lundi 6 avril 2020

7 Avril : SAINT HÉGÉSIPPE / Le Bienheureux HERMANN DE STEINFIELD, dit HERMANN-JOSEPH, Prémontré

CARÊME : LE SILENCE
DIEU NOUS PARLE : Jésus garde le silence, en sorte que Pilate en était tout étonné.
(Passion selon saint Marc 15, 5)

Saint Hégésippe vivait peu de temps après les apôtres et devint, par son baptême, membre de l'Église de Jérusalem ; il voyagea ensuite à Rome et en Orient, travaillant à l'édification de l'Église par ses recherches et par ses écrits.

Nous avons à regretter la perte de son Histoire de l'Église en cinq livres, qui commençait à la Passion du SAUVEUR et se terminait à l'époque même où il écrivait.  Saint Jérôme nous a laissé de ce pieux et savant auteur un témoignage très avantageux.   

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LE BIENHEUREUX HERMANN-JOSEPH

Prémontré

Les Fiançailles Mystiques du Bx Hermann-Joseph avec la Mère de Dieu
Le Bienheureux Hermann de Steinfield dit Hermann-Joseph, à cause de sa chasteté, eut pour patrie la ville de Cologne.

Son enfance fut remarquable par une piété vraiment angélique ; il passait longtemps chaque jour dans les églises, devant l'image de Marie, à laquelle il confiait, ainsi qu'à son divin Enfant, avec une naïveté charmante, tous ses petits secrets, ses petits chagrins, ses désirs. 

Il disait souvent, en terminant sa visite : « Mon cher petit JÉSUS, je resterais bien avec vous et avec votre Sainte Mère ; mais il faut que j'aille à l'école; bénissez-moi et pensez à moi en attendant mon retour! 

Un jour, il présenta une pomme à la Sainte Vierge, et la statue étendit sa main pour la recevoir. Tout enfant, il jouissait déjà de visions et de révélations célestes, et une fois il passa plusieurs heures dans un pieux entretien avec JÉSUS et Marie. 

Dès l'âge de douze ans, Hermann se présenta aux Prémontrés, qui l'acceptèrent dans leur Ordre. Après ses études, il remplit successivement avec régularité et charité les offices de réfectorier et de sacristain. 

Les grâces extraordinaires étaient pour lui quotidiennes; il était sans cesse embaumé de parfums célestes ; Marie lui apparut et mit l'Enfant-JÉSUS dans ses bras ; une autre fois elle lui fit savoir qu'elle était très heureuse qu'on lui donnât le surnom de Joseph, qu'il n'osait accepter par humilité. 

Cette humilité était si parfaite, qu'il se croyait digne de l'anathème éternel, qu'il s'appelait un zéro, une pomme pourrie, un poids inutile pour la terre ; il ne se plaisait qu'à porter des habits usés et des chaussures rapiécées. 

DIEU lui envoya des croix si terribles et des souffrances si aiguës, qu'il devint comme une image vivante de JÉSUS crucifié. Jamais une plainte ne sortit de sa bouche ; il souffrit tout, le sourire sur son visage ; il ajoutait même à ces croix des sacrifices volontaires et de terribles mortifications. 

Son historien, voulant donner une idée de sa charité, dit que son cœur était comme un hôpital général où tous les affligés et les misérables trouvaient place. Il fut réuni au ciel à JÉSUS et à Marie le 7 avril 1230. 

Pratique. Ayez une piété tendre, naïve, enfantine, envers JÉSUS et Marie. 

       "Ô Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 5 avril 2020

6 Avril : SAINT CELESTIN, Pape / SAINT GUILLAUME DE PARIS, Abbé au Danemark

CARÊME : LA FIDÉLITÉ
DIEU NOUS PARLE : Six jours avant la Pâque, Jésus allait à Béthanie où se trouvait Lazare qu’il avait ressuscité des morts.  Là on lui donnait à souper : Marthe servait, et Lazare était l’un de ses hôtes.  Or Marie, prenant une livre d’aromates précieux, en parfuma les pieds de Jésus,  et les essuya avec ses cheveux.
(Évangile – Saint Jean 12, 1-3)

À la mort du Pape Saint Boniface, on élit à l'unanimité Célestinromain de naissance et proche parent de l'empereur Valentinien. Le nouveau Pontife gouverna l'Église pendant dix ans avec une sollicitude et une prudence admirables.

"Ma vigilance pastorale, écrivait-il, n'est point bornée par les lieux; elle s'étend à tous les pays où l'on adore JÉSUS-CHRIST." En exerçant cette vigilance, il avait surtout à cœur le salut des âmes:

"Accordez l'absolution, écrivait-il à quelques évêques, à tous ceux qui la demanderont sincèrement à l'article de la mort: la contrition dépend moins du temps que du cœur."

Mais ce qui mit en relief le zèle et l'autorité du grand Pontife, ce fut la manière dont il combattit l'hérésie de Nestorius, patriarche de Constantinople. Ce malheureux, voyant sa doctrine condamnée par les orientaux, se tourna vers l'Occident, et il écrivit à Rome deux lettres où il déguisait ses sentiments sous des expressions captieuses.

Célestin, prévenu en même temps par saint Cyrille d'Alexandrie, assembla un concile à Rome; on y examina les écrits de Nestorius, et on condamna ses blasphèmes contre l'unité de personne en JÉSUS-CHRIST. Le Pape nomma Cyrille son commissaire en Orient, et il le revêtit de toute son autorité pour agir en son nom. L'hérésiarque refusant de se soumettre, on convoqua le concile d'Éphèse. Cette assemblée, présidée par les légats de Célestin, à la tête desquels se trouvait Cyrille, excommunia Nestorius et le déposa.

Une autre question s'éleva dans les Gaules: quelques-uns y attaquaient la doctrine de Saint Augustin sur la nécessité de la grâce. Le Pape prit la défense du grand évêque d'Hippone, dans une lettre écrite aux évêques de ce pays.

"Nos prédécesseurs, disait-il, l'ont toujours regardé comme un des plus grands Docteurs de l'Église; sa mémoire ne pourra plus être flétrie par les clameurs de quelques-uns. Il suffit de savoir et de croire que l'enseignement traditionnel des Apôtres attribue à la grâce de JÉSUS-CHRIST aussi bien le commencement que la fin de nos œuvres.  Nul catholique ne peut s'écarter de cette règle."

Pour étouffer dans la Grande-Bretagne les semences du pélagianisme, il chargea Saint Germain, évêque d'Auxerre, et Saint Loup, évêque de Troyes, de préserver ce pays du danger qui le menaçait. Ce fut aussi Célestin qui envoya Saint Pallade prêcher l'Évangile aux Scots, et Saint Patrice aux Irlandais.

Après un règne de dix ans, ce grand Pape mourut le 1er août 432. L'église Sainte-Praxède possède une partie de ses reliques. 

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SAINT GUILLAUME DE PARIS

Abbé au Danemark 

Saint Guillaume naquit à Paris l'an 1104. Il fut élevé et instruit au couvent de Saint-Germain-des-Prés et se fit remarquer dès sa jeunesse par les brillantes qualités de son esprit et de son cœur. 

Nommé chanoine de Sainte-Geneviève, il eut à subir la jalousie de ses frères et se retira à l'institut des Chanoines réguliers de Saint-Augustin, nouvellement établi. 

On peut dire qu'il fut de tous le plus fervent dans l'observation de la règle ; tout son temps était occupé à la lecture, à la prière et à la contemplation; il était heureux de manger le pain de son et d'orge de la communauté avec des herbes amères pour tout assaisonnement, et il savait ajouter largement aux pénitences communes. 

Une nuit, JÉSUS-CHRIST apparut à Guillaume et lui dit : « Guillaume, tu dois aller pour mon service dans une île éloignée ; tu y endureras de grandes peines, mais après les avoir vaincues par ma grâce, tu viendras régner avec moi dans le ciel. » Peu après, Waldemar, roi de Danemark, fils de saint Canut, fit demander à Paris des chanoines réguliers, et Guillaume fut envoyé avec trois autres compagnons. 

Il eut un rôle difficile à remplir, celui de réformer un monastère abandonné au relâchement. Ses trois compagnons, vaincus par la violence du froid, retournèrent à Paris, et Guillaume eut contre lui tous les religieux de l'ancien couvent, qui s'acharnèrent à le décourager et à le faire partir. 

Le démon lui-même n'épargna rien pour le vaincre ; il mit un jour le feu à sa chambre, si bien que Guillaume ne peut se sauver que miraculeusement.

Son humilité, sa patience, ses austérités, sa soumission à la volonté de DIEU furent si admirables, qu'elles changèrent enfin le cœur de ces religieux dévoyés qui avaient longtemps voulu le perdre et l'assassiner. 

En récompense de tant de mérites, DIEU glorifia son serviteur dès cette vie, par de nombreux miracles et même par la résurrection d'un mort. Il fut averti de l'époque de sa mort sept ans à l'avance et s'y prépara par un redoublement de prières et d'austérités ; il fut réjoui quelque temps avant son trépas par la visite de JÉSUS-CHRIST, qui s'entretint délicieusement avec lui. 

Guillaume quitta la terre le 6 avril 1202. 
 
Pratique. Soyez prêt à toutes les épreuves et ne vous laissez jamais ébranler; DIEU sera avec vous.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 4 avril 2020

THE HOLY WEEK


by Abbot Patrick Troadec FSSPX,

Holy Week, the heart, the “Holy of Saints” of the liturgical year! As the Church gradually prepared us before letting us in! Today, she lifts the veil of monkeys and symbols.  It enables us to contemplate the most sublime mystery of salvation and even to participate in it.

During this week, we will contemplate the sufferings that Our Lord Jesus Christ endured during his Passion.  Beyond the physical suffering, we will not forget to consider his moral suffering.  Indeed, his soul experienced fear as he approached his Passion: “Now my being is in turmoil” (Jn 12:27); he experienced sadness at the moment of his agony, going so far as to cry: “My soul is sad to die”(Mt 26:38); he endured shame by being condemned to an infamous torture between two robbers.  He also endured the mystical pain of his Father’s silence when he cried out: «My God, my God, why have you forsaken me?» (Mt 27:46)

In applying our minds to the consideration of his unspeakable sufferings, we will not forget to consider the heroic virtues that Jesus Christ manifested in these circumstances: the love of his Father and the love of our souls, humility and magnanimity, strength and meekness.

We will not fail to see also the wonderful effects of his Passion.  In fact, the whole liturgy embraces with one glance the Passion and Resurrection of Our Lord.  His work of redemption does not end at his death, but is prolonged in the victory of his resurrection.



 “The liturgy does not only want to be a lamentation of Christ’s death and a compassion for his sufferings.” No, throughout this week, we hear the accent of victory and joy.  We see in the Passion of Christ a transition that leads us to the glory of the Resurrection (…) There is not a day in this whole week when we did not hear, in a clear and distinct way, the themes of Easter and the songs of victory.  Let us think only of Palm Sunday with the royal tributes to the Lord, of Holy Thursday with the solemn Mass of the Last Supper and the blessing of Holy Oils, of Good Friday with the elevation of the cross as a sign of victory (…) Palm Sunday is the monumental door that brings us into the holy mysteries of Easter!” (Dom Pius Parsch, The Guide in the Liturgical Year, Salvator, 1939, vol. III, pp.-6)


Abbot Patrick Troadec FSSPX, Day-to-day Lent, daily readings and meditations to pray alone or with the family,  Via Romana, 2013

(Introduction à) LA SEMAINE SAINTE

par M. L’abbé Patrick Troadec, Fsspx 

La Semaine Sainte, le cœur, le « Saint des saints » de l’année liturgique ! Comme l’Église nous a préparés progressivement avant de nous y laisser entrer ! Aujourd’hui, elle lève le voile des singes et des symboles.  Elle nous fait contempler le plus sublime des mystères du salut et nous y fait même participer.


Durant cette semaine, nous allons contempler les souffrances que Notre-Seigneur Jésus-Christ a endurées  pendant sa Passion.  Au-delà des souffrances physiques, nous n’oublierons pas de considérer ses souffrances morales.  En effet, son âme a connu la crainte à l’approche de sa Passion : «  Maintenant, mon être est en émoi » (Jn 12,27) ; il a éprouvé de la tristesse au moment de son agonie, allant jusqu’à s’écrier : « Mon âme est triste à en mourir »(Mt 26, 38) ; il a enduré la honte en étant condamné à un supplice infâme entre deux brigands.  Il a aussi enduré la peine mystique du silence de son Père lorsqu’il s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » (Mt 27, 46)
En appliquant notre esprit à la considération de ses souffrances indicibles, nous n’oublierons pas de considérer les vertus héroïques que Jésus-Christ a manifestées en ces circonstances : l’amour de son Père et l’amour de nos âmes, l’humilité et la magnanimité, la force et la douceur.

Nous ne manquerons pas de voir également les effets merveilleux de sa Passion.  En effet, toute la liturgie embrasse d’un seul regard la Passion et la résurrection de Notre –Seigneur.  Son œuvre rédemptrice ne se termine pas à sa mort, mais se prolonge dans la victoire de sa résurrection.


« La liturgie ne veut pas seulement être une lamentation sur la mort du Christ et une compassion pour ses souffrances (…)  Non, dans toute cette semaine, nous entendons des accent de victoire et de joie.  Nous voyons, dans la Passion du Christ, une transition qui nous mène à lal gloire de la Résurrection (…) Il n’est pas un jour, pendant toute cette semaine, où nous n’entendions, d’une manière claire et distincte, des thèmes de Pâques et des chant de victoire.  Songeons seulement au dimanche des Rameaux avec les hommages royaux rendus au Seigneur, au Jeudi saint avec la messe solennelle de la Cène et la bénédiction des saintes Huiles, au Vendredi saint avec l’élévation de la croix comme signe de la victoire (…) Le dimanche des Rameaux est la porte monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques ! » (Dom Pius Parsch, Le Guide dans l’année liturgique,  Salvator, 1939, t.III, pp. 5-6)




Abbé Patrick Troadec FSSPX, Le Carême au jour le jour, lectures et méditations quotidiennes pour prier seul ou en famille,  Via Romana, 2013

5 Avril : SAINT VINCENT FERRIER, Missionnaire

CARÊME : LA ROYAUTÉ DU CHRIST
DIEU NOUS PARLE : Les enfants des Hébreux, portant des branches d’oliviers allèrent au-devant du Seigneur ; ils criaient et disaient : « Hosanna au plus haut des cieux ! »
(Première antienne de la distribution des rameaux)


Cet apôtre extraordinaire naquit à Valence, en Espagne, l'an 1357.  Sa mère, avant sa naissance, eut quelque révélation extraordinaire sur son avenir. Inquiète, elle consulta un saint personnage et en reçut l'assurance que cet enfant prédestiné serait un grand saint dont l'éloquente parole ferait fuir les loups et ramènerait au bercail les brebis égarées.


Tout petit enfant, il réunissait ses camarades, leur parlait du Bon DIEU et de la Sainte Vierge avec tant d'onction et d'amour, qu'ils en étaient touchés.

Après avoir édifié quelques années le couvent des Dominicains de Valence, il fit ses premiers essais dans la prédication, et l'on accourut bientôt de loin pour entendre une parole si apostolique. Il puisait son éloquence dans les plaies sacrées du SAUVEUR et dans les lumières de l'oraison.
Un jour qu'il devait prêcher devant un grand seigneur, il se prépara, contre son ordinaire, plus par l'étude que par la prière; son sermon fut remarquable. Mais le lendemain, prêchant devant le même seigneur, après une longue préparation aux pieds du crucifix, il parla avec beaucoup plus de chaleur et d'onction. Le prince lui en demanda la raison : Monseigneur, dit le Saint, c'est VINCENT qui a prêché hier, et c'est JÉSUS-CHRIST qui a prêché aujourd'hui. »


Vincent avait quarante ans quand il entra pleinement dans sa vocation de missionnaire, après avoir été guéri d'une grave maladie par NOTRE-SEIGNEUR.  Un bâton d'une main, un crucifix de l'autre, il parcourut à pied presque toutes les provinces de l'Espagne, de la France et de l'Italie, instruisant, édifiant, convertissant les foules ; il alla jusqu'en Angleterre, en Écosse et en Irlande, répandre la semence de la parole divine.

Les églises ne suffisant pas à contenir la foule de ses auditeurs, il prêchait ordinairement sur les places publiques et en pleine campagne. On compte que ce prédicateur tout divin convertit vingt-cinq mille juifs et autant de musulmans, et retira du vice plus de cent mille pécheurs.

DIEU renouvela pour lui le miracle des premiers jours de l'Église : Vincent ne prêchait qu'en latin et en espagnol, et tous ses auditeurs, quels qu'ils fussent, le prenaient dans leur langue.

Son triomphe était la prédication des fins dernières; il fut l'apôtre du jugement dernier, et les foules frémissaient de terreur dès qu'il répétait ces paroles du Prophète : « Levez-vous, morts, et venez au jugement. »


Quand Vincent prêchait en quelque lieu, les marchands de disciplines, de cilices et autres instruments et mortification accouraient et ne pouvaient suffire à satisfaire les acheteurs. Tous les jours après le sermon son compagnon sonnait les miracles, et on apportait les malades en foule.

Il ressuscita un enfant que sa mère avait coupé en morceaux et dont elle avait fait cuire une partie.

VINCENT FERRIER mourut à Vannes, en Bretagne, le 5 avril 1418.

Pratique: Cherchez inspiration et conseil dans les plaies de JÉSUS crucifié.

"Ô Marie conçue sans péché, 

priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 3 avril 2020

4 AVRIL : SAINT ISIDORE, Archevêque de Séville, Père de l'Église

CARÊME : LA PERSPECTIVE DU JUGEMENT


DIEU NOUS PARLE : Une foule nombreuse prit des branches de palmier et alla au-devant de [Jésus] en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! »

(Évangile – Saint Jean 12, 12-13)


SAINT ISIDORE, frère et successeur de Saint Léandre sur le siège archiépiscopal de Séville, était de famille princière ; il eut aussi pour frère Saint Fulgence et pour sœur Sainte Florentine, vierge et religieuse,  illustre par ses chants sacrés.



On rapporte que la nourrice d'Isidore l'ayant laissé seul un instant dans le jardin de son père, il fut environné d'un essaim d'abeilles, dont quelques-unes se posèrent sur son visage et sur ses lèvres sans lui faire aucun mal : présage des flots de persuasive éloquence qui devaient couler un jour de la bouche du grand docteur.

Il fut confié, jeune encore à son frère aîné, Léandre  qui l'aimait comme un fils, mais qui usa envers lui d'une grande sévérité. On jour, Isidore, découragé par l'insuccès de ses efforts et rebuté par les énergiques corrections de l'archevêque, s'enfuit de l'école de Séville. Après avoir erré quelque temps dans la campagne, exténué de soif et de fatigue, il s'assit auprès d'un puits et se mit à regarder avec curiosité les sillons qui en creusaient la margelle.

Il se demandait d'où provenait ce travail, lorsqu'une femme qui venait chercher de l'eau au puits, touchée de la beauté et de l'humble innocence de l'écolier, lui expliqua que les gouttes d'eau, en tombant sans cesse sur le même endroit, avaient creusé la pierre.

Alors l'enfant rentra en lui-même et se dit que si la dureté de la pierre se laissait ainsi creuser goutte à goutte par l'eau, son esprit finirait bien aussi par subir l'empreinte de l'enseignement. Il retourna auprès de son frère et acheva son éducation de façon à posséder bientôt le latin, le grec et l'hébreu, et à devenir le collaborateur actif de Léandre dans l'œuvre de la conversion des ariens.

Son zèle et sa science irritèrent tellement ces hérétiques, qu'ils résolurent de le tuer; mais la Providence le tira de leurs mains. C'est alors que, pour approfondir encore davantage la science de la foi, il entra dans un monastère, où il s'adonna autant aux vertus religieuses qu'à l'étude.

A la mort de Léandre, il était tout désigné pour le remplacer, et il fut reçu par les unanimes applaudissements du peuple. Pendant que tous se réjouissaient de son élévation, lui seul pleurait. Dès qu'il eut ceint la mitre et pris en main la houlette pastorale, sa vie ne fut plus qu'un perpétuel sacrifice, et il ne cessa de se dépenser pour son troupeau, au point qu'il est incompréhensible comment la vie d'un homme si occupé par le ministère extérieur a pu suffire à tant de savants écrits qu'il a légués à la postérité.

Prévenu par le Ciel de son prochain trépas, il se fit porter à l'église, quitta ses vêtements, se fit donner un cilice et s'étendit sur la cendre ; puis il reçut le Saint Viatique, demanda pardon à tous de fautes qu'il n'avait point commises, et s'endormit dans le SEIGNEUR en bénissant une dernière fois son peuple,  le 4 avril 638.

Pratique. Ne vous laissez pas aller au découragement; recourez à DIEU, il vous soutiendra.


"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 2 avril 2020

3 Avril : SAINT RICHARD, Évêque de Chichester

CARÊME : NOTRE DAME DE COMPASSION


DIEU NOUS PARLE : Debout, tout en larmes, près de la croix où son Fils était suspendu, se tenait la Mère des douleurs.

(Stabat Mater – Séquence de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs)

Saint Richard naquit l'an 1197, en Angleterre. Ses parents occupaient alors un rang élevé et jouissaient d'une belle fortune ; mais ils tombèrent dans une misère si profonde, qu'après leur mort, leur fils aîné fut longtemps retenu en prison pour dettes.



Richard, son frère, travailla généreusement à sa délivrance ; mais il s'appauvrit lui-même au point d'être obligé de gagner sa vie comme valet de ferme. Bientôt il put aller à Paris continuer les bonnes études qu'il avait déjà faites dans sa jeunesse.


Il se lia d'amitié avec deux amis choisis, aussi pauvres que lui ; ils n'avaient qu'un manteau à tous les trois et se voyaient obligés de n'aller prendre leurs leçons que l'un après l'autre. Leur nourriture était plus que frugale, un peu de pain et de vin leur suffisait, et ils ne mangeaient de chair ou de poisson que le dimanche.

Cependant Richard assura depuis que ce fut là pour lui le beau temps, tant il était absorbé par la passion de l'étude. Ses succès furent prompts et remarquables, si bien qu'à son retour en Angleterre il professa fort brillamment à l'université d'Oxford.

Quelques années plus tard, sa modestie, sa chasteté, sa douceur et sa dévotion, lui attirèrent le respect et l'amour de tout le monde ; il fut élu chancelier de l'université. Nommé ensuite évêque de Chichester, il eut à subir quelque temps les vexations du roi Henri III, en guerre avec Rome, mais rétablit la paix par ses prières et ses procédés de conciliation.

Devenu désormais libre dans l'exercice de son ministère, il se fit remarquer par sa grande condescendance pour les petits et par sa miséricorde pour les pauvres. Comme on lui disait que ses dépenses excédaient ses revenus : « II vaut mieux, dit-il, vendre son cheval et sa vaisselle d'argent que de laisser souffrir les pauvres, membres de JÉSUS-CHRIST. »

Un jour, distribuant du pain, il en eut assez pour contenter trois mille pauvres, et il lui en resta pour cent autres qui survinrent après. Ces multiplications merveilleuses se renouvelèrent plusieurs fois. Une de ses maisons étant venue à brûler il n'en fut nullement troublé et ordonna d'augmenter les aumônes, de peur que cet accident ne fût la punition d'un défaut de charité pour les pauvres.

Il honorait les religieux et les embrassait souvent : « Qu'il est bon, disait-il, de baiser les lèvres qui exhalent l'encens des saintes prières offertes au Seigneur ! » II ne conférait de bénéfices à aucun de ses parents.

Comme on lui demandait pourquoi : "C'est, répondit-il, que JÉSUS-CHRIST n'a pas donné les clefs à Jean, son parent, mais à Pierre, qui ne lui était rien." II mourut le 3 avril 1253, en baisant le Crucifix et en invoquant Marie contre les ennemis du salut.

Pratique.  N'ayez pas d'inquiétude de l'avenir ; DIEU punit l'inquiétude et bénit la confiance.



"Ô Marie conçue sans péché, 

priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 1 avril 2020

2 Avril : SAINT FRANÇOIS DE PAULE, Fondateur de l'Ordre des Frères Mineurs


CARÊME : LA FOLIE DE L’AMOUR
DIEU NOUS PARLE : Jésus dit à cette femme : «Tes péchés te sont remis (…) Ta foi t’a sauvée, va en paix. »
(Évangile – Saint Luc 7, 48 et 50)


C'est dans la petite ville de Paule, en Calabre, que naquit, en 1416, le Saint qui poussa l'humilité jusqu'à vouloir être appelé le plus petit, le Minime, parmi les enfants de JÉSUS-CHRIST.

François fut plus l'enfant de la grâce que de la nature, car il vint au monde contre toute espérance, et l'on aperçut pendant la nuit de sa naissance de vifs jets de lumière sur la toiture de la maison de ses parents, symbole du flambeau qui venait de paraître dans l'Église.

L'enfance de ce petit prédestiné fut tout extraordinaire ; les veilles et les abstinences lui furent inspirées du Ciel dès l'âge le plus tendre. Aussitôt après son lever, sa première pensée était de courir à l'église, où il passait la grande partie de ses journées, ne s'ennuyant jamais avec le Bon DIEU, comme il disait dans son naïf langage.

Admirons la belle réponse qu'il fit un jour à sa mère, qui le pressait, par un temps froid, de couvrir sa tête en récitant son rosaire : « Maman, lui dit-il, si je parlais à une reine, vous me commanderiez de me tenir nu-tête ; mais la sainte Vierge n'est-elle pas plus que toutes les reines, puisqu'elle est la Mère de DIEU et la Souveraine de l'univers ? »

Quand il eut treize ans, ses parents le placèrent pour un an dans un couvent de Saint-François ; sa vertu et sa régularité y furent confirmées par des miracles. Un jour, le frère sacristain l'envoie chercher du feu pour l'encensoir ; il y court et, n'ayant pas d'instrument, remplit sa robe de charbons ardents, qu'il dépose avec les doigts un à un dans l'encensoir, sans avoir ni sur les doigts ni sur son vêtement la moindre trace de brûlure.

A quatorze ans, François se fit ermite et s'enfonça dans un rocher profond, au bord de la mer, résolu d'y vivre et d'y mourir oublié des hommes. Mais DIEU, qui le voulait fondateur d'un Ordre religieux, lui envoya une foule de disciples, si bien qu'au bout de six ans il lui fallut bâtir un grand monastère où, nous dit un historien, François fit entrer plus de miracles que de pierres et de pièces de bois.

Rien de plus merveilleux que cette vie ; il guérit tant de malades qu'il faisait le désespoir des médecins; il ressuscita plusieurs morts; il traversa le bras de mer qui sépare la Calabre de la Sicile sur son manteau, avec deux de ses frères. Mais le plus grand des miracles, c'est sa sainteté elle-même.

Le jour, au milieu du travail et de la prière, il entrait souvent en extase et en ravissement ; la nuit, pendant que ses frères dormaient, il priait encore, et DIEU le fortifiait par des concerts célestes, des visions et des apparitions délicieuses.

François allait toujours nu-pieds, à travers les rochers, la neige et la boue; le cilice était son vêtement, le jeûne sa nourriture, la terre son lit. A l'imitation de NOTRE-SEIGNEUR, il passa des carêmes entiers sans prendre de nourriture.

François mourut en France l'an 1508, un vendredi, à trois heures de l'après-midi.
Pratique : Plus vous êtes humble, plus vous serez puissant auprès de Dieu.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"