lundi 16 mars 2009

16 MARS - SAINT ABRAHAM, Ermite

ABRAHAM naquit en Mésopotamie, près d'Édesse, en l'an 300. Ses parents, qui étaient fort riches, le forcèrent à contracter mariage avec une fille de noble naissance; mais, avant que les fêtes des noces ne fussent terminées, le jeune homme, saisi d'une inspiration divine, s'enfuit et se cacha, à quelque distance de là, dans une cellule solitaire.

Après dix-huit jours de recherches infructueuses, ses parents le trouvent dans cette retraite, plongé dans la contemplation et la prière, et ils sont si touchés de ses suppliantes paroles, qu'ils font le sacrifice de leur cher fils et le laissent suivre sa vocation.

Dès lors le nouvel ermite fait murer sa cellule, pour n'avoir plus de communication avec le monde, et il ne laisse qu'une toute petite fenêtre, pour recevoir la nourriture qu'on lui apportera à certains jours.

Il y avait dix ans qu'il menait eu ce lieu une vie tout angélique, quand il apprit la mort de ses parents. Son cœur était trop détaché des biens périssables pour qu'il songeât à les reprendre ; il pria donc un ami sûr de vendre tout son héritage et d'en distribuer le prix aux pauvres.

Dès lors il se donna plus que jamais à DIEU : une tunique de poils de chèvre et un manteau pour se couvrir, une natte pour se coucher, un plat pour manger, telle fut toute sa fortune; mais, pauvre des trésors terrestres, combien il s'enrichit des biens célestes !

Saint Ephrem nous dit de lui qu'il ne se relâcha jamais en rien. Il ne passa pas un seul jour sans verser des larmes; que, malgré ses austérités, il conserva toujours la fraîcheur de son visage et la vigueur de son corps ; enfin que, durant cinquante ans, il ne changea jamais la tunique de poils de chèvre dont il était vêtu, et même qu'elle servit à d'autres après sa mort.

Mais voici que ce solitaire va devenir apôtre. Il y a près d'Édesse un village païen impossible à convertir. L'évêque appelle Abraham à son secours ; il le force à quitter sa retraite, l'ordonne prêtre et lui dit : "Allez, je compte sur vous pour faire de ce peuple endurci un peuple de chrétiens".

Le Saint se met à l'œuvre, bâtit une église, renverse les idoles, prêche la foi. A trois fois différentes, il est roué de coups de bâtons, écrasé de pierres, laissé pour mort; mais la prière ranime ses forces, et il se relève pour prêcher encore JESUS-CHRIST.

Ces prodiges, cette persévérance, font réfléchir le peuple rebelle ; on se dit : "Le DIEU de cet homme ne peut être que le vrai DIEU. » Tous reçoivent enfin le baptême, et l'apôtre, redevenant moine, court, malgré le désespoir de son troupeau, retrouver sa chère solitude, où sa vertu grandit chaque jour jusqu'à sa mort. Il mourut âgé de 76 ans, le 16 mars 376.

Pratique. Soyez toujours prêt à suivre la voie de l'obéissance, et ne cherchez que la volonté de DIEU.

dimanche 15 mars 2009

SAINT CLEMENT-MAIRE HOFBAUER, L'apôtre de Vienne / SAINTE LOUISE DE MARILLAC, Fondatrice d'Ordre

SAINT CLÉMENT-MARIE HOFBAUER
L' Apôtre de Vienne
(1751-1820)

SAINT CLEMENT-MARIE HOFBAUER est né le 26 décembre 1751 à Tasswitz en Moravie et dut le jour à de très pieux et simples parents. Son père, un boucher était tchèque, sa mère était allemande. Après la mort prématurée de son père, la mère conduisit Clément-Marie devant un crucifix et lui dit: "Le SAUVEUR est maintenant ton père! Prends soin de marcher sur le chemin qui Lui agrée!"

Apprenti boulanger, serviteur de couvent et étudiant, il s'efforçait sans cesse de se rapprocher de son grand but: être prêtre. Au cours d'un pèlerinage à Rome, il fit la connaissance des Rédemptoristes et entra dans cet Ordre.

En 1785, le Saint fut ordonné prêtre, et après deux ans d'études supplémentaires, comme il était impossible sous le régime du joséphisme de fonder un couvent à Vienne, il alla à Varsovie, où il s'occupa très activement de l'Église nationale allemande de Saint-Benno de 1787 à 1808, surtout comme confesseur allemand. Dans cette église, on prêchait une sorte de Mission perpétuelle.

Tous les jours on y prêchait deux fois en allemand et deux fois en polonais. Il considérait l'incertitude religieuse, si largement répandue, comme l'obstacle le plus redoutable au renouvellement intérieur. C'est pourquoi il était infatigable quand il s'agissait de prêcher la parole de DIEU.

Des collaborateurs s'empressaient de venir à lui, et avec eux, il put fonder de nouveaux établissements de son Ordre et multiplier son activité missionnaire. Hofbauer, le propagateur de l'Ordre du Très Saint Rédempteur de ce côté des Alpes, est vénéré par l'Ordre comme son second fondateur.

De nombreuses guerres avaient amené à Varsovie la pauvreté et la misère de la population. Le Saint déploya une grande activité charitable, fonda un orphelinat, une école populaire pour 350 enfants pauvres, un lycée.

Sur l'ordre du gouvernement de Paris, il fut conduit avec ses compagnons à la forteresse de Küstrin, en 1808, et transféré à Vienne après quatre semaines de détention. Là, ce n'étaient pas seulement des gens du peuple qui assiégeaient son confessionnal -- car ils le vénéraient comme le père des pauvres -- mais des fonctionnaires influents et des hommes d'État du Congrès de Vienne, des savants connus et des artistes.

C'est avant tout l'influence de Hofbauer qui fit échouer au Congrès le projet d'une église nationale allemande détachée de Rome, proposée par Wessenberg, et qui fit rapporter la législation du joséphisme. Le Saint mourut à Vienne le 15 mars 1820.
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SAINTE LOUISE de MARILLAC


SAINTE LOUISE DE MARICLLAC perdit sa mère dès sa première enfance et son père à l'âge de treize ans. Son attrait pour la piété et la pénitence la portait vers la vie cloîtrée des Clarisses. Mais la faiblesse de sa santé la retint dans le monde. Son isolement et les instances de sa famille l'engagèrent dans les liens du mariage.

Devenue veuve au bout de quelques années, elle put enfin suivre entièrement les aspirations à la vie d'oraison, d'austérité, et de dévouement qui ne l'avaient jamais quittée.

Sous la direction de saint Vincent de Paul, elle fut chargée d'abord de visiter, d'activer et de multiplier les Confréries de Charité qu'il avait établies à Paris et aux alentours. Mais l'action passagère de ces Confréries ne suffisait pas à guérir des misères continuelles.

Louise de Marillac, de concert avec son sage et zélé directeur, s'adjoignit donc quelques filles dévouées qui se consacrèrent entièrement au service des pauvres et des malades, ainsi qu'à l'instruction chrétienne de l'enfance.

C'était le grain de sénevé qui deviendrait un grand arbre, sous le nom de Compagnie des Filles de la Charité, et qui étendrait ses rameaux sur toutes les misères humaines. Aussi le saint directeur disait-il un jour à Louise de Marillac et à ses filles:

"Courage, mes filles, si vous êtes fidèles à DIEU Il vous fera la grâce de faire de grandes choses dont on n'a jamais ouï parler. Ne le voyez-vous pas déjà? Avait-on jamais entendu dire que des filles allassent servir de pauvres criminels? Avait-on vu des filles se donner au service des pauvres enfants abandonnés? A-t-on jamais ouï dire que des filles se soient données à DIEU pour servir des fous...? Avez-vous jamais ouï dire, écrivait-il un autre jour à Louise de Marillac, que des filles aient été aux armées pour soigner les blessés?"

Toutes ces oeuvres extérieures de charité, inouïes jusqu'alors, ne pouvaient procéder que d'une intense charité intérieure, comme cette charité elle-même ne pouvait naître que d'une foi extraordinairement vive chez Louise de Marillac. C'est là, en effet, ce qui soutenait ses forces corporelles, toujours chancelantes.

Aussi le Pape Pie XI déclarait-il, en proclamant les miracles de notre sainte, que les plus grands de tous étaient ceux de sa vie, de ses oeuvres, et de sa postérité, composée aujourd'hui de quarante mille religieuses.
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samedi 14 mars 2009

14 MARS - SAINTE MATHILDE, Impératrice d'Allemagne

SAINTE MATHILDE eut pour ancêtres et pour descendants des princes remarquables, des héros fameux et de grands saints.

Elle naquit dans les dernières années du IXe siècle. Sa mère, après la mort de son époux, quitta le monde et entra dans un monastère avec sa toute petite fille ; c'est là que Mathilde fut élevée par des religieuses, sous les yeux maternels.

Cette éducation produisit des fruits merveilleux, et l'on ne savait ce qu'il fallait admirer davantage en elle, de sa beauté, de ses progrès dans les sciences ou de son habileté dans les travaux délicats de son sexe.

Le duc Othon de Saxe, ravi de tant de belles qualités, rehaussées par une piété rare, la demanda en mariage pour son fils Henri, qui peu d'années après devenait empereur d'Allemagne, sous le nom d'Henri 1er.

Ce prince était digne d'une telle épouse. Rarement époux eurent une si noble famille : Othon, leur fils aîné, devint empereur et mérita le titre de grand; Brunon fut archevêque de Cologne, et l'Église l'a mis au rang des saints ; une de leurs filles fut reine de France.

Mais la gloire de Mathilde, c'est avant tout sa sainteté. DIEU rompit bientôt les liens de ce mariage, dont l'amour divin était l'âme et dont les saintes œuvres étaient la joie; Henri mourut jeune encore, malgré les soins dévoués de sa sainte épouse, et sa mort fut pour Mathilde l'objet d'une longue et profonde douleur.

Dès lors le monde ne fut plus rien pour elle, et elle ne s'occupa que de sa sanctification. L'oraison, les jeûnes, l'aumône, la mortification, remplirent sa vie, et les nuits suppléaient à la brièveté des jours pour prolonger ses colloques intimes avec JESUS-CHRIST.

Elle avait coutume de réciter tout le psautier avant le premier chant du coq. Les pauvres recevaient ses premières et ses dernières visites ; elle savait si bien suffire à toutes leurs nécessités, qu'ils n'avaient qu'une voix pour l'appeler leur mère.

L'épreuve est le creuset de la vertu. DIEU en ménagea une grande à sa fidèle servante, dans l'exil que lui imposa l'empereur son fils, prévenu contre elle ; mais ce coup douloureux, qu'elle supporta avec une angélique patience, fut bientôt suivi d'une éclatante réparation.

Peu de temps avant sa mort, Mathilde se retira dans un couvent pour se préparer à la mort. On la vit descendre au rang des simples religieuses, remplir avec joie les plus viles fonctions, et donner à toute la communauté l'exemple d'une régularité parfaite.

Elle mourut couchée sur un ciliée recouvert de cendres, le 14 mars 968, disant ces belles paroles : "C'est ainsi qu'une chrétienne doit mourir."

Pratique. Appliquez-vous à l'égalité d'humeur dans l'épreuve comme dans la prospérité.

vendredi 13 mars 2009

13 MARS - SAINTE EUPHRASIE, Vierge

SAINTE EUPHRASIE née vers l'an 382, était de race royale, et son père occupait l'une des charges les plus importantes à la cour de Constantinople. Après la mort de ses saints parents, elle renonça à une brillante alliance, et fit distribuer aux pauvres ses immenses richesses, afin que, délivrée des soucis de la terre, elle ne pensât plus qu'à servir JESUS-CHRIST.

C'est un monastère de la Thébaïde qui eut la joie de la recevoir, et elle en devint bientôt, malgré sa jeunesse, l'édification et le modèle. Dès sa douzième année, elle pratiqua les jeûnes du monastère et ne mangea qu'une fois le jour; plus tard, elle demeura jusqu'à deux et trois jours sans prendre de nourriture ; elle put même parfois jeûner sans manger une semaine entière.

Les occupations les plus viles avaient sa préférence : cette fille de prince balayait le couvent, faisait le lit de ses sœurs, tirait de l'eau pour la cuisine, coupait du bois, et faisait tout cela avec une joie parfaite.

Pour éprouver son obéissance, l'abbesse lui commanda un jour de transporter d'un endroit du jardin à l'autre d'énormes pierres que deux sœurs ensemble pouvaient à peine mouvoir. Elle obéit sur-le-champ, saisit les pierres les unes après les autres et les transporta sans difficulté au lieu indiqué.

Le lendemain, elle dut les reporter à leur première place. Pendant trente jours on l'employa au même travail, sans qu'on pût remarquer sur son visage aucune marque d'impatience.

Le démon, furieux de voir tant de vertu dans une frêle créature, lui fit une guerre acharnée. Un jour, il la jetait dans le puits où elle tirait de l'eau ; une autre fois il la précipitait d'un troisième étage, ou encore il la renversait sur la chaudière d'eau bouillante où elle faisait cuire le maigre repas de ses sœurs; mais la jeune sainte appelait JESUS à son secours et se riait des vains efforts de satan.

Les attaques les plus terribles furent celles où le malin esprit lui représentait, pendant son sommeil, les vanités et les plaisirs du siècle qu'elle avait quittés ; mais elle en triomphait par un redoublement de mortifications et par le soin de découvrir à son abbesse tous les pièges de son infernal ennemi.

L'existence d'Euphrasie était un miracle perpétuel ; car malgré ses effrayantes austérités elle n'était jamais malade, et son teint ne perdit rien de sa beauté ni de sa fraîcheur. Pendant une année entière on ne la vit jamais s'asseoir, et elle ne prit qu'un peu de sommeil sur la terre nue.

Il n'est pas étonnant que DIEU lui ait accordé de guérir les sourds-muets et de délivrer les possédés. Sa bienheureuse mort arriva en 412 ; elle avait trente ans : mais, malgré sa jeunesse, elle était mûre pour le Ciel et digne d'entrer dans la joie de son Époux.

Pratique. Ayez une entière ouverture de conscience envers le directeur de votre âme.

jeudi 12 mars 2009

12 MARS - SAINT GREGOIRE LE GRAND, Pape

C'est à bon droit que cet illustre Pape est appelé le Grand; il fut, en effet, grand par naissance, — fils de sénateur, neveu d'une sainte, la vierge Tarsille ; — grand par sa science et par sa sainteté ; — grand par les merveilles qu'il opéra ; — grand par les dignités de cardinal, de légat, de pape, où la Providence et son mérite relevèrent graduellement.

II était né à Rome vers l'an 540. GREGOIRE occupa quelque temps la première magistrature de Rome ; mais bientôt la cité qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital.

Il n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue. Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie même fut compromise.

On connaît ce fait touchant de sa vie de moine: Passant un jour sur le marché, il vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient Angles, c'est-à-dire du pays d'Angleterre, qui n'avait pas encore reçu la foi ; "Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon."

II se rendit aussitôt au palais du pape et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir. Le Souverain Pontife étant venu à mourir, Grégoire, malgré sa fuite à l'aide d'un déguisement, dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers.

L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l'apôtre. Grégoire s'est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur et que nous sommes heureux de lire encore aujourd'hui.

Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église. Purifié par la souffrance, Grégoire mourut le 12 mars 604. On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille : symbole de sa science inspirée. Il est regardé comme le patron des chantres.

Pratique. Soyez humble comme ce grand pape, qui le premier s'appela « le serviteur des serviteurs de DIEU».

mercredi 11 mars 2009

11 MARS - SAINT EULOGE, Prêtre

SAINT EULOGE
Prêtre

EULOGE, né à Cordoue, au commencement du IXe siècle, appartenait à l'une des plus illustres familles de cette ville ; mais sa principale noblesse était celle de la science et de la vertu, et il fut, sans aucun doute, la première gloire de l'Espagne à cette époque.

Les Maures avaient envahi sa patrie et persécutaient le nom chrétien. Euloge, sans jamais faiblir, lutta avec persévérance contre leur influence perverse et contre les chrétiens traîtres et perfides qui cherchaient à entraîner leurs frères dans une honteuse apostasie.

Que d'âmes durent à son zèle ardent, à ses éloquents écrits, à ses exhortations enflammées, de demeurer fidèles à JESUS-CHRIST ! C'est surtout grâce à lui que l'on vit une nouvelle et magnifique floraison de victimes immolées pour la foi, fleurs parfumées qui embaumèrent le jardin de l'Église et furent plus tard pour l'Espagne la source de grandes bénédictions.

Euloge lui-même recueillit les noms et les actes de ces généreux martyrs. Mais il allait bientôt, lui aussi, se joindre à eux et conquérir la couronne glorieuse qu'il avait méritée à tant d'autres. Le premier soin du savant prêtre, quand il comparut devant son juge, fut de lui exposer avec vigueur les impostures et les erreurs de Mahomet, et de l'engager à se faire lui-même disciple de JESUS-CHRIST, unique Sauveur du monde.

Furieux d'une si sainte audace, le juge ordonne de le frapper à coups de fouets jusqu'à ce qu'il expire : "Vous auriez bien plutôt fait, lui dit Euloge, de me condamner à mourir par le glaive, car sachez bien que je suis prêt à mourir plusieurs fois pour JESUS-CHRIST. "

Conduit devant le conseil du prince musulman, le vaillant prêtre se mit encore à prêcher hardiment l'Évangile avec tant de véhémence, que, pour échapper à ses arguments victorieux, on se hâta de le condamner à avoir la tête tranchée.

Comme on le conduisait au supplice, l'un des soldats lui donna un soufflet ; Euloge, se souvenant des enseignements de son divin Maître, tendit l'autre joue sans se plaindre, et le misérable osa le frapper de nouveau. Quand le Saint fut arrivé au lieu du supplice, il pria à genoux, étendit les mains vers le ciel, fit le signe de la croix et unit ses souffrances et son martyre aux souffrances et à la mort de NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST sur la croix-, puis il tendit sa tête au bourreau et consomma son sacrifice, le 11 mars 859.

Les fidèles rachetèrent du bourreau la tête de Saint Euloge, et donnèrent à son corps une sépulture honorable. Un ami du saint prêtre écrivit son histoire, qui demeure comme l'un des plus précieux monuments parmi tant d'autres qui rappellent l'héroïsme des martyrs.

Pratique. Ne manquez jamais une occasion de faire pénétrer quelque sainte vérité au cœur de vos frères. C'est peu de vous sauver seul; gagnez des âmes à JESUS-CHRIST.

mardi 10 mars 2009

10 MARS - LES QUARANTE MARTYRS DE SEBASTE


L'empereur Licinius ayant ordonné que toute son armée sacrifiât aux dieux, quarante soldats de la LEGION FULMINANTE, alors campée à Sébaste, en Arménie, refusèrent de trahir la foi de leur baptême et n'eurent tous qu'une réponse aussi simple que sublime : « Nous sommes Chrétiens ! »

Ni la douceur ni les menaces ne peuvent les gagner, et après quelques jours de prison ils sont conduits au supplice.

On était en plein hiver. Il y avait près de la ville un étang couvert de glace; le gouverneur donna l'ordre d'y exposer nus les quarante soldats pendant toute une nuit. Les saints martyrs, joyeux de souffrir pour JESUS-CHRIST, disaient : « II est bien difficile, sans doute, de supporter un froid si aigu; mais ce sera une chose douce d'aller en paradis par ce chemin ; le tourment est de peu de temps, et la gloire sera éternelle ; cette nuit cruelle nous vaudra une éternité de délices. SEIGNEUR, nous entrons quarante au combat, faites que nous soyons quarante à recevoir la couronne. »

Qui pourrait imaginer les tortures endurées par ces hommes héroïques sur leur lit de glace? La seule pensée en fait frémir. Au milieu de la nuit, un des combattants se laissa vaincre par l'intensité du froid, il abandonna le poste d'honneur et vint se jeter dans le bassin d'eau tiède préparé à dessein ; mais la brusque transition de température le suffoqua, il expira aussitôt, perdant à la fois la vie de la terre et la vie du ciel : fin doublement misérable, qui ne servit qu'à fortifier tous les autres martyrs dans leur inébranlable résolution de souffrir jusqu'à la mort.

En ce moment, une brillante lumière inonda la surface glacée; l'un des gardiens, ébloui par cette céleste clarté, leva les yeux et vit des Anges descendre du ciel, tenant à la main des couronnes suspendues au-dessus de la tète des généreux martyrs; mais la quarantième couronne était sans destination : "Elle sera pour moi," se dit-il, et quittant ses vêtements, il alla remplacer sur la glace le malheureux apostat, en s'écriant : « Je suis chrétien ! »

Admirons ici les justes et incompréhensibles jugements de DIEU, et sachons trouver dans ce fait si extraordinaire une leçon de confiance en DIEU et de défiance de nous-mêmes. Le lendemain matin, les martyrs respiraient encore ; le gouverneur leur fit briser les jambes et ordonna de les jeter dans un bûcher ardent.

Le plus jeune d'entre eux, Méliton, était encore plein de vie; mais, aidé des exhortations de son héroïque mère, il résista à toutes les sollicitations des bourreaux, et consomma dans le feu son sacrifice avec ses glorieux compagnons.

C'était en l'an 320. Leurs corps furent brûlés, et leurs ossements jetés dans une rivière ; mais ils flottèrent sur l'eau et furent recueillis avec vénération par les fidèles.

Pratique. Demandez souvent à DIEU la grâce insigne de la persévérance finale.

lundi 9 mars 2009

09 MARS - SAINTE FRANCOISE ROMAINE, Veuve



SAINT FRANCOIS ROMAINE
Veuve
(1384-1440)

SAINTE FRANCOISE ROMAINE naquit à Rome en 1384, d'une famille très ancienne et non moins illustre. Son enfance, passée dans le recueillement et dans l'union avec DIEU l'avait disposée à se consacrer à Jésus-Christ; mais DIEU permit que ses parents l'engageassent, malgré ses goûts, dans le mariage, pour donner aux personnes mariées un admirable modèle à imiter.

Sa maison fut l'école de toutes les vertus chrétiennes. Aimable pour tous, on ne sait laquelle fut la plus parfaite, de l'épouse, de la mère, de la maîtresse ; époux, enfants, domestiques la vénéraient et l'aimaient. Les obligations de son état n'étaient jamais sacrifiées au bonheur de prier DIEU, et elle en reçut la récompense ; car, un jour qu'elle avait été obligée de s'interrompre quatre fois pendant la récitation du même verset de son office, elle retrouva le verset écrit en lettres d'or.

Elle obtint de son mari, au bout de quelques années de mariage, de vivre en sa maison comme une véritable religieuse. Plus tard, son mari étant mort, elle put rejoindre les Sœurs Oblates qu'elle avait fondées et avec qui elle avait vécu jusque-là en communauté d'œuvres et de prières.

Parmi toutes les choses étonnantes de la vie de sainte Françoise Romaine, on peut signaler surtout la présence ordinaire et visible de son ange gardien, et les luttes terribles qu'elle eut à soutenir contre le démon. Outre son ange gardien, DIEU lui avait donné un ange chargé de la punir ; cet ange était sévère, car à la moindre faute il la frappait, même en public.

L'ange restait invisible, mais les coups étaient entendus de tous. Ainsi, quelques personnes tenant un jour devant elle une conversation frivole, DIEU inspira à la sainte de les interrompre, et comme elle hésitait, elle reçut sur la joue un rude soufflet. Souvent, alors qu'elle était à genoux devant une statue de la Sainte Vierge, son ange s'approchait et continuait avec elle la prière.

On représente généralement Sainte Françoise avec un ange à côté d'elle. Plus d'une fois l'ange dévoué eut à chasser les démons, qui ne cessaient de harceler la servante de DIEU. Une nuit, pendant qu'elle priait, le diable la prit par les cheveux, et, la portant sur la terrasse de la maison, la suspendit au-dessus de la rue; mais DIEU la remit en sûreté dans sa cellule.

D'autres fois, elle était traînée violemment; l'ennemi du salut prenait toutes les formes pour la tromper ou l'épouvanter ; le calme de Françoise excitait son dépit et le mettait en fuite. L'âme de Françoise s'envola vers les cieux le 9 mars 1440. Elle était âgée de cinquante-six ans : elle en avait passé douze en la maison de son père, quarante dans le mariage et quatre en religion.

Pratique. Vivez dans une confiante et respectueuse familiarité avec votre Ange gardien.

dimanche 8 mars 2009

08 MARS - SAINT JEAN DE DIEU, Fondateur des Frères de la Charité

SAINT JEAN DE DIEU naquit au Portugal, le 8 mars 1495, de parents pauvres, mais chrétiens. Sa jeunesse, à la différence de celle de la plupart des saints, fut très orageuse. Agé de huit ans, il suivit, à l'insu de ses parents, les traces d'un voyageur qui se rendait à Madrid ; mais il se perdit et fut réduit à se faire le valet d'un berger.

Plus tard, il s'enrôla dans l'armée de Charles-Quint et subit l'entraînement du mauvais exemple. Il ne fallut pas moins qu'un coup de la Providence pour l'arracher au péril.

Après quelques nouvelles aventures, il apprit la nouvelle de la mort de sa mère et résolut de se convertir. Il tint parole, et dès lors il passa la plus grande partie de ses jours et de ses nuits dans la prière et la pénitence, exerçant à toute occasion, malheureux lui-même, la charité envers les malheureux.

Ce ne fut point là toutefois le terme de ses pérégrinations incertaines ; il cherchait sa voie, il ne la trouva que plus tard, alors qu'il avait déjà quarante-cinq ans.

Il s'établit à Grenade, s'y livra à quelque commerce et employa ses économies et les dons de la charité à la fondation d'un hôpital qui prit bientôt de prodigieux accroissements. On vit bien alors que cet homme, traité partout d'abord comme un fou, était un saint.

Pour procurer des aliments à ses nombreux malades, Jean, une hotte sur le dos et une marmite à chaque bras, parcourait les rues de Grenade en criant : « Mes frères pour l'amour de DIEU, faites-vous du bien à vous-mêmes. »

Sa sollicitude s'étendait à tous les malheureux qu'il rencontrait ; il se dépouillait de tout pour les couvrir et leur abandonnait tout ce qu'il avait, confiant en la Providence, qui ne lui manqua jamais.

Cette vie admirable est toute pleine d'innombrables traits de la plus touchante charité. Mais Jean, appelé par la voix populaire Jean de DIEU, ne suffisait pas à son œuvre; les disciples affluèrent; un nouvel Ordre se fondait, qui prit le nom de Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-DIEU, et s'est répandu en l'Europe entière.

Le soin des autres ne fit pas oublier à l'homme de la charité sa sanctification personnelle. Peu de saints ont atteint un pareil esprit de mortification, d'humilité et de mépris de soi-même. Un jour; la Mère de DIEU lui apparut, tenant en mains une couronne d'épines, et lui dit : « Jean, c'est par les épines que tu dois mériter la couronne du ciel. — Je ne veux, répondit-il, cueillir d'autres fleurs que les épines de la croix; ces épines sont mes rosés. »

Une autre fois, un pauvre qu'il soignait disparut en lui disant : « Tout ce que tu fais aux pauvres, c'est à moi que tu le fais. »

Jean de DIEU mourut le 8 mars 1550, à l'âge de cinquante-cinq ans.

Pratique.
Ne murmurez jamais contre les pauvres ; voyez en eux les membres souffrants de JESUS-CHRIST.

samedi 7 mars 2009

07 MARS - SAINT THOMAS D'AQUIN, Docteur de l'Eglise

SAINT THOMAS D'AQUIN
Docteur de l'Eglise
1226 – 1274
SAINT THOMAS D'AQUIN naquit au château de Rocca-Secca, près de la petite ville d'Aquino, dans le royaume de Naples, la même qui vit descendre au tombeau Saint François d'Assise, et Saint Louis monter sur le trône de France.

Il fut le plus grand homme de son époque et l'une des plus éclatantes lumières de l'Église dans tous les temps.

Un fait charmant de son enfance nous montre déjà en lui le prédestiné de DIEU. Il était encore au berceau, quand un jour sa nourrice voulut lui ôter de la main un papier qu'il tenait ; mais l'enfant se mit à crier. La mère survint ; piquée de curiosité, elle arrache enfin de force le papier des mains de son fils, malgré ses cris et ses larmes, et elle voit avec admiration qu'il ne contient que ces deux mots : AVE, MARIA.

Devenu plus grand, Thomas fut élevé au mont Cassin, non loin du château familial, dans la célèbre école des Bénédictins, et à l'âge de dix-huit ans, malgré ses parents, il entra chez les Dominicains, à Naples.

Sa noble et toute-puissante famille fit une guerre acharnée à sa vocation ; on employa tout pour le perdre. Arraché à son monastère, il fut jeté en prison dans une tour du château paternel, et on introduisit près de lui une courtisane pour amollir son cœur.

A la vue de la tentatrice, Thomas, sans défense, saisit dans le foyer un tison enflammé et la mit en fuite. Il se jeta ensuite à genoux et s'endormit ; pendant son sommeil, il vit les anges descendre du ciel pour le féliciter de sa victoire et lui ceindre les reins, en lui disant : "Recevez de la part de DIEU le don de chasteté perpétuelle."

Toute sa vie, il garda la plus parfaite réserve, et son confesseur put déclarer après sa mort que Thomas était mort aussi pur qu'un enfant de cinq ans. Victorieux de tous les obstacles, il put enfin suivre sa vocation et fit d'immenses progrès dans les sciences.

Silencieux an milieu de la foule des étudiants, ne conversant qu'avec DIEU, il avait reçu le surnom de Bœuf muet; mais son professeur dit un jour de lui, en public : "Vous voyez ce bœuf que vous appelez muet, eh bien ! Il fera retentir bientôt tout l'univers de ses mugissements." Cette parole était prophétique.

D'élève devenu le premier des maîtres, il illustra toutes les universités où l'obéissance le conduisit pour enseigner. Le plus grand des miracles de sa vie, ce sont les ouvrages incomparables et immenses qu'il trouva le temps d'écrire au milieu d'accablantes occupations.

Il entendit un jour JESUS-CHRIST lui adresser, du fond du tabernacle, cette parole célèbre : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. » Ce grand docteur, ami de Saint Louis, bras droit des papes, mourut à quarante - neuf ans. Les faits intéressants de sa vie demanderaient un volume entier.

Pratique. Ne passez pas un seul jour sans faire quelque lecture chrétienne.