le siège d'Arles, il sut maintenir par sa vigilance toute la régularité de la discipline. Comme il faisait souvent, le soir, la visite du monastère et de l'île, afin de s'assurer que tout était bien dans l'ordre, plusieurs fois le démon se montra à lui sous des formes terribles ou fantastiques ; mais il le chassait par le Signe de la Croix.

La réputation du saint abbé s'accroissait de jour en jour, et, à chaque vacance des sièges épiscopaux des alentours, les regards du peuple se tournaient vers lui. Pour déjouer la détermination des habitants de Fréjus, il s'embarqua sur un bateau et alla se cacher sur le continent, dans la solitude profonde des bois; il y essuya pendant trois jours et trois nuits les intempéries de la saison pluvieuse, et ne sortit que lorsqu'il fut sûr qu'on avait procédé à une autre élection.


Peu d'années après, il échappa encore par la fuite à son élection au siège de Riez; mais l'obstination des habitants de cette ville alla le chercher jusqu'en Italie, et il fallut se saisir de sa personne par la force et le ramener sous bonne garde. L'humble moine, après s'être résigné à porter le fardeau sur ses épaules, montra combien il était digne de la confiance des peuples, et tout en restant moine par ses goûts et sa manière de vivre, il devint un grand évêque.

Il vivait sans cesse en la présence de DIEU et s'entretenait avec lui longtemps chaque jour dans l'oraison. On raconte qu'il ne prenait jamais de nourriture sans dire ce verset du Psalmiste : « Quand donc paraîtrai-je devant la face de mon DIEU! »

Malgré tant de vertus,
 Maxime tremblait à la pensée des jugements de DIEU. En célébrant la sainte messe, il eut révélation du jour de sa mort. Après avoir recommandé qu'on l'ensevelît avec le cilice qu'il n'avait jamais quitté, il s'endormit en DIEU au chant des psaumes, le 27 novembre 400.

Pratique. 
Redoutez les honneurs, et craignez, en les cherchant, d'y trouver votre perte.
“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”

lundi 25 novembre 2013

26 NOVEMBRE : SAINT SYLVESTRE, Abbé / SAINT PIERRE, Evêque d'Alexandrie et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)
SAINT SYLVESTRE, Abbé
Leçons des Matines (avant 1960) 

Quatrième leçon. Sylvestre naquit de parents nobles, à Osimo dans la Marche d’Ancône. Dès son enfance, il se fit remarquer par ses succès dans les lettres et par la pureté de ses mœurs. Quand il fut arrivé à l’adolescence, ses parents l’envoyèrent à Bologne pour s’instruire du droit ; mais, ayant étudié les saintes lettres, pour obéir à un avertissement de Dieu, Sylvestre encourut la colère de son père, et la supporta avec résignation pendant dix années entières. Son rare mérite engagea les chanoines de la cathédrale d’Osimo à l’associer à leur dignité, et dans cette fonction, il se rendit utile au peuple par ses prières, ses exemples et ses prédications. 

Cinquième leçon. Assisté tant un jour aux funérailles d’un homme illustre, son parent, et considérant dans le cercueil découvert, le cadavre de cet homme, autrefois remarquable par sa beauté, mais alors défiguré, il se dit : « Je suis ce qu’a été celui-ci ; ce qu’il est maintenant, je le serai. » Puis, à l’issue de la cérémonie funèbre, se rappelant cette parole du Seigneur : « Que celui qui veut venir auprès moi se renonce, prenne sa croix et me suive », il se retira dans un lieu désert, pour s’y appliquer à la pratique d’une vie plus parfaite. Dans sa solitude, il se livra aux veilles, aux jeûnes et à la prière, ne prenant souvent pour toute nourriture que des herbes crues. Pour mieux se dérober aux hommes, il changea plusieurs fois de retraite, et s’arrêta enfin à Monte-Fano, lieu alors désert, quoique voisin de Fabriano. Il y éleva une église en l’honneur du très saint père Benoît, et jeta les fondements de la congrégation des religieux Sylvestriens, sous la règle et l’habit que le même Saint lui avait montrés dans une vision. 

Sixième leçon. Satan, voyant avec jalousie tant d’œuvres de piété, s’efforça à plusieurs reprises de jeter le trouble et la frayeur parmi les moines, en secouant violemment pendant la nuit les portes du monastère. Mais l’homme de Dieu repoussa si bien les attaques de l’ennemi, que ses disciples n’en devinrent que plus fermes dans leur sainte vocation et connurent davantage la sainteté de leur père. On voyait briller en lui l’esprit de prophétie, ainsi que d’autres dons surnaturels. En les conservant par une humilité profonde, il excita contre lui la rage du démon, qui le précipita du haut de l’escalier de l’oratoire : sa mort était presque certaine, mais la puissante intervention de la sainte Vierge le fit sortir sain et sauf de ce danger. En reconnaissance de ce bienfait, il ne cessa, jusqu’à son dernier soupir, de l’honorer d’un culte tout spécial. Illustre par sa sainteté et ses miracles, il rendit son âme à Dieu, âgé de près de quatre-vingt-dix ans, l’an du salut mil deux cent soixante-sept, le sixième jour des calendes de décembre. Le souverain Pontife 
Léon XIII étendit à l’Église universelle l’Office et la Messe de saint Sylvestre.
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SAINT PIERRE D'ALEXANDRIE,  Evêque et Martyr


SAINT PIERRE D'ALEXANDRIE nous est peu connu jusqu'à son élévation sur le siège épiscopal de cette ville. Son zèle pour la foi, à une époque de persécutions continuelles, l'obligea de fuir; mais il consola et fortifia les chrétiens dans les différentes contrées qu'il parcourut, et il n'oublia pas son cher troupeau.

Par d'éloquentes lettres pastorales, il rappelait à ses brebis les grands devoirs de la vie chrétienne et la nécessité de la persévérance. La paix ayant reparu, Pierre revint dans son église, où il fut bientôt dénoncé par l'hérétique Arius et jeté dans les fers.

Il ne cessait, dans sa prison, d'encourager les nombreuses victimes enfermées avec lui, de prier et de chanter les louanges de DIEU. Un jour qu'il priait avec plus de ferveur, NOTRE-SEIGNEUR lui apparut sous la forme d'un enfant tout éclatant de lumière, et vêtu d'une belle tunique blanche fendue de haut en bas, et il en tenait les bords comme pour cacher sa nudité.

Pierre, saisi de frayeur, lui dit : « SEIGNEUR, qui vous a mis dans cet état? — C'est Arius, répondit JESUS, qui a divisé mon Église et m'a ravi une partie des âmes que j'ai rachetées de mon sang. »

Peu de jours après, plusieurs prêtres vinrent demander à l'évêque la grâce du misérable hérésiarque, le croyant plein d'un repentir sincère : « Cessez, leur dit Pierre averti par le Sauveur de l'hypocrisie d'Arius, cessez de plaider la cause de ce misérable; Dieu l'a maudit; ses sentiments affectés cachent l'impénitence et l'impiété. » Les prêtres cessèrent dès lors de se faire illusion.

« Le temps de mon supplice est proche, ajouta-t-il, je vous parle pour la dernière fois; soyez fermes dans la défense de la vérité et ne dégénérez pas de la vertu des saints.» L'empereur, en effet, porta contre lui une sentence de mort; mais les fidèles, à cette nouvelle, accoururent à la prison pour le défendre, de sorte que le tribun n'osa se présenter pour exécuter la sentence.

Pierre, s'apercevant que ses chères ouailles retardaient son bonheur, donna aux gardiens l'idée de faire un trou dans la muraille de la prison, du côté où il n'y avait personne, et de le faire sortir par là.

Son conseil fut mis à exécution, et après avoir prié, demandant à Dieu la fin des persécutions, il livra sa tête au bourreau le 26 novembre 310.

Au moment de son supplice, une jeune chrétienne entendit une voix céleste qui disait : « Pierre, le premier des apôtres ; Pierre, le dernier des évêques martyrs d'Alexandrie. » Les chrétiens recueillirent son corps et lui rendirent des honneurs solennels, de sorte que la sépulture de ce vaillant pontife devint un vrai triomphe pour lui et pour la religion chrétienne.

Pratique: Priez pour la destruction des hérésies et la conversion des hérétiques. Demandez spécialement à Dieu le retour à l'unité pour tontes les églises d'Orient.

“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”


dimanche 24 novembre 2013

25 NOVEMBRE - SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE, Vierge et Martyre


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)

SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE
Vierge et Martyre

(+ vers 307)

Sainte Catherine naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le Baptême, DIEU lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin Enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait: "Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée."

A son réveil, elle résolut de recevoir promptement le Baptême. Quand elle l'eut reçut, JESUS lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de Marie et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de Son alliance.

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des Docteurs. Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximin, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec Catherine.

Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de JESUS-CHRIST comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Cependant Maximin, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus plein de mépris. Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance par un nouvel interrogatoire; ce fut en vain.

Alors, il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes présentes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

Avant de mourir, elle avait demandé deux choses à son divin Époux : que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prît bientôt fin.

Un ange lui avait donné l'assurance que sa prière était exaucée. C'était le 25 novembre 307. Plus tard, son corps fut transporté par les anges sur le mont Sinaï.

Pratique: Ne subissez jamais le joug du respect humain; prêchez hautement, servez publiquement JESUS-CHRIST.

“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”


samedi 23 novembre 2013

24 NOVEMBRE - SAINT ANDRE DUNG-LAC, Martyr / LES SAINTS MARTYRS DU VIETNAM / SAINT JEAN DE LA CROIX


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)
SAINT ANDRE DUNG-LAC était prêtre au Viêt-Nam. Avec ses compagnons, il eut à souffrir le martyre. Parmi eux, 10 missionnaires français, 2 missionnaires espagnols, 96 Vietnamiens dont 37 prêtres et 59 laïcs, hommes et femmes. Ils furent tous canonisés en même temps par Jean-Paul II le 19 juin 1988, lors d'un de ses voyages en Asie.

L'EGLISE AU VIETNAM FÉCONDÉE PAR LE SANG DES MARTYRS

L'œuvre de l'évangélisation, entreprise dès le début, du XVIème siècle, puis établie dans les deux premiers Vicariats Apostoliques du Nord (Dâng-Ngoâi) et du Sud (Dâng-Trong) en 1659, a connu au cours des siècles un admirable développement. A l'heure actuelle, les Diocèses sont au nombre de 25 (10 au Nord, 6 au Centre et 9 au Sud). Les catholiques sont environ 6 millions (presque 10% de la population). La hiérarchie catholique vietnamienne a été érigée par le Pape Jean XXIII le 24 novembre 1960.

Ce résultat est dû aussi au fait que, dès les premières années de l'évangélisation, la semence de la Foi a été mêlée sur la terre vietnamienne au sang abondamment versé des Martyrs, tant du clergé missionnaire que du clergé local et du peuple chrétien du Viêt-Nam. Tous ont supporté ensemble les fatigues de l'œuvre apostolique et ont d'un même cœur affronté aussi la mort pour rendre témoignage à la vérité évangélique. L'histoire religieuse de l'Eglise du Viêt-Nam enregistre qu'il y a eu en tout 53 Décrets, signés par les Seigneurs TRINH et NGUYEN et par les Empereurs qui, pendant trois siècles XVIIème, XVIIIème, XIXème: exactement 261 ans (16251886), ont promulgué contre les chrétiens des persécutions l'une plus violente que l'autre. On compte environ 130.000 victimes tombées un peu partout sur le territoire du Viêt-Nam.

Au cours des siècles, ces Martyrs de la Foi ont été ensevelis d'une manière anonyme, mais leur mémoire est restée toujours vivante dans l'esprit de la communauté catholique.

Dès le début du XX siècle, dans cette foule de héros, 117 personnes - dont les épreuves sont apparues les plus cruelles - ont été choisies et élevées aux honneurs des autels par le Saint-Siège en 4 séries de Béatifications:

en 1900, par le Pape LÉON XIII, 64 personnes
en 1906, par le Pape S. PIE X, 8 personnes
en 1909, par le Pape S. PIE X, 20 personnes
en 1951, par le Pape PIE XII, 25 personnes

Ces Bienheureux peuvent être classés comme suit:

11 Espagnols: tous de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains): 6 Evêques et 5 Prêtres.
10 Français: tous de la Société des Missions Etrangères de Paris: 2 Evêques et 8 Prêtres.
96 Viêtnamiens: 37 Prêtres (dont 11 Dominicains), 59 Laïcs (parmi eux 1 Séminariste, 16 Catéchistes, 10 du Tiers Ordre Dominicain et 1 femme).

" Tous ceux-là viennent de la grande épreuve: ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau " (Apoc 7, 13-14), et leur martyre a eu lieu aux différentes périodes:

2 ont subi le martyre au temps de TRINH-DOANH (1740-1767)
2 ont subi le martyre au temps de TRINH-SAM (1767-1782)
2 ont subi le martyre au temps de CANH-TRINH (1782-1802)
58 ont subi le martyre au temps de l'Empereur MINH-MANG (1820-1840)
3 ont subi le martyre au temps de l'Empereur THIEU-TRI (1840-1847)
50 ont subi le martyre au temps de l'Empereur TU-DUC (1847-1883)

Sur le lieu de supplice l'Edit royal, placé à coté de chaque martyr, a précisé le mode de sentence:

75 condamnés à la décapitation,
22 condamnés à l'étranglement,
6 condamnés à être brûlés vifs,
5 condamnés à être écartelés,
9 sont morts en prison des suites des tortures.


ANNUAIRE DES 117 MARTYRS DU VIETNAM
(N., Nom, Qualification, Martyr) selon la date du martyre

1 Andrea DUNG-LAC, Prêtre 21-12-1839
2 Domenico HENARES, Evêque O.P. 25-06-1838
3 Clemente Ignazio DELGADO CEBRIAN, Evêque O.P. 12-07-1838
4 Pietro Rosa Ursula BORIE, Evêque M.E.P. 24-11-1838
5 Giuseppe Maria DIAZ SANJURJO, Evêque O.P. 20-07-1857
6 Melchior GARCIA SAMPEDRO SUAREZ, Evêque O.P. 28-07-1858
7 Girolamo HERMOSILLA, Evêque O.P. O1-11-1861
8 Valentino BERRIO OCHOA, Evêque O.P. 01-11-1861
9 Stefano Teodoro CUENOT, Evêque M.E.P. 14-11-1861
10 Francesco GIL DE FEDERICH, Prêtre O.P. 22-O1-1745
11 Matteo ALONso LECINIANA, Prêtre O.P. 22-O1-1745
12 Giacinto CASTANEDA, Prêtre O.P. 07-11-1773
13 Vincenzo LE OUANG LIEM, Prêtre O.P. 07-11-1773
14 Emanuele NGUYEN VAN TRIEU, Prêtre 17-09-1798
15 Giovanni DAT, Prêtre 28-10-1798
16 Pietro LE TuY, Prêtre 11-10-1833
17 Francesco Isidoro GAGELIN, Prêtre M.E.P. 17-10-1833
18 Giuseppe MARCHAND, Prêtre M.E.P. 30-11-1835
19 Giovanni Carlo CORNAY, Prêtre M.E.P. 20-09-1837
20 Vincenzo Do YEN, Prêtre O.P. 30-06-1838
21 Pietro NGUYEN BA TUAN, Prêtre 15-07-1838
22 Giuseppe FERNANDEZ, Prêtre O.P. 24-07-1838
23 Bernardo VU VAN DUE, Prêtre 01-08-1838
24 Domenico NGUYEN VAN HANH (DIEU), Prêtre O.P. 01-08-1838
25 Giacomo Do MAI NAM, Prêtre 12-08-1838
26 Giuseppe DANG DINH (NIEN) VIEN, Prêtre 21-08-1838
27 Pietro NGUYEN VAN Tu, Prêtre O.P. 05-09-1838
28 Francesco JACCARD, Prêtre M.E.P. 21-09-1838
29 Vincenzo NGUYEN THE DIEM, Prêtre 24-11-1838
30 Pietro Vo BANG KHOA, Prêtre 24-11-1838
31 Domenico Tuoc, Prêtre O.P. 02-04-1839
32 Tommaso DINH VIET Du, Prêtre O.P. 26-11-1839
33 Domenico NGUYEN VAN (DOAN) XUYEN, Prêtre O.P. 26-11-1839
34 Pietro PHAM VAN TIZI, Prêtre 21-12-1839
35 Paolo PHAN KHAc KHOAN, Prêtre 28-04-1840
36 Giuseppe Do QUANG HIEN, Prêtre O.P. 09-05-1840
37 Luca Vu BA LOAN, Prêtre 05-06-1840
38 Domenico TRACH (DOAI), Prêtre O.P. 18-09-1840
39 Paolo NGUYEN NGAN, Prêtre 08-11-1840
40 Giuseppe NGUYEN DINH NGHI, Prêtre 08-11-1840
41 Martino TA Duc THINH, Prêtre 08-11-1840
42 Pietro KHANH, Prêtre 12-07-1842
43 Agostino SCHOEFFLER, Prêtre M.E.P. 01-05-1851
44 Giovanni Luigi BONNARD, Prêtre M.E.P. 01-05-1852
45 Filippo PHAN VAN MINH, Prêtre 03-07-1853
46 Lorenzo NGUYEN VAN HUONG, Prêtre 27-04-1856
47 Paolo LE BAo TINH, Prêtre 06-04-1857
48 Domenico MAU, Prêtre O.P. 05-11-1858
49 Paolo LE VAN Loc, Prêtre 13-02-1859
50 Domenico CAM, Prêtre T.O.P. 11-03-1859
51 Pietro DOAN LONG QUY, Prêtre 31-07-1859
52 Pietro Francesco NERON, Prêtre M.E.P. 03-11-1860
53 Tommaso KHUONG, Prêtre T.O.P. 30-01-1861
54 Giovanni Teofano VENARD, Prêtre M.E.P. 02-02-1861
55 Pietro NGUYEN VAN Luu, Prêtre 07-04-1861
56 Giuseppe TUAN, Prêtre O.P. 30-04-1861
57 Giovanni DOAN TRINH HOAN, Prêtre 26-05-1861
58 Pietro ALMATO RIBERA, Prêtre O.P. 01-11-1861
59 Paolo TONG VIET BUONG, Laïc 23-10-1833
60 Andrea TRAN VAN THONG, Laïc 28-11-1835
61 Francesco Saverio CAN, Catéchiste 20-11-1837
62 Francesco Do VAN (HIEN) CHIEU, Catéchiste 25-06-1838
63 Giuseppe NGUYEN DINH UPEN, Catéchiste T.O.P. 03-07-1838
64 Pietro NGUYEN DicH, Laïc 12-08-1838
65 Michele NGUYEN HUY MY, Laïc 12-08-1838
66 Giuseppe HOANG LUONG CANH, Laïc T.O.P. 05-09-1838
67 Tommaso TRAN VAN THIEN, Séminariste 21-09-1838
68 Pietro TRUONG VAN DUONG, Catéchiste 18-12-1838
69 Paolo NGUYEN VAN MY, Catéchiste 18-12-1838
70 Pietro VU VAN TRUAT, Catéchiste 18-12-1838
71 Agostino PHAN VIET Huy, Laïc 13-06-1839
72 Nicola Bui Duc THE, Laïc 13-06-1839
73 Domenico (Nicola) DINH DAT, Laïc 18-07-1839
74 Tommaso NGUYEN VAN DE, Laïc T.O.P. 19-12-1839
75 Francesco Saverio HA THONG MAU, Catéchiste T.O.P. 19-12-1839
76 Agostino NGUYEN VAN MOI, Laïc T.O.P. 19-12-1839
77 Domenico Bui VAN UY, Catéchiste T.O.P. 19-12-1839
78 Stefano NGUYEN VAN VINTI, Laïc T.O.P. 19-12-1839
79 Pietro NGUYEN VAN HIEU, Catéchiste 28-04-1840
80 Giovanni Battista DINH VAN THANH, Catéchiste 28-04-1840
81 Antonio NGUYEN HUU (NAM) QUYNH, Laïc 10-07-1840
82 Pietro NGUYEN KHAC Tu, Catéchiste 10-07-1840
83 Tommaso TOAN, Catéchiste T.O.P. 21-07-1840
84 Giovanni Battista CON, Laïc 08-11-1840
85 Martino THO, Laïc 08-11-1840
86 Simone PHAN DAc HOA, Laïc 12-12-1840
87 Agnese LE THi THANH (DE), Laïc 12-07-1841
88 Matteo LE VAN GAM, Laïc 11-05-1847
89 Giuseppe NGUYEN VAN Luu, Catéchiste 02-05-1854
90 Andrea NGUYEN Kim THONG (NAM THUONG), Catéchiste 15-07-1855
91 Michele Ho DINH HY, Laïc 22-05-1857
92 Pietro DOAN VAN VAN, Catéchiste 25-05-1857
93 Francesco PHAN VAN TRUNG, Laïc 06-10-1858
94 Domenico PHAM THONG (AN) KHAM, Laïc T.O.P. 13-01-1859
95 Luca PHAM THONG (CAI) THIN, Laïc 13-01-1859
96 Giuseppe PHAM THONG (CAI) TA, Laïc 13-01-1859
97 Paolo HANH, Laïc 28-05-1859
98 Emanuele LE VAN PHUNG, Laïc 31-07-1859
99 Giuseppe LE DANG THI, Laïc 24-10-1860
100 Matteo NGUYEN VAN (NGUYEN) PHUONG, Laïc 26-05-1861
101 Giuseppe NGUYEN DUY KHANG, Catéchiste T.O.P. 06-11-1861
102 Giuseppe TUAN, Laïc 07-01-1862
103 Giuseppe TUC, Laïc 01-06-1862
104 Domenico NINH, Laïc 02-06-1862
105 Domenico TORI, Laïc 05-06-1862
106 Lorenzo NGON, Laïc 22-05-1862
107 Paolo (DONG) DUONG, Laïc 03-06-1862
108 Domenico HUYEN, Laïc 05-06-1862
109 Pietro DUNG, Laïc 06-06-1862
110 Vincenzo DUONG, Laïc 06-06-1862
111 Pietro THUAN, Laïc 06-06-1862
112 Domenico MAO, Laïc 16-06-1862
113 Domenico NGUYEN, Laïc 16-06-1862
114 Domenico NHI, Laïc 16-06-1862
115 Andrea TUONG, Laïc 16-06-1862
116 Vincenzo TUONG, Laïc 16-06-1862
117 Pietro DA, Laïc 17-06-1862

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O.P. : Ordine dei Predicatori - Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains)
T.O.P.: Terziario dell'Ordine dei Predicatori - Tiers Ordre Dominicain
M.E.P.: Società delle Missioni Estere di Parigi - Société des Missions Etrangères de Paris

Site officiel du Vatican

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SAINT JEAN DE LA CROIX

Religieux Carme


SAINT JEAN DE LA CROIX naquit près d'Avila, en Espagne, en 1542. Jouant un jour au bord d'un étang, il glissa au fond de l'eau; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver : «Non, dit l'enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre.» Alors un homme se présenta, marchant aussi sur l'eau, tendit son bâton à l'enfant et le ramena sur le bord. C'étaient Marie et Joseph.

Une autre fois il tomba dans un puits; on croyait l'y retrouver mort; il était assis paisiblement : « Une belle dame, dit-il, m'a reçu dans son manteau et m'a gardé. » Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie. Un jour qu'il priait Notre-Seigneur de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit : « Tu entreras dans un ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive. »

II avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses œuvres extraordinaires. Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du très saint Sacrement. Son lit était une sorte d'auge en forme de berceau; un morceau de bois lui servait d'oreiller. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros nœuds.

Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance. Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection ; il songeait à s'ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de Dieu sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l'engagea à se faire son auxiliaire.

Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, insuffisante, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux règles primitives de l'ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons : la réforme était fondée.

Ce ne fut pas sans tempêtes qu'elle se développa, car tout l'enfer sembla s'acharner contre elle, et tandis que le peuple, étonné de ses miracles, vénérait Jean comme un saint, il eut à souffrir de la part de ceux qui auraient dû le seconder d'incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu'à la prison.

Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède. Il retourna dans son couvent.

DIEU le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes; sainte Thérèse, ravie d'admiration pour lui, l'appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d'une élévation sublime. Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s'exhalait de son corps.

Au moment de sa mort, le 14 décembre 1591, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps.

Pratique: Rappelez-vous la parole du saint à Jésus lui demandant ce qu'il désirait pour récompense de ses souffrances : "Souffrir, Seigneur, et être méprisé pour vous."

“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”

vendredi 22 novembre 2013

23 NOVEMBRE : SAINT CLEMENT, Pape et Martyr


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)


SAINT CLEMENT était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme.

Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les Apôtres dans la prédication de l'Évangile; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux Apôtres, ce zèle qu'il montra pour la foi, l'on fait appeler par les Pères "homme apostolique".

Élevé à l'épiscopat par Saint Pierre, il devait être son troisième successeur, et remplaça vers l'an 91. Le nouveau pape vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem.

Sous l'empereur Vespasien, Clément fut conduit au tribunal du préfet, qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses; mais la volonté de l'empereur était nette: "Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse!" Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens! C'étaient des martyrs condamnés aux mines sous le règne de Néron. La consolation de ces chrétiens fut indicible: "Saint Père, lui dirent-ils, Ô Clément, priez pour nous, afin que nous devenions dignes des promesses de JESUS-CHRSIT" - "DIEU, leur dit l'humble Pontife, m'a fait une grâce dont je n'étais pas digne, en m'envoyant au milieu de vous partager vos couronnes."

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d'eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en DIEU, Clément dit aux chrétiens: "Prions le SEIGNEUR, qui a fait jaillir l'eau d'un rocher du désert; Il nous viendra en aide." Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d'eau vive jaillissant soudain.

A partir de ce jour, les martyrs eurent de l'eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit.

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques. Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d'exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut jeté à la mer, une ancre au cou.

Les chrétiens priaient sur la plage. La mer se retira, chose inouïe, d'une lieue et demi, et le corps du martyr parut à découvert, dans une chapelle de marbre construite par les anges. Ce miracle fut suivi ci d'autres, qui devinrent l'occasion d'innombrables conversions dans les contrées voisines.

Les marins ont pris saint Clément pour patron. 


Pratique: Les lieux ne sanctifient pas les hommes; mais les hommes sanctifient les lieux.

“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”


jeudi 21 novembre 2013

22 NOVEMBRE : SAINTE CECILE, Vierge et Martyre

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)

SAINTE CECILE : C'est sous l'empereur Alexandre Sévère, vers l'an 230, que souffrit cette jeune sainte, l'une des fleurs les plus suaves de la virginité chrétienne et du martyre.

Fille d'un illustre patricien, seule chrétienne de sa famille, bien qu'elle eût consacré sa virginité à JESUS-CHRIST, elle dut se résigner à sortir de la maison paternelle, où elle vivait dans la prière, la lecture des livres saints et le chant des cantiques, qu'elle accompagnait de la harpe, pour épouser le jeune Valérien, noble et bon, mais païen.

Le soir des noces, quand les époux se trouvèrent seuls, Cécile s'adressa doucement à Valérien : « Ami très cher, lui dit-elle, j'ai un secret à te confier; mais peux-tu me promettre de le garder? » Ayant reçu le serment du jeune homme, elle reprit : « Écoute. Un ange de DIEU veille sur moi, car j'appartiens à DIEU. S'il voit que tu m'aimes d'un mauvais amour, il me défendra, et tu mourras; mais si tu respectes ma virginité, alors il t'aimera comme il m'aime, et sa grâce s'étendra aussi sur toi. »

Troublé, Valérien répondit : « Cécile, pour que je puisse croire à ta parole, fais-moi voir cet ange. — Si tu crois au vrai DIEU et si tu reçois le baptême des chrétiens, tu pourras voir l'ange qui veille sur moi. » Valérien accepta la condition, se rendit près de l'évêque Urbain, à trois milles de Rome, fut instruit, reçut le baptême et revint près de Cécile. Près d'elle, il aperçut un ange au visage lumineux, aux ailes éclatantes, qui tenait dans ses mains deux couronnes de rosés et de lis.

L'esprit bienheureux posa l'une de ces couronnes sur la tête de Cécile, l'autre sur la tête de Valérien, et leur dit: «Je vous apporte ces fleurs des jardins du ciel; conservez-les par votre pureté, et jamais elles ne perdront leur parfum. »

Valérien avait un frère nommé Tiburce ; au récit de ces merveilles, il abjura les idoles et se fit chrétien. Les deux frères furent bientôt dénoncés, demeurèrent invincibles dans la confession de leur foi et eurent la tête tranchée.

Quant à Cécile, elle comparut elle-même devant le tribunal du préfet de Rome : « Quel est ton nom et quelle est ta condition? lui dit-il. — Devant les hommes, je m'appelle Cécile; mais chrétienne est mon plus beau nom. — Ne connais-tu pas la loi de mort portée contre les chrétiens? — Cette loi prouve que vous êtes cruels, et rien de plus. — Sacrifie aux dieux! — Tes dieux ne sont que des pierres, de l'airain ou du plomb.

N'osant pas livrer publiquement au supplice une femme de cette distinction, le préfet la fit reconduire chez elle et ordonna de la laisser mourir dans la salle de bains embrasée de vapeurs; DIEU renouvela pour elle le miracle des Hébreux dans la fournaise.

Le bourreau vint pour lui trancher la tête; mais il le fit si maladroitement, qu'elle ne mourut que trois jours après. 


Sainte Cécile est la-patronne des musiciens.

Pratique: Aimez le chant des psaumes et des cantiques ; prenez part aux chants de l'église.



“O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous”

mercredi 20 novembre 2013

21 NOVEMBRE : PRESENTATION DE LA TRES SAINTE VIERGE AU TEMPLE

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales).

Les parents qui aiment vraiment DIEU lui ont de tout temps consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelquefois à DIEU les enfants en bas âge; on les amenait au temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du temple et servaient les prêtres et les lévites dans les fonctions de leur saint ministère.

Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages.

Il y avait aussi des appartements pour les femmes qui se dévouaient au service divin dans le temple.

L'Évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie; son titre de Mère de DIEU efface tout le reste, il dit tout à lui seul. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que 
la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à DIEU dans son temple.
Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui. Ce sacrifice de Marie enfant renferme toutes les conditions du plus parfait sacrifice : il a été prompt, généreux, joyeux, sans retour, sans réserve.

Figurons-nous combien il dut être agréable au SEIGNEUR ! Marie n'avait encore que trois ans, mais son âme était déjà la merveille de la sainteté; la Trinité prenait en elle ses complaisances, et DIEU marquait le jour désormais prochain où elle ajouterait à tant d'autres gloires l'auréole incomparable de la maternité divine.

Où mieux que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'Élue de DIEU.

Voici, d'après Saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l'aurore jusqu'à neuf heures du matin, elle priait; de neuf heures à trois heures, elle s'appliquait au travail des mains; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait l'ange qui lui apportait sa nourriture.

Elle était toujours la première aux veilles, la plus appliquée à l'étude, la plus fervente dans le chant des psaumes, la plus zélée dans les œuvres de charité, la plus pure parmi les vierges ses compagnes, la plus parfaite dans la pratique de toutes les vertus.

Remarquons que Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles viendront des légions innombrables de vierges consacrées au SEIGNEUR, dans le monde ou à l'ombre des autels; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, le guide sûr dans les voies de la perfection.

Pratique. Que Votre personne, que votre vie, qui appartiennent au SEIGNEUR, lui soient entièrement consacrées.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 19 novembre 2013

20 NOVEMBRE : SAINT FELIX DE VALOIS, de l'Ordre de La Trinité


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales).

SAINT FÉLIX DE VALOIS, 
 petit-fils du roi de France Henri 1er, naquit le 9 avril 4127. Sa mère, avant sa naissance, vit en songe un bel enfant armé d'une croix et entendit une voix lui dire : "Cet enfant est le fils que vous allez mettre au monde ; il aura la gloire d'échanger le lys de France pour la croix de JÉSUS-
CHRIST."

Pendant une famine, la nourrice du petit Félix eut l'inspiration de faire tracer à l'enfant, avec sa main, le signe de la croix sur le pain que l'on distribuait aux pauvres, et ce pain se multiplia tellement, qu'on put en distribuer pendant plusieurs jours à tous les malheureux qui se présentaient. La nourrice lui fit aussi bénir les champs d'alentour, et les nuées du ciel, obéissant à la main de Félix, versèrent une pluie féconde qui ramena l'abondance.
Cependant le jeune prince croissait en sagesse et en grâce devant DIEU et devant les hommes, et ne montrait aucun des défauts de l'enfance. Il aimait tant à faire la charité aux pauvres, qu'un de ses oncles l'appelait son grand aumônier.
Après ses études, qu'il fit à Clairvaux, sous la direction de Saint Bernard, Félix dut aller à la cour du roi de France, prit part à la croisade prêchée par le saint moine de Clairvaux, son maître; puis, revenu à la cour, il la quitta bientôt pour se réfugier au désert. Dans la solitude, il sentit son esprit s'illuminer de clartés nouvelles et son âme redoubler de vaillance dans la pratique des vertus évangéliques.
Le démon lui déclara une guerre acharnée ; mais le Saint triompha de lui par la prière et les plus effrayantes mortifications. Félix, ayant désormais pour palais une misérable grotte, pour vêtement un cilice, pour mets des herbes amères, renouvela dans sa retraite les merveilles des Antoine et des Hilarion.
Par la permission de DIEU, tous les dimanches, un corbeau lui apportait un pain du ciel. Il habitait le désert depuis bientôt quarante ans, quand Saint Jean de Matha, de la part de DIEU, vint le trouver dans sa solitude, pour s'édifier par ses exemples. C'est alors que les deux Saints eurent la vision d'un cerf blanc portant au front une croix bleue et rouge, et qui venait se désaltérer à la fontaine voisine.
DIEU leur révéla l'explication de ce prodige; ils se disposèrent aussitôt à partir pour Rome, afin d'obtenir la fondation d'un institut dont les religieux, vêtus de blanc, porteraient sur la poitrine nue croix bleue et rouge, et travailleraient au rachat des captifs, que les Turcs d'Afrique retenaient par milliers dans les fers.
Le pape Innocent III approuva le projet, l'Ordre fut fondé et produisit un bien immense. Félix de Valois mourut quelques années après, le 4 novembre 1212, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.
Pratique: Méditez cette parole de Saint Félix mourant : « Bienheureux le jour où j'ai quitté la cour pour le désert ! »
                   "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 18 novembre 2013

19 NOVEMBRE : SAINTE MECHTILDE DE HACKEBORN, Vierge, Bénédictine

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales).


SAINTE MECHTILDE de HACKEBORN

Vierge, Bénédictine

(1240-1298)


SAINTE MECHTILDE et SAINTE GERTRUDE sa soeur, comtesses de Hackeborn, et proches parentes de l'empereur Frédéric II, naquirent à Isèble dans la Haute-Saxe.

Mechtilde
 fut élevée chez les bénédictines de Rédaresdorff ou Rodersdorff, au diocèse de Halberstad. Elle montra, dès ses premières années, une grande innocence de mœurs et un grand dédain pour les vanités mondaines. Son obéissance charmait ses supérieures; on la voyait toujours exécuter avec autant de joie que de ponctualité ce qui lui avait été prescrit.

Son amour pour la mortification frappait toutes les personnes qui vivaient avec elle. Jamais elle ne flattait son corps et quoiqu'elle fût d'une complexion très délicate, elle s'interdisait l'usage de la viande et du vin. Son humilité lui faisait éviter tout ce qui aurait pu sentir l'ostentation: elle mettait même autant de soin à cacher ses vertus, que les autres en mettent d'ordinaire à cacher leurs vices.

Elle ne voulut point sortir de la solitude, et quand elle fut en âge de se consacrer à DIEU par des voeux, elle fit profession dans le monastère de Rodersdorff. Quelque temps après, on l'envoya à Diessen, en Bavière, où elle devint supérieure du monastère de ce nom.

Elle y introduisit bientôt la pratique des plus sublimes vertus. Persuadée qu'on ne peut atteindre à la perfection monastique sans une exacte observation de tous les points de la règle, elle exhortait ses sœurs à s'y conformer avec promptitude, et à anticiper plutôt sur le temps marqué pour chaque exercice, que de se permettre le moindre retard par négligence.

Le monastère d'Ottilsteten ou d'Edelstetin, en Souabe, était alors tombé dans un grand relâchement. Les évêques du pays, voulant y introduire la réforme, ordonnèrent à Mechtilde de s'y retirer et de se charger de cette bonne œuvre: mais la Sainte employa diverses raisons pour s'en dispenser; elle eut même recours aux larmes et aux prières.  Tout fut inutile, il fallut obéir. Elle se rendit à sa nouvelle communauté et y rétablit en peu de temps l'esprit d'une parfaite régularité. Personne ne peut résister à la force réunie de sa douceur et de ses exemples. Austère pour elle-même, elle était pleine de bonté pour les autres. Elle savait faire aimer la règle en la faisant observer, et tenir ce juste milieu qui consiste à ménager la faiblesse humaine, sans élargir les voies évangéliques. 

Ses instructions étaient toujours accompagnées de cet esprit de charité et d'insinuation qui rend la vertu aimable. Elle obligeait ses sœurs à la plus exacte clôture, et les tenait éloignées de tout commerce avec les gens du monde: les préservant ainsi de la dissipation dont l'effet ordinaire est de refroidir la charité et d'éteindre la ferveur.

Son lit était un peu de paille, sa nourriture fort grossière, encore ne mangeait-elle que pour soutenir son corps. Elle partageait tous ses moments entre la prière, la lecture et le travail des mains. Elle observait le silence le plus rigoureux. L'esprit de componction dont elle était animée fournissait à ses yeux une source continuelle de larmes. Elle ne se crut jamais dispensée de la règle, pas même à la cour de l'empereur, où elle avait été obligée d'aller pour les affaires de son monastère.

Lorsque la maladie la forçait à garder le lit, sa plus grande douleur était de ne pouvoir assister, avec les autres soeurs, à la prière et à l'office de la nuit. Elle mourut à Diessen le 29 mars, quelque temps après l'an 1300, et avant Sainte Gertrude, sa soeur. Son nom n'a jamais été inséré dans le martyrologe romain; mais on le trouve dans plusieurs calendriers sous le 10 avril, le 29 mars et le 30 mai.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 17 novembre 2013

18 NOVEMBRE : DEDICACE DES BASILIQUES SAINT PIERRE ET SAINT PAUL / SAINT ODON, Abbé de Cluny

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales).




Après avoir célébré, le 5 août, la Dédicace de Sainte-Marie-des-Neiges, plus connue sous le nom de Sainte-Marie-Majeure, le 29 septembre celle de Saint Michel et le 6 novembre celle de Saint-Jean-de-Latran, l´Église fête aujourd’hui´hui la Dédicace des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul à Rome. 

Tous ces anniversaires se placent pendant le Temps après la Pentecôte, période pendant laquelle nous donnons toutes nos pensées à l´Église dont nos temples sont l´image vivante. 

La basilique de Saint-Pierre au Vatican et celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, construites toutes deux par les soins de Constantin à l´endroit même de leur martyre, le cèdent à peine en importance à celle de Saint-Jean-de-Latran. 

Saint-Pierre s´élève sur l´emplacement du cirque de Néron et sous son maître-autel reposent les restes sacrés du Chef des Apôtres; elle est devenue comme le centre du monde chrétien. Déjà remarquable au IVe siècle, elle fut agrandie plus tard, puis reconstruite au XVIe siècle, parce qu´elle tombait de vétusté. Elle fut consacrée par le pape Urbain VIII le 18 novembre 1626. 

La basilique de Saint-Paul est située à l´autre extrémité de la ville, sur le tombeau du grand Apôtre des nations. Ayant été presque complètement détruite par un incendie en 1823, cette église fut reconstruite avec une magnificence inouïe par les papes Grégoire XVI et Pie IX, et consacrée par ce dernier le 10 décembre 1854. On maintient néanmoins la célébration des anniversaires des deux Dédicaces sous la date primitive du 18 novembre. 

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Saint Odon né vers l'an 870, était fils d'un seigneur de la plus haute noblesse, et fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il montra, jeune encore, un grand amour pour la prière. Sa piété lui faisait regarder comme perdu le temps qu'il était forcé de donner à la chasse et aux autres amusements du siècle. 

A l'âge de dix-neuf ans, il reçut la tonsure et fut nommé à un canonicat de l'église de Tours. Après de brillantes et solides études, où il montra, en même temps qu'une haute intelligence, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu'un peu de nourriture grossière, il fut séduit par la lecture de la règle de Saint Benoît et se décida dès lors à embrasser la vie monastique. 

Il fut plus tard élu abbé de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses : le silence, l'obéissance, l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de pair avec ses conseils ou ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans s'inquiéter du lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa prédilection ; il veillait avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les mœurs, les études, le sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés. 

A Cluny, la "règle de Saint-Benoît était suivie avec zèle; les jeûnes, les abstinences, les chants, les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux pèlerins. 

On y nourrissait de plus dix-huit pauvres par jour, et la charité y était si abondante, surtout dans le carême, qu'à l'une de ces époques de l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents. Dans les voyages si difficiles auxquels son zèle et se fonctions l'obligèrent plus d'une fois, Odon ne pensait qu'à secourir le prochain. 

Il descendait de son cheval pour faire monter à sa place les indigents et les vieillards ; on le vit même porter le sac d'une pauvre femme. Pourtant, malgré tant de fatigues, à son dernier voyage de Rome il lassait tous ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche, et ils s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère, conservé tant d'agilité et de vigueur. 

Un jour DIEU récompensa le saint moine de sa ponctualité. La règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. 

Il plut toute la nuit abondamment; le lendemain le livre, malgré les flots de pluie, se trouva intact. On voulut lui attribuer cette merveille, mais il en rapporta toute la gloire au glorieux Saint Martin, dont la vie était écrite en ce volume. — Le Saint rendit son âme à DIEU le 18 novembre 942.

Pratique : Soyez d'une grande exactitude dans les plus petits devoirs de votre état.

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"