lundi 12 janvier 2026

13 Janvier : LE BAPTÊME DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST / SAINTE VÉRONIQUE de BINASCO (ou de Milan), Vierge, Religieuse

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

 
……. Le Baptême de Notre Seigneur, Jésus, c'est de sa part, l'acceptation et l'inauguration de sa mission de Serviteur souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs ; il est déjà "l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde" ; déjà, il anticipe le "baptême" de sa mort sanglante. Il vient déjà " accomplir toute justice ", c'est-à-dire qu'il se soumet tout entier à la volonté de son Père : il accepte par amour le baptême de mort pour la rémission de nos péchés.

A cette acceptation répond la voix du Père qui met toute sa complaisance en son Fils. L'Esprit Saint que Jésus possède en plénitude dès sa conception, vient "reposer" sur lui. Il en sera la source pour toute l'humanité. A son Baptême, " les cieux s'ouvrirent " que le péché d'Adam avait fermés ; et les eaux sont sanctifiées par la descente de Jésus et de l'Esprit Saint, prélude de la création nouvelle. Par le Baptême, le chrétien est sacramentellement assimilé à Jésus qui anticipe en son baptême sa mort et sa résurrection….. (Catéchisme de l’Église catholique)

Sa Majesté S'approcha parmi les autres, et Il demanda à saint Jean de Le baptiser comme l'un d'eux. Le Baptiste Le reconnut et prosterné à Ses pieds, confus (Le retenant) il lui dit:  "Je dois être baptisé par Vous, Seigneur, et Vous venez me demander le Baptême?" Le Sauveur répondit:  "Laissez-Moi faire maintenant ce que Je désire, car il convient ainsi d'accomplir toute justice."



Saint Jean ayant achevé de baptiser Notre-Seigneur Jésus-Christ, le ciel s'ouvrit et l'Esprit-Saint descendit en forme visible de colombe sur Sa tête, et l'on entendit la voix du Père qui disait:  "Celui-ci est Mon Fils bien-aimé en qui J'ai mis Mes délices et Mes complaisances." Plusieurs de ceux qui étaient présents entendirent cette voix du Ciel, ceux qui n'étaient point indignes d'une faveur si admirable, et en même temps ils virent l'Esprit-Saint dans la forme qu'Il vint sur le Sauveur. 

Ce témoignage fut le plus grand qui peut être donné de la divinité de notre Rédempteur, puisqu'il était manifesté par tout cela que Jésus-Christ était vrai Dieu, égal à Son Père Éternel dans la substance et les perfections infinies. Le Père voulut être le premier qui rendît du Ciel, témoignage à la divinité de Jésus-Christ, afin qu'en vertu de Son propre témoignage, tous ceux qui devaient en être rendus ensuite dans le monde demeurassent autorisés. Cette voix du Père eut aussi un autre mystère revenant au crédit de Son Fils, car elle fut comme un dédommagement qu'Il fit en Lui compensant l'acte de S'humilier à recevoir le Baptême qui servait de remède au péché dont le Verbe fait chair était libre, puisqu'Il était impeccable.


Notre Rédempteur Jésus-Christ offrit au Père avec Son obéissance cet acte de S'humilier à prendre la forme de pécheur, en recevant le Baptême avec ceux qui l'étaient, Se reconnaissant, par cette obéissance, inférieur dans la nature humaine commune aux autres enfants d'Adam et instituant de cette manière le sacrement de Baptême qui devait laver les péchés du monde en vertu de Ses mérites; et le même Seigneur S'humiliant le premier à recevoir le Baptême des péchés, demanda et obtint du Père un pardon général pour tous ceux qui le recevraient et qui sortiraient de la juridiction du démon et du péché et qui seraient régénérés dans le nouvel être spirituel et surnaturel d'enfants adoptifs du Très-Haut. 
 
La voix du Père et la Personne de l'Esprit-Saint descendirent pour accréditer le Verbe fait homme, récompenser Son humiliation, approuver le Baptême et les effets qu'il devait avoir, confesser et manifester Jésus-Christ pour Fils de Dieu véritable et faire connaître les trois Personnes au nom desquelles le Baptême devait être donné. 
 
Tiré de Marie D'Agreda, C.M., Tome 5, pp. 289-291 1. Mt. 3, 14 2. Ibid. 15

  

   « Voilà l'Agneau de Dieu » dit Jean Baptiste. Jésus lui-même ne parle pas ; c'est Jean qui dit tout. L'époux a coutume d'agir ainsi ; il ne dit rien encore à l'épouse, mais il se présente et se tient en silence. D'autres l'annoncent et lui présentent l'épouse. Quand elle paraît, l'époux ne la prend pas lui-même, mais il la reçoit des mains d'un autre. Mais après qu'il l'a ainsi reçue d'autrui, il se l'attache si fortement qu'elle ne se souvient plus de ceux qu'elle a quittés pour le suivre.

C'est ce qui s'est passé à l'égard de Jésus-Christ. Il est venu pour épouser l'humanité ; il n'a rien dit lui-même, il n'a fait que se présenter. C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui a mis dans sa main celle de l'Épouse, en d'autres termes, le cœur des hommes, qu'il a persuadés par sa prédication. Alors Jésus-Christ les a reçus et les a comblés de tant de biens qu'ils ne sont plus revenus à celui qui les lui avait amenés... Il a tiré son Épouse de sa condition très humble pour la conduire de la maison de son Père...


C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui seul a été présent à ces noces ; c'est lui qui a tout fait alors ; apercevant Jésus qui venait, il a dit : « Voilà l'Agneau de Dieu ». Et il montrait ainsi que ce n'est pas seulement par la voix, mais encore des yeux, qu'il rendait témoignage à l'Époux. Il admirait le Fils de Dieu et, en le contemplant, son cœur tressaillait d'allégresse et de joie. Avant de l'annoncer, il l'admire présent, et il fait connaître le don que Jésus est venu apporter : « Voilà l'Agneau de Dieu ». C'est lui, dit-il, qui enlève le péché du monde, et il le fait sans cesse, pas seulement au moment de sa Passion quand il a souffert pour nous. S'il n'offre qu'une seule fois son sacrifice pour les péchés du monde, cet unique sacrifice purifie à jamais les péchés de tous les hommes jusqu'à la fin du monde.

==================================

SAINTE VÉRONIQUE DE BINASCO 
(ou de Milan)


VÉRONIQUE naquit à Binasco, près de Milan, en 1445. Elle appartenait à une pauvre famille de laboureurs, plus riche en vertus qu'en biens de la terre. A cause de leur pauvreté, ses parents durent l'employer de bonne heure aux travaux des champs; mais au lieu d'écouter les conversations mondaines et les chansons légères, elle vaquait à l'oraison et à la prière et semblait étrangère à tout ce qui se passait autour d'elle.

Cette fleur de vertu devait s'épanouir dans la vie religieuse. Poussée par un ardent désir d'entrer chez les sœurs Augustines de Sainte-Marthe, à Milan, elle employa une partie de ses nuits pour apprendre à lire et à écrire, condition nécessaire à son admission dans le couvent. Ses efforts furent vains, et découragée, elle se plaignit à la Très Sainte Vierge, qui lui apparut et lui dit : « Ma fille, sois sans inquiétude ; il te suffira de connaître les trois lettres que je t'apporte du ciel. La première est la pureté du cœur, qui nous fait aimer DIEU par-dessus toutes choses ; tu ne dois avoir qu'un amour, celui de mon Fils. La seconde est de ne pas murmurer contre les défauts du prochain, mais de les supporter avec patience et de prier pour lui. La troisième est de méditer chaque jour la Passion de JÉSUS-CHRIST, Lequel t'accepte pour son épouse. »

Dès lors Véronique ne fit plus cas de l'alphabet ni des livres, mais elle avait trouvé le chemin de la vraie science, celle des Saints. Reçue enfin parmi les sœurs converses de Sainte-Marthe, elle se distingua parmi elles non seulement par les vertus les plus éclatantes, mais par les dons les plus extraordinaires.

Ses yeux étaient deux sources intarissables de larmes. Souvent le SAUVEUR lui apparaissait; une fois Il récita l'office avec elle ; une autre fois, Il se montra devant elle cloué à la croix, la tête couronnée d'épines, le visage pâle et défiguré, le corps couvert de plaies ; cette vue la fit tomber en défaillance.

Les Anges se faisaient un honneur de la servir ; et durant les trois années qui précédèrent sa mort, un de ces esprits célestes lui apportait, le lundi, le mercredi et le vendredi de chaque semaine, un pain délicieux qui la rassasiait et la dégoûtait de toute autre nourriture. Sa vie, toute de merveilles, fut couronnée par une mort sainte, dont elle avait prédit le jour et l'heure. Véronique avait cinquante-deux ans.

Ignorante selon le monde, sainte Véronique était toute remplie de la science de DIEU. Combien un rayon de la divine lumière nous en apprend plus que toute la sagesse humaine! « Bienheureux, dit L'Imitation, celui qui est instruit par la Vérité même! (L'Imitation, chap. 3.)

Pratique :
Donnez-vous à Dieu sans réserve, à l'exemple des saints. 

“O Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous”

dimanche 11 janvier 2026

12 Janvier : SAINT AELRED ou ALFRED, Abbé / SAINTE MARGUERITE BOURGEOIS, Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Né en 1109, dans le nord de l'Angleterre, Alfred se fit remarquer par tous les avantages de la naissance, de l'éducation et des talents. Son histoire rapporte qu'un jour qu'il reposait dans son berceau, un de ses parents vit son visage brillant comme le soleil.
 
Jeune encore, il fut nommé gouverneur du palais par David, roi d'Écosse, et il remplit cette charge importante avec une supériorité qui lui attira l'estime du prince et de toute la cour. Un jour, un personnage de qualité lui ayant fait des reproches injurieux en présence du roi, il l'écouta avec patience et le remercia de ce qu'il avait la charité de l'avertir de ses fautes. 
 
Cette conduite impressionna si heureusement son ennemi, qu'il lui demanda aussitôt pardon. Ce trait, parmi d'autres, révéla son humilité profonde. Mais Alfred se sentait fait pour une vie plus parfaite. A vingt-quatre ans il quitta les honneurs de la cour pour prendre l'habit monastique et porter le joug du SEIGNEUR. "Ce joug, disait-il, loin de m'accabler, ne fait qu'élever mon âme, je n'en sens point le poids." 

Aimer DIEU était son unique passion : « Que toutes les puissances de mon âme, disait-il, ô bon JÉSUS, soient pénétrées du feu de Votre amour ! Que toutes mes affections montent vers Vous, Ô Vous qui êtes mon unique bien, ma joie et mes délices ! » Nommé malgré lui abbé de son monastère, il se montra le modèle de tous. 

Il fut impossible de lui faire accepter un évêché ; DIEU seul était quelque chose pour lui. Un de ses religieux nous a laissé de sa vertu le tableau suivant : « Quelle vie plus pure que celle d'Alfred? Qui fut plus sage dans ses discours? Les paroles qui sortaient de sa bouche avaient la douceur du miel ; son corps était faible et languissant, mais son âme vive et alerte. Il souffrait patiemment ceux qui l'importunaient et ne se rendait jamais importun à personne. 

Il écoutait volontiers les autres et ne se pressait point de répondre à ceux qui le consultaient. On ne le vit jamais en colère; ses paroles et ses actions portaient la douce empreinte de cette onction et de cette paix dont son âme était remplie. Les quatre dernières années de sa vie, il augmenta ses mortifications, au point que son corps devint d'une maigreur extrême, de sorte qu'on l'aurait pris pour un esprit plutôt que pour un homme. 

Souvent il se mettait dans une fosse creusée dans le sol de son oratoire, et de là on l'entendit plus d'une fois s'entretenir avec les esprits célestes. Familiarisé depuis longtemps avec la pensée de la mort, il la vit venir avec joie, le 12 janvier 1167. Il avait cinquante-sept ans. 

Pratique. Appliquez-vous à posséder votre âme dans le calme et la patience. 

===============================
SAINTE MARGUERITE BOURGEOIS
Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame

Marguerite Bourgeois naît à Troyes, en France, le Vendredi Saint, 17 avril 1620. Elle fut préparée longuement par des voies toutes providentielles à sa mission future. A vingt ans, lors d'une procession, la Sainte Vierge la regarda et lui sourit. Dès lors, Marguerite renonça aux parures et aux amusements de son âge et entra dans la Société des Enfants de Marie dont elle devint la présidente.

Dix ans plus tard, le jour de l'Assomption, Jésus-Enfant, (âgé de trois ans,) lui apparaît dans l'Hostie de l'ostensoir. Il embrase son coeur des flammes de la divine charité, lui inspire un souverain mépris pour tous les biens terrestres et lui communique une immense soif des âmes.
En 1653, Marguerite Bourgeois s'embarque pour le Canada à trente-trois ans. La Vierge lui dit: "Va, Je ne t'abandonnerai pas." Quatre années s'écoulent avant qu'il lui soit possible de se vouer à l'éducation chrétienne des enfants. En attendant, sa charité s'étend à tous: elle visite et sert les malades, ensevelit les morts, console les affligés, catéchise les colons.

Dorénavant, sa tâche consistera à former et diriger une communauté religieuse enseignante non cloîtrée. En 1658, elle jette les bases de son institut en ouvrant la première école de Ville-Marie dans une étable cédée par Monsieur de Maisonneuve. Elle s'adjoint des compagnes, qu'elle initie à son oeuvre. De là surgissent les "petites écoles" disséminées sur les côtes de la Nouvelle-France.
L'oeuvre sociale de Mère Bourgeois n'est pas moins admirable que son oeuvre d'éducation. Son dévouement la met au service des jeunes ménages d'alors. Elle héberge chez elle les Filles du Roi, les guide et les dirige, inculquant en elles les sérieux devoirs de l'épouse et de la mère. Elle demeurera la conseillère de ces jeunes femmes auprès de qui elles chercheront toujours réconfort et encouragement pour la pratique des vertus.
L'ingéniosité de Marguerite Bourgeois se révèle dans des créations de toutes sortes: ouvroir pour les jeunes filles et les épouses, école normale pour la formation de ses compagnes dans l'éducation, oeuvre des Tabernacles qu'elle fonde avec la recluse Jeanne Leber, congrégation pour jeunes filles.
Après quarante-sept ans de travaux bénis du Ciel et de la Sainte Vierge, Marguerite Bourgeois s'éteint à quatre-vingts ans, avec la réputation d'une âme éminente en sainteté. Le 12 novembre 1950, dans une cérémonie solennelle à Saint-Pierre de Rome, Pie XII la déclarait bienheureuse. Depuis cette date, elle a reçu les honneurs de la canonisation.
 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 10 janvier 2026

11 Janvier : SAINT THÉODOSE, Abbé

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)

THÉODOSE naquit l'an 423, dans une petite ville de la Cappadoce. Jeune encore, il se sentit inspiré de visiter les lieux saints.  En route, il voulut voir saint Siméon Stylite et le consulter sur le genre de vie qu'il devait choisir.  Siméon le distingua dans la foule des pèlerins, et l'appelant par son nom : « Théodose, homme de DIEU, lui dit-il, soyez le bienvenu. »

II le fit monter sur la haute colonne qui lui servait de demeure, le bénit et lui annonça qu'il serait le père d'un grand peuple de moines.

Théodose, après son pèlerinage, se fixa dans la terre sainte et chercha la solitude sur une haute montagne, où il vécut dans les jeûnes et la prière. L'éclat de sa vertu lui attira des disciples ; il en reçut d'abord un tout petit nombre, mais bientôt sa charité lui fit accepter tous les sujets de bonne volonté.

Il les exerçait à la vertu par la parole et par l'exemple. Pour leur rendre toujours présente la pensée de la mort, il leur fit creuser une tombe; puis, se tenant au milieu d'eux, il leur dit en souriant : « Voici tout prêt le lieu du repos, qui de nous en fera la dédicace? » Un prêtre, nommé Basile, fléchit le genou : « Veuillez me bénir, mon père, ce sera moi ! » On lut pendant quarante jours l'office des funérailles, et au quarantième jour, sans fièvre, sans douleur, sans agonie, Basile s'endormit doucement du dernier sommeil.

Théodose, sur un avis céleste, fit bâtir un monastère si vaste, qu'il avait l'aspect d'une cité. Outre les bâtiments réservés aux moines, il y avait de grands établissements pour tous les métiers et plusieurs hôpitaux pour les foules d'infirmes et de malades ; l'enceinte de ce monastère ne renfermait pas moins de quatre églises.

DIEU récompensa l'immense charité de son serviteur. Certain jour, il y eut cent tables dressées dans le monastère pour les étrangers; la Providence pourvoyait à tous les besoins. Une fois, les provisions étant épuisées, les frères se mirent à murmurer; Théodose leur dit : « Confiance, DIEU ne nous oubliera pas. »

Bientôt arrivèrent des mulets chargés de vivres. Le saint vit venir avec joie la mort, dans la pensée de laquelle il avait puisé le principe d'une vie si parfaite, et son âme s'envola au ciel chargée de mérites. C'était en l'an 529 ; il avait cent six ans.

Une des choses les plus remarquables dans la vie des saints moines, c'est l'influence extraordinaire qu'ils ont souvent exercée sur leur époque. Ce n'étaient pas seulement les religieux placés sous leur conduite, qu'ils entraînaient à la sainteté par leurs conseils et leurs exemples ; mais ils ramenaient à DIEU une foule de pécheurs et portaient, un grand nombre de chrétiens à la pratique de la perfection.

Pratique.  Prenez pour conseillère de votre vie la pensée de la mort.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

vendredi 9 janvier 2026

10 Janvier : SAINT GUILLAUME, Archevêque de Bourges

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Saint Guillaume, issu des anciens comtes de Nevers, vint au monde vers le milieu du XIIe siècle. II fut élevé avec soin dans la crainte de DIEU. Le SEIGNEUR lui avait donné toutes les dispositions de la nature et de la grâce nécessaires à l'accomplissement des grands desseins qu'il avait sur lui; aussi fit-il des progrès rapides et acquit-il en peu de temps des connaissances au-dessus de son âge et un trésor croissant de sainteté. Le monde lui souriait, avec sa gloire et ses plaisirs, il renonça à tout, il s'éloigna même des honneurs ecclésiastiques qui semblaient le poursuivre et s'enfonça dans la solitude d'un monastère.

Non content d'avoir quitté le monde, il en perdit jusqu'au souvenir, et vécut dans la présence continuelle de DIEU ; sa modestie, sa dévotion, sa régularité, ranimaient la ferveur de ses frères ; il suffisait de le regarder au chœur ou à l'autel pour être embrasé du saint désir de marcher sur ses traces. Il avait surtout un grand amour pour le Saint Sacrement, près duquel il trouvait ses délices, et ses larmes ne tarissaient pas durant le saint sacrifice de la messe.

Il fallut lui faire violence pour le nommer abbé de son monastère ; pourtant il dut bientôt se résigner à monter plus haut et répondre à l'appel du Ciel clairement manifesté. Sacré archevêque de Bourges, Guillaume montra, dès les premiers jours, toutes les vertus des plus illustres pontifes. Il demeura moine dans son palais, même par l'habit et plus encore par les austérités.

Il sut concilier les exercices de la piété avec les immenses occupations de sa charge ; il parcourait son diocèse, prêchait, instruisait les petits et les humbles, administrait les sacrements, visitait les hôpitaux, délivrait les captifs, et multipliait les prodiges. Quand on lui demandait un miracle, il disait : "Je ne suis qu'un pauvre pécheur " mais il cédait aux larmes des malades et les guérissait par sa bénédiction.

On a conservé de lui quelques belles paroles : "Tel pasteur, telles brebis" disait-il souvent, "J'ai à expier, disait-il encore, et mes propres péchés et ceux de mon peuple". Sa mort fut digne de sa vie ; il expira revêtu du cilice qu'il avait porté toujours, et couché sur la cendre, le 10 janvier 1209.

On raconte qu'au moment de sa   mort, il vit distinctement les anges battant des ailes au-dessus de sa tête, et qu'il rendit l'âme en leur tendant les bras. Pendant ses obsèques, la foule aperçut au-dessus de l'église un globe de feu planant dans les airs.

En lisant la vie d'un si saint pasteur, n'y retrouve-t-on point la reproduction fidèle du Pontife souverain, qui fut par excellence "saint, innocent, pur, et n'eut rien de commun avec les pécheurs?" (Hebr. 7, 26.)

Pratique : Priez pour que Dieu envoie de saints pontifes à son Église.

Ô Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à Vous"

jeudi 8 janvier 2026

9 Janvier : SAINT JULIEN L'HOSPITALIER, Martyr et son épouse SAINTE BASILISSE, Vierges tous deux

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que NOTRE-SEIGNEUR plaça au milieu des apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, il leur dit : « Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des cieux.» (Mathieu 18, 1-5) Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du SAUVEUR, disciple lui-même de Saint Jean, l'apôtre bien-aimé. 

IGNACE fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté, mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire : « C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux? — Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un vilain démon. — Qu'entends-tu par ce mot Théophore? — Celui qui porte JÉSUS-CHRIST dans son cœur. — Crois-tu que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur? — Vos dieux ! Ce ne sont que des démons ; il n'y a qu'un DIEU Créateur, un JÉSUS-CHRIST, Fils de DIEU, dont le règne est éternel. — Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat. — Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du CHRIST, et Trajan irrité, le fait conduire en prison. 

« Quel honneur pour moi, SEIGNEUR, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de vous !» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux. L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace : « Je ne sacrifierai point ; je ne crains ni les tourments ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à DIEU. » 

Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe, il fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration : « Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de DIEU ; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de JÉSUS-CHRIST. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon DIEU. 

Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de JÉSUS-CHRIST. » 

Quel langage et quel amour! Saint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de JÉSUS jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os, qui furent transportés triomphalement à Antioche (an 107). 

Pratique : Appliquez-vous à un tendre et ardent amour pour JÉSUS-CHRIST.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

8 Janvier : SAINT CLAUDE APOLLINAIRE, Évêque d'Hiéraple

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Claude Apollinaire évêque d'Hiéraple, en Phrygie, fut une des plus brillantes lumières de l'Église au second siècle. Il ne nous reste plus rien de ses écrits, ni aucune histoire de sa vie ; mais l'éloge que les anciens auteurs font de lui ne permet pas de douter qu'il n'ait eu toutes les vertus qui caractérisent les saints évêques. 

Les hérétiques trouvèrent toujours en lui un ennemi redoutable ; il composa de savants traités où il réfutait sans réplique leurs systèmes impies, et afin de leur ôter tout subterfuge, il montrait dans quelle secte de philosophes chacun d'eux avait puisé ses erreurs. 

Le saint pasteur, attristé des ravages que la persécution faisait parmi son troupeau, ne se contenta pas d'en gémir devant DIEU: il osa prendre ouvertement la défense des chrétiens, dont le paganisme avait juré d'anéantir la religion. 

Il fit l'apologie du christianisme et l'adressa à l'empereur Marc-Aurèle, vers l'an 177. Il anéantissait dans cet ouvrage tous les prétextes dont les idolâtres couvraient leur injuste acharnement contre les disciples de JÉSUS-CHRIST ; il implorait ensuite la clémence du prince en faveur des chrétiens ; il rappelait à l'empereur que, de son aveu même, c'était aux prières de la légion chrétienne -appelée depuis Fulminante- avait dû une pluie abondante par laquelle son armée, mourante de soif, avait retrouvé force et courage pour vaincre des ennemis prêts à l'écraser. 

Il paraît que l'empereur Marc-Aurèle reçut favorablement cet ouvrage, aussi éloquent que solide, et qu'il arrêta pour le moment la fureur des ennemis de la religion chrétienne. Ce qui le ferait croire, c'est que Saint Apollinaire ne fut point inquiété dans l'exercice de son zèle et qu'il gouverna son église en paix jusqu'au moment où il plut à DIEU de le retirer de ce monde, vers l'an 180. 

Le grand mérite de ce courageux pontife est d'avoir en même temps soutenu la foi de son troupeau, combattu sans relâche les ennemis de la vérité chrétienne et affronté, pour la gloire de DIEU et le salut de l'Église, la puissance d'un prince persécuteur. 

Voilà bien un successeur des apôtres, comme eux ne craignant que DIEU, et pouvant dire avec eux : "La parole de DIEU doit être libre et ne peut être enchaînée; il nous est impossible de nous taire"

A notre époque de lâcheté générale, où le respect humain fait tant de victimes, faisons œuvre de courage, montrons la liberté des enfants de DIEU. Combien de chrétiens ont la faiblesse de rougir et de se taire, quand la religion est indignement attaquée en leur présence ! Combien se cachent pour accomplir leurs devoirs et n'osent manifester au grand jour les sentiments qui les animent ! Pour nous, ne craignons qu'une chose : le péché! 

Pratique : Ne rougissez jamais de JÉSUS-CHRIST; affirmez votre foi.

       "Ô Marie conçue sans péché, 
 priez pour nous qui avons recours à Vous"

mardi 6 janvier 2026

7 Janvier : SAINT LUCIEN, Prêtre et Martyr / SAINT RAYMOND DE PENNAFORT

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 
qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint François de Sales)


Samosate, ville de la Syrie, fut la patrie de Saint Lucien; il reçut de ses pieux parents une excellente éducation, mais il eut le malheur de les perdre à l'âge de douze ans. N'ayant plus aucune attache au monde, il vendit ses biens, se fit moine et n'ambitionna qu'une gloire : celle de consacrer ses grands talents et sa vie entière à la connaissance des saintes Écritures et à la défense de la vraie foi. 

Bientôt une école se forme autour de son nom à Antioche, et bon nombre de jeunes gens viennent chercher près de lui les leçons de la science et de la vertu. Son zèle émeut les ennemis de la religion de JÉSUS-CHRIST ; il est arrêté par ordre de l'empereur Maximin et passe neuf ans dans un cachot. 

Là il trouve le moyen d'écrire des lettres aux habitants d'Antioche pour les consoler et pour les affermir; il compose une savante apologie de la religion, qu'il ose présenter à ses juges. L'empereur essaye lui-même de vaincre ses résistances. Après avoir employé en vain les plus séduisantes promesses, il l'expose à la dent des bêtes féroces; il lui fait subir les divers supplices de la roue, du chevalet, du feu, et d'autres encore; chaque tourment aboutit à une miraculeuse victoire. 

Le héros chrétien est reconduit en prison, où il passe quatorze jours dans les privations et les souffrances. L'Épiphanie approchait, et DIEU fournit à son martyr la force et les moyens de la célébrer; il n'y avait point d'autel, et le cachot infect n'était point approprié au sacrifice : « Ma poitrine, dit le Saint à ses disciples inquiets, servira d'autel, et vous qui m'entourez, vous formerez le temple qui nous dérobera aux regards profanes. » 

Une dernière fois, Lucien est appelé devant le tyran, qui l'interroge : « Quelle est ta patrie? — Je suis chrétien ! — Quelle est ta profession? — Je suis chrétien! — Qui t'a donné le jour? — Je suis chrétien! » Est-il rien de plus sublime que cette réponse? Elle fut bientôt suivie de la récompense, car  Lucien, jeté à la mer après avoir été attaché à une pierre énorme, consomma ainsi son sacrifice. 

Mais DIEU veille sur ses martyrs; quatorze jours après, un dauphin rapporta son corps sur le rivage, et il reçut les honneurs dus aux soldats de JÉSUS-CHRIST. 

La vie du chrétien est un combat; ses bourreaux sont les ennemis de son âme ; qu'il se souvienne de son baptême et de sa foi, qu'il se dise en toutes les circonstances difficiles : « Je suis chrétien ! » C'est le cri de la victoire. — Une des grandes plaies de notre temps, c'est l'ignorance religieuse. Ne nous contentons pas de nous instruire nous-mêmes avec soin des vérités chrétiennes; mais cherchons, par tous les moyens qui sont en notre pouvoir, à en répandre la connaissance et l'amour autour de nous. Ne soyons pas seulement des chrétiens éclairés, soyons des apôtres. 

Pratique. Mettez beaucoup d'ardeur à étudier et à connaître les enseignements de la foi. 

======================================

SAINT RAYMOND de PENNAFORT
(1175-1275) 



Saint Raymond vint au monde l'an 1175, au château de Pennafort, en Espagne, et brilla non moins par sa vaste science que par ses vertus; il se fit même, dans l'enseignement du droit ecclésiastique, une réputation extraordinaire. Chargé par le souverain Pontife des plus hautes missions apostoliques et scientifiques, il dépassa partout les espérances qu'on avait conçues de lui. 
Raymond étant entré dans l'Ordre de Saint-Dominique peu après la mort du saint fondateur; il devint général de cet Ordre. DIEU confirma par des miracles ses éclatantes vertus.

Dans une nécessité pressante, il fit cinquante-trois lieues marines sur l'Océan, n'ayant pour navire que son manteau. Appelant DIEU à son aide, il étendit, en effet, son manteau sur les flots, prit son bourdon à la main, fit le signe de la Croix, posa résolument le pied sur son frêle radeau et pria son compagnon de venir le rejoindre, après avoir fait un nouveau signe de Croix; mais celui-ci sentit sa foi défaillir et préféra la sécurité du port aux hasards d'une telle embarcation. Le Saint releva en haut la moitié du manteau en guise de voile et l'attacha au noeud de son bâton, comme au mât d'un navire. Un vent favorable ne tarda pas à se lever et le poussa en pleine mer, pendant que les matelots sur le rivage se regardaient muets de stupeur. 

Six heures après, Raymond débarqua dans le port de Barcelone, se revêtit de son manteau aussi sec que s'il l'eût tiré de l'armoire, et, reprenant son bourdon, se dirigea droit vers le couvent. Les portes en étaient fermées; néanmoins il entra, apparut soudain au milieu de ses frères et se jeta aux pieds du prieur pour lui demander sa bénédiction. Ce prodige inouï se répandit bientôt dans toute la ville, car plusieurs personnes avaient été témoins de son débarquement.

La prière du saint religieux était continuelle et presque toujours accompagnée d'abondantes larmes. NOTRE SEIGNEUR  lui avait donné pour familier un de Ses anges qui le réveillait à propos, pour lui permettre de vaquer à l'oraison. Il ne montait jamais à l'autel sans avoir confessé ses plus légères fragilités. Il disait souvent: "Les jours où de graves empêchements m'ont privé de la sainte Messe ont toujours été pour moi des jours de deuil et d'affliction." 
Il employa les trente-cinq dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort. 

Pratique : Ayez une grande foi ; la foi accomplit des merveilles.

                                     "Ô Marie conçue sans péché, 

                         priez pour nous qui avons recours à Vous"