lundi 20 décembre 2010

20 DECEMBRE - SAINT PHILOGONE, Evêque / SAINT DOMINIQUE de SILOS, Abbé

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"
Saint Philogone brilla d'abord dans le monde et se distingua dans l'éloquence du barreau. Comme il joignait à de grands talents une vie exemplaire, on l'appela, malgré ses résistances, au siège patriarcal d'Antioche.


L'état florissant de cette Église pendant son épiscopat est une preuve de son zèle et de la sagesse de son gouvernement. Saint Jean Chrysostome fait de lui les plus grands éloges ; il mourut l'an 323. 

Saint Dominique de Silos, par Bartolomé Bermejo
Saint Dominique de Silos
Abbé


Saint Dominique surnommé de Silos, à cause de son long séjour dans le monastère de ce nom, était de la souche des anciens rois de Navarre; il naquit au commencement du XIe siècle.


Il se mit à l'étude, n'ayant guère pour maître que l'ESTPRIT-SAINT. Devenu prêtre, il resta d'abord dans la maison de ses parents, puis bientôt entra dans un monastère de l'ordre de Saint-Benoît, où il brilla au premier rang par sa sainteté.


Dominique vint à Silos en 4040. Ce monastère était bien déchu de sa gloire et de sa ferveur passées.


Le moine Licinien, qui gémissait de cet état de choses, disait la sainte messe quand Dominique entra dans l'église; par une permission de DIEU, lorsque au moment de l'offertoire, il se tourna vers le peuple pour chanter : Dominus vobiscum, il chanta : Voici le restaurateur qui vient ! Et le chœur répondit : C'est le SEIGNEUR qui l'a envoyé!


L'oracle ne tarda pas à se vérifier. La charité du saint ne se concentrait point dans son monastère, qui vit bientôt luire une ère de prospérité qu'il n'avait jamais connue; mais elle s'étendait à tous les affligés.


Le don des miracles attirait au couvent des aveugles, des malades, des boiteux, et il les guérissait par centaines, comme le prouvent encore aujourd'hui les ex-voto de la chapelle où sont gardées ses reliques. Les guirlandes de chaînes, de boulets, de fers, suspendues aux voûtes, attestent sa charité spéciale pour les pauvres chrétiens captifs des Maures d'Espagne; il allait les consoler et payait leur rançon, préludant ainsi à l'œuvre de Notre-Dame-de-la-Merci.


Après de longues années de bonnes œuvres, Dominique sentit approcher le moment de la récompense, il en fut même averti par la Sainte Vierge : « J'ai passé toute la nuit avec la Reine des Anges, dit-il un jour à ses religieux; elle m'a invité à me rendre près d'Elle dans trois jours; je vais donc aller bientôt au céleste festin où Elle me convie. »


II fut, en effet, malade trois jours; ses frères virent son âme monter glorieuse au Ciel, le 20 décembre 1073.


C'est à son tombeau que la mère de saint Dominique de Guzman obtint la naissance de son fils.


Pratique: Ne vous ménagez pas pour le bien ; tout sera compté pour le ciel.


"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

20 DECEMBRE - TEMPS DE L'AVENT : "O CLAVIS DAVID"

Notre Seigneur Jésus-Christ en majesté. Ière Bible de
Charles le Chauve. Vivien. Abbaye Saint-Martin de Tours. IXe.
L'Annonce faite à Marie par saint Gabriel archange.
Maître de la Vie de Marie. Allemagne. XVe.
La Virgen de las Cuevas. F. de Zurbaran. XVIIe.

- " O Clavis David ".

" O Clavis David et sceptrum domus Israël, qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris, et umbra mortis."

" Ô Clef de David, ô sceptre de la maison d'Israël ! Qui ouvrez, et nul ne peut fermer; qui fermez, et nul ne peut ouvrir : venez et tirez de la prison le captif qui est assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort."

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Pour l’introduction de Dom Guéranger aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.

O Fils de David, héritier de son trône et de sa puissance, vous parcourez, dans votre marche triomphale, une terre soumise autrefois à votre aïeul, aujourd’hui asservie par les Gentils. Vous reconnaissez de toutes parts, sur la route, tant de lieux témoins des merveilles de la justice et de la miséricorde de Jéhovah votre Père envers son peuple, au temps de cette ancienne Alliance qui tire à sa fin. Bientôt, le nuage virginal qui vous couvre étant ôté, vous entreprendrez de nouveaux voyages sur cette même terre ; vous y passerez en faisant le bien, et guérissant toute langueur et toute infirmité, et cependant n’ayant pas où reposer votre tête. Du moins, aujourd’hui, le sein maternel vous offre encore un asile doux et tranquille, où vous ne recevez que les témoignages de l’amour le plus tendre et le plus respectueux. Mais, ô Seigneur ! il vous faut sortir de cette heureuse retraite ; il vous faut, Lumière éternelle, luire au milieu des ténèbres ; car le captif que vous êtes venu délivrer languit dans sa prison. Il s’est assis dans l’ombre de la mort, et il y va périr, si vous ne venez promptement en ouvrir les portes avec votre Clef toute-puissante ! Ce captif, ô Jésus, c’est le genre humain, esclave de ses erreurs et de ses vices : venez briser le joug qui l’accable et le dégrade ; ce captif, c’est notre cœur trop souvent asservi à des penchants qu’il désavoue : venez, ô divin Libérateur, affranchir tout ce que vous avez daigné faire libre par votre grâce, et relever en nous la dignité de vos frères.

ANTIENNE A L’ANGE GABRIEL.

O Gabriel ! Messager des cieux, qui es entré près de moi les portes fermées, et m’as dit cette parole : Vous concevrez et enfanterez ; on l’appellera Emmanuel !

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Pour l’introduction de Dom Pius Parsch aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
Les Juifs appelaient bouclier ou clef de David l’hexagone. C’était pour eux le symbole de Dieu et-de son saint nom. Ils y voyaient le signe du Messie à venir (étoile de Balaam, étoile des Mages). Le Christ est la « clef de David », car c’est lui qui donne le sens de tous les mystères et de toutes les figures de l’Ancien Testament.

Dom Adrien Nocent, Contempler sa Gloire

Pour l’introduction de Dom Nocent aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
C’est au Messie qu’il appartient d’ouvrir la porte du royaume ou de la fermer. Nous l’appelons. Qu’il vienne nous délivrer car les ténèbres et l’ombre de la mort nous environneront jusqu’au moment où le règne de Satan sera détruit à jamais.

[1] Is. 22, 22 & Apoc. 3, 7.

[2] Is. 42, 7 ; Ps. 106, 14 & Apoc. 3, 7 ; Luc. 1, 79.

 O CLAVIS DAVID sur INTROIBO     et    HODIEMECUM

dimanche 19 décembre 2010

19 DECEMBRE - SAINT URBAIN V, Pape / NEMESION, Martyr

Némésion était un fervent chrétien d'Alexandrie. Il fut arrêté vers l'an 250, comme coupable de vol; mais il lui fut facile de prouver son innocence. Ses ennemis l'accusèrent alors d'être chrétien ; il confessa généreusement sa foi et fut battu bien plus cruellement que les voleurs ; brûlé enfin avec quelques criminels, il se réjouit de trouver en ce supplice le moyen d'imiter son divin Maître.

Le Bienheureux Urbain V
Pape
1362 à 1370 (+ 1370)


Le bienheureux Urbain V, de son nom de famille Guillaume de Grimorard, naquit en 1310, au château de Grisac, près de Mende, sur un sommet des Cévennes.

Il gravit rapidement les degrés successifs de l'échelle des lettres et des sciences. La vie religieuse s'offrit alors à lui comme l'idéal qui répondait le mieux aux tendances de son esprit et aux besoins de son cœur.


Il alla frapper à la porte de l'abbaye de Saint-Victor, près de Marseille, et, à l'ombre paisible du cloître, il s'éleva chaque jour de vertu en vertu. On remarquait particulièrement en lui une tendre dévotion pour la Sainte Vierge.


La profession religieuse n'avait fait que développer son ardeur pour la science; les supérieurs crurent bientôt l'humble moine capable d'enseigner, et en effet, il illustra successivement les chaires qui lui furent confiées, à Montpellier, à Paris, à Avignon et à Toulouse.


Quelques années plus tard, après avoir été peu de temps abbé de Saint-Germain d'Auxerre, nous le trouvons en Italie, en qualité de légat du pape Clément VI, au milieu des difficultés inextricables qu'avait enfantées le grand schisme d'Occident.


C'était, à son insu, un acheminement vers la plus haute dignité qui soit au monde. Il fut élu pape en 1362 et prit le nom d'
Urbain V, parce que tous les papes qui avaient porté ce nom l'avaient illustré par la sainteté de leur vie.

C'est lui qui ajouta à la tiare papale une troisième couronne, non par orgueil, mais pour symboliser la triple royauté du pape sur les fidèles, sur les évêques et sur les États romains.


Il se proposa, en montant sur le trône de saint Pierre, trois grands projets : ramener la papauté d'Avignon à Rome, réformer les mœurs, propager au loin la foi catholique. Le retour de la papauté à Rome fut un triomphe, et les poètes la saluèrent comme l'augure d'un nouvel âge d'or.


Pendant que s'accomplissaient ces grandes œuvres,
Urbain vivait en saint, jeûnait comme un moine, et rapportait toute gloire à DIEU. Sa mort, qui arriva en décembre 1370, fut pleine d'édification.

Il demanda qu'on ouvrît les portes de son palais et qu'on permît au peuple de circuler autour de son lit : «II faut, dit-il, que le peuple puisse voir comment les papes meurent. »


Pratique:
Ne vous attribuez la gloire de rien, rapportez tout à DIEU et à sa grâce. 
 
1912 : Saint Urbain V, sur HODIEMECUM

L'Evangile du Jour sur PerIpsum     son Commentaire par Saint Thomas d'Aquin

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

19 DECEMBRE : TEMPS DE L'AVENT "O RADIX IESSE"

O radix Iesse, * qui stas in signum populórum, super quem continébunt reges os suum, quem Gentes deprecabúntur : veni ad liberándum nos, iam noli tardáre.

O Racine de Jessé, * qui êtes comme l’étendard des peuples, devant qui les rois fermeront leur bouche, et dont les Nations imploreront le secours : venez nous délivrer, maintenant ne tardez plus. 

  
Pour l’introduction de Dom Guéranger aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
Vous voici donc en marche, ô Fils de Jessé, vers la ville de vos aïeux. L’Arche du Seigneur s’est levée et s’avance, avec le Seigneur qui est en elle, vers le lieu de son repos. « Qu’ils sont beaux vos pas, ô Fille du Rot, dans l’éclat de votre chaussure » [4], lorsque vous venez apporter leur salut aux villes de Juda ! Les Anges vous escortent, votre fidèle Époux vous environne de toute sa tendresse, le ciel se complaît en vous, et la terre tressaille sous l’heureux poids de son Créateur et de son auguste Reine. Avancez, ô Mère de Dieu et des hommes, Propitiatoire tout-puissant où est contenue la divine Manne qui garde l’homme de la mort ! Nos cœurs vous suivent, vous accompagnent, et, comme votre Royal ancêtre , nous jurons « de ne point entrer dans notre maison, de ne point monter sur notre couche, de ne point clore nos paupières, de ne point donner le repos à nos tempes, jusqu’à ce que nous ayons trouvé dans nos cœurs une demeure pour le Seigneur que vous portez, une tente pour le Dieu de Jacob. » Venez donc, ainsi voilé sous les flancs très purs de l’Arche sacrée, ô rejeton de Jessé, jusqu’à ce que vous en sortiez pour briller aux yeux des peuples, comme un étendard de victoire. Alors les rois vaincus se tairont devant vous, et les nations vous adresseront leurs vœux. Hâtez-vous, ô Messie ! Venez vaincre tous nos ennemis, et délivrez-nous.

RÉPONS DE L’AVENT.
(Bréviaire Ambrosien, VI° Dimanche de l’Avent.)

R/. Heureux le sein de la Vierge Marie qui porta le Dieu invisible ! Celui que sept trônes ne peuvent contenir a daigne habiter en elle ; * Et elle le portait comme un léger fardeau dans son sein. V/. Le Seigneur lui a donné le trône de David son père ; il régnera dans la maison de Jacob à jamais ; son règne n’aura pas de fin. * Et Marie le portait comme un léger fardeau dans son sein.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Pour l’introduction de Dom Pius Parsch aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
Viens, délivre-nous, ne tarde plus.
Le Messie circule à travers l’histoire des rois de Juda. Les victoires d’un David sur les peuples symbolisent sa victoire libératrice sur le Golgotha et dans chacune de nos âmes. L’antienne s’inspire des deux passages d’Isaïe sur la racine de Jessé : a) le rameau (Marie) et la fleur (le Christ). La Vierge mettra au monde le Messie attendu ; b) le rameau devient un arbre de vie et un signe pour les peuples. Le petit Roi étend déjà les bras pour attirer tout le monde à lui quand il sera sur la Croix. Les rois lèvent les yeux et contemplent ce signe avec étonnement et silence.

Dom Adrien Nocent, Contempler sa Gloire

Pour l’introduction de Dom Nocent aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
C’est principalement du chapitre 11 d’Isaïe que s’inspire cette antienne. Il y voit le Messie qui se dresse comme le « signal des peuples ». On se rappelle le texte de l’Évangile de Jean : « Lorsque j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir » (Jean 12, 33). Cette mort sera un triomphe qui rendra muets les grands de la terre. Les nations païennes elles-mêmes invoqueront le Sauveur. « Ce jour-là, la racine de Jessé se dressera comme le signal des peuples. Elle sera recherchée par les nations et sa demeure sera glorieuse » (Is. 11, 10).

[1] Is. 11, 10 & Rom. 15, 12.
[2] Is. 52, 15.
[3] Habac. 2, 3 & Hebr. 10, 37.
[4] Cant. VII, 1.



"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 18 décembre 2010

18 DECEMBRE - SAINT GATIEN, Premier Evêque de Tours

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous avons recours à Vous"
SAINT GATIEN

Premier Évêque de Tours
(IIIe siècle)

Une ancienne et respectable tradition de l'Église de Tours, d'accord avec l'illustre historien des Francs, saint Grégoire de Tours, nous apprend que SAINT GATIEN, son premier évêque, a été envoyé dans les Gaules par le pape saint Fabien, en 250, avec six autres évêques.

A son arrivée, le pays de Touraine était plongé dans le paganisme et l'on ne voyait partout que les images des faux dieux. Gatien commença par montrer à ces païens l'absurdité de leur culte et l'impuissance de leurs idoles, puis il en vint à leur découvrir les mystères de la puissance et de la bonté de DIEU et révéla à leurs yeux étonnés l'incomparable figure du Sauveur et celle de sa sainte Mère.

Les conquêtes furent nombreuses; mais le démon ne laissa pas détruire son règne sans résistance ; les miracles de Gatien ne suffirent pas à lui faire pardonner ses succès, et plus d'une fois les païens endurcis jurèrent sa mort.

Traqué comme une bête fauve, l'apôtre se cachait en des grottes profondes et y célébrait les saints mystères ; une de ses retraites est devenue plus tard la célèbre abbaye de Marmoutier. Gatien, songeant à l'avenir, forma une école où de jeunes clercs apprenaient, avec les leçons de la science, celles de la vertu; il les préparait au sacerdoce et en faisait ses auxiliaires ; il les envoyait même au loin porter les lumières de l'Évangile.

Huit églises furent élevées, par les soins du courageux pontife, sur la terre de Touraine. Les travaux apostoliques de Gatien ne l'empêchaient pas de se livrer à de grandes austérités; il épuisait son corps par les jeûnes et par les veilles et se préparait par le martyre quotidien et volontaire à la couronne de gloire. Comme tous les vrais disciples du CHRIST, il aimait éperdument les pauvres, et sa charité se plaisait à soulager leurs misères. Il fit bâtir, dans un faubourg de la ville, un hôpital pour les malheureux.

C'est dans cet asile de la charité que le SAUVEUR réservait à son disciple une grâce extraordinaire. Il y avait cinquante ans que Gatien arrosait de ses sueurs le pays qu'il avait gagné à DIEU.

Un jour, accablé de fatigue, il s'était retiré dans l'hôpital des pauvres et y prenait un peu de repos, quand NOTRE-SEIGNEUR lui apparut et lui dit : « Ne crains rien, ta couronne est prête, et les saints attendent ton arrivée au ciel. »

Et le SAUVEUR administra lui-même à son disciple la sainte Communion en viatique. Sept jours après, il rendait à DIEU son âme riche en œuvres et en mérites, le 18 décembre de l'an 116. L'Église de Tours a de tout temps voué un culte enthousiaste à son premier prédicateur.

Pratique: Ne vous contentez pas de croire à l'Évangile, conformez-y votre vie, inspirez- vous constamment de ses maximes.


"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous avons recours à Vous"

18 Décembre - TEMPS DE L'AVENT : O ADONAI


O Adonái, * et Dux domus Israël, qui Móysi in igne flammæ rubi apparuísti, et ei in Sina legem dedísti : veni ad rediméndum nos in bráchio exténto.

O Adonaï, * et Conducteur de la maison d’Israël [1], qui avez apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent [2], et lui avez donné la loi sur le Sinaï : venez pour nous racheter par la puissance de votre bras.

 

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Pour l’introduction de Dom Guéranger aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.

L’antienne

O Seigneur suprême ! Adonaï ! Venez nous racheter, non plus dans votre puissance, mais dans votre humilité. Autrefois vous vous manifestâtes à Moïse, votre serviteur, au milieu d’une flamme divine ; vous donnâtes la Loi à votre peuple du sein des foudres et des éclairs : maintenant il ne s’agit plus d’effrayer, mais de sauver. C’est pourquoi votre très pure Mère Marie ayant connu, ainsi que son époux Joseph, l’Édit de l’Empereur qui va les obliger d’entreprendre le voyage de Bethléhem, s’occupe des préparatifs de votre heureuse naissance. Elle apprête pour vous, divin Soleil, les humbles langes qui couvriront votre nudité, et vous garantiront de la froidure dans ce monde que vous avez fait, à l’heure où vous paraîtrez, au sein de la nuit et du silence. C’est ainsi que vous nous délivrerez de la servitude de notre orgueil, et que votre bras se fera sentir plus puissant, alors qu’il semblera plus faible et plus immobile aux yeux des hommes. Tout est prêt, ô Jésus ! Vos langes vous attendent : partez donc bientôt et venez en Bethléhem, nous racheter des mains de notre ennemi.

L’expectation de la Sainte Vierge

Cette Fête, qui se célèbre aujourd’hui, non seulement dans toute l’Espagne, mais dans presque toutes les Églises du monde catholique [4], doit son origine aux Évêques du dixième Concile de Tolède, en 656. Ces Prélats ayant trouvé quelque inconvénient à l’antique usage de célébrer la fête de l’Annonciation de la Sainte Vierge au vingt-cinq Mars, attendu que cette solennité joyeuse se rencontre assez souvent au temps où l’Église est préoccupée des douleurs de la Passion, et qu’il est même nécessaire quelquefois de la transférer dans le Temps Pascal, où elle semble présenter une contradiction d’un autre genre, ils décrétèrent que désormais on célébrerait dans l’Église d’Espagne, huit jours avant Noël, une fête solennelle avec Octave, en mémoire de l’Annonciation, et pour servir de préparation à la grande solennité de la Nativité. Dans la suite, l’Église d’Espagne sentit le besoin de revenir à la pratique de l’Église romaine, et de toutes celles du monde entier, qui solennisent le vingt-cinq Mars comme le jour à jamais sacré de l’Annonciation de la Sainte Vierge et de l’Incarnation du Fils de Dieu ; mais telle avait été durant plusieurs siècles la dévotion des peuples pour la Fête du dix-huit Décembre, qu’on jugea nécessaire d’en retenir un vestige. On cessa donc de célébrer en ce jour l’Annonciation de Marie ; mais on appliqua la piété des fidèles à considérer cette divine Mère dans les jours qui précèdent immédiatement son merveilleux enfantement. Une nouvelle Fête fut donc créée sous le titre de l’Expectation de l’Enfantement de la Sainte Vierge.

Cette Fête, qui est appelée Notre-Dame de l’O, ou la Fête de l’O, à cause des grandes Antiennes qu’on chante en ces jours, et surtout de celle qui commence O Virgo Virginum ! (qu’on a retenue à Vêpres dans l’Office de l’Expectation, sans toutefois omettre celle du jour, O Adonaï !) est toujours célébrée en Espagne avec une grande dévotion. Pendant les huit jours qu’elle dure, on célèbre une Messe solennelle de grand matin, à laquelle toutes les femmes enceintes, de quelque rang qu’elles soient, se font un devoir d’assister, afin d’honorer Marie dans sa divine grossesse, et de solliciter pour elles-mêmes son secours. Il n’est pas étonnant qu’une dévotion si touchante se soit répandue, avec l’approbation du Siège Apostolique, dans la plupart des autres Provinces de la catholicité ; mais antérieurement aux concessions qui ont été faites sur cette matière, l’Église de Milan célébrait déjà, au sixième et dernier Dimanche de l’Avent, l’Office de l’Annonciation de la Sainte Vierge, et donnait à la dernière Semaine de ce saint temps le nom de Hebdomada de Exceptato, par corruption de Expectatio. Mais ces détails appartiennent à l’archéologie liturgique proprement dite, et sortiraient du genre de cet ouvrage ; nous revenons donc à la fête de l’Expectation de la Sainte Vierge, que l’Église a établie et sanctionnée, comme un moyen de plus de raviver l’attention des fidèles dans ces derniers jours de l’Avent.

Il est bien juste, en effet, ô Vierge-Mère, que nous nous unissions à l’ardent désir que vous avez de voir de vos yeux Celui que votre chaste sein renferme depuis près de neuf mois, de connaître les traits de ce Fils du Père céleste, qui est aussi le vôtre, de voir enfin s’opérer l’heureuse Naissance qui va donner Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre Paix aux hommes de bonne volonté. O Marie ! Les heures sont comptées, et elles s’écoulent vite, quoique trop lentement encore pour vos désirs et les nôtres. Rendez nos cœurs plus attentifs ; achevez de les purifier par vos maternels suffrages, afin que si rien ne peut arrêter, à l’instant solennel, la course de l’Emmanuel sortant de votre sein virginal, rien aussi ne retarde son entrée dans nos cœurs, préparés par une fidèle attente.

GRANDE ANTIENNE A LA SAINTE VIERGE.
O Vierge des vierges ! Comment cela se pourra-t-il faire ? Nulle autre n’a jamais été, ni ne pourra jamais être semblable à vous. — Pourquoi vous étonnez-vous de moi, filles de Jérusalem ? Ce que vous voyez est un mystère divin.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Pour l’introduction de Dom Pius Parsch aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
La seconde personne de la Sainte Trinité eut une part active à la création et c’est ce que chante la première antienne. Nous la voyons maintenant parcourir le royaume de Dieu de l’Ancien Testament. Le Christ était le « Dieu de l’alliance » du peuple élu. Il a conclu alliance avec Noë, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, il a été le guide d’Israël à travers l’histoire. L’antienne, laissant de côté les autres manifestations divines, n’en rappelle que deux : le buisson ardent et la loi sur le Sinaï. Ce sont, en même temps, deux figures de la lumière de Noël qui vient. La prière fait allusion à la délivrance de l’Égypte qui est une image de notre délivrance du joug du démon.

Dom Adrien Nocent, Contempler sa Gloire

Pour l’introduction de Dom Nocent aux Grandes Antiennes O, on se reportera ici.
Yahvé s’est fait connaître de Moïse en lui livrant son nom. Pour un Sémite, livrer son nom c’est donner pouvoir sur soi. On conçoit que le Dieu d’Israël ne puisse se livrer comme un dieu païen qu’on invoque avec la certitude quasi magique d’être exaucé. Cependant le nom « Yahvé » évoquera pour Israël toute la geste divine de la délivrance du peuple élu [5].

Nous sommes dans une atmosphère pascale ; la venue du Fils est immédiatement mise en rapport avec son rôle rédempteur.

Il semble que la dernière partie de l’antienne contienne une richesse trop rarement exploitée. Sans doute, l’expression : « Viens pour nous racheter » exprime-t-elle assez le but de l’Incarnation et sa théologie à la fin du VIe siècle. Mais peut-être faut-il aller plus loin. La fin de l’antienne : « Viens nous racheter en étendant ton bras » semble riche de résonances. En hébreu, la racine ZR* signifie : semer, répandre, féconder. D’elle sont issus parallèlement deux mots. L’un (Zera*) qui signifie : temps des semailles, semence vitale, postérité, race, souche, rejeton, mot qui a pris chez Isaïe un sens messianique précis ; l’autre (Zerôâ) qui signifie : bras, puissance, virilité, violence, appui, secours. On voit toute la riche complexité que prend l’expression « en étendant ton bras ».

Celui qui va venir, c’est ce surgeon dont parle Isaïe, c’est le Messie, c’est en même temps celui qui vient redonner vie à son Peuple, c’est encore la puissance, l’appui, le secours. On ne peut sans doute pousser trop loin les rapprochements, mais il est au moins singulier de remarquer qu’en plusieurs endroits de son traité Contre les hérétiques, saint Irénée emploie souvent l’expression : « Il étendit la main lorsqu’il souffrit (sa Passion) [6] ». Expression rare ailleurs mais qui se retrouve chez Hippolyte de Rome, au début du IIIe siècle, dans l’Anaphore de la Tradition apostolique : « (Il) a étendu les mains, tandis qu’il souffrait, pour délivrer de la souffrance ceux qui croient en vous »... Extendit manus cum pateretur, ut a passione liberaret eos qui in te crediderunt [7].

Le Christ est donc appelé et nous attendons de Lui qu’il poursuive dans notre monde sa rédemption jusqu’à la fin des temps.

[1] Exod. 6, 2, 3, 13.
[2] Exod. 3, 2.
[3] Exod. 6, 6.
[4] Jusqu’à la réforme du calendrier de saint Pie X.
[5] Bible de Jérusalem, note à Exode 3, 14, p. 63, Éditions du Travail, 1955.
[6] L’ouvrage n’est traduit que partiellement. Dans R. Poelman, De la plénitude de Dieu, textes choisis de saint Léon, Casterman, Coll. Bible et vie chrétienne, on trouvera, p. 65, un paragraphe intitulé : La divine extension des mains. On trouvera p. 70, le texte suivant : « Le Christ, par la divine extension de ses mains, rassemblait les deux peuples en un seul Dieu... » (Adv. H.V., 17, 4).
[7] Hippolyte de Rome, La Tradition apostolique, texte critique, traduction, notes de Dom B. Botte, pp. 31, 32, Paris, Editions du Cerf, !946.

vendredi 17 décembre 2010

17 DECEMBRE - SAINT LAZARE DE BETHANIE, Premier Evêque de Marseille / SAINTE OLYMPIADE ou OLYMPIE, Veuve / SAINT JUDICAEL, Roi en Bretagne puis moine.



Sainte Olympiade ou Olympie la gloire des veuves de l'Église d'Orient, naquit à Constantinople de parents très illustres, dont la mort prématurée la laissa de bonne heure à la tête d'une fortune considérable.

Elevée au milieu des plus saints exemples, elle était, à dix-huit ans, le modèle des vertus chrétiennes. C'est à cette époque qu'elle fut mariée à Nébridius, jeune homme digne d'une telle épouse. Ils se promirent l'un à l'autre une continence parfaite ; mais après vingt mois seulement de cette union angélique, Nébridius laissait Olympiade seule sur la terre et allait recevoir au ciel la récompense de ses vertus.

A l'empereur, qui voulait l'engager dans un nouveau mariage : « Si DIEU, dit-elle, m'eût destinée à vivre dans le mariage, il ne m'aurait pas enlevé mon premier époux. L'évènement qui a brisé mes liens me montre la voie que la Providence m'a tracée, celle de la virginité chrétienne. »

Depuis la mort de son époux, Olympiade avait rendu sa vie plus austère. Ses jeûnes devinrent rigoureux et continuels; elle se fit une loi de ne jamais manger de viande. Elle s'interdit également le bain, qui était dans les mœurs du pays; elle affranchit tous ses esclaves, qui voulurent continuer néanmoins à la servir ; elle administrait sa fortune en qualité d'économe des pauvres; les villes les plus lointaines, les îles, les déserts, les églises pauvres, ressentaient tour à tour les effets de sa libéralité.

Olympiade méritait assurément d'être mise au nombre des diaconesses de l'Église de Constantinople. Consacrées par l'évêque, qui leur imposait les mains en récitant sur elle des prières, les diaconesses étaient appelées à aider les prêtres dans l'administration des sacrements et les œuvres de charité. Elles étaient chargées d'instruire les catéchumènes de leur sexe et de préparer le linge qui servait à l'autel. En prenant le voile, elles faisaient vœu de chasteté perpétuelle. Il y avait déjà seize ans qu'Olympiade remplissait ces fonctions, quand saint Jean Chrysostome fut élevé sur le siège de Constantinople.

La sainte veuve n'avait pas manqué d'épreuves jusqu'à ce moment; des maladies cruelles, de noires calomnies, lui avaient fait verser, des larmes continuelles. Sous le nouveau patriarche elle allait faire un pas de plus dans le sacrifice et dans la sainteté. Saint Jean Chrysostome sut utiliser pour le bien les qualités et la fortune de l'illustre diaconesse.

C'est par elle qu'il éleva un hôpital pour les malades et un hospice pour les vieillards et les orphelins. Quand le patriarche partit pour l'exil où il devait mourir, Olympiade reçut une de ses dernières bénédictions. Elle fut entretenue dans ses œuvres par les lettres du pontife. Ses dernières années furent abreuvées de grandes amertumes ; elle acheva en exil, à Nicomédie, l'an 410, une vie toute de charité, de patience, de courage et de prière.

Pratique. Suivez la voie de la Providence, et faites-y le plus de bien que vous pourrez.

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Saint Judicaël
(ou Gaël ou Giguel ou Gicquel ou Juzel)
Roi en Bretagne puis moine
(v. 650)

Il régna sur la Bretagne à partir de 632. En 636, saint Eloi lui fit rencontrer à Clichy, près de Paris, le roi Dagobert pour signer un traité de paix entre Bretons et Francs. 


Deux ans plus tard, il laissa son trône et se retira dans une abbaye. 


L'Evangile du Jour sur PerIpsum      son Commentaire par Saint Bède le Vénérable


SAINT LAZARE DE BETHANIE  
Premier Evêque de Marseille
(Frère de Marie Madeleine de Béthanie)

 
1712 - Saint Lazare de Béthanie sur HODIEMECUM 

 "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

17 Décembre :Début des Antiennes O "O SAPIENTIA"

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"




O Sapiéntia, *
quæ ex ore Altíssimi prodiísti,
attíngens a fine usque ad finem,
fórtiter suavitérque dispónens ómnia :
veni ad docéndum nos viam prudéntiæ 


    
O Sapienta   


Siméon et L'Enfant-Dieu par Roemische Krippe


 Siméon, prenez courage : Vous allez voir l'Enfant-Dieu !
Le Sauveur qui, d'âge en âge, fut promis
à vos aïeux.
Vous aurez l'heureux partage De L'offrir dans le Saint Lieu !
Siméon, prenez courage : Vous allez voir l'Enfant-Dieu !
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous" 

jeudi 16 décembre 2010

16 DECEMBRE - SAINT EUSEBE, Evêque et Martyr / La Bienheureuse MARIE DES ANGES, Carmélite

"Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous"
SAINT EUSEBE, né en Sardaigne, de nobles parents, au commencement du IVe siècle, fut .élevé dans la pratique de la vertu et dans l'étude des sciences ecclésiastiques. Devenu évêque de Verceil, il s'attacha à former un clergé vertueux en lui faisant joindre à la vie séculière la vie monastique. Cette institution produisit de si consolants résultats, que de nombreux évoques s'empressèrent de l'imiter. Exilé par un empereur favorable aux ariens, il mourut en Thébaïde, des suites de mauvais traitements, et l'Église le qualifia de martyr (370).
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LA BIENHEUREUSE MARIE DES ANGES
Carmélite

La Bienheureuse MARIE DES ANGES, née à Turin, en 1661, et cousine de saint Louis de Gonzague, fut, par son enfance si pure et si vertueuse, la digne émule de l'héroïque patron de la jeunesse.

A quatre ans, elle gémissait de ne pouvoir communier; à six ans, elle voulait s'enfuir en la solitude pour vivre dans la pénitence jusqu'à sa mort. Elle tomba gravement malade de chagrin, à la suite des obstacles qui s'opposèrent à ses desseins, et guérit soudain après avoir reçu la douce apparition de Marie tenant Jésus dans ses bras.

Après sa première communion, vers l'âge de onze ans et demi, son confesseur l'autorisa à communier trois fois par semaine. Elle vécut quelque temps dans le monde comme une vraie carmélite, et entra à quinze ans au Carmel de Turin, où rien ne l'étonna dans la vie austère qu'on y mène.

DIEU la purifia par de longues maladies, par des peines de conscience, par la permission qu'il donna au démon de la tenter d'une manière effrayante, quelquefois même visiblement.

Elle sortit de l'épreuve comme l'or de la fournaise, et DIEU la gratifia dès lors des faveurs les plus extraordinaires, don d'oraison, don de prophétie, don de pénétrer les cœurs, don d'extase, don de miracles.

Elle était apôtre dans le cloître et pensait à tous les besoins divers des âmes rachetées par le sang du SAUVEUR. Sa charité était sans bornes. On raconte qu'ayant fait demander sans succès à son souverain la grâce d'un soldat condamné à mort pour crime de désertion, elle se jeta aux pieds d'une image de JESUS agonisant et s'écria : « Ô mon doux Sauveur, si je m'étais adressé à vous, vous n'auriez pas manqué d'exaucer ma prière ! »

A peine achevait-elle ces mots qu'on vint lui annoncer que sa prière avait enfin été écoutée et que le condamné serait rendu à la liberté. Elle s'employait très efficacement pour la délivrance des âmes du purgatoire, et les âmes qu'elle avait délivrées venaient visiblement la remercier, avant de s'envoler au ciel.

Après avoir exercé longtemps les plus hautes charges du couvent, elle mourut le 16 décembre 1717, en entendant la voix de son Époux céleste qui l'invitait à le suivre.

Pratique: Priez beaucoup pour les âmes du purgatoire ; elles seront reconnaissantes.


1612 sur Introibo : Saint Eusèbe, evêque et martyr        Jeudi de la 3ème semaine de l'Avent    

"Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous"

mercredi 15 décembre 2010

15 DECEMBRE - SAINT MAXIMIN ou MESMIN, Abbé / SAINT JEAN LE DECHAUSSE, Religieux de Saint François

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

Saint Maximin ou Mesmin est un célèbre abbé du monastère de Micy, près d'Orléans. Sous sa conduite, ce couvent atteignit un développement et une perfection extraordinaires. De nombreux saints furent formés par lui aux plus héroïques vertus. DIEU le rendit puissant en œuvres et en paroles. Dans une grande famine, il multiplia d'une manière étonnante le pain et le vin pour subvenir aux besoins des malheureux. Il chassait les démons, guérissait les aveugles et opérait une foule d'autres miracles. Il mourut saintement, le 15 décembre 520.

Le Bienheureux Jean le Déchaussé,
Religieux de Saint-François



Le bienheureux JEAN LE DÉCHAUSSÉ naquit aux environs de Quimper, vers la fin du Xème siècle. Il fut ouvrier dans sa jeunesse, faisait et dressait des croix, bâtissait des ponts et des arches ; les travaux utiles à la gloire de DIEU ou au bien du prochain lui étaient les plus agréables.


Toutefois DIEU l'appelait plus haut, et à force de persévérance il put s'instruire et recevoir le sacerdoce. Dès lors sa vie fut très austère ; il jeûnait trois fois la semaine au pain et à l'eau, il visitait les malades et les pauvres, et il était l'objet de la vénération universelle. Pendant treize ans il fut curé dans son diocèse ; jamais il ne se servait de cheval ; il allait toujours à pied et sans chaussures, d'où lui est venu le nom de Déchaussé.


Sa vie pauvre lui eût permis de mettre de l'argent en réserve, mais les indigents recevaient tout son superflu et parfois même de son nécessaire. En 1316, le saint prêtre résolut de se faire disciple de Saint-François, et son évêque, voyant sa persévérance, le laissa partir avec la plus profonde tristesse.


Au couvent de Quimper, frère Jean parut bientôt le plus humble et le plus mortifié de tous. L'esprit de pauvreté lui faisait prendre les plus vieux habits, qu'il raccommodait lui-même. Comme il n'avait rien à donner, il sollicitait les riches et par eux soulageait les misérables.


Il se levait toutes les nuits bien avant les autres, et bien souvent ses nuits entières se passaient dans les délices de l'oraison. Le démon lui fit parfois une guerre terrible ; alors le saint religieux, confiant en DIEU, s'écriait au milieu de sa désolation : « Délivrez, SEIGNEUR, ma pauvre âme de ses ennemis. » II manifestait son mépris au tentateur, en l'appelant du nom de chien, et le chassait par quelques cris de l'âme empruntés aux psaumes.


Sa mortification était effrayante ; sauf quarante jours de l'année, il jeûnait continuellement, et d'ordinaire au pain et à l'eau; pendant seize ans, il ne goûta ni viande ni vin.


En 1349, il se dévoua au service des pestiférés, offrit à DIEU sa vie en sacrifice, et mourut du terrible fléau.


Pratique: Donnez le bon exemple ; faites aimer la vertu autour de vous.



"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"